NLQ #Théologie

Théodom : un site de formation ludique à la théologie

Pour répondre à vos questions et vous aider à approfondir votre foi, les frères dominicains vous attendent sur le site theodom.org. La saison 2, « Tout (ou presque) sur l’Esprit Saint ! », débute le 22 avril. Vous êtes prêts ?

« C’est humain de penser à Dieu » assure Theodom sur sa page d’accueil. C’est aussi humain de s’interroger, c’est pourquoi Theodom est là pour vous accompagner dans vos réflexions grâce à une méthode ludique, interactive et saupoudrée d’une pointe d’humour. Le site respecte le leitmotiv  « Comment approfondir sa foi sans trop se prendre la tête ? » en proposant des vidéos courtes traitant chacune un thème précis comme « Dieu a-t-il écrit la Bible ? » ou « Les dogmes pour quoi faire ? »

Comment ça marche ? Pour visionner les interventions des frères, il faut d’abord s’inscrire gratuitement sur le site pour avoir accès aux différents contenus de Theodom. Chaque vidéo d’initiation est suivie d’un exercice sous forme de jeu afin de tester, en s’amusant, sa compréhension du sujet. Compréhension qui peut être approfondie ensuite avec une seconde vidéo plus poussée.

Le site est également pensé comme un lieu d’échange. Les personnes inscrites peuvent discuter sur un forum et réfléchir ensemble sur leur foi, débattre et poser des questions directement aux frères dominicains.

Le contenu de la saison 2 sera mis en ligne dimanche 22 avril. Les retardataires peuvent profiter du début de week-end pour visionner la saison 1, toujours disponible, sur le thème « Comment réfléchir sur sa foi ? »

Le teaser de la saison 2 :

(Source)

NLH #Tribunes et entretiens

Un christianisme sans dogmes n’a pas d’intérêt – Gérard Leclerc

 Comment annoncer l’Évangile aujourd’hui ? La question n’est pas nouvelle, mais elle acquiert une importance singulière dans une société qui a perdu toute culture chrétienne, celle qui baignait hier les générations précédentes. Au tournant des années soixante, lorsque, comme l’explique si bien Guillaume Cuchet, « notre monde a cessé d’être chrétien » [1], toute la pastorale avait été modifiée, afin de gommer l’aspect rébarbatif que pouvait revêtir une catéchèse perçue comme « rigide ». Mais ainsi, il y avait un risque d’abandonner des aspects essentiels de la foi, concernant par exemple les fins dernières, au profit d’un style qui se voulait plus en phase avec la mentalité contemporaine. L’adaptation ne fut pas toujours des plus heureuses, comme le montre Jean-Pierre Le Goff dans le magnifique essai d’ethnographie contemporaine qu’il vient de publier [2]. Du rébarbatif d’hier qu’il avait mal supporté, on passait à un style jeuniste un peu démagogique, qui faisait bon marché de l’accès au cœur du mystère chrétien. Il pouvait y avoir un moment où la sensibilité adolescente était touchée par une proximité qui privilégiait l’affectif et les modes du moment. Mais au terme, on n’avait pas appris grand-chose et le manque de consistance doctrinale laissait la plupart insatisfaits.

Depuis lors, il y a eu de sérieuses mises au point, notamment à propos de la catéchèse. Mais il subsiste souvent un certain flottement, qui apparaît encore lorsqu’on fait compliment à tel prédicateur de ne pas être « un dogmatique ». Sans doute, le mot peut prêter à confusion avec un usage qui a peu à voir avec ce que la théologie entend par là. Il ne faut pas avoir peur de l’affirmer : un christianisme sans dogmes n’a pas d’intérêt, il a tout risque de s’effondrer dans une sentimentalité sans consistance. C’est pour le coup que l’on « vide les églises ». Guillaume Cuchet n’a pas tort d’établir une relation étroite entre le décrochage des années soixante et l’abandon de la prédication des fins dernières.

C’est pourquoi il importe de revenir à l’essentiel. Ainsi que l’écrivait le cardinal de Lubac : « Le chrétien qui ne fait pas confiance à la fécondité de la vérité révélée, qui ne consent à s’y intéresser que dans la mesure où il en reçoit d’avance le bienfait, qui n’accepte pas de se laisser saisir et modeler par elle, celui-là ne sait pas de quelle lumière et de quelle force il se prive. » Et d’ajouter : « Si, au lieu de s’engluer dans le misérable masochisme où tant de prophètes à rebours s’acharnent à les plonger, les chrétiens se décidaient à croire – je veux dire, à faire confiance à leur foi – cette foi ferait d’eux aujourd’hui même, en vérité, l’âme du monde. [3] » Et les églises loin de se vider, deviendraient trop petites, car on y apprendrait l’extraordinaire nouvelle d’un Amour qui sauve.

 

Gérard Leclerc

Source France Catholique


[1] Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien, Seuil.

[2] Jean-Pierre Le Goff, La France d’hier, Stock.

[3] Henri de Lubac, La foi chrétienne, Aubier.