Tribunes et entretiens

Le cardinal Müller : “l’homophobie est un instrument de domination totalitaire”

Le cardinal Gerhard Müller, l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a donné une interview à Constanza Miriano. Dans cette entrevue, le cardinal allemand écarte le concept d’homophobie et explique qu’il s’agit de l’instrument d’une idéologie contraire à la réalité.

Il dénonce “l’homophobie n’existe tout simplement pas. C’est clairement une invention et un instrument de domination totalitaire sur la pensée. Le mouvement homosexuel manque d’arguments scientifiques, c’est pourquoi une idéologie a été créée pour dominer en créant sa propre réalité. C’est la logique marxiste selon laquelle la réalité ne crée pas la pensée mais la pensée crée la réalité. Celui qui n’accepte pas cette réalité créée est considéré comme malade. C’est comme si la police ou les tribunaux pouvait guérir une maladie. En URSS, les chrétiens étaient placés dans des hôpitaux psychiatriques. Ce sont des méthodes de régimes totalitaires, qu’ils soient nazi ou communiste. La même chose se passe en Corée du Nord pour ceux qui n’acceptent pas la manière de pensée du régime.”

Interrogé sur l’initiative d’évêques qui organisent des événements contre l’homophobie, il répond :

“Certains évêques aujourd’hui n’ont plus le courage de proclamer la vérité et se laissent intimider. Ils ne comprennent pas que l’homophobie est une tromperie qui sert à menacer les gens. Mais nous les chrétiens ne doivent pas avoir peur des menaces. Dans les premiers siècles après le Christ, les disciples de Jésus étaient mis en prison ou dévorés par les bêtes sauvages. Aujourd’hui, il s’agit d’une menace psychologique qui profite d’un manque de connaissances. Cependant, on peut s’attendre d’un évêque ou d’un prêtre qu’il soit capable de voir au delà de ces idéologies. Nous sommes de ceux qui essayons, avec la grâce de Dieu, d’aimer tout le monde, même ceux qui se sentent attirés par le même sexe. Mais il doit être clair que l’amour ne signifie pas obéir à la propagande du gender.”

Source : 1P5

NLH #NLQ #Rome

Vatican – Document prévu contre la ‘théorie du genre’

La Congrégation pour l’éducation catholique prépare une intervention sur la ‘théorie du genre’, a affirmé Mgr Angelo Vincenzo Zani, secrétaire du dicastère le 12 mars 2018, lors d’un colloque organisé par l’Université pontificale de la Sainte-Croix. Ce document du Saint-Siège devrait être publié “d’ici un à deux mois”, a précisé le prélat à l’agence I.MEDIA.
L’éducation, a expliqué Mgr Zani, entre dans “la mission salvifique de l’Eglise”, en servant la “croissance intégrale de l’homme“. Ainsi l’éducation catholique a un rôle en matière d’éducation sexuelle pour intégrer cette dernière à la “réalisation complète de l’homme”.

Pour le prélat curial, cette mission donne à l’Eglise la légitimité de s’inquiéter de l’enseignement de la ‘théorie du genre’ . Celle-ci, a-t-il expliqué citant l’exhortation apostolique Amoris Laetitia (2016), promeut “une société sans différence de sexe et sape la base anthropologique de la famille“. Alors, “l’identité humaine est laissée à une option individualiste“, déplore le document magistériel (n.56).

La Congrégation, a annoncé Mgr Zani, devrait publier “une intervention“ dans les semaines à venir. Celle-ci, a-t-il détaillé, aura la forme d’une lettre aux épiscopats du monde entier. Traduite dans plusieurs langues, elle “n’entrera pas dans le vif du débat”, a expliqué le ‘numéro 2’ du dicastère, mais rappellera les grands principes éducatifs.

Autre document en préparation sur les aspects anthropologiques
Selon l’archevêque, un autre document “plus profond”, sur les aspects anthropologiques liés à cette théorie, est actuellement en préparation par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ces documents du Saint-Siège, a relevé Mgr Zani, interviennent après des prises de position publiques de plusieurs conférences épiscopales, notamment celles de France, des Etats-Unis, d’Espagne ou encore du Brésil.

Le 2 octobre 2016, à bord de l’avion de retour de son voyage en Azerbaïdjan, le pape François avait dénoncé “ce mal qui se fait aujourd’hui avec l’endoctrinement de la théorie du genre”. Citant l’exemple des écoles françaises, il avait critiqué un “enseignement dans les écoles sur cette ligne, pour changer les mentalités”. Cela relève des “colonisations idéologiques”, avait-il asséné, et “d’une guerre mondiale (…) contre le mariage“.

 

Source Catho.ch

A la une #Amérique latine #NLH #NLQ

Gender – L’archevêque de Lima accuse l’ONU de colonisation “gardez vos grandes théories pour l’Europe”

L’ONU s’est opposé à la suppression de l’enseignement du Gender au Pérou. Le cardinal Cirpiani à tenu à répondre en bonne et due forme.

 

“Nous voulons aider mais pas sous le prisme de la colonisation (parce que c’est ce dont il s’agit) de l’ONU, qui veut coloniser le Pérou. ONU  gardes  tes grandes théories pour l’Europe !  Respectes que ce peuple veille continuer à avoir une sérieuse éducation humaniste”

Source

Doctrine / Formation #NLH

Petite enquête aux origines d’un droit “gender-compatible”

Suite à notre édito du 13 mars 2018, Le progrès des modernes…. Hypothèque sur notre bonheur, un lecteur nous partage ce travail fort riche sur la genèse d’un droit “gender-compatible”

Merci à lui.

En France #NLH #NLQ

X,Y et moi : un spectacle pro-genre présenté dans les collèges à l’insu des parents

X,Y et moi : un spectacle pro-genre présenté aux collégiens à l’insu des parents
En mars et avril, après l’Aveyron, c’est au tour de collèges et lycées du Lot et de Haute-Garonne de faire voir à leurs élèves, au sein des établissements, la pièce X,Y et moi, donnée par la Cie de l’An 01. La compagnie demande que le sujet réel de la pièce ne soit pas dévoilé à l’avance. La complicité des professeurs est exigée.

La mise à l’écart des parents est annoncée dans le dossier de presse, qui prévient ainsi qu’« Il est important de ne pas dévoiler au public l’intention du spectacle voulu pour garder l’effet de surprise. » (p. 3). Cette mise à l’écart est attestée par les témoignages des parents : Les parents qui ont souhaité s’informer sur le contenu de la pièce se sont vus éconduire par les chefs d’établissements sous prétexte de ne pas déflorer la pièce. L’absence d’information des parents sur le contenu de cette intervention extérieure au sein du collège est contraire aux obligations légales de l’école.

Un professeur de collège de l’Aveyron, où la pièce était la proposition théâtrale de l’année pour les 4e, témoigne : « Une « fiche pratique à l’intention du personnel » venant de la compagnie et relayée en interne aux professeurs demandait leur « complicité » et leur « plus grande discrétion quant aux véritables enjeux de l’intervention ». Le mot « spectacle » était proscrit, les élèves devaient « ignorer les intentions » et « croire à une conférence sérieuse » à la place de leurs heures de cours sur le sujet : « Participez à l’élaboration du futur projet de votre ville ». Un modèle de faux flyer sur la conférence était ensuite suggéré, avant l’exposé des intentions « non officielles » (« non officielles » pour les élèves, mais présentables à l’équipe pédagogique). En conséquence, si les professeurs voulaient informer les parents de la modification d’emploi du temps sur le carnet de correspondance des élèves, ils étaient censés parler de « conférence » et donner le faux sujet. La plupart ont sans doute fait le choix de l’omission plutôt que du mensonge. »

La pièce étant prévue dans le public comme dans le privé, des parents et des professeurs du privé ayant vu le spectacle, accompagnés d’une personne de VigiGender, sont allés rencontrer le Directeur diocésain de l’enseignement catholique du Lot et de l’Aveyron le 29 janvier, pour l’informer du contenu idéologique de la pièce, qui présente des dangers certains pour les jeunes, et lui demander qu’elle ne soit pas présentée dans les collèges privés du Lot comme programmé. Le DDEC avait déprogrammé la pièce dans l’Aveyron après réclamations de parents, avant de revenir sur cette décision, déclarant faire confiance à quelques personnes qu’il avait envoyées la voir. Préalablement à cette rencontre, les Juristes pour l’enfance avaient communiqué ce dossier très complet sur le sujet au DDEC. Malgré tout cela, il n’a pas décidé de suspendre la pièce dans les établissements privés du Lot.

Contenu du spectacle – Lire la suite sur VigiGender

Tribunes et entretiens

Journée de le femme – L’égalité de la femme devenue homme quand l’homme devient femme

A l’occasion de la journée de la femme, quelques rappels pour lutter pour la dignité de la femme

 

La question de la femme aujourd’hui est une véritable chausse-trappe. Bien malgré elle, la femme est la pierre d’achoppement de notre siècle. Je ne parle pas de telle ou telle femme en particulier, non, mais de la femme comme générique porteur de sens. La femme est devenue un concept abstrait qu’on brandit comme un étendard. Nous ne pouvons plus parler de la femme, comme être réel, sans devoir d’abord la déshabiller de tout le postiche idéologique dont on l’a affublé depuis des décennies. Il y a tant et tant de maquillage sur son visage qu’elle en est défigurée. La théorie du gender en perruquier, le féminisme en chirurgien esthétique et le politiquement correct en habilleuse ont totalement travesti la femme. Voulant en faire l’égal de l’homme, on lui a mis une perruque masculine mal dégrossie, au point, finalement de raser les hommes, pour qu’ils ressemblent aux femmes pastichées en hommes. Voulant les libérer du joug (indubitablement excessif et déplacé) d’un certain machisme, on a voulu leur greffer des biceps d’hommes et un sexe viril. Mais la greffe ne prenant pas, on en est venu à émasculer le mâle, rendu coupable de tous les maux. Et pour être certain de graver dans le marbre cette pantomime, on revêt ce concept de femme d’un arsenal législatif, véritable guillotine pour quiconque tenterait de démystifier cette poupée, ni libre, ni femme, mais asphyxiée et vendue comme esclave sexuelle au nom de sa liberté soi-disant retrouvée.

Toutes les femmes ne sont pas comme ça ! Pourrait-on fort heureusement rétorquer. Non seulement elles ne sont pas toutes comme ça, mais aucune n’est ainsi ! C’est justement ce que toute une idéologie voudrait nous faire croire. Parce que ce faisant, on empêche et l’homme et la femme d’être pleinement eux-mêmes et on fausse tous les rapports entre eux, ainsi que tous les rapports sociaux.

A la lutte des classes devenue sans objet, on substitué la lutte des sexes. Désormais l’Homme et la femme sont présentés, non seulement comme concurrent, mais comme des rivaux en conflits incessants pour dominer l’autre. Dans ce pugilat, il faut dire que la femme a pour elle le vent de la société médiatico-politique et dispose de l’ultime recours législatif pour l’emporter.

Pourtant, ce conflit est totalement artificiel, créé de toute pièce par une idéologie qui s’en nourrit : le gender. Cette théorie qui n’existe pas ! Qui existe d’autant moins qu’on en parle beaucoup ! Car en réalité, c’est une théorie et non une science. Une théorie truffée de contradictions dont celle de vouloir faire de la femme un homme en faisant de l’homme une femme n’est pas la moindre.

La théorie du genre qui prétend qu’il n’y a pas d’homme ni de femme et que chacun est ce qu’il veut, non seulement maintient la distinction homme femme, mais l’enferme dans des stéréotypes réducteurs. Être homme ou femme n’est pas d’abord biologique, mais putatif. Vous êtes hommes ou femme parce que vous vous sentez tels ! Ce qui suppose que se sentir femme correspond à une réalité identifiable aux contours sinon précis, du moins génériques. Ces contours, eux, répondent tout à la fois à la biologie qui est incontournable, qu’aux stéréotypes imposés par le Gender. Nous sommes dans l’absurde le plus total.

Et d’autant plus que ces stéréotypes ont une histoire elle-même absurde. Au départ il s’agissait de faire la femme l’égale de l’homme. Ce qui du pont de vue de la dignité humaine devrait aller de soi, mais n’était pas (et n’est encore pas partout)  toujours le cas. Mais une confusion de départ voulait que cette égalité se fasse non en termes de dignité, mais de pouvoir. Ainsi a-t-on voulu faire de la femme un autre homme. Pour être scabreux, on a voulu greffer un sexe masculin aux femmes. Devant l’irréalisme de cette fausse égalité et l’impossibilité de transposer la virilité intégrale aux femmes, on s’est attelé à déviriliser les hommes.

D’où la grande féminisation qui a consisté en un féminisme qui niait la femme pour en faire un homme et n’y parvenant pas, à féminiser la masculinité, leur donnant alors l’illusion d’être devenues des hommes. En somme, tout repose finalement sur une fausse conception de la dignité posée en termes de pouvoir et donc nécessairement de rivalité, de lutte des sexes. De sorte que cette confusion des genres bloque tout le processus d’évolution de la société. Et si vous dénoncez cette déféminisation, comme cette dévirilisation de la société, vous êtes stigmatisé comme discriminant, ostracisé comme machiste. Alors quelle égalité, quelle altérité le président Macron veut-il vraiment instaurer ?

Je ne peux qu’appeler à a rescousse la grande Maria Callas en 1965

« Nous les femmes, nous pouvons avoir le monde à nos pieds si nous sommes simplement femmes. Nous voulons nous habiller comme des hommes, commander comme des hommes, mais si nous savons être femmes nous aurons beaucoup plus.”

Cyril Brun, rédacteur en chef

 

Dans le Monde #Europe non francophone

Royaume-Uni – 500 prêtres catholiques s’engagent à prêcher la vérité sur le genre

Un groupe de plus de 500 prêtres et diacres catholiques en Grande-Bretagne affirment que l’avancée de « l’idéologie du genre » est devenue « impossible à ignorer » et ils souhaitent guider le clergé et les laïcs sur la façon d’y répondre.

« En tant que prêtres et diacres catholiques, nous nous engageons à proclamer l’enseignement catholique dans ce domaine et à administrer la charité pastorale à ceux qui sont le plus affectés », ont-ils déclaré.

Source et suite (en anglais)

A la une #NLQ

L’édito – LGBT partout

Certains lecteurs ont été surpris et même exaspérés de voir qu’il avait fallut une intervention d’observateurs vigilants pour que soit retiré du livret de la rencontre mondiale des familles de Dublin, le matériau LGBT. Et il est vrai que sans un regard attentif et la volonté de faire retirer ce matériau, pour le moins incongru dans ce contexte, de nombreuses familles auraient reçu un message déplacé. Mais nous retrouvons ces infiltrations LGBT partout et il appartient aux parents, aux enseignants et à chacun d’être particulièrement attentifs. Le MRJC, qui a fait tant parler de lui ces dernières semaines, comme bien d’autres mouvements reconnus par l’Eglise de France et d’ailleurs, ne perçoivent pas toujours ce qu’il y a de pervers dans ce qu’ils pensent, souvent de bonne foi, être un acte de charité, d’ouverture et de tolérance. Trois mots que nous avons fini par transformer en maux, précisément, parce que la bonne foi n’est pas toujours la vraie foi. Le Christ, ne nous invite-t-il pas à arracher notre œil s’il risque de nous conduire en enfer ? Il s’agit ici d’être attentif à ne pas laisser nos enfants, mais aussi nous-mêmes, être gangrénés par un procédé qu’utilise tous les mouvements subversifs, « habituer à ». Habituer à fréquenter l’idée homosexuelle, habituer aux images transgenres, bref banaliser et amalgamer le bien et le mal.

Cette politique d’infiltration des mouvements LGBT, sous couvert d’accueil et de tolérance, creuse son sillon jusque dans les redoutes les mieux gardées. Nous avons bien failli la retrouver à Dublin, mais nous la voyons, consciemment ou non, absolument partout et dangereusement présente dans tout ce qui touche à l’éducation des enfants, à commencer par la dramatique éducation, non pas sexuelle, mais pornographique. Du lobby homosexuel, instrumentalisé par bien d’autres lobbys, part une multitude de revendications déstructurantes pour la personne humaine, la famille et la société dans son ensemble. Il est vital que chacun puisse être attentif et dénoncer ces troubles à l’éducation. En tout cas, il nous faut être sensibles au fait que, subrepticement, ils placent leurs pions.  Et si nous ne voulons pas devenir une citadelle assiégée de l’intérieur comme de l’extérieur, si nous ne voulons pas nous laisser submerger par une minorité agissante qui joue sur la victimisation pour avancer, il nous faut être vigilants et soutenir ceux qui se battent, à commencer par les évêques qui ont le courage depuis quelques temps de dire stop à la falsification du message de vie et de vérité dont l’Eglise est l’un des derniers remparts.

Cyril Brun, rédacteur en chef

En France #NLQ

L’évêque de Viviers demande de na pas participer à un WE sur le Genre du MRJC

Mgr Jean-Louis Balsa, évêque de Viviers, a exprimé son « total désaccord » avec le « week-end de formation militant » organisé par le MRJC les 3 et 4 mars prochain dans son diocèse sur le thème « genre, féminisme et orientations sexuelles en milieu rural ». « Etant donné la gravité de la teneur de la proposition et les propos obscènes employés sur le tract, je demande à l’ensemble des acteurs de la pastorale des jeunes du diocèse de Viviers, en Ardèche, de ne pas participer à ce week-end, ni d’en faire la promotion », a-t-il indiqué dans un communiqué rendu public le 12 février sur le site diocésain.

Source Famille Chrétienne

Amérique latine #NLQ

La Cour interaméricaine des droits de l’homme impose le gender

Le 9 janvier 2018, la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIADH) a rendu publique son Opinion Consultative OC-24/17intitulée «  Identité de genre, et égalité et non-discrimination des couples de même sexe. Obligations de l’État relatives au changement de nom, à l’identité de genre et aux droits dérivant d’un lien entre couples de même sexe  »*, par laquelle elle affirme un droit à la modification des mentions du nom et du sexe à l’état civil à des conditions très légères, de même qu’un « droit au mariage » pour les couples de même sexe.

Cette Opinion Consultative avait été émise le 24 novembre 2017, suite à la demandedéposée le 18 mai 2016 par la République du Costa Rica. La Cour y était interrogée sur l’étendue de la protection garantie par la Convention Américaine relative aux droits de l’homme (ci-après la Convention) en deux matières : d’une part la reconnaissance du changement de nom des personnes conformément à leur identité de genre au regard du droit à la protection de la vie privée et familiale, du droit à un nom et de l’égalité devant la loi garantis respectivement par les articles 11.2, 18 et 24 de la Convention, et d’autre part la reconnaissance des droits patrimoniaux dérivant d’un lien entre personnes de même sexe au regard du droit à la protection de la vie privée et familiale et de l’égalité devant la loi.

Le gouvernement costaricain demandait ainsi s’il existe une « obligation de l’État de reconnaître et de faciliter le changement de noms des individus, conformément à l’identité de genre de chacun » et, dans l’affirmative, il interrogeait la Cour sur les conditions procédurales d’un tel changement. Dans un second temps, la Cour devait dire si « l’État doit reconnaître tous les droits patrimoniaux découlant d’une relation entre personnes du même sexe » et si, dans l’affirmative et pour ce faire, « une figure juridique » régissant de tels liens doit nécessairement exister.

L’affirmation d’un droit à « choisir son sexe »

Dans son raisonnement concernant le « droit à l’identité de genre et les procédures de changement de nom », la Cour traite tout d’abord du droit à l’identité en rappelant qu’il s’agit d’un droit protégé par la Convention et que « la reconnaissance de l’affirmation de l’identité sexuelle et de genre comme une manifestation de l’autonomie personnelle est un élément constitutif et constituant de l’identité des personnes qui est protégé par la Convention » (§ 101.d). Elle ajoute que « l’identité de genre et sexuelle est liée au concept de liberté, au droit à la vie privée et à la possibilité de tout être humain de s’autodéterminer et choisir librement les options et circonstances qui donnent sens à son existence, conformément à ses propres convictions  » (§ 101.e).

Dans un deuxième temps, la Cour affirme l’existence d’un droit à la modification des actes d’état civil et documents d’identité (§ 116) en déclarant que « Le changement de nom, l’adéquation de l’image, ainsi que la rectification de la mention du sexe ou genre dans les registres et dans les documents d’identité pour qu’ils soient conformes à l’identité de genre autoperçue est un droit protégé par (…) la Convention » en vertu des droits au nom (art. 18), à la reconnaissance de la personnalité juridique (art. 3), à la liberté (art. 7.1) et à la vie privée (art. 11.2). Elle en déduit que « les États sont dans l’obligation de reconnaître, réglementer et instituer les procédures adéquates à de telles fins ».

C’est ainsi que dans un troisième et dernier temps, la Cour décrit les conditions d’une telle procédure. Elle conclut (§ 160) que celle-ci, devant tendre à l’adéquation totale de l’identité de genre autoperçue, doit être rapide, tendre à la gratuité et être confidentielle : les données personnelles doivent être protégées et l’existence de la modification ne doit pas être apparente. En outre, la procédure doit être fondée uniquement sur le consentement libre et éclairé du demandeur : des certificats médicaux et/ou psychologiques ne doivent pas être exigés dès lors qu’ils pourraient devenir « déraisonnables ou pathologisants », pas plus que ne doit être requise la preuve d’un recours à des interventions chirurgicales et/ou des traitements hormonaux. Sur ce dernier point, il est intéressant de remarquer que la Cour se réfère (§ 146-147) à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), particulièrement au récent arrêt A.P., Garçon et Nicot c. France (n° 79885/12, 52471/13 et 52596/13) du 6 avril 2017 relatif aux conditions posées à la reconnaissance juridique des personnes transgenres par la modification de la mention du sexe à l’état civil : la CEDH y a jugé que la condition, requise en droit français au moment des faits, consistant à prouver l’irréversibilité de la transformation de l’apparence, cela impliquant une chirurgie ou un traitement hormonal aux conséquences irréversibles, viole le droit à la vie privée (art. 8 de la Convention européenne des droits de l’homme).

La CIADH indique finalement que « dans la mesure où elle doit consister uniquement en une procédure simple de vérification de la manifestation de volonté du requérant », elle ne doit pas nécessairement être réglementée à l’aide d’une loi (§ 161). Est-ce afin d’éviter d’éventuels blocages dans le processus d’adoption d’une telle législation de la part du pouvoir législatif dans certains pays ?

En tout état de cause, la CIDH exige ainsi la libéralisation extrême des possibilités de modification des mentions du nom et du sexe à l’état civil. Cela revient en quelque sorte à admettre un droit à « choisir son sexe », comme s’en félicite M. Edgardo Araya, membre du parti Frente Amplio et candidat à la Présidence de la République du Costa Rica dont les élections auront lieu en février prochain : « Aujourd’hui nous célébrons la reconnaissance dans le pays du mariage égalitaire et le droit des personnes à décider de leur identité de genre. Tous les droits, pour toutes les personnes, tous les jours !  ». L’« identité de genre » perçue par chaque personne doit ainsi être respectée par l’État et transcrite à la demande dans les registres d’état civil, ce qui met en danger le principe de l’indisponibilité de l’état des personnes, la garantie de la fiabilité et de la cohérence de l’état civil et l’exigence de sécurité juridique.

La Cour entérine donc la toute-puissance de la volonté individuelle puisque la seule et unique condition de la modification consiste en la vérification de l’existence d’une manifestation de volonté libre et éclairée de la part du demandeur. L’État se trouve ainsi dans l’obligation de réaliser les désirs individuels, même lorsqu’ils sont contre-nature, pour autant qu’ils soient l’expression de la volonté individuelle. La Cour sacrifie potentiellement à cette dernière l’intérêt de l’enfant et la filiation (imaginons un enfant naissant d’un transsexuel ayant l’apparence d’un homme mais n’ayant pas subi d’opération chirurgicale de réassignation sexuelle…), de même que la famille en faisant ainsi primer l’intérêt individuel sur l’intérêt général.

Une telle faculté de décision portant sur le sexe, caractéristique naturelle et fondamentale de l’être humain inscrite dans ses gènes, est une pure fiction, pour ne pas dire un mensonge : un être humain naît et demeure homme ou femme, même s’il décide un jour d’adopter le comportement et l’apparence d’une personne de l’autre sexe. Il est regrettable que la Cour fasse pourtant une application pure et simple de la théorie dite du genre en affirmant péremptoirement que « le sexe, le genre, ainsi que les identités, les fonctions et les attributs construits socialement sur la base des différences biologiques découlant du sexe assigné à la naissance, loin d’être des composantes objectives et immuables qui individualisent la personne, un fait de la nature physique ou biologique, sont finalement des caractéristiques qui dépendent de l’appréciation subjective de qui les détient et s’appuient sur une construction de l’identité de genre autoperçue en lien avec le libre développement de la personnalité, l’autodétermination sexuelle et le droit à la vie privée » (§ 101. g.). La Cour ajoute : « En ce sens, partant de la nature humaine complexe qui amène chaque personne à développer sa propre personnalité sur la base de la vision particulière qu’elle a de celle-ci, il doit être donné un caractère prééminent au sexe psychosocial plutôt que morphologique, afin de respecter pleinement les droits à l’identité sexuelle et de genre, en tant qu’aspects qui définissent en grande partie à la fois la vision que la personne a d’elle-même et sa projection devant la société  » (§ 95).

Il est à noter que, de l’autre côté de l’Atlantique, la CEDH n’est jamais allée aussi loin en matière de transsexualisme. En effet, si elle a jugé dans l’affaire Van Kück c. Allemagne (n° 35968/97, 12 juin 2003, § 73) que « la liberté (…) de définir son appartenance sexuelle (…) s’analyse comme l’un des éléments les plus essentiels du droit à l’autodétermination », elle a toutefois refusé de voir une violation du droit au respect de la vie privée dans le fait de conditionner la modification de la mention du sexe à l’état civil à la preuve de la réalité du syndrome transsexuel et à l’obligation de se soumettre à des examens médicaux : il s’agit précisément de l’arrêt A.P., Garçon et Nicot c. France que la CIADH mentionne à l’appui de son raisonnement.

L’affirmation d’un « droit au mariage » pour les couples de même sexe

 

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