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Allemagne : une initiative contre l’eugénisme

La Fondation Jérôme Lejeune nous informe que plus d’une centaine de députés et des ministres allemands de tous bords politiques lancent une initiative pour empêcher le remboursement systématique du dépistage prénatal non invasif (DPNI), le nouveau test de dépistage de la trisomie 21. Ils craignent, à juste titre, « une hausse des avortements ». La France suivra-t-elle l’exemple Allemand ?

L’Allemagne est le premier pays européen visé par les promoteurs du test. Dès 2016, dans son livre Les Premières victimes du Transhumanisme, le Président de la Fondation Jérôme Lejeune, Jean-Marie Le Méné, avait déjà anticipé l’événement en ces termes :

« Le choix par Sequenom de cibler l’Allemagne libérale comme cheval de Troie était crucial. C’est ce pays qui a permis l’ouverture d’une brèche vers l’Europe de l’Est. Mais pas seulement. L’espace d’influence allemande dépasse largement les seuls pays germanophones et/ou limitrophes. Dorénavant, la plage de débarquement française est prête à accueillir le marché de la mort. Depuis longtemps, le terrain est balisé, la route est tracée et les sentinelles ont été neutralisées. »

Première visée, l’Allemagne est aujourd’hui la première à douter de l’intérêt de ce nouveau test et des implications éthiques qui en découlent. Le député Rudolf Henke rappelle que « chaque vie humaine vaut la peine d’être vécue. Sur le plan éthique, tout être humain a le droit naturel d’être désiré et accueilli ». La question n’est pas : « comment mieux dépister ? », mais : « Que pouvons-nous faire pour contrer efficacement les préjugés à l’égard des personnes handicapées ? ». Une question qui résonne inévitablement avec l’histoire récente de l’Allemagne.

En France, ce test est salué comme un succès technique, médical et éthique. Il est plus « performant » et plus « fiable ». Il permet de « mieux dépister », pour mieux éliminer.Déjà 96 % des enfants diagnostiqués trisomiques sont avortés. La France est à la pointe du dépistage. Que veut-on de plus ? Du 100 % ? Sans débat, le Conseil Consultatif National d’éthique (CCNE) et la Haute Autorité de Santé (HAS) ont validé l’introduction du nouveau test dans le système de remboursement de la sécurité sociale. Un marché estimé à plus d’un milliard d’euros, qui est d’un intérêt majeur pour les multinationales qui vendent ce test.

Les parlementaires français suivront-ils la sagesse allemande ? En cette période de révision de la loi de bioéthique, la Fondation Jérôme Lejeune les interpelle. Elle leur demande de reprendre cette initiative et de ne pas rembourser ce nouveau test.

Source : lesalonbeige

Brèves #NLH

La stérilisation forcée et l’avortement de milliers de personnes au Japon a eu lieu pendant la seconde guerre mondiale

Selon LifeSite, le gouvernement japonais est confronté à un nombre croissant de procès intentés par des victimes de son programme de stérilisation massive inspiré en droite ligne du nazisme qui a privé des dizaines de milliers de personnes de leurs capacités de reproduction sur plusieurs décennies.

On estime qu’entre 1948 et 1996, 25 000 personnes ont été stérilisées par la loi japonaise sur la protection de l’eugénisme, dont 16 500 involontairement, selon des sources gouvernementales. Jusqu’à 60 000 avortements forcés auraient également été pratiqués, sous prétexte de purifier le pays des maladies héréditaires, en particulier des troubles mentaux perçus comme étant d’origine génétique.

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Brèves

En Flandre : les enfants porteurs de trisomie 21 ne naissent plus

« C’est un fait. L’accroissement spectaculaire du nombre de Test Prénataux non-invasifs (DPNI) a comme conséquence directe l’élimination des fœtus porteurs du gène de la Trisomie 21 ».

En Flandre, depuis le 1er juillet 2017, le DPNI est remboursé presque entièrement par la sécurité sociale, et ce test est proposé quasiment à toutes les femmes enceintes : 97 % d’entre elles le font.

Si les gynécologues mènent une réflexion sur le sujet, c’est seulement pour étudier la pertinence ou non de son élargissement éventuel à d’autres pathologies.

Le DPNI coute très cher à la société, la Belgique étant le seul pays à le rembourser à toutes les femmes : « Dans la plupart des autres pays, ce n’est qu’un groupe à risque qui sera remboursé. Certaines patientes font le DPNI uniquement pour connaître le sexe de l’enfant dès la 14ème semaine,  alors que normalement, on ne voyait le sexe qu’après la 20ème semaine ». Avec en toile de fond, le « risque évident » de voir des femmes prendre la décision d’avorter en fonction du sexe de l’enfant.

En 2013, pour la Flandre, 58 enfants porteurs de trisomie 21 sont nés. En 2017, ils étaient moins de 10. Et dans le Limbourg, un seul enfant porteur de la Trisomie a vu le jour.

Source : genethique.org

A la une #NLH #NLQ #Rome

Le pape compare certains avortements à un eugénisme “en gants blancs”

“Au siècle dernier, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour veiller à la pureté de la race. Aujourd’hui nous faisons la même chose”, a déclaré le souverain pontife, samedi, en recevant au Vatican des représentants d’associations familiales.

“Pour avoir une vie tranquille, on élimine des innocents.” La pape François a comparé, samedi 16 juin, l’avortement pratiqué en cas de handicap de l’enfant à un eugénisme “en gants blancs” . “J’ai entendu dire qu’il est à la mode, ou au moins habituel, de faire au cours des premiers mois de grossesse des examens pour voir si l’enfant ne va pas bien ou s’il naîtra avec quelque chose [un problème], le premier choix étant de s’en débarrasser”, a déclaré le pape en recevant au Vatican des représentants d’associations familiales.

Au siècle dernier, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour veiller à la pureté de la race. Aujourd’hui nous faisons la même chose en gants blancs.pape François

Le pape s’est aussi interrogé : “Pourquoi ne voit-on plus de nains dans les rues ? Parce que le protocole de nombreux médecins dit : il va naître avec une anomalie, on s’en débarrasse.”

“La famille est une belle aventure et aujourd’hui, c’est une souffrance que de le dire, on observe que souvent on pense à fonder une famille, à se marier, comme s’il s’agissait d’une loterie. Si ça va, ça va et si ça ne va pas, on efface tout et on recommence”, a déploré le pape.

Source : franceinfo

NLQ #Points non négociables PNN

PMA : Faut-il priver les enfants de père ? Le diocèse de Paris met à disposition des fiches de formation

Ouvrir la PMA aux femmes seules ou aux couples de femmes, c’est instituer un « droit à l’enfant » au détriment des droits de l’enfant. C’est priver un enfant de père. C’est encourager la marchandisation des spermatozoïdes. C’est encourager, à terme, l’autorisation de la GPA.

Qu’est-ce qui est en jeu ?

C’est l’ouverture de l’accès à la procréation médicalement assistée aux femmes seules ou aux couples de femmes.
Jusqu’à présent, la procréation médicalement assistée (PMA) poursuivait, en France, un objectif thérapeutique : éviter la transmission d’une maladie grave ou compenser une infertilité pathologique, pour des couples homme/femme.

QUELS SONT LES ARGUMENTS AVANCÉS ?

La notion d’égalité est le principal argument avancé : il s’agit de donner la possibilité à tous, couples hétérosexuels comme homosexuels, de satisfaire un désir d’enfant, lorsqu’il existe, et de devenir parent. La filiation biologique (le lien charnel) ne serait plus l’élément fondateur : seul l’engagement, la parentalité d’intention, seraient importants.

QUELS SONT LES PRINCIPAUX ENJEUX ÉTHIQUES ?

– La privation de père : elle serait institutionnalisée, condamnant les enfants à une double peine : les priver d’une partie de leur origine biologique et les priver de toute relation paternelle constitutive de leur identité. La Convention internationale des droits de l’enfant pose pourtant le droit, pour chaque enfant, « de connaître ses parents et d’être élevé par eux » (art.7).

– La marchandisation des gamètes : pour faire face à la hausse du besoin de gamètes donnés, déjà insuffisants actuellement pour satisfaire les PMA à visée thérapeutique, le risque est qu’émerge la revendication de pou¬voir vendre le sperme, au prix de l’abandon du principe de gratuité. Parallèlement, le principe de l’anonymat est mis à mal par les possibilités données par le numérique pour retrouver l’identité d’un donneur anonyme de sperme.

– L’eugénisme : en levant le verrou thérapeutique et en rendant la PMA accessible à tous, y compris aux couples hétérosexuels fertiles qui pourraient décider d’y avoir recours pour choisir telle ou telle caractéristique pour leur enfant, on ouvrirait un grand marché de la procréation et de la sélection des individus et donc on organiserait un eugénisme légal.

Une autre fiche sur la PMA, éléments juridiques et scientifiques, est disponible.

Source : Diocèse de Paris

NLQ #Tribunes et entretiens

Bilan des Etats généraux de la bioéthique : vers un embarras parlementaire ?

La consultation menée dans le cadre états généraux de la bioéthique, s’est refermée le 30 avril. Interrogé par le Figaro, Didier Sicard, Professeur émérite à l’université Paris Descartes et ancien président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), se dit « impressionné par l’ampleur de cette consultation ».

 

La participation en chiffres

 

De fait, dans son communiqué de presse, le CCNE souligne l’importance de la mobilisation : le site Internet etatsgenerauxdelabioethique.org a attiré 183 498 visiteurs uniques, pour 29 032 participants qui ont postés 64 985 contributions. Ces contributions ont recueilli 832 773 votes. 45 % de ces contributions concernaient « Procréation et société », 24 % : « Fin de vie », 12 % : « Cellules souches et recherche sur l’embryon » et 5 % : « Examens génétiques et médecine génomique ». 2 600 000 pages du site ont été consultées.

 

Dans les régions, 250 débats « ont été organisés par les Espaces de réflexion éthique » qui ont rassemblés 18 500 citoyens. Ces débats étaient pour moitié ouverts à tous, entre « un quart et un tiers d’entre eux étaient destinés plus spécifiquement aux jeunes (lycéens, étudiants) ». Les professionnels de santé ou des comités d’éthique locaux ont eu aussi organisés des débats. Le CCNE note qu’en parallèle, « de nombreux événements ont été organisés par différents acteurs nationaux et régionaux ».

 

Enfin, 150 auditions ont été engagées par le CCNE. Elles ont concerné 87 associations d’envergure nationale (la majorité étant des groupes d’usagers de santé), 36 sociétés savantes scientifiques ou médicales, 9 groupes de courants de pensée philosophiques ou religieux, 15 institutions et 3 entreprises privées ou syndicats d’entreprises. 25 auditions sont encore en cours, elles s’achèveront le 9 mai.

 

Le CCNE se charge désormais d’ « analyser l’ensemble des données ayant alimenté la consultation » en vue de la rédaction du rapport qui sera remis début juin à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, et aux Ministres en charge de la Santé et de la Recherche. Un avis du CCNE sera ensuite proposé : « il rappellera les grandes valeurs éthiques à prendre en compte dans la future loi de bioéthique, il donnera quelques pistes de réflexion sur des thématiques des Etats généraux et exprimera sa vision de l’organisation du débat éthique dans notre pays à l’avenir ».

 

PMA, fin de vie, les grands sujets des débats

 

Sur le contenu de ces débats, Didier Sicard explique avoir « avant tout été frappé par une forme de diabolisation des opposants à l’évolution de la loi dans les débats (…). Ceux qui ne sont pas d’accord avec l’ouverture de la PMA ou la modification de la loi sur la fin de vie sont très souvent traités de « réacs », d’obscurantistes ou désignés comme croyants. Ils sont accusés de mépris envers les couples homosexuels ou les femmes célibataires. C’est une manière de fermer le débat ». Il ajoute : « J’y vois une confusion entre le débat politique et la dimension anthropologique de ces thèmes ».

 

Pour lui, « l’ouverture de la PMA peut paraître une demande simple et légitime au plan de la liberté mais transforme la société en faisant des enfants un enjeu et non plus une finalité (…). Faire de la PMA une thérapeutique banale interroge ». Au sujet de la filiation, il confie qu’ « un désir d’enfant pour soi me paraît un peu contradictoire. Oublier qu’un enfant résulte du désir entre une femme et un homme, c’est peut-être faire prendre un risque à notre humanité future ». Il considère que « ces questions bioéthiques sont comme des poupées russes, car elles peuvent entraîner des conséquences en cascade. Ainsi, l’extension de la PMA peut aboutir à la fin de l’anonymat, de la gratuité du don de gamètes et remettre en cause l’interdiction de la procréation post mortem ».

 

Interrogé sur la question de la fin de vie, Didier Sicard estime que «  les Français sont plus divisés sur l’euthanasie que ne le laissent penser les sondages qui proposent des réponses simplistes à des questions complexes ».

 

Quant au débat à venir, il « laisse effectivement présager une forme d’embarras pour les parlementaires ».

Source : Genethique.org

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NLQ #Points non négociables PNN

L’eugénisme ou l’apocalypse molle

Il y a plusieurs façons de concevoir l’Apocalypse.

La première n’est que trop évidente, et chacun l’a en tête. « Les étoiles, est-il écrit, tomberont du ciel », et précisément la bombe thermonucléaire fonctionne sur le même principe physique que les étoiles du ciel, la fusion.
Cette apocalypse‑là, nous l’avons, si l’on peut dire, bien en main. Les boutons pour la déclencher existent déjà, prêts à l’ouvrage, dans cinq pays du monde. Mais rien ne nous oblige à les actionner. Il nous suffira d’être sages pour n’en rien faire. Le plus fou (toujours possible) y regardera à deux fois. Il est d’ailleurs peu vraisemblable qu’un homme, même fou, se donne le mal d’arriver aux responsabilités suprêmes qui donnent accès au bouton rouge pour aussitôt les abdiquer dans le suicide.

Mais qu’est-ce que l’Apocalypse ? Un bouleversement global mettant fin à l’histoire de l’homme, n’est-ce pas l’apocalypse ? Jusqu’ici, disons jusque vers le milieu de ce siècle, un tel bouleversement ne pouvait s’imaginer que brutal, catastrophique, semblable à celui qui effaça Sodome et Gomorrhe. L’homme dans son être, dans son essence, paraissait si solidement établi et créé qu’on ne le concevait que mort ou vivant. C’était là une évidence si bien assurée que la phrase même que je viens d’écrire apparaîtra d’abord à plus d’un lecteur comme une absurdité : y aurait-il donc devant l’homme un autre choix qu’entre la vie et la mort ? Pourrait-il cesser d’être sans mourir ? Comment imaginer cela ?

Et cependant le fait est là et il ne s’agit plus d’imagination. Faisons comme le Créateur, ou comme l’enfant avec sa pâte à modeler, prenons un peu de glaise et pétrissons-la. Voici entre nos mains un homme ou son image. Nul, n’est-ce pas, ne nous empêche de le repétrir encore, d’ajouter des ailes, de faire un monstre. Mais c’est de la glaise ! Eh ! oui, c’est de la glaise. Mais l’homme aussi.

L’homme programmé

L’homme aussi, tout est là. L’homme, comme tout être vivant est fait de cellules qui sont elles-mêmes une architecture biochimique. Le plan de cette architecture est scellé dans les substances du noyau et des mitochondries et ce sont ces substances qui sont étudiées par la génétique.
Or, le fait est que, depuis quinze ans, la science qui progresse le plus vite est la biologie, et dans la biologie, la génétique. Peu à peu les mécanismes fondamentaux de la vie tombent entre les mains des savants que la force des choses pousse toujours plus avant. Ni l’émerveillement, ni l’effroi ne changent le cours des découvertes qui se succèdent à un rythme sans cesse plus rapide. « Il est dangereux de savoir ce qui ne devrait pas être su » a dit Sir Macfarlane Burnet (a). Mais ayant dit, il retourne à son laboratoire. Et si ce n’est lui, vingt autres prendront le relais. L’homme, que l’on croyait aussi inaccessible à l’expérimentation que les astres, s’ouvre peu à peu sous ses propres doigts comme une machine sous ceux du mécanicien.

Et, cependant, il n’est pas une machine, et il le sait ! Mais, rien ne peut l’empêcher d’ouvrir encore et d’étaler sur sa table de laboratoire les derniers ressorts de cette machine qui n’en est pas une, et où s’incarne le mystère de sa pensée. Écoutons Marshall W. Nirenberg, l’éminent biochimiste et généticien : « L’homme va être à même de programmer ses propres cellules par informations synthétisées, bien avant de pouvoir évaluer correctement les conséquences lointaines de telles transformations, bien avant de savoir formuler ses buts, bien avant d’avoir résolu les problèmes soulevés par son intervention. » Quand cela se passera-t-il ? « Je prévois qu’on programmera les cellules grâce à des messages synthétisés, d’ici à vingt-cinq ans. » Quatre ans déjà sont passés, et il semble que la génétique aille plus vite encore que M. W. Nirenberg ne l’avait prévu (1).

On demandera peut-être à quoi bon programmer des cellules humaines.

Le recul des maladies héréditaires

Mais de même que la science ne peut être stoppée parce qu’elle est un phénomène collectif dont l’évolution échappe à toute initiative particulière, de la même façon et pour la même raison, l’intervention de l’homme sur l’homme en laboratoire appartient elle aussi au cours inévitable des choses. Êtes-vous pour que l’on soigne les maladies héréditaires ? Êtes-vous partisan de sauver les enfants qui, naissant incapables de sécréter la gamma globuline, sont par là même voués à mourir à la première infection ? Certains enfants naissent inaptes à l’assimilation de la phénylalanine. Quand on ne les traite pas, ils sombrent dans la débilité mentale profonde. Ils ne peuvent apprendre ni à se nourrir, ni à se laver, ni à contrôler leurs fonctions. Qu’il se lève, celui qui, ayant vu pareille déchéance, peut-être sur l’un des siens, repoussera les moyens d’en délivrer l’humanité ! Or, ces maux sont héréditaires, comme l’hémophilie, et beaucoup d’autres. Ils sont transmis par les gènes. Si, comme le pense M. W. Nirenberg, on parvient d’ici à vingt-cinq ans à « programmer les cellules par des informations synthétisées », si les biologistes réussissent à intervenir à leur gré dans le code génétique, toutes les maladies héréditaires disparaîtront.

En fait, la foi de tous les savants du monde est que ce « si » est en réalité un « quand » : un jour cela sera. Edward Tatum, autre grand généticien, pense que le remède ultime du cancer pourrait être celui-là. Qui donc, en vérité, repousserait cette délivrance ? Même si quelques-uns acceptaient de payer d’un tel prix le refus du progrès scientifique, il est certain que la masse des hommes ne les suivrait pas.

L’intervention dans le code génétique, inévitable d’ici à la fin du siècle, doit donc être considérée comme l’accession de l’homme à un niveau supérieur de liberté débouchant sur des choix moraux inconnus jusqu’ici. S’il est permis de penser que notre ressemblance à l’image divine n’est pas parfaite, eh bien ! ce progrès de la science mettra entre nos mains le pouvoir de nous en approcher davantage, mais aussi celui de nous en détourner. La délibération de ce choix apparaît déjà dans les propos de savants bien éloignés de toute idée théologique. Herman Joseph Muller propose que l’on recherche, pour la développer, l’hérédité du courage moral, de la sociabilité, de l’amour de la nature, de l’aptitude à s’exprimer clairement. Salvador Luria, du Massachusetts Institute of Technology estime « qu’en prévision des progrès qui peuvent se manifester bientôt, nous devrions étudier la création d’un mécanisme grâce auquel les conséquences sociales de nos travaux seraient discutées rationnellement et ouvertement afin que les décisions importantes quant à leur application puissent être prises par un public informé ». Louable vœu, mais dont ce même savant propose une application plutôt effrayante. « À mon avis, écrit-il, il ne serait pas prématuré par exemple que les Nations unies ou l’Académie nationale des sciences (des États-Unis) constituent des Comités chargés d’étudier la gestion de l’hérédité humaine par la génétique. »

Vers une nouvelle malédiction ?

Aimé MICHEL

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Tribunes et entretiens

Jacques Testart : « Préserver notre espèce d’un eugénisme de masse »

« La modernité a popularisé le droit à l’enfant et commence à consacrer le droit à l’enfant de qualité. Ce dernier serait obtenu grâce à la sélection génétique des embryons issus de la fécondation in vitro (FIV), sauf si d’hypothétiques techniques de modification maîtrisée du génome devenaient disponibles. Certes, il est légitime de protéger ses futurs enfants contre les maladies graves mais l’élimination des embryons indésirables pourrait n’être qu’une illusion de garantie bonheur ou même de garantie santé pour ceux élus par le tri tant les causes d’imperfection et de frustration sont nombreuses et parfois subjectives.

Déjà on va jusqu’à choisir le sexe aux Etats-Unis ou à exclure celui qui louche en Angleterre et à refuser partout bien des caractéristiques humaines pourtant compatibles avec une vie digne d’être vécue. C’est à ce moment critique de l’histoire humaine que se profile une révolution conceptuelle permettant de générer des ovules et spermatozoïdes et donc des embryons, à partir de cellules banales comme celles de la peau. Ce qui multiplierait par 10 ou 100 le nombre des embryons accessibles au tri tout en évitant aux femmes les épreuves médicales de la FIV, c’est-à-dire que cela ferait miroiter pour tous les couples le mythe du bébé parfait choisi sans douleurs et sur des critères multiples.
Les règles de bioéthique diront-elles ce que sont les choix licites en les opposant aux choix de confort ? Les demandes seront sans fin et presque toujours soutenues par une angoisse authentique que la possibilité technique stimulera. Préserver notre espèce d’un eugénisme de masse exigerait alors que chacun comprenne l’énorme part d’illusions qu’apporte aussi l’innovation et que des interdits collectifs soient acceptés au niveau international.

Si la bioéthique sert à quelque chose, ce serait à empêcher que la puissance technique justifie le refus de toute limite. Il en va de même dans certaines situations où des homosexuels achètent une prérogative féminine (la gestation) en recourant à la servitude d’une mère porteuse ou quand la prévision de la ménopause (qui n’atteint pas les hommes) amène des femmes à préserver par le froid leurs ovules. Pour parachever cette confusion des genres, on vient d’apprendre qu’un transsexuel new-yorkais a subi un traitement hormonal afin de pouvoir allaiter l’enfant de sa compagne, tout en conservant testicules et pénis… Vers des cyborgs asexués ?

Mais la nécessité des limites survient encore au moment de résister à la séduction des objets et des biens, dont la consommation exponentielle ruine la planète au nom d’une croissance économique imbécile et abusivement réputée infinie. Il faudrait résister aussi à tous les gadgets, prothèses, stimulants que nous propose l’industrie transhumaniste, jusqu’à tuer la mort, au péril de l’humain*. Parce que les changements s’accélèrent en vitesse et puissance comme jamais dans l’histoire de l’humanité, parce que nous allons à court terme vers la dévastation anthropologique et environnementale, il devient suicidaire de vouloir tout ce qu’il est possible d’avoir. ».

 

Source Le Parisien

NLQ #Points non négociables PNN

Celui qui ne réussit pas les tests sur sa “dotation génétique” doit perdre son droit à la vie

NLQ #Points non négociables PNN

comprendre des enjeux de la recherche sur l’embryon, de l’eugénisme, du transhumanisme et de la société à venir. Jacques Testart

Pour tout comprendre des enjeux de la recherche sur l’embryon, de l’eugénisme, du transhumanisme et de la société à venir, superbe conférence de Jacques Testart à la Cour de cassation