Afrique non francophone #NLQ

Le respect de la vie humaine un des éléments vitaux en vue de la préservation de la paix- Lettre pastorale des évêques du Kenya

A l’approche des élections générales au Kenya (elles se tiendront le 8 août), les évêques du pays ont publié une lettre pastorale afin de rappeler les objectifs de ce scrutin, qui verra le renouvellement du président et du parlement.

« Nous vous rappelons, frères et sœurs, que les principes de la démocratie, le respect de la vie humaine et le respect réciproque ainsi que le rôle de la Commission électorale indépendante représentent des éléments vitaux en vue de la préservation de la paix avant, pendant et après les élections »

écrivent les prélats kenyans dans ce texte intitulé « Elections pacifiques et crédibles pour des responsables intègres » et transmis à l’agence Fides.

Les évêques exhortent en particulier les Kenyans à résister à la manipulation du tribalisme à des fins politiques, à rejeter la violence et les discours incitant à la haine et à choisir des responsables qui soient moralement intègres et qui défendent les valeurs de la vie et de la famille. L’élection présidentielle du 27 décembre 2007, qui avait opposé Mwaï Kibaki à Raila Odinga avait provoqué des émeutes tribales meurtrières. 1500 personnes avaient été tuées et 300 000 déplacées. Cette année, Raila Odinga sera de nouveau en lice, face au président sortant Uhuru Kenyatta.

Pas de résultats probants contre la corruption

Dans leur lettre pastorale, les évêques kenyans réaffirment par ailleurs ne pas vouloir donner de consignes de vote, mais expliquent vouloir seulement rappeler les critères sur la base desquels les électeurs pourront exercer leur libre choix. Il font par ailleurs remarquer que les catholiques sont présents au sein de tous les partis de l’échiquier politique.

La conférence épiscopale kenyane aborde aussi le fléeau de la corruption qui touche tout le pays et les différentes strates de la vie politique, déplorant qu’elle soit « devenue un lourd fardeau pour l’économie, la sécurité alimentaire, l’éducation, le secteur sanitaire, le gouvernement, la sécurité, l’emploi et l’accès aux besoins de base de la part d’une grande partie des kenyans ». Malgré quelques signes de bonne volonté de la part du gouvernement, les évêques regrettent que les institutions et la direction politique du pays soient trop faibles en matière de lutte contre la corruption.

Le Pape François s’était rendu dans le pays lors d’une tournée en Afrique, en novembre 2015.

 

Source Radio Vatican

NLQ #Tribunes et entretiens

Voter en conscience : entretien avec Guillaume de Prémare

17Afin de donner des pistes pour nous permettre de voter en conscience, Guillaume de Prémare revient sur la définition même du mot conscience avant de nous donner quelques critères.

A la une #Doctrine / Formation

Catholiques et électeurs – Des repères pour voter

A la veille des élections législatives, nous vous proposons à nouveau notre sélection d’articles fondamentaux et de tribunes pour discerner et voter en conscience. En ayant en tête que dans la complexité actuelle, notre agir est plus que jamais dans l’ordre du mieux possible, qui n’est pas relativisme.

(Article paru à la veille de l’élection présidentielle, mais les principes sont par nature indémodables.)

Depuis des années les choix électoraux qui se présentent aux catholiques relèvent davantage du mieux possible que de l’adhésion franche et massive. Exceptés quelques partis ou candidats marginaux, le plus souvent, il faut se perdre dans un labyrinthe parfois savamment conçu pour nous conduire en eaux de plus en plus troubles.

Le chevalier blanc n’existe pas sur notre échiquier de présidentiables. Nous pouvons donc être dans l’objection de conscience et refuser de voter, nous pouvons aussi être dans le moindre mal ou le mieux possible. Une nuance de taille plus qu’il n’y parait. Le moindre mal vise à limiter la casse, là où le mieux possible envisage le choix comme une étape en vue du Bien à atteindre.

InfoCatho n’entend nullement se prononcer sur tel ou tel candidat. Nous vous proposons, une série (non exhaustive) de réflexions, de positions, tant du magistère, que de penseurs ou d’acteurs de la vie publique et politique. Ces articles sont parus, au fil du temps sur notre site (avant le premier tour) et leur but est donner matière au discernement, en conscience, avec la grâce de l’Esprit-Saint.

Notre édito – Un long dimanche, de Pâques à l’isoloir. 

Magistère – Eglise – Déclaration du Saint-Siège ou des évêques

Benoît XVI et les principes non négociables

Benoît XVI – Fondamentalisme religieux et laïcité

Benoit XVI- L’avenir de l’Europe et la conscience

Benoît XVI – Que signifie la liberté humaine ?

Benoît XVI – La justice

Benoît XVI – On ne peut séparer l’éthique de l’économie

Pie XI– Divini redemptoris – Le communisme athée

Paul VI – Le partage se fait en fonction des besoins

Pape François – Migrants – L’accueil n’est pas à sens unique

Pape François – Mettre un terme aux causes de la migration forcée

Pape François – Recentrer les entreprises sur la dignité humaine

Pape François  invite à la prudence dans l’accueil des réfugiés

Peut-on être chrétien et Franc-maçon ?

Note doctrinale de la congrégation pour la foi – La laïcité n’est pas indépendance de la morale.

ONU – Saint-Siège – Le « respect de la vie » doit « guider » les politiques

Populorum Progressio en quelques mots – Sur la dignité de tout homme

Conseils de Mgr Lebrun avant le vote

Mgr Rey – Conseils pour discerner avant de voter

Elections présidentielles, pour Mgr Scherrer il y a des critères décisifs que les catholiques ne peuvent ignorer

Mgr. Giampaolo Crepaldi, quatre critères pour orienter les politiques migratoires

Card. Turkson – Sans liberté religieuse, il ne peut y avoir de développement humain

Cardinal Turkson – « L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet »

Cardinal Tauran sur l’Islam

Tribunes libres

Principes fondamentaux

Bertrand Vergely – L’euthanasie

Gregor Puppinck – La question primordiale ne porte pas sur la liberté individuelle mais sur la valeur de chaque vie humaine

Gregor Puppinck – Trois clés pour comprendre l’objection de conscience

ECLJ- La charia est-elle compatible avec les droits de l’Homme ?

Guillaume de Prémare – Voter en conscience est-ce possible ?

Père Simon Noël – Miséricorde, mollesse et avortement

Cyril Brun – Le respect de la vie est-il un droit  ?

Cyril Brun – Le travail est fait pour l’homme et non l’inverse

Cyril Brun – La dignité de l’homme couvre tout l’homme

Cyril Brun – Solidarité ou charité ?

Cyril Brun – Liberté-égalité-fraternité, jamais l’un sans l’autre ?

Cyril Brun – Catho en politique gagner des âmes et non des voix

Cyril Brun – Catholiques et politique – les raisons de nos impasses

Cyril Brun – Les cocus du Trocadéro

Cyril Brun – La vie n’est pas un débat

Samuel Laffont – Le revenu universel

François-Xabier Bellamy – Le problème de l’école, une question de sens

Guillaume de Thieulloy – Catholique identitaire donc illégitime ?

Jean Guitton – NI progressiste, ni réactionnaire, juste catholique

 Euthanasie et athéisme, une régression sans précédent

Economie –

Considérer l’homme comme une personne dans l’entreprise est-ce possible ?

La destination Universelle des biens

Pierre de Lauzun – Un bon marché cela peut-il exister ?

Pierre de Lauzun – Nous avons les moyens de réformer l’économie

Cyril Brun – Le faux problème du travail dominical

Le revenu universel une utopie ?

Migrants –

Le statut de l’étranger dans la Bible

Immigration et charité chrétienne – En accueillir moins, pour accueillir mieux

Cyril Brun – Immigration versus identité

Réflexion d’un chrétien sur le devoir d’hospitalité des migrants

Des chrétiens opposés à l’installation des migrants s’expliquent

Droit à demeurer dans son propre pays

Brèves et points de vue politiques

Sens Commun au gouvernement Fillon ?

François-Xavier Bellamy – Fillon et la culture

Famille-jeunesse- éducation les grands absents de la présidentielle.

15 ans d’euthanasie en Belgique – Bilan et dommages collatéraux

Guillaume de Thieulloy – le populisme chrétien, clef de la victoire de Fillon ?

Cyril Brun – Je crains que l’élection de François Fillon ne nous rendorme

Denis Sureau – Anti-libéral, donc contre la sécu

Fillon, Chrétien décomplexé ?

Ludovine de la Rochère – Le programme de Fillon sur la famille n’est pas à a hauteur

Cyril Brun – Chrétiens de gauche, paresseux ?

Pour une nouvelle politique familiale

François Fillon publie douze mesures en faveur des chrétiens d’Orient

François Fillon favorable à la recherche sur l’embryon – Schizophrénie ou électoralisme ?

Georgina Dufoix « Prier pour François Fillon c’est lutter conte l’esprit du monde »

Délit d’entrave IVG – François Fillon confirme l’abrogation du délit d’entrave numérique s’il est élu

François Fillon est-il si clair sur les droits de l’enfant ?

Catholiques pour Fillon, juifs pour Sarkozy, musulmans pour Juppé

Quand le FN juge Fillon à l’opposé de la doctrine sociale de l’Eglise

Délit d’entrave numérique, l’absence remarquée de François Fillon

Que pensent Fillon et Juppé sur l’éducation ?

PMA-GPA-Adoption que pensent Fillon et Juppé exactement ?

Entre Juppé et Fillon il y aurait la Famille

Les autres réseaux cathos de Fillon

Fillon, Sens Commun et la théorie du genre

La primaire pour tous – Analyse des positions d’un candidat : François Fillon et l’Europe

Pour François Fillon, il n’y a pas de communautarisme catholique qui menace la république.

La France doit prendre la tête d’un combat européen contre la GPA pour François Fillon

Catho, l’indésirable de la campagne 2017

Emmanuel Macron et l’éducation, une synthèse difficile

Xavier Lemoine, un indice du poids catholique ?

Infographie religieuse du vote de la Primaire

Primaire, la Fondation de service politique note les candidats

2017, lancement du baromètre BIOpolitique d’Alliance Vita

Pour Marine Le Pen , l’IVG est secondaire et la loi Taubira doit devenir une union civile

 Que répondre aux jeunes soutiens de Mélanchon et Hamon qui se revendiquent catholiques ?

 Fondation Abbé Pierre – Zéro SDF en deux quinquennats c’est possible

 

 

 

Doctrine / Formation #NLQ

Vote catholiquement correct ? 3mn36 pour comprendre le vote en conscience

Qu’est-ce que le vote en conscience ? Y a-t-il un vote “catholiquement correct” ? Ichtus vous propose son éclairage, en 3mn36 :

A la une #NLH #NLQ #Points non négociables PNN

Elections – Rappel des 7 points non négociables pour un vote en conscience

A la veille de ce premier tours des élections législatives, où une fois n’est pas coutume, les catholiques devront souvent voter pour le mieux possible et particulièrement au second tour avec l’élimination probable de la plupart des candidats proches des fondamentaux évangéliques, il n’est pas inutile de rappeler de manière cursive les 7 points non négociables donnés par le cardinal Ratzinger et toujours aussi non négociables.

Vous pourrez les retrouver en intégralité dans la  Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique

Par ordre d’apparition dans ce texte ces principes pour mémoire sont les suivants :

1/ le caractère intangible de la vie humaine

2/ la promotion de la famille, fondée sur le mariage de deux personnes de sexe différent et la filiation biologique

3/ la liberté d’éducation et le rôle premier des parents

4/ le refus des formes modernes d’esclavage (telles que la drogue…)

5/ la liberté religieuse

6/ une économie au service de l’homme

7/ la recherche de la paix.

Vous en trouverez une étude approfondie ici

Le tout étant à ordonner dans l’ordre du mieux possible compte tenu de la conjoncture actuelle. Mais mieux possible n’est pas relativisme, comme nous le disions dans notre édito lors du second tour de la présidentielle.

Source

Europe non francophone #NLQ

Elections au Royaume-Uni – Une lettre des évêques lues dans toutes les paroisses dimanche

Les évêques anglais appellent à ne pas oublier les pauvres, à revoir le système carcéral, à défendre la vie, à réfléchir à l’après-Brexit. A l’occasion des élections législatives anticipées qui se tiendront le 8 juin au Royaume-Uni, dans un message qui sera lu dimanche 21 mai dans toutes les 2566 paroisses catholiques des 22 diocèses du pays, les prélats d’Angleterre et du Pays de Galles proposent une liste de questions que les fidèles pourront poser aux candidats pour connaitre leurs positions sur des thèmes importants pour les catholiques. «  Votre vote est une question de conscience  » ont interpelé les évêques.

S’interroger sur la prise en compte des pauvres

Parmi les thèmes évoqués, les évêques abordent la préoccupation quant au sort des pauvres et des vulnérables. « Comment les candidats s’engagent-ils à protéger les indigents et à relancer le développement international ? » interrogent-ils.

Réfléchir aux conséquences du Brexit

Ils invitent aussi à réfléchir sur le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, dont la procédure a été lancée fin mars. Ils évoquent notamment le futur incertain pour les « trois millions de citoyens de l’UE qui vivent au Royaume-Uni et autour d’un million de Britanniques qui vivent ailleurs ». Ils soulignent ainsi l’importance de protéger les droits dans le cadre du travail, de l’environnement et du développement des pays les plus pauvres.

Défense de la vie, réforme carcérale, écoles catholiques

D’autres questions à poser aux candidats concernent la défense de la vie, de sa conception à la mort naturelle, notamment en référence à la loi qui empêche la légalisation du suicide assisté. Concernant la question des prisons, ils appellent à une réforme carcérale afin que les candidats n’oublient pas que « dans une société civile, les prisons devraient être des lieux de rédemption et de réhabilitation ». Les dernières demandent se penchent sur l’importance des écoles catholiques qui « contribuent positivement à la société et offrent leur service à près de 845.000 enfants » du pays. L’Église appelle donc à la liberté des parents de choisir le type d’éducation à offrir à leurs enfants.

Accueillir les migrants

Sur la question migratoire, les évêques britanniques exhortent aussi à « accueillir les migrants selon une politique claire et égalitaire pour tous ceux qui veulent entrer et travailler au Royaume-Uni  ». Un appel lancé aussi en faveur des réfugiés et demandeurs d’asile, notamment syriens. «  Les candidats travaillent-ils à garantir cet accueil, et à promouvoir une société qui combat les crimes de haine  ? » interrogent-ils. Cela passe aussi par la promotion d’un espace de liberté religieuse et de croyance, pour protéger les minorités, y compris chrétiennes.

Combattre les nouvelles formes d’esclavage

Le texte se conclut sur un appel fort à lutter contre les formes modernes d’esclavage « graves violations de la dignité humaine  » qui requiert une lutte serrée accompagnée d’une assistance aux victimes. « Le Royaume-Uni a une longue tradition de générosité et de justice  », rappellent enfin les évêques.

 

Source

Tribunes et entretiens

Le vote blanc des catholiques

L’explosion du vote blanc lors du second tour de la présidentielle est la principale leçon de ce scrutin : il a été multiplié par plus de quatre entre les deux tours et a pulvérisé le précédent record de 1969 (6,4 %) pour atteindre 11,5 %. Parmi ces bulletins, le choix de nombreux catholiques qui, contrairement aux chiffres annoncés, ont donc moins voté pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen que l’ensemble des Français.

Le sondage IFOP/Pèlerin sur le vote des catholiques pratiquants réguliers au second tour donne 71 % à Macron et 28 % à Le Pen. Dans la mesure où le vote blanc, qui n’a jamais été aussi élevé lors de ce scrutin sous la Ve République (11,50 %), n’est pas indiqué, cette répartition ne paraît ni juste ni honnête, surtout si l’on considère que l’électorat catholique était particulièrement fondé à ne pas se retrouver dans l’offre politique de ce deuxième tour.

D’après des estimations toutes personnelles, sur la base des enquêtes IFOP et Harris Interactive sur le vote catholique et sur les intentions de vote au second tour de l’électorat Fillon et Mélenchon, la répartition du vote catholique pratiquant régulier au second tour serait :
– Macron = 59,90 % (au lieu de 71 %)
– Le Pen = 23,87 % (au lieu de 28 %)
– blancs/nuls = 16,22 %

Cette estimation prend pour hypothèse que l’intention de vote blanc connue sur l’ensemble de ces électorats s’appliquerait aux catholiques dans les mêmes proportions, ce qui n’est pas évident : il peut être le même, ou plus ou moins prononcé.

Chez l’électorat Fillon, un quart des électeurs comptait voter blanc ; chez celui de Mélenchon, 36 % (et 29 % d’abstention).

Cette estimation ne prend pas non plus en compte les votes des « petits candidats » dont le volume est marginal, mais dont la totalité pourrait être significative si elle a fait un choix homogène en faveur du vote blanc ou nul.

Pour mémoire, le nombre total de votes blancs s’élève à 3.020.000, et celui des votes nuls à 1.050.000, soit 11,47 % des suffrages exprimés.

Conclusion certaine : le vote blanc « catholique » a été particulièrement élevé. Et en tout état de cause, les catholiques pratiquants réguliers ont moins voté pour Macron et Le Pen que l’ensemble des Français.

Philippe de Saint-Germain

 Source Boulevard Voltaire

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

Elections et maintenant – Préparer une génération d’élus – Padre Blog

Monsieur Macron a été élu président de la République ce dimanche. La campagne électorale laisse une France épuisée, déchirée et profondément fracturée. L’enthousiasme est réel chez certains ; la colère, la déception, l’inquiétude, le ressentiment sont grands chez beaucoup, à droite comme à gauche.

Nous avons volontairement fait le choix, avant le premier tour comme avant le second, de garder le silence et de ne donner aucune consigne de vote, suivant en cela l’avis plein de sagesse de Mgr Pontier, président de la Conférence des Evêques de France. L’Eglise propose des critères de discernement, elle interpelle et éclaire les consciences – et elle continuera de le faire – mais elle n’infantilise pas les fidèles en choisissant pour eux le bulletin de vote qu’ils doivent glisser dans l’urne. La conscience a besoin d’être éclairée, elle a le droit de ne pas être forcée. Que pouvons-nous dire et rappeler maintenant, pour continuer d’éclairer les consciences ?

Ce président est désormais le nôtre

L’autorité – dès lors qu’elle est légitime – doit être reconnue par tous. La fonction dépasse la personne. Depuis les premiers siècles, l’Eglise invite les fidèles à prier pour ceux qui gouvernent, quels qu’ils soient. Certains n’auront pas de mal, ayant voté pour Emmanuel Macron et persuadés qu’il est l’homme de la situation. Ce sera plus difficile pour les autres, ceux qui n’ont pas voté pour lui et qui ont été blessés par ce qu’ils ont pu entendre pendant la campagne. Le débat des idées ne doit cependant  jamais devenir un combat contre les personnes.

Monsieur Macron est désormais président de la République, chef de nos armées et, par sa fonction, incarne notre pays. On peut souhaiter pour le bien de la France – quelles que soient nos opinions – que la fonction élève l’homme et que celui-ci se montre à la hauteur d’une mission qui dépasse les clivages partisans. Il n’est plus l’homme d’un mouvement, il devra se montrer le président de tous.

Il faut redonner tout son éclat et son autorité à la fonction présidentielle, au service du bien commun et non d’intérêts particuliers, d’idéologies destructrices ou de revendications communautaristes. Aux yeux de beaucoup, chrétiens ou non, le précédent quinquennat aura divisé les français et fragilisé le pays. Emmanuel Macron a évoqué à plusieurs reprises sa volonté de réconcilier ses compatriotes : nous l’attendons en particulier sur ce point, tant notre pays a besoin d’être rassemblé face aux crises qu’il affronte. Certaines influences dans son entourage et certains points de son programme nous inquiètent. A lui de nous rassurer, s’il veut rassembler.

Restons des veilleurs, devenons des bâtisseurs

La mission des chrétiens – des clercs et des fidèles, chacun selon sa vocation – peut se résumer en deux aspects : veilleurs et bâtisseurs.

Nous continuerons à veiller, c’est-à-dire à chercher à  éclairer les consciences en partageant et en vivant concrètement la Parole que nous avons reçue.

Nous sommes appelés à rendre témoignage à la Vérité dans une société marquée par le relativisme. Dire humblement, mais clairement et courageusement, la vérité sur tout ce qui atteint la dignité de la personne humaine et en particulier celle du plus fragile : le chômeur, le réfugié, la personne handicapée, mais aussi l’embryon ou la personne en fin de vie… Nous continuerons à dénoncer tout ce qui contredit à nos yeux le bien commun véritable, même si cela ne nous touche pas forcément dans notre quotidien immédiat. Il nous faudra travailler encore plus pour expliquer ce qui n’est plus évident pour tous. Le champ culturel est immense ; il est même premier.

S’il nous faut dénoncer les atteintes au bien commun, il nous faut aussi et d’abord construire, à moins de perdre toute crédibilité. Avec la même liberté intérieure, nous aurons à cœur d’encourager et de soutenir ce qui va dans le bon sens. Le bien n’a pas d’étiquette partisane. Si une mesure est bonne pour la société, il faut la soutenir, quelle que soit la couleur politique de celui ou celle qui la propose.

Il nous faut bâtir. Il y a là un vrai travail pour nous, chrétiens : comment proposer, là où nous sommes engagés, des solutions concrètes pour faire progresser les choses ? Des solutions inspirées de nos convictions, mais dont tous les hommes et les femmes de bonne volonté peuvent se saisir ? Des solutions à mettre en œuvre au niveau local, dans les régions, les départements, les villes ? Les chrétiens doivent prouver qu’ils ne sont pas seulement des prophètes ou des témoins, mais aussi des bâtisseurs bien enracinés dans le réel et capables d’incarner leur idéal pour permettre un mieux possible. Le pape François nous l’a rappelé avec force : nous ne pouvons pas nous contenter d’être des commentateurs de l’histoire, il nous faut participer à faire l’histoire. Et cela vaut pour l’histoire des cinq années qui viennent, mais aussi les suivantes !

Préparer une nouvelle génération d’élus

Dans cette campagne, beaucoup auront déçu. De cette campagne, beaucoup sortiront déçus, avec l’impression que la France n’a pas eu le débat de fond qu’elle méritait et dont elle avait besoin…

« Le démon de mon coeur s’appelle – A quoi bon ? », écrivait Georges Bernanos (Les grands cimetières sous la lune, 1938). Ce démon est puissant, surtout auprès de ceux qui sortent le coeur triste ou mitigé de cette campagne. Beaucoup se sont engagés avec passion et générosité et finissent amers, déçus ou pleins de colère et de ressentiment contre tel camp, contre « le système », « les médias », « la politique ». D’autres – heureux de la victoire de leur candidat – pressentent en même temps la gravité des enjeux qui attendent notre pays.

Dans tous les cas, il semble que cette campagne aura rappelé aux catholiques la nécessité de construire une nouvelle génération d’élus, et donc de s’inscrire dans le temps long, sans se désintéresser pour autant des rendez-vous plus immédiats (comme celui des législatives par exemple). Ce qui s’est peu à peu défait ces cinquante dernières années, ne pourra être rebâti qu’en acceptant d’y mettre autant de temps. L’erreur est de tout attendre, de trop attendre, tout et tout de suite, de nos responsables politiques d’aujourd’hui. Il nous faut accepter d’apporter notre effort à la refondation dont nous avons besoin. Ce n’est pas forcément d’abord une question de structures. Mais c’est surtout une nouvelle génération, plus libre, plus enracinée, mieux formée, qu’il faut préparer aux responsabilités et faire se lever. Déjà dans les villes, les régions, les départements, de nouveaux visages sont arrivés. Demain à l’Assemblée, de nouvelles figures vont émerger. Sans jamais se décourager, que les catholiques se remettent au travail, là où leur conscience les appelle à s’engager. Ne perdons pas de temps à nous invectiver ou à cultiver nos rancœurs. « Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment » rappelle saint Paul. Ces derniers mois auront été riches en enseignements. Nous restons attendus. Sur le terrain politique mais aussi sur celui de la culture, de l’éducation, de l’économie, du social, de l’écologie…

Ce pays nous est confié, rien nous fera renoncer à vouloir le servir. « Malgré fatigue et contradictions » comme le dit la belle prière des Routiers-scouts, la vie est belle même si elle est parfois rude et vaut la peine quand elle est donnée et engagée !

 

Les Padre+

Source Padre Blog

A la une #En France #NLQ

Aurore Bergé face à J-F Poisson, ces élections sont un combat de civilisation

Passons sur l’opportunisme d’Aurore Bergé qui s’est affichée avec tous les vainqueurs des dernières élections. Un opportunisme qu’elle met au service de son combat très engagé pour une nouvelle civilisation LGBT, gender et autre lutte anti vie, anti famille.

À ceux qui en doutaient lors des présidentielles, ces élections sont bien un combat de civilisation. Fait-on signe plus fort de la part du nouveau président en quête de majorité que de présenter cette égérie du monde nouveau face à Jean-Frédéric Poisson candidat symbole d’une anthropologie chrétienne ?

Ne nous y trompons pas, Aurore Bergé face à Jean-Frédéric Poisson ce n’est ni plus, ni moins que la reprise à son compte par Emmanuel Macron, non seulement de la civilisation Taubira, mais aussi de sa méthode frontale et violente.

Asie #NLQ

“Moon propose un changement total de politique pour la Corée” : interview de Mgr Dupont, missionnaire en Corée

Le 9 mai dernier, les Sud-Coréens ont élu leur président de la République. A l’issue d’un scrutin au suffrage universel à un tour, c’est le candidat du Parti démocrate, Moon Jae-in, 64 ans, qui est sorti largement vainqueur avec 41 % des suffrages, contre 24 % à son adversaire immédiat, le conservateur Hong Jun-pyo. Le taux de participation, de 77 %, est le plus élevé depuis 20 ans. Le lendemain, il prêtait serment à l’Assemblée nationale.

Moon Jae-in a remporté ces élections anticipées de quelques mois par rapport au calendrier normal du fait de la destitution de Mme Park Geun-hye en février dernier et de son incarcération pour « trafic d’influence ». Pour analyser la portée de l’élection de Moon Jae-in, un catholique, à la présidence de la république sud-coréenne, Eglises d’Asie a interrogé Mgr René Dupont, missionnaire présent en Corée depuis plus de soixante ans.

Ordonné prêtre pour les Missions Etrangères de Paris (MEP) le 29 juin 1953, René Dupont part pour la Corée le 27 octobre 1954. Vicaire de la cathédrale de Daejeon de 1955 à 1967, supérieur régional des MEP en Corée pendant un an, il devient évêque d’Andong en 1969 et dirige ce diocèse pendant vingt ans. Il démissionne en 1990 et occupe à nouveau la position de supérieur régional de 1995 à 2003. Mgr Dupont vit toujours dans le diocèse d’Andong.
Eglises d’Asie : Pouvez-vous nous présenter Moon Jae-in, le nouveau président de la République, qui a prêté serment le 10 mai ?

Mgr René Dupont : Moon Jae-in est issu d’une famille originaire de Corée du Nord : ses parents ont dû fuir au moment de la guerre de Corée [1950-1953]. Réfugié au Sud, Moon a vécu très humblement dans sa jeunesse.

Sur la scène politique, Moon n’est pas un inconnu : c’est un proche de l’ancien président Roh Moo-hyun [2003-2008] et, lors des dernières élections présidentielles, il s’était déjà présenté et avait été battu par Mme Park Geun-hye.

Il est perçu comme ayant une personnalité honnête et il a mené une campagne très claire. En faveur de l’emploi des jeunes, qui constitue une de ses priorités : c’est un problème important car tous les jeunes Coréens ou presque font des études universitaires mais ils ne trouvent pas nécessairement de travail. Et, surtout, en faveur d’une politique de dialogue avec la Corée du Nord. Pendant la campagne, il a osé dire que le futur président devrait savoir dire « non » aux Américains pour l’installation de boucliers anti-missiles sur la péninsule [le système THAAD en cours de déploiement dans le pays]. Il est donc manifestement et résolument de gauche, en faveur d’une politique de dialogue avec le Nord.

Le président Moon est classé à « gauche » ou au « centre-gauche ». A quoi correspond le clivage droite-gauche en Corée du Sud ?

Le clivage droite-gauche coréen diffère de l’interprétation française : il se situe autour de la question des relations avec la Corée du Nord. La droite entend mener une politique de fermeté vis-à-vis de la Corée du Nord tandis que la gauche, elle, est favorable à un dialogue avec Pyongyang. Rappelons que, depuis l’armistice de 1953, aucun traité de paix n’a été signé entre Pyongyang et Séoul.

Pendant la campagne électorale, les candidats de droite ont reproché aux candidats de gauche de « collaborer » avec le Nord, tandis que ceux de gauche ont critiqué la politique menée par la droite, qui a conduit les relations avec Pyongyang dans une impasse. Mais cette campagne a été très décevante, assez lamentable même. Les débats télévisés ont été épouvantables, parasités par des affaires de népotisme et de mœurs.

Ces quarante dernières années, droite et gauche ont alterné au pouvoir. Le dictateur Park, au pouvoir de 1961 à 1979, et ses successeurs étaient profondément opposés à la Corée du Nord. Lorsque la gauche a pris le pouvoir, dans les années 2000, un dialogue a été mené avec Pyongyang. Il y a eu des rencontres, des projets communs, on a même créé une zone de production industrielle en Corée du Nord, à Kaesong, grâce à des fonds provenant de Corée de Sud. Puis la droite est revenue au pouvoir, de 2008 à 2017. Désormais, la gauche va proposer de renouer un dialogue avec Pyongyang.

Après avoir prêté serment, le président Moon a d’ailleurs indiqué être prêt à se rendre à Washington, à Pékin, à Tokyo… et à Pyongyang. Moon propose un changement total de politique pour la Corée.

Pour autant, Séoul ne va pas négliger son allié américain : Moon a déjà été invité par le président Trump et il est probable qu’il se rendra rapidement aux Etats-Unis.

Comment la Corée du Nord a-t-elle réagi à l’élection du président Moon ?

Son élection est une occasion pour Pyongyang de sortir de son isolement, mais la Corée du Nord n’a pour l’instant pas encore réagi à son élection.

Le président Moon est catholique. Les catholiques occupent-ils une place singulière dans la vie politique du pays ?

Baptisé en troisième année de cours élémentaire, vers l’âge de 10 ans, Moon est un catholique pratiquant : il porte une bague, avec des petits crans. En réalité, c’est un dizainier, discret. Son programme témoigne de ses convictions : il est en faveur de l’abolition de la peine de mort, et opposé à l’euthanasie.

En Corée, les catholiques sont très engagés en politique. On en trouve dans différents partis, dans tous les partis. Les catholiques se préoccupent du bien commun.

Lors de ces élections, 77 % des Coréens ont pris part au vote : je pense que la participation des chrétiens, et de des catholiques en particulier, est encore plus importante. L’engagement des catholiques est tel que parmi les 300 membres que compte la Chambre, 20 % sont catholiques. La Corée compte six présidents de la République depuis l’élection du premier président civil en 1992 : quatre d’entre eux sont catholiques et deux sont protestants. Si Roh Moo-hyun et Park Geun-hye ne sont pas pratiquants, Kim Dae-jung et Moon Jae-in, eux, sont des catholiques pratiquants. Pourtant, les catholiques ne représentent que 10 % de la population dans la péninsule. C’est assez notable pour être souligné !

En France, il a été reproché à la Conférence des évêques de France de ne pas avoir pris position pendant l’entre-deux-tours des élections présidentielles. Qu’en est-il en Corée ?

La Conférence des évêques catholiques de Corée (CBCK) n’a pas donné de consigne de vote. Pendant la campagne, le président de la CBCK a envoyé un questionnaire pour poser des questions sur les programmes des candidats. Ce document était assez mal bâti et les deux candidats catholiques, Moon Jae-in et Sim Sang-jung, du Parti de la justice, sont les seuls à avoir répondu ; les autres candidats n’ont pas jugé nécessaire de répondre. Ce questionnaire a été publié dans la presse catholique, mais n’a pas non plus fait l’objet d’une diffusion particulière.

Après la publication des résultats, le président de la CBCK a transmis ses félicitations au président élu. Les représentants des différentes religions ont fait parvenir leurs félicitations au président élu. Ici, les différents cultes entretiennent de bonnes relations avec les autorités. Faire parvenir ses félicitations constitue une marque de sympathie.

Vous qui vivez en Corée depuis soixante ans, que pensez-vous des résultats de cette élection ?

Je pense que les résultats de cette élection sont positifs. Ces dix dernières années, aucun dialogue avec la Corée du Nord n’a été engagé. Maintenant, il existe une volonté de nouer, de renouer un dialogue.

Source : Eglises d’Asie