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Conférence-témoignage : “Vers une sexualité épanouie” – Le 8 février 2019 à Bayonne (64)

Le Service diocésain de la Pastorale familiale et les Associations Familiales Catholiques (AFC) vous proposent de participer, vendredi 8 février 2019, à 20h30, à la Maison diocésaine de Bayonne (10 avenue Jean Darrigrand), à la conférence-témoignage de Charlotte et Raphaël qui s’intitule : “Vers une sexualité épanouie – Du stérilet aux méthodes naturelles”.
Entrée libre
Renseignements : g.dalancon@diocese64.org

 

NLQ #Points non négociables PNN

Femme qu’as-tu fait de ton corps ?

Caroline Roux, déléguée générale adjointe d’Alliance VITA et directrice de VITA International, livre une réflexion sur les nouvelles formes d’emprise sur le corps des femmes.

Cet article a été écrit pour la revue belge Pastoralia, parue en avril 2018.

De multiples artifices sont déployés pour changer l’apparence physique des femmes mais aussi le fonctionnement de leur corps en intervenant notamment sur la fertilité. A l’heure actuelle, de nouveaux courants émergent : ils remettent en question une forme d’emprise sociale et médicale sur le corps des femmes.

Corps et apparence

Deux évolutions récentes montrent la prise de conscience des incidences délétères du traitement du corps féminin.

En 2016, la ministre du Droits des femmes en Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Simonis, déclarait souhaiter interdire des concours de beauté de mini-Miss, alors que le comité Miss Belgique voulait en organiser, pour les petites filles entre 6 et 10 ans. En France, de tels concours de beauté ont été interdits depuis 2013 pour les moins de 16 ans. Bernard De VOS, délégué général aux droits de l’enfant mettait en garde contre les « conséquences potentiellement désastreuses pour ces petites filles : troubles de l’image, désordres alimentaires, fragilisation identitaire, stress inutile, traumatisme psychologique et, par-dessus tout, la crainte de décevoir ses parents à un âge où chaque enfant a besoin de se savoir aimé et chéri sans condition ».

La loi française dite Mannequin , votée en 2016, « vise à agir sur l’image du corps dans la société pour éviter la promotion d’idéaux de beauté inaccessibles et prévenir l’anorexie chez les jeunes ». Désormais, les photographies à usage commercial présentant des mannequins devront faire mention de « photographie retouchée » lorsque l’apparence corporelle des mannequins est modifiée. La Fédération Wallonie-Bruxelles avait, dès 2009, établi une « Charte pour lutter contre l’anorexie mentale et troubles apparentés, à l’attention du monde de la mode ».

Transformer à outrance l’apparence des corps féminins dans l’espace public peut aboutir à maltraiter les femmes.

Corps et fertilité

Dans le domaine délicat de la sexualité et de la fertilité, les techniques de contraception se sont généralisées : elles entendent libérer les femmes des risques de grossesse. Pilules, stérilets, patch, implants, depuis une quarantaine d’années, des millions de femmes en bonne santé se sont vu prescrire des hormones de synthèse. En France, la crise des pilules de 3ème et 4ème génération a forcé les pouvoirs sanitaires à lever le voile : des familles et des femmes, victimes d’accidents thromboemboliques et d’AVC gravement invalidants, pour certains mortels, ont intenté des procès. Ces générations de pilule ont été déremboursées depuis 2013. Le débat est ouvert en Belgique. Nicolas Lambert, pharmacien d’industrie ayant mis sur le marché des hormones contraceptives, les remet aujourd’hui en question, tout type confondu : « La contraception hormonale n’est pas raisonnable, elle est une véritable incongruité endocrinologique qui ne peut qu’altérer la santé de la femme et sa fertilité ». Certaines femmes font également état de troubles au niveau de la libido et de conséquences sur leur fertilité.

Une nouvelle génération de femmes souhaite ouvrir de nouveaux chemins : elles ont fait les frais de cette médicalisation subie dès leur jeune âge. « Les hommes aiment la pilule parce qu’elle les dégage de toute responsabilité et leur permet de profiter du corps des femmes » écrit Sandrine Debusquat dans son ouvrage J’arrête la pilule.

Corps et maternité

Conséquence d’une approche technicienne, l’échec de planification des naissances est devenu plus difficilement acceptable. Il conduit plus systématiquement vers l’avortement, souvent sous la pression masculine, ou familiale pour les plus jeunes. Or « La maîtrise totale de la fertilité est illusoire[5] » : oubli de pilule, grossesses sous stérilet ou sous pilule. Une étude conduite par le laboratoire Bayer montre que 40 % des femmes belges ont oublié leur pilule le mois précédent.

Peut-on alors réduire la survenue d’une grossesse « non programmée » à un accident de contraception que l’IVG doit pouvoir effacer ? Dans la réalité, les choses ne sont pas si simples. La découverte d’un test de grossesse positif est toujours un moment émotionnel intense, que la grossesse soit bienvenue ou pas. Impact physique et psychique pour celle qui vit la maternité dans son corps : c’est toute la différence avec l‘homme pour qui la grossesse est plus abstraite. Nous constatons que ces impacts inscrits dans le corps et le cœur peuvent se manifester douloureusement après un avortement.

Ce manque de conscience de l’impact de la maternité sur les femmes se retrouve dans la pratique des mères porteuses, dénommée de manière si aliénante « gestation pour autrui ». Connaissant toutes les interactions entre la mère et le bébé durant les neuf mois de grossesse, séparer intentionnellement l’enfant à la naissance de celle qui l’a porté, ne constitue-t-elle pas une violence faite à la femme, et aussi à l’enfant ? Sans compter la marchandisation que représentent de telles pratiques.

Pour une écologie du corps

Des jeunes femmes de l’ère post-pilule revendiquent actuellement une approche plus écologique de leur corps. La fertilité continue est l’apanage des hommes ; les rythmes féminins, au contraire discontinus, peuvent se révéler une chance pour exercer une maternité responsable, sans recours médical. Comme le rappelle le biologiste Jacques Testart[7] « L’être humain à la différence des animaux a une capacité de procréation limitée évaluée à 10 % de la vie d’une femme car cela n’arrive qu’une semaine par mois autour du moment de l’ovulation. ».

La philosophe Marianne Durano, collaboratrice de la revue d’écologie intégrale Limite, vient de publier « Mon corps ne vous appartient pas » dans lequel elle dénonce l’emprise médicale excessive sur le corps des femmes. Elle souligne que « la mentalité technicienne dissocie la femme de son propre corps. Pourtant il suffit d’un peu d’entraînement et de beaucoup d’estime de soi pour apprendre à repérer ses périodes fécondes ou infécondes ». Elle plaide pour « la possibilité d’une sexualité authentiquement égalitaire, tenant compte de ce corps à corps fécond qu’est l’acte sexuel. » Certes il s’agit d’un chemin exigeant, qui demande un véritable dialogue entre les hommes et les femmes. Découvrir la richesse des capacités de nos corps, apprendre à les apprivoiser, non pas artificiellement mais de manière autonome, constitue un enjeu social et écologique.

Impliquer les hommes dans le respect de la temporalité du corps des femmes, voilà un immense défi qui pourrait révolutionner nos relations humaines.

 

Caroline Roux

 

Source Alliance Vita

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Fertilité, une aventure de couple

Milène et Stéphan vivent en couple. Souhaitant vivre leur sexualité naturellement et de manière responsable et autonome, ils ont d’abord choisi de se former à la méthode Billings, puis à la méthode sympto-thermique – celle qu’ils enseignent maintenant. Ils n’ont pas d’enfant, et orientent leur vision de la Fertilité vers les autres couples afin de témoigner auprès d’eux de cette liberté qu’ils ont découverte. En plus d’être conseillers en méthode des indices combinés (devenue Sensiplan®), ils ont co-écrit le livre « Vivre sa fertilité naturellement avec les indices combinés », préfacé par le Pr. Henri Joyeux, et animent des formations à cette méthode… parfois en couple. Vous imaginez donc que quand le Skype a fini par marcher (gloups), c’est naturellement « à deux voix » qu’ils ont répondu à mes questions.

Cycle Naturel : Vous nous racontez un peu votre histoire ?

Stéphan : Au début de notre histoire, Milène m’a demandé ce que je pensais de la pilule, contraception qu’elle avait déjà utilisée dans une relation précédente. Assez instinctivement, je lui ai répondu que je trouvais étrange de gérer sa fertilité avec un médicament. Je ne savais pas alors jusqu’où cette réponse allait nous mener… mais j’avais exprimé ma voix. Nous avons d’abord utilisé le préservatif. Mais sentant que nous n’étions pas entiers dans nos relations sexuelles, nous avons exploré d’autres voies. En parlant à des amis, Milène a découvert la glaire cervicale comme signe de fertilité, et la méthode Billings, à laquelle elle s’est formée, tandis que moi je découvrais pas à pas le terme « abstinence ». J’avais trouvé une voie à explorer, sur laquelle être acteur moi aussi. Sous un premier regard le terme peut paraître péjoratif ou négatif, et au début je l’ai pris comme tel. Et puis finalement en me demandant ‘de quoi’ je devais m’abstenir, j’ai commencé à m’interroger sur ce dont je devais être conscient : mon désir, mes pulsions, mon énergie sexuelle. Milène, de même, a découvert son corps et sa fertilité. Et entre nous un grand dialogue s’est ouvert sur le sens de notre sexualité : que représente-t-elle pour nous ? Comment voulons-nous la vivre ? Et l’histoire continue aujourd’hui encore !

Milène : Ayant envie de partager cette découverte, nous nous sommes formés en 2005 auprès du PFN (planning familial naturel) en Belgique comme conseillers en fertilité, à la méthode des indices combinés (ou sympto-thermique), considérée comme la plus efficace des méthodes naturelles de contraception. J’utilise le mot contraception car c’est celui qui parle aux gens mais en fait, on est bien au-delà d’ « éviter une grossesse » ! C’est une manière de vivre dans son corps, dans son couple, dans son expression amoureuse. En 2011 nous avons écrit notre livre, qui a été réédité en 2014. Nous avons ensuite suivi une formation complémentaire pour enseigner cette méthode sous son appellation allemande Sensiplan. Aujourd’hui, nous continuons d’animer des journées de formation et d’échanges dans de nombreuses villes de France.

Cycle Naturel : Concrètement, en quoi consiste cette méthode ?

Cette méthode rend possible la compréhension du fonctionnement de la fertilité. Aussi efficace que la pilule, elle peut être utilisée pour différer ou favoriser une grossesse. Elle combine la prise de votre température, et/ou l’observation de la glaire cervicale (ou mucus) sécrétée au niveau du col de l’utérus, et/ou l’autopalpation du col de l’utérus, ainsi qu’un calcul de calendrier. Ces indicateurs varient suffisamment au fil du cycle pour qu’il devienne ainsi possible de distinguer soi-même, de manière très précise, les jours infertiles des jours fertiles de son cycle. Pendant la période fertile, certains couples s’abstiennent, d’autres ont recours au préservatif.

C’est une méthode naturelle très efficace puisqu’un indicateur peut être vérifié par un autre. C’est une démarche scientifique et simple dans son utilisation. Une seule journée de formation suffit pour l’apprendre. Puis la formatrice accompagne le couple pour s’approprier la méthode et la femme prend le temps d’intégrer les connaissances à travers son corps. Pendant l’apprentissage, 5 minutes par jour sont nécessaires pendant environ 10 jours par cycle (la période fertile). Avec l’habitude, moins d’une minute par jour suffit. La méthode des indices combinés a été mise au point par le Dr. Anna Flynn, gynécologue obstétricienne, en 1982. C’est une approche simple, naturelle et respectueuse de la femme et du couple. La connaissance de soi que l’on acquiert permet de se sentir acteur et responsable de sa santé.

Milène, vous avez accompagné de nombreuses femmes dans l’apprentissage de cette méthode sympto-thermique, notamment après l’arrêt de la pilule. Quels étaient leurs moteurs ? Quels sont les principaux freins qu’il a fallu désamorcer ?

Les femmes sentent que la pilule modifie leurs émotions et parfois leur caractère. Certaines prennent même conscience d’une camisole hormonale qui les empêche de connaître leur cycle : une partie d’elle leur demeure inconnue. D’autres ont de vrais problèmes de santé, des problèmes hormonaux, un mal-être psychologique ou des infections gynécologiques à répétitions, une baisse de libido… qui les poussent à stopper la pilule pour laisser leurs corps « se reposer » et récupérer des forces. Les scandales liés à la pilule vont aussi dans ce sens et encouragent les femmes à un « retour au naturel ». Les femmes que je rencontre et que je forme souhaitent reprendre les rênes de leur vie en commençant par reconquérir leurs forces primordiales. Je remarque que c’est une première démarche, souvent suivie d’un changement de leur hygiène de vie.

Mais elles sont aussi bloquées ou freinées par certains aspects :

diminution de la quantité des rapports sexuels (pour passer à une meilleure qualité de la relation, ce qu’elles ne perçoivent pas encore)
manque de confiance en elle, en leur capacité à s’observer, en la méthode, etc.
avis contraire de leur gynécologue ou médecin qui nie les effets néfastes de la pilule sur leur santé ou bien-être, et l’inconfort du recours aux contraceptifs médicalisés.
Et finalement que découvrent-elles ?

Elles découvrent que leurs corps, leur sexe, leur intimité sont existants et bien vivants ! ! ! Que leur cycle « fonctionne » et qu’elles sont fertiles. Qu’elles peuvent se sentir en sécurité et partager cette connaissance avec leur compagnon, qui à son tour découvre une femme mature vis-à-vis de son corps.

Les femmes sont joyeuses de reprendre le pouvoir sur elles, de vivre selon leur rythme naturel et non plus de suivre un non-rythme rendu linéaire par la consommation de la pilule contraceptive. Elles découvrent qu’apprendre à gérer sa fertilité est à l’image de la nature qui exige de comprendre son langage, avec un grand bénéfice sur leur santé.

Dans les groupes que je forme il y a souvent un ou deux couples, et les hommes sont heureux d’être là, certains sont même ceux qui ont poussé leur femme à suivre une formation ! Les autres, ils ne sont pas là, mais reconnaissons qu’on les a tellement rejetés par le passé…

Dans notre livre nous décrivons la théorie de la méthode, mais la fertilité est une énergie ‘maternelle’ et la transmission de ces connaissances nécessitent un lieu d’échanges ! C’est pourquoi les formations* que nous organisons permettent aux femmes d’être écoutées là où elles en sont.

Cycle Naturel : On lit souvent que recourir aux méthodes d’observation de la fertilité a comme fruit une sexualité plus épanouie. Cela paraît un peu paradoxal (abstinence pendant la période fertile, « programmation » des rapports sexuels…). Qu’en pensez-vous ?

Stéphan : La puissance et la place de chaque partenaire sont respectées. C’est le chemin vers ce que nous appelons avec Milène une « sexualité consciente ». Notre énergie sexuelle est une puissante énergie de vie, « automatique », « instinctive ». Mais au lieu de prendre pour garder et pour satisfaire ses besoins, nous apprenons à donner pour mieux recevoir. Une dynamique joyeuse se met en place, les deux êtres se positionnent. Finalement ces méthodes ouvrent au dialogue. Le sexe n’est pas un dû, nous devons mettre en cohérence nos forces de vie.

Dans la phase fertile, le couple peut recycler ses énergies et les repousser à quelques jours : nous nous donnons un rendez-vous d’amour. Puis en phase infertile, nous continuons à vivre cette expérience du donner/recevoir, dans la dynamique que nous venons d’expérimenter.

Cette alternance d’abstinence, puis d’échanges « entiers » n’est pas évidente au début ! Un combat se fait car en tant que corps je ne veux pas renier mon désir sexuel, mais en tant qu’esprit je m’interroge : que puis-je lui ajouter pour qu’il soit respectueux pour nous deux ? Et j’ai découvert que l’on peut même transformer son énergie sexuelle en la recyclant. Oui, on passe de la sexualité qui veut prendre, à celle qui veut donner.

Stéphan, les méthodes naturelles ont beaucoup de bénéfices pour la femme, on le devine : pas d’effets secondaires, santé préservée, connaissance de son corps, confiance en soi, autonomie. De son côté, est-ce que l’homme doit « subir » ? Y trouvez-vous des joies aussi ?

C’est tout le contraire ! C’est la seule « contraception » (excusez-moi le terme) où l’homme est acteur. La pilule nous a rejetés de notre responsabilité. Là je retrouve toute ma place. Déjà je ne suis plus dans l’ignorance du cycle que vit ma compagne. Mieux encore : nous témoignons même auprès des couples que c’est moi qui « suit » le cycle de Milène. Cela me permet d’investir et de mieux le comprendre, mais aussi de trouver mon propre rythme. De manière très claire et très précise, la fertilité se dessine sur un cycle donné. Et j’entre moi aussi dans la « danse de la fertilité » ! Alors que le Masculin, du point de vu de la sexualité, est plus instinctif – et plus linéaire – que le Féminin, cette participation me permet de ne pas arriver en terrain conquis, mais au contraire d’écouter ma compagne, de savoir où elle en est, et de prendre conscience de mes propres désirs, afin d’apprendre à les conjuguer au delà de l’acte sexuel.

Finalement, vous témoignez d’une véritable ‘aventure de couple’ qui vous permet de mettre la sexualité au service de votre amour. Je vous laisse le mot de la fin, pour nourrir la prochaine discussion de couple de celles et ceux qui nous lisent ?

Oui, pour nous c’est le b-a-ba. Enfin, c’est notre b-a-ba. A chaque couple son expérience, à chacun son chemin. Avec Milène, nous sommes aujourd’hui heureux de vivre notre sexualité en harmonie avec nos corps, et avons finalement trouvé notre réponse à la question « de quoi devons-nous nous abstenir ? » : en fait, nous nous abstenons de ne penser qu’à nous-mêmes, d’être égoïstes ! C’est devenu une évidence, et ce n’est donc que de la joie.

* : formations d’une journée (10h-18h) organisées dans plusieurs villes de France (Cannes, Chateaudun, Le Mans, Rennes, Strasbourg, Paris…). Groupes d’une dizaine de personnes, couples bienvenus. RDV sur le site fertiliteconsciente.fr pour plus d’informations.

 

Source Cycle naturel