Tribunes et entretiens

Accorder une place à l’Eglise catholique pour déboucher sur l’islam de France : le pari risqué de Macron – Laurent Bouvet

FIGAROVOX.- Le discours de Macron aux Bernardins a été vivement critiqué par une partie de la gauche, qui l’accuse d’atteinte à la laïcité. Mais n’est-ce pas son rôle d’entretenir un dialogue avec les représentants des cultes ?

Laurent BOUVET.- S’il est tout à fait normal que le président de la République dialogue avec des représentants des cultes, le cadre (la conférence des évêques de France) comme le contenu du discours (une adresse très empreinte de références religieuses destinée expressément aux catholiques) tenu lundi soir le sont moins pour le chef d’un État laïque. Ce discours s’écarte en effet brutalement de ce qu’un président de la République a coutume de dire sur le sujet, même à des responsables religieux. L’empathie qu’il a manifestée pour son auditoire catholique – tenant à apparaître à plusieurs reprises comme l’un des leurs, ou du moins inspiré par une culture profondément catholique – et l’appel qu’il a lancé à l’investissement politique des croyants ne sont pas conformes sinon à la lettre du moins à l’esprit de la loi de 1905, notamment de son article 2, celui qui établit la séparation de l’Église et de l’État.

La gauche ne se scandalise pas lorsque le président de la République, accompagné du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, se rend à un dîner de rupture du jeûne du ramadan ou au dîner communautaire du Crif. Plus grave, elle est dans le déni concernant la question de la montée de l’islamisme en France…

C’est là en effet l’une des ambiguïtés d’une partie de la gauche, qui se souvient soudain qu’elle est historiquement porteuse de la laïcité lorsque c’est l’Église catholique qui est en cause. Elle défend aujourd’hui à hauts cris ce principe fondamental du pacte républicain contre Emmanuel Macron alors qu’elle critique vigoureusement les défenseurs de la laïcité – qu’elle n’hésite pas à traiter de « laïcards » en reprenant même sans sourciller le mot de Maurras à leur encontre ! – le reste du temps. Spécialement lorsque ceux-ci se battent contre le débordement dans la sphère politique de l’islamisme.

La gauche se souvient soudain qu’elle est historiquement porteuse de la laïcité lorsque c’est l’Église catholique qui est en cause.

Ce deux poids deux mesures, perceptible aussi dans l’antisionisme militant affiché désormais quotidiennement de ce côté-là de l’échiquier politique, est insupportable. Il nuit d’ailleurs à la crédibilité d’ensemble de la gauche. Nos concitoyens très majoritairement attachés à la laïcité ne comprennent pas cette complaisance à l’égard de l’islamisme ou a minima ce refus de condamner un discours d’inspiration religieuse, réactionnaire et menaçant pour nos droits et libertés. Il faudrait d’ailleurs pouvoir mesurer précisément le coût électoral d’une telle dérive, mais je formule l’hypothèse qu’il doit être assez lourd.

Sur le fond, qu’avez-vous pensé du discours ? Le président était-il à la hauteur des enjeux actuels ? Et y a-t-il une part d’opportunisme dans cette démarche ?

Ce discours est très important, et il peut, doit même, malgré le désaccord qu’on peut avoir sur le fond avec celui-ci, être lu, compris et critiqué à l’aune du haut niveau de réflexion politique auquel le président a voulu d’emblée se situer. C’est d’ailleurs pourquoi il ne peut pas être uniquement lu, par exemple, ni comme la révélation soudaine de la culture chrétienne du président de la République, ni comme une simple opération de « câlinothérapie » politique à destination d’un électorat catholique qui serait choqué par le durcissement de la politique de l’immigration.

Ce discours doit plutôt être replacé dans le cadre d’une réflexion plus large qu’a annoncée le président de la République sur deux grands sujets au moins.

Le premier tient à la relation de l’État avec les cultes : il s’agit du projet d’intégration du culte musulman dans le cadre républicain. En d’autres termes, il souhaite la mise en place d’un islam de France qui marche, si j’ose dire, contrairement aux tentatives précédentes qui ont échoué, notamment celle du CFCM (conseil français du culte musulman). Or pour réussir un tel projet, le chef de l’État a besoin de modifier l’ensemble de l’équilibre laïque, notamment en matière de financement du culte musulman, celui-ci étant aujourd’hui très dépendant de l’étranger. Ce qui induit un accord voire une association avec l’ensemble des cultes compte tenu des modifications nécessaires des équilibres actuels. C’est notamment pourquoi le président de la République s’est montré très attentif aux représentants des cultes depuis son accession au pouvoir, et donc qu’il a poussé très loin l’offre politique faite aux catholiques dans son discours de lundi soir.

Le second grand sujet qui était en toile de fond du discours tient à l’ambition réformatrice annoncée en matière bioéthique (PMA, GPA, fin de vie…). Et là aussi, de la même manière, le chef de l’État tient à s’appuyer sur les représentants des cultes pour s’assurer de la meilleure réception possible des réformes qu’il envisage. Il veut à tout prix éviter le traumatisme national du débat sur le mariage pour tous en 2013. L’Église catholique étant en la matière la pièce maîtresse, puisqu’elle seule dispose d’un réel pouvoir de mobilisation contre ces réformes. L’associer en amont aux discussions, et plus encore assurer les catholiques de toute son attention et sa considération, voilà qui apparaît clairement comme la stratégie privilégiée par Emmanuel Macron.

Ce pari est-il réaliste ? Et en particulier, est-ce que la Conférence des évêques de France (CEF) à laquelle s’est adressé Emmanuel Macron est vraiment représentative des catholiques aujourd’hui ?

 

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En France #NLQ

“Prospérité et gloire à notre Eglise catholique” La laïcité selon de Gaulle

“Nous avons, en France, un respect particulier pour Sa Sainteté. Nous déposons, au nom de la France, nos respects à ses pieds. Et nous lui demandons, tout son bienveillant appui. Je tiens à adresser mes vœux de prospérité et de gloire à notre Église Catholique.”

1959 -Charles de Gaulle

A la une #NLQ

L’édito – Laïcité à deux vitesses ? Quand l’Eglise fait peur aux manipulateurs de masse

 

Emmanuel Macron était donc invité par les évêques de France lundi 9 avril 2018 aux Bernardins. On a beaucoup glosé en amont de ce cocktail, pour savoir si c’était le pendant catholique du dîner du CRIF, si un président de la république pouvait se rendre à une telle invitation, alors qu’il est évident qu’il peut aller sans entacher la laïcité au diner des autres religions. L’autre grande question était de savoir ce que le chef de l’Etat allait bien pouvoir dire. On attendait beaucoup de la rencontre de janvier avec les représentants des cultes. On attendait encore plus des vœux du président aux mêmes représentants. Et comme il n’était rien sorti des flots littéraires présidentiels on attendait beaucoup, sans plus trop savoir quoi, de cette soirée, sur fond d’islam et de révision des lois de bioéthique. Et mises à part quelques citations montées en épingles et brochettes d’œufs de Pâques, il n’est évidemment pas ressorti grand-chose de cette rencontre au cours de laquelle le président a laissé entendre ce que les catholiques voulaient entendre. Reprenant les tremolos sarkoziens, il a rappelé l’apport des catholiques à la construction de la France, dans une petite incise laissant entrevoir sa conception : les catholiques ont mis leur pierre à l’édifice, mais ils ne sont pas les fondations de la France. On pourrait analyser le discours présidentiel, mais qu’y trouverions-nous ? Des mots, des poncifs. Il écoute, mais ne répond pas. Il invite à s’engager, mais reste fermé à tout ce qui n’est pas conforme à sa vision. Il a peur de la réaction des catholiques face aux révisions des lois de bioéthique et finalement il est venu leur dire qu’il ne tiendrait pas compte de leur point de vue, par « réalisme humaniste ». Mais, charmeur, il pleure avec les catholiques nostalgiques d’un temps où les présidents étaient effectivement chrétiens et où la morale du monde s’accordait encore avec l’anthropologie catholique. Promesse de restaurer un lien abimé, comme une parole en l’air qui n’engage que ceux qui y croient.

Plus intéressantes sont les réactions au discours. Si creux soit-il, les médias et surtout les politiques de gauche et autres francs-maçons sont vent debout pour défendre la laïcité. Une laïcité qui peut tout supporter des juifs et de l’islam, mais qui seraient immédiatement contaminé d’une maladie honteuse au simple passage d’une ombre catholique. Nous avons abondamment relayé ces réactions et parfois ce qu’elles ont de contradictoire dans leur deux poids deux mesures. Mais une chose ressort, francs-maçons comme politique de gauche, l’Eglise les terrifie. Ce n’est pas uniquement parce qu’ils se sont fortifiés dans une opposition à l’Eglise qu’ils en ont peur, mais c’est parce qu’ils ont tout construit sur le mensonge, alors que l’Eglise ne cesse de porter haut et fort un message de vérité. Une vérité anthropologique qui libère l’homme de son péché et de ses travers certes, mais qui aussi libère, en ouvrant les yeux du cœur et de l’intelligence, des totalitarismes et manipulations par lesquels la classe médiatoco-politico-progressisto-maçonnique tient asservi cette masse informe qu’ils appellent le peuple et que nous nommons, nous, l’Homme.

 

 

En France #NLH #NLQ

Macron aux Bernardins – Un florilège de citations inquiétantes pour La France Insoumise

Brèves

Pascal Bruckner – « Plus l’Eglise sera forte plus l’Islam sera sage »

Tribunes et entretiens

Entretien avec l’abbé Guy Pagès sur les renoncements de l’Église catholique face à l’islam

L’islam comme châtiment de l’apostasie actuelle des peuples chrétiens et comme instrument de Dieu pour réveiller les Européens

L’avenir en France et en Europe appartient-il à l’islam ? Dans un entretien exclusif pour Réinformation TV, l’abbé Guy Pagès, prêtre catholique français engagé dans l’évangélisation des musulmans, fin connaisseur de l’islam qu’il dévoile sur le site Islam et Vérité, auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Interroger l’islam, 1501 questions à poser aux musulmans, apporte un point de vue chrétien sur l’islam et s’interroge sur l’islamophilie du pouvoir politique et de la maçonnerie ainsi que sur l’abandon par l’Eglise catholique de sa mission d’annonce du Christ auprès des disciples de Mahomet.

Mon Père, je sais que vous êtes plutôt critique vis-à-vis de l’islam que vous connaissez bien, et vous n’employez pas de langue de bois pour en parler. J’aimerais donc vous poser une question très directe : d’un point de vue purement humain, en tant que citoyen, pensez-vous que tout est perdu ?

 

Oui. Pour plusieurs raisons : la démographie, l’immigration légale et clandestine, les conversions, l’absence de stratégie missionnaire spécifique de la part de l’Eglise à l’endroit des musulmans, la complicité des Etats occidentaux à leur islamisation programmée. La population européenne de souche, vouée à l’hédonisme et au culte de Moloch dévorant plus de 600 enfants par jour en France par l’avortement remboursé et promu comme un bien, est en train de disparaître (1,4 enfant par femme en Italie, Allemagne, Espagne, Grèce, 1,3 enfant par femme en Pologne, etc.), et parallèlement, les immigrés, dont la plupart sont musulmans, sont très féconds. Le laïcisme s’interdisant de discriminer les religions, refuse de reconnaître la religion catholique comme l’unique et vraie religion, s’opposant donc à ce que le Christ règne. Ennemi du Christ (Mt 12.30), il devient l’allié de l’islam, cette autre tête de la Bête (Ap 13.1). C’est ainsi qu’il favorise l’implantation de l’islam par toutes sortes de moyens plus ou moins détournés, comme l’attribution pour la construction de mosquées de baux emphytéotiques pour un euro symbolique et 99 ans d’occupation, la modification des programmes scolaires, la suppression des symboles chrétiens de l’espace public, les dérogations à notre législation (halal, presse, voile…), l’indulgence sinon l’impunité judiciaire accordée aux racailles musulmanes, l’apprentissage de l’arabe, la création d’aumôneries, le silence sur les pratiques contraires à nos principes constitutionnels, etc.

Tout cela mis côte-à-côte fait que d’un point de vue humain, statistique, l’avenir est à l’islam.

Le laïcisme favorable à l’islam par hostilité au christianisme

Ce laïcisme pro-islam vient-il selon vous d’une hostilité vis-à-vis de la religion chrétienne chez les élites politiques et médiatiques en France ? Ou faut-il y voir plutôt de la naïveté ?

C’est par hostilité au christianisme. Tant de forces s’unissent en France dans une même détestation de la religion chrétienne : que ce soit la prétendue Réforme, qui a rejeté l’autorité de l’Église et de la Tradition ; la Franc-maçonnerie, qui a rejeté le fait de la Révélation et la notion même de vérité objective ; le communisme et toute la Gauche qui ont rejeté jusqu’à l’existence de Dieu et l’ordre naturel ; et enfin toute la tiédeur complice des mauvais catholiques, vivant en état de péché mortel, pendant que leurs pasteurs regardent ailleurs (cf. dernièrement l’affaire du MRJC pro-avortement financé par la CEF – Conférence des évêques de France, ndlr). La naïveté ne saurait être une excuse, car assumer des responsabilités sans en avoir les compétences est en soi coupable. De plus, la nature démoniaque de l’islam saute aux yeux de quiconque a un minimum de bon sens. L’actualité, l’histoire et la Révélation chrétienne étant là pour chasser tout doute possible à ce sujet.

Vous dites que l’on n’évangélise pas les musulmans à cause de la laïcité, mais c’est aux chrétiens d’annoncer l’Evangile aux musulmans comme aux autres.

Vous avez raison. Mais l’on n’annonce pas l’Evangile aux musulmans comme à des athées, et que la raison dernière d’être des institutions est de favoriser le salut de tous, car, comme le disait Pie XII : « De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes (Discours pour le Cinquantième anniversaire de Rerum Novarum, 1er Juin 1941). » A mon avis, le premier problème, le plus important, le plus grave, est celui du comportement de la hiérarchie catholique que beaucoup perçoivent comme lâcheté et compromission. Lorsqu’un évêque finance la construction d’une mosquée, que des évêques posent la première pierre des mosquées, prétendent que l’islam est une bonne religion, n’invitent pas à quitter l’islam, comment ces pasteurs ne nourriraient-ils pas l’indifférentisme, ne videraient-ils pas en conséquence leurs églises, et n’apparaîtraient-ils pas aux yeux des gens sains d’esprit comme des traîtres les conduisant à la mort du temps et de l’éternité ?

Les non-catholiques désireux de sauvegarder leur identité voient de plus en plus l’Eglise comme une alliée objective de leur mise en esclavage programmée, tandis que nombre de catholiques sont désemparés, affolés, de ne plus trouver secours auprès de leur mère face à cet Antichrist devant lequel tout le monde se couche et qui n’apporte que malheurs et terreurs. Il faut lire à ce sujet la récente Lettre ouverte d’ex-musulmans devenus chrétiens adressée au Pape. Si l’Eglise elle-même ne voit pas d’inconvénient à ce que l’islam s’installe en Europe, comment voulez-vous que les Etats puissent trouver quelque chose à y redire ? L’Eglise ne joue plus son rôle de prophète, elle n’imite plus le Bon Berger qui chasse le loup de la bergerie, elle se contente de dialoguer avec lui et même l’appelle à cor et à cri à venir s’installer chez nous… Le souci du salut des hommes paraît avoir complètement déserté les préoccupations du clergé, tout occupé à célébrer la convivialité humaine, terrestre, où chacun a le droit de croire ce qu’il veut…

« Si l’Église elle-même ne voit pas d’inconvénient à ce que l’islam s’installe en Europe… »

 

Source et suite Reinformation.TV

En Afrique #NLQ

« Au Burundi, l’Église a un rôle de conseiller moral » Mgr Ntahondereye

Depuis que le président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un troisième mandat en avril 2015, ce pays d’Afrique de l’Est s’est enfoncé dans une violente crise politique. Pour Mgr Joachim Ntahondereye, président de la conférence épiscopale du pays, une sortie de crise passe inévitablement par un dialogue inclusif entre tous les Burundais.

Un Burundais sur trois aura besoin d’une assistance humanitaire cette année. C’est le constat alarmant dressé dans le dernier rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) Ce pays de 11 millions d’habitants est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un troisième mandat en avril 2015, à l’encontre de la Constitution issue des accords d’Arusha signé quinze ans plus tôt, qui mirent fin à la guerre civile qui avait fait 300 000 morts depuis 1993.

Réélu depuis juillet 2015, Pierre Nkurunziza organisera en mai prochain un référendum constitutionnel qui devrait lui permettre, modification de la loi fondamentale du pays faite, de rester en poste jusqu’en 2034. Mais dans ce pays d’Afrique de l’Est, seul le oui à droit de campagne. L’opposition est muselée et l’expression du « non » n’est pas tolérée. Dans un rapport publié en février, la Fidh et la ligue Iteka constatent une « Recrudescence des violences à l’approche du référendum constitutionnel ».

Le SNR, Service national de renseignement, et les Imbonerakure, la jeunesse du parti présidentiel, le CNDD FDD sont chargés de faire taire les voix dissonantes. Selon le décompte de l’International Crisis Group, 400 000 Burundais ont fuit le pays depuis 2015.

Et pourtant, « tout va pour le mieux » dans le pays, si l’on en croit les déclarations du pouvoir.

La crise est donc « inavouée par le pouvoir »,commel’explique Mgr Joachim Ntahondereye, évêque de Muyinga et président de la conférence épiscopale du Burundi.

Mgr Joachim Ntahondereye est actuellement en Belgique dans le cadre de la campagne de Carême de partage de l’ONG catholique Entraide et Fraternité, dont l’édition 2018 est axée sur les initiatives locales en faveur des femmes et de l’agriculture familiale au Burundi et en République démocratique du Congo. Il était cette semaine au siège de la COMECE pour attirer l’attention des institutions européennes sur les défis politiques, sociaux et économiques auxquels son pays est actuellement confronté.

Entretien réalisé par Joris Bolomey – Cité du Vatican

Amérique latine #NLQ

Venezuela – Les pénuries ont fait entrer le peuple dans un cercle vicieux, l’empêchant de penser et de se réaliser.

Pour le président de la conférence épiscopale du pays, Mgr José Luis Azuaje Ayala, les pénuries ont fait entrer le peuple dans un cercle vicieux, l’empêchant de penser et de se réaliser.

Le climat politique est toujours des plus tendus au Venezuela. La présidentielle anticipée a été fixée au 22 avril prochain. Investi par son parti au début du mois, Nicolas Maduro sera bien candidat à sa réélection. Mais en face, les trois principaux partis d’opposition, réunis au sein de la Table de l’unité démocratique (MUD), n’ont pas encore décidé s’ils participeront au scrutin. Ils craignent de possibles fraudes.

La réaction de l’opposition est justifiée selon, le président de la conférence épiscopale, Mgr José Luis Azuaje Ayala, évêque de Barinas, car l’accord qui a été présenté au MUD ne répond ni à ses attentes, ni à celles du peuple vénézuélien. « Nous considérons que l’appel à des élections anticipées, qui devraient normalement avoir lieu cette année en décembre, arrange le gouvernement et non le peuple. Il n’y a aucune garantie électorale sur l’honnêteté dans la procédure » explique-t-il à la rédaction espagnole de Vatican News.

« 300 000 enfants qui risquent de mourir de malnutrition »

Il faut d’abord « résoudre les problèmes humanitaires, les problèmes de pénuries de produits de toutes sortes et principalement les denrées alimentaires, mais aussi s’occuper du secteur de la santé, de l’inflation galopante » explique Mgr José Luis Azuaje Ayala. Conséquence la plus préoccupante de cette pénurie alimentaire, la malnutrition infantile. « On parle de 300 000 enfants qui risquent de mourir de malnutrition », s’inquiète l’ évêque de Barinas. « On voit tous les jours des personnes fouiller dans les poubelles, se désole-t-il. C’est triste dans un pays avec autant de ressources naturelles. »  Les Vénézuéliens doivent consacrer chaque jour de longues heures à trouver de la nourriture ou des médicaments. De longues heures qu’ils devraient normalement passer à travailler et à gagner de l’argent. Un cercle vicieux qui au final « asservit le peuple et l’empêche de penser et de se réaliser » constate le prélat.

Autre problème majeur soulevé par l’évêque, l’exil massif des Vénézuéliens. « Au siècle dernier, nous avons accueilli des millions de personnes de pays en conflit et nous n’aurions jamais pensé nous retrouver dans cette situation de migration force » explique le président de la conférence épiscopale. Et d’ajouter que « les évêques ont toujours dit que la solution n’était pas de franchir la frontière, mais malheureusement, le gouvernement est déterminé à maintenir ce système économique qui a appauvri notre peuple. »

Mgr José Luis Azuaje Ayala dénonce enfin « la violation systématique des droits de l’homme et l’intensification de la repression » contre les manifestants. « Beaucoup de personnes ont été tuées dans les marches et manifestations, insiste l’évêque. Elles ont malheureusement perdu la vie, au nom de la liberté, des mains des forces de sécurité. » Et de conclure : « nous savons qu’il y aura davantage de représailles lorsque le gouvernement se sentira à nouveau bloqué. Nous serons donc vigilants au service que nous pouvons apporter au peuple vénézuélien ».

Source Vatican News

Europe non francophone #NLQ

Les Evêques catalans signent une Déclaration commune – La légitimité morale des différentes options doit être réelle

A l’occasion de ce carême 2018 les treize évêques des dix diocèses sis en Catalogne ont signé une note commune évoquant la situation actuelle dans la province“

“Les catholiques sont invités à travailler pour la paix et la justice” en Catalogne dit le texte, car en ce temps de carême on ne peut oublier les évènements politiques et sociaux intervenus ces derniers mois dans le pays.

Le rappel contenu d’une Déclaration déjà donnée le 20 septembre dernier lors de la conférence de ces mêmes évêques invitant à bâtir entre tous la confiance mutuelle dans une société composée de grande pluralité politique, culturelle et religieuse.

La cohésion sociale, la concorde et la proximité dans le respect des droits de chacun sont les objectifs prioritaires de la société en ce moment.

Les évêques ne se prononcent pas sur les modalités des solutions aux défis du moment, mais sans approuver ni déprécier leur contenu, affirment qu’il existe un problème politique auquel il faut trouver une solution juste actuellement.

Les solutions doivent être acceptables pour tous au prix d’un effort de dialogue en vérité, généreux et pour servir le bien commun de tous.

Relisant à nouveau les paroles du pape François en ces situations, il est l’heure disent-ils, de savoir distinguer dans ce sens les espaces de dialogue, de la rencontre et du consensus au sein de la société catalane.

Au service d’une société juste, respectueuses de la mémoire et sans exclusions aucunes.

L’heure presse de désigner le nouveau gouvernement dans l’application des mécanismes démocratiques qui suivent toute élection.

En agissant dans le sens des responsabilités en lien avec toutes les organisations collectives du pays, au bénéfice des plus nécessiteux et pour surmonter les conséquences de la crise institutionnelle, sociale et économique du temps présent.

Les évêques mentionnent également la situation de ceux placés en prison préventive, élus et dirigeants d’organisations sociales, en demandant qu’il soit tenu compte de la situation réelle et des circonstances personnelles de leur emprisonnement.

La légitimité morale des différentes options doit être réelle au sein des structures politiques de la Catalogne redit le texte.

Elle ne peut donc que se rappeler du respect, de la dignité inaliénable des personnes et des peuples, pour que ces valeurs soient toujours défendues pacifiquement et démocratiquement.

Les évêques catalans soulignent que les temps que Dieu réserve aujourd’hui pour les catholiques de la province ouvriront vers des chemins de paix et de réconciliation qui à terme serviront le bénéfice de la société catalane en son entier.

* La Note de Carême 2018 brève, dense et ciblée s’adresse aux catholiques en premier, aux responsables de la société civile et politique à la fois.

La situation de blocage institutionnel des pouvoirs régionaux qui dure depuis plusieurs semaines désormais, inspire les pasteurs de l’église catalane vers la recherche des solutions pacifiques, vitales et de première nécessité aujourd’hui pour tout un chacun !

Source France catholique

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

Belgique – Interview du cardinal Sarah – L’Eglise aujourd’hui affronte la question de sa fidélité à Jésus

Les 6 et 7 février, le cardinal Robert Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, était en Belgique. Il a accordé un entretien exclusif à Cathobel*. Homme profondément spirituel, le cardinal Sarah développe une vision traditionnelle de la foi et porte un regard très critique sur l’évolution de la civilisation occidentale.

Quels sont aujourd’hui, selon vous, les principaux défis que doit relever l’Eglise catholique, en particulier en Europe occidentale ?

Je crois que l’Eglise affronte aujourd’hui de grandes questions. D’abord, sa fidélité à Jésus, à son Evangile, sa fidélité à l’enseignement qu’elle a toujours reçu des premiers papes, des conciles. C’est le grand défi aujourd’hui. Ce n’est pas évident, parce que l’Eglise désire s’adapter à son milieu, à la culture moderne.

Le deuxième défi, c’est la foi. La foi a chuté, non seulement au niveau du Peuple de Dieu, mais même parmi les responsables d’Eglise, on peut se demander quelquefois si nous avons vraiment la foi. A Noël, un prêtre, pendant la messe du dimanche, a dit aux chrétiens : « Aujourd’hui, nous n’allons pas réciter le ‘Je crois en Dieu’, parce que moi, je n’y crois plus. Nous allons chanter un chant qui va exprimer notre communion ensemble. » Je pense qu’aujourd’hui, il y a une grande crise de foi, une grande crise aussi de notre relation personnelle à Dieu.

Après son élection, le pape Benoît XVI, qui percevait les grands défis de l’Eglise, a immédiatement voulu une année saint Paul. Il voulait ainsi nous amener à avoir une relation personnelle avec Jésus. La vie de cet homme, qui persécutait l’Eglise, a été totalement transformée quand il a rencontré Jésus. Il a dit : « Je vis, mais ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. Pour moi, vivre, c’est le Christ. »

Ensuite, Benoît XVI a voulu une année consacrée au sacerdoce. Il y a aussi une grande crise sacerdotale. Non parce qu’il n’y a pas assez de prêtres. Au VIIe siècle, le pape Grégoire le Grand disait déjà qu’il y avait trop de prêtres. Aujourd’hui, il y a 400.000 prêtres. Mais est-ce que les prêtres vivent vraiment leur vocation ? Enfin, Benoît XVI a voulu une année de la foi. Ce sont là les trois grands défis de l’Eglise aujourd’hui.

Comment les chrétiens peuvent-ils davantage découvrir Dieu, et le faire (re)découvrir par celles et ceux qui ne le connaissent pas, ou plus ?

Comment découvre-t-on une amitié ? C’est dans la relation. Un ami, je le connais de plus en plus si je le fréquente réellement et en profondeur. Eh bien, Jésus, Dieu, nous le connaissons et nous avons une relation avec lui si nous prions. Or, je crois qu’on discute beaucoup, mais qu’on prie peut-être peu. Je pense qu’une des façons de redécouvrir Dieu et d’avoir une relation personnelle avec lui, c’est la prière, la prière silencieuse, la prière qui est uniquement un vis-à-vis. La prière, ce n’est pas dire des choses, c’est se taire pour écouter Dieu qui prie en nous. Saint Paul dit : « Nous ne savons pas prier. » Laissons l’Esprit Saint nous envahir et prier. Il crie en nous : « Abba, Père« . Et la plus belle prière, c’est le « Notre Père ».

Sa Parole est également un moyen pour entrer en relation avec Dieu. Sa Parole, c’est Lui-même qui est là, c’est Dieu qui s’est exprimé, et, en lisant sa Parole, nous connaissons davantage son Cœur. Nous connaissons ses grandes ambitions pour l’homme. Il voudrait que nous soyons saints comme Lui, notre Père, est saint.

Nous pouvons également entrer en relation avec Dieu à travers les mystères des sacrements. Les sacrements, ce sont les moyens que Dieu a inventés pour que nous soyons réellement en lien avec lui. Quand je suis baptisé, comme disait le pape Benoît XVI, je suis plongé dans la Trinité. Quand je reçois le corps du Christ, c’est vraiment le Christ qui vient en moi et je suis en lui. Par la confession, on rétablit les liens qui étaient cassés entre un homme et Dieu. Donc, tous les moyens sont là pour que l’homme puisse retrouver Dieu en vérité.

Depuis fin 2014, vous aidez le pape à veiller sur la vie liturgique de l’Eglise. En quoi la liturgie, principalement l’eucharistie, est-elle si importante pour l’Eglise ?

L’eucharistie est le sommet et la source de la vie chrétienne. Sans eucharistie, on ne peut pas vivre. Jésus a dit : « Sans moi, vous ne pouvez pas vivre. » C’est pourquoi il faut célébrer l’eucharistie avec beaucoup de dignité. Ce n’est pas un rassemblement entre amis, ce n’est pas un repas qu’on prend de manière légère, c’est vraiment Dieu qui se donne à nous, pour qu’Il reste avec nous. Dieu est notre vie, Dieu est notre nourriture, Dieu est tout pour nous. Et il veut manifester cela dans l’eucharistie. L’eucharistie doit être quelque chose de tellement sacré, de tellement beau !

Mon dicastère essaie de promouvoir cette beauté de la liturgie. La liturgie n’appartient à personne, elle n’appartient pas à l’évêque, ni au prêtre, qui ne peut décider de faire ceci ou cela. Il doit suivre ce qu’indiquent les rubriques, ce qu’indique la liturgie, les lois de l’Eglise. C’est une forme d’obéissance. Il y a peut-être des choses qui me gênent, qui me paraissent dépassées, mais je les fais parce que c’est le Seigneur qui le demande.

Nous essayons de faire comprendre que la liturgie est un grand cadeau fait aux chrétiens, qui se doivent de conserver ce qui a toujours été vécu. On s’adapte au moment d’aujourd’hui, on peut s’exprimer et chanter dans nos langues. L’inculturation est possible, mais il faut bien la comprendre. Il ne s’agit pas de mettre de la poudre sur le christianisme, une poudre africaine, une poudre asiatique… L’inculturation, c’est laisser Dieu pénétrer ma culture, laisser Dieu pénétrer ma vie. Et quand Dieu pénètre ma vie, il ne me laisse pas intact, il me transforme. C’est comme l’incarnation : Dieu a pris notre humanité, non pas pour nous laisser à l’horizontale mais pour nous élever à lui. Saint Irénée a dit : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu« . La liturgie, justement, nous fait devenir Dieu, parce que nous communions avec lui, et c’est pourquoi il est également important de soigner le silence dans la liturgie. On demandait à Romano Guardini (théologien allemand du XXe siècle, ndlr.) : « Quand commence vraiment la vie liturgique ?« . Il répondait : « Par l’apprentissage du silence« .

Depuis une cinquantaine d’années, notre civilisation occidentale s’éloigne de ses racines chrétiennes, ce qui implique des changements importants dans la vision de l’homme et de la société. Est-ce que, pour vous, l’Occident est en train de perdre son âme ?

Non seulement l’Occident est en train de perdre son âme, mais il est en train de se suicider. Parce qu’un arbre qui n’a plus de racines est condamné à la mort. Je pense que l’Occident ne peut pas renoncer à ses racines qui ont créé sa culture, ses valeurs. Je pense que c’est une crise, mais toute crise finit un jour, nous l’espérons en tout cas.

Il y a des choses ahurissantes qui se passent en Occident. Je pense qu’un parlement qui autorise la mort d’un enfant innocent, sans défense, est une grave violence faite contre la personne humaine. Quand on impose l’avortement, surtout aux pays en voie de développement, en leur disant que, s’ils ne le font pas, on ne les aidera plus, c’est une violence. Ce n’est pas étonnant. Dès qu’on a abandonné Dieu, on abandonne l’homme, on n’a plus de vision claire de l’homme. Il y a une grande crise anthropologique aujourd’hui en Occident. Et cela mène à traiter la personne comme un objet.

Je suis certain que, si l’Occident, si l’Europe renonce absolument à son identité chrétienne, la face du monde changera tragiquement. Vous avez été amenés à apporter la civilisation chrétienne en Asie, en Afrique… et vous ne pouvez pas dire d’un seul coup que ce que vous nous avez donné n’a aucune valeur. Parmi les jeunes, on voit apparaître une certaine opposition à cette manière de de traiter l’homme. Il faut prier pour que l’Occident reste ce qu’il est.

En 2012, l’Eglise catholique a célébré les cinquante ans de l’ouverture du Concile Vatican II. Peut-on dire aujourd’hui que le Concile Vatican II a été effectivement appliqué dans l’Eglise ?

Je ne peux que vous répéter ce que Benoît XVI a dit. Il y a deux conciles. D’une part, le vrai concile, qui a donné des textes, et d’autre part le concile des médias, qui ont commenté les textes du concile ; et les gens ne connaissent que le concile des médias. Et donc, on a négligé d’aller aux textes. Je prends par exemple la liturgie. Aujourd’hui, on applique la liturgie, mais sans aller au texte, Sacrosanctum Concilium (Constitution du concile Vatican II sur la liturgie, ndlr.)

Par exemple, au numéro 22, au paragraphe 3, il est dit qu’aucun prêtre ne peut ni changer, ni modifier, ni retrancher ce qui est écrit dans les livres sacrés. Mais aujourd’hui, on improvise, on invente des choses, donc on ne peut pas dire qu’on applique le concile. Je pense que nous avons encore beaucoup à faire pour connaître le concile. C’est-à-dire aller aux textes, et essayer de les vivre comme si c’étaient des textes révélés, parce que c’est l’Esprit Saint qui était présent durant ce concile.

Dans le domaine de la liturgie, il y a eu beaucoup d’abus. Beaucoup ont cru qu’ils pouvaient inventer de nouvelles liturgies, alors qu’il y a une continuité à maintenir. Il n’y a aucune rupture dans l’Eglise, il y a toujours une continuité. Le concile a effectivement provoqué une autre vision de la place de l’Eglise par rapport au monde, mais je pense que si on avait respecté les textes, nous ne vivrions pas ce que nous vivons aujourd’hui.

La réforme liturgique voulait que tous ceux qui croient au Christ soient unis en vivant bien la liturgie, et que tous ceux qui ne croient pas au Christ viennent dans l’Eglise de Dieu. Mais, en vérité, il y en a qui partent de l’Eglise, et ceux qui ne connaissent pas le Christ ne viennent pas non plus. Il y a des choses qui ont été bien appliquées, mais nous avons appliqué le concile comme nous l’avons voulu, sans aucune règle.

Le pape François a entamé certaines réformes dans l’Eglise. Est-ce que l’Eglise doit être constamment réformée ? Et si oui, en quel sens ?

Oui, parce que l’Eglise est formée des pauvres pécheurs que nous sommes. Donc, nous avons toujours besoin d’une conversion, de nous réformer. Je ne pense pas que cette réforme concerne uniquement les structures de l’Eglise. Parce que si les structures sont bien réorganisées, il faut encore qu’elles fonctionnent bien. Or, ce sont les hommes qui les font fonctionner. Et si nous-mêmes ne sommes pas réformés, changés, il n’y a pas de réforme.

Et puis, il y a deux façons de réformer l’Eglise. Ou on réforme l’Eglise à la manière de Luther, en critiquant l’Eglise, en l’abandonnant. Ou bien, nous pouvons réformer l’Eglise à la manière de saint François d’Assise, par la radicalité de l’Evangile, la pauvreté radicale. Or, c’est cela la vraie réforme de l’Eglise : vivre pleinement l’Evangile, vivre pleinement ce que nous avons reçu de Jésus-Christ et de la tradition.

Je pense que la vraie réforme est cet appel constant à la conversion. La vraie réforme, c’est ce que nous dit le concile, c’est l’appel universel à la sainteté. La beauté de l’Eglise, ce sont les saints. Le printemps de l’Eglise, ce sont les saints qui le réalisent. Ce n’est pas le nombre des chrétiens, ce ne sont pas les nouvelles structures que nous faisons, mais la sainteté de la vie chrétienne.

Quel est le cœur du christianisme ?

C’est « Dieu est Amour ». Et l’amour est exigeant. L’amour vrai va jusqu’à la mort. Aimer vraiment, c’est mourir. L’exemple nous est donné par Jésus. Il nous a aimé jusqu’à la fin, jusqu’à donner sa vie. Si nous arrivions à vivre pleinement selon cet exemple de Dieu qui se révèle comme le Dieu d’amour, et qui veut que nous soyons nous-mêmes amour, parce que nous sommes Christ, nous arriverions à changer le monde. Dieu est Amour. C’est le cœur du christianisme.

Propos recueillis par Christophe HERINCKX

*Retrouvez l’intégralité de cette interview sur www.cathobel.be, ainsi que l’entretien que le cardinal Sarah a accordé à l’hebdomadaire Tertio

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