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L’abbaye de Jouques : des soeurs qui rayonnent… en Provence !

Un article de Divine Box.

Ce mois-ci, Divine Box vous fait découvrir les bénédictines de l’abbaye Notre-Dame de Fidélité de Jouques, en Provence ! À l’occasion de la Divine Box de juillet du mois de juillet, qui comporte leur incroyable tapenade, on vous raconte tout sur elle : son histoire, ses évolutions, ses petites anecdotes… et ses produits monastiques !

La splendide abbaye de Jouques se trouve en Provence, entourée de champs de lavande – Divine Box

Vive le roi !

Tout commence au lendemain de la Révolution, en 1816… À l’époque, la princesse Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé souhaite en effet fonder une communauté de bénédictines. Pour s’installer, son cousin Louis XVIII (et roi de France, tout de même) lui offre alors le “Temple”, ancienne prison de Louis XVI ! Mais, après des débuts encourageants pour les soeurs, la donation du “Prieuré Saint-Louis du Temple” est annulée après la révolution de 1848. Les soeurs doivent alors fuir. Sauve qui peut !

En cavale…

Pour retomber sur ses pattes, la communauté s’installe alors rue Monsieur, à Paris, où elle fonde un pensionnat. Mais le climat politique n’est pas vraiment propice ! D’abord menacées en 1904, les soeurs sont ensuite chassées en 1938, quand le monastère est mis en vente. Oui oui, sans scrupule. Cette fois, direction Meudon ! Au programme : une installation “provisoire” avant de trouver de meilleures conditions. Pour la petite histoire, cette période “provisoire” durera quand même plus de douze ans…

 

Abbaye de Jouques : on y est !

Tout est bien qui finit bien : après la guerre, en 1951, la communauté s’installe à Limon dans l’Essonne, dans une toute nouvelle abbaye que les soeurs ont fait construire. La communauté, nombreuse et rayonnante, envoie alors en 1967 un groupe de bénédictines à Jouques en Provence pour fonder un monastère. On y est ! Enfin presque, puisqu’en réalité les sœurs vivent au départ dans une ferme. Une vie monastique plutôt “surprenante” donc, mais à laquelle les soeurs s’accommodent très vite !

Côme visite les magnifiques vignes de l’abbaye de Jouques en compagnie de deux soeurs – Divine Box

L’abbaye de Jouques rayonne

Très vite, la vie bat son plein à Jouques, et la communauté cartonne ! Les travaux d’aménagement sont terminés en deux ans, le nombre de soeurs augmente vite, et la communauté atteint rapidement l’autonomie. La nature provençale (vignes et oliviers au premier plan !) apporte aux soeurs ce dont elles ont besoin, et la dépendance vis-à-vis de l’abbaye-mère de Limon s’estompe peu à peu. Jouques devient officiellement une abbaye autonome en 1981 ! Et face au nombre de soeurs qui augmente, Jouques doit songer à fonder, à son tour…

 

Vers de nouvelles contrées !

Au début des années 1990, l’abbaye de Jouques regroupe en effet plus de cinquante soeurs, qui sont donc à l’étroit… Un petit groupe de soeurs file alors direction Rosans, dans les Hautes-Alpes, et s’installent dans… une vieille ferme. Décidément ! Puis, à nouveau en 2005, cinq sœurs de Jouques s’envolent direction le Bénin pour y implanter la vie contemplative. C’est pas beau ça ?

 

Et aujourd’hui ; où en est l’abbaye Notre-Dame de Fidélité de Jouques ?

Aujourd’hui, l’abbaye de Jouques compte quarante-cinq sœurs bénédictines qui continuent de suivre la règle de Saint-Benoît “ora et labora” : prière et travail. Elles assistent ainsi à sept offices par jour (le premier à cinq heures du matin !), et travaillent de leurs mains pour subvenir à leurs besoins. En particulier, elles ont une agriculture relativement développée, et un bel atelier de reliure. Et, bien évidemment, les soeurs tiennent une petite hôtellerie sous ce soleil de Provence : avis aux amateurs de paix et de repos !

Les soeurs bénédictines de Jouques présentent à Astrid leur boutique avec tous leurs produits monastiques – Divine Box

 

A l’abbaye de Jouques : silence ça pousse !

On vous le disait juste avant : les soeurs de Jouques cultivent la nature avec brio ! Plus de huit hectares de vignes sont par exemple entretenues toute l’année et vendangées par les soeurs. L’abbaye est aussi entourée de plus de deux hectares d’oliviers, que les soeurs récoltent pour en faire de l’huile d’olive. Et côté basse-cour, les soeurs bichonnent leurs quelques vaches, leurs ânes et une centaine de poules ! Sans parler de leurs fruits et légumes, miel, et lavande… Un petit paradis, on vous dit, foncez-y !

 

Les sacrées soeur de l’abbaye de Jouques… !

Un des produits phares des soeurs est le vin, issu des vignes de l’abbaye. Et en la matière, les soeurs aiment bien plaisanter ! Une parcelle de vignes, très capricieuse et dure à entretenir, s’appelle par exemple “la parcelle Saint-Jérôme”, en référence au saint, connu pour ses grandes colères. Plus récemment, les soeurs ont sorti un tout nouveau vin, baptisé “Louange”. Et sur l’étiquette, on peut y lire “Sa louange sera toujours sur ma bouche”. Qui a dit que les religieuses n’avaient pas d’humour ?

 

Et pour goûter leurs produits ?

Pour goûter les produits de l’abbaye de Jouques, plusieurs solutions s’offrent à vous. D’abord, sachez que la Divine Box de juillet contiendra leur fameuse tapenade aux olives noires ! Sinon le mieux est encore de se rendre sur place pour aller leur faire un petit coucou. Elles vous accueilleront avec grand plaisir !

A la une #NLQ

L’édito – Education, le chaînon bobo manquant

Le monde selon mes (au demeurant sympathiques) voisins (de restaurant) bobos.

Il est très instructif de se retrouver seul à côté d’une table de gentils bobos génération 68… A les écouter, on découvre qu’en fait leur référentiel et leur univers quotidien … ce sont les médias … c’est même leur bible. J’avoue être resté sidéré sans à peine y croire : ils gobent tout !  C’est leur unique référentiel … Aucune remise en cause ils avalent tout … Et non ce n’est pas le peuple des banlieues non non ! ce sont des « petits bourgeois » (selon l’expression consacrée quoique discutable) qui sont persuadés d’être libres et cultivés …. Je bats ma coulpe, je ne pensais pas que ça existait encore ! Ils ont un avis sur tout … sauf que… c’est le même que l’Express et autre Arte, Canal plus. Mais le drame est qu’ils sont persuadés d’avoir une pensée libre et originale, indépendante …. C’est au fond triste et effrayant. …

Ainsi, le monde selon les bobos ressemble (sans que je n’ai rien ajouté ni caricaturé) à ceci :

Poutine est un dictateur qui affame son peuple pour préparer la guerre à l’Europe et s’allie avec la Chine pour ça. Trump est un aliéné qui va bientôt être destitué. L’Espagne est une destination à éviter à cause de la révolution qui met le pays en état de guerre. La Syrie est un pays que son président (dont on ne se souvient plus du nom) a forcé à la guerre en inventant la menace Daesh pour se maintenir au pouvoir. Le pape va enfin libérer l’Eglise. Les migrants sont en danger de mort permanente dans leur pays. Macron est un jeune dynamique, mais quand même, il touche trop à nos impôts. La femme en France vit un enfer au milieu d’un peuple de machos. L’islamisme est une invention de Marine. L’Europe c’est l’avenir.

Seuls problèmes réels … la femme qui reste en cuisine pour préparer l’entrée, le mari seul à faire cuire les saucisses sur son barbecue, les bons produits qu’il faut courir aller chercher à droite, à gauche parce que la meilleure viande est aux halles de Vannes, le meilleur poisson à Carnac, le meilleur pain à Plouharnel, les meilleurs légumes à Rennes. Ah et n’oublions pas cette éducation débile (sic) qui nous a imposé de boire un vin liquoreux avec du foie gras, un rouge avec du fromage ! « Ah mais moi je suis libre parce que je bois du blanc avec mon fromage ! Déjà toute petite j’emm… mes parents … comme ma fille mais j’assume ! »

À côté de ça, ils sont en couples depuis 40 ans et s’attristent que leurs enfants ne connaissent pas le bonheur de la fidélité. Mais que voulez-vous ils n’ont pas un mode facile !

Le monde vu du réel

Poutine correspond à l’âme russe et se détourne d’une Europe en laquelle il ne croit plus. De tout temps l’histoire russe regarde aussi la Chine. Les sondages américains montrent un peuple plutôt satisfait et une économie qui semble repartir. Ah oui Trump est pro vie … L’Espagne est tout simplement confrontée aux sempiternelles sursauts d’une histoire qui n’a jamais réussi l’intégration comme l’ont fait de manière unique les rois de France et plus tard l’Italie. La Syrie aurait pu sortir de la guerre bien plus tôt si Obama et Hollande avait fait moins de démocrato-idéologie, tout comme il y a un siècle la guerre aurait pu finir deux ans plus tôt si l’idéologie internationaliste de Clemenceau ne s’y était pas personnellement opposée. La Syrie, comme tout le Moyen-Orient répond à des logiques culturelles qui ne sont pas celles de l’Occident, ni même celles de l’Afrique. Et oui être cultivé c’est aussi savoir que le monde n’est pas le décalque de la pointe bretonne.

Le pape est très conservateur pour tout ce qui concerne la vie et n’est pas près de bouger dans le sens bobo sur ce point. Sans compter qu’il parle infiniment plus du péché et du diable que ses deux intégristes de prédécesseurs. Les progressistes de la Curie sont bien plus opposés à lui que les tradis par nature respectueux des institutions. Les migrants viennent majoritairement de pays sans problème politique et sont, dans une écrasante majorité, des musulmans pratiquants, c’est-à-dire par définition, ce que les occidentaux appellent, selon leurs critères, des extrémistes radicaux. L’Europe est au bord de l’asphyxie, tenue par une idéologie onusienne dont les peuples de l’Est ne veulent pas et que subissent béatement les peuples de l’Ouest à qui on brandit l’effondrement du Royaume-Uni comme perspective. Sauf que… les anglais préparent leur retrait depuis 20 ans.

Quant aux problèmes domestiques … Ah le bon temps où les aristocrates opprimant les vilains serfs et les bourgeois (les méchants pas les bobos) avaient du personnel à exploiter !

Et pour ce qui est du vin blanc avec le fromage comme symbole de liberté … moi je dis vive la Savoie libre !

Bref et sans doute c’est là qu’est l’os hélas… Un bel exemple de fidélité qui peut être s’enracine dans ce monde ancien qu’ils ont refusé de transmettre et dont ils pleurent l’absence chez leurs enfants ? Dans l’éducation, le chaînon manquant ne serait-il pas bobo ?

 

Pierre Selas

Conférences/Formations #NLQ

La fidélité : garantie d’une croissance dynamique – conférence de l’abbé Seguin à Paris le 24 mars 2018

La fidélité : garantie d’une croissance dynamique


Par Monsieur l’abbé Guillaume SEGUIN, ancien aumônier de Stanislas et de Saint-Jean-de-Passy. Une conférence organisée par l’ILFM et la Fondation pour l’Ecole.

Samedi 24 mars, 18h-19h30, au Lycée Saint-Jean-de-Passy, 2 rue des vignes, 75016 Paris.
Pour s’inscrire : contact@fondatoinpourlecole.org
Evènement facebook.

NLQ #Récollections/Retraites

Récollection Communion Notre-Dame de l’Alliance – 21-22 octobre à Godewaersvelde

L’association Communion Notre-Dame de l’Alliance organise un temps de récollection sur le thème “Silence – Ecoute – Communion” pour les hommes ou les femmes ayant fait le choix de la fidélité à leur conjoint et au sacrement du mariage malgré la séparation ou le divorce.

Cette récollection se déroulera du  21 octobre (14h) au 22 octobre (16h) à l’Abbaye Sainte Marie du Mont des Cats à  Godewaersvelde.

Contact : Etienne Delobel, co-responsable du groupe Flandres-Artois de la Communion Notre-Dame de l’Alliance :
etienne.delobel@free.fr

Brèves

Une campagne pour la fidélité – Pour que’amour rime avec toujours

Face aux campagnes sur l’infidélité, le libertinage et autres échangismes, une affiche circule qui rappelle l’essentiel : le bonheur, pour être, à besoin de fidélité, sans quoi l’incertitude de demain perturbe la joie qui ne peut s’installer et s’ouvrir en bonheur.

L’incertitude liée à l’infidélité “possible” est comme le vers qui ronge le fruit du  bonheur et le gâte.

amour fidéité

Doctrine / Formation

De l’importance des consacrés

Par un moine de Triors,

 

Grâce à Jean-Paul II, le 2 février est devenu la journée des religieux. Le choix de ce jour est très heureux, tant l’Évangile qui y est proclamé encourage et illumine tout consacré à poursuivre avec ardeur et persévérance la sequela Christi qu’il a embrassée en pleine liberté, en vue de porter des fruits rédempteurs pour lui-même et pour ses frères. Cet Évangile délivre aussi les religieux de toute autosuffisance qui à l’inverse les rendrait stériles.

Or nous vivons précisément une époque où la fidélité jusqu’à la mort devient extrêmement difficile, en raison d’une mentalité de changement constant et de provisoire dominante chez nos contemporains. C’est vrai pour le mariage, c’est encore plus vrai pour la vie religieuse. Notre culture de provisoire qui établit le vivre à la carte rend les hommes esclaves des modes éphémères et les éloigne des valeurs évangéliques fondamentales et pérennes. Ainsi, les renoncements réclamés par une vie qui se veut toute consacrée à Dieu dans la durée semblent impossibles à réaliser. L’époque d’internet non seulement ne facilite pas le silence absolument nécessaire, mais encore place les aspirants à la vie religieuse dans une situation socioculturelle aux antipodes de la vie religieuse. Ainsi beaucoup de jeunes deviennent victimes de cette logique de la modernité ; logique fausse mais qui en séduit hélas beaucoup, même si une jeunesse nouvelle entend conserver sa liberté qu’elle veut mettre au service de la vérité. Car quand l’homme aime vraiment, il ne prévoit pas le moment où il n’aimera plus. S’il a bâti sur le roc qu’est le Christ, toutes les intempéries peuvent arriver et le religieux, comme tout chrétien d’ailleurs, restera fidèle, comme les vieux chênes séculaires de nos campagnes.

La fidélité doit conduire à la sainteté. Le religieux embrasse la vie consacrée pour devenir par l’imitation du Christ un saint, un témoin des béatitudes. Hélas, il y a des contre témoignages. Mais à la vérité, il y en a toujours eu. La vie religieuse est vie au désert et on y rencontre Dieu, mais aussi le diable, l’ennemi du genre humain qui utilisera tous les moyens pour empêcher un religieux de parvenir à l’union au Christ et par là à la sainteté : routine, acédie, attrait des choses matérielles et amour de l’argent, divisions internes, recherche du pouvoir. En un mot, le religieux devra toute sa vie lutter contre les trois concupiscences dont parle saint Jean.

Notons toutefois que l’une des caractéristiques de la vie religieuse, à savoir la vie fraternelle en communauté, favorise étroitement non seulement le désir de sainteté, mais encore la réalisation de ce saint désir. Alors que l’ermite doit lutter tout seul, le religieux lutte avec des frères. On remarquera aussi que la vocation comme la foi est un trésor, certes porté dans un vase d’argile, mais un trésor qui est don absolument gratuit d’un Dieu de miséricorde qui veut une rencontre personnelle avec sa créature. Et ce Dieu miséricordieux est fidèle. Pour être comme son Seigneur fidèle et avoir les mêmes sentiments que lui, le religieux devra impérativement regarder constamment le Christ. Les infidélités viennent la plupart du temps de distractions et de déviations causées par le fait que l’on veut regarder autre chose que le Christ lui-même. Et on touche du doigt l’importance pour la vie religieuse non seulement de la conventualité, mais encore de l’accompagnement spirituel. Prions pour que avec Marie, tous les religieux accompagnent le Christ vers la Jérusalem céleste, comme les pèlerins d’Emmaüs le jour de Pâque.

L’homélie du Pape

Lorsque les parents de Jésus ont porté l’Enfant pour accomplir les prescriptions de la Loi, Syméon, « sous l’action de l’Esprit » (Lc 2, 27), prend l’Enfant dans ses bras et commence à louer. Un cantique de bénédiction et de louange : « Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël » (Lc 2, 30-32). Non seulement Syméon a pu voir, mais il a eu aussi le privilège d’embrasser l’espérance attendue, et cela le fait exulter de joie. Son cœur se réjouit parce que Dieu habite au milieu de son peuple ; il le sent chair de sa chair.

La liturgie d’aujourd’hui nous dit qu’avec ce rite (quarante jours après la naissance) « Jésus (…) se conformait (…) à la loi du Seigneur, mais (que), en vérité, il venait à la rencontre du peuple des croyants » (Missel Romain, 2 février, Monition de la procession d’entrée). La rencontre de Dieu avec son peuple suscite la joie et renouvelle l’espérance.

Le chant de Syméon est le chant de l’homme croyant qui, à la fin de ses jours, peut affirmer : c’est vrai, l’espérance en Dieu ne déçoit jamais (cf. Rm 5, 5), il ne trompe pas. Syméon et Anne, dans leur vieillesse, sont capables d’une nouvelle fécondité, et ils en témoignent en chantant : la vie mérite d’être vécue avec espérance parce que le Seigneur garde sa promesse ; et Jésus lui-même expliquera cette promesse dans la synagogue de Nazareth : les malades, les prisonniers, ceux qui sont seuls, les pauvres, les personnes âgées, les pécheurs sont invités, eux aussi, à entonner le même chant d’espérance ; Jésus est avec eux, il est avec nous (cf. Lc 4, 18-19).

Louange faite chair

Ce chant d’espérance, nous l’avons reçu en héritage de nos pères. Ils nous ont engagés dans cette « dynamique ». Sur leurs visages, dans leurs vies, dans leur dévouement quotidien et constant, nous avons pu voir comment cette louange s’est faite chair. Nous sommes héritiers des rêves de nos pères, héritiers de l’espérance qui n’a pas déçu nos mères et nos pères fondateurs, nos aînés. Nous sommes héritiers de nos anciens qui ont eu le courage de rêver ; et comme eux, aujourd’hui, nous voulons, nous aussi, chanter : Dieu ne trompe pas, l’espérance en lui ne déçoit pas. Dieu vient à la rencontre de son peuple. Et nous voulons chanter en nous introduisant dans la prophétie de Joël : «  Je répandrai mon pouvoir sur tout esprit de chair, vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens seront instruits par des songes, et vos jeunes gens par des visions » (3, 1).

Cela nous fait du bien d’accueillir le rêve de nos pères pour pouvoir prophétiser aujourd’hui et retrouver ce qui un jour a enflammé notre cœur. Rêve et prophétie ensemble. Mémoire de la façon dont ont rêvé nos anciens, nos pères et mères et courage pour poursuivre, prophétiquement, ce rêve.

Cette attitude nous rendra féconds, nous, personnes consacrées, mais surtout elle nous préservera d’une tentation qui peut rendre stérile notre vie consacrée : la tentation de la survie. Un mal qui peut s’installer peu à peu en nous, dans nos communautés. L’attitude de survie nous fait devenir réactionnaires, peureux ; elle nous enferme lentement et silencieusement dans nos maisons et dans nos schémas. Elle nous projette en arrière, vers les exploits glorieux – mais passés – qui, au lieu de susciter la créativité prophétique issue des rêves de nos fondateurs, cherchent des raccourcis pour fuir les défis qui aujourd’hui frappent à nos portes. La psychologie de la survie ôte la force à nos charismes parce qu’elle nous conduit à les « domestiquer », à les ramener « à portée de main » mais en les privant de cette force créatrice qu’ils ont inaugurée ; elle fait en sorte que nous voulons davantage protéger des espaces, des édifices ou des structures que rendre possibles de nouveaux processus. La tentation de la survie nous fait oublier la grâce, elle fait de nous des professionnels du sacré mais non des pères, des mères ou des frères de l’espérance que nous avons été appelés à prophétiser. Ce climat de survie endurcit le cœur de nos aînés en les privant de la capacité de rêver et, ainsi, stérilise la prophétie que les plus jeunes sont appelés à annoncer et à réaliser. En peu de mots, la tentation de la survie transforme en danger, en menace, en tragédie ce que le Seigneur nous présente comme une opportunité pour la mission. Cette attitude n’est pas propre uniquement à la vie consacrée, mais à titre particulier nous sommes invités à nous garder d’y succomber.

 

 Lire la suite sur l’espérance, sur le site de L’Homme nouveau

NLQ #Points non négociables PNN

Affiche VIH, une nouvelle polémique via Béziers : aimer ou faire l’amour ?

 

La campagne de prévention du sida menée à grands frais par le gouvernement s’est doublée d’une polémique qui a totalement déplacé la question et probablement atteint son but officieux sinon l’objet officiel de la campagne.

Nous savons que la sexualité libérée de ces dernières décennies a ouvert une ère de volatilité sexuelle et de pratiques pour le moins originales que le Kamasutra n’aurait pas lui-même imaginé. L’échange de partenaires, la pratique du jetable ont fait de l’amour un succédané kleenex au point que “faire l’amour” c’est “coucher”. A amalgamer tous les mots on ne se rend plus compte que faire l’amour et aimer sont pourtant un seul et même mot. Ainsi on transforme ce qui devrait être l’apothéose de l’amour conjugal en une forme de masturbation à deux. Et pour cela point n’est besoin d’être homosexuel.

Alors pourquoi avoir concentré cette campagne sur les seuls rapports sexuels entre partenaires du même sexe. On peut y voir une volonté de promouvoir, ou pour le moins “d’accoutumer” l’inconscient collectif à la pratique homosexuelle. Et probablement, à la vue de la seconde campagne en cours, il y a de cela. Mais ceci répond également à une vérité non dite, cette sexualité kleenex qui touche homosexuels comme hétérosexuels et autres pose dans le milieu dit homosexuel un vrai problème, ces derniers étant à nouveau très réticents à l’usage du préservatif qui ne procurerait pas “le même plaisir”. Ceci nous renvoyant du reste au principe de l’amour kleenex.

Cette campagne est donc bien ciblée tant du point de vue idéologique que du point de vue de la population à risque. Ce qui n’est guère aimable de la part du gouvernement qui stigmatise là cette population. Mais comme le disait le maire du Chesnay, il eut été possible de dire la même chose de façon plus pudique. Car il est peu probable que cette campagne qui vante la pratique kleenex et promeut la relation de type homosexuel, ait atteint son but préventif. En revanche il a semé la discorde à nouveau dans l’opinion. Le président de l’apaisement n’aura finalement fait que jeter de l’huile sur le feu durant 5 ans.

Alors face à cela le maire de Béziers a lancé une autre campagne de prévention : la fidélité.

Une campagne intéressante à plus d’un point. D’abord, entrant dans la polémique elle ne présente que des couples hétérosexuels. Cela a au moins le mérite de ne pas stigmatiser une part de la population. Portant les réactions tweeter montrent que la population homosexuelle s’est sentie à son tour offensée parce qu’exclue de cette campagne. Notons que les hétérosexuels ne s’étaient pas sentis offensés de ne pas être sur les premières affiches.

Ensuite ces affiches prennent le problème plus largement que par le biais de la prévention des risques du sida qu’elle ne mentionne pas. Il s’agit de préserver le rempart des remparts contre le sida, la fidélité conjugale. Et le titre est évocateur : l’amour ça se protège.

affiche-beziers

Voilà bien une idée saugrenue sortie tout droit d’outre tombe : l’amour ça se protège, ça se construit et parfois même ça s’endure. Sur fond de polémique genrée, de quolibets lgbtistes et de réelles préoccupations de santé, la campagne menée à Béziers rappelle une évidence qui est à l’opposé même de la société kleenex.

D’un côté l’amour est une exigence à construire quotidiennement et qu’il faut protéger, particulièrement dans notre monde libertaire. De l’autre la jouissance personnelle et passagère qui loin d’aimer utilise l’autre, que ce soit de façon homo ou hétérosexuelle.

Deux conceptions de la vie, de l’autre et de l’amour s’opposent sur ces affiches et il n’est pas étonnant que les tweets se déchaînent avec passion puisque l’enjeu n’est rien moins que de transformer un cercle de vices égoïstes en une cycle vertueux altruiste. Car on l’oublie mais l’amour ce n’est pas “moi je” mais “nous nous”.

 

Tiens ça me rappelle un vieux truc ringard que les médias reprochent aux papes !