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GoMesse covoiturage solidaire

GoMesse est la première plateforme de covoiturage solidaire entre paroissiens pour aller à la messe. Une belle initiative à adopter et partager pour : permettre à des personnes âgées, isolées ou sans véhicule d’aller à la messe, renforcer l’entraide et le service autour de la paroisse, réduire notre empreinte écologique…

Comment est née l’idée ?

En janvier 2016, Emmanuel de Bélizal est en vacances en Savoie. C’est l’Épiphanie et l’unique messe est dans un village voisin, à une quinzaine de minutes… en voiture. Sans moyen de locomotion, il est contraint de trouver une solution.  C’est le début de l’aventure GoMesse. Il soumet son idée à quelques prêtres et paroissiens qui l’encouragent vivement à poursuivre sa réflexion. Il réunit 4 amis pour l’aider à mener à bien ce projet, tous bénévoles et experts dans leurs domaines respectifs. En mai 2018, Emmanuel décide de s’y consacrer pleinement, en prenant un congé sabbatique lui permettant de mettre en veille ses responsabilités professionnelles et à GoMesse de voir le jour ! L’idée a germé : créer une plateforme web de mise en relation solidaire qui permettrait à chaque paroissien d’utiliser le covoiturage pour aller à la messe, peu importe l’endroit où il se trouve en France. GoMesse n’a aucun but lucratif. En décembre 2017, l’association lance une campagne de credofounding pour que le projet puisse voir le jour. La première version de la plateforme a pu être financée par 214 donateurs.

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Sri Lanka – L’Eglise s’engage pour la réconciliation nationale

Alors que le Sri Lanka a célébré, le 18 mai, le 10ème anniversaire de la fin de la guerre civile contre les rebelles tamouls, « les catholiques du Sri Lanka, à un moment de tension et de peur après les attentats de Pâques, confirment leur engagement en faveur du bien commun, du développement durable, de la sécurité et de la réconciliation dans le pays » déclare à l’Agence Fides Leo Fernando, laïc catholique et animateur pastorale à Colombo.
Il indique à Fides : « Il est douloureux de se souvenir que le pays a tant souffert à cause de la guerre civile. Au cours de ces derniers temps, cette souffrance immense est revenue dans notre vie au travers des attentats de Pâques, qui ont tué 258 personnes et nous nous retrouvons maintenant à relever le défi de l’extrémisme religieux et du terrorisme ».
Les cingalais et les tamouls constituent les deux principaux groupes composant la population du pays. La guerre civile a duré 26 ans, à compter de 1983, et a laissé derrière elle plus de 100.000 morts. Différents cas liés à ce conflit se trouvent actuellement à l’examen du Conseil de l’ONU pour les droits fondamentaux, qui évalue les violations de ces droits commis à la fin du conflit. Dix ans après la fin de la guerre, les Nations unies ont estimé que 40.000 civils auraient été tués au cours des derniers mois de combat alors que le gouvernement avait lancé l’assaut final contre les tigres tamouls, demandant au Sri Lanka de mener une enquête sur de présumés crimes de guerre commis par les deux parties au conflit. Entre temps, au sein de la nation, les controverses et revendications entre les deux communautés, cingalaise et tamoule, continuent à faire obstacle au processus de réconciliation nationale.
Dans ce contexte, l’Eglise œuvre sans relâche pour promouvoir la paix, l’harmonie et la réconciliation, en particulier au travers de la Caritas du Sri Lanka et de la Conférence des Supérieurs majeurs du Sri Lanka.
« Les efforts de l’Eglise ont contribué à améliorer de manière notable les rapports entre les deux communautés » remarque le Père Edmond Thilakarathna, Porte-parole de l’Eglise au Sri Lanka. Cette dernière a des baptisés parmi les communautés cingalaise et tamoule. Dès lors, elle constitue « un élément catalyseur d’harmonie, de paix, de réconciliation et de fraternité dans une société pluraliste » indique-t-il.
La Commission nationale pour la Justice, la paix et le développement humain de la Conférence épiscopale du Sri Lanka a lancé de nombreuses initiatives innovantes pour contribuer à la réconciliation. Tout l’apostolat dans son ensemble, lequel comprend des activités telles que l’instruction, la santé, le développement social et d’autres activités pastorales, est orienté vers la rencontre entre les deux communautés, la cicatrisation des blessures du passé et la promotion de l’amitié, de la confiance réciproque et de la réconciliation.
Le Sri Lanka est un pays multiethnique de 22 millions d’habitants, à majorité bouddhiste mais il comprend des minorités chrétiennes, musulmanes et hindoue. Les musulmans représentent près de 10 % de la population, les chrétiens 7,4 % – 6,1 % de catholiques et 1,3 % de protestants.

 

Source Agence Fides

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Un nouveau Credo ?

Un fait intéressant est que les trois plus célèbres déclarations de foi du christianisme, le Symbole des Apôtres, le Credo de Nicée et le Symbole d’Athanase ne contiennent aucune doctrine morale. Elles contiennent des doctrines métaphysiques, par exemple la Trinité, l’Incarnation, la Rédemption et ce qui, je suppose, pourrait être appelé des doctrines historico-miraculeuses, par exemple la naissance virginale, la Résurrection, l’Ascension. Mais pas de doctrines morales : rien sur les Dix Commandements, les Béatitudes, les deux grands commandements – l’amour de Dieu, l’amour du prochain.

Est-ce parce que le christianisme primitif n’était pas soucieux de morale ? Loin de là. Les Quatre Evangiles et les autres parties du Nouveau Testament, si nous pouvons les prendre comme indicateurs du christianisme primitif, regorgent de préoccupations morales.

Mais la morale du christianisme primitif était pratiquement non controversée alors que la partie doctrinale du christianisme était hautement sujette à controverses. Les credos ont été élaborés pour tracer une ligne claire entre les croyances orthodoxes et celles qui ne l’étaient pas. L’Eglise disait ainsi : « ceci est ce que nous croyons et cela ce que nous ne croyons pas. Il y a une frontière entre les deux. Si vous êtes de ce côté-ci, vous faites partie de l’Eglise Si vous êtes de ce côté-là, vous êtes hors de l’Eglise ».

Que ce soit cela qui était en jeu est très clair dans le cas du Credo de Nicée, élaboré par le premier Concile Œcuménique tenu à Nicée en 325 et quelque peu modifié lors du Premier Concile de Constantinople en 381. Le but du Credo de Nicée, tout en réaffirmant et clarifiant les doctrines exprimées dans le Symbole des Apôtres, était de tracer une ligne claire entre les dogmes catholiques orthodoxes et les dogmes ariens.

Les Ariens soutenaient que le Fils était très semblable à Dieu le Père – mais pas tout à fait. Le Fils est un grand Dieu pour parler, mais pas égal au plus grand de tous les Dieux, Dieu le Père. Le Fils, qui a créé le monde, a lui même été créé par le Père. Le Fils était la première et la plus grande des créatures, mais il était inférieur au Père et lui était subordonné. Par implication, alors, Jésus, étant l’incarnation humaine du Fils, n’était pas le plus grand Dieu.

Le Concile de Nicée ayant clarifié que Jésus était à la foi vrai Dieu et vrai homme, restait la grande question de la relation entre la divinité de Jésus et son humanité. Des conciles ultérieurs traitèrent de cette question épineuse, rejetant la solution monophysite (Jésus était une personne avec une unique nature divine) et la solution nestorienne (Jésus est deux personnes, l’une humaine, l’autre divine) pour établir finalement la solution catholique orthodoxe (Jésus a deux natures, humaine et divine, pourtant il est une personne unique, divine).

En ces jours-là, l’Eglise n’était que vaguement organisée. L’évêque de Rome (le pape) était généralement reconnu comme étant le premier des évêques de l’Eglise, mais il ne possédait pas l’autorité administrative suprême ; il ne pouvait pas, par exemple, nommer et déposer des évêques en Egypte, en Grèce et en Syrie. De ce fait, l’Eglise ne faisait pas un tout parce que répondant à une administration centrale. Elle faisait un tout essentiellement grâce à un consensus doctrinal.

Et donc il était important de trouver les justes formulations de la doctrine. Chaque fois que surgissait un désaccord doctrinal, ce désaccord menaçait de détruire l’unité de l’Eglise. Il devenait important de rassembler les évêques en un concile œcuménique de plus qui réaffirmerait la doctrine catholique orthodoxe.

Les résultats furent mitigés. D’un côté, l’orthodoxie est devenue de plus en plus précisément définie. De l’autre, toutes les parties du monde chrétien n’ont pas obéi aux préceptes doctrinaux des conciles œcuméniques. En conséquence, la chrétienté, idéalement unifiée, s’est scindée en plusieurs grands segments : le segment catholique orthodoxe, le segment arien, le segment monophysite, le segment nestorien.

Par la suite, au 11e siècle, le segment catholique orthodoxe s’est scindé en deux. Ensuite, le segment catholique s’est scindé en catholiques et protestants. Et, finalement, le segment protestant s’est scindé en une multitude de sous-segments.

Mais au cours de ces nombreux siècles et de ces nombreuses divisions et subdivisions, il n’y a pas eu de désaccords notables en ce qui concerne les problèmes moraux. Tous les chrétiens, à quelques minimes exceptions près, étaient d’accord sur l’importance des Dix Commandements (même s’ils n’étaient pas d’accord sur leur numérotation), sur les Béatitudes, sur les deux grands commandements (l’amour de Dieu, l’amour du prochain) et ils étaient d’accord que l’idéal de la vie chrétienne était une vie menée en imitation du Christ.

Et ils étaient également d’accord que les règles de morale étaient établies par Dieu et de ce fait immuables ; elles n’étaient pas faites de main d’homme et par là amendables, quand il nous arrive de penser à quelque chose nous semblant meilleur.

Je ne suis pas en train de dire que tous les chrétiens vivaient en accord avec leurs convictions morales chrétiennes. Loin de là. Mais au minimum ils soutenaient ces convictions, peu importe la fréquence avec laquelle ils les violaient. Par exemple, les chrétiens adultères ne niaient pas la gravité du péché d’adultère. Pas plus que les politiciens chrétiens corrompus ne niaient que la corruption soit une mauvaise chose. Non, en ce qui concerne l’adultère et la corruption, ils faisaient des exceptions spéciales en leur faveur.

Cependant, tout cela a changé de nos jours, un changement qui a commencé au 20e siècle. De nos jours, de nombreux chrétiens, y compris beaucoup de catholiques, soutiennent que de nombreux antiques péchés chrétiens – incluant par exemple la fornication, l’adultère, l’avortement, l’homosexualité, le suicide et l’euthanasie – ne sont plus peccamineux.

Avons-nous alors besoin d’un nouveau Credo, un Credo moral qui tracerait une ligne claire entre la vraie morale chrétienne et la morale chrétienne factice qui a infecté la majeure partie du monde protestant et commence à infecter le monde catholique ? Je dis catégoriquement oui.

Et, de ce fait, avons-nous besoin d’un nouveau concile œcuménique qui rédigerait ce credo moral ? Non, car je crains que les évêques mettant la pédale douce sur l’orthodoxie, tout spécialement les évêques allemands, pourraient dominer un tel concile.

Nous faisons donc face à un double défi : Rome devrait d’abord se montrer vigilante en nommant toute une nouvelle génération d’évêques réellement et fidèlement catholiques dans leur vision de la foi et de la morale. Et ces évêques devront avoir le courage de s’opposer de front à notre culture, qui inclut à ce jour de nombreux « chrétiens » auto-proclamés.

Réalisable ? Prions pour que cela le soit.

— –

David Carlin est professeur de sociologie et de philosophie au Community College de Rhode Island.

 

Source France Catholique

illustration : « le Premier Concile de Nicée » par Giovanni Speranza, vers 1520 [bibliothèque du Vatican]

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La Pologne secouée par un documentaire accablant sur la pédophilie dans l’Eglise

Un tabou est définitivement en train de tomber dans le dernier bastion catholique d’Europe. Les révélations sur le caractère systémique de la pédophilie dans l’Eglise se multiplient en Pologne. Celui déclenché, samedi 11 mai, par le film documentaire indépendant Seulement ne le dis à personne aura assurément un impact plus profond et durable que les autres.

Financé par des dons d’internautes, diffusé sur le réseau de vidéos en ligne YouTube, le film, d’une durée de deux heures, est devenu en l’espace d’un week-end un véritable phénomène de société. Mardi matin, trois jours après sa mise en ligne, il affichait plus de 11 millions de vues. Dans un pays de 40 millions d’habitants, dont 40 % fréquentent la messe dominicale, il a déclenché une véritable tempête politico-médiatique, en pleine campagne des élections européennes.

Le caractère inédit du documentaire, fruit d’une consciencieuse enquête journalistique, est de confronter directement des victimes de prêtres pédophiles, en caméra cachée, avec leurs agresseurs. A plusieurs reprises, ces derniers avouent leurs actes, et tentent de demander pardon, surpris par ces rencontres inattendues, des dizaines d’années après les faits. Les nombreux témoignages de victimes, poignants, font l’effet d’un électrochoc. Leurs signalements des faits aux autorités ecclésiastiques et leurs tentatives de communication se heurtent systématiquement à un mur.

 

Suite de l’article sur Le Monde (avec les réticences d’un journal qui se réjouit de l’infortune de l’Eglise)

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Montpellier une église taguée en centre ville ; “Notre Dame de rend l’argent”

« Notre-Dame de rend l’argent », voilà ce que l’on pouvait lire ce samedi [20 avril 2019] sur les murs extérieurs de l’église Saint-Denis en centre-ville de Montpellier. Un tag faisant directement référence à l’élan exceptionnel de générosité qui a suivi l’incendie de la cathédrale de Notre-Dame de Paris et permis de récolter de très nombreux dons. Une générosité qui ne semble pourtant pas faire l’unanimité.
Puisque des individus vitupèrent « Notre-Dame de rend l’argent » – ce qui est tout de même rédigé dans un français tout sauf clair… –, les catholiques ne devraient-ils pas demander à l’État recéleur « Rendez-nous Notre-Dame » ?

Source Observatoire de la christianophobie

Crédit photo : Lengadoc Info

Pour que cesse le silence médiatique signez la pétition SPERO

 

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« D’ici 25 ans, il n’y aura plus de prêtres catholiques en France »

Analyste politique et directeur de département Opinion à l’IFOP, Jérôme Fourquet vient de publier, au Seuil, L’Archipel français – Naissance d’une nation multiple et divisée. Une plongée en chiffres et en cartes dans un phénomène selon lui irréversible : l’atomisation de notre société.

Effondrement du socle catholique français, dislocation du Parti communiste, fin de la conscription, mais aussi chute drastique du nombre d’enfants envoyés en colonies de vacances, spectaculaire diversification des prénoms… « En quelques décennies, tout a changé », prévient d’emblée cet essai ultra-documenté et objectif.

Les jeunes générations ne s’en rendent pas forcément compte, mais ce pays, la France, est passé, depuis la fin des années 1970, de l’état de territoire unifié à celui « d’archipel », à la manière des Antilles ou des Cyclades : un amoncellement d’îlots au sein desquels cohabitent sans se croiser « différents groupes ayant leur propre mode de vie, des mœurs bien à eux et parfois une vision du monde singulière ».

« Où va la France ? », se demandait Trotski en 1938… Quatre-vingt ans plus tard, Jérôme Fourquet a un début de réponse : vers la division. Un constat qui méritait bien un entretien avec l’auteur de ce brutal constat.

 

Source

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Pape François : pas d’homosexualité dans le clergé (extraits de “La force de la vocation”)

Extrait de “La force de la vocation”

Le pape François : non aux prêtres homosexuels

Il est opportun de prendre en compte la maturité humaine et émotionnelle des candidats.

Nous publions un extrait du livre “La force de la vocation”. Le texte fait partie du chapitre intitulé “Bien gérer les limites” dans lequel la question de l’homosexualité est traitée. Dans le volume, François répond aux questions du religieux clarétain Fernando Prado.

Y at-il des limites qui ne devraient pas être dépassées dans la formation ?

C’est évident. Quand il y a des candidats avec des névroses et des déséquilibres graves, difficiles à canaliser, même avec une aide thérapeutique, il ne faut les accepter ni au sacerdoce ni à la vie consacrée. Nous devons les aider à suivre d’autres chemins, sans les abandonner. Nous devons les diriger, mais nous ne devons pas les admettre. Nous nous souvenons toujours qu’il s’agit de personnes qui vivront au service de l’Église, de la communauté chrétienne, du peuple de Dieu. N’oublions pas cette perspective. Nous devons veiller à ce qu’ils soient en bonne santé psychologique et émotionnelle.

Ce n’est un secret pour personne que, dans la vie consacrée et dans le clergé, il y a aussi des personnes à tendance homosexuelle. Qu’en est-il ?

C’est quelque chose qui m’inquiète, car peut-être qu’à un moment donné, le problème n’a pas été bien traité. Toujours dans la ligne de ce que nous disions, je dirais que dans la formation, nous devons prendre grand soin de la maturité humaine et affective. Nous devons sérieusement discerner et écouter la voix de l’expérience vécue par l’Église. Lorsque le discernement n’est pas pris en compte dans tout cela, les problèmes grandissent. Comme je l’ai déjà dit, il se peut que pour le moment elles ne soient pas évidentes, mais elles se manifestent plus tard. L’homosexualité est une question très grave, qui doit être discernée correctement dès le début avec les candidats, si tel est le cas. Nous devons être exigeants. Dans nos sociétés, il semble même que l’homosexualité soit à la mode et cette mentalité, d’une certaine manière, affecte également la vie de l’Église.
J’ai eu devant moi un évêque scandalisé, qui m’avait dit qu’il s’était rendu compte que, dans son diocèse, un très grand diocèse, il y avait plusieurs prêtres homosexuels, et qu’il devait faire face à tout cela en intervenant avant tout pendant leur formation afin de former un autre clergé différent. C’est une réalité que nous ne pouvons pas nier. Les cas ne manquent pas non plus dans la vie consacrée. Un religieux m’a dit que lors d’une visite canonique dans l’une des provinces de sa congrégation, il avait été surpris. Il a vu que de bons jeunes étudiants et même des religieux qui avaient déjà fait leurs voeux étaient homosexuels. Lui-même avait des doutes sur la chose et m’a demandé s’il y avait un problème avec ça. “En fin de compte – at-il dit – ce n’est pas si grave ; ce n’est qu’une forme d’expression d’affection “. C’est une erreur. Ce n’est pas simplement une expression d’affection. Dans la vie consacrée et dans la vie sacerdotale, ce genre d’affection n’a pas sa place. Pour cette raison, l’Église recommande que les personnes ayant cette tendance enracinée ne soient pas acceptées dans le ministère ou dans la vie consacrée. Le ministère ou la vie consacrée ne sont pas leur place. Les prêtres, les religieux et les religieuses devraient être exhortés à vivre pleinement le célibat et, surtout, à être parfaitement responsables, en essayant de ne pas créer de scandale dans leurs communautés ou dans le saint peuple fidèle de Dieu en vivant une double vie. Il vaut mieux qu’ils quittent le ministère ou la vie consacrée plutôt que de vivre une double vie.

S’agissant de la formation continue, la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique semble percevoir un certain intérêt pour les cas d’hommes et de femmes qui ont déjà déjà prononcé leurs engagements qui ont abandonné la vie consacrée ou le ministère … Comment soutenir la formation continue ? Comment aider à maintenir sa vocation en temps de crise et de difficulté ?

Je reviens aux quatre piliers susmentionnés : la prière, la vie en communauté, l’étude et l’apostolat. Ils doivent être soutenus dans ces quatre dimensions, mais toujours accompagnés. Le religieux ou les religieux doivent essayer de marcher avec le compagnon plus âgé ou avec un compagnon qui a plus d’expérience. La société est nécessaire. Il faut aussi demander la grâce de savoir accompagner et écouter. Dans la vie consacrée, à plusieurs reprises, l’un des plus gros problèmes d’un supérieur ou d’un supérieur provincial est de veiller à ce qu’un frère ou une sœur ne soit seul ou ne marche seul. Quoi de neuf ? Personne ne l’accompagne ? Après tout, on ne peut pas grandir dans la vie consacrée ni se former sans l’accompagnement de sa personne. Nous devons veiller à ce qu’aucun religieux ou religieux ne marche seul. Et ceci, évidemment, ne s’improvise pas. C’est une habitude qu’il faut prendre au noviciat. Il est bon de s’y habituer, car si on n’a pas une bonne compagnie, on peut en trouver une mauvaise. Les personnes seules ne peuvent pas marcher. Une personne consacrée doit rechercher une compagnie de ce type, l’accepter… une compagnie qui la contrariera, qu’elle pourra écouter. Il n’est peut-être pas facile de rencontrer la personne idéale, mais il y a toujours quelqu’un qui peut jouer un peu le rôle de “grand frère”, avec qui vous pouvez parler et vous confier.

Via Belgicatho

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L’édito – L’Eglise, inaudible ou discréditée ?

Alors que le monde moderne promu par une certaine intelligentsia semble jouer le tout pour le tout, l’Eglise craque de toutes parts, engluée dans mille affaires et divisions. Est-ce un simple hasard du calendrier ? Possible. Mais, à y regarder de plus près, les réformes anthropologiques et structurelles prônée par une idéologie post-humaniste aux moyens financiers sans précédents, ne trouvent aucune autre opposition sérieuse que l’Eglise catholique hiérarchique et une part non négligeable des fidèles catholiques. Pourtant, petit à petit, le formatage ambiant a rendu le discours le plus naturel qui soit sur la vie et sur l’Homme, inaudible au point que l’Homme est devenu l’ennemi de l’Homme. La réalité de ce qu’est l’Homme s’est peu à peu muée en épouvantail pour l’Homme lui-même, terrifié par ses propres limites, obsédé par l’illusion de liberté que lui donne la destruction de lui-même. Il n’est pas jusqu’à un nombre inquiétant de catholiques à voir en l’Homme réel la bête à abattre, peu soucieux du plan et de la volonté de Dieu en la matière. Mais il se trouve que, ces derniers temps, la hiérarchie ecclésiastique a retrouvé un discours clair et le pape n’est plus le seul à prêcher dans le désert du haut de sa cathèdre, à peine relayé par quelques disciples regardés comme des bêtes fauves à fuir. L’Eglise catholique est devenue le dernier rempart contre l’autodestruction anthropologique de l’Homme. Et elle se réveille. Le pape est cinglant dans ses propos, l’archevêque de Paris entre en guerre contre la dictature des consciences et les manifestations repointent leur nez. Finalement, comme pour le mariage pour tous, faire passer ces lois humanicides ne sera pas aussi simple que prévu. Et hop, d’un coup surgit tout le pu d’une Eglise depuis longtemps gangrénée. Facile discrédit sur l’institution et par ricochet sur le discours. Mais avant d’être discrédité, le message de l’Eglise est inaudible pour cette génération. Car pour qui cherche sans peur la vérité, que le porteur du message soit corrompu, n’affecte pas la vérité du message lui-même. En réalité, bien de nos contemporains sont aussi assez contents de trouver un faux-fuyant pour ne pas discuter, voire simplement ne pas réfléchir. Preuve s’il en est, la grande majorité des commentaires sur les réseaux sociaux concernant les grands thèmes de la vie sont ponctués dès le premier échange par « les affaires ». Celles-ci sont le nouveau désert de saint Jean-Baptiste. Au milieu de cette nouvelle forme d’hostilité, annonçons la vérité. Ce qu’ils veulent c’est rendre toujours plus inaudible la vérité. Inaudible parce que devenue inacceptable dans son contenu. Inaudible parce que discréditée et enfouie sous un amas de purin, sinon orchestré, du moins sciemment réutilisé. Cela ne change rien au tas d’immondices qui putréfie dans l’Eglise, mais cela ne change rien non plus à la Vérité que l’Eglise doit malgré tout porter au monde. Le silence serait la victoire de Satan.

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L’édito – Du cléricalisme et de l’anticléricalisme.

Ah le sens des choses ! Voilà bien un souci dont se moque la génération actuelle. On manie l’à peu près, comme Corneille portait haut le verbe. On décoche des mots, comme Cyrano de ses envois touchait juste le sot déconfit. Et voici qu’une nouvelle acception de l’anticléricalisme fait son apparition, comme la dernière chasse à l’homme ensoutané. Après Blum et Clémenceau, voici les hordes catholiques lâchées sur le cléricalisme, un peu à l’aveuglette, car au fond, le cléricalisme c’est quoi ? Une maladie, un travers, une réalité, une façon d’être, une époque, une perversité ? Pour qui se laisse interpeller par cette nouvelle curée, lancée par le pape lui-même, une impression d’épouvantail bigarré ne manque pas de laisser pantois. Certes le pape n’est pas anticlérical, mais anticléricalisme. Alors qu’est ce cléricalisme que fustige le Saint-Père et que conspuent les rejetons de la troisième république ?

Le cléricalisme suppose apparemment qu’il y ait des clercs, c’est-à-dire des hommes, par l’ordination, transposés de l’état laïc vers cet état unique de clerc, entendons, participants à des degrés divers du sacerdoce du Christ. Un sacerdoce ministériel intimement lié à l’Eglise hiérarchique tête du corps du Christ. A ce niveau de précision, nous comprenons que certains voient en cet état clérical une notion de pouvoir et d’autorité. De là, mille dérives peuvent en effet se produire. Autoritarisme, abus de pouvoir, orgueil méprisant et autres dérivés d’une incompréhension majeure de ce qu’est l’autorité. Mais convenons-en, ce travers n’a pas besoin de la cléricature pour se développer. Mais d’aucuns, voulant jeter l’eau du bain, se débarrasseraient volontiers au passage du bébé. Car, dans le monde actuel qui refuse l’autorité et qui rechigne à l’obéissance, toute hiérarchie est insupportable. Nous sommes tous frères, pourquoi une tête dépasserait-elle alors ? Comme pour nourrir cette phobie de la hiérarchie, nous avons oublié (refoulé ?) que l’Eglise hiérarchique est participante de la tête du corps du Christ et que cela suppose une notion de gouvernement et de gouvernement responsable devant Dieu, comme le rappelait saint Cyprien de Carthage à ses frères dans l’épiscopat. Que des clercs (tous ordres confondus) usent mal de cette autorité donnée pour servir et faire grandir le peuple de Dieu et que des laïcs supportent mal l’idée d’une hiérarchie dans l’Eglise ne retire en rien que l’état clérical comprend de façon intrinsèque le gouvernement, chacun selon son ordre. Et, à ce titre, tous les clercs représentent l’autorité de l’Eglise. Pourquoi alors appeler le cléricalisme le mauvais usage d’un aspect substantiel de l’état clérical ? Du reste les anticléricaux laïcards ne s’y trompent pas et c’est bien contre l’Eglise autorité qu’ils en ont. Cet anticléricalisme là est en fait un « anti autorité hiérarchique de l’Eglise catholique et romaine ».  Même si le pape François oscille entre autoritarisme personnel et ouverture du gouvernement de l’Eglise aux laïcs (un contre sens – sémantique en tout cas, si cette ouverture dépasse le cadre du conseil), son « anticléricalisme » n’est pas contre l’autorité hiérarchique de l’Eglise. Mais ce que le souverain pontife pointe du doigt est une autre dérive liée à l’état clérical. Dérive issue d’un contexte historique particulier. Ce que fustige le pape est l’attitude princière qui peut parcourir tous les échelons de la hiérarchie ecclésiastique. Un clergé installé dans divers privilèges, ne fut-ce que la notoriété sociale du petit village, n’est pourtant pas non plus un travers spécifiquement clérical, mais il est vrai que ces attitudes princières collent parfois à l’état clérical plus solidement ceinturé à la taille que la ceinture de la soutane. Et ce d’autant plus que c’est cette participation à l’autorité suprême de l’Eglise qui a donné dans l’histoire cette « place à part » du clerc dans la société. Alors dans cette chasse aux proscriptions qui semblent mettre au pilori les prêtres, prenons le recul du discernement, pour ne pas, une fois de plus, luter contre le cléricalisme princier par le laïcalisme tyrannique.

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Quand un responsable politique franc-maçon me lance “Vous allez disparaître”

Une chronique d’Eric de Beukelaer.
Un certain mode de vie en Eglise est bien en train de mourir. D’où la question : mort définitive ou trépas en vue d’une résurrection ?

La scène se passe il y a quelques semaines en Cité ardente, lors d’un vernissage d’exposition. Au détour de deux petits fours, je croise un responsable politique. L’homme ne fait pas mystère de ses convictions laïques, ainsi que de son appartenance maçonnique (rien de bien original en terre liégeoise). Nous échangeons quelques amabilités et il m’annonce qu’un de ses collaborateurs part en vacances. Comme nos relations sont cordiales, je me permets de réagir sur le mode de la plaisanterie, en rétorquant tout sourire qu’il est bien bon d’autoriser des congés ; que dans l’Eglise, jamais nous ne permettons cela. C’est là, qu’à ma surprise, mon interlocuteur me fixe du regard et me lance avec un sérieux glaçant  : “C’est pourquoi vous allez disparaître”. Instantanément, je saisis l’importance du moment… Ce libre-penseur vient de sortir de son rôle de mandataire public, pour me balancer le fond de sa pensée. Pour lui, il est évident que cette Eglise, à laquelle j’appartiens corps et âme et que lui a quittée il y a belle lurette, est un reliquat du passé, voué à la faillite. J’aurais pu lui causer du tort – politiquement parlant – en allant rapporter à d’autres ses propos. Mais non. Il faut pouvoir encaisser les uppercuts, quand les coups sont décochés avec sincérité. Cela secoue, mais vous savez qu’à ce moment-là votre interlocuteur s’exprime avec son cœur et ses tripes, ayant laissé tomber le masque de la politesse mondaine.

“Vous allez disparaître”… Cette phrase tourne depuis dans ma petite tête, comme en écho au désarroi de tant de paroissiens grisonnants qui voient leurs enfants et petits-enfants vivre le baptême reçu, sans guère fréquenter l’église de leur quartier. Comme en écho également au découragement de membres du clergé ou de baptisés laïcs engagés, face à l’érosion de tout un tissu social catholique. De fait – il n’y a pas à s’enfermer dans le déni, en ânonnant sur l’air de “tout va très bien, Madame la Marquise” que rien de fondamental ne change. Un certain mode de vie en Eglise est bien en train de mourir sous nos yeux, du moins en Occident. D’où la question : mort définitive ou trépas en vue d’une résurrection ?

La réponse invite à creuser le fond des choses pour nous ramener à l’essentiel de la démarche de foi : si le Dieu de Jésus-Christ n’est qu’une illusion née de nos névroses, il est évident que l’Eglise catholique finira par s’effondrer – comme s’est effondrée toute construction historique avant elle. Les pharaons ? Ils ont disparu après trois millénaires. Les empereurs de Chine ? Ils n’ont, eux, duré “que” deux millénaires. L’empire romain d’Occident ? Une existence d’à peine quatre petits siècles… Dès lors, s’il ne s’agit que d’un phénomène humain, le christianisme en général et le catholicisme en particulier, connaîtront leur crépuscule. Par contre, si le Dieu de Jésus-Christ est la Réalité vivifiante qui porte l’univers visible et invisible, alors est vraie la parole du Maître : “sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise et les portes du séjour des morts ne pourront rien contre elle” (Matthieu 16, 18). Alors – s’il est humain que l’actuelle révolution sociale bouscule le peuple chrétien, ceci ne doit pas le déstabiliser. D’où me vient pareille paisible assurance ? De la Grâce qui m’a été faite d’expérimenter, à plus d’une reprise, la puissance de l’Esprit à l’œuvre dans ma vie.

Au brave politicien qui me lança “vous allez disparaître”, j’ai donc répondu – en soutenant son regard et avec un large sourire : “chiche !”. Dans mon cœur, cependant, me venaient les paroles du psaume 126  : “ Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes.” Et puis, aussi, cette prière du Christ à son Père : “En tes mains, Seigneur, Je remets mon Esprit” (Luc 23, 46).

Source : lalibre.be