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Le Pape François déplore que le Moyen-Orient soit devenu une terre d’émigration

À l’invitation du Pape François, la quasi-totalité des patriarches des Églises orientales, orthodoxes comme catholiques, ainsi que des représentants du protestantisme se sont retrouvés ce samedi 7 juillet à Bari pour une journée de prière et de réflexion pour le Moyen-Orient.

Arrivé à Bari en hélicoptère en début de matinée, le Pape François a accueilli, un à un, les patriarches à l’entrée de la basilique Saint-Nicolas. Il est ensuite descendu avec eux dans la crypte pour vénérer les reliques du saint du IVème siècle, un pont entre l’Orient et l’Occident. Chaque année, des dizaines de milliers de pèlerins, aussi bien catholiques qu’orthodoxes, prient sur ses reliques.

Saint Nicolas représente un pont entre Orient et Occident pour une Église qui en a besoin et qui compte sur la prière pour ramener de l’espérance et de la paix dans une région encore déchiré par les armes. Le cardinal Sandri préfet de la Congrégation des Eglises orientales rappelle que cette journée vise à interpeller les leaders du monde qui ont la capacité de ramener la paix dans la région. Une journée qui veut aussi apporter un témoignage d’unité entre les différentes Eglises, montrer que l’œcuménisme passe aussi par ce travail pour la paix.

Applaudi par la foule, le Pape et les patriarches ont ensuite rejoint le bord de mer, dans un minibus blanc sans vitre, déjà surnommé « la papamobile œcuménique ». La rencontre de prière à quelques mètres de la mer Méditerranée, a été brièvement introduite par le Pape François, qui a prononcé une allocution fixant le cadre de cette rencontre.

L’unité pour résister à la tentation de l’indifférence

« Nous sommes venus comme pèlerins à Bari, une fenêtre ouverte sur le Proche-Orient, portant dans le cœur nos Églises, les peuples et les nombreuses personnes qui vivent dans des situations de grande souffrance », a rappelé le Pape François. « Nous leur disons : nous sommes proches de vous. (…) Au Moyen-Orient, se trouvent les racines de nos propres âmes. Mais sur cette splendide région, une dense couche de ténèbres s’est épaissie, surtout ces dernières années : guerres, violences et destructions, occupations et formes de fondamentalisme, migrations forcées et abandons, le tout dans le silence de beaucoup et avec de multiples complicités », a déclaré l’évêque de Rome.

François a une nouvelle fois évoqué le drame de l’émigration de nombreux chrétiens. « Le Moyen-Orient est devenu une terre de personnes quittant leurs terres, a-t-il déploré. Et le risque existe que la présence de nos frères et sœurs dans la foi disparaisse, défigurant le visage même de la région, car un Moyen-Orient sans chrétiens ne serait pas le Moyen-Orient (…) Prions unis, pour invoquer du Seigneur des cieux cette paix que les puissants de la terre n’ont pas encore réussi à trouver », a insisté le Saint-Père, avant de lancer cette exhortation : « Répétons : que la paix soit avec toi ! Avec le psalmiste implorons-le particulièrement pour Jérusalem, une ville sainte aimée de Dieu et blessée par des hommes, sur laquelle le Seigneur pleure encore : que la paix soit avec toi ! (…) L’indifférence tue, et nous voulons être la voix qui contraste le meurtre de l’indifférence. Nous voulons donner la parole à ceux qui n’ont pas de voix, à ceux qui ne peuvent que boire leurs larmes, car aujourd’hui le Moyen-Orient pleure, souffre et se tait, tandis que d’autres le piétinent à la recherche du pouvoir et de la richesse. Pour les petits, les simples, les blessés, pour ceux pour lesquels Dieu est à leur côté, nous implorons : que la paix vienne ! », a-t-il conclu.

Parmi les nombreux responsables présents pour cette prière œcuménique figuraient notamment Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, le patriarche Bartholomée 1er de Constantinople, ou encore le Pape copte Tawadros II.

Source : Vatican News

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Le card Kutwa s’inquiète “comment pouvons-nous comprendre des enfants tant assoiffés de sang”

« Comment pouvons-nous comprendre des enfants tant assoiffés de sang ? Comme vous pouvez le constater, ces jeunes et ces enfants vivent constamment dans une forme de violence qu’ils reproduisent : violence à l’école, violence dans la politique, violence en famille, violences sur les écrans de télévision, violence dans les nouveaux jeux de société que, nous, adultes, leur offrons ! ».

Cet extrait du message de fin d’année du cardinal Kutwa, archevêque Côte d’Ivoire , témoigne du désarrois face à la violence qui ne décroit pas en Afrique et en Abidjan, malgré la fin de la rébellion militaire.


Faisant mémoire des jeunes qui tentent l’aventure de l’émigration à l’étranger, le Cardinal Kutwa souligne que celle-ci peut être également considérée comme une forme de violence « qui s’amplifie actuellement et à laquelle il est nécessaire de trouver une solution au plus vite ».


Selon le Cardinal, il faut s’interroger sur les motivations qui poussent les jeunes à chercher à émigrer à l’étranger :

« Notre cadre de vie, la situation économique interne, l’emploi, les débouchés pour l’avenir attirent –ils encore au point de mettre fin à cet exode des temps nouveaux ? Comment pouvons-nous comprendre le fait que nos enfants soient préoccupés de gagner de l’argent le plus rapidement possible et sans effort ? Quelle signification a pour eux la culture du mérite ? ». 

Source 

Dans le Monde

Honduras – La Conférence épiscopale attire l’attention sur les enfants contraints à émigrer

La Conférence épiscopale du Honduras a demandé aux hommes politiques de s’approcher de la réalité du peuple hondurien et d’offrir des propositions visant à freiner l’inégalité, l’exclusion et la corruption dans le pays. Cette requête constitue l’un des points mis en évidence au sein de la déclaration signée hier après la réunion ordinaire de la Conférence épiscopale tenue à Tegucigalpa.
Les futurs candidats aux charges électives « devraient s’approcher de la réalité de notre peuple afin d’analyser, de proposer et d’offrir des alternatives visant à surmonter l’inégalité et l’exclusion et à nous libérer de la corruption ».
Les évêques rappellent que 2017 sera une année politique dans la mesure où le 12 mars auront lieu les élections primaires et en novembre les élections générales. « Bonne année politique à vous tous (…) L’année sera bonne si les citoyens prennent leur responsabilité en ce qui concerne le bien commun, s’informent sur les propositions et les projets, de manière à contrôler ce qui est promis et à ne pas se laisser transporter par des offres ou des paroles trompeuses qui peuvent sembler magiques » écrivent-ils.
Dans la conclusion du communiqué, les évêques du Honduras expriment leur préoccupation pour « la douleur » que connaissent de nombreux honduriens, en particulier les enfants, « contraints à émigrer, exposés à l’exploitation et à la violence au cours de leur parcours, mal rétribués lorsqu’ils arrivent à destination et criminalisés par l’arrogance de ceux qui profitent de leur sueur ». C’est pourquoi ils sont engagés dans le renforcement de la Pastorale de la Mobilité humaine, afin quwe parviennent aux enfants et aux adolescents qui émigrent, « vulnérables et sans voix », « l’amour et la proximité de toute la communauté ».
Selon les données officielles, 10.468 mineurs honduriens non accompagnés sont parvenus à passer la frontière séparant le Mexique des Etats-Unis en 2016. Ce chiffre représente une augmentation de 93,5 % par rapport à 2015, année qui avait vu l’arrivée de 5.409 mineurs non accompagnés honduriens aux Etats-Unis.

Source : Agence Fides