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Natacha Polony, Eugénie Bastié – La PMA, il ne s’agit pas d’un droit, revenons au vocabulaire….

Natacha Polony et Eugénie Bastié exposent le fond du problème de la PMA. La divergence des droits, la question pathologique, l’humain n’est pas un matériau, quid des donneurs de gamètes ?

 

 

https://youtu.be/kiSCiqOEeXk?t=127

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L’avortement, droit ou drame ?

Alors que l’Assemblée nationale vient de voter en première lecture l’extension du délit d’entrave à l’IVG (cf. Délit d’entrave numérique à l’IVG : L’Assemblée nationale adopte la censure), Claire de la Hougue[1], docteur en droit, avocat au Barreau de Strasbourg et chercheur associé à l’ECLJ, revient sur la douloureuse réalité, trop souvent occultée, de l’avortement.

(reprise estivale d’un article du 10 décembre 2016)

« IVG, c’est mon droit », « IVG, mon corps, mon choix, mon droit », « IVG, un droit garanti par la loi »peut-on lire sur le site gouvernemental d’information sur l’interruption volontaire de grossesse. Celle-ci serait même un droit fondamental des femmes, selon la résolution adoptée par l’Assemblée nationale le 26 novembre 2014.

L’avortement est assurément une possibilité admise par la loi, mais peut-on le placer au nombre des droit fondamentaux ? Cela s’oppose frontalement à l’intention du législateur. Simone Veil a ainsi expressément affirmé « que si (la loi) n’interdit plus, elle ne crée aucun droit à l’avortement ». Selon le code de la santé publique, « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie. Il ne saurait être porté atteinte (à ce) principe (…) qu’en cas de nécessité et selon les conditions définies par le présent titre ». L’avortement est une exception. Cette exception a paru nécessaire à condition d’être conscient « qu’il ne s’agit pas d’un acte normal ou banal, mais d’une décision grave qui ne peut être prise sans en avoir pesé les conséquences et qu’il convient d’éviter à tout prix », disait Simone Veil. C’est pourquoi elle insistait sur l’importance de la dissuasion – donc la prévention – de l’avortement, et sur le rôle essentiel des associations qui soutiennent les femmes en détresse.

Avortement sous contrainte

Nos ministres, qui portent l’avortement comme un étendard, seraient bien inspirées de relire le discours de Simone Veil dont elles se réclament de façon manifestement abusive. Enfermées dans leur idéologie, elles ont perdu toute attention aux femmes et à leur souffrance.

Les jeunes femmes enceintes qui s’interrogent savent bien qu’elles portent en elles une petite vie débutante et que l’avortement ne peut pas être un acte anodin, mais le plus souvent elles ne trouvent pas d’autre solution. Les personnes qui accueillent les jeunes femmes en difficulté peuvent témoigner que beaucoup sont poussées à l’avortement par leurs parents ou leur compagnon, voire menacées d’être chassées du domicile et laissées sans ressources, ou même victimes de violences physiques. Même l’Institut Guttmacher, centre de recherche du Planning familial américain, affirme que 75 % des femmes qui ont avorté l’ont fait en raison de contraintes sociales ou financières. Peut-on clamer que ces femmes exercent un droit fondamental, alors qu’elles agissent sous une telle contrainte ?

Des séquelles durables

Le site gouvernemental prétend que « la majorité des études scientifiques sérieuses qui ont été publiées sur le sujet montrent qu’il n’y a pas de séquelle à long terme psychologique de l’avortement[2]. Il n’y a pas de syndrome post-traumatique qui persisterait à distance, plusieurs années après un avortement ».

Pourtant, toutes les femmes savent bien que l’avortement laisse des traces difficiles à vivre. Ceux qui les accueillent et les écoutent savent bien que des femmes sont marquées douloureusement et que leur souffrance peut perdurer ou réapparaître des années plus tard. De nombreuses études[3] indiquent un considérable impact sur la santé des femmes. Outre un certain nombre de complications immédiates de gravité variable, l’avortement augmente le risque de naissance prématurée lors d’une grossesse ultérieure et de cancer du sein, selon différentes études. D’autres[4] indiquent que le risque de décès des femmes ayant avorté par rapport à celui des femmes ayant accouché est fortement accru, quelle que soit la cause du décès. Surtout, l’impact sur la santé mentale est élevé. Anxiété, cauchemars, addictions, dépressions et suicides sont considérablement plus fréquents chez les femmes qui ont avorté et, sur un autre plan, la proportion de ruptures de couples est également très élevée.

Derrière des chiffres, de vraies femmes en souffrance

Derrière les études et les froides statistiques apparaît un monde de souffrance et de vies brisées, que nos ministres non seulement ignorent résolument mais qu’elles nient. Elles veulent maintenant imposer leur idéologie mortifère en bâillonnant les personnes qui osent parler de cette souffrance et tentent de la soulager : 30 000 euros d’amende et deux ans de prison pour ceux qui auront divulgué sur internet des informations sur l’avortement « dans un but dissuasif », selon la proposition de loi alambiquée votée le 1er décembre. Pas de liberté d’expression pour ceux qui s’écartent de la ligne officielle !

L’avortement n’est pas un droit ou un slogan, c’est une réalité sociale qui constitue un grave problème de santé publique et la source de souffrances innombrables. Le devoir des autorités publiques est de prévenir l’avortement au moins en donnant aux femmes qui le souhaitent la possibilité de garder leur enfant et en soutenant les associations qui, par humanité, accueillent et aident les femmes en difficulté.

Finalement, il nous faut conclure avec Simone Veil : « Aucune femme ne recourt de gaité de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame ».

 Source Généthique.org

[1] Claire de la Hougue a participé à l’ouvrage Droit et prévention de l’avortement en Europe, sous la direction de Grégor Puppinck, LEH Editions, novembre 2016.

[2] Cherline Louissaint, “Les conséquences médicales et relationnelles de l’avortement” in Droit et prévention de l’avortement, sous la direction de Grégor Puppinck, LEH édition 2016.

[3] Idem.

[4] Idem.

 

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Aucune convention internationale et européenne n’établit un droit à l’avortement

Il n’y a aucun « droit à l’avortement » issu du droit international et européen

Nouveau Flash Expert : pour y voir clair…

Depuis près d’un an, les discussions sur la sortie de l’avortement du Code Pénal ont repris. Dans la brochure du Centre d’Action Laïque, une question est posée : « La pénalisation de l’avortement dans la législation belge est-elle compatible avec les législations internationales signées par la Belgique qui consacrent ce droit ? »(Lire : ce droit à l’avortement).

Il parait urgent dans ce contexte de le rappeler : aucune convention internationale et européenne n’établit un droit à l’avortement, ni….

Entièreté du document : ICI

 

Brèves

Une proposition de loi déposée au Sénat pour inscrire le “droit à l’IVG” dans la constitution

A l’initiative d’Eliane Assassi, sénatrice communiste, une proposition de loi a été déposée hier au Sénat visant à inscrire le « droit à l’IVG » dans la constitution.

Si le texte, qui n’est pas encore publié, a peu de chance d’aboutir, il s’inscrit dans une dynamique électoraliste et conforte les idéologies dominantes.

 

Source Généthique.org

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L’embryon humain est-il une personne au regard de la loi ?

En voulant essayer de définir la nature de l’embryon, le droit ne peut qu’apporter sa propre conception des choses et mépriser le réel. Analyse de Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur de l’European Centre for Law and Justice (ECLJ).

« D’un point de vue juridique, l’embryon est-il une personne humaine ? » À quoi bon une telle question ? Se demande-t-on si, d’un point de vue juridique, le têtard est un batracien ? Cette question révèle une confusion très répandue entre la réalité et le droit, entre le fait et la norme. Cette confusion résulte de notre appréhension de la réalité, dont la représentation sociale ou normative tend à être perçue immédiatement au détriment de sa réalité première, factuelle.

Le droit n’est pas la réalité

Le droit porte sur des objets, des faits objectifs qui lui sont extérieurs, mais lorsque le fait est mystérieux, lorsque notre intelligence peine à appréhender une réalité – comme un embryon ou un fœtus – que l’on peut difficilement voir ou toucher, nous nous en faisons une idée. Cette idée, personnelle, représente la réalité, mais lui fait perdre son unicité et la fragmente car il faut admettre la possibilité d’une multiplicité de telles idées. Le droit, comme représentation de la réalité, vient alors imposer une conception commune, réunifiant cette diversité de points de vue, et ainsi il restaure l’apparence d’une réalité accessible, unie et partagée, il remplace la réalité. Mais en fait le droit ne fait que s’interposer entre nous et la réalité, il est la projection de notre représentation de la réalité. Ainsi sommes-nous amenés à penser que le droit aurait le pouvoir de dire ce qu’est l’embryon, car in fine, le droit, la norme sociale, serait la seule réalité humaine. C’est pure illusion ! Plus faible sera l’appréhension de la réalité objet du droit, plus grande sera l’indépendance du droit à l’égard des contraintes du réel.

Pourtant, il est vrai que le droit doit se prononcer sur ce que l’on peut faire avec un fœtus ou un embryon. Car telle est normalement sa fonction : non pas dire ce qui est, mais déterminer le juste rapport entre les personnes et avec les choses. Or, pour qualifier juridiquement un embryon et se prononcer sur ce que l’on peut en faire, il faut au préalable savoir ce qu’il est en lui-même. Cette question est pré-juridique, et comme telle, elle est normalement tranchée non par des juristes, mais par une autorité compétente qui ne tire pas son savoir du droit. Mais si aucune science supérieure au droit dans l’ordre de la connaissance (théologie, philosophie, science) ne lui fournit de définition de l’embryon, le droit doit alors se prononcer seul.

Le droit ne devrait pas être juge et partie : il ne devrait pas pouvoir définir à la fois la norme et son objet. Pourtant, la loi ne prétend pas seulement régler la bonne conduite des hommes, elle prétend aussi être, à côté ou à la place de la science, de la théologie et de la philosophie, une modalité de la connaissance : une « connaissance démocratique » qui résulte non pas de l’observation de la réalité mais de l’expression de la volonté. La loi a ainsi la faculté de contredire le réel et parfois la prétention de s’y substituer. Elle s’y substituera d’autant plus facilement que la réalité est mystérieuse ou qu’elle aura été rendue confuse et inintelligible. Cette réalité nouvelle, légale mais néanmoins fausse, n’existe que par la volonté institutionnalisée de la société, cette volonté générale étant elle aussi largement une fiction démocratique.

Humanité sans frontières

Le doute sur la question de la nature de l’embryon n’est pas tant sur l’aspect factuel de la question (le développement prénatal de la vie est bien connu), il porte surtout sur la définition de l’humanité. Ce n’est pas la première fois que cette question se pose : en divers lieux et époques, la société a hésité sur la délimitation de la frontière de l’humanité ; faut-il exclure les sauvages, certains handicapés ; faut-il inclure certains animaux : l’ours, le singe ? Certains êtres ne sont-ils humains qu’en partie ? De fait, la société ne partage plus de critère objectif d’humanité. La référence aux notions de dignité ou de liberté n’est qu’un pis-aller consensuel, suffisamment large et flou pour tirer le rideau sur l’horizon de nos interrogations. Elles sont une description morale de l’homme, mais ne disent pas qui est homme. Tout critère moral (dignité, capacité, autonomie), parce que l’humanité se le donne nécessairement à elle-même, est arbitraire et permet d’exclure certaines catégories d’êtres de cette humanité.

Ainsi, à défaut de critère biologique, seul un caractère surnaturel distinguant l’homme du reste de la nature peut donner un critère d’humanité extérieur à notre propre pouvoir. Un tel critère existe, c’est celui de l’animation : le moment de l’union de l’âme et du corps. Un critère difficile à manier et qui n’est plus beaucoup accepté en Occident. Mais sans Révélation et théologie, l’homme ne peut pas porter un regard extérieur sur lui-même.

Le fait que la question de l’humanité de l’embryon se pose à notre époque n’est pas en soi l’expression d’une régression morale (mise à part la question de l’avortement), mais une conséquence du progrès de nos connaissances scientifiques qui nous confronte nouvellement à cette réalité humaine comme autrefois aux sauvages. Or, il faut le reconnaître, un embryon ressemble visiblement moins à un être humain qu’un sauvage amazonien. Il semble que cette voie de la biologie soit la seule encore empruntable actuellement dans notre société pour déterminer les frontières de l’humanité. Elle conduit à devoir reconnaître que toute vie individuelle est un continuum de la conception à la mort, quelle que soit la définition juridique du début de la vie et de la mort. Cela suppose d’abandonner l’idée morale d’humanité comme définissant a priori et conditionnant qui est homme pour ne conserver d’elle que la description des qualités humaines dont tout individu n’est pas pourvu à égalité. Cela suppose de partir du réel. Le sujet de l’humanité peut alors exister indépendamment de la possession des qualités morales qui distinguent l’homme du reste de la nature. Si l’humanité obéit à un critère biologique, alors elle ne fait pas mystère et nous oblige. Prétendre ne pas savoir qui est humain – par désaccord sur le concept d’humanité – permet de ne pas être obligé à respecter un être que l’on peut vouloir rejeter par l’avortement, ou exploiter par les biotechnologies.

Alors, « d’un point de vue juridique, l’embryon est-il une personne humaine ? ». Cela dépend si la « connaissance démocratique » qui informe le droit est fidèle à la connaissance scientifique, philosophique ou théologique, ou si elle préfère s’en éloigner pour des motifs politiques, par exemple pour permettre l’avortement.

Pour aller plus loin :

Source genethique.org

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Sortir l’avortement du code pénal n’est pas sans conséquences

En Belgique, plusieurs propositions de loi visant à sortir l’avortement du code pénal sont en préparation (cf. Belgique, prémices d’une réflexion pour libéraliser l’avortement), sous prétexte que son maintien culpabiliserait la femme. Des positions soutenues par le Centre d’Action Laïque belge, qui considèrent qu’ « en tant que laïques, nous ne considérons pas que les cellules en développement à l’intérieur de l’utérus soient – même à 14 semaines – un enfant à naître ».

Face à ces initiatives, l’Institut Européen de Bioéthique rappelle que « sortir l’avortement du Code Pénal, et l’inscrire dans la loi comme un droit n’est pas sans conséquence. L’intérêt fondamental protégé deviendrait, en définitive, exclusivement ‘l’autodétermination de la femme’, au moment-même où sa décision sera bien souvent prise dans un contexte de fragilité. Faire de l’avortement un ‘droit’ aurait également comme conséquence que la femme n’aurait pas seulement la faculté de demander un avortement, mais encore la faculté de l’exiger. Or il a été rappelé ci-dessus que l’avortement met en jeu d’autres intérêts qu’une certaine ‘autodétermination’ de la femme enceinte. On peut à cette liste ajouter, par exemple, l’intérêt du père, auteur de l’enfant à naître, ainsi que celui du personnel médical et, le cas échéant, de l’institution de soins, souhaitant, pour diverses raisons, ne pas prêter leur concours à un avortement ».

 

 Source

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Avortement un droit ou un meurtre ?

Décidément, cette primaire sera celle des thèmes catholiques. Le grand retour dans le débat publique des fondamentaux qu’on croyait intouchables. Sur quoi se déchirent les deux candidats toujours dans la course ? Sur l’avortement et le pape !

Mais si c’est clair du côté moderniste avec Alain Juppé qui considère l’IVG intouchable, l’équilibrisme de François Fillon devient risible, au-delà de ce qu’il y a de tragique.

Le désormais héraut des catholiques, si l’on en croit la presse éberluée de ce retour en force des sépulcres blanchis, se retrouve dans la délicate position  de devoir rassurer ceux-là même qu’il avait repoussé en cherchant d’autres soutiens plus médiatiques. Lachant du leste aux modernistes face aux moribonds catholiques, il affirmait que l’avortement est un droit fondamental. Courant derrière cette phrase inscrite noir sur blanc dans son livre, il explique à présent que c’est un droit acquis sur lequel on ne peut revenir, mais que cela n’a jamais été sa philosophie.

Par peu d’être stigmatisé, il rappelle n’avoir jamais rien voté contre l’avortement. Mais alors quel gage peut-il à présent donner à ce qui fait le corps de son électorat ? François Fillon va-t-il battre en retraite et décevoir ses propres soutiens ?

Rappelons que l’avortement n’est pas un droit, ni du point de vue anthropologique ni dans l’esprit de la loi Veil pour qui il est clair que c’est une dépénalisation, une exception au “tu ne tueras pas”. L’habitude et la propagande en ont fait un droit, dévoyant et la loi elle-même intrinsèquement perverse et la notion même de droit.