Dans le Monde #NLQ #USA

États-Unis : nomination d’un coadjuteur à San José (Californie)

Originaire du Nouveau-Mexique, où il était évêque de Las Cruces, Mgr Oscar Cantú a été nommé évêque coadjuteur dans le diocèse de San José, situé en Californie. Il succédera à l’évêque actuel, Mgr Patrick Joseph McGrath, qui avait été consacré sous le pape Jean-Paul II, en 1989. Il était évêque du diocèse de San José depuis 1999. On notera que Mgr Oscar Cantú est devenu évêque sous Benoît XVI.

Asie #Brèves #Dans le Monde #NLQ

Chine : décès de l’évêque de Qingdao

Mgr Joseph Li Mingshu, évêque de Qingdao (province du Shandong), est décédé. Ce n’est que tardivement que l’on a appris ce décès. En effet, le Saint-Siège a annoncé le 6 juillet 2018 que l’évêque était mort le 15 juin dernier, « usé par la maladie et la vieillesse ». Né le 1er décembre 1924 , Mgr Li Mingshu avait été  ordonné prêtre le 11 avril 1949. Après avoir enseigné dans le Shandong, il avait été consacré évêque le 13 août 2000 avec mandat pontifical.

Mgr Joseph Li Mingshu a toujours affirmé sa communion avec l’Église universelle. Il était soucieux de développer des initiatives pastorales dans son diocèse. Comme l’indique l’agence Zenith, « en 2005, il a invité Soeur Nirmala Joshi (1934-2015), supérieure générale des Missionnaires de la Charité, qui a succédé à Mère Teresa, à visiter Qingdao pour étudier la possibilité, alors non acceptée par les autorités civiles, d’ouvrir un foyer pour les pauvres dans son diocèse. » 

Les obsèques de Mgr Li Mingshu ont eu lieu le 18 juin dans l’église de Zhejianglu (Qingdao). Selon une pratique habituelle, les autorités civiles ont imposé des restrictions (limitation du nombre de participants, etc.). Outre les 26 prêtres concélébrants, provenant notamment du diocèse de Qingdao, quatre évêques sur cinq de la province du Shandong  étaient présents aux obsèques :

Quatre évêques sur les cinq de la province de Shandong ont participé aux funérailles – Mgr Fang Xingyao, du diocèse de Linyi, Mgr Zhang Xianwang, du diocèse de Jinan, Mgr Lu Peisen, du diocèse de Yanzhou, et Mgr Yang Yongqiang, du diocèse de Zhoucun.

Le diocèse de Qingdao compterait  45 000 fidèles, une dizaine de prêtres et un nombre équivalent de religieuses, indique l’agence Zenith.

Source Agence Zenit

Dans le Monde #Europe non francophone #NLQ

Bari : ils ont prié ensemble

Réunis à Bari (Italie), le pape François, quelques patriarches orientaux et des représentants d’autres confessions chrétiennes ont prié ensemble. Outre Le patriarche Bartholomée, le représentant du patriarcat de Moscou était présent.

Le pape a accueilli ses invités sur le parvis de la basilique de Bari qui contient des reliques de Saint Nicolas. Il a fait part de son inquiétude de voir “effacée” la présence des chrétiens du  Proche-Orient. Pour le pape François, cette disparition s’effectue « dans le silence de beaucoup et avec la complicité de beaucoup ». Il a également affirmé que « l’indifférence tue, et nous voulons être une voix qui lutte contre l’homicide de l’indifférence ». Il y a eu ensuite une réunion a huis-clos entre prélats pour aborder les problèmes de la région.

 

 

 

A la une #NLQ

Edito – L’Orthodoxie, combien de divisions ?

Les catholiques en parlent peu, mais, en réalité, quand ils agissent, c’est en connaissance de cause. Le pape François avait reçu une délégation du patriarcat de Moscou. Il a voulu rassurer les orthodoxes en affirmant que l’uniatisme – terme qu’il faudrait définir et non brandir comme un slogan – est terminé. Mais ce souhait reste avant tout diplomatique, car, en réalité, ce n’est pas l’Orthodoxie qui est en butte à l’Église catholique, mais l’Orthodoxie elle-même qui est divisée. Nouveau terrain d’affrontement entre le patriarcat de Constantinople et le patriarcat de Moscou : l’Ukraine. L’actuel conflit qui oppose l’Ukraine à des forces soutenues en sous-main par Moscou a des répercussions religieuses importantes.

Le patriarche Bartholomée sera donc à Bari, pour prier à l’appel du pape François, mais pas son homologue de Moscou, qui se contentera seulement d’un représentant. Motif de la discorde : le refus de créer une Église orthodoxe autonome en Ukraine. Moscou a même indiqué que « le sang coulera » si jamais c’était le cas. Car la perte serait nette : 40 % des paroisses du patriarcat de Moscou sont en Ukraine (12 000 sur les 30 000 au total). Si la réunion se faisait, l’Église orthodoxe unifiée « deviendrait numériquement la deuxième Église orthodoxe au monde et serait à même de pouvoir rivaliser avec le patriarcat de Moscou, qui est à l’heure actuelle le premier par nombre des fidèles », comme le souligne Sandro Magister. Ce serait alors l’émergence d’une « troisième force » entre Moscou et Constantinople.

En fait, la situation en Ukraine est déjà compliquée sur le plan canonique. Il y a une multiplicité de juridictions, catholiques ou non. Outre l’existence de l’Église grecque-catholique ukrainienne, il y a la communauté affiliée au patriarcat de Moscou, sous l’égide du métropolite Onufry, mais aussi le partiarcat dirigé par Philarète et, enfin, une Église orthodoxe ukrainienne autoproclamée, qui a à sa tête le métropolite Méthode. En Ukraine, une volonté de rassembler ces trois dénominations se fait jour. Sans le dire, la guerre civile a rendu plus délicate l’influence de Moscou. On envisage donc la création d’une Église orthodoxe ukrainienne autocéphale qui serait non sous sous la juridiction du patriarche de Moscou, mais  dans le sillage de Constantinople. Le gouvernement ukrainien milite aussi pour cette nouvelle Église ukrainienne. Et l’archevêque majeur grec-catholique ukrainien également. On comprend mieux les accusations d’Hilarion à l’encontre de ses frères grecs-catholiques. Car en réalité, il redoute surtout ses frères orthodoxes.

Et on comprend également davantage les propos du pape François, lequel ne veut pas que les catholiques « s’immiscent dans les affaires internes de l’Église orthodoxe russe ». En réalité, dans cette conflagration, François a pris parti. En effet, a pris le parti de la nouvelle Rome, Moscou, au détriment de Constantinople. Il sait que l’Orthodoxie est fragile. Peut-être ménage-t-il Moscou, parce qu’il sait que le “gros” des forces orthodoxes reste en Russie. Et qu’il vaut mieux parier sur celui qui est fort (Constantinople ne pèse plus grand chose au niveau épiscopal dans le monde orthodoxe).

Certes, le patriarche Bartholomée n’a rien dit, mais ses proches seraient favorable à l’émergence d’une Église orthodoxe ukrainienne unifiée et autonome. Enfin, un dernier élément est important : même les 85 évêques de l’Église ukrainienne qui dépend de Moscou commencent à être favorables à l’autocéphalie. Historiquement, l’autocéphalie ne serait pas absurde. Le passage de la métropole de Kiev au siège de Moscou « n’aurait été qu’une mesure provisoire et révocable », si l’on en croit Sandro Magister, qui se réfère au Métropolite de Pergame.

Unité des chrétiens ou unité au sein de l’Orthodoxie ? Et les catholiques dans tout cela ? Ils donnent l’impression d’être dépassée par des divisions et aussi le sentiment de ne pas comprendre qu’ils ont l’Unité en eux. Après tout, elle est un don de Dieu, non le fruit d’un travail humain.

Source Diakonos.be

 

A la une #NLQ

Edito – 30 ans après les sacres

Le 30 juin 1988, Mgr Lefebvre sacrait quatre évêques sans mandat pontifical. Un processus de négociation avait débouché sur une crise. Malgré un protocole d’accord signé le 5 mai 1988, Mgr Lefebvre, estimant que certaines garanties n’étaient pas suffisantes, avait préféré prendre le risque de sacrer contre la volonté expresse du pape. Outre le début d’une controverse canonique, ce fut l’amorce de divisions entre les catholiques eux-mêmes avec beaucoup de maladresses et de crispations.

Pourtant, 30 ans après, les choses ont quelque peu changé. En 1988, il existait peu d’instituts traditionnels capables de se propager ; de fait, la Fraternité Saint Pie X était dans une situation de monopole, notamment sur le plan “tridentin”. Aujourd’hui, la situation a bien évolué : non seulement les instituts dits traditionnels se sont multipliés (créés en 1988, en 1990, en 2016 ou même après), mais les diocèses ne sont plus tout à fait hostiles à cette “offre” traditionnelle. En fait, le monde “traditionaliste” est extrêmement large et composite. Minoritaire, il n’est plus pour autant dans une situation de bastion assiégé. Fait significatif : le Pèlerinage de Chartres, lancé en 1982, attire de plus en plus de diocésains, tant fidèles que prêtres, tout en maintenant son attachement à la liturgie traditionnelle. En trente ans, les lignes ont bien bougé.

Enfin, la génération des prêtres et des évêques a changé. En 1988, le personnel ecclésiastique avait connu le concile Vatican II et s’inscrivait dans une application tendancieuse du concile : les relations avec  la Fraternité Saint Pie X étaient donc rares ou polémiques. Aujourd’hui, avec une nouvelle génération de prêtres, qui accède nécessairement à l’épiscopat, les relations sont détendues ou mêmes bienveillantes. Autrement dit, les ponts ont été multipliés sur fond de porosité entre les différents “groupes” catholiques. Il est difficile de penser que la dynamique traditionnelle s’estompera, nonobstant les aléas romains et pontificaux. Il est même prévisible qu’elle continuera. L’intérêt du jeune clergé pour la messe traditionnelle ne cesse de progresser. Le mouvement est universel, à quelques exceptions géographiques bien délimitées.

À ce titre, la dynamique enclenchée depuis 2000 n’a pas cessé. Les contacts entre Rome et la FSSPX n’ont connu aucun arrêt. Le processus s’est même affiné. La levée des excommunications de Benoît XVI a fait éteindre une polémique, qui déchirait le monde catholique, sur la conformité des sacres au droit canon. Et l’arrivée d’un nouveau pape, réputé plus sensible aux périphéries et aux gens éloignés de l’Église n’a rien changé : le pape François a étendu au-delà de la période jubilaire, l’autorisation pour les fidèles de recevoir le sacrement de pénitence de prêtres membres de la FSSPX. Autrement dit, en attribuant une juridiction aux prêtres de la FSSPX, il a répondu aux cas de conscience de fidèles qui fréquentent les chapelles de cette fraternité. Une démarche similaire et anlogue a eu lieu pour les mariages. Certes, ce n’est pas un statut complet – on parlerait de statut “par morceaux” -, mais on s’éloigne doucment de la rupture et de la marginalité. Mgr Fellay a des échanges réguliers avec Rome. À ce titre, jamais dans l’histoire récente, les prêtres de la FSSPX n’ont eu autant de contacts avec Rome. Les rencontres privées avec le pape et les prélats romains sont courantes. François ne s’embarrase pas des protocoles. Il est même le pape qui connaît le mieux les responsables de la Fraternité Saint Pie X. Doctrinalement éloigné d’Écône, François en est humainement proche. Paradoxe pontifical où la périphérie ne peut se passer d’un certain centre.

Certes, la situation n’est pas idyllique. La crise se propage dans de nouveaux domaines, comme la morale, même si elle révèle plutôt des ruptures déjà manifestes ; ainsi, la controverse sur les divorcés remariés est la conséquence de fissures, de comportements enracinés qui ont fini par influencer une partie de la hiérarchie. Mais justement : par le développement d’un catholicisme attaché à une certaine identité sacramentelle, on peut supposer que cette révérence envers les sacrements – qui fait tant défaut – pourra revenir. Si les appels à la tolérance à l’égard de comportements sacrilèges sont si forts, c’est aussi parce que la messe a perdu de sa sacralité dans la vie du catholique. En soi, pour toute l’Église, le développement de la liturgie traditionnelle est un signe positif. Une liturgie ancrée dans le Ciel peut aider à une meilleure vie chretienne. Dans une crise, au fond, tout est lié.

La Fraternité Saint-Pie X va bientôt voir son chapitre général réuni afin de désigner son nouveau supérieur. Ses membres sont déjà au séminaire d’Ecône pour une retraite sacerdotale. Ils prieront pour la FSSPX, mais aussi pour l’Église. Nous pouvons nous associer à leurs prières. La cause de l’Église n’est pas différente de celle du salut pour tous les hommes. Puisse cette réconciliation envisageable nous rappeler qu’il est l’ultime raison des efforts que tout catholique sincère mène  en ce bas monde.

 

 

Europe non francophone #NLH #NLQ

Royaume-Uni : huit ordinations au sein de l’Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham

C’est une communauté qui “marche”. Le samedi 30 juin 2018, à Birmingham, huit prêtres ont été ordonnés pour l’Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham. Ils ont reçu le sacerdoce des mains de Mgr Bernard Longley, à l’oratoire Saint Philippe Neri, lequel abrite les reliques du bienheureux John- Henry Newman, le saint patron de l’ordinariat. Institué en janvier 2011, cet ordinariat personnel regroupe les anglicans qui ont rejoint Rome ; il s’agit d’anglo-catholiques, qui ont refusé certaines dérives doctrinales et morales qui ont eu cour au sein de la communion anglicane à partir des années 1970. Sa juridiction s’étend à l’Angleterre et aux Pays de Galles. Les membres de l’ordinariat bénéficient ainsi d’un rit propre qui utilise les richesses liturgiques et musicales du patrimoine anglais. Au cours de la cérémonie, on pouvait entendre chanter le Newman Consort , le choeur de l’ordinariat.

Les huit nouveaux prêtres ont promis obéissance à Mgr Keith Newton, le responsable de l’Ordinariat Notre-Dame de Walsingham. Deux des prêtres ordonnés ont intégralement suivi leur formation sacerdotale au sein de l’ordinariat. Six autres prêtres sont, eux, d’anciens ministres anglicans, qui ont décidé de rejoindre l’ordinariat.

C’est une bonne nouvelle pour une institution qui se développe et qui démontre une certaine vitalité dans le monde catholique.

Source site independant catholic news

 

Afrique francophone #Dans le Monde #NLQ

Centrafrique : assassinat du Père Firmin Gbaoua et réaction des évêques centrafricains

Le 29 juin 2018, le Père Firmin Gabaoua, vicaire général du diocèse de Bambari (Centrafrique), a été tué. Il est le troisième prêtre tué depuis le début de l’année, ce qui traduit une situation inquiétante et fragile dans un pays déchiré par des affrontements. Selon le site Vatican News, il aurait  reçu « une balle à bout portant dans l’abdomen vers 19h00 vendredi, avant de succomber à ses blessures, alors qu’il était à table pour dîner à l’archevêché de Bambari, en compagnie de confrères ».

Dans un communiqué daté du 30 juin 2018, la Conférence des Évêques de Centrafrique (la CECA) a exprimé son « amertume ». Condamnant « fermement les tueries successives des prêtres qui s’observent ces derniers temps », l’épiscopat centrafricain s’est adressé aux autorités du pays : « Nous interpellons vivement le Gouvernement et la Minusca à coordonner leurs actions pour que les auteurs de ces assassinats soient arrêtés et traduits devant la justice. »

Les évêques posent enfin une question : « à qui  profitent donc toutes ces violences contre l’Église Catholique de Centrafrique ? » Mais surtout, ils appellent les chrétiens « à rester calme et dans la prière pour ne pas tomber dans le piège de ceux qui veulent montrer que chrétiens et musulmans ne peuvent plus vivre ensemble afin de partitionner la nation centrafricaine ».

Source Site de l’Aide à l’Église en détresse (AED)

Afrique francophone #NLQ

Madagascar : le cardinal Tzarahazana exprime ses inquiétudes sur la montée de l’islam

Créé cardinal le 28 juin 2018 par le pape François, Mgr Désiré Tzarahazana, archevêque de Toamasina (Côte est) et président de la conférence épiscopale malgache, s’inquiète de la montée de l’islam dans son pays, employant même le mot “invasion”.  L’évêque met également en cause les financements provenant de pays musulmans : « avec l’argent des pays du Golfe et du Pakistan, ils achètent les gens : on voit des  jeunes partir étudier en Arabie Saoudite et lorsqu’ils reviennent à Madagascar, ils sont imam ».

Outre le constat d’une forte construction de mosquées dans le pays, il remarque aussi les incitations financières à islamiser les comportements : « on donne de l’argent aux femmes pour qu’elles portent le voile intégral, la burqa, dans la rue, afin de manifester l’expansion de l’islam dans le pays. Et le soir, elles remettent leurs habits normaux ». Il dénonce également l’arrivée régulière de groupes de musulmans sur l’île (un rythme qui serait de deux fois par semaine).

Mgr Désiré Tzarahazana lance enfin un appel à une vie chrétienne authentique :

Pourquoi sommes-nous dans cette situation si critique alors qu’il y a une augmentation du nombre de chrétiens et que nos dirigeants sont des chrétiens en majorité ? Si nous étions vraiment chrétiens, nous n’en serions pas là. »

Source La Croix Africa (avec AED)

NLQ #Rome

Un entretien avec le cardinal Müller qui dénonce la protestantisation de l’Église

C’est un entretien donné dans un site américain par le cardinal Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il a été traduit par Jeanne Smits, qui donne aux lecteurs quelques grandes lignes. On pourra retenir les affirmations d’un cardinal qui  fait part de ses circonspections à l’égard de certaines attitudes ecclésiales actuelles génératrices de confusion.

Le cardinal Müller dénonce la sécularisation de certains prélats, le relativisme dans une partie de l’Église ou la volonté de donner la communion à tout le monde, notamment à des personnes qui ne sont pas en état  de grâce ou qui ne sont pas unies à l’Église. Le cardinal Müller appelle aussi à garder à l’esprit “la dimension martyrologique du ministère pétrinien et de la charge épiscopale”. Des positions significatives et fermes.

Dans un entretien fracassant accordé à Catholic World Report, le cardinal Gerhard Müller, débarqué l’an dernier de sa charge de préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, critique durement ce que l’on pourrait synthétiser sous le mot de relativisme au sein même de l’Eglise, en insistant sur la nécessité de sauvegarder la vraie foi, même au prix du martyre. « La foi est nécessaire à la rédemption », a-t-il rappelé, dénonçant un « processus de protestantisation » et visant en particulier l’actuelle controverse sur l’intercommunion avec les protestants souhaitée par les évêques allemands. Le cardinal a dénoncé un faux œcuménisme qui voudrait adapter la foi catholique aux autres dénominations chrétiennes. Et plus largement, au monde…

Pour le cardinal Müller, « un groupe d’évêques allemands, avec leur président (de la conférence épiscopale d’Allemagne) en tête, se voient comme des faiseurs de tendance accompagnant la marche de l’Église catholique vers la modernité ». « Ils considèrent la sécularisation et la déchristianisation de l’Europe comme un développement irréversible. Pour cette raison, la Nouvelle évangélisation – le programme de Jean-Paul II et de Benoît XVI – est à leurs yeux une bataille contre le sens objectif de l’histoire, qui tient de la lutte de Don Quichotte contre les moulins à vent. Ils cherchent, pour l’Eglise, une niche où elle puisse survivre en paix. C’est pourquoi toutes les doctrines de la foi opposées au “mainstream”, le consensus sociétal, doivent être réformées », dénonce le cardinal.
Le cardinal Gerhard Müller a donné un entretien particulièrement vif à “Catholic World Report”

Il y voit la raison pour laquelle il existe une demande pour que la communion soit donnée à des personnes « sans la foi catholique » et aux catholiques « qui ne sont pas dans un état de grâce sanctifiante ». Mais aussi pour la bénédiction des couples homosexuels, l’intercommunion, les attaques contre l’indissolubilité du mariage, la fin du célibat sacerdotal, l’approbation des relations sexuelles avant et en dehors du mariage. « Tels sont leurs buts, et pour les atteindre, ils sont prêts à accepter même la division au sein de la conférence des évêques », dit le cardinal Müller à propos de ces confrères allemands.

« Les fidèles qui prennent la doctrine catholique au sérieux sont taxés de conservatisme et poussés hors de l’Eglise ; ils sont la cible d’une campagne de diffamation de la part des médias libéraux et anti-catholiques », constate encore le cardinal pour qui « de nombreux évêques » considèrent la vérité de la Révélation « comme une variable de plus dans les jeux de pouvoir à l’intérieur de l’Eglise ». (Alors : ce sont les médias ou les évêques qui poussent les catholiques fidèles vers la sortie ?)

Le cardinal poursuit : « Certains d’entre eux (…) pensent que les déclarations du pape François avec des journalistes et des personnalités publiques éloignées de la foi catholique peuvent justifier l’“édulcoration” de vérité définies et infaillibles de la foi. Tout bien considéré, nous sommes aux prises avec un processus flagrant de protestantisation. »

L’intercommunion et les autres nouveautés mises en avant témoignent d’un « processus de protestantisation »

Le cardinal Müller a plus précisément évoqué l’œcuménisme, qui a pour but « la pleine unité de tous les chrétiens », et dont il a rappelé qu’elle est « déjà sacramentellement réalisée au sein de l’Eglise catholique ». « La mondanité de l’épiscopat et du clergé au XVIe siècle a été la cause de la division du christianisme, diamétralement opposé à la volonté du Christ, qui a fondé l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique. La maladie de cette époque-là est aujourd’hui présentée comme le médicament qui permettra de surmonter la division. L’ignorance de la foi catholique à cette époque-là était catastrophique, spécialement parmi les évêques et les papes qui se consacraient davantage à la politique et à la puissance qu’au témoignage de la vérité du Christ », a-t-il déclaré. C’est donc une même ignorance négligence de la foi que l’ex-préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi tient pour responsable des abandons actuels.

Il précise d’ailleurs : « Aujourd’hui, pour de nombreuses personnes, le fait d’être accepté par les médias est plus important que la vérité, pour laquelle il nous appartient aussi de souffrir. Pierre et Paul ont souffert le martyre pour le Christ à Rome, le centre du pouvoir en leur temps. Ils n’étaient pas célébrés par les puissants de ce monde comme des héros, mais plutôt moqués, comme le Christ sur la Croix. Nous ne devons jamais oublier la dimension martyrologique du ministère pétrinien et de la charge épiscopale. »

La suite peut être lue sur le lien suivant.

Source Reinformation.tv

NLQ #Rome

Remise par le pape du pallium à Mgr Michel Aupetit : un geste, une question

Present à Rome le 29 juin 2018 en la fête des saints apôtres Pierre et Paul, Mgr Aupetit a reçu des mains du pape François le pallium – plus exactement, le paquet dans lequel figure le pallium. En effet, ce dernier  doit être remis par le nonce apostolique au cours d’une cérémonie qui doit se tenir à la cathédrale Notre-Dame de Paris, le dimanche 7 octobre prochain.

On peut cependant regretter la remise en deux temps du pallium qui aboutit à la confusion du geste par son « saucissonage » : normalement, le pape François a fait le choix de remettre le pallium dans les Églises métropolitaines par le nonce apostolique, mais, en l’espèce, comme les archevêques – parmi lesquels figuraient Mgr Michel Aupetit – étaient présents à Rome, il a donc remis le pallium mais enfermé dans une boîte.

Mgr Michel Aupetit recevra donc le pallium le 7 octobre 2018, à Paris, des mains de Mgr Luigi Ventura. Cela permet de sauvegarder le choix de sa remise par le nonce apostolique, mais au prix d’une certaine diachronie dans le geste. La logique aurait peut-être été de remettre intégralement le pallium dès lors que le pape et les archevêques sont réunis. Mais la « remise sans remise » conduit à une confusion qui brouille la compréhension du geste. Après tout, la pallium exprime l’unité du pape avec ses métropolitains. Et une remise « moins compliquée » aurait facilité cette compréhension.