Asie #NLQ

Philippines – L’Eglise s’oppose à un abaissement de la majorité pénale à 9 ans

« Voulons-nous d’une nation qui confinera nos enfants en besoin d’accompagnement parental avec les criminels les plus endurcis de notre société ? », dénonce le Philippine Misereor Partnership Inc (PMPI) face au projet de loi qui vise à abaisser la majorité pénale de 15 à 9 ans. Dans son communiqué, le PMPI se dit « très consterné » face à la volonté de certains législateurs philippins qui sont « prêts à tuer et sacrifier nos propres enfants » en cherchant à faire voter «  la plus outrageuse loi de l’histoire ». « A défaut d’avoir de meilleures idées pour infléchir les taux de criminalité, nos législateurs veulent à présent qu’un enfant âgé de 9 ans puisse être considéré comme un criminel aux yeux de la loi philippine », s’insurge le PMPI. Pour les auteurs du projet de loi, l’abaissement de la majorité pénale permettra notamment de contrer et d’affaiblir les gangs « qui utilisent des mineurs dans leurs activités criminelles ».

Les responsables catholiques sont également montés au créneau pour exprimer leur opposition à un tel projet de loi. « Au lieu d’abaisser l’âge de la majorité pénale, les législateurs devraient durcir les sanctions à l’encontre des trafiquants qui utilisent et exploitent les enfants dans leur activités criminelles », a estimé Mgr Socrates Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan et président de la Conférence des évêques catholiques des Philippines (CBCP). Souhaitant que la loi actuelle ne soit pas modifiée, Mgr Villegas a invité les législateurs à orienter leurs priorités sur les racines de la criminalité infantile, à savoir « les criminels qui se servent des enfants pour commettre leurs propres crimes ». « Nous pensons également qu’une des pistes de réflexion pourrait être de faire preuve d’une certaine vigilance vis-à-vis des parents des enfants », a-t-il précisé au nom de l’Eglise catholique.

Chercher à ramener au bercail la brebis égarée plutôt qu’à la punir

Le Juvenile Justice and Welfare Act, la loi en vigueur en matière de maturité pénale, stipule que tout enfant âgé de 15 ans ou moins, au moment des crimes commis, ne peut voir sa responsabilité pénale reconnue, compte tenu de son jeune âge, et c’est sur ce point précis que les ONG et l’Eglise catholique se battent afin que la loi soit maintenue en l’état. « J’accueille avec reconnaissance la position de l’Eglise catholique », a déclaré pour sa part, le sénateur Francis Pangilinan, auteur de la loi en vigueur et opposé au nouveau projet de loi présenté par le gouvernement.

Pour le PMPI, cette mesure visant à abaisser l’âge de la majorité pénale des enfants à 9 ans est « en elle-même un crime, car elle viole l’esprit des lois visant à protéger les enfants ». « Ne devrions-nous pas plutôt chercher à ramener la brebis perdue vers le troupeau, même lorsqu’il ne s’agit que d’une seule brebis, comme notre Seigneur Jésus-Christ l’a lui-même fait et nous y invite ? », interroge le réseau d’ONG chrétiennes.

Une étude réalisée en 2002 par le Philippine Action for Youth and Offenders, un réseau de soutien aux droits des enfants en conflit avec la loi, affirmait que l’âge de discernement des enfants philippins non scolarisés se situait à 18 ans. Pour les enfants philippins scolarisés, une étude de l’université Ateneo de Manila a estimé que l’âge moyen de discernement se situait à 15 ans. Selon le Juvenile Justice and Welfare Council, 11.000 enfants philippins sont actuellement en situation de « conflit avec la loi philippine » et sont susceptibles d’être concernés par ce nouveau projet de loi, s’il venait à être voté.

Source : Eglises d’Asie

Dans le Monde #NLQ

Entretien – Enfants soldats : le travail de réintégration des Salésiens en Colombie

Dimanche dernier, c’était la journée internationale des enfants soldats. Selon des ONG, près de 250.000 jeunes, âgés de 6 à 18 ans, sont concernés, dans une trentaine de conflits dans le monde. C’est le cas de la Colombie, où la guérilla des FARC s’est achevée à la fin de l’année 2016, et où les pourparlers de paix débutent avec l’autre guérilla du pays, l’ELN. Les plaies du conflit sont encore douloureuses pour de nombreux enfants, touchés de diverses manières. Il est souvent très difficile de réintégrer dans la société les enfants soldats, recrutés souvent de force et ayant subi de graves dommages physiques et psychologiques. Ce travail est notamment réalisé par les salésiens de Don Bosco qui disposent de deux centres en Colombie. Ce processus de réadaptation et de réintégration personnelle et sociale des enfants soldats par les Salésiens est raconté dans un documentaire intitulé Alto el Fuego (« Cessez le feu »).

Angel Gudiña Canicoba, le secrétaire exécutif de Don Bosco International, revient sur l’action des Salésiens et le quotidien des enfants soldats. Interrogé sur Radio Vatican par Sarah Bakaloglou, nous retranscrivons pour vous l’essentiel de son témoignage.

Angel Gudiña Canicoba : Il y a plusieurs cas, très différents. Certains vont volontairement à la guérilla, dans des circonstances très diverses, à cause de situations familiales difficiles, par admiration de quelques personnes, mais il y a aussi des personnes qui sont forcées. Il n’y a pas de règle générale.

Sarah Bakaloglou : Alors ce sont des enfants qui ont subi des dommages physiques et psychologiques, quels sont-ils ?

A.G.C : Ils étaient considérés comme soldats, ils devaient faire tout ce que fait un adulte : des gardes, cuisiner, marcher de nombreux jours sans aucune nourriture, etc

S.B : Qu’est-ce que ces enfants ont trouvé le plus dur, le plus traumatisant ?

A.G.C : Le manque d’humanité. C’est, par exemple, le cas de Manuel, le protagoniste du documentaire : ils ont tué son frère, après un conseil de guerre. Alors il n ‘avait plus de motivation pour continuer la guérilla et il a voulu partit.

S.B : Comment aider ces enfants-soldats à réintégrer la société, quel est le travail que vous faites avec eux ?

A.G.C : On nous envoie ces enfants pour les accompagner dans le processus de réintégration. Le processus comporte une première phase de confiance : pendant 2, 3, 4 mois selon les enfants (chacun a un parcours individualisé). Puis vient la phase on donne des formations (techniques, scolaires…) et ensuite vient la phase la plus longue, la phase que nous appelons “de l’alliance”, au cours de laquelle on commence à les engager au niveau civique. Nous les rétablissons dans leurs droits de citoyens. C’est très difficile de les convaincre qu’ils ont été victimes et pas coupables de toute leur histoire. On doit essayer de rétablir tout le mécanisme citoyen habituel.

S.B : Combien y a-t-il d’anciens enfants soldats dans vos centres dans le pays ?

A.G.C : Nous avons deux centres, l’un de 75 places et l’autre de 40. Cela fait maintenant 15 ans que nous faisons ce travail et au cours de ces années nous avons vu passer 2300 enfants soldats avec un succès de 90 % d’enfants établis dans la vie. Parmi les 10 % restant, certains enfants ne se trouvaient pas bien dans nos centres et l’Etat les a envoyé dans d’autres lieux.

S.B : Le gouvernement colombien a signé un accord de paix avec les FARC, il a ouvert des discussions avec la 2° guérilla du pays, l’ELN, est-ce que c’est rassurant pour vous sur le sort des enfants-soldats ?

A.G.C : C’est beaucoup d’espérance pour notre travail. Il faut avoir la volonté de traiter ces enfants comme enfants et pas comme soldats, leurs droits n’ont pas été respectés lorsqu’ils étaient enfants.

Il y a une autre question très importante : ces enfants ont toujours peur que quelqu’un les reconnaisse et vienne les tuer : ils sont déserteurs, ils ont déserté la guérilla, c’est une situation complexe.

Source

 

NLQ #Points non négociables PNN

Peillon 2017 et le droit des femmes

Sans surprise le candidat à la Primaire PS, Vincent Peillon affirme sa détermination à lutter contre les discriminations des femmes, sans tenir compte de l’intérêt et des droits des enfants.

Il promet ainsi d’ouvrir l’accès des femmes à la PMA.