Amérique latine #NLQ

La première mission instituée sous le régime castriste : 17 ans de présence franciscaine

Les franciscains conventuels ont constitué la première communauté religieuse nouvelle entrée à Cuba depuis 1959, début de la révolution… Outre à Matanzas, les religieux sont également présents à La Havane depuis 2009. Ils sont au service de l’Eglise, s’adaptant aux besoins locaux. Leur domaine d’action principal est le service pastoral, attendu notamment qu’il demeure très difficile de s’engager dans d’autres secteurs.
Un « nouveau chapitre dans l’histoire de la mission », fait de « pages de nouvelle évangélisation et de présence franciscaine sur une terre assoiffée de liberté, de justice sociale et de paix », « et au milieu de nombreuses difficultés » : c’est ainsi que le Père Angelo Di Giorgio OFM Conv. évoque les 17 premières années de la Délégation de Notre-Dame de la Charité du Cobre – première mission cubaine instituée depuis l’avènement du castrisme – dans son livre intitulé « Présence des Frères mineurs conventuels à Cuba depuis 2001 », récemment paru et parvenu à l’Agence Fides.
Le religieux explique : « L’ouverture en direction de l’île des Caraïbes a coïncidé avec un moment historique particulier, à savoir la visite apostolique de Saint Jean Paul II », moment inauguré par la première visite d’un Pape à Cuba – ensuite bénie par celle de deux autres successeurs de l’Apôtre Saint Pierre – le 21 janvier 1998. « Celui-ci – continue le franciscain chargé de l’animation missionnaire de la Province italienne Saint François – eut alors une intuition géniale en obtenant des autorités locales l’autorisation de faire entrer 30 prêtres pour l’activité pastorale ». « Précédemment – se souvient-il – il n’était possible de faire rentrer qu’un seul prêtre à la fois pour remplir un poste vacant ».
L’Ordre « prit la balle au bond, accueillant l’invitation du Souverain Pontife » et envoya depuis les Marches (Italie) les trois premiers religieux qui, le 6 novembre 2001, constituèrent la communauté de Matanzas. (…)

 

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Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Fête de Saint François d’Assise les 3 & 4 octobre 2018 à Vézelay (89) et Asquins (89)

Avec les frères franciscains de la Cordelle et la fraternité séculière du Vézelien

Le mercredi 3 octobre 2018

à 20 h 30 à la chapelle de la Cordelle à Vézelay : célébration pour le “transitus”,, passage de saint François de cette vie terrestre à la vie éternelle

Le jeudi 4 octobre, jour de la fête de Saint François d’Assise

À 19 h, célébration eucharistique en l’église d’Asquins.
À l’issue de ces célébrations, vous êtes invités à poursuivre cette fête dans la joie franciscaine en partageant le verre de l’amitié.

Illustration : saint François d’assise en extase, par Zurbaran.

Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

Journées autour du père Marie-Joseph du 27 au 29 juillet 2018 à Bitche (57)

Journées pour découvrir la figure du père Marie-Joseph, capucin à Bitche (1907-1993) à l’occasion du 25e anniversaire de son décès.

Programme :

Vendredi 27 juillet :

17h : eucharistie pour le 25ème anniversaire du décès du père Marie-Joseph.

20h30 : veillée de prière avec le père Marie-Joseph.

Samedi 28 juillet :

9h : témoignages, conférences.

11h30 : eucharistie à la chapelle de la Résurrection.

16h : jeu scénique préparé et interprété par la Jeunesse franciscaine de Bitche.

Dimanche 29 juillet

9h30 : conférence de Mgr Lagleize, évêque de Metz.

10h30 : eucharistie présidée par Mgr Lagleize.

Renseignements et inscription & Inscription en ligne

Tél. : 06 34 21 62 55 ou 25anspmj@gmail.com

En savoir plus sur le père Marie-Joseph

NLQ #Sorties/Animations

Spectacle – Saint François, frère universel : 10 décembre à Allonnes (72)

Eglise St Martin d’Allonnes

15h00
Dimanche 10 décembre

NLQ #Sorties/Animations

Journée Franciscaine diocésaine le 12 novembre à Cormontreuil (51)

Dans le cadre du Jubilé des 800 ans de la Famille Franciscaine (1217 – 2017), vous êtes conviés à découvrir cette grande famille et à échanger avec ses membres, à l’occasion d’une grande journée, qui aura lieu le :

dimanche 12 novembre 2017

au Monastère Sainte Claire – 2, rue Pierre Bérégovoy à Cormontreuil

Sur le thème :

“Comment vivre à la franciscaine en 2017 ?”

 

Programme de la journée :

9 h 15 : Accueil

9 h 45 : Intervention de Frère Henri Laudrin

11 h 15 : Messe présidée par Monseigneur Bruno Feillet

… puis repas partagé, détente

15 h 00 : Questions/réponses sur l’intervention

17 h 30 : Vêpres

… puis Envoi et lâcher de ballons

Comment vivre à la Franciscaine en 2017 ?

Voilà une question récurrente pour nos contemporains y compris les membres des Fraternités Franciscaines …

Il y a 800 ans, François d’Assise envoyait des frères en France. Plusieurs s’arrêtèrent à Vézelay et depuis cette vie Franciscaine s’est développée. Des laïcs se sont mis en marche sur les pas de St François : ce sont les Fraternités Franciscaines Séculières. Il en existe plusieurs dans notre diocèse et elles vous invitent à venir fêter avec elles leur 800 ans !

Fraternités Franciscaines dans notre diocèse : http://www.catholique-reims.fr/reflexion/fraternites-franciscaines-seculieres/

 

JOURNÉE OUVERTE À TOUS – VENEZ NOMBREUX !

 

L’esprit franciscain, hier et aujourd’hui (Source KTO) :


 

NLQ #Sorties/Animations

Jubilé des 800 ans de l’arrivée des Franciscains en France – spectacle sur saint François dans le diocèse d’Evreux le 10 nov

Pour fêter ce Jubilé la Fraternité Franciscaine du Secteur Nord-Ouest du Diocèse d’Evreux
vous invite à une représentation théâtrale le vendredi 10 novembre 2017 à 20h30 dans l’église de l’Abbaye du Bec Hellouin ; spectacle qui retrace la vie de Saint François :

« Le petit Pauvre »

créée par Jacques Copeau.
Djamel Guesmi, de la compagnie des Tréteaux du Monde, le metteur en scène, en est aussi l’acteur principal.
Tarifs : 15€ par adulte
30€ par famille : 2 parents et 1,2,3…enfants.

Contacts :
– Xavier Fauvette, responsable du « Secteur Normandie »
tel :06 62 61 38 22
– Christine Grandou, de la Fraternité Franciscaine secteur NO du diocèse
tel : 06 41 68 32 91

Pour lire un article de la Croix sur Djamel Guesmi

Seconde représentation dimanche 12 novembre à 14h30
dans l’église de l’Abbaye du Bec Hellouin

NLQ #Orient

VIII° centenaire de la présence franciscaine au Proche Orient

« En tant que franciscains, nous lisons ces huit siècles comme une manifestation de la Divine Providence, de la fidélité et de la bonté de Dieu à notre égard, parce qu’Il a choisi un instrument ecclésial simple et pauvre, bigarré et parfois également un peu désordonné, à savoir nous, pour mener ici non pas notre mais Son histoire, qui est toujours une histoire de salut ». C’est ce que déclare dans un communiqué envoyé à Fides le Custode de Terre Sainte, le Père Francis Patton, en annonçant que les franciscains de Terre Sainte célèbrent leurs 800 ans de présence au Proche Orient au travers de trois jours de conférences et de rencontres dans la Vieille Ville de Jérusalem.
Le Ministre général de l’Ordre des Frères mineurs, le Père Michael Perry, ouvrira les célébrations de l’anniversaire par une Messe qui sera célébrée le 16 octobre dans l’église du Saint Sauveur. Le lendemain, le Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, S.Em. le Cardinal Leonardo Sandri, tiendra une conférence sur le thème « Le rôle des franciscains en Terre Sainte », alors que le 18, une réflexion sera menée sur la signification des fresques de la Basilique supérieure de Saint François à Assise. Une copie de ces mêmes fresques est exposée depuis mai dernier à l’entrée de la Curie de la Custodie de Terre Sainte.
Les célébrations des 800 ans de présence franciscaine ont débuté en juin dernier, lorsque les religieux ont effectué un pèlerinage spécial de nature commémorative à Acre, lieu du premier débarquement, en 1217. L’objectif de la Custodie de Terre Sainte est de réaliser une série d’initiatives y compris au cours des deux prochaines années, pour parvenir à commémorer la rencontre que le Fondateur de l’Ordre, Saint François, eut en 1219 avec le sultan Malek-El-Kamel à Damiette, en Egypte.
Les premiers franciscains débarquèrent à Acre en 1217, sous la conduite du Père Elia da Cortona. Depuis lors, la bure franciscaine est présente en Terre Sainte. Les religieux sont chargés de la garde des lieux saints de la Chrétienté et du soutien des populations locales.

source : Fides

NLH #NLQ #Sorties/Animations

Jubilé des Franciscains – 800e anniversaire de leur arrivée en France

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Les Franciscains fêtent cette année le 800e anniversaire de leur arrivée en France

Une multitude d’évènements est prévue partout en France.

Programme des manifestations à Marseille
Samedi 30 septembre
Église de la Trinité, 35 rue de la Palud (1er), de 15h à 16h, projection du DVD « Méditation sur le crucifix de Saint-Damien », avec un commentaire du frère Michel Hubaut, franciscain.

Dimanche 1er octobre

  • Église de la Trinité, 35 rue de la Palud (1er) à 10h, messe de la solennité de saint François.
  • Hall du théâtre Mazenod, 88 rue d’Aubagne (1er), à partir de 14h, exposition de pièces de la collection de Joseph Arakel sur saint François.
  • Théâtre Mazenod à 15h, représentation de la pièce « Le petit pauvre », de Jacques Copeau, par la troupe « Les Tréteaux du monde ».






Vendredi 6 octobre
Au Parvis du protestantisme, 15 rue Grignan (6e), à partir de 19h, soirée « Réformer l’Eglise ? Saint François d’Assise et Martin Luther », avec Yannick Le Maou, frère franciscain, et Olivier Raoul-Duval, pasteur.

Dimanche 3 décembre
Au Centre Cormier, 35 A rue Edmond Rostand (8e), de 15h à 18h, projection du film « L’Ami », de Renaud Fély et Arnaud Louvet (1h27), suivie d’un débat animé par Marie-Jeanne Coutagne : « De l’intuition à l’institution : comment assumer le réel ? », en présence du réalisateur Renaud Fély.

Cliquer sur le lien pour rejoindre le site du Jubilé : http://www.jubile800ans.franciscains.fr/

NLQ #Tribunes et entretiens

Crises et tensions autour du pape – L’appel à la prudence d’un moine

Sur son blog le Père Simon Noël, osb, revient avec une certaine hauteur sur les troubles et les tensions qui animent les catholiques autour de diverses positions du pape. Après une point sur l’actualité, un regard sur l’histoire, le moine de Chevetogne passe en revue quelques questions tendues : Malte, les Franciscains de l’Immaculée, la Chine, l’immigration…

(reprise estivale d’un article du 11 février 2017)

N’ayant nullement les moyens de prendre positions, car nombres de choses sont encore obscures et demeurent cachées (parce que certaines n’ont pas à être dévoilées), nous publions plusieurs avis sur la question afin d’éclairer nos lecteurs sur “ce trouble”

Extrémistes et modérés

En lisant les sites qui commentent l’actualité religieuse, depuis déjà pas mal d’années, on peut constater une opposition au sein de l’Église entre deux courants ou sensibilités. Certains prônent une évolution incessante de l’Église, une adaptation aux réalités du monde contemporain, une ouverture aux autres confessions ou religions, un engagement en politique qui valorise les valeurs de la gauche, une liturgie proche du peuple. D’autres par contre veulent la fidélité à la doctrine, une critique serrée du monde actuel, une affirmation claire du seul salut en Jésus-Christ, au sein d’une seule et vraie Église du Christ, un combat politique pour la défense de la vie et de la famille, une liturgie qui ait le sens du sacré, de l’adoration et du silence.

Chacun de ces courants a ses extrémistes. Et certains de ces derniers expriment des opinions qui s’approchent du délire mental. Que n’a-t-on pas pu lire naguère sur le pape Benoît XVI et que ne lit-on pas maintenant sur le pape François ? A en croire certains, l’Église serait comme un de nos parlements avec une droite et une gauche et il y aurait au sommet une alternance des gouvernements, comme celle qui existe dans nos démocraties modernes. Ainsi, au lieu d’être simplement catholique, on deviendrait d’abord l’homme d’un parti.

Il y a aussi entre ces extrêmes, des opinions plus modérées et plus nuancées : ceux qui ont sans doute une sensibilité plus forte avec l’un ou l’autre de ces courants, mais qui savent encore raison garder. Jésus a prié pour l’unité de ceux qui croiraient en lui : De même que toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé (Jn 17, 21). Saint Paul de son côté écrit aux Corinthiens : J’ai appris à votre sujet, mes frères, par les gens de Chloé, qu’il y a des disputes parmi vous. Voici ce que je veux dire : chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul, moi à Apollos, moi à Céphas, moi au Christ. » Le Christ est-il divisé ? Paul a-t-il été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? » (1 Cor 1, 11-13). La question est donc bien celle-ci : sommes-nous d’abord chrétien catholique (universel dans le temps et l’espace) ou l’homme d’un parti ? Il me semble qu’à partir du moment où notre vie spirituelle baisse, par manque de prière profonde et d’enracinement dans le Christ, on risque vite de devenir d’abord l’homme d’un parti et de tomber dans le jugement face à ceux qui ne pensent pas comme nous. Une vie spirituelle profonde et authentique est le garant d’un équilibre spirituel qui nous préserve de toute forme d’extrémisme et favorise en nous une aptitude au discernement qui nous permette de juger plus calmement l’actualité religieuse. Il serait donc souhaitable que ceux qui ne tombent pas dans le piège de l’extrémisme, quelle que soit pour le reste leur sensibilité, apprenne à privilégier l’unité de l’Église et à relativiser les différences d’opinions et de sensibilités.

Un peu d’histoire

L’histoire de l’Église peut aussi nous aider à garder le calme dans les tensions d’aujourd’hui. Car les divergences et les oppositions ont toujours existé. Il y a eu toujours des extrémistes. La plupart du temps ils ont été condamnés par le magistère et ont été jugés sévèrement dans la suite par les historiens. L’Église a la plupart du temps suivi une voie médiane, condamnant les extrêmes et discernant une solution qui réalise une unité supérieure, en retenant ce qui était juste dans les différents courants qui s’affrontaient. Les controverses actuelles au sujet d’Amoris laetitia me rappellent le vieux débat entre laxistes et rigoristes, entre jésuites et jansénistes. Les jansénistes étaient vus par les jésuites comme hérétiques, des pseudo-protestants infiltrés dans le catholicisme. Les jansénistes considéraient les jésuites comme des casuistes, des molinistes et des laxistes. Saint Alphonse de Liguori a tracé la voie moyenne dans sa théologie morale. Il a condamné aussi bien les laxistes que les rigoristes, fidèle en cela aux divers documents magistériels sur le sujet, et il a trouvé des solutions ingénieuses pour dépasser les controverses entre moralistes, autorisées par l’Église, notamment celles entre probabilistes et probabilioristes. Le saint curé d’Ars avait été formé par un prêtre plutôt rigoriste. Dans un premier temps il fut un confesseur trop sévère et certaines plaintes parvinrent auprès de l’évêché. L’évêque demanda au saint curé de lire la théologie morale de saint Alphonse, qui commençait à être connue en France. Le bon curé apprit bien la leçon et il trouva dès lors dans la pratique de son ministère sa vitesse de croisière.

L’histoire de l’Église nous apprend aussi que dans les cas de controverses durables, on a vu à certains moments certains courants sembler gagner du terrain, et avoir les faveurs de la hiérarchie. Puis le balancier de l’histoire a ensuite été dans le sens contraire. La controverse janséniste a duré plus de cent ans et on a vu des évêques opiné dans l’un et l’autre sens. Au point que dans la France du XVIIe siècle, on relève l’existence de deux sortes de catéchismes diocésains. Selon les diverses tendances épiscopales, on avait ici des catéchismes d’inspiration augustinienne, basés sur l’histoire du salut, et là des catéchismes d’inspiration jésuite, basés sur une la triple division : les articles du credo, les commandements et les sacrements. Ces divers catéchismes exprimaient sans doute la même foi catholique, mais avec des nuances subtiles. Ainsi, les augustiniens voyaient d’abord dans l’eucharistie le sacrifice d’adoration. Les Jésuites privilégiaient la communion, la participation sacramentelle à la messe. On a vu ainsi s’amorcer le débat sur la communion fréquente.

Article connexe : Problèmes de conscience avec la hiérarchie

Nous pouvons dans cet esprit que je viens de montrer regarder de plus près quelques événements de l’actualité religieuse et poser sur ceux-ci un jugement qui, je l’espère, sera pondéré.

L’ordre de Malte, les franciscains de l’Immaculée et la question chinoise

L’attitude du saint Père dans les affaires de l’ordre de Malte, dans celles qui concernent les franciscains de l’Immaculée ou la manière dont sont envisagées les relations avec la Chine, sont la source d’une perplexité réelle chez pas mal d’observateurs. Un bon connaisseur de la situation chinoise, avec qui je parlais récemment, me confiait qu’il était évident pour lui que le pape était très mal conseillé dans cette offensive d’ordre diplomatique. Il me disait savoir de source sûre que certains ecclésiastiques, favorables à un changement d’attitude de l’Église dans la question chinoise, étaient en fait de véritables agents du gouvernement chinois, ce dernier allant peut-être jusqu’à les soutenir financièrement. L’attitude décidée, voire autoritaire, du pape, vis-à-vis de l’ordre de Malte et des franciscains de l’Immaculée, peut soulever de légitimes inquiétudes. Mais il y a cependant deux choses à observer. La première est que déjà au temps où il était archevêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio avait une estime certaine pour le travail pastoral de la Fraternité Saint Pie X. Comme pape, il vient de confirmer pour les prêtres de cette fraternité le pouvoir de juridiction, qu’il leur avait accordé pour l’année de la miséricorde. Il n’y a donc pas en fait une volonté manifeste chez le saint Père de faire la guerre au mouvement traditionaliste. Dans la question de l’Ordre de Malte et dans celle des franciscains de l’Immaculée, le fond de la question n’est pas connu. Certaines choses sont peut-être restées cachées, notamment des choses qui ont pu être dites, lors d’entretiens qui sont restés secrets. Dans cette question, le plus prudent serait de faire confiance a priori à l’autorité. Si le pape agit dans un certain sens, et reste discret sur ses motivations réelles, on doit patienter et faire confiance, jusqu’à ce que la pleine lumière soit faite. Ceci dit, certains peuvent avoir des informations sûres qui tendent à prouver une forme d’injustice dans l’exercice de l’autorité. Un désaccord, complet ou partiel, avec le pape serait pour eux une chose légitime. Mais je crains que certains, ayant des préjugés au départ contre le pontife, n’aille un peu vite en besogne. Une critique du pontife romain est donc possible, mais elle doit se baser sur des faits certains et non sur des préjugés. Saint Robert Bellarmin, docteur de l’Église, non suspect de manque de loyauté envers le Saint-Siège, eut un désaccord avec le pape Clément VIII et il dut s’éloigner de Rome. Ici c’est le cardinal qui est saint et non le pape. Toute la vie de Saint Robert Bellarmin a été un service ardent, passionné de l’Église et du Souverain Pontife. Mais cet amour de l’Église et du Pape a été assez fort pour que Saint Robert Bellarmin ose parler avec sa liberté de prophète. Saint Robert Bellarmin a su dénoncer les abus de la Cour romaine, rédigeant à l’adresse de Clément VIII un mémoire dénonçant les grands abus qui sévissaient dans son entourage. Sans platitude, Saint Robert Bellarmin eut le courage de soutenir que le Pape n’avait qu’un pouvoir indirect sur les États : en 1610, il publie Du pouvoir du Souverain Pontife dans les affaires temporelle, De potestate Summi Pontificit in rebus temporalibus, ce qui lui valut d’être mis à l’index.

Quelle opinion la prudence nous suggérerait-elle sur cette actualité pénible et dérangeante ? En ce qui concerne la Chine, il me semble que les prises de position nettement négatives du cardinal Zen face à la diplomatie actuelle du Saint-Siège sont celles d’un homme solide, bien au courant et courageux. Elles sont donc à prendre en compte. Elles émanent d’un véritable homme de Dieu et serviteur de l’Église. En ce qui concerne l’ordre de Malte et les franciscains de l’Immaculée, on peut penser que l’attitude tranchée de Rome, sans qu’on connaisse ses motivations réelles, soit une vraie source de perplexité. Et on ne pourra en sortir qu’à partir du moment où seront vraiment connus tous les tenants et aboutissants de ces affaires.

Article connexe : La question chinoise et le cardinal Zen

Les querelles au sujet de la traduction du missel

Parlons maintenant de la querelle liturgique au sujet de la traduction du missel. Il semble que sur cette question Rome ait changé son fusil d’épaule. La traduction du missel romain en français risque d’être une montagne qui accouche d’une souris. Nous verrons tôt ou tard. On privilégierait une forme de décentralisation liturgique. Je n’ai plus guère d’espoir dans l’immédiat de posséder un missel vraiment conforme à l’original. Nous aurions le missel latin et une série de missels en langue moderne, différents les uns des autres, certains plus proches du latin, d’autres mettant en relief le génie particulier de telle ou telle langue. L’unité du rite romain céderait la place à une certaine diversité. Dans le rite byzantin, il existe en effet des variantes d’un pays à l’autre. Les rubriques slaves et grecques par exemple divergent sur certains points, sans parler des roumains ou des arabophones. Une certaine diversité n’est donc pas inhabituelle dans l’Église.

Articles connexes : Ma position sur la réforme liturgique

La traduction du nouveau missel

La messe en rite romain à Chevetogne

Décentralisation et réforme de la curie

La décentralisation est à l’ordre du jour, ainsi que la réforme de la curie. Mais je crains que là nous soyons dans une totale illusion. La réforme de la curie est un vieux problème dans l’Église. Saint Pie X prit le taureau par les cornes, et, comme le pape François de nos jours, il dut souvent se résoudre à faire appel à des collaborateurs, indépendants de la curie. On sait aussi qu’il y eut des tensions entre saint Jean-Paul II et une curie qui ne voulait pas croire en la possibilité réelle d’un effondrement du communisme et préférait la ligne de la realpolitik antérieure. Mais suffit-il de fusionner des dicastères ou d’en créer de nouveaux ? Quelles que soient les structures, les hommes, avec leurs passions et leurs intrigues, restent les mêmes. On a dit à juste titre que l’Église n’a pas besoin de réformateurs, mais de saints ! D’autre part, la décentralisation ne résoudra rien. Car les intrigants, les ambitieux et les assoiffés de pouvoir s’adapteront à la nouvelle situation. Au lieu de se tourner vers Rome, ils se tourneront vers les nouveaux centres de pouvoir que seront par exemple, les innombrables bureaux des conférences épiscopales. Au lieu de baisser, le problème va plutôt se multiplier. C’est pour cela que je dis que la décentralisation est un mythe ou une illusion. L’Église y perdra plus qu’elle n’y gagnera.

Les controverses au sujet d’Amoris Laetitia

Avec les dubia émis par les quatre cardinaux, les prises de position en des sens contraires prises par des évêques ou des groupes d’évêques, Amoris Laetitia continue à faire couler beaucoup d’encre. Si les choses ne s’apaisent pas, on va vers une confusion totale. Ce qui sera vrai dans tel pays sera une erreur dans le pays voisin. Le pape a une lourde responsabilité. Pour des raisons que j’ignore, il laisse pour l’instant le débat se poursuivre, mais, me semble-t-il, au détriment du bien des âmes. Mais là-dessus aussi, je veux lui laisser le bénéfice du doute. Il a peut-être de bonnes raisons de garder le silence. Le débat n’est pas clos et l’histoire de l’Église m’apprend qu’il y aura une suite tôt ou tard, d’autres documents du magistère qui finiront bien par répondre à nos interrogations.

Dans la situation présente, que nous dit la prudence ? D’abord qu’il y a des théologiens et des évêques qui dévient doctrinalement. Tout cela s’est déjà vu dans l’histoire. La situation actuelle nous fait le devoir de nous former doctrinalement à bonne école. Nous discernerons ainsi ce que l’Église persiste à nous enseigner. En ce qui concerne Amoris Laetitia, je voudrais ici mentionner les deux études parues dans le n° 4 de l’année 2016 de la revue thomiste, revue non suspecte de relativisme. Ces études solides, dues au P. Valuet et au P. Michelet, nous aideront à garder une théologie sereine et équilibrée sur les problèmes de pastorale et de morale, fidèle au magistère et à la théologie morale traditionnelle. Tenons-nous-en à l’article du P. Valuet : Amoris Laetitia, le chapitre VIII est-il une révolution ? L’auteur nous présente d’abord le document pontifical comme un texte d’exhortation pastorale, ce qui est l’intention expresse du saint Père, qui n’entend pas donc trancher définitivement toutes les controverses par un enseignement dogmatique. Il ne requiert donc pas de nous un assentiment complet de l’intelligence et de la volonté comme le ferait une encyclique tranchant un point controversé de doctrine. Néanmoins, à l’instar du concile Vatican II, d’une certaine manière, ce texte éminemment pastoral contient par endroit des affirmations doctrinales, qu’il nous faut prendre en compte comme telles. Voici la conclusions du P. Valuet, à la fin de son article. Amoris laetitia réaffirment avec force certains points du magistère de l’Église et ces points engagent l’infaillibilité de l’Église : par exemple, les fautes graves peuvent toujours être évitées avec l’aide de la grâce ; il existe des actes intrinsèquement mauvais au point de vue objectif, qui ne se justifient jamais, même pour éviter un plus grand mal ; la fornication et l’adultère font partie de ces actes intrinsèquement mauvais ; un remariage civil est un adultère, selon l’enseignement si clair de Notre-Seigneur ; la personne en état de péché mortel, pour recevoir le pardon sacramentel, doit avoir la contrition, au moins imparfaite, et le ferme propos de ne plus commettre les péchés mortels dont elle a conscience ; enfin, un péché objectivement grave est un péché véniel et n’empêche pas la communion eucharistique, si lui manque la pleine advertance ou le plein consentement. Le saint Père n’a donc en rien transigé avec la doctrine de l’Église. Par contre une avancée magistérielle a été opérée dans l’exhortation du pape, en continuité avec le magistère antérieure. Je cite ici la conclusion prudente du P. Valuet, dont tous les termes doivent être pesés avec soin : « le pape François voulait préciser, par un développement doctrinal homogène, que, au moins en certains cas, la conscience qui ne perçoit pas la vérité ou du moins l’importance de la norme, ou encore la possibilité de l’accomplir (du moins avec l’aide de la grâce) sans commettre de nouveaux péchés, peut bien rentrer dans le cas où les circonstances réduisent l’imputabilité de son péché objectivement grave au point de le rendre tout au plus véniel, au point de vue subjectif, celui du péché formel » (Revue thomiste, 2016, 4, p. 617). C’est donc au niveau d’une étude de toutes les circonstances subjectives que doit se poursuivre le débat sur l’exhortation apostolique, entre théologiens moralistes, et la matière de ce débat est presque infinie. Certains seront peut-être trop rigoristes et d’autres trop laxistes. Le débat pourra se poursuivre encore longtemps sans doute, mais, comme dans les débats sur la grâce du XVIIe siècle, il faut s’attendre tôt ou tard à des décisions du magistère, qui clarifieront l’un après l’autre les points controversés.

Articles connexes : Amoris Laetitia et le for interne

Amoris Laetitia : l’Eglise change-t-elle ?

Le cardinal Schönborn et Amoris Laetitia

Problèmes de l’immigration et question écologique

On pourrait aussi évoquer les prises de position du pape sur les migrants ou l’écologie. Ils irritent un certain nombre de catholiques sincères. Là-dessus, rappelons que le pape jouit de l’infaillibilité, sous certaines conditions, en matière doctrinale, lorsque cela concerne la foi ou les mœurs. Le pape ne jouit donc nullement de l’infaillibilité sur des questions politiques, sociales, économiques, scientifiques ou historiques. Il n’y prétend d’ailleurs pas. J’oserais d’ailleurs dire que sur la politique, un chef d’état chrétien jouit davantage de l’aide du Saint-Esprit que le successeur de Pierre. Car la Providence divine s’intéresse tout autant à la marche des affaires de ce monde qu’à celles de l’Église et l’autorité politique est aussi voulue par Dieu. Ceci dit, ce n’est pas parce qu’il est faillible dans ces domaines, que le Pontife romain a nécessairement tort. L’histoire nous prouve en effet que les papes ont eu souvent plus de clairvoyance sur les questions humaines que beaucoup de leurs contemporains. Mais dans l’enseignement pontifical sur ces questions, qui est un enseignement prudentiel par sa nature, ce qui est exigé de nous c’est une obéissance de volonté, non pas nécessairement l’adhésion intellectuelle. Il faut aussi ne jamais isoler une affirmation du pape de son contexte et tenir compte de tout ce qu’il dit, sous peine de la cataloguer un peu vite à droite ou à gauche. Ainsi sur la question des migrants, il y a un double appel lancé par le pape : celui de la générosité dans l’accueil, mais aussi la nécessité de la prudence et de l’intégration des nouveaux venus. Parfois la vision large du saint Père peut nous ouvrir des perspectives insoupçonnées du commun des mortels. La venue de musulmans dans nos pays en a amené certains à découvrir la foi chrétienne et à faire le pas de la conversion. D’autre part le radicalisme de certains peut nous aider à reprendre conscience du relativisme moral de nos sociétés. Quant à la question écologique, il est prudent de tenir compte du fait que les scientifiques n’ont pas une position unanime sur la question du réchauffement climatique. On a peut-être le tort de s’inquiéter trop vite sur ce sujet. Néanmoins, le pape a raison de dénoncer la société de gaspillage dans laquelle nous continuons à vivre.

Article connexe : Les limites du devoir d’hospitalité

J’ai donc abordé quelques aspects de cette actualité religieuse qui nous rend parfois perplexes. Mais j’espère ainsi avoir pu aider certains de mes lecteurs à en relativiser quelque peu l’objet.

 

NLQ #Orient

Les franciscains de Terre Sainte réclament la prière des enfants pour la Paix

            Le Ministre général des Franciscains et le Custode de Terre Sainte lancent un appel au réseau franciscain mondial pour organiser un mouvement de prière avec les enfants pour la paix en Syrie.


Alep, le 27 novembre 2016

Premier dimanche de l’Avent

À tous les frères de l’Ordre des Frères Mineurs

Aux sœurs Clarisses

Aux sœurs et frères de l’Ordre Franciscain Séculier

À toutes les femmes et les hommes de bonne volonté

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. » Mt 18,10



Chers frères et sœurs,

Que le Seigneur vous donne la paix !

Depuis longtemps, nous les Frères Mineurs, nous sommes préoccupés par la situation que vivent nos confères avec les chrétiens et toute la population de Syrie. Il n’y a pas longtemps nous avons lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle intensifie les efforts pour faire cesser la guerre et les souffrances de la population civile et afin que le monde s’engage avec résolution sur le chemin de la paix.

Nous voici au début de l’Avent, temps durant lequel le Seigneur Jésus nous invite avec insistance à veiller et à prier. Aussi, désirons-nous proposer à toutes nos communautés une initiative intitulée : « Enfants en prière pour la paix ». Elle est née d’une intuition de l’Aide à l’Église en détresse et nous voulons y adhérer comme Ordre des Frères Mineurs en la relançant au niveau international avec une périodicité mensuelle. C’est une initiative qui s ‘inscrit dans la conscience que le Roi de l’univers, le Roi de la paix, est la vraie Source de toute paix. Notre Paroisse de Saint-François à Alep – fortement éprouvée par la tragédie de la guerre et qui pourtant reste ancrée avec ténacité dans l’espérance de la paix, a déjà adhéré à cette initiative. Depuis Alep, nous lançons maintenant notre invitation au monde entier.

À partir de l’Avent 2016, nous désirons adhérer à cette initiative en tant qu’Ordre des Frères Mineurs et la proposons à toutes nos communautés, aux paroisses et aux écoles confiées à notre charge pastorale ainsi qu’à toute les réalités de vie qui nous sont proches, en invitant à la diffuser également auprès des autres réalités ecclésiales et religieuses présentes sur le territoire où en tant que Frères Mineurs nous nous trouvons et où nous œuvrons. Nous sommes convaincus que le Seigneur écoutera le cri de ses « petits » et que la prière des « petits » du monde inspirera une réflexion et une conversion pour les « grands ».

Nous demandons à chaque communauté de consacrer, le premier dimanche de chaque mois, la Messe des enfants ou la Messe la plus fréquentée par les enfants, à la prière pour la paix, selon les possibilités locales. On pourra faire la même chose lors d’une célébration dans une chapelle impliquant les écoles et en essayant de donner dans ce cas une ampleur œcuménique ou interreligieuse à l’initiative.
 S’il s’agit d’une communauté qui ne célèbre pas de Messe des enfants ou qui n’a pas de pastorale scolaire, on pourra faire un geste durant les Laudes ou les Vêpres communautaires, ou bien créer une occasion pour faire vivre cette initiative.

Voilà quelques propositions pratiques pour unifier la forme de célébration d’un pareil temps de prière, en prenant l’exemple de ce qui se fait à Alep : après la salutation initiale et l’introduction à la célébration de la part du prêtre, des enfants porteront en procession un cierge allumé qui sera déposé à côté de l’Autel, dans un lieu visible, alors que tous chantent ou récitent la « Prière simple » pour la paix.

Par ailleurs, certaines intentions de la Prière des fidèles seront consacrées à la paix, soit dans les cœurs soit dans les familles, soit à Alep soit dans le monde entier. Que les chants aussi soient inspirés du thème de la paix. 
Si la prière est faite en dehors de la célébration eucharistique, on pourra toujours adapter la célébration, en gardant le signe d’allumer le cierge, avec la prière simple et les chants pour la paix (en expliquant toujours aux enfants que cette prière est faite en communion avec tous les enfants du monde pour la paix en Syrie, et de façon spéciale, pour Alep et pour la paix dans le monde entier).

Prière simple pour la paix


« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,

Là où est la haine, que je mette l’amour.

Là où est l’offense, que je mette le pardon.

Là où est la discorde, que je mette l’union.

Là où est l’erreur, que je mette la vérité.

Là où est le doute, que je mette la foi.

Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.

Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où est la tristesse, que je mette la joie.

Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant

à être consolé qu’à consoler,

à être compris qu’à comprendre,

à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,

c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,

c’est en pardonnant qu’on est pardonné,

c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. Amen »

Nous demandons à tous ceux qui adhérent à cette notre proposition de le signaler dans la page Facebook : Children-in-prayer-for-peace.

Que le Seigneur bénisse tout effort pour la paix et qu’Il écoute le cri et la prière de ses enfants. 
Fraternellement,

Fr. Michael A. Perry, OFM,
Ministre général

Fr. Francesco Patton OFM,
Custode de Terre Sainte