En Afrique #NLQ

RDC – Les évêques demandent au président Kabila de ne pas être candidat

En République démocratique du Congo, l’Église appelle une nouvelle fois à la responsabilité des différentes formations politiques, face à la situation de crise dans laquelle est plongé le pays. Dans un message intitulé « Allons vite aux élections », et lu le 26 novembre par l’abbé Donatien Nshole, le porte-parole de la Cenco, les évêques se disent « profondément déçus » par le contexte de « méfiance généralisée » à la base des violences meurtrières dans le pays. Dans ce message, l’Église du Congo demande en particulier au président Joseph Kabila de déclarer explicitement qu’il ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle fixée au 23 décembre 2018.

Au pouvoir depuis 2001, le deuxième et dernier mandat de Jospeh Kabila a pris fin le 20 décembre 2016 selon la Constitution qui empêche le président de briguer un troisième mandat, mais lui permet de rester en poste jusqu’à l’installation d’un successeur élu.

La Cenco demande également des garanties d’indépendance de la part de la CENI, la commission électorale indépendante.  Retrouvez l’abbé Nshole est interrogé par Jean-Baptiste Malenge à Kinshasa

 

Source Radio Vatican

Brèves

Réponse à Mme Pedotti – Chrétiens et démocrates combattent aussi les idées de Macron, et appellent à la liberté de conscience de chacun !

Cette réponse de Jean-Marie BEURNEL ancien maire, président d’Éthique et Vérité 88 dans les Vosges à Christine Pedotti, nous permet de donner un post l’article en question et son contrepoint, selon la forme ancienne de la disputatio

 

Rétablissons la vérité !

Cette fois, c’est fait, la barrière est franchie. On la voyait venir depuis plusieurs années, Christine Pedotti en a été le révélateur ; une partie du catholicisme français qu’elle veut ici représenter, renoue avec ses anciens démons, confond la foi avec le progressisme, et se laisse aller à croire que tout le christianisme est résumé dans la représentation d’une politique socialo-communiste, libéral-libertaire dont Mrs Hollande et Macron sont les Hérauts.

Voici que tente de ne pas disparaître un soi-disant catholicisme pour une France désintégrée dans un tout uniformisé, dont la principale utilité serait de veiller sur la bien-pensance des citoyens, sous prétexte de délit d’entrave. Sur le berceau de cet enfant monstrueux né par GPA, ayant comme pères Messieurs Hollande et Macron, se penchent les spectres de l’Union des Républiques Socialistes, de Cuba, de Ceaucescu et du herr Général socialiste Jaruzelski, et le cortège de tous ces socialos bobos, qui jugent que la “révolution internationale” est une chance pour la France qui allait de ce fait retrouver ses vraies racines de 1789. La guillotine pour les mal pensants est pour quand ?

Tout y est, la haine de l’autre, de celui qui ne pense pas pareil, la crainte de voir souillé le « Front Républicain », l’accusation de pétainisme– à l’époque des grandes manifs on a même dit nazisme à l’égard de La Manif Pour Tous, étonnant quand on sait que Hitler était bien un socialiste ! Et que c’est bien contre les projets d’un gouvernement socialiste qui a une dent contre la famille que l’on manifestait !

Contorsions morales

La Manif pour tous, Sens Commun, le Parti chrétien démocrate, défendent la vie humaine de la conception a la mort naturelle. J’invite Mme Pedotti à lire « l’évangile de la vie » de St Jean-Paul II qui dit ceci : « La vie étant sacrée, elle est dotée d’une inviolabilité inscrite depuis les origines dans le cœur de l’homme, dans sa conscience. Je déplore avec force les multiples crimes et attentats contre la vie humaine. Tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie, et même le suicide délibéré, tout ce qui constitue une violation de l’intégrité de la personne humaine, tout ce qui offense à, la dignité de l’homme, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes, les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, toutes ces pratiques et d’autres analogues sont infâmes, elles corrompent la civilisation et insultent gravement à l’honneur du créateur » .

Mr Macron a déclaré je cite « être pour la GPA, mais pas maintenant car la société n’est pas prête ». Si Mme Pedotti était honnête elle reconnaîtrai que les programmes Hollande des 5 ans passés et Macron (Hollande bis), ne sont pas compatibles avec ce que dit St Jean-Paul II, et ce qu’ont répétés tous les papes depuis sur ce même sujet !

Quelles contorsions morales Mme Pedotti faut-il faire pour oser prétendre que ces programmes ne s’opposent absolument pas aux fondements même du christianisme ?

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Il faut faire une sérieuse révision de l’Évangile pour en arriver là. Il faut renverser toutes les hiérarchies morales pour réussir à faire passer le national socialisme libertaire pour une vertu chrétienne, pour balayer au nom de la défense du front Républicain, l’inviolabilité de la vie, le respect de la dignité humaine, de la famille, des travailleurs, qui sont des non-négociables, que nous défendons à la Manif Pour Tous et ailleurs, profondément en accord avec l’Évangile. C’est ce que le pape François ne cesse de rappeler et en cela, il est en parfait accord avec ses prédécesseurs. Mme Pedotti ne connaît pas semble-t-il notre raison d’être, ni nos statuts qui ont pour objet d’informer le citoyen et de lui « laisser le libre arbitre ». Nous laissons la liberté de choix, nous ne sommes pas des idéologues, ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche à la sauce de Mme Pedotti. Il est toujours étonnant de voir quelqu’un combattre une idéologie extrême par une autre. Le social-communisme, comme le nazisme-socialiste n’ont donnés à ce monde que des millions de morts.

Une idéologie mortifère en remplace une autre.

Alors, quelle tristesse de voir Mme Pedotti et sa gauche bobo, s’empêtrer dans des circonvolutions déshonorantes, en refusant de dire clairement que le vote Macron n’est pas compatible non plus (évidemment) avec le christianisme. Elle en arrive même à nier le fait que M.Macron vienne de chez Rothschild, pourquoi nier une vérité si bien établie ? Y aurait-il a en rougir ? Je pense que non, pourquoi y aurait-il honte de réussir ? Cela ferait-il trop travail-famille-patrie ? Elle prends là une lourde responsabilité qui contribue à rendre illisible l’image de ces catholiques et inaudible leur parole.

Mais heureusement, ni le Pape, ni les Évêques pour la plupart ne suivent ses suppliques et pétitions. Si l’église est-ce qu’elle est depuis 2000 ans, c’est qu’elle a su éviter les « bons conseils », des Mmes Pedotti qui se sont mis en travers du chemin ! Quelle que soit l’issue des scrutins, quelque chose aura irrémédiablement changé. De ce point de vue, M. Macron a déjà gagné… une bataille. Du moins savons-nous où sont nos ennemis et s’il nous est demandé de les aimer, il ne nous est pas interdit de les combattre, mais ce n’est en aucun cas d’autres catholiques, comme le fait Mme Pedotti, qui prends le fer de sa plume pour lutter contre eux ! Celle-ci représente ici, la frange catholique qui par le passé, a préférè Cauchon et l’Angleterre, à Jeanne d’Arc et la France. Perdue dans ses relents à l’eau de la rose de ses romans professant le prêchi-prêcha de la 6e République et du 3e Vatican, elle ne voit que le verre à moitié plein des autres, pendant que le sien dégouline de son propre fiel. Peut-être devrait-elle tourner dans l’encrier 7 fois le fer acéré de sa plume d’acier avant de le jeter à la face des honnis mal-pensants que nous serions ? Cette gente dame, lanceuse de boules puantes et fumantes et sa dizaine d’amis à eux seuls, s’érigent en vainqueur de la socialie face au reste du monde (c’est à dire au moins tous ceux qui ne pensent pas comme elle), ce qui fait beaucoup de monde. Sus à l’ennemi, et qu’il n’en reste plus un. On a vu mieux comme chantre de la liberté, tout à l’image de sa propre idéologie, la grande inquisition en marche ! En mai et en juin chaque Français peut s’informer et choisir librement et doit avoir le droit de « combattre » comme elle le dit, non pas ses frères comme elle le fait, en s’en prenant à l’église toute entière et à toute sorte de mouvements qui agissent « eux », pour le bien commun de la société et non sa destruction, mais contre ce qui ne convient pas dans les différents programmes politiques des candidats !

Que chacun agisse les dimanches de mai et juin et après, en conscience éclairée, mais évitons l’angélisme du macronisme aigu à la sauce Pedotti !

Jean-Marie BEURNEL

En réponse à cela :

“Chrétiens et démocrates, nous appelons à voter pour Emmanuel Macron”

APPEL. Scandalisés par le manque d’engagement inédit de l’Eglise catholique et le refus de Sens commun de faire barrage au FN, Christine Pedotti et des personnalités du monde chrétien lancent un appel en faveur du vote Macron.

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Cette fois, c’est fait, le Rubicon est franchi. On le voyait venir depuis plusieurs années, la Manif pour tous en a été le révélateur ; une partie du catholicisme français renoue avec ses anciens démons, confond la foi avec la nostalgie, et se laisse aller à croire que tout le christianisme est résumé dans la représentation de l’Angélus de Millet.

Voici que renaît un catholicisme d’ordre moral dont la principale utilité serait de veiller sur la vertu des filles et la fécondité des étreintes conjugales pour le bien supérieur de la patrie. Sur le berceau de cet enfant monstrueux, se penchent les spectres de Barrès et Maurras et le cortège de tous ces ecclésiastiques, évêques et cardinaux qui jugèrent que la “révolution nationale” de Philippe Pétain était une chance pour la France qui allait de ce fait retrouver ses vraies racines.

Tout y est, la haine de l’autre, de l’étranger, la crainte de voir souillée la pureté du sang, l’accusation de cosmopolitisme – aujourd’hui on dit mondialisme –, et si on n’ose pas (pas encore) accuser un complot juif, on accuse “la Finance” et on grime Emmanuel Macron en banquier (de chez Rothschild !) suceur de sang.

Contorsions morales

La Manif pour tous, Sens Commun, le Parti chrétien démocrate (au nom si usurpé) Christine Boutin… Ils n’hésitent pas : “surtout pas Macron !”. Leurs raisons avouées sont bien minces, fragiles même. En effet, Marine Le Pen n’apparaît pas immédiatement comme le meilleur soutien de l’abrogation du mariage pour tous que d’ailleurs elle a très très mollement combattu. Certes, elle s’oppose à la libération de la PMA pour les couples de femmes, ce que le candidat d’En Marche compte faire. En revanche, elle promet de fermer les frontières, de refouler les étrangers, les migrants demandeurs d’asile, de refuser les soins médicaux ou la scolarisation des enfants à tous les irréguliers. Quelles contorsions morales faut-il faire pour oser prétendre que cela ne s’oppose absolument pas aux fondements même du christianisme ?

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Il faut faire une sérieuse révision de l’Évangile pour en arriver là. Il faut renverser toutes les hiérarchies morales pour réussir à faire passer l’égoïsme national pour une vertu chrétienne, pour balayer au nom de la défense de la “civilisation chrétienne”, toute l’universalité du christianisme, qui lui fit, dès son origine accueillir les “Grecs”, c’est-à-dire les païens, quitter Jérusalem pour Rome, puis convertir les “barbares”, et finalement aller, jusqu’au bout de la Terre. Cette histoire n’est pas linéaire, très loin de là, mais au bout du compte, c’est bien l’universalité de la famille humaine et l’unité du genre humain qui apparurent comme profondément en accord avec l’Évangile. C’est ce que le pape François ne cesse de rappeler et en cela, il est en parfait accord avec ses prédécesseurs.

Alors, quelle tristesse de voir les hiérarques catholiques, par la voix officielle de la Conférence des évêques, s’empêtrer dans des circonvolutions déshonorantes, en refusant de dire clairement que le vote frontiste n’est pas compatible avec le christianisme. Ils prennent là une lourde responsabilité qui contribue à rendre illisible l’image des catholiques et inaudible leur parole. Quelle que soit l’issue du scrutin, quelque chose aura irrémédiablement changé. De ce point de vue, Madame Le Pen a déjà gagné… une bataille. Du moins savons-nous où sont nos ennemis et s’il nous est demandé de les aimer, il ne nous est pas interdit de les combattre.

Christine Pedotti

 

Christine Pedotti est rédactrice en chef de “Témoignage Chrétien” et co-fondatrice de la Conférence des baptisé(e)s. Elle est à l’initiative d’une pétition appelant les Chrétiens à voter contre le Front national.

A la une #En France #NLH #NLQ

Les évêques sommés d’obéir à la république laïque, une et divisée

Il n’aura échappé à personne que la France se revendique laïque et tout le monde aura remarqué que les évêques sont priés de se mêler de leurs affaires et pas des affaires des autres, entendons des intérêts de la république laïque.

Oui mais, la cohérence du laïcardat a ses limites : son intérêt propre. Les catholiques en ont marre d’être les éternels rabroués de la bien-pensance. Ils ont joué leur dernière carte avec l’instable François Fillon qui s’apprêtait à les cocufier. Mais là trop c’est trop et les digues craquent de toutes part.

Les médias et les censeurs de la pensée unique n’ont donc plus qu’un recours : leur auto contradiction  et sommer les évêques de parler. Oui mais de parler comme eux, certainement pas de libérer leur parole. Pour faire bonne mesure, on leur rappelle Vichy, 2002 pour les inviter à se racheter une bonne conduite.

Système désespéré qui ne sait plus à quel saint se vouer. Pourtant s’ils avaient lu la déclaration des évêques dès le lendemain des élections, ils se rendraient compte que le positionnement de l’épiscopat, s’il n’appelle pas aussi franchement qu’en 2002 à faire barrage au Front National, reste tout de même très incliné vers le dauphin de François Hollande, le pourfendeur des principes chrétiens les plus élémentaires.

Pour le catholique entre la peste et le choléra il sera bien difficile de choisir. Pourtant, à la lumière des principes non négociables et du mieux possible, il n’y a pas beaucoup d’alternatives possibles, si on omet l’abstention.

Il suffit pour cela de relire la déclaration du Vatican sur les politiques et le respect de la vie, les appels de certains évêques français sur tout ce qui touche à la vie et les appels du pape François lui-même à défendre la Vie.

 

Asie #NLQ

Népal – Inquiétude des catholiques après l’incendie de la cathédrale et à l’approche des élections

Le 18 avril dernier, un incendie criminel a partiellement endommagé le presbytère de l’église de l’Assomption, à Katmandou, cathédrale du vicariat apostolique du Népal. Les dégâts ne sont que matériels mais, pour le curé de la cathédrale, le P. Ignatius Rai, l’incident « est choquant ; la communauté chrétienne s’estime menacée ».

L’incident s’est déroulé durant la nuit du 18 avril, deux jours après la célébration de Pâques. Selon le P. Rai, « un nombre inconnu » de personnes a tenté cette nuit-là de pénétrer dans la cathédrale, un vaste édifice moderne d’inspiration gothique et incorporant des éléments architecturaux hindous et bouddhistes. Ne parvenant pas à entrer dans le lieu de culte, ils ont incendié la porte ouest de la cathédrale, désormais partiellement endommagée, avant de chercher à faire effraction dans le presbytère, attenant à la cathédrale. Faute là encore de pénétrer dans les lieux, ils ont mis le feu à un véhicule et à deux motocyclettes garés dans un abri. « Nous étions douze à dormir au presbytère cette nuit-là. Nous avons dû faire appel aux pompiers pour éteindre le feu, qui a complètement détruit les véhicules », précise encore le P. Rai dans un mail.

Pas de revendication

La police a ouvert une enquête mais aucun élément probant n’a encore été trouvé ou communiqué. En 2009, la cathédrale, située à Lalitpur, dans la banlieue de Katmandou, avait déjà été la cible d’un acte terroriste. Le 23 mai de cette année, alors que le lieu de culte était plein pour l’office, une bombe avait fait deux morts et des blessés, et l’attentat avait été revendiqué par un groupuscule hindouiste, NDA (Nepal Defense Army), affirmant lutter pour la restauration d’un Etat hindou. Cette fois-ci, aucun tract ou aucun indice pouvant laisser penser à une revendication n’a été trouvé sur place.

« Nous sommes très inquiets. Etant donné que rien n’a été laissé [pour identifier les incendiaires], nous ne savons pas s’il s’agit d’une attaque à caractère personnel ou bien d’une action menée par une organisation ayant des visées politiques », explique le P. Silas Bogati, ancien curé de la cathédrale. La paroisse a publié un communiqué pour condamner l’acte malveillant et souligner que l’Eglise catholique au Népal «  est investie depuis plus de dix ans dans le travail social » et qu’elle continuera son œuvre «  en dépit des attaques la visant ».

L’incendie volontaire est intervenu quelques jours avant ce 25 avril, deuxième anniversaire du jour où un violent et meurtrier séisme a frappé le Népal. Le 25 avril 2015, un tremblement de terre de magnitude 7,8 faisait près de 9.000 morts, 22.000 blessés et de considérables dégâts matériels – dont beaucoup n’ont toujours pas été réparés depuis. Mais cet incendie survient surtout peu avant les élections locales, qui auront lieu en deux étapes, le 14 mai puis le 14 juin prochains, et qui seront suivies, si tout se déroule comme prévu, par des élections législatives le 22 janvier 2018.

Un contexte institutionnel et électoral fragile

Pour cette nation himalayenne de près de 30 millions d’habitants, ces élections locales sont un test crucial. Plus de 14 millions d’électeurs sont appelés à désigner quelque 36 000 élus locaux, au sein de 744 grandes circonscriptions. Les candidats se répartissent entre 79 partis politiques et, jusqu’à ce lundi 24 avril, les habitants des plaines du sud du pays, les Madhesis, qui représentent environ la moitié de la population du Népal, refusaient le système électoral choisi par Katmandou, y voyant une menace pour la protection de leurs droits et de leur identité. Un accord a finalement été trouvé ce 24 avril entre le gouvernement et le parti d’opposition Sadbhavana, qui réclame cependant des compensations pour cinq manifestants qui ont été tués au début de ce mois dans le sud-est du Népal.

Le scrutin du 14 mai, le premier du genre depuis près de vingt ans au Népal, marquera une étape cruciale dans la mise en place des institutions républicaines prévues par la Constitution qui a été finalement adoptée en 2015 à l’issue d’un douloureux processus. Des opérations électorales qui se dérouleraient dans le calme et l’ordre seraient le signe que la période d’instabilité ouverte en 1996 par dix années d’insurrection maoïste puis, en 2008, l’abolition de la monarchie, touche à sa fin.

Les institutions et la vie politique locales sont toutefois loin d’être stabilisées. Dans ce pays dont plus de 80 % des habitants sont hindous, des revendications fortes existent pour faire du pays une nation au caractère hindou affirmé. En avril 2016, le gouvernement a ainsi annoncé que Noël ne serait plus un jour férié. Un peu avant, en février, le Parlement avait lancé une consultation populaire à propos d’une future loi anti-conversion qui punirait de cinq ans de prison et de 50.000 roupies d’amende (415 euros) toute personne reconnue coupable d’avoir convertie une personne à autre religion ; les peines d’emprisonnement et le montant de l’amende encourues – qui représente plus de la moitié du revenu annuel moyen des Népalais, en 2014 (648 euros) – indiquent l’importance de l’enjeu des conversions, perçues comme une menace pour l’identité de cette ancienne monarchie hindoue. Aujourd’hui, ce projet de loi a été écarté et le gouvernement en place, dirigé par l’ancien leader maoïste Prachanda, tient à affirmer le caractère laïque des nouvelles institutions républicaines et fédérales, mais, au voisinage d’une Inde où la droite nationaliste hindoue est au pouvoir, des partis politiques népalais se plaisent à imaginer une République népalaise aux couleurs de l’hindouisme, pas forcément respectueuse de ses minorités religieuses.

Au Népal, où 81,3 % de la population est hindoue, les principales minorités religieuses sont constituées des bouddhistes (9 % de la population), des musulmans (4,4 % de la population), sunnites dans leur très grande majorité, et des chrétiens (1,41 %), dont 8 à 10 000 de catholiques (soit 0,03 %).
Les Eglises protestantes – essentiellement évangéliques et pentecôtistes – sont aujourd’hui présentes dans chacun des 75 districts du pays, même si le nombre de leurs fidèles est sujet à caution.

 

Source : Eglises d’Asie

Asie #NLQ

Indonésie – “Le principal perdant dans cette élection, c’est la diversité de ce pays”

Au lendemain des élections locales qui ont vu la défaite du gouverneur sortant à Djakarta, c’est l’éditorialiste du Jakarta Post qui l’affirme : après une campagne électorale de huit mois, qui a été « la plus sale »de l’histoire de la capitale indonésienne, « le principal perdant dans cette élection, c’est bien la diversité [ethnique et religieuse] de ce pays ». Un pays dont la devise nationale est Bhinneka Tunggal Ika, habituellement traduite par « L’unité dans la diversité » mais qui, en vieux javanais, signifie plutôt « (Bien que) divisée, elle est une ».

Dès que les résultats provisoires (les résultats définitifs seront prononcés le 5 mai prochain) ont été connus, le 19 avril, le vainqueur du second tour des élections pour le poste de gouverneur de Djakarta a tenu à apaiser le climat tendu d’une campagne marquée par la division et les tensions religieuses. « Notre attention porte sur la justice sociale et la fin des inégalités, et notre engagement est de protéger la diversité et l’unité », a ainsi affirmé Anies Badeswan, un ancien ministre de la Culture et de l’Education, qui se présentait contre Basuki Tjahaja Purnama, dit ‘Ahok’, le gouverneur sortant.

Une victoire aux dépens du pluralisme

Ahok était pourtant sorti en tête du premier tour, le 15 février dernier, avec 42,9 % des suffrages. L’avance sur son rival immédiat, Anies Baswedan, qui avait réuni 39,9 % des voix, était faible, mais les sondages laissaient entrevoir une possible victoire au second tour pour ce gouverneur proche du président de la République, Joko Widodo. Les sondages se sont lourdement trompés, Anies Baswedan et son co-listier remportant largement le scrutin avec plus de 57 % des suffrages.

Pour l’éditorialiste du Jakarta Post, l’utilisation à outrance d’une vidéo où le gouverneur sortant, un chrétien protestant d’origine chinoise, citait des versets du Coran afin de critiquer les radicaux qui instrumentalisent les sentiments religieux pour attaquer leurs opposants politiques, son exploitation lors d’un procès pour « blasphème », et la mobilisation des musulmans derrière des organisations radicales telles le Front des défenseurs de l’islam ont abouti à polariser l’élection sur la seule question de savoir s’il était permis à un musulman de voter pour un non-musulman. « A partir de là, les choses sont allées en empirant, écrit l’éditorialiste. Les musulmans ont commencé à soupçonner leurs voisins non musulmans. Les musulmans en sont même venus à se montrer suspicieux envers leurs coreligionnaires, à partir du moment où des affiches sont apparues appelant à ce que les partisans d’Ahok soient interdits de services funéraires conformes aux rites islamiques. » Après tout ce qui a été dit et tout ce qui a été fait, le verdict des urnes indique que désormais un candidat à une élection est jugé sur son appartenance religieuse plutôt que sur ce qu’il a fait ou propose de faire pour améliorer la vie des gens, déplore encore l’éditorialiste du principal quotidien anglophone de la capitale, qui ajoute que cette élection pourrait faire précédent et qu’il est à craindre que « dorénavant les hommes politiques jouent la carte de la religion et gagnent aux dépens du pluralisme ».

Parmi les chrétiens de la capitale, issus d’une minorité qui représente quelque 10 % de la population au niveau national, l’inquiétude le dispute à un certain fatalisme. Interrogé par l’agence Ucanews, Kevin Reiner Hidayat, 22 ans, catholique d’origine chinoise, déclare « ne pas pouvoir imaginer ce qu’il va arriver [aux Sino-Indonésiens] tant les radicaux qui ont soutenu Anies Baswedan ont multiplié les déclarations dirigées contre les Chinois ». Ayant elle aussi voté pour Ahok, une catholique, Retno Setyawati, 53 ans, se dit déçue de la défaite de son candidat, « un gouverneur qui avait su faire changer les choses concrètement pour le mieux dans la capitale ces quatre dernières années ». « Mais qu’est-ce que j’y peux ? Je dois bien accepter le verdict des urnes », ajoute-elle, tout en doutant que le nouveau gouverneur puisse faire aussi bien que le gouverneur sortant. « Je crains que [Anies Baswedan] ne prête trop l’oreille à ceux qui l’ont élu et que cela fasse le lit du radicalisme à Djakarta », précise-t-elle.

« Gouverneur, président »

A en juger par certaines réactions du côté du QG électoral d’Anies Baswedan, l’inquiétude pourrait gagner les Indonésiens d’origine chinoise ou appartenant à des minorités religieuses. « Aujourd’hui nous avons gagné les élections et nous avons battu un gouverneur chinois qui a longtemps été au pouvoir et qui ne nous a pas considérés en tant que musulmans. Désormais, nous serons plus en capacité de mettre en œuvre ce que nous voulons », affirmait ainsi devant les journalistes Mohammad Saleh, ancien officier de l’armée et leader autoproclamé d’une milice musulmane. «  Cela comprend donner la priorité aux Indonésiens sur les étrangers, y compris les Chinois. Pendant longtemps, ils nous ont dominés. Faisons en sorte maintenant de gagner les élections de 2019 », continuait ce militant.

De fait, après ces élections à Djakarta, où, par le passé, le poste de gouverneur a pu servir de marchepieds vers la présidence de la République, les partisans d’Anies Baswedan, une fois leur victoire acquise, ont rapidement entonné le slogan « Gouverneur, président ». Pour eux, la victoire de Baswedan doit être le prélude au succès, aux présidentielles de 2019, de Prabowo Subianto, ancien général et candidat battu aux présidentielles de 2014 par Joko Widodo.

Dans le discours qu’il a prononcé pour reconnaître sa défaite, Ahok, 50 ans, a appelé chacun à retourner au travail dans le calme. « Nous avons six mois avant l’inauguration du nouveau gouverneur [en octobre 2017] et nous allons finir notre travail. Nous espérons qu’à l’avenir tout le monde oubliera cette campagne électorale », a-t-il affirmé, en ajoutant qu’il comptait sur Anies Baswedan et son co-listier pour « poursuivre notre œuvre [au service des habitants de la capitale]  ». Ahok n’a pas pour autant annoncé son retrait de la vie politique : « A nos supporters, je dis que nous comprenons que vous êtes déçus, mais c’est ainsi parce que Dieu l’a décidé ainsi. En 2007, j’avais aussi perdu les élections et j’avais dit à mes soutiens : ‘Soyez patients, c’est la volonté de Dieu’. Et vous savez quoi ? En 2024, je peux redevenir gouverneur de Djakarta, on ne sait jamais ! »

Dans l’immédiat, le procès pour blasphème intenté contre Ahok a connu une nouvelle étape ce jeudi 20 avril. Les parties en présence devaient entendre le réquisitoire du ministère public. Estimant que les preuves étaient insuffisantes pour une condamnation au titre de la loi contre le blasphème (passible de cinq ans d’emprisonnement), le procureur a requis une peine de prison d’un an pour « harcèlement envers les oulémas » ; il a aussi demandé deux ans de « mise à l’épreuve », équivalent à une peine de sursis. Les avocats de la défense plaideront le 25 avril, avant un verdict attendu pour la mi-mai.

Source : Eglises d’Asie

Asie #NLQ

Indonésie – Défaite du candidat chrétien à l’élection de gouverneur de Djakarta

Alors qu’est encore en cours le décompte des bulletins de vote, toutes les projections effectuées sur la base des bureaux de vote ayant déjà remis leurs décomptes concernant le choix du nouveau gouverneur de Djakarta attribuent la victoire avec une large marge au candidat Anies Baswedan, ancien Ministre indonésien de l’Education. La commission électorale ne communiquera pas de résultats officiels avant le début du mois de mai, mais une large victoire se dessine pour lui. Sur la base de ces projections, le gouverneur sortant, Basuki “Ahok” Tjahaja Purnama, chrétien protestant d’origine chinoise, qui était pourtant arrivé en tête au premier tour de ces élections régionales malgré les campagnes de propagande sectaires déchaînées contre lui et le procès dans le cadre duquel il était inculpé pour présumé blasphème, aurait donc été vaincu.

Le ballottage a enregistré lui aussi l’hyperactivité de mouvements radicaux islamistes tels que le Tamasya Al-Maidah, qui avait appelé tous les indonésiens à se rendre à Djakarta pour « faire la garde » aux bureaux de vote au cours des opérations de vote. Pour éviter des formes d’intimidation physique ou psychologique des électeurs, la police avait interdit les rassemblements et mobilisations au cours du scrutin.
Mgr Ignatius Suharyo, archevêque de Djakarta, dans son message de Pâques, se référant au rendez-vous électoral n’avait pas cité explicitement les groupes religieux extrémistes mais, mentionnant certains responsables musulmans indonésiens, il avait répété que l’islam est, lui aussi, une religion de paix et qu’elle rejette la violence. L’archevêque avait invité la population à exercer son droit de vote avec sérénité, rappelant comme priorité la lutte contre la corruption et remerciant le gouvernement pour les efforts faits afin d’assurer un déroulement pacifique aux opérations de vote.
Des analystes catholiques indonésiens considèrent que le profil du nouveau gouverneur de Djakarta, éloigné des positions extrémistes, représente dans tous les cas une garantie et qu’il pourra contribuer à rasséréner le climat, laissant décanter les tensions sectaires qui ont caractérisé la campagne électorale.

Source : Agence Fides

Conférences/Formations

“2017 : la France à l’heure des choix, comment voter en conscience ?” Guillaume de Prémare à Vannes

Les Associations Familiales Catholiques (AFC) du Pays de Vannes accueilleront Guillaume de Prémare, Délégué Général d’ICHTUS pour éclairer nos consciences et nos intelligences à l’heure des choix,

Jeudi 30 mars à 20h45 – Maison diocésaine de Vannes

Il s’agit de prendre le temps d’une soirée, pour affronter la question de la conscience et de notre responsabilité civique à la lumière des enjeux du nouveau quinquennat qui s’annonce.

Voir ici l’entretien que nous avons publié avec Guillaume de Prémare : les catholiques peuvent/doivent-ils voter en conscience ?

Source

Asie #NLQ

Hongkong – l’Eglise catholique n’accordera pas d’état de grâce à Carrie Lam

Elle prendra ses fonctions le 1er juillet prochain, vingt ans jour pour jour après la rétrocession de Hongkong à la Chine. Elue ce 26 mars, Carrie Lam a vu son élection saluée par l’évêque catholique de Hongkong, le cardinal John Tong Hon. Dans une lettre datée du 28 mars, celui-ci lui a cependant dit ouvertement tout ce qu’il attendait de la nouvelle dirigeante.

Les félicitations d’usage sont bien là, le cardinal commence sa lettre à Carrie Lam par appeler sur elle « la paix et la joie du Seigneur » et lui faire part de ses « félicitations les plus sincères » pour son élection. Mais, passé ce paragraphe, l’évêque de Hongkong n’accorde à la nouvelle élue aucun état de grâce qui verrait l’Eglise locale attendre les premiers mois de pouvoir de la nouvelle dirigeante avant de se prononcer sur son action. A l’égard de l’ancienne secrétaire en chef de l’Administration hongkongaise, Mgr Tong lui exprime « les attentes » du diocèse de Hongkong quant à l’action à venir de la nouvelle Administration. Des attentes méthodiquement exprimées en quatre points.

Appel à « promouvoir le processus démocratique »

A la haute fonctionnaire de carrière qui a été désignée dimanche dernier chef de l’exécutif par 777 voix d’un collège électoral de 1 194 personnes, pour une ville qui compte 7,2 millions d’habitants, Mgr Tong rappelle que l’Eglise catholique « attache une grande importance à la signification des élections démocratiques dans le champ du politique ». Avec un art consommé de la litote, il poursuit en « observant que la base électorale utilisée pour la désignation du chef de l’exécutif est loin d’approcher une participation universelle [des citoyens] ». Il conclut en espérant que, dans le cours de son mandat de cinq ans, Carrie Lam pourra « promouvoir le processus démocratique » afin que les Hongkongais connaissent enfin le suffrage universel, une promesse inscrite dans la Loi fondamentale qui régit les institutions de Hongkong.

Le cardinal Tong continue en exprimant l’attachement constant du diocèse à servir les plus petits et les exclus au nom de « l’option préférentielle pour les pauvres » professée par l’Eglise. Jusqu’à ce jour, le diocèse a entretenu « une collaboration fructueuse et positive » avec le gouvernement local « pour le bien-être des Hongkongais ». Dans une société sous-tension du fait notamment d’un coût exorbitant du logement et d’une montée des inégalités de fortune, l’évêque promet que le diocèse ne se privera pas de critiquer, si besoin est, certaines politiques sociales et continuera à se comporter « en ami qui donne une juste exhortation » aux autorités en place.

Dans cette attention aux besoins de la société, l’évêque explique ensuite que le diocèse a toujours veillé à « être en communication » avec tous les secteurs de la société, y compris avec le gouvernement. Il formule « l’espoir » de continuer à développer « un dialogue efficace » avec la nouvelle Administration. Face à une société écartelée entre le contrôle politique de plus en plus étroit exercé par Pékin et le désir de démocratie et de libertés civiles d’une jeunesse largement hostile au régime chinois, l’évêque de Hongkong formule le souhait que la chef de l’exécutif « encourage une expression franche de vues » et « écoute toutes les voix ».

Protéger la liberté religieuse des Hongkongais

En quatrième et dernier point, le cardinal Tong dit son désir de voir le gouvernement local continuer, « comme cela a été le cas par le passé », de protéger la liberté religieuse des Hongkongais, leur liberté d’expression ainsi que le pluralisme dans la gestion des écoles. Si ce dernier point renvoie au bras de fer – perdu par le diocèse – relatif au mode de gestion des établissements privés sous contrat avec l’Etat, les deux autres points sont sensibles.

Certes, la liberté religieuse paraît être pleinement respectée aujourd’hui à Hongkong, mais la récente évocation d’une « Unité des Affaires religieuses » montre que rien n’est acquis en ce domaine. On se souvient qu’au début de ce mois, l’Eglise locale avait signifié sa ferme et résolue opposition à la proposition qui était inscrite dans le programme de Carrie Lam, à savoir instituer au sein du gouvernement de Hongkong une « Unité des Affaires religieuses », semblable au « Bureau des Affaires religieuses » en place à Pékin. Même si Carrie Lam avait promptement retiré cette proposition de sa plateforme électorale, l’Eglise y avait vu une tentative d’instaurer à Hongkong une gestion « à la chinoise » des affaires religieuses, perspective contre laquelle le diocèse avait immédiatement réagi.

Concernant la liberté d’expression, l’inquiétude est diffuse parmi la population de Hongkong, notamment depuis l’affaire des libraires-éditeurs hongkongais enlevés par la police chinoise. Enfin, Mgr Tong conclut par une dernière mise en garde à peine voilée : il demande au gouvernement de « respecter les valeurs de l’Eglise sur la famille et le mariage », manière de dire son opposition à toute tentative d’introduction du mariage homosexuel, comme on peut le voir actuellement à Taiwan.

Dans cette lettre d’à peine deux pages, l’évêque de Hongkong ne fait pas mention du fait que Carrie Lam est une catholique pratiquante. Certes, il appelle sur elle, sa famille, ses amis et ses collègues la bénédiction de Dieu, mais, à l’évidence, il s’adresse à elle au titre de ses responsabilités politiques, non au nom de son appartenance religieuse. De manière significative, le cardinal ne fait pas une seule fois mention dans sa lettre de la Chine ou de la formule « Un pays, deux systèmes », le compromis censé protéger l’autonomie de Hongkong par rapport à Pékin. Or, l’un des défis qui se posent à Carrie Lam est précisément de montrer aux Hongkongais qu’elle est capable de répondre aux attentes de la population (sur les plans de la justice sociale et de la démocratisation des institutions, notamment par l’élection du chef de l’exécutif au suffrage universel direct) tout en maintenant à distance raisonnable les velléités interventionnistes de Pékin dans les affaires hongkongaises.

A peine Carrie Lam élue, l’équipe encore actuellement aux commandes, dirigée par le très impopulaire CY Leung, lui a laissé un cadeau empoisonné. Lundi 27 mars, au lendemain de l’élection, la police a convoqué neuf des meneurs de « la révolte des parapluies » pour leur signifier leur inculpation dans leur rôle dans l’organisation d’Occupy Central with Love and Peace, ce sit-in de protestation citoyenne qui dura 79 jours à l’automne 2014. Inculpés pour « appel à la désobéissance civile », ils risquent jusqu’à sept ans de prison.

Source : Eglises d’Asie

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Benoît XVI – Que signifie liberté humaine ? Une bonne réflexion de période électorale

 C’est toujours une grande joie pour moi d’être dans mon séminaire, de voir les futurs prêtres de mon diocèse, d’être avec vous sous le signe de la Vierge de la Confiance. En nous aidant et en nous accompagnant, Elle nous donne réellement la certitude d’être toujours aidés par la grâce divine, et ainsi nous allons de l’avant !

 Voyons à présent ce que nous dit saint Paul avec ce texte :  “Vous avez été appelés à la liberté”. De tout temps, la liberté a été le grand rêve de l’humanité, dès le début, mais particulièrement à l’époque moderne. Nous savons que Luther s’est inspiré de ce texte de la Lettre aux Galates et il en a conclu que la Règle monastique, la hiérarchie et le magistère lui apparaissaient comme un lien d’esclavage dont il fallait se libérer. Par la suite, la période du Siècle des Lumières a été totalement guidée, pénétrée par ce désir de liberté, que l’on considérait avoir finalement atteint. Mais le marxisme s’est lui aussi présenté comme la voie vers la liberté.

 Nous nous demandons ce soir :  qu’est-ce que la liberté ? Comment pouvons-nous être libres ? Saint Paul nous aide à comprendre cette réalité compliquée qu’est la liberté en inscrivant ce concept dans un contexte de visions anthropologiques et théologiques fondamentales. Il dit :  “Que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair ; mais par la charité, mettez-vous au service les uns des autres”. Le Recteur nous a déjà dit que “chair” n’est pas le corps, mais “chair” – dans le langage de saint Paul – est l’expression du moi rendu absolu, qui veut être tout et prendre tout pour soi. Le moi absolu, qui ne dépend de rien ni de personne, semble posséder réellement, en définitive, la liberté. Je suis libre si je ne dépends de personne, si je peux faire tout ce que je veux. Mais ce moi rendu absolu est précisément “chair”, c’est-à-dire dégradation de l’homme ; il n’est pas une conquête de la liberté :  le libertinisme, ce n’est pas la liberté, mais plutôt l’échec de la liberté.

 Mais Paul ose proposer un paradoxe fort :  “Par la charité, mettez-vous au service” (en grec : douléuete) ; c’est-à-dire que la liberté se réalise paradoxalement à travers le service ; nous devenons libres, si nous devenons serviteurs les uns des autres. Et ainsi, Paul place tout le problème de la liberté sous la lumière de la vérité de l’homme. Se réduire à la chair, en s’élevant en apparence au rang de divinité – “Moi seul suis l’homme” – conduit au mensonge. Car en réalité, il n’en est pas ainsi :  l’homme n’est pas un absolu, comme si le moi pouvait s’isoler et se comporter selon sa propre volonté. Cela est contre la vérité de notre être. Notre vérité est que nous sommes avant tout des créatures, des créatures de Dieu et que nous vivons dans la relation avec le Créateur. Nous sommes des êtres relationnels. Ce n’est qu’en acceptant notre nature relationnelle que nous entrons dans la vérité, sinon nous tombons dans le mensonge et en lui, à la fin, nous nous détruisons.

 Nous sommes des créatures et donc dépendantes du Créateur. Au cours de la période du siècle des Lumières, en particulier l’athéisme, cela apparaissait comme une dépendance dont il fallait se libérer. Toutefois, en réalité, la dépendance fatale ne serait telle que si ce Dieu Créateur était un tyran, et non un Etre bon, uniquement s’il était comme le sont les tyrans humains. Si, au contraire, ce Créateur nous aime et que notre dépendance signifie être dans l’espace de son amour, dans ce cas, la dépendance signifie précisément liberté. De cette façon, en effet, nous sommes dans la charité du Créateur, nous sommes unis à Lui, à toute sa réalité, à tout son pouvoir. Cela est donc le premier point :  être créature signifie être aimés du Créateur, être dans cette relation d’amour qu’Il nous donne, avec laquelle il nous entoure. C’est de là que dérive avant tout notre vérité, qui est, dans le même temps, appelée à la charité.

 C’est pourquoi voir Dieu, s’orienter vers Dieu, connaître Dieu, connaître la volonté de Dieu, s’inscrire dans la volonté, c’est-à-dire dans l’amour de Dieu signifie entrer toujours plus dans l’espace de la vérité. Et ce chemin de la connaissance de Dieu, de la relation d’amour avec Dieu est l’aventure extraordinaire de notre vie chrétienne :  parce que dans le Christ, nous connaissons le visage de Dieu, le visage de Dieu qui nous aime jusqu’à la Croix, jusqu’au don de lui-même.

 Mais la nature relationnelle des créatures implique également un deuxième type de relation :  nous sommes en relation avec Dieu, mais ensemble, comme famille humaine, nous sommes également en relation l’un avec l’autre. En d’autres termes, la liberté humaine signifie, d’une part, être dans la joie et dans le vaste espace de l’amour de Dieu, mais elle implique également être un avec l’autre et pour l’autre. Il n’existe pas de liberté contre l’autre. Si je me rends absolu, je deviens l’ennemi de l’autre, nous ne pouvons plus coexister et toute la vie se fait cruauté, devient un échec. Seule une liberté partagée est une liberté humaine ; c’est en étant ensemble que nous pouvons entrer dans la symphonie de la liberté.

 Et cela est un autre point d’une grande importance :  ce n’est qu’en acceptant l’autre, en acceptant également la limitation apparente de ma liberté qui découle du respect pour celle de l’autre, ce n’est qu’en m’inscrivant dans ce réseau de dépendance qui fait de nous, en fin de compte, une unique famille, que je me mets en chemin vers la libération commune.

 Ici apparaît un élément très important :  quelle est la mesure du partage de la liberté ? Nous voyons que l’homme a besoin d’ordre, de droit, afin que puisse ainsi se réaliser sa liberté, qui est une liberté vécue en commun. Et comment pouvons-nous trouver cet ordre juste, dans lequel personne n’est opprimé, mais chacun peut apporter sa contribution pour former cette sorte de concert des libertés ? S’il n’existe pas de vérité commune sur l’homme telle qu’elle apparaît dans la vision de Dieu, seul demeure le positivisme et l’on a l’impression de quelque chose d’imposé même de manière violente. D’où cette rébellion contre l’ordre et le droit comme s’il s’agissait d’un esclavage.

 Mais si nous pouvons trouver l’ordre du Créateur dans notre nature, l’ordre de la vérité qui donne à chacun sa place, l’ordre et le droit peuvent être précisément des instruments de liberté contre l’esclavage de l’égoïsme. Se servir les uns les autres devient un instrument de la liberté et sur ce point, nous pourrions parler de toute une philosophie de la politique selon la Doctrine sociale de l’Eglise, qui nous aide à trouver cet ordre commun qui donne à chacun sa place dans la vie commune de l’humanité. La première réalité à respecter est donc la vérité :  la liberté contre la vérité n’est pas la liberté. Se servir l’un l’autre crée l’espace commun de la liberté.

Puis Paul poursuit en disant :  “Une seule formule contient toute la Loi en sa plénitude :  “tu aimeras ton prochain comme toi-même””. Derrière cette affirmation apparaît le mystère du Dieu incarné, apparaît le mystère du Christ qui dans sa vie, dans sa mort, dans sa résurrection, devient la loi vivante. Immédiatement, les premières paroles de notre lecture – “vous avez été appelés à la liberté” – font référence à ce mystère. Nous avons été appelés par l’Evangile, nous avons été appelés réellement dans le Baptême, dans la participation à la mort et à la résurrection du Christ, et de cette façon, nous sommes passés de la “chair”, de l’égoïsme, à la communion avec le Christ. Et ainsi, nous sommes dans la plénitude de la loi.

 Vous connaissez probablement tous les belles paroles de saint Augustin :  “Dilige et fac quod vis” – aime et fais ce que tu veux”. Ce que dit saint Augustin est la vérité, si nous avons bien compris le sens du terme “amour”. “Aime et fais ce que tu veux”, mais nous devons réellement être entrés dans la communion avec le Christ, nous être identifiés avec sa mort et sa résurrection, être unis à Lui dans la communion de son Corps. Dans la participation aux sacrements, dans l’écoute de la Parole de Dieu, la volonté divine, la Loi divine entre réellement dans notre volonté, notre volonté s’identifie avec la sienne, elles ne deviennent qu’une seule volonté et ainsi nous sommes réellement libres, nous pouvons réellement faire ce que nous voulons, car nous voulons avec le Christ, nous voulons dans la vérité et avec la vérité.

 Prions donc le Seigneur pour qu’il nous aide sur ce chemin commencé avec le Baptême, un chemin d’identification avec le Christ, qui se réalise toujours à nouveau dans l’Eucharistie. Dans la troisième prière eucharistique, nous disons :  “Dans le Christ, nous devenons un seul corps et un seul esprit”. C’est un moment dans lequel, à travers l’Eucharistie et à travers notre véritable participation au mystère de la mort et de la résurrection du Christ, nous devenons un seul esprit avec Lui, nous sommes dans cette identité de la volonté et ainsi, nous arrivons réellement à la liberté.

 Derrière ce terme – la loi s’est accomplie – derrière cette unique parole qui devient réalité dans la communion avec le Christ, apparaissent derrière le Seigneur toutes les figures des saints qui sont entrés dans cette communion avec le Christ, dans cette unité avec sa volonté. Et surtout apparaît la Vierge, dans son humilité, dans sa bonté, dans son amour. La Vierge nous donne cette confiance, nous prend par la main, nous guide, nous aide sur le chemin de l’union à la volonté de Dieu, comme Elle l’a été dès le premier moment et a exprimé cette union dans son “Fiat”.

 Et enfin, après ces belles choses, encore une fois dans la Lettre, il y a une évocation de la situation un peu triste de la communauté des Galates, lorsque Paul dit :  “Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous allez vous entre-détruire… Laissez-vous mener par l’Esprit”. Il me semble que dans cette communauté – qui n’était plus sur la voie de la communion avec le Christ, mais de la loi extérieure de la “chair” – ressortent naturellement également des polémiques et Paul dit :  “Vous devenez comme des bêtes sauvages, l’un mord l’autre”. Il évoque ainsi les polémiques qui naissent là où la foi dégénère en un intellectualisme et l’humilité est remplacée par l’arrogance d’être meilleur que l’autre.

 Nous voyons bien qu’aujourd’hui encore, il y a des cas semblables où, au lieu de s’insérer dans la communion avec le Christ, dans le Corps du Christ qui est l’Eglise, chacun veut être supérieur à l’autre et avec une arrogance intellectuelle, veut faire croire qu’il est meilleur. C’est ainsi que naissent les polémiques qui sont destructrices, que naît une caricature de l’Eglise qui devrait être une seule âme et un seul cœur.

 Dans cet avertissement de saint Paul, nous devons trouver aujourd’hui également un motif d’examen de conscience :  ne pas penser être supérieurs à l’autre, mais nous trouver dans l’humilité du Christ, nous trouver dans l’humilité de la Vierge, entrer dans l’obéissance de la foi. C’est précisément ainsi que s’ouvre réellement également à nous le grand espace de la vérité et de la liberté dans l’amour.

Benoit XVI, le 20 février 2009 – Rencontre avec les séminaristes du diocèse de Rome à l’occasion de la fête de la Fiducia. 

 

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Afrique non francophone #NLQ

Election au Kenya – La conférence épiscopale fait campagne contre les incitations à la haine

Garantir des informations crédibles et privées d’incitation à la haine afin de contribuer au déroulement pacifique des élections générales d’août prochain : tel est l’engagement pris par la Conférence épiscopale du Kenya au travers de ses Commissions Justice et Paix et pour les Communications sociales, en collaboration avec le réseau des radios catholiques.

Afin de définir la stratégie de communication, ainsi que l’indique la note parvenue à Fides, un séminaire de trois jours a eu lieu au Centre Emmaüs de Nairobi, auquel ont participé les membres des deux Commissions épiscopales, de Caritas Kenya et des différentes radio catholiques, qui ont ainsi pu se confronter avec un certain nombre d’experts.

L’un d’entre eux, Cyprian Nyamwamu, de la Future of Kenya Foundation, a souligné qu’il « faut faire face à des discours incitant à la haine, à des préjudices basés sur l’appartenance ethnique et de clan qui, probablement, susciteront des conflits dangereux et de possibles violences dans les comtés et même au niveau national ».

« La balkanisation ethnique de notre nation et la tendance à réduire les élections à un recensement ethnique doivent être bloquées par un groupe de kenyans courageux et responsables qui présentent des arguments différents basés sur les personnes » a-t-il ajouté.

 

La campagne de l’Eglise catholique en vue du déroulement d’élections crédibles et pacifiques débutera le 25 février à l’occasion de la présentation de la campagne de Carême.

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