Conférences/Formations #NLQ

Disputatio – “Peut-on accueillir tout le monde ?” le 25 mai 2018 à Rouen (76) avec Laurent Dandrieu & le père Jean-Marie Carrière

Dans le cadre des Fêtes Jeanne d’Arc (25 et 26 mai 2018) :

14e Disputatio à la cathédrale Notre-Dame de Rouen
Le 25 mai 2018 à 20h

Thème : « PEUT-ON ACCUEILLIR TOUT LE MONDE ? »

Intervenants : Jean-Marie CARRIERE (Jésuite, bibliste, ancien président de Jesuit Refugee Service)
Laurent DANDRIEU (Journaliste, essayiste)

Le message du pape François pour la journée mondiale des migrants et des réfugiés (« Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer » janvier 2018) a suscité de nombreuses réactions dans et en dehors du monde catholique. Ce n’est pas la première intervention du pape sur ce sujet sensible. Sa première visite hors de Rome avait été réservée aux migrants de l’île de Lampedusa. La question ancienne des migrations déchaine les passions et entretient son lot de peurs et de questions. Entre la frilosité, l’attentisme et la générosité, la palette des attitudes possibles est large dans les sociétés européennes. La France qui se présente comme la patrie des droits de l’homme n’échappe pas aux questions que posent ces phénomènes migratoires. Les chrétiens eux-mêmes semblent divisés.

 Résumer le débat en une question : « peut-on accueillir tout le monde ? » est sans doute simpliste.  A travers leurs réponses à cette question, nous attendons de nos deux interlocuteurs qu’ils précisent les termes de la question en disant ce qu’elle engage pour eux de décisif pour l’Eglise et pour la société française inévitablement bousculées dans leur identité.

Laurent Dandrieu est journaliste,
rédacteur en chef des pages cultures de Valeurs actuelles
.
Il y suit aussi l’actualité religieuse. Passionné de cinéma, il a écrit
un Dictionnaire passionné du cinéma (éditions de L’Homme Nouveau, 2013),
Woody Allen étant l’un de ses cinéastes de prédilection (Woody Allen, portrait d’un antimoderne –
CNRS Editions, collection Biblis, 2012
). Passionné d’art, il a aussi publié des ouvrages sur Fra Angelico
(La Compagnie des anges, Editions du Cerf, 2014), Le Bernin (Le roi et l’architecte,
éditions du Cerf, 2015)
ou sur Le Greco, Rembrandt et Vermeer
(Les peintres de l’invisible, éditions du Cerf, 2016)…Son ouvrage Eglise et immigration,
le grand malaise
(Presses de la Renaissance, 2017)est celui d’un catholique convaincu
qui interroge l’Eglise sur la question migratoire, persuadé que celle-ci aurait cédé à l’esprit
du temps, dans un discours global et à sens unique en faveur du migrant
.

Le père Jean-Marie Carrière, jésuite, est bibliste,
professeur d’exégèse au Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris

(spécialiste du Deutéronome), et collabore au CERAS (Centre d’études et de recherches
en action sociale) sur les questions Asile et Migration.
Il a été responsable de JRS France (Jesuit Refugee Service / Service Jésuite des Réfugiés)
puis de JRS Europe
.
Il a dirigé la publication de paroles de réfugiés recueillies au long des routes qu’ils suivaient en Europe
(Routes de l’Espoir, Jesuit Refugee Service Europe, 2016)
Auteur de nombreux ouvrages sur le Livre du Deutéronome, la Lettre aux Hébreux et le symbole de l’eau
(L’eau… et le sang, Editions Desclée de Brouwer, 2009), il publie également de nombreux articles
dans des revues théologiques sur l’Exil, la figure d’Abraham, ou, encore récemment, sur l’expérience du migrant dans la Bible.
A travers ces travaux, le père Jean-Marie Carrière met à jour
les ressources de la foi chrétienne qui obligent, selon lui, à l’accueil
.

Déroulement

La Disputatio commence par le tirage au sort de l’ordre de prise de parole des deux intervenants. Chacun dispose alors de vingt minutes pour répondre à la question posée en apportant ses arguments. S’en suit un débat contradictoire de trente minutes avant que les deux débatteurs ne soient invités à conclure dans l’ordre inverse du tirage initial.

L’origine de la Disputatio

La « disputatio » qui aura lieu le 25 mai prochain entend renouer, à quelques huit siècles de distance, avec la pratique des disputes universitaires et des controverses publiques qui enchantèrent le Moyen Âge. Au Moyen Âge, la Disputatio était la forme propre de l’enseignement et de la recherche universitaires. Elle consistait en un débat dialectique entre plusieurs interlocuteurs, en général devant un auditoire. Le jour où une Disputatio devait se tenir, les cours étaient suspendus. Les bacheliers de la faculté ainsi que les étudiants du maître devaient y assister. Ce débat se déroulait en plusieurs étapes codifiées : le maître formulait la questio, un « opponens » présentait des objections, auquel un « respondens » (en général un bachelier) était chargé d’opposer des contre-arguments. Une fois l’ensemble des arguments épuisés, le maître avançait une solution argumentée appelée la « determinatio ». Celle-ci pouvait être réfutée. Le maître concluait alors plusieurs jours plus tard par un determinatio magistralis qui donnait lieu à un rapport écrit (la questio disputatio). Les Disputatio auxquelles prenaient part tous les maîtres et étudiants d’une faculté s’appelaient Disputatio magistrorum. Il pouvait exister des « Disputatio » plus solennelles, notamment pour sanctionner l’accession d’un étudiant au statut de maître. Néanmoins, c’était la Disputatio de quodlibet qui était la forme la plus solennelle. De telles disputes ne se tenaient qu’exceptionnellement dans l’année, voire tous les deux ou trois ans. Les maîtres d’une université se proposaient de répondre à toute question publique posée par l’assistance (quaestiones quodlibetales) dépassant pour la cause le cadre des seuls étudiants auxquels pouvaient se joindre des clercs de tous ordres ou des maîtres d’autres universités. La Disputatio orale disparaîtra progressivement au profit d’une domination absolue de l’écrit sur l’oral, la place du maître devenant écrasante par rapport à celle des étudiants.

RAPPEL : Samedi 26 mai
9h30 – 
Eglise Sainte-Jeanne-d’Arc : MESSE SOLENNELLE célébrée par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen et Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque émérite de Rouen. Retrouvez le programme de la journée ici

NLH #NLQ #Sorties/Animations

25 et 26 mai 2018 : fêtes de Jeanne d’Arc à Rouen (76)

Vendredi 25 et samedi 26 mai 2018

 « FÊTES JEANNE D’ARC »

Président des cérémonies officielles : Mr Gérard Granier, Inspecteur d’Académie Honoraire, Président de l’Académie des Sciences, Beaux-Arts et Belles lettres de Rouen.

Invité d’honneur de l’archevêque : Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque émérite de Rouen

Vendredi 25 mai
20h  – Nef de la cathédrale Notre-Dame : Disputatio (controverse publique) entre le père Jean-Marie Carrière, jésuite, fondateur de Jrs-France (Service jésuite des réfugiés) dont la vocation est d’accompagner les demandeurs d’asile et les réfugiés, de les servir et de défendre leurs droits et M. Laurent Dandrieu, rédacteur en chef à Valeurs actuelles et écrivain, auteur notamment de l’ouvrage Eglise et immigration : le grand malaise – Le pape et le suicide de la civilisation européenne (Presses de la Renaissance, 2017).. Thème de la Disputatio : « Peut-on accueillir tout le monde ? ».

Samedi 26 mai
9h30 – 
Eglise Sainte-Jeanne-d ’Arc : MESSE SOLENNELLE célébrée par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen et Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque émérite de Rouen.

Présence de la Maitrise et Chœurs Saint-Evode
Présence des porte-drapeaux

10h30 – Place du Vieux-Marché – CÉRÉMONIES OFFICIELLES : allumage de la flamme et dépôt de gerbes. Participation des enfants du Conseil Municipal des enfants accompagnés de la cheffe de chœur, Catherine Anconina. Présence des porte-drapeaux
Déplacement du cortège de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc à l’abbatiale Saint-Ouen, encadré par la fanfare « Funky Buche Factory »
Présence des porte-drapeaux en début de cortège jusqu’à la rue Jeanne-d’Arc.

11h20 – Passage par le portail des Marmousets – ABJURATION ET REHABILITATION DE JEANNE-D’ARC : abbatiale Saint-Ouen
Chant par les enfants du CME

Accueil dans l’abbatiale par Jean-Baptiste Monod, co-titulaire de l’orgue de l’abbatiale Saint-Ouen et Marie-Andrée Morisset, titulaire des grandes orgues de Saint-Ouen (à confirmer)

Discours de M. Yvon Robert, Maire de Rouen
Discours de M. Jean-Pierre Chaline, Président du Comité rouennais d’Hommage à Jeanne d’Arc
Discours de M. Gérard Granier, Inspecteur d’Académie Honoraire, Président de l’Académie des Sciences, Beaux-Arts et Belles lettres de Rouen.

Accueil en musique

Présence de Jean-Baptiste Monod, co-titulaire de l’orgue de l’abbatiale Saint-Ouen

16 h – Cathédrale de Rouen : PANÉGYRIQUE DE SAINTE JEANNE D’ARC
Invité : Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque émérite de Rouen
Présence de la Maîtrise, Chœurs et Cuivres Saint-Évode
Présence des porte-drapeaux 

17h15 – Pont Boieldieu : Présence des porte-drapeaux en tête de cortège, de la Cathédrale au Pont Boieldieu
CÉRÉMONIES OFFICIELLES
LE TOMBEAU DE JEANNE
Jet de fleurs, lever du drapeau – chant par la Maîtrise Saint-Evode

Du 5 mai au 3 juin 2018 – Festival CURIEUX PRINTEMPS

Vendredi 25 et samedi 26 mai à 20h00
Abbatiale Saint-Ouen
« Jeanne ou la dernière amazone »

Doctrine / Formation #Théologie

Déclaration commune des catholiques, luthériens et méthodistes sur la justification

La doctrine sur la justification est l’une des divisions historiques entre catholiques et protestants.

Pour les catholiques, les œuvres ont place dans la justifications, alors que pour les protestants, non. Des disputatio à n’en plus finir, des anathèmes réciproques ont jalonné l’histoire de cette division qui a pris fin en 1991 entre catholiques et luthériens, rejoint en 2006 par les Méthodistes et en juillet 2017 par la communion mondiale des Eglises Réformées

Que dit cette déclaration ?

Elle affirme le primat de l’oeuvre de Dieu dans 4la justification dont la grâce est justifiante dans l’oeuvre salvifique du Christ. Elle affirme que le justifié est appelé à vivre selon les commandements divins.

Extraits

Nous confessons ensemble que les bonnes œuvres – une vie chrétienne dans la foi, l’espérance et l’amour – sont les conséquences de la justification et en représentent les fruits. Lorsque le justifié vit en Christ et agit dans la grâce reçue, il porte, en termes bibliques, de bons fruits. Cette conséquence de la justification est pour le chrétien, dans la mesure où il lutte tout au long de sa vie contre le péché, une obligation qu’il doit remplir ; c’est la raison pour laquelle Jésus et les écrits apostoliques exhortent les chrétiens à accomplir des œuvres d’amour.   

38. Selon la conception catholique, les bonnes œuvres qui sont réalisées par la grâce et l’action du Saint-Esprit contribuent à une croissance dans la grâce afin que la justice reçue de Dieu soit préservée et la communion avec le Christ approfondie. Lorsque les catholiques affirment le « caractère méritoire » des bonnes œuvres, ils entendent par là que, selon le témoignage biblique, un salaire céleste est promis à ces œuvres. Loin de contester le caractère de ces œuvres en tant que don ou, encore moins, de nier que la justification reste un don immérité de grâce, ils veulent souligner la responsabilité de la personne pour ses actions.  

39. Les luthériens partagent eux aussi l’idée d’une préservation de la grâce et d’une croissance dans la grâce et la foi. Néanmoins ils soulignent que la justice, en tant qu’acceptation par Dieu et participation à la justice du Christ, est toujours parfaite. Ils affirment en même temps que ses conséquences peuvent croître tout au long de la vie chrétienne. En considérant les bonnes œuvres des chrétiens comme étant les « fruits » et les « signes » de la justification et non des « mérites » propres, ils considèrent également, conformément au Nouveau Testament, la vie éternelle comme « salaire » non mérité dans le sens de l’accomplissement de la promesse de Dieu faite aux croyants [cf. sources pour le chapitre 4.7].