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Royaume-Uni : aucun chrétien parmi les 1 112 réfugiés réinstallés. Seuls les musulmans ont été acceptés. Le scandale a voulu être caché

Le ministère de l’Intérieur a reconnu qu’aucun chrétien ne figurait parmi les 1’112 réfugiés syriens réinstallés au Royaume-Uni au cours des trois premiers mois de l’année.

Les quatre chrétiens appartenant au groupe des 1 358 réfugiés syriens recommandés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour être réinstallés au Royaume-Uni ont été rejetés. Seuls les réfugiés musulmans du pays déchiré par la guerre ont été autorisés à se réinstaller.

L’information a été révélée à la suite d’une demande d’accès à l’information présentée par le Barnabas Fund – une organisation caritative qui soutient les chrétiens persécutés.

Dans un communiqué, l’organisation a déclaré : “Comme l’a récemment rapporté le Fonds Barnabas, sur les 7 060 réfugiés syriens recommandés par le HCR au Royaume-Uni en 2017, seuls 25 étaient chrétiens (0,35 %). Cependant, le ministère de l’Intérieur n’a accepté que onze d’entre eux – ce qui signifie que les chrétiens ne représentaient que 0,23 % des réfugiés syriens réinstallés au Royaume-Uni l’année dernière.”

L’organisation caritative a expliqué qu’elle a dû “faire des efforts considérables pour obtenir ces chiffres face à ce qui semblait être une tentative soutenue des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur d’éviter leur publication“.

L’information a été fournie après que l’organisme de bienfaisance ait pris “l’extrême mesure d’obtenir une ordonnance du Bureau du Commissaire à l’information menaçant le ministère de l’Intérieur d’une procédure pour outrage devant la Haute Cour”.

La déclaration poursuit : “Il est largement admis que les chrétiens, qui constituaient environ 10 % de la population syrienne d’avant-guerre, ont été spécifiquement pris pour cibles par les rebelles djihadistes et continuent d’être menacés.

“Comme les statistiques de l’an dernier le démontrent amplement, il ne s’agit pas d’un soubresaut statistique.

Cela montre un modèle de sous-représentation et une preuve significative à première vue de discrimination contre laquelle le gouvernement a l’obligation légale de prendre des mesures concrètes.”

(…)

Premierchristianradio / Barnabasfund.org

Traduction libre Schwarze Rose pour Les Observateurs.ch

Asie #Dans le Monde #NLQ

Inde : 10 000 chrétiens contre la discrimination et la répréssion au Jharkhand

Près de 10 000 chrétiens de l’État du Jharkhand ont formé, le 15 juillet, une chaîne humaine de 20 kilomètres de long afin de manifester contre la répression contre les chrétiens de l’État depuis l’élection du Bharatiya Janata Party (BJP). Parmi les 32 millions d’habitants du Jharkhand, près d’un million sont chrétiens, pour la plupart membres des communautés tribales telles que les Sarnas. Pour eux, les mesures des autorités cherchent à les fragiliser afin d’éloigner les gens ordinaires des institutions chrétiennes et des missionnaires.

Le 15 juillet, près de 10 000 chrétiens de l’État de Jharkhand, dans l’est de l’Inde, ont formé une chaîne humaine afin de protester contre ce qu’ils considèrent comme une répression d’État contre les chrétiens. Les chrétiens de l’État, pour la plupart originaires des minorités indigènes, affirment que leur gouvernement, dirigé par le BJP pro hindou (Bharatiya Janata Party), a développé des politiques qui les privent de leurs droits et de leurs terres. Sous une pluie battante, des femmes, des enfants et des personnes âgées appartenant à plusieurs Églises se sont joints à la chaîne humaine après les célébrations du dimanche. Des manifestations ont eu lieu à Ranchi, Gumla, Simdega, Bokaro, Jemshedpur et Khunty, les participants lançant des slogans contre les mesures des autorités de l’État.

« Des religieuses, des prêtres catholiques et des pasteurs sont attaqués et emprisonné. Des enquêtes sont menées contre leurs institutions. Ils se voient accusés de tous les maux de l’État », a déclaré l’organisateur, Prabhakar Tirkey, président du forum chrétien œcuménique Rashriya Isai Mahasangh. Les chrétiens sont furieux depuis l’arrestation récente de religieuses Missionnaires de la Charité, l’ordre fondé par sainte Mère Teresa, accusées de traite d’enfants. Le prêtre jésuite Alphonse Aind, directeur d’école dans un village reculé, a également été arrêté et placé en détention provisoire suite à des accusations de complicité de viol. Les chrétiens affirment que les arrestations font partie d’une campagne soutenue par l’État afin de présenter les chrétiens et les missionnaires comme des criminels et de salir leurs institutions. « Cela fait partie d’un plan organisé pour tenir les gens ordinaires éloignés des institutions chrétiennes et des missionnaires », dénonce Prabhakar Tirkey.

Isoler et fragiliser les communautés indigènes

Depuis que le BJP est venu au pouvoir au Jharkhand en 2014, des groupes hindous accusent les chrétiens de conversions illégales des Dalits (intouchables) et des populations indigènes, poursuit Prabhakar. Il y a un an, l’État a voté une loi condamnant à la prison le fait de changer de religion sans en informer le gouvernement. Ankita Kujur, qui a participé aux manifestations, assure que le gouvernement cherche à diviser les populations indigènes entre chrétiens et non chrétiens, afin d’isoler et fragiliser les communautés indigènes. La stratégie vise à s’attirer les votes des non chrétiens et à porter atteinte aux voix qui soutiennent les droits indigènes.

Le gouvernement de l’État affirme que toutes les personnes indigènes non chrétiennes sont hindoues. Pourtant, la plupart des personnes indigènes non chrétiennes suivent leur religion traditionnelle Sarna, et demandent au gouvernement de la reconnaître parmi les religions officielles. Le gouvernement a tenté de modifier deux lois de l’État en retirant des clauses protégeant les terres des populations indigènes. Celles-ci estiment que la tentative cherchait à transférer leurs terres aux compagnies minières. Le gouvernement a aussi fait face à l’opposition après avoir amendé une loi fédérale créée il y a cinq ans pour protéger les droits des agriculteurs et des personnes indigènes en cas de saisie de leurs terres. « À moins que l’on s’y oppose, cela va mettre en péril la communauté, peu à peu », poursuit Ankita Kujur.

Ajay Tirkey, président du comité central Sarna, confie que le comité a demandé le statut officiel pour la religion Sarna, « pour que nous puissions bénéficier d’une identité indépendante ». Les membres de la tribu Sarna sont aujourd’hui considérés comme hindous par le recensement officiel. L’État du Jharkhand compte environ 32 millions d’habitants, dont un million sont chrétiens, pour la plupart membres des communautés tribales.

Source : Eglises d’Asie

 

Conférences/Formations #NLQ

Conférence de Mgr Ryszard Wasik (AED) – « Chrétiens persécutés- Chrétiens oubliés ? » le 21 avril 2018 à Nevers (58)

L’Aide à l’Eglise en Détresse à NEVERS
Maison du diocèse, 21, rue Gustave Mathieu à Nevers

SAMEDI 21 AVRIL 2018, à 17h

« Chrétiens persécutés- Chrétiens oubliés ? »

Conférence – Témoignage de Mgr Ryszard Wasik
Prédicateur-conférencier de l’AED, ancien ami du père Jerzy Popieluszko

Chrétiens persécutés, chrétiens oubliés ?

Plus de 200.000 chrétiens à travers le monde connaissent la discrimination ou la persécution à cause de leur foi. Vexations, brimades, discriminations dans leurs droits civiques ou religieux, peines de prison,menaces, violences… les chrétiens du 21e siècle ne sont pas épargnés dans de nombreux pays.
Envers et contre tout, ils tiennent à leur foi et gardent l’espérance, mais à quel prix ? Combien de victimes innocentes, combien de familles en deuil, notamment dans les pays du Proche-Orient qui ont connu récemment la guerre et la persécution ?

A travers la présentation de situations concrètes dans des pays d’Afrique, du Proche-Orient, d’Asie, MgrRyszard Wasik, nous aidera à mieux connaître ces chrétiens du monde soumis à rude épreuve. Ilprésentera aussi des pistes concrètes pour leur venir en aide avec l’Aide à l’Eglise en détresse (AED).

Mgr Ryszard Wasik

Mgr Ryszard Wasik est né en 1947. Originaire du diocèse de Tarnow (Pologne), il a été l’un des compagnons du père Popieluszko au temps des “bataillons de séminaristes”, quand les autorités polonaisesde l’époque tentaient de briser la vocation des futurs prêtres.
Nommé vicaire d’une paroisse dans le sud de la Pologne, puis envoyé au Congo-Brazzaville par son évêque, comme prêtre fidei donum, il fait connaissance avec l’association AED qui l’aide sur place dans son travail pastoral et social.

En France depuis plusieurs années au service de l’AED, il témoigne au nom de ceux qui donnent leur liberté, parfois leur vie, pour leur foi.
Il témoigne aussi du courage du dialogue et de la force du pardon qui animent aujourd’hui de nombreuxchrétiens à travers le monde, confrontés à la discrimination et à la persécution.

L’AED (Aide à l’Eglise en détresse)

Fondation de droit pontifical et membre du Comité épiscopal pour la Solidarité de l’Eglise de France, l’AEDaide les chrétiens persécutés, menacés dans leur foi, réfugiés, ou sortant de la persécution religieuse.L’AED répond ainsi aux besoins des Eglises locales les plus souffrantes ou les plus démunies dans 130 pays du monde, du Brésil au Vietnam, de l’Inde au Soudan…

600.000 chrétiens dans le monde (dont 70.000 en France) s’associent à la mission de l’AED et participent à sa triple action de solidarité spirituelle, d’information et de partage avec les Eglises souffrantes.

En France #NLQ

Laïcité : les conditions d’octroi de la personnalité juridique aux associations religieuses conventuelles seraient discriminatoires

L’Afrique du Sud avait autrefois son “petty” apartheid, l’apartheid mesquin (le “grand” apartheid qui organisait la séparation du développement des communautés était-il plus raisonnable ?). Mutatis mutandis, la France nous apporte aussi chaque jour des manifestations plus ou moins  anecdotiques de sa « petty » laïcité dont la dernière concernait l’exclusion de la statue de saint Jean-Paul de l’espace public à Ploërmel en Bretagne. Mais voici, plus grave, une atteinte séculaire à la liberté d’association telle que la définit la convention européenne des droits de l’homme (CEDH) à laquelle la France a souscrit : lu sur le site « Liberté politique.com » cet article (extrait)  rédigé par l’ European centre for law & justice, le 14 mars 2018 :

“Vincent Cador et Grégor Puppinck ont publié en janvier 2018 un article de doctrine en droit public intitulé « De la conventionnalité du régime français des congrégations », dans la Revue du droit public et de la science politique en France et à l’étranger.

Les deux auteurs sont docteurs en droit et Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ, est membre du panel d’experts de l’OSCE sur la liberté de conscience et de religion. L’article passe le régime français des congrégations religieuses au crible de la Convention européenne de sauvegarde des libertés fondamentales et des droits de l’homme (la Convention européenne). Ce régime contraignant, dérogatoire au droit commun des associations, est un double héritage de la Révolution française et de la République anticléricale du début du XXe siècle. Il apparaît en décalage avec le processus d’apaisement des relations entre l’État et l’Église depuis les années 1970 et surtout avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (la CEDH), protectrice de la liberté de religion (art. 9), de la liberté d’association (art. 11) et du principe de non-discrimination (art. 14).

Vincent Cador et Grégor Puppinck expliquent que, dans l’hypothèse d’un litige porté devant la CEDH opposant une congrégation à l’État français, « il est fort probable que les juges strasbourgeois condamneraient le régime français des congrégations, obligeant le gouvernement à faire procéder à sa révision ». Pour parvenir à cette conclusion, les auteurs s’appuient sur la jurisprudence de la CEDH pour reproduire le raisonnement en trois étapes habituellement utilisé par cette dernière pour trancher les litiges qui lui sont soumis.

Tout d’abord, ils analysent la législation française sur les congrégations comme une ingérence dans les droits à la liberté de religion et à la liberté d’association. Contrairement aux associations de droit commun qui sont tenues à une simple déclaration, l’octroi de la personnalité juridique est pour les congrégations subordonné à un décret après avis conforme du Conseil d’État. De plus, la constitution d’une congrégation est soumise à des conditions particulièrement intrusives et la teneur de ses statuts est encadrée de manière stricte. À titre d’illustration, le Conseil d’État continue d’interdire aux congrégations de mentionner dans les statuts qu’elles doivent joindre à une demande reconnaissance les vœux « solennels », « perpétuels » ou « définitifs » de leurs membres[1]. Une fois constituées, les congrégations subissent un contrôle rigoureux de la part des autorités publiques portant sur leur fonctionnement. Ces contraintes constituent une ingérence de la part de l’État dans la liberté de religion des religieux, qui s’exerce à travers leur liberté d’association et l’autonomie de leur organisation.

 

Ensuite, les auteurs se demandent si une telle ingérence poursuit un ou plusieurs buts légitimes, au sens des articles 9 et 11 de la Convention européenne. Le gouvernement français, en soumettant les congrégations à un régime dérogatoire, semble considérer qu’elles seraient par elles-mêmes une menace pour la sécurité publique, l’ordre, la santé et la moralité publics ou pour les droits et libertés d’autrui. Or, la pratique et les faits attestent au contraire de l’absence d’une telle menace. Il semble en réalité que les restrictions imposées aux congrégations, plutôt que de répondre à des objectifs légitimes, découlent du positionnement religieux des gouvernements anticléricaux du début du XXe siècle. Or, la jurisprudence de la CEDH exclut toute appréciation de la part de l’État sur la légitimité et les modalités d’expression des croyances religieuses.

Enfin, à supposer même que l’ingérence poursuive un ou plusieurs buts légitimes, les auteurs démontrent qu’elle ne serait pas « nécessaire dans une société démocratique ». En effet, des mesures moins restrictives pourraient être suffisantes pour faire face aux éventuels risques générés par l’existence des congrégations. Le régime des associations de droit commun, s’il était ouvert aux congrégations, n’empêcherait pas l’État de disposer de moyens suffisants et proportionnés pour continuer à surveiller leurs actions et pour prévenir d’éventuelles atteintes à la santé publique ou aux droits et libertés d’autrui. De plus, les lois du 1er juillet 1901 et du 12 juin 2001 contiennent des dispositions permettant de dissoudre une association de droit commun en cas de dérive particulière.

En plus de ce raisonnement en trois étapes, l’article montre que le caractère dérogatoire et contraignant du régime des congrégations constitue en outre une discrimination fondée sur la religion, au sens de l’article 14 de la Convention européenne. Les congrégations sont comparables aux associations de droit commun en tant que groupes de personnes se réunissant en vue d’un objectif commun, et à plus forte raison se rapprochent-elles aussi des associations cultuelles avec lesquelles elles partagent une connotation « religieuse ». Or, la différence de traitement qui existe entre ces groupes présente, en ce qu’elle est dépourvue de toute justification objective et raisonnable, un caractère discriminatoire. Cette discrimination pèse essentiellement sur une religion particulière, à savoir l’Église catholique, comme en témoigne le décret toujours en vigueur du 16 août 1901. En effet, celui-ci indique que la demande d’autorisation de la congrégation doit être accompagnée d’une déclaration par laquelle « l’évêque du diocèse s’engage à prendre la congrégation et ses membres sous sa juridiction » (article 20). Le fait que les représentants d’une seule religion soient mentionnés souligne la volonté de discriminer les catholiques. Même si le statut visé au titre III de la loi de 1901 a été récemment étendu à des congrégations relevant d’autres cultes, il cible donc avant tout les catholiques, et l’immense majorité des congrégations reconnues sont de fait catholiques. Le régime des congrégations révèle ainsi une discrimination religieuse dans la jouissance des droits à la liberté d’association et à la liberté de religion.”

 

Source ECLJ

Dans le Monde #NLQ

Etre chrétien en Algérie, un calvaire quotidien : témoignage d’un prêtre au Figaro

Le père Paul-Élie Cheknoun, né musulman, s’est confié au Figaro du 19 mars 2018. Extraits :

Êtes-vous libre d’exercer votre ministère en Algérie ?

Je suis vicaire dans une paroisse d’Alger, appelé là par l’évêque du diocèse. Mais je ne peux y résider tout le temps. Quand j’y suis, j’accueille, comme prêtre et avec discernement, les nombreux nouveaux chrétiens qui nous arrivent. Mais je ne peux exercer mon ministère en dehors de l’église. Si je sors, je dois ne porter aucun signe religieux chrétien, sinon je risquerais de me faire agresser. On voit bien que je suis du pays, mais il faut que je sois discret. Donc pas de soutane, pas de croix, car certains n’en supportent pas la vue.(…)

Comment un chrétien vit-il sa foi chrétienne au jour le jour en Algérie ?

Les musulmans convertis doivent apprendre à survivre dans une société musulmane souvent hostile. Il faut réaliser qu’ils sont persécutés et souvent rejetés par leur famille et leurs amis. On les considère comme des traîtres, des apostats. Et selon le Coran, cela mérite la mort… Pour ce qui du travail et des responsabilités, tant que cela reste dans la sphère privée, il faut le garder pour soi et n’en parler à personne. Sinon, ce sont les représailles. Lorsque cela se sait et que la personne occupe une fonction un peu sensible pour l’État, elle est renvoyée.

Je connais le cas d’un directeur de collège : dès que l’on a su qu’il était chrétien, on a débarqué chez lui en pleine nuit de Noël, il a dû évacuer son logement de fonction sur-le-champ avec sa famille et a tout perdu. C’est une affaire connue. Il est aujourd’hui réfugié en Europe. Il y a beaucoup de cas similaires. Sur le plan politique, un chrétien ne peut pas être maire, il ne peut pas être élu car l’islam est religion de l’État. Les élus prêtent serment sur le Coran.

Que dit la loi algérienne à ce titre ?

L’annonce explicite du Christ étant assimilée à du prosélytisme, une loi votée en 2006 pour réguler les cultes non musulmans punit de cinq ans de prison ferme et d’une amende équivalente à dix ans de salaire, tout personne convaincue de détourner quelqu’un de l’islam pour l’attirer au christianisme ou pour injures à l’islam ou envers son prophète. La simple possession de plus d’une bible vous met en danger. Il y a beaucoup d’intimidations. Cette loi a limité l’évangélisation, mais elle n’est pas parvenue à l’arrêter, même si des églises évangéliques sont fermées en ce moment. Quant aux prêtres catholiques, ils sont confrontés à beaucoup de difficultés pour obtenir des visas.

Brèves

La Sorbonne – Les hétérosexuels interdits de séjour lors d’une AG

Asie #NLQ

Pakistan – Mort d’un égoutier chrétien suite à un refus de soins… pour cause de ramadan

Il s’agit d’un épisode qui a provoqué l’indignation et a fait beaucoup de bruit, donnant une idée des discriminations existant envers les minorités religieuses au Pakistan. Irfan Masih, égoutier chrétien, est mort le 2 juin dernier parce qu’un médecin musulman de l’hôpital d’Umerkot, à Lahore, a refusé de toucher son corps couvert de boue parce qu’il jeûnait et respectait les pratiques du ramadan. Le médecin a déclaré ne pas vouloir intervenir tant que le corps de l’homme n’aurait pas été nettoyé.
Irfan Masih, 30 ans, avait perdu connaissance et était tombé au cours du nettoyage d’un canal de drainage à cause d’effluves toxiques. Ses collègues l’ont porté à l’hôpital civil tout proche dans des conditions critiques mais les médecins des urgences ont immédiatement déclaré qu’ils auraient commencé à l’examiner et à le soigner seulement s’il avait été entièrement nettoyé. Irfan Masih se trouvaient en conditions graves et une intervention était urgente. Les membres de sa famille et ses collègues ont supplié le personnel de l’hôpital mais le Dr. Yousouf a été intraitable.
La famille d’Irfan Masih estime que ce dernier aurait pu survivre s’il avait reçu un traitement médical à temps et affirme qu’il est mort à cause de la négligence des médecins.
Les collègues d’Irfan Masih et de nombreux membres de la communauté chrétienne d’Umerkot ont pris le corps d’Irfan Masih et organisé une manifestation pour protester contre l’administration locale et l’hôpital. Le père de la victime, Nazeer Masih, a déposé plainte devant les autorités de police contre six employés de l’hôpital dont des médecins. La police a disposé le placement en garde-à-vue du Dr. Jaam Kunbhar. Le Directeur général du Département de la santé, Akhlaq Khan, a visité l’hôpital, déclarant que, selon les registres et les déclarations existantes, la mort d’Irfan Masih ne serait pas la conséquence d’une négligence du médecin.
Nasir Saeed, Directeur de l’ONG CLAAS (Centre for Legal Aid, Assistance and Settlement), qui fournit une assistance légale aux chrétiens pakistanais, commente : « Il s’agit d’un épisode triste et significatif. Une vie aurait pu être sauvée si l’assistance médicale avait été offerte dans les temps. Ce n’est pas la première fois qu’un égoutier meurt en faisant son devoir. Le gouvernement devrait fournir des kits de sécurité à ses travailleurs mais puisque ces postes de travail sont occupés exclusivement par des chrétiens, personne ne s’en préoccupe ».
La Fondation Cecil et Iris Chaudhry (CICF) a également fait état de son sentiment de choc suite à l’incident tragique. La Présidente de la Fondation, Michelle Chaudhry, a déclaré : «  Une société devient extrêmement dangereuse lorsqu’elle devient inhumaine. Une précieuse vie innocente a été perdue parce que quelqu’un a refusé de faire son devoir, au plan déontologique et de service public. Le médecin a violé son serment d’Hippocrate, lequel l’oblige à soigner un patient en toutes circonstances, au-delà de la religion et de la classe sociale ».
La Fondation demande justice et a écrit au Premier Ministre de la province, au ministère de la Santé provinciale et à toutes les autorités compétentes afin que soit menée une enquête impartiale.

Source : Agence Fides

Asie #NLH #NLQ

Pakistan – La discrimination envers les minorités s’affiche jusque dans les offres d’emploi

Si le recensement en cours de la population pakistanaise va permettre à l’Etat et aux démographes de dénombrer les quelques 200 millions d’habitants du Pakistan, il fournira aussi quantité d’informations sur la population de ce pays, notamment quant aux emplois occupés par chacun. La parution ces jours-ci dans un journal local d’une offre d’emploi pour des balayeurs laisse apparaître en toutes lettres que la discrimination dont les minorités religieuses font l’objet au Pakistan s’étend jusque dans le domaine du travail.

Le 17 mars dernier, un journal en ourdou, diffusé dans le district de Bannu, situé à 300 km au sud-ouest de la capitale Islamabad, au cœur de la province de Khyber Pakhtunkhwa, a publié une petite annonce pour le compte de l’administration locale. L’offre d’emploi portait sur le recrutement de balayeurs, hommes ou femmes, et il était précisé que les personnes intéressées devaient être de religion hindoue, chrétienne ou chiite. Face au tollé soulevé par le caractère ouvertement discriminatoire de l’annonce, les responsables de l’administration en question ont corrigé leur texte et spécifié que le terme de « chiite » s’était glissé par erreur dans l’annonce, mais ils ont maintenu que les balayeurs recherchés devaient bien être « préférablement » de religion chrétienne ou hindoue.

« Une discrimination caractérisée et répétée »

Dans un pays où les musulmans représentent 97 % de la population (dont 11 à 12 % de chiites), les minorités chrétienne (2,1 % de la population) et hindoue (1,3 % de la population) sont non seulement en butte à une persécution fondée juridiquement sur les lois anti-blasphème mais à des discriminations sociales profondément ancrées. Ainsi, pour les chrétiens, si une petite minorité éduquée a accès à un niveau de vie satisfaisant, la très grande partie de la communauté se situe tout en bas de l’échelle sociale : journaliers pour les paysans sans terre des campagnes, balayeurs, éboueurs, vidangeurs pour ceux qui habitent au sein des grands centres urbains.

Secrétaire exécutive de la Commission ‘Justice et Paix’ du diocèse catholique de Multan, au Pendjab, Hyacinth Peter dénonce « la discrimination caractérisée et répétée » que reflètent les offres d’emploi « réservées aux minorités religieuses » publiées par les administrations pakistanaises. « La Compagnie de traitement des ordures ménagères de Faisalabad [au Pendjab] a fait paraître un peu plus tôt dans l’année une annonce pour recruter des travailleurs en bonne santé ; il était précisé que l’annonce s’adressait à des non-musulmans. L’an dernier, nous avons envoyé une plainte en bonne et due forme à l’Hôpital Nishtar de Multan après la publication d’une annonce similaire », précise Hyacinth Peter à l’agence Ucanews. « Nous condamnons ce type d’annonces et nous demandons aux autorités de Bannu de faire paraître une nouvelle offre d’emploi ne faisant pas mention d’une appartenance religieuse particulière », poursuit la responsable catholique, qui précise que « si les balayeurs et éboueurs non musulmans sont préférés, c’est parce qu’ils sont plus facilement exploitables ». « Un tel état d’esprit est néfaste et nous nous devons d’éveiller les consciences », affirme-t-elle encore.

Des discriminations historiquement et socialement profondément ancrées

Au Pakistan, la communauté chrétienne (2,6 millions de personnes selon le recensement de 1998) est formée, dans son écrasante majorité, par des descendants de castes-tribus de personnes opprimées et exclues ayant trouvé dans le christianisme une identité nouvelle leur offrant la dignité et l’émancipation qui leur avaient été refusées pendant des millénaires. Du fait de leur histoire et de leur expérience presque exclusive d’« intouchabilité », d’oppression et de déshumanisation, ils sont encore aujourd’hui cantonnés dans les « 3D Jobs » (Dirty, Dangerous and Demeaning – sale, dangereux, dégradant). C’est ainsi que dans la province du Pendjab, où vivent les trois quarts des chrétiens du Pakistan, les emplois d’éboueurs, balayeurs de rues, vidangeurs, nettoyeurs d’égouts sont le plus souvent « réservés » à des chrétiens. Dans la province voisine du Sind, ce sont les hindous qui occupent en très grande majorité ces professions. Au total, dans le pays, pas plus de 5 % des éboueurs et autres professions assimilées sont de confession musulmane.

Le sort de la chrétienne Asia Bibi (Aasiya Noreen de son vrai nom) est à cet égard emblématique : arrêtée en 2009 puis condamnée à mort au titre des lois anti-blasphème, elle clame son innocence et affirme que son seul crime a été de boire de l’eau dans un récipient « réservé » aux musulmanes, elle qui était considérée comme « intouchable » par les femmes qui partageaient pourtant son sort d’ouvrière agricole.

Dans une étude publiée en 2013 par l’ONG World Watch Monitor, l’universitaire pakistanais Salamat Akhtar explique que la très forte proportion de chrétiens parmi les balayeurs s’inscrit aussi dans l’histoire contemporaine du pays : lors de la partition de 1947, des centaines de milliers de personnes ont traversé la frontière nouvellement érigée entre le Pakistan et l’Inde. Avant la partition, au Pendjab, la plupart des chrétiens travaillaient comme ouvriers agricoles pour des propriétaires terriens sikhs. Lors de la partition, hindous et sikhs ont fui le Pakistan pour l’Inde et, dans l’autre sens, des musulmans ont afflué au Pakistan. « Au moins 50 000 foyers chrétiens ont perdu leur emploi au Pendjab pakistanais quand les terres des sikhs ont été données à des migrants musulmans. Paysans sans terre, journaliers sans emploi, ils ont afflué dans les villes comme Lahore, Multan ou Faisalabad où ils ont pris les emplois dont personne d’autre ne voulait », précise l’universitaire, en ajoutant que le gouvernement a ensuite « délibérément poursuivi une politique qui a consisté à maintenir les chrétiens dans ces métiers, où ils sont depuis cantonnés ».

Toujours selon le rapport de World Watch Monitor, à Peshawar, sur 935 employés de la municipalité travaillant dans l’assainissement des voieries, 824 sont des chrétiens et ces derniers maugréent contre les 111 autres employés – des musulmans – qui « ne font rien et leur laissent tout le travail à faire ». A Lahore, la Société de traitement des ordures compte environ 6 000 chrétiens sur un total de 7 894 employés. A Quetta, au Baloutchistan, 768 des 978 balayeurs employés par la municipalité sont des chrétiens. Outre les administrations publiques et locales, les entreprises privées tendent elles aussi à n’employer que des chrétiens ou des hindous pour les tâches les plus ingrates.

Afin de contribuer à la promotion sociale de ces travailleurs déconsidérés, les Eglises chrétiennes travaillent à leur formation (très nombreux parmi eux sont les analphabètes) par leur éducation et par celle de leurs enfants, ainsi qu’à la défense de leurs droits.

Sources : Eglises d’Asie

 

 

NLQ #Points non négociables PNN

Le gender, cette invention de Najat Belkacem, exaspère Christian Estrosi en plein conseil de métropole

La métropole de Nice, présidée par Christian Estrosi a eu à débattre récemment de la question des discriminations. Un débat en eau de boudin, langue de bois et dialogue de sourds.

Maty Diouf a présenté l’action de la métropole de Nice Côte d’Azur, en matière d’égalité et de lutte contre la discrimination, à l’occasion d’un conseil de la métropole. Une intervention de Marie Christine Arnautu (FN) a souligné les dangers de la théorie du genre, en agaçant visiblement le président Estrosi pour qui ce sont des “conneries du gouvernement socialiste”. “La théorie du genre une invention de Najat Valaud Belkacem que nous combattons de toutes nos forces.”

Monsieur Estrosi comme Madame Diouf étaient visiblement assez sincères dans leur agacement, persuadés que leur lutte contre la discrimination n’avait rien à voir avec la théorie du genre. Pourtant, la déconstructions des stéréotypes, ou la suppression du “Mademoiselle” dans les documents administratifs sont bien des méthodes et des enjeux de la dite théorie.

Il est assez inquiétant de voir combien cette théorie a fait son chemin par divers biais, au point que ceux qui veulent la combattre, en viennent à la promouvoir au nom de l’égalité.

Pour Christian Estrosi, le ras-le-bol affiché lors de la séance tient surtout au fait qu’on perde du temps sur des sujets qui “n’en sont pas” et ne créent pas d’emplois.

Asie

Inde – Montée de l’intolérance gouvernementale envers les chrétiens de basse caste

La montée de l’intolérance gouvernementale envers les chrétiens de basse caste met aussi en lumière la part de responsabilité de l’Église. 4 évêques de l’État d’Odisha tirent la sonnette d’alarme et répondent aux questions de l’AED, le 11 janvier 2017.

 

En 2014, l’accession au pouvoir du parti nationaliste hindou BJP s’accompagne d’une vague de violence contre chrétiens et musulmans dont la foi est vue comme importée de l’étranger. Les chrétiens de caste inférieure ne bénéficient pas des prestations du gouvernement, pourtant accordées aux Sikhs, hindous et bouddhistes de basse caste. 12 millions de catholiques indiens sur 19 sont Dalits, c’est-à-dire issus de basse caste, et certains souffrent également de discrimination au sein même de l’Église.

 

AED : Les Dalits chrétiens obtiendront-ils un jour les mêmes prestations gouvernementales que les Dalits hindous, bouddhistes et sikhs ?

Mgr Senapati, évêque de Rayagada : Nous luttons pour cela depuis 1950 mais, je ne perçois aucune amélioration. Notre combat se poursuit.

Mgr Nayak, évêque de Berhapur : Qu’en raison de leur appartenance religieuse, les Dalits chrétiens et musulmans soient exclus de l’aide aux défavorisés est une violation flagrante de notre Constitution. Le gouvernement ne veut rien faire. Reste la Cour suprême.

Mgr Singh, évêque de Sambalpur : La principale raison – cachée – de cette injustice réside dans la crainte que les Dalits hindous se convertissent au christianisme dès que les Dalits chrétiens auront les mêmes droits que les autres basses castes.

 

AED : Comment l’Église catholique indienne accueille-t-elle les Dalits ?

Mgr Singh : L’Évangile nous invite à nous engager au maximum pour ces personnes, pauvres parmi les plus pauvres. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Parfois les enfants Dalits n’ont pas le droit d’être servants d’autel. Il n’y a pas de messe commune pour Dalits et membres d’autres castes. Leurs cimetières sont séparés. Certaines communautés refusent les mariages entre Dalits et catholiques des hautes castes. C’est une préoccupation majeure. Les Dalits représentent plus de la moitié des catholiques indiens. L’avenir de l’Église repose entre leurs mains  il est grand temps d’abolir complètement la ségrégation.

Mgr Senapati : Chez nous, il n’y a aucune distinction entre chrétiens des basses ou hautes castes. Nous sommes tous baptisés dans une seule foi – nous avons un seul Dieu.

 

AED : Quel avenir pour l’Église ?

Mgr Singh : Nous devons œuvrer pour l’unité. L’Église est trop divisée par les langues et les appartenances ethniques. Notre dialogue avec d’autres religions doit s’approfondir. Nous devons intensifier nos activités en faveur des pauvres pour ne pas risquer d’être une Église institutionnelle.

Mgr Nayak : La formation des laïcs est importante. Nous devons contribuer à ce que grandisse une génération de grands leaders catholiques.

 

AED : Et l’avenir des chrétiens d’Odisha ?

 

Mgr Barwa, archevêque de Cuttack-Bhubaneswar : Avant le massacre de Kandhamal en 2008, la paix régnait dans la région. Maintenant, il faut plus de temps pour reconstruire la confiance que les maisons et les églises. Mais rien n’est impossible à Dieu. La communauté chrétienne croîtra.

Source : Site de l’AED