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Pape François : pas d’homosexualité dans le clergé (extraits de “La force de la vocation”)

Extrait de “La force de la vocation”

Le pape François : non aux prêtres homosexuels

Il est opportun de prendre en compte la maturité humaine et émotionnelle des candidats.

Nous publions un extrait du livre “La force de la vocation”. Le texte fait partie du chapitre intitulé “Bien gérer les limites” dans lequel la question de l’homosexualité est traitée. Dans le volume, François répond aux questions du religieux clarétain Fernando Prado.

Y at-il des limites qui ne devraient pas être dépassées dans la formation ?

C’est évident. Quand il y a des candidats avec des névroses et des déséquilibres graves, difficiles à canaliser, même avec une aide thérapeutique, il ne faut les accepter ni au sacerdoce ni à la vie consacrée. Nous devons les aider à suivre d’autres chemins, sans les abandonner. Nous devons les diriger, mais nous ne devons pas les admettre. Nous nous souvenons toujours qu’il s’agit de personnes qui vivront au service de l’Église, de la communauté chrétienne, du peuple de Dieu. N’oublions pas cette perspective. Nous devons veiller à ce qu’ils soient en bonne santé psychologique et émotionnelle.

Ce n’est un secret pour personne que, dans la vie consacrée et dans le clergé, il y a aussi des personnes à tendance homosexuelle. Qu’en est-il ?

C’est quelque chose qui m’inquiète, car peut-être qu’à un moment donné, le problème n’a pas été bien traité. Toujours dans la ligne de ce que nous disions, je dirais que dans la formation, nous devons prendre grand soin de la maturité humaine et affective. Nous devons sérieusement discerner et écouter la voix de l’expérience vécue par l’Église. Lorsque le discernement n’est pas pris en compte dans tout cela, les problèmes grandissent. Comme je l’ai déjà dit, il se peut que pour le moment elles ne soient pas évidentes, mais elles se manifestent plus tard. L’homosexualité est une question très grave, qui doit être discernée correctement dès le début avec les candidats, si tel est le cas. Nous devons être exigeants. Dans nos sociétés, il semble même que l’homosexualité soit à la mode et cette mentalité, d’une certaine manière, affecte également la vie de l’Église.
J’ai eu devant moi un évêque scandalisé, qui m’avait dit qu’il s’était rendu compte que, dans son diocèse, un très grand diocèse, il y avait plusieurs prêtres homosexuels, et qu’il devait faire face à tout cela en intervenant avant tout pendant leur formation afin de former un autre clergé différent. C’est une réalité que nous ne pouvons pas nier. Les cas ne manquent pas non plus dans la vie consacrée. Un religieux m’a dit que lors d’une visite canonique dans l’une des provinces de sa congrégation, il avait été surpris. Il a vu que de bons jeunes étudiants et même des religieux qui avaient déjà fait leurs voeux étaient homosexuels. Lui-même avait des doutes sur la chose et m’a demandé s’il y avait un problème avec ça. “En fin de compte – at-il dit – ce n’est pas si grave ; ce n’est qu’une forme d’expression d’affection “. C’est une erreur. Ce n’est pas simplement une expression d’affection. Dans la vie consacrée et dans la vie sacerdotale, ce genre d’affection n’a pas sa place. Pour cette raison, l’Église recommande que les personnes ayant cette tendance enracinée ne soient pas acceptées dans le ministère ou dans la vie consacrée. Le ministère ou la vie consacrée ne sont pas leur place. Les prêtres, les religieux et les religieuses devraient être exhortés à vivre pleinement le célibat et, surtout, à être parfaitement responsables, en essayant de ne pas créer de scandale dans leurs communautés ou dans le saint peuple fidèle de Dieu en vivant une double vie. Il vaut mieux qu’ils quittent le ministère ou la vie consacrée plutôt que de vivre une double vie.

S’agissant de la formation continue, la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique semble percevoir un certain intérêt pour les cas d’hommes et de femmes qui ont déjà déjà prononcé leurs engagements qui ont abandonné la vie consacrée ou le ministère … Comment soutenir la formation continue ? Comment aider à maintenir sa vocation en temps de crise et de difficulté ?

Je reviens aux quatre piliers susmentionnés : la prière, la vie en communauté, l’étude et l’apostolat. Ils doivent être soutenus dans ces quatre dimensions, mais toujours accompagnés. Le religieux ou les religieux doivent essayer de marcher avec le compagnon plus âgé ou avec un compagnon qui a plus d’expérience. La société est nécessaire. Il faut aussi demander la grâce de savoir accompagner et écouter. Dans la vie consacrée, à plusieurs reprises, l’un des plus gros problèmes d’un supérieur ou d’un supérieur provincial est de veiller à ce qu’un frère ou une sœur ne soit seul ou ne marche seul. Quoi de neuf ? Personne ne l’accompagne ? Après tout, on ne peut pas grandir dans la vie consacrée ni se former sans l’accompagnement de sa personne. Nous devons veiller à ce qu’aucun religieux ou religieux ne marche seul. Et ceci, évidemment, ne s’improvise pas. C’est une habitude qu’il faut prendre au noviciat. Il est bon de s’y habituer, car si on n’a pas une bonne compagnie, on peut en trouver une mauvaise. Les personnes seules ne peuvent pas marcher. Une personne consacrée doit rechercher une compagnie de ce type, l’accepter… une compagnie qui la contrariera, qu’elle pourra écouter. Il n’est peut-être pas facile de rencontrer la personne idéale, mais il y a toujours quelqu’un qui peut jouer un peu le rôle de “grand frère”, avec qui vous pouvez parler et vous confier.

Via Belgicatho

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L’édito – L’Eglise, inaudible ou discréditée ?

Alors que le monde moderne promu par une certaine intelligentsia semble jouer le tout pour le tout, l’Eglise craque de toutes parts, engluée dans mille affaires et divisions. Est-ce un simple hasard du calendrier ? Possible. Mais, à y regarder de plus près, les réformes anthropologiques et structurelles prônée par une idéologie post-humaniste aux moyens financiers sans précédents, ne trouvent aucune autre opposition sérieuse que l’Eglise catholique hiérarchique et une part non négligeable des fidèles catholiques. Pourtant, petit à petit, le formatage ambiant a rendu le discours le plus naturel qui soit sur la vie et sur l’Homme, inaudible au point que l’Homme est devenu l’ennemi de l’Homme. La réalité de ce qu’est l’Homme s’est peu à peu muée en épouvantail pour l’Homme lui-même, terrifié par ses propres limites, obsédé par l’illusion de liberté que lui donne la destruction de lui-même. Il n’est pas jusqu’à un nombre inquiétant de catholiques à voir en l’Homme réel la bête à abattre, peu soucieux du plan et de la volonté de Dieu en la matière. Mais il se trouve que, ces derniers temps, la hiérarchie ecclésiastique a retrouvé un discours clair et le pape n’est plus le seul à prêcher dans le désert du haut de sa cathèdre, à peine relayé par quelques disciples regardés comme des bêtes fauves à fuir. L’Eglise catholique est devenue le dernier rempart contre l’autodestruction anthropologique de l’Homme. Et elle se réveille. Le pape est cinglant dans ses propos, l’archevêque de Paris entre en guerre contre la dictature des consciences et les manifestations repointent leur nez. Finalement, comme pour le mariage pour tous, faire passer ces lois humanicides ne sera pas aussi simple que prévu. Et hop, d’un coup surgit tout le pu d’une Eglise depuis longtemps gangrénée. Facile discrédit sur l’institution et par ricochet sur le discours. Mais avant d’être discrédité, le message de l’Eglise est inaudible pour cette génération. Car pour qui cherche sans peur la vérité, que le porteur du message soit corrompu, n’affecte pas la vérité du message lui-même. En réalité, bien de nos contemporains sont aussi assez contents de trouver un faux-fuyant pour ne pas discuter, voire simplement ne pas réfléchir. Preuve s’il en est, la grande majorité des commentaires sur les réseaux sociaux concernant les grands thèmes de la vie sont ponctués dès le premier échange par « les affaires ». Celles-ci sont le nouveau désert de saint Jean-Baptiste. Au milieu de cette nouvelle forme d’hostilité, annonçons la vérité. Ce qu’ils veulent c’est rendre toujours plus inaudible la vérité. Inaudible parce que devenue inacceptable dans son contenu. Inaudible parce que discréditée et enfouie sous un amas de purin, sinon orchestré, du moins sciemment réutilisé. Cela ne change rien au tas d’immondices qui putréfie dans l’Eglise, mais cela ne change rien non plus à la Vérité que l’Eglise doit malgré tout porter au monde. Le silence serait la victoire de Satan.

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L’édito – Du cléricalisme et de l’anticléricalisme.

Ah le sens des choses ! Voilà bien un souci dont se moque la génération actuelle. On manie l’à peu près, comme Corneille portait haut le verbe. On décoche des mots, comme Cyrano de ses envois touchait juste le sot déconfit. Et voici qu’une nouvelle acception de l’anticléricalisme fait son apparition, comme la dernière chasse à l’homme ensoutané. Après Blum et Clémenceau, voici les hordes catholiques lâchées sur le cléricalisme, un peu à l’aveuglette, car au fond, le cléricalisme c’est quoi ? Une maladie, un travers, une réalité, une façon d’être, une époque, une perversité ? Pour qui se laisse interpeller par cette nouvelle curée, lancée par le pape lui-même, une impression d’épouvantail bigarré ne manque pas de laisser pantois. Certes le pape n’est pas anticlérical, mais anticléricalisme. Alors qu’est ce cléricalisme que fustige le Saint-Père et que conspuent les rejetons de la troisième république ?

Le cléricalisme suppose apparemment qu’il y ait des clercs, c’est-à-dire des hommes, par l’ordination, transposés de l’état laïc vers cet état unique de clerc, entendons, participants à des degrés divers du sacerdoce du Christ. Un sacerdoce ministériel intimement lié à l’Eglise hiérarchique tête du corps du Christ. A ce niveau de précision, nous comprenons que certains voient en cet état clérical une notion de pouvoir et d’autorité. De là, mille dérives peuvent en effet se produire. Autoritarisme, abus de pouvoir, orgueil méprisant et autres dérivés d’une incompréhension majeure de ce qu’est l’autorité. Mais convenons-en, ce travers n’a pas besoin de la cléricature pour se développer. Mais d’aucuns, voulant jeter l’eau du bain, se débarrasseraient volontiers au passage du bébé. Car, dans le monde actuel qui refuse l’autorité et qui rechigne à l’obéissance, toute hiérarchie est insupportable. Nous sommes tous frères, pourquoi une tête dépasserait-elle alors ? Comme pour nourrir cette phobie de la hiérarchie, nous avons oublié (refoulé ?) que l’Eglise hiérarchique est participante de la tête du corps du Christ et que cela suppose une notion de gouvernement et de gouvernement responsable devant Dieu, comme le rappelait saint Cyprien de Carthage à ses frères dans l’épiscopat. Que des clercs (tous ordres confondus) usent mal de cette autorité donnée pour servir et faire grandir le peuple de Dieu et que des laïcs supportent mal l’idée d’une hiérarchie dans l’Eglise ne retire en rien que l’état clérical comprend de façon intrinsèque le gouvernement, chacun selon son ordre. Et, à ce titre, tous les clercs représentent l’autorité de l’Eglise. Pourquoi alors appeler le cléricalisme le mauvais usage d’un aspect substantiel de l’état clérical ? Du reste les anticléricaux laïcards ne s’y trompent pas et c’est bien contre l’Eglise autorité qu’ils en ont. Cet anticléricalisme là est en fait un « anti autorité hiérarchique de l’Eglise catholique et romaine ».  Même si le pape François oscille entre autoritarisme personnel et ouverture du gouvernement de l’Eglise aux laïcs (un contre sens – sémantique en tout cas, si cette ouverture dépasse le cadre du conseil), son « anticléricalisme » n’est pas contre l’autorité hiérarchique de l’Eglise. Mais ce que le souverain pontife pointe du doigt est une autre dérive liée à l’état clérical. Dérive issue d’un contexte historique particulier. Ce que fustige le pape est l’attitude princière qui peut parcourir tous les échelons de la hiérarchie ecclésiastique. Un clergé installé dans divers privilèges, ne fut-ce que la notoriété sociale du petit village, n’est pourtant pas non plus un travers spécifiquement clérical, mais il est vrai que ces attitudes princières collent parfois à l’état clérical plus solidement ceinturé à la taille que la ceinture de la soutane. Et ce d’autant plus que c’est cette participation à l’autorité suprême de l’Eglise qui a donné dans l’histoire cette « place à part » du clerc dans la société. Alors dans cette chasse aux proscriptions qui semblent mettre au pilori les prêtres, prenons le recul du discernement, pour ne pas, une fois de plus, luter contre le cléricalisme princier par le laïcalisme tyrannique.

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Quand un responsable politique franc-maçon me lance “Vous allez disparaître”

Une chronique d’Eric de Beukelaer.
Un certain mode de vie en Eglise est bien en train de mourir. D’où la question : mort définitive ou trépas en vue d’une résurrection ?

La scène se passe il y a quelques semaines en Cité ardente, lors d’un vernissage d’exposition. Au détour de deux petits fours, je croise un responsable politique. L’homme ne fait pas mystère de ses convictions laïques, ainsi que de son appartenance maçonnique (rien de bien original en terre liégeoise). Nous échangeons quelques amabilités et il m’annonce qu’un de ses collaborateurs part en vacances. Comme nos relations sont cordiales, je me permets de réagir sur le mode de la plaisanterie, en rétorquant tout sourire qu’il est bien bon d’autoriser des congés ; que dans l’Eglise, jamais nous ne permettons cela. C’est là, qu’à ma surprise, mon interlocuteur me fixe du regard et me lance avec un sérieux glaçant  : “C’est pourquoi vous allez disparaître”. Instantanément, je saisis l’importance du moment… Ce libre-penseur vient de sortir de son rôle de mandataire public, pour me balancer le fond de sa pensée. Pour lui, il est évident que cette Eglise, à laquelle j’appartiens corps et âme et que lui a quittée il y a belle lurette, est un reliquat du passé, voué à la faillite. J’aurais pu lui causer du tort – politiquement parlant – en allant rapporter à d’autres ses propos. Mais non. Il faut pouvoir encaisser les uppercuts, quand les coups sont décochés avec sincérité. Cela secoue, mais vous savez qu’à ce moment-là votre interlocuteur s’exprime avec son cœur et ses tripes, ayant laissé tomber le masque de la politesse mondaine.

“Vous allez disparaître”… Cette phrase tourne depuis dans ma petite tête, comme en écho au désarroi de tant de paroissiens grisonnants qui voient leurs enfants et petits-enfants vivre le baptême reçu, sans guère fréquenter l’église de leur quartier. Comme en écho également au découragement de membres du clergé ou de baptisés laïcs engagés, face à l’érosion de tout un tissu social catholique. De fait – il n’y a pas à s’enfermer dans le déni, en ânonnant sur l’air de “tout va très bien, Madame la Marquise” que rien de fondamental ne change. Un certain mode de vie en Eglise est bien en train de mourir sous nos yeux, du moins en Occident. D’où la question : mort définitive ou trépas en vue d’une résurrection ?

La réponse invite à creuser le fond des choses pour nous ramener à l’essentiel de la démarche de foi : si le Dieu de Jésus-Christ n’est qu’une illusion née de nos névroses, il est évident que l’Eglise catholique finira par s’effondrer – comme s’est effondrée toute construction historique avant elle. Les pharaons ? Ils ont disparu après trois millénaires. Les empereurs de Chine ? Ils n’ont, eux, duré “que” deux millénaires. L’empire romain d’Occident ? Une existence d’à peine quatre petits siècles… Dès lors, s’il ne s’agit que d’un phénomène humain, le christianisme en général et le catholicisme en particulier, connaîtront leur crépuscule. Par contre, si le Dieu de Jésus-Christ est la Réalité vivifiante qui porte l’univers visible et invisible, alors est vraie la parole du Maître : “sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise et les portes du séjour des morts ne pourront rien contre elle” (Matthieu 16, 18). Alors – s’il est humain que l’actuelle révolution sociale bouscule le peuple chrétien, ceci ne doit pas le déstabiliser. D’où me vient pareille paisible assurance ? De la Grâce qui m’a été faite d’expérimenter, à plus d’une reprise, la puissance de l’Esprit à l’œuvre dans ma vie.

Au brave politicien qui me lança “vous allez disparaître”, j’ai donc répondu – en soutenant son regard et avec un large sourire : “chiche !”. Dans mon cœur, cependant, me venaient les paroles du psaume 126  : “ Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes.” Et puis, aussi, cette prière du Christ à son Père : “En tes mains, Seigneur, Je remets mon Esprit” (Luc 23, 46).

Source : lalibre.be

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L’édito – Accueil des migrants ou conquête religieuse ?

 

L’Eglise catholique de France, à la suite des demandes répétées du Saint-Père, s’est lancée, via la publication d’une récente étude, dans la course à l’accueil des migrants. Des idées fusent pour convaincre les catholiques plus « sceptiques ». Ainsi, parmi les propositions, nous pouvons trouver l’organisation d’une sortie foot, la création de chorales et autre bonnes initiatives accueillantes. L’étude publiée par les évêques de France, met les catholiques dans des cases en fonction de leur rapport à l’accueil des migrants. Tout en gommant les nuances qui peuvent exister d’un angle à l’autre de cette classification rigide, l’étude relève que ce n’est pas parce que certains catholiques ne veulent pas d’un accueil tous azimuts qu’ils ne sont pas empreints d’une réelle charité. Pour autant, il n’existe pas de case du « charitable catho refusant l’accueil aveugle ». C’est que cette étude se veut un écran de fumée d’opium pour endormir la raison. Les vraies questions ne son pas posées et la charité et priée d’oublier la part inhérente de vérité qu’elle inclut. Nous l’avons dit à plusieurs reprises dans ces colonnes, le problème que pose l’immigration actuelle et un problème avant tout de combat spirituel. Les migrants ne sont pas des réfugiés, mais des conquérants. L’islam, même sans terrorisme, est conquérante. Il ne s’agit pas d’accueillir des personnes humaines en difficultés, mais de défendre la foi chrétienne et les chrétiens eux-mêmes. Le véritable problème des autorités politiques et religieuses est de ne pas voir (volontairement ?) qu’il s’agit d’une invasion spirituelle. Là est le véritable problème pour les « catholiques inclassables » et nulle part ailleurs.

Tribunes et entretiens

Mgr Willem Eijk fait référence à la grande apostasie avant l’avènement du Christ

Le cardinal Willem Jacobus Eijk, archevêque d’Utrecht aux Pays-Bas, a écrit une tribune publiée en anglais sur le blog d’Edward Pentin par The New Catholic Register traduite par Jeanne Smiths :

« Observant que les évêques, et surtout, le Successeur de Pierre, échouent à maintenir et à transmettre fidèlement et dans l’unité le dépôt de la foi contenu dans la Tradition sacrée et l’Ecriture sainte, je ne peux m’empêcher de penser à l’article 675 du Catéchisme de l’Eglise catholique : “Avant l’avènement du Christ, l’Eglise doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le ‘mystère d’iniquité’ sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité.” »

Les faits sont les suivants :

  • Fin février, les évêques d’Allemagne approuvaient l’accès à la communion des époux protestants dans les couples mixtes.
  • Début avril, sept évêques d’Allemagne ont saisi la Congrégation pour la Doctrine de la foi.
  • Vers la mi-avril, le pape François a opposé un net refus à cette « assistance pastorale » proposée aux couples mixtes en apposant sa signature à la réponse de la Congrégation pour la Doctrine de la foi.
  • Dans les 48 heures de cette nouvelle, les évêques d’Allemagne ont publié un communiqué démentant que le pape et la Congrégation pour la Doctrine de la foi eurent rejeté la proposition de février. Le pape a rencontré le cardinal Marx à Rome jeudi dernier.
  • L’affaire s’est soldée par une demande adressée par le pape François à l’épiscopat allemand de trouver « l’unanimité » sur cette question, « si possible ».

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L’amour homosexuel et l’Église catholique

Contexte culturel

Il  y a toujours eu des personnes de tendance homosexuelle, mais la question de l’homosexualité se pose dans une culture inédite, la culture occidentale post-chrétienne et sa fascination pour la liberté. La vision de l’homme et de l’amour héritée du christianisme, qui était encore celle de la société d’il y a 50 ans, est devenue marginale. À la place, il y a l’affirmation toujours plus véhémente de l’autonomie de la liberté. Le judéo-christianisme avait valorisé la liberté comme don de Dieu. Maintenant la liberté n’est plus don mais revendication. Alors que jadis la vie et l’amour étaient les grands absolus — entendu au sens de ce qui vaut par soi-même —, la liberté est devenue le seul absolu.

La façon de considérer l’amour s’en trouve modifiée. L’amour est soumis à la perspective utilitaire. Au lieu que l’on dise que la liberté doit être au service du don de soi dans l’amour, on estime que l’amour est un des outils que la liberté peut utiliser pour réaliser ce qu’elle veut. La liberté s’en empare pour en faire quelque chose qui apporte, qui procure jouissance à la demande. Alors pourquoi ne pas vivre l’amour, y compris physique, entre hommes, entre femmes, ou dans d’autres combinaisons changeantes au gré de ma fantaisie ?

On constate que les jeunes générations n’ont aucune difficulté à admettre les nouvelles normes autour du mariage homosexuel. J’ai longtemps cru que c’était à cause de l’efficacité du matraquage médiatique. Mais il me semble que c’est plus profond : leur vision de l’amour a changé. La vie sexuelle est avant tout un moyen de se faire plaisir. La généralisation de la contraception, la promotion massive du préservatif ont achevé de réduire le regard sur la sexualité à la source d’une satisfaction, que ce soit entre un jeune homme et une jeune fille, ou entre deux gars, ou deux filles. Vraiment, peu importe. Je me rappelle ce mot de Benoît XVI : « la seule fixation sur le préservatif représente une banalisation de la sexualité. Or cette banalisation est justement à l’origine d’un phénomène dangereux : tant de personnes ne trouvent plus dans la sexualité l’expression de leur amour, mais uniquement une sorte de drogue qu’ils s’administrent eux-mêmes1. Si on veut proposer quelque chose de différent, il faudra aller à ce niveau de profondeur : c’est quoi la sexualité ?

Nous pourrions protester de la banalisation de la vie homosexuelle en disant que c’est indécent, contraire à la loi naturelle, contre nature, etc. C’est absolument contre-productif et cela obscurcit notre message. On nous rétorquera même par des exemples animaux, par l’affirmation d’être né comme cela, etc. Et nous-mêmes pourrions finir par nous dire : pourquoi pas, après tout ? Nous devons accepter que les anciennes évidences sont tombées. Ne pas s’épuiser à se battre pour les restaurer, ne pas « regarder en arrière ». Mais ne pas vaciller non plus. L’altération du sens de l’amour dont je parlais plus haut est l’œuvre du mauvais. On peut faire un petit flashback dans une autre culture, à l’époque du christianisme naissant au milieu du monde grec ; voici saint Paul qui parle aux Éphésiens :

Ep 417 Je vous le dis, je vous l’affirme au nom du Seigneur : vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée. 18 Ils ont l’intelligence remplie de ténèbres, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur ; 19 ayant perdu le sens moral, ils se sont livrés à la débauche au point de s’adonner sans retenue à toutes sortes d’impuretés. 20 Lorsque vous êtes devenus disciples du Christ, ce n’est pas cela que vous avez appris…

Un mécanisme de revendication

Si le phénomène de l’homosexualité existe depuis toujours, le vécu homosexuel s’exprime différemment. Je voudrais montrer cela à partir de deux caractéristiques manifestes de la sexualité homosexuelle. D’abord, elle n’est pas féconde, car la procréation n’a lieu qu’en présence des deux sexes. Ensuite, elle est marquée par une instabilité plus grande, sans doute, comme nous le verons, à cause d’une recherche incessante de la relation comblante. Par exemple, une étude en Rhône-Alpes faite en 1986 — une époque un peu moins formatée sur le sujet — montre que sur un an seuls 12,5 % des hommes homosexuels interrogés s’étaient limités à zéro ou un partenaire sexuel. La moyenne tournait plutôt autour de 5. On montait à 71 % pour les autres hommes2.

Ces deux caractéristiques (instabilité, infécondité) induisent une limitation de la vie qui n’est plus tolérable dans un contexte où il n’y a plus de place pour la souffrance et les limites, où par exemple on ne fait une place aux trisomiques que s’ils sont des super-héros (ex. des articles sur aleteia.org), etc.

Cette limitation de la vie survient dans un cadre psychologique personnel très marqué par le narcissisme, où la question du « qui suis-je » est centrale (cf. la fascination pour le coming-out, pour l’affirmation d’une dimension particulière de la personnalité qui en devient comme le centre, le pivot, au point qu’on veuille se définir comme « un » homosexuel). Dire à une personne homosexuelle que cela doit être une souffrance de vivre cette condition ne va générer qu’agacement et rejet. Pourtant, le jeune qui se découvre homosexuel ne bondit pas de joie au départ. À l’opposé, il y a l’attitude de gay-pride, et celle d’un lobbying d’autant plus puissant qu’il vient des entrailles, des blessures profondes de l’être. Un lobbying qui est comme un cri. Un cri jamais apaisé, quelles que soient les évolutions législatives, car il vient de quelque chose qu’on ne veut pas reconnaître, de cette souffrance d’être différent.

On se trouve donc avec une souffrance bannie, qui n’a pas le droit d’être dite. Cela produit une chape de plomb qui tombe sur la personne qui se découvre homosexuelle. La seule échappatoire accessible semble être le déni, qui se traduit par l’affirmation de l’identité entre l’amour homosexuel et l’amour de l’homme et de la femme. La réalité « nous nous aimons, on n’a pas le droit de remettre en cause l’authenticité de nos sentiments » (ok, je peux être d’accord avec cela) devient : « on n’a pas le droit de nous interdire de vivre notre amour comme un homme et une femme » (là je ne suis pas ok, car je ne vois pas sur quoi cela se fonde. À suivre…) Cette affirmation de l’identité des deux amours est d’autant plus forte que les aspirations à la fidélité, à la fécondité sont des aspirations universelles.

En théologie vous allez aussi tomber sur des auteurs qui cherchent à justifier les comportements homosexuels, par toute sorte d’interprétations qui au fond ne semblent pas meilleures que des entourloupettes. On pourra même lire que Jésus était homosexuel puisqu’il aimait Jean, etc.

Je suis reconnaissant à l’Église d’avoir le courage de dire autre chose. Il me semble qu’elle présente la seule solution véritable : que l’attirance homosexuelle soit reconnue comme différente et respectée comme telle. L’Église n’a pas toujours été exempte de manque de respect. Ni de manque de reconnaissance. Et en elle aussi il y a le danger d’une reconnaissance sur le mode d’une assimilation à l’amour de l’homme et de la femme : une reconnaissance qui fait fi de la différence. C’est là que se placent les tentatives de bénédiction de couples homosexuels. À suivre…

Quelques éléments fondamentaux

Le sexe remonte à l’invention de la reproduction sexuée, au tout début des êtres multicellulaires, il y a 600 millions d’années. Sexe = féminin + masculin. Il y a 2 sexes, pas 3 ou 4. Cela a du sens de parler d’un des sexes parce qu’il y a l’autre. Le sexe masculin se définit par rapport au sexe féminin, par le fait qu’il est l’autre sexe. C’est « autre » (hétéro) dans un sens radical : on parle du sexe opposé, pas du sexe différent. Ce point de langage est important. Le mot « hétérosexuel » n’a pas beaucoup de sens, il a été formé dans la culture homosexuelle pour parler de la relation homme-femme. Il faut beaucoup mieux continuer de dire « de l’homme et de la femme » plutôt qu’« hétérosexuel » comme s’il y avait une grande diversité de sexes à prendre 2 par 2.

Peut-on risquer une approche biblique ? Avec discernement. La législation du Lévitique ou les affirmations de saint Paul sont de bons témoins du point de vue d’une époque, mais comment les isoler de leur contexte culturel ? La référence majeure dans l’Écriture se trouve dans les récits de création, Gn 1 et 2. On y voit affirméer la complémentarité ho/fê comme complémentarité fondamentale, première, avant toutes les autres (Gn 2, aide pour exister en tant que personne alors que les autres créatures ne le permettent pas, ne donnent pas d’accès à l’altérité constitutive). Et comme expression ontologique de l’image de Dieu, avant les expressions venant de l’art, du langage, d’une Parole de Dieu (symboliques au sens large) (Gn 1).

De ce survol biblique nous tirons la conviction qu’une société progresse vraiment en reconnaissant que la différence homme/femme est un plus, qu’elle est constitutive de l’humanité, qu’elle est à la base de la vie en société. D’ailleurs, tout être humain vient de la rencontre d’un homme et d’une femme. Au fondement de notre existence il y a la différence, par la rencontre des sexes opposés. C’est incontournable.

Nous reconnaissons que parmi nous il y a des personnes qui ont une attirance homosexuelle : au lieu d’être attirées par des personnes de sexe opposé, elles sont attirées par des personnes de même sexe. Leur dire que leur amour est la même chose que l’amour de l’homme et de la femme est un manque de respect, c’est bafouer leur spécificité, c’est les engager sur un chemin de tromperie.

Cette tromperie, toute personne homosexuelle la ressent le jour où elle constate : mon amour ne me permettra pas d’avoir des enfants, sauf en recourant à des stratagèmes artificiels, qui de toute façon même s’ils permettent de fabriquer un enfant ne feront jamais que ce sera réellement notre enfant.

Les évolutions législatives sont une tromperie pour les personnes homosexuelles, elles les enferment dans l’illusion de l’identité des deux amours. « De quoi te plaindrais-tu encore, tu as tout ce que tu demandais ? Ah, si tu n’es pas heureux, c’est à cause de l’homophobie des cathos. » (// si les femmes ne se sentent pas bien après un avortement, c’est à cause des groupes pro-vie). ⇒ une obsession sur la question de l’homophobie, qui est la façon dont la société essaie de digérer le mensonge proclamé de l’identité des deux amours.

Ce n’est pas juste de dire aux personnes homosexuelles : « allez, maintenant on a reconnu que votre amour c’est la même chose que l’amour de l’homme et de la femme, il y a le mariage pour les homosexuels et toutes les possibilités de procréation et d’adoption, maintenant c’est bon comme ça. » On ne peut pas se contenter de l’injustice radicale de ce discours.

Les évolutions législatives veulent traduire une attitude de tolérance. La tolérance — qui n’est pas une valeur chrétienne — a besoin, pour que l’on soit égaux, que l’on soit identiques. Il ne peut pas y avoir de différences qui soient vraiment importantes, sinon elles sont menaçantes. « Au fond, on est les mêmes ». Ce qui est prôné, c’est un modèle unique. De même sur le plan religieux, la solution de la culture moderne est la religion reléguée dans le privé : vous avez le droit à la différence, tant que rien ne dépasse, tant que ce n’est pas trop différent. Tout ce qui est inassimilable par la tolérance doit être occulté.

Dans le christianisme, on n’a pas la tolérance, on a la charité, l’amour d’agapè. Qui est actif, qui s’intéresse à l’autre et se réjouit qu’il soit différent. Qui a confiance que la société ne se construit pas en nivelant les différences, en faisant que plus rien n’a d’importance, que tout se vaut, mais dans le concert des différences, comme un orchestre symphonique. Et nous voulons promouvoir la diversité. Et le réalisme, car le réalisme est le garant de cette diversité créatrice. Toute la nature est différence, explosion de diversité.

C’est intéressant de lire la lecture habituelle de l’intervention célèbre du pape François : « Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? » Dans la culture de l’amour d’agapè, on mettra l’accent sur la bienveillance envers la personne qui chemine. Mais dans la culture de la tolérance, on ne va retenir qu’une moitié de la phrase, « qui suis-je pour juger une personne gay ? », et cela va devenir le tremplin de l’indifférence : chacun fait ce qu’il lui plaît.

Il faut encore reconnaître que dans une société qui a substitué la tolérance à l’amour fraternel, ce n’est pas facile d’oser affirmer les différences, on a l’impression qu’on ostracise, qu’on exclut, qu’on divise. Il y a un défi spécial d’aider les personnes qui ignorent ce qu’est la véritable charité à oser prôner le droit à la vraie différence.

Éléments de réponse

Comment aller de l’avant ? Cf. l’affirmation de Benoît XVI au Parvis des Gentils au sujet du sens de la vie : sans Dieu ça ne marche pas. Mais de la part de Dieu nous avons une bonne nouvelle. L’enseignement du Christ dans son Église est libération et joie (Jn 10,10 : « Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance ») même s’il est aussi combat et division (Lc 12,51 : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division »). Le Christ était attendu comme libérateur par les gens. Le message de l’Église aux personnes homosexuelles est libération profonde pour elles, alors qu’elles sont trompées par les fictions de notre société.

Entrer dans un dialogue en raison avec les hommes de bonne volonté (ce serait un péché de croire qu’il n’y en a plus ; le dogme de la Création nous dit que Dieu a créé l’homme à son image, l’a rendu participant de sa propre raison). Nous ne convaincrons pas tellement de monde. Mais nous ne pouvons pas mettre la bonne nouvelle dans une cachette. Les petits, ceux qui sont fatigués, en ont besoin, tandis que les arrogants voudraient nous balayer. Nous entrons dans la passion de l’Église. Ces questions seront un lourd fardeau dans les années à venir. Il ne faut pas s’en lamenter mais être simplement nous-mêmes. En portant ce genre de croix nous participons au salut de tous ceux qui s’égarent et de tous ceux qui les trompent et qui se trompent eux-mêmes.

Dieu aime les personnes homosexuelles, et c’est pourquoi l’Église se doit de les aimer aussi. Et quand on aime quelqu’un on ne veut pas le bercer d’illusion ni lui raconter de mensonges.

Un chemin de sainteté et de paix

Repartir positivement de l’anthropologie portée par la foi chrétienne, où la différence homme/femme est fondamentale. Nous sommes convaincu que la différence homme/femme est constitutive de l’être humain, qu’elle est quelque chose de très précieux et qu’elle ne doit jamais être écartée. Spécialement dans la relation sexuelle, où le plus intime de nous-mêmes est engagé. La relation sexuelle ne devrait jamais écarter la différence fondamentale entre l’homme et la femme. Quelle que soit l’authenticité des sentiments homosexuels, on gagne davantage à renoncer à leur expression physique, pour ne pas poser des actes qui au fond prétendent vivre hors de cette différence.

La relation homosexuelle vécue au plan physique peut commencer par me satisfaire et elle correspond à mes attentes, mais au fond elle révèle peu à peu ses limites, et la tentation d’autres expériences apparaît, parfois fortement. L’activité homosexuelle ressemble souvent à une impossible quête du Graal, la recherche d’un idéal qu’on pense avoir atteint mais qui se révèle à chaque fois décevant. Ce n’est pas facile à comprendre ni à sentir pour quelqu’un de jeune ; parfois il faut du temps pour se dire : je suis fatigué de cette quête de plénitude jamais assouvie, je ne veux plus imaginer que le bonheur est en avant de moi, je veux vivre la chasteté dans la continence, je veux vivre le bonheur maintenant.

Cette incapacité constitutive de l’acte homosexuel à mener à l’accomplissement explique pourquoi beaucoup de personnes homosexuelles ne se contentent pas d’une relation avec un seul partenaire sexuel, même si elles sont engagées dans un PACS ou un mariage. Voici le témoignage de Benedict Groeschel, qui accompagne de nombreuses personnes de toutes tendances sexuelles : « J’ai entendu des douzaines d’hommes et de femmes à tendances homosexuelles dire qu’une vie chaste était beaucoup plus désirable que cette recherche constante du partenaire parfait, cet autre soi qui n’existe pas (Narcisse qui n’est jamais là). Ils sont fatigués d’être rejetés, ou apparemment acceptés puis jetés. »3

Il nous faut proposer un chemin de sainteté et de paix. De même qu’il y a une « sobriété heureuse » en général, il y a une sobriété sexuelle qui apaise la personne homosexuelle. Toute personne cherche l’intimité, une vraie rencontre. Elle le cherche spontanément dans une relation sexuelle. Mais l’acte sexuel entre personnes de même sexe ne permet pas cela. Alors, le chemin de l’Évangile propose aux personnes homosexuelles de chercher autrement que dans l’acte sexuel l’accomplissement qu’elles recherchent.

La première libération est donc : on gagne à renoncer de tout son cœur à pratiquer la sexualité homosexuelle. Défi particulier d’affirmer cela à une génération qui veut tout essayer. L’attitude habituelle face à la distinction du bien et du mal est : je vais essayer et je verrai si cela me fait du bien ou du tort. On se dira assez facilement que les relations homosexuelles ne font pas de tort. Au contraire, ils sont rares ceux qui essaient la chasteté choisie ; en général ils ne connaissent que la continence subie et n’y trouvent rien de positif, ce qui est logique puisque le cœur ne s’y est pas engagé, c’est subi, c’est à contre-cœur plutôt que de tout cœur.

⇒ le bonheur et la paix se trouvent en définitive dans l’option de la chasteté dans la continence, plutôt que dans la recherche d’une union toujours inaccessible.

Il y a quelques témoins de la véritable libération de la continence choisie, malgré le combat qu’elle exige. Cf. Xavier Thévenot et Philippe Ariño. À première vue c’est une perte. Et de fait il y a un manque qui peut être très dur à vivre (attention à ne pas faire l’ange). Mais c’est un chemin de paix.

Place à l’inventivité

La seconde libération est de constater que cette sobriété sexuelle est un chemin où le cœur peut s’agrandir, dans la découverte de l’amour d’amitié. Il s’agit de vivre des expériences inédites de proximité, d’intimité humaine hors du domaine sexuel. Cela permet d’échapper à l’obligation sociale du « tout au sexe » dans laquelle nous sommes tombés au point que celui qui ne vit pas de relations sexuelles semble être un extra-terrestre. Eh bien non, place à l’inventivité, à la vraie différence !

Il est intéressant de relever ce que le texte du Catéchisme de l’Église catholique suggère très brièvement : « Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne. » (№ 2359) Maîtrise de soi, qui rend de plus en plus libre. Amitié non sexuelle. Prière et grâce des sacrements. Tout cela doit permettre de progresser graduellement sur le chemin de la sainteté.

Derrière l’attrait amoureux, qu’il soit homosexuel ou hétérosexuel, il y a souvent plus qu’une recherche de plaisir, il y a une affection qui peut être belle à vivre et à orienter toujours plus dans l’amour. Quelle que soit leur attirance sexuelle, les grands saints sont ceux qui ont pu vivre des affections humaines dans l’intensité et la droiture, en ne s’enlisant pas dans les sollicitations de l’attrait sexuel si elles ne convenaient pas à leur situation. Ainsi il y a des saints homosexuels, qui ont vécu leurs affections tout en renonçant à la pratique sexuelle. Je pense à saint Ælred de Rievaulx. Certains feront aussi référence au bienheureux cardinal Newman.

Ce bonheur se rencontre à un autre niveau, c’est pourquoi l’Église croit que pour une personne homosexuelle la pleine réalisation de la personne ne s’accomplit pas dans la relation sexuelle mais plutôt en l’évitant. Ce qui ne veut pas dire éviter toute relation. Car le désir sexuel cache une quête affective qui mérite d’être reconnue pour elle-même. Tout être humain est fait pour aimer et être aimé. Trop souvent on se laisse piéger par une alternative qui n’a pas lieu d’être : soit la continence sans amitié et dans la solitude, soit l’engagement dans la relation sexuelle. Or, des personnes homosexuelles se sont engagées sur l’étroit chemin d’une profonde amitié à l’écart de l’union physique. On pourrait appeler cette troisième voie un amour d’amitié. Le père Jean-Michel Garrigues, dominicain travaillant auprès de chrétiens homosexuels, rapporte ce petit dialogue entre deux couples de personnes homosexuelles qui avaient passé des vacances ensemble : « En fait, vous ne couchez pas ensemble ? — Non, effectivement. Comment le savez-vous ? — Cela se sent. Il y a une joie et une délicatesse dans vos rapports que nous vous envions. »4

Au lieu de toujours mettre l’interdiction en avant, ce serait plus juste de considérer que l’Église demande aux personnes homosexuelles de vivre leur attirance au niveau de l’amitié plutôt que de la sexualité. Plusieurs groupes de soutien sont nés dans cette optique. On peut citer les fraternités Saint-Ælred, qui se sont fondées dans ce but.

Ce serait profitable à beaucoup de personnes, et pas seulement aux personnes homosexuelles, de redécouvrir l’amour d’amitié, une relation profonde, une grande intimité de cœur et d’âme qui ne se vit pas sur le mode sexuel (et qui, dans le cas de l’homosexualité, ne connaît pas le risque de stagnation que comporte l’union sexuelle). Car les possibilités du cœur sont tellement plus vastes, infinies à l’image du Ciel. C’est une amitié où l’attrait sexuel peut être présent, mais où on met tout en œuvre pour ne pas le pratiquer, ne visant que l’union du cœur. Dans cette amitié, l’intimité peut être plus grande même que dans un couple marié, comme le suggère ce témoignage de saint Ælred :

Le seul qui pourrait ne pas s’étonner de voir Ælred vivre sans Simon serait quelqu’un qui ignorait combien il fut plaisant pour nous de passer notre vie ensemble sur la terre ; quelle joie nous aurions eu à aller au ciel dans la compagnie l’un de l’autre… Aussi, pleure, non parce que Simon a été élevé au ciel, mais parce que Aelred est resté sur terre, seul.

Un impossible mariage

Pourquoi l’Église s’oppose-t-elle au mariage homosexuel ? Parce qu’elle voit clairement que le mariage n’est pas qu’un fait privé ou une reconnaissance décernée par la société, mais la base de la famille et de son service à la société. Si une société survit, c’est grâce à la famille et en la défendant. Aucun progrès technologique n’éludera le fait que pour engendrer de nouveaux êtres, il faut un homme et une femme, et il serait très imprudent de prétendre que la contribution des deux sexes se limite à transmettre du matériel génétique, sans apport de rien d’autre d’humain5.

Il est faux de prétendre que le mariage pour tous n’enlève rien au mariage de l’homme et de la femme, car il le redéfinit de fond en comble. Le mariage comme institution n’est pas d’abord l’union de deux personnes qui s’aiment, mais la cellule de base de la société. Admettre des unions homosexuelles reconnues comme mariage, c’est redéfinir le mariage, en le coupant de sa dimension de procréation et d’éducation, dimension qui intéresse toute la société. « Même en un sens analogique lointain, les unions homosexuelles ne remplissent pas les tâches pour lesquelles le mariage et la famille méritent une reconnaissance spécifique et qualifiée. »

Dit encore autrement : le mariage est une institution de la société, il n’est pas un événement privé comme le serait un grand projet de voyage, la création d’une entreprise commune ou autre chose. Toutes les sociétés ont réglementé le mariage car c’est lui qui leur permettait de se perpétuer à travers la formation d’une famille rendue possible par la différence homme/femme. Le mariage homosexuel est une privatisation de cette institution, qui la détourne de sa vocation pour n’en faire que l’union de personnes qui s’aiment. Ce concept du mariage comme union de deux personnes qui s’aiment est très courant, même entre un homme et une femme. Mais il est déficient. Pour s’en convaincre on n’a qu’à demander : ira-t-on jusqu’à marier des frère et sœur s’ils s’aiment ?

La question de l’adoption

On entend souvent dire qu’il vaut bien mieux pour un enfant être adopté par un « couple » homosexuel que de rester à l’orphelinat. Ma la réalité ne se présente absolument pas comme cela. Il ne manque pas de couples pour adopter, mais d’enfants adoptables. Les listes d’attente sont longues. Et maintenant les organismes d’adoption doivent veiller à refuser l’adoption à suffisamment de couples homme-femme pour permettre un pourcentage d’adoption homosexuelle.

Chercher le Seigneur avec bonne volonté

Beaucoup n’envisagent pas la chasteté ou ne voient pas comment la vivre dans leur situation. Ils pensent que vivre en couple peut aider à canaliser un désir qui est difficile à gérer. Ils estiment que l’Église les prive de cette possibilité, qu’elle les rejette, que son interdit les condamne à la solitude et au vagabondage sexuel.

L’Église devrait-elle admettre une liaison homosexuelle dans ce cas, lorsqu’une personne qui éprouve une forte attirance homosexuelle choisit de s’installer dans une liaison homosexuelle stable pour éviter que son désir et son manque ne la soumettent au vagabondage sexuel ? Est-ce que Dieu et l’Église ne devraient pas encourager quelqu’un à s’attacher à une seule personne plutôt que de courir les partenaires ? Le sujet est vaste6. Je voudrais simplement donner quelques pistes.

D’une part l’espérance répugne à accepter l’idée qu’il y a des cas où la liberté est entièrement et durablement soumise à la pulsion, et que donc il n’y a que deux alternatives : ou les partenaires multiples, ou le couple stable. La voie de la chasteté à conquérir est-elle complètement hors de portée, et pour toujours ? D’autre part c’est une illusion de croire que refréner un désir sexuel le rend automatiquement hors de contrôle tandis que l’assouvir conduit à l’apaisement. De façon imagée on peut faire le parallèle avec la démarche des alcooliques anonymes et le choix de ne plus toucher une goutte d’alcool. Ce que l’Église propose dans une amitié chaste n’est pas un chemin d’enfermement mais un chemin de libération. Mais c’est aussi un chemin de croix, inévitable, et peu ont conscience de sa dureté. Le vrai enjeu est de chercher le Seigneur de tout son cœur, aller toujours plus loin, ne pas se lasser, se relever lorsqu’on est tombé.

À l’opposé, admettre qu’il peut exister une union homosexuelle dans certains cas, c’est arrêter les personnes dans leur cheminement, c’est les détourner de l’effort vers plus de lumière pour se contenter d’une chandelle vacillante. Il y a de belles valeurs humaines dans une liaison homosexuelle fidèle, ce n’est pas la ténèbre absolue. Mais nous avons davantage d’espérance pour les enfants de Dieu.

Il faut admettre que la conquête de la chasteté est quelque chose de progressif, et que parfois une mise sous pression excessive peut être contreproductive. Mais il y a un moment où il faut « mettre la pression » sur soi si on veut avancer, si on veut refuser sérieusement d’être auto-centré. L’Esprit nous pousse à aller au-delà de ce que nous estimons possible à cause de nos échecs. Il faut se confier à lui qui renouvelle nos cœurs. Dieu appelle toute personne à aller sans cesse plus loin dans l’amour véritable, à sortir des pièges du narcissisme pour se donner vraiment.

Une bénédiction ?

L’amour s’accomplit dans le don de soi, qui tourne le dos à la recherche de soi. « Seigneur… c’est en se donnant que l’on se trouve… ». Le don de soi vécu dans une appartenance réciproque. Cela se réalise au niveau spirituel, notamment dans la vie consacrée, et au niveau de l’union sexuelle dans le mariage ouvert à la procréation. Un homme et une femme peuvent vivre l’union sexuelle hors du mariage, mais cela se fait alors à côté d’un véritable don de soi. Ce n’est plus vraiment une union, il n’y a pas d’appartenance réciproque. Entre deux hommes, entre deux femmes, une authentique affection est possible (que l’Église ne proscrit pas du tout), une affection qui peut porter à se dépenser pour l’autre, à payer de sa personne. Mais on ne peut aller jusqu’au don de soi, car la dimension corporelle ne permet pas aux corps de se donner. Tout au plus peuvent-ils jouir dans les mains l’un de l’autre, ce que se contentent de faire également bien des couples. Mais il est hors de portée dans ce cas de faire « une seule chair » (Gn 2,25), sinon par une analogie lointaine. Là non plus, pas d’union.

En raison de toutes ces constatations, somme toute assez simples, j’estime que l’Église ne peut renoncer à sa vision de la vie sexuelle comme union des personnes, sous peine de priver l’humanité d’un apport irremplaçable. Les familles chrétiennes doivent rester des lieux où tout le monde a sa place quelles que soient les attirances sexuelles qu’il éprouve et les liens qu’il noue, mais où on apprend en même temps que la sexualité devrait se vivre dans l’altérité des sexes qui seule respecte vraiment la personne corps et âme et la cohérence de ses tendances.

Les vertus de l’accueil familial

Entre chrétiens, spécialement dans la famille, il faudra articuler de façon toujours inventive ces deux lignes directrices : un accueil inconditionnel de la personne, quelles que soient ses attirances sexuelles, et une traduction dans les faits de la vocation unitive de la sexualité. On pourra déjà se sentir à l’aise en remarquant que dans la vie de l’Église, accueillir quelqu’un n’a jamais été une forme de caution de l’entièreté de sa conduite. C’est encore plus vrai dans la vie de famille. Est-ce qu’une façon d’accueillir les valeurs d’amitié sans reconnaître des valeurs sexuelles pourrait être par exemple de donner une place au repas mais pas un lit conjugal chez soi ? Cela me semble raisonnable. On gagnera à faire la différence entre inviter sa petite fille avec sa compagne, et mettre à leur disposition le lit double de la chambre de l’étage… Surtout si cela pourrait faire penser aux petits neveux et nièces que relation homme-femme ou relation homosexuelle c’est la même chose. Il faudra de l’imagination pour éviter le piège de la pensée contemporaine qui consiste à dire : pour ne pas discriminer il faut nier la différence et les spécificités7.

Aimer sans admettre un comportement, désapprouver en gardant la main tendue et le cœur ouvert, il me semble que c’est un exercice familial que l’on a souvent à pratiquer. Dans l’Évangile, Jésus agit fréquemment de cette manière. Il va manger chez les pharisiens mais ce n’est pas pour cautionner leurs pratiques. Et il ne parle pas avec la Samaritaine pour la féliciter d’avoir eu cinq maris et d’en être au sixième. Il s’invite lui-même chez Zachée et cela change tout. Ces rencontres sont parfois l’occasion de conversion. Aujourd’hui, ne peut-on pas simplement agir de la même façon ? Se témoigner de la chaleur humaine même si on ne valide pas une conduite ? Si dans l’Église on n’est pas capables de se respecter et de se le dire sans passer par exemple par le canal d’une reconnaissance officielle des liaisons homosexuelles alors on est encore loin de vivre l’Évangile et c’est d’abord ce chantier qu’il faudrait ouvrir.

En guise de conclusion

Nous ne sommes pas les apôtres de l’ordre établi, mais de la miséricorde de Dieu. Une des œuvres de miséricorde est d’enseigner les ignorants, une autre d’avertir les pécheurs, une autre encore de consoler les affligés. Dans toutes nos attitudes, cherchons à ce qu’amour et vérité se rencontrent. Heureux ceux qui pourront interagir avec des personnes homosexuelles sages et paisibles, afin de mieux comprendre et d’apprendre à trouver les mots. Dieu est toujours au-delà de nos réussites ou de nos échecs.

1Benoît XVI, Lumière du monde, Bayard, 2011, p.160.
2Hugues Lagrange, « Le nombre de partenaires sexuels : les hommes en ont-ils plus que les femmes ? », Population, 1991 № 2, p.256.
3Benedict Groeschel, le courage d’être chaste, p.71
4Luc Adrian, interview du père Jean-Miguel Garrigues, Famille Chrétienne n1507, 2/12/2006
5Congrégation pour la doctrine de la foi, Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, 2003.
6Il a été remarquablement traité par Xavier Thévenot dans sa thèse : Homosexualités masculines et morale chrétienne, Cerf, 1985. Voici un extrait : « L’ami stable, en raison de l’idéalisation dont il est l’objet, peut représenter pendant quelque temps cet objet perdu que l’homosexuel compulsif cherche à retrouver. […] Il faut donc accepter de dire que la vie en couple ou en amitié stable d’un homosexuel “compulsif” permet probablement une certaine diminution de la promiscuité sexuelle, mais, à mon avis, s’attaque peu aux racines de la compulsivité. » (p.280)
7La non discrimination est un des grands moteurs des changements législatifs en faveur du mariage homosexuel. Appliqué comme il l’a été, ce principe a tourné à l’affirmation de l’insignifiance : tout est la même chose, parce que finalement tout a peu de valeur.

 

Source Le Blog de Don Christophe

Tribunes et entretiens

Accorder une place à l’Eglise catholique pour déboucher sur l’islam de France : le pari risqué de Macron – Laurent Bouvet

FIGAROVOX.- Le discours de Macron aux Bernardins a été vivement critiqué par une partie de la gauche, qui l’accuse d’atteinte à la laïcité. Mais n’est-ce pas son rôle d’entretenir un dialogue avec les représentants des cultes ?

Laurent BOUVET.- S’il est tout à fait normal que le président de la République dialogue avec des représentants des cultes, le cadre (la conférence des évêques de France) comme le contenu du discours (une adresse très empreinte de références religieuses destinée expressément aux catholiques) tenu lundi soir le sont moins pour le chef d’un État laïque. Ce discours s’écarte en effet brutalement de ce qu’un président de la République a coutume de dire sur le sujet, même à des responsables religieux. L’empathie qu’il a manifestée pour son auditoire catholique – tenant à apparaître à plusieurs reprises comme l’un des leurs, ou du moins inspiré par une culture profondément catholique – et l’appel qu’il a lancé à l’investissement politique des croyants ne sont pas conformes sinon à la lettre du moins à l’esprit de la loi de 1905, notamment de son article 2, celui qui établit la séparation de l’Église et de l’État.

La gauche ne se scandalise pas lorsque le président de la République, accompagné du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, se rend à un dîner de rupture du jeûne du ramadan ou au dîner communautaire du Crif. Plus grave, elle est dans le déni concernant la question de la montée de l’islamisme en France…

C’est là en effet l’une des ambiguïtés d’une partie de la gauche, qui se souvient soudain qu’elle est historiquement porteuse de la laïcité lorsque c’est l’Église catholique qui est en cause. Elle défend aujourd’hui à hauts cris ce principe fondamental du pacte républicain contre Emmanuel Macron alors qu’elle critique vigoureusement les défenseurs de la laïcité – qu’elle n’hésite pas à traiter de « laïcards » en reprenant même sans sourciller le mot de Maurras à leur encontre ! – le reste du temps. Spécialement lorsque ceux-ci se battent contre le débordement dans la sphère politique de l’islamisme.

La gauche se souvient soudain qu’elle est historiquement porteuse de la laïcité lorsque c’est l’Église catholique qui est en cause.

Ce deux poids deux mesures, perceptible aussi dans l’antisionisme militant affiché désormais quotidiennement de ce côté-là de l’échiquier politique, est insupportable. Il nuit d’ailleurs à la crédibilité d’ensemble de la gauche. Nos concitoyens très majoritairement attachés à la laïcité ne comprennent pas cette complaisance à l’égard de l’islamisme ou a minima ce refus de condamner un discours d’inspiration religieuse, réactionnaire et menaçant pour nos droits et libertés. Il faudrait d’ailleurs pouvoir mesurer précisément le coût électoral d’une telle dérive, mais je formule l’hypothèse qu’il doit être assez lourd.

Sur le fond, qu’avez-vous pensé du discours ? Le président était-il à la hauteur des enjeux actuels ? Et y a-t-il une part d’opportunisme dans cette démarche ?

Ce discours est très important, et il peut, doit même, malgré le désaccord qu’on peut avoir sur le fond avec celui-ci, être lu, compris et critiqué à l’aune du haut niveau de réflexion politique auquel le président a voulu d’emblée se situer. C’est d’ailleurs pourquoi il ne peut pas être uniquement lu, par exemple, ni comme la révélation soudaine de la culture chrétienne du président de la République, ni comme une simple opération de « câlinothérapie » politique à destination d’un électorat catholique qui serait choqué par le durcissement de la politique de l’immigration.

Ce discours doit plutôt être replacé dans le cadre d’une réflexion plus large qu’a annoncée le président de la République sur deux grands sujets au moins.

Le premier tient à la relation de l’État avec les cultes : il s’agit du projet d’intégration du culte musulman dans le cadre républicain. En d’autres termes, il souhaite la mise en place d’un islam de France qui marche, si j’ose dire, contrairement aux tentatives précédentes qui ont échoué, notamment celle du CFCM (conseil français du culte musulman). Or pour réussir un tel projet, le chef de l’État a besoin de modifier l’ensemble de l’équilibre laïque, notamment en matière de financement du culte musulman, celui-ci étant aujourd’hui très dépendant de l’étranger. Ce qui induit un accord voire une association avec l’ensemble des cultes compte tenu des modifications nécessaires des équilibres actuels. C’est notamment pourquoi le président de la République s’est montré très attentif aux représentants des cultes depuis son accession au pouvoir, et donc qu’il a poussé très loin l’offre politique faite aux catholiques dans son discours de lundi soir.

Le second grand sujet qui était en toile de fond du discours tient à l’ambition réformatrice annoncée en matière bioéthique (PMA, GPA, fin de vie…). Et là aussi, de la même manière, le chef de l’État tient à s’appuyer sur les représentants des cultes pour s’assurer de la meilleure réception possible des réformes qu’il envisage. Il veut à tout prix éviter le traumatisme national du débat sur le mariage pour tous en 2013. L’Église catholique étant en la matière la pièce maîtresse, puisqu’elle seule dispose d’un réel pouvoir de mobilisation contre ces réformes. L’associer en amont aux discussions, et plus encore assurer les catholiques de toute son attention et sa considération, voilà qui apparaît clairement comme la stratégie privilégiée par Emmanuel Macron.

Ce pari est-il réaliste ? Et en particulier, est-ce que la Conférence des évêques de France (CEF) à laquelle s’est adressé Emmanuel Macron est vraiment représentative des catholiques aujourd’hui ?

 

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En France #NLQ

“Prospérité et gloire à notre Eglise catholique” La laïcité selon de Gaulle

“Nous avons, en France, un respect particulier pour Sa Sainteté. Nous déposons, au nom de la France, nos respects à ses pieds. Et nous lui demandons, tout son bienveillant appui. Je tiens à adresser mes vœux de prospérité et de gloire à notre Église Catholique.”

1959 -Charles de Gaulle

A la une #NLQ

L’édito – Laïcité à deux vitesses ? Quand l’Eglise fait peur aux manipulateurs de masse

 

Emmanuel Macron était donc invité par les évêques de France lundi 9 avril 2018 aux Bernardins. On a beaucoup glosé en amont de ce cocktail, pour savoir si c’était le pendant catholique du dîner du CRIF, si un président de la république pouvait se rendre à une telle invitation, alors qu’il est évident qu’il peut aller sans entacher la laïcité au diner des autres religions. L’autre grande question était de savoir ce que le chef de l’Etat allait bien pouvoir dire. On attendait beaucoup de la rencontre de janvier avec les représentants des cultes. On attendait encore plus des vœux du président aux mêmes représentants. Et comme il n’était rien sorti des flots littéraires présidentiels on attendait beaucoup, sans plus trop savoir quoi, de cette soirée, sur fond d’islam et de révision des lois de bioéthique. Et mises à part quelques citations montées en épingles et brochettes d’œufs de Pâques, il n’est évidemment pas ressorti grand-chose de cette rencontre au cours de laquelle le président a laissé entendre ce que les catholiques voulaient entendre. Reprenant les tremolos sarkoziens, il a rappelé l’apport des catholiques à la construction de la France, dans une petite incise laissant entrevoir sa conception : les catholiques ont mis leur pierre à l’édifice, mais ils ne sont pas les fondations de la France. On pourrait analyser le discours présidentiel, mais qu’y trouverions-nous ? Des mots, des poncifs. Il écoute, mais ne répond pas. Il invite à s’engager, mais reste fermé à tout ce qui n’est pas conforme à sa vision. Il a peur de la réaction des catholiques face aux révisions des lois de bioéthique et finalement il est venu leur dire qu’il ne tiendrait pas compte de leur point de vue, par « réalisme humaniste ». Mais, charmeur, il pleure avec les catholiques nostalgiques d’un temps où les présidents étaient effectivement chrétiens et où la morale du monde s’accordait encore avec l’anthropologie catholique. Promesse de restaurer un lien abimé, comme une parole en l’air qui n’engage que ceux qui y croient.

Plus intéressantes sont les réactions au discours. Si creux soit-il, les médias et surtout les politiques de gauche et autres francs-maçons sont vent debout pour défendre la laïcité. Une laïcité qui peut tout supporter des juifs et de l’islam, mais qui seraient immédiatement contaminé d’une maladie honteuse au simple passage d’une ombre catholique. Nous avons abondamment relayé ces réactions et parfois ce qu’elles ont de contradictoire dans leur deux poids deux mesures. Mais une chose ressort, francs-maçons comme politique de gauche, l’Eglise les terrifie. Ce n’est pas uniquement parce qu’ils se sont fortifiés dans une opposition à l’Eglise qu’ils en ont peur, mais c’est parce qu’ils ont tout construit sur le mensonge, alors que l’Eglise ne cesse de porter haut et fort un message de vérité. Une vérité anthropologique qui libère l’homme de son péché et de ses travers certes, mais qui aussi libère, en ouvrant les yeux du cœur et de l’intelligence, des totalitarismes et manipulations par lesquels la classe médiatoco-politico-progressisto-maçonnique tient asservi cette masse informe qu’ils appellent le peuple et que nous nommons, nous, l’Homme.