Brèves

Portugal : pourquoi les communistes ont-ils voté contre l’euthanasie ?

Le parti communiste vient de voter contre la dépénalisation de l’euthanasie au Portugal. Selon Antonio Filipe, député communiste, l’euthanasie n’est pas un signe de progrès mais un pas en arrière de civilisation avec de profondes implications sociales pour le vivre ensemble.

« Dans un contexte où la vie humaine est fréquemment soumise à des critères utilitaristes, économiques et de dépenses publiques, la légalisation de la mort provoquée, constituerait un véritable recul de civilisation », affirme-t-il. « Accélérer la mort de ceux dont la société ne veut plus s’occuper parce qu’ils sont fragiles et trop coûteux, est inacceptable. Face à un être humain qui souffre, la solution n’est pas de fuir ses responsabilités en promouvant la mort accélérée, mais bien d’accompagner la personne jusqu’au bout dans la dignité qui est la sienne  »

 Source : Morning Star

Brèves

USA : les soins de fin de vie ne représentent que 9 % des dépenses du système de santé

Contrairement à une idée reçue, aux USA, les personnes en fin de vie ne concentrent que 9 % des dépenses nationales de santé. Si 5 % des patients bénéficiant du Medicare meurent chaque année, les soins finaux sont certes couteux mais ne durent pas longtemps, ce qui explique la faible dépense globale.

Le Congrès réfléchit à augmenter le budget alloué aux soins palliatifs, dont « il a été démontré qu’ils améliorent la qualité de vie, réduisent la dépression et sont associés à une durée de vie plus longue. ».Dans l’état actuel des choses, les soins palliatifs demeurent un soin de luxe auquel tous les Américains n’ont pas accès. Si rien ne change d’ici vingt ans, les soins palliatifs devraient progresser d’environ 1 % alors que le nombre d’Américains âgés devrait augmenter de 20 %, ce qui fera alors un médecin en soins palliatifs pour 23 000 patients gravement malades.

Source : genethique.org

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La mère de Vincent Lambert a rencontré deux conseillers d’Emmanuel Macron

L’association de soutien à Vincent Lambert communique :

Alors qu’a été ordonnée le mois dernier par le tribunal administratif une expertise judiciaire de Vincent Lambert, madame Viviane Lambert, sa mère, a été reçue ce 16 juillet par deux conseillers du Président Emmanuel Macron.

Le 12 avril 2018, Viviane Lambert avait adressé une première lettre au Président de la République, publiée dans Le Figaro sous le titre : « mon fils Vincent n’a pas mérité de mourir de faim  ».

Le 20 avril, une tribune de 70 médecins et personnels de santé spécialisés rappelait que Vincent Lambert n’est pas en fin de vie et qu’il a droit à des soins adaptés à son état, dans un établissement capable de l’accueillir, comme il en existe de nombreux en France.

Le 7 juin, Viviane Lambert envoyait une deuxième lettre pour rencontrer le Président de la République. Celui-ci a accepté sa demande de rencontre et a délégué deux conseillers pour l’accueillir.

Cet entretien a eu pour objet de leur expliquer que Vincent ne bénéficie toujours pas de soins adaptés (indépendamment de la procédure et de l’expertise à venir), que les heures de visite de sa famille qui vient le voir quotidiennement sont toujours restreintes, qu’en cette période de chaleur, il n’a toujours pas le droit d’être sorti de sa chambre et de prendre l’air dans un fauteuil adapté à son état.  « Quand je quitte la chambre de mon fils, j’ai l’impression de quitter un prisonnier. » déplore Viviane Lambert.

Rappelons que les parents de Vincent réclament depuis 5 ans son transfert dans un service spécialisé ; plusieurs sont prêts à l’accueillir…

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Fin de vie : le Conseil d’Etat attaché à la loi Clayes-Leonnetti de 2016

Alors que la position du Conseil d’Etat sur la PMA est franche dès lors qu’ “aucun principe juridique n’impose en effet l’extension de l’accès à la procréation médicalement assistée”, le Palais Royal est beaucoup plus clair sur la fin de vie.

les auteurs du rapport s’opposent clairement à l’Euthanasie ou au suicide assisté. Les auteurs du rapport rappellent avant tout l’équilibre de la loi Claeys-Leonetti entrée en vigueur en 2016, et rappellent que l’accès aux soins palliatifs doit constituer un préalable.  « Les soins palliatifs sont en réalité au cœur de la vocation traditionnelle de la médecine » rappellent-ils, soulignant aussi que « la dimension palliative de la médecine est encore trop souvent associée à la seule fin de vie ».

Le rapport rappelle aussi la valeur de la décision du médecin dans les cas d’arrêt de traitements pour des patients incurables. La « valeur du dernier mot » conférée au médecin est remise en avant. Ce choix du législateur laissé au médecin permet, avant tout, « de libérer les proches du malade de la charge, qui peut s’avérer difficile à endosser, de prendre une telle décision. C’est le médecin, et lui seul, qui porte le poids de la décision et en assume la responsabilité » précisent les auteurs du rapport.

Rappelons toutefois que la loi Clayes Leonetti est imparfaite dans la mesure où selon cette loi, la nourriture et l’hydratation sont considérés comme des soins qui peuvent être déraisonnables.

Source : vatican news

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France : la fin de vie ne figurera pas dans les prochaines lois de bioéthique

D’Antoine Pasquier sur le site de « Famille Chrétienne » :

« Elle avait été introduite à la dernière minute dans le cadre des États généraux. Finalement, la question de la fin de vie ne devrait pas figurer dans le futur projet de loi de bioéthique, attendu à l’automne. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, l’a indirectement confirmé le 12 juin à l’Assemblée nationale, en indiquant que «  l’avis officiel du Comité consultatif national d’éthique portera sur les thèmes prévus : la procréation, la génétique, le big data, l’intelligence artificielle, les greffes et les neurosciences  ». Quelques jours plus tôt, le président du Comité d’éthique, Jean-François Delfraissy, avait laissé entendre que la fin de vie serait exclue du cadre de la révision, mais qu’elle pourrait revenir sous la forme d’un « autre véhicule législatif  ».

Le gouvernement cherche visiblement à temporiser sur ce sujet très électrique. À plusieurs reprises, Agnès Buzyn a fait part de ses réserves devant l’éventualité d’une modification de la loi actuelle. «  Je suis convaincue que la loi Claeys-Leonetti  répond aux besoins sans aller vers une loi différente  », a-t-elle affirmé le 7 mars devant la commission des Affaires sociales du Sénat. Un point de vue partagé par l’Inspection générale des Affaires sociales. Dans son rapport du 12 juin sur l’évaluation de la loi en vigueur, cette dernière ne suggère que des «  ajustements limités  » et estime que «  la stabilité du cadre juridique est une condition de sa bonne appropriation par les professionnels et par les personnes en fin de vie, leur famille et leurs proches  ».

La loi française Claeys-Leonetti du 2 février 2016 a mis en place, un « droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ». En vertu de cette loi, un médecin ne peut plus s’opposer à une demande de sédation profonde et continue de la part d’un patient atteint d’une « affection grave et incurable » et dont le « pronostic vital est engagé à court terme ». Mais, loin du boulevard ouvert par la loi belge du 20 mai 2002 (et son appendice du 28 février 2014 consacré à l’euthanasie des mineurs), ce texte n’autorise ni l’euthanasie ni le suicide assisté : au grand dam d’une partie des parlementaires de gauche.

Source : belgicatho

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L’édito – Des Principes non négociables très négociés…

 

 

La bataille fait rage ce mois encore autour des points fondamentaux du respect de la vie et du vivant. Euthanasie, avortement, eugénisme, bioéthique, les fondamentaux qui garantissaient le respect de la dignité humaine sont devenus les variables d’ajustement de principes relatifs désormais considérés comme absolu : rentabilité économique, éradication de la douleur, refus des imperfections humaines.

 

Et tout est bon pour inverser le rapport fondamental entre principes non négociables et réalités relatives. Les enjeux autour des Etats généraux de la bioéthique l’ont bien montré.

 

La Manif Pour Tous fait le bilan des Etats généraux de la bioéthique

Loi de bioéthique : entre travaux préparatoire à l’Assemblée et avis du CCNE

Les états généraux de la bioéthique et le pouvoir

 

Evité de justesse ou étendu, le spectre de l’euthanasie plane maintenant sur tous les aspects de la fin de vie.

 

La légalisation du suicide assisté fait des victimes au-delà des malades en phase terminale

Les trois médecins experts nommés par le justice pour examiner Vincent Lambert se désistent

Soins palliatifs : un guide pour accompagner les professionnels

Cinq arguments contre l’euthanasie

Vincent Lambert est handicapé mais vivant. Sa mère écrit à Emmanuel Macron

« L’euthanasie mine les fondements de notre pratique médicale »

Suisse : le suicide assisté accessible pour les “souffrances insupportables”

L’euthanasie rejetée de justesse au Portugal

 

 

L’éthique elle-même devient relative à la finalité que chacun lui donne. Les initiatives pro-vie ou anti-vie ne s’en développent que davantage.

 

 

Comité d’éthique de l’INSERM : vers une science sans limites ?

Royaume-Uni : l’évêque d’Edimbourg ouvre un centre pro-life pour coordonner la riposte contre la culture de mort

France : le Sénat adopte la proposition de loi autorisant les examens génétiques post-mortem

L’hôpital du Vatican “Bambino Gesu” propose une “charte des droits de l’enfant inguérissable” aux hôpitaux européens

La Cour Suprême des USA : vers l’abrogation de Roe v. Wade

 

 

Argentine, Irlande, la légalisation de l’avortement semble progresser, mais dans des conditions… obscures.

 

 

La mobilisation en faveur de l’avortement est une mascarade avec des arguments fallacieux et trompeurs

Irlande : tous les hôpitaux, même catholiques, seront obligés de pratiquer des avortements

Grossesse : le tabou du syndrome post-IVG commence à sauter

Irlande du Nord : avortement, la cour suprême ne se prononce pas

Argentine : l’ONU fait pression pour légaliser l’avortement

Victoire judiciaire pour Donald Trump dans une emblématique affaire d’avortement

 

 

Quant à la PMA… la vérité anthropologique l’emportera-t-elle sur le relativisme émotionnel ?

 

 

Sondage IFOP pour Alliance Vita : le regard des Français sur la paternité

PMA : “la question de la filiation est essentielle pour l’avenir de notre civilisation”

En France, une naissance sur trente via la PMA en 2018 ?

Les anti-PMA : des méthodes d’intimidation fascistes ?

 

A la une #NLQ

L’édito – Qui impulsera une solidarité catholique pour les retraités

Parce que depuis des décennies nous vivons tous au-dessus de nos moyens, parce que nos responsables politiques nous ont laissé en héritage une situation économique et sociale délétère, l’avenir de nos parents, de nos grand-parents, mais aussi le nôtre et celui de nos enfants se présente financièrement comme un abyme ne laissant pour beaucoup d’autres issus que la pauvreté ou… l’euthanasie. Nous savons aussi que la pression fiscale et économique qui s’abat sur les personnes âgées vise assez ouvertement à leur présenter cette ultime solution comme l’alternative la moins redoutable. Ils en ont bien profité, la génération des trente glorieuses ! Peut-être, en effet. Mais est-ce une raison pour laisser des personnes humaines s’enfoncer dans la précarité et l’isolement ? Nous sommes responsables des plus faibles. Ceux d’aujourd’hui, comme ceux de demain, dont assurément nous serons. Dans l’histoire, l’Eglise s’est toujours montrée inventive pour aider les plus démunis et les vieillards en particulier. Le statut de veuve, dans l’antiquité chrétienne, est connu par tous les grands Pères de l’Eglise. Les mutuelles, les caisses de solidarités sont, sous une forme ou une autre, présentes depuis la plus haute antiquité chrétienne. Nous en trouvons des exemples dans les Actes des apôtres, mais aussi dans les basiliades de saint Basile de Césarée. Que dire des initiatives de saint Vincent de Paul, de Frédéric Ozanam, des multiples congrégations religieuses ayant ouvert des maisons de retraites ? Nous nous sommes trop habitués à compter sur l’Etat, le système, apparemment bien rodé, d’assurance. Mais aujourd’hui, l’un comme l’autre ne sont plus fiables et, à l’évidence, ne suffisent plus.

N’y a-t-il pas quelques catholiques entreprenants pour relancer de véritables mutuelles pour la vieillesse ? Ce serait un œuvre de charité envers nos anciens d’aujourd’hui et de demain, mais aussi envers la dignité humaine en préservant de la tentation euthanasique que nourrit un péché effroyable, le manque d’espérance.

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La légalisation du suicide assisté fait des victimes au-delà des malades en phase terminale

Aux Etats-Unis, le taux de suicide a augmenté de près de 30 % depuis 1999. Le suicide est devenu la dixième cause de décès. Il y a de nombreuses raisons à cette augmentation, parmi elles, l’épidémie d’opioïdes, les mauvaises conditions économiques et le taux croissant de dépressions parmi les jeunes. La multiplication des hotlines de prévention et les initiatives en faveur de la santé mentale sont autant de réponses nécessaires et louables, mais il ne faudrait pas ignorer l’impact des changements législatifs en matière de suicide.

Les critiques des lois sur le suicide assisté ont depuis longtemps remarqué que la loi est un enseignement moral et que légaliser quelque chose le normalise. Les partisans de ces mêmes lois ont martelé que le suicide était simplement une autre façon raisonnable de choisir sa fin de vie, sapant les garde-fous culturels, religieux et philosophiques ancestraux autour de cette pratique, qui ont servi de protection pour les personnes souffrant de dépression. Plusieurs études ont montré les objections morales ou religieuses au suicide réduisait la probabilité de voir les personnes déprimées agir conformément à leurs pulsions suicidaires.

Les Américains changent d’opinion sur le suicide, ils sont en passe de le considérer comme normal, raisonnable, et même comme un choix de compassion face à la souffrance et au désespoir. Mais la normalisation de l’auto-destruction fait des victimes au-delà des malades en phase terminale, elle rejoint des déprimés et des anxieux qui intériorisent l’idée que la destruction d’eux-mêmes est une réponse logique à leur douleur. Les jeunes sont particulièrement vulnérables, car ils n’ont aucune expérience de la vie et ne savent pas que, la plupart du temps, les épreuves passent.

L’argument de la « qualité de vie » inquiète ceux qui accompagnent des personnes handicapées qui craignent leur vulnérabilité aux pressions sociales et redoutent de les voir intégrer l’idée que certaines vies ne vaudraient pas la peine d’être vécues.

Une étude de 2015 largement rapportée dans le Southern Medical Journal a montré un lien fort entre la légalisation du suicide assisté et le taux de suicide. L’étude a évalué le suicide dans les États avant et après la mise en place des lois. Elle a montré  que la « légalisation du suicide assisté est associée à une augmentation significative du nombre total de suicides » et que les taux augmentaient en moyenne de 6,7 % après la dépénalisation.

Les tentatives de normaliser le suicide assisté sont constantes et omniprésentes et elles sont à reconsidérer : plus on avance dans cette voie, plus on crée une culture confortable au suicide, menaçant de larges pans de la société, et apportant plus de souffrance, pas moins.

Source : genethique.org

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Les trois médecins experts nommés par le justice pour examiner Vincent Lambert se désistent

Lu sur le salon beige : 

Ils devaient réaliser un “tableau clinique” de Vincent Lambert, mais les avocats des parents avaient demandé leur révocation, estimant qu’ils n’étaient pas compétents dans ce domaine médical. Les trois médecins nommés par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se sont désistés, constatant la trop grande pression qui pesait sur eux. Il faut dire qu’ils avaient droit de vie ou de mort sur Vincent Lambert…

Ils écrivent :

“Le collège d’experts ne peut que prendre acte qu’il n’a pas la stature pour résister à ces tentatives de manipulation et aux critiques diverses”.

Ils estiment n’avoir “aucun moyen de mettre de l’ordre dans cette procédure d’expertise”, et “d’affirmer une autorité qui mettrait au pas ceux qui manient opprobre et dénigrement ou fausses vérités”.

Le président du tribunal administratif a accepté leur demande de désistement.

Les avocats des parents se réjouissent.

“C’est exactement ce que réclament depuis des semaines les parents, frère et soeur de Vincent, qui attendent des nouveaux experts à nommer compétence et rigueur”.

En attendant la nomination du prochain collège de médecins, une nouvelle audience sur “les modalités de l’expertise” se tiendra mercredi 20 juin au tribunal administratif.

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Loi de bioéthique : entre travaux préparatoires à l’Assemblée et avis du CCNE

Une mission d’information, ouverte à des élus de toutes les commissions doit travailler durant environ six mois sur la révision des lois de bioéthiques. Une initiative déjà mise en œuvre « sous les précédentes législatures avant les révisions antérieures de la loi ».

Sous la houlette de Xavier Breton, 56 députés avaient demandé en avril la mise en place d’une réflexion de l’Assemblée nationale sur le sujet pour préparer « cette révision qui va toucher à des sujets complexes et sensibles ».  La mission devrait compter 35 députés, dont 20 LREM, 6 LR, 3 MoDem, 2 UDI-Agir, 2 PS, 1 LFI, 1 PCF, et éventuellement un non-inscrit.

Mi-mai, les commissions des affaires sociales et des lois de l’Assemblée nationale ont déjà entamé « un cycle d’auditions sur des sujets allant de la recherche génétique à la procréation ». Au Sénat, la commission des affaires sociales a lancé des auditions depuis mars.

De son côté la ministre de la Santé, Agnès Buzyn a précisé que l’avis du Comité Consultatif National d’Ethique concernant la prochaine révision des lois de bioéthique prévu pour septembre n’évoquerait pas la question de l’euthanasie. Elle a expliqué que le Comité allait se prononcer sur « les cinq thèmes prévus » : « la procréation, la génétique, les big-data et l’intelligence artificielle, les greffes et les neurosciences ».

Le projet de loi de bioéthique doit être déposé à l’automne au Parlement pour être adopté au premier semestre 2019.

Source : Genethique.org