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Gilets Jaunes : le point de vue de Pierre de Lauzun

À l’heures où nous publions cet entretien avec Pierre de Lauzun, haut fonctionnaire spécialisé dans la finance, le président Macron ne s’est pas encore exprimé que des Gilets jaunes ont d’ores et déjà annoncé une nouvelle journée de mobilisation le 15 décembre. L’analyse de cette crise à travers cet entretien garde toute sa pertinence et offre des points de réflexion essentiels pour clarifier le débat et sortir de l’impasse.

 

De manière générale, comment analysez-vous la crise des Gilets jaunes ? S’agit-il d’une crise passagère ou d’un mouvement plus profond ?

Il y a quelque chose de très profond, c’est une voix nouvelle qui se fait entendre dans le débat public et qui pèsera au moins pendant un temps. Mais la limite de ce mouvement c’est qu’il s’est construit comme un réseau et veut le rester, sans porte-parole ni élaboration commune d’un programme ou de revendications. C’est une limite importante pour qui veut peser dans le débat public. Les revendications qui circulent sont nombreuses, parfois contradictoires et surtout, ne sont pas endossées, ce qui signifie que l’on ne peut pas en discuter, que ce soit avec le gouvernement ou avec n’importe qui d’autre.

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Brèves

L’image du jour : Mgr Ginoux est un gilet jaune !

Mgr Ginoux, évêque de Montauban, a en outre publié un texte “Rendre leur dignité aux travailleurs“.

 

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Gilets Jaunes – “L’Église doit aller les voir, les écouter.” Mgr Ginoux

Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, est allé apporter du réconfort aux Gilets jaunes qu’il soutient, dimanche 9 décembre. Récit.

– « Vous nous apportez de l’eau bénite ? »

– « Ah non, ça c’est de la prune que je vous ramène pour réchauffer les cœurs. »

– « Que Dieu vous bénisse, Monseigneur. Allez vous garer là. »

Sur un rond-point de la périphérie de Montauban, le ton est donné. À peine a-t-il fini d’enfiler le gilet jaune qui reposait bien en évidence sous le pare-brise de sa voiture, que Mgr Ginoux, évêque du lieu, s’avance vers la dizaine de Gilets jaunes groupés autour d’un feu de palettes. L’arrivée d’un homme d’Église sur les lieux ne provoque pas d’émoi particulier. Des sourires et quelques applaudissements l’accueillent. D’autres n’y accordent guère d’attention et continuent de faire la circulation.

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A (re)lire : notre regard sur les Gilets Jaunes

Tribunes et entretiens

Gilets jaunes : l’analyse de Mgr Jean-Luc Brunin

Une analyse à entendre et à mettre en perspective avec d’autres analyses.
Mgr Jean-Luc Brunin revient sur la crise sociale dans le pays.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel – Cité du Vatican

La crise sociale est profonde en France, marquée par la révolte des gilets jaunes, une révolte, partie du ras-le bol fiscal et écologique et qui désormais s’élargit à des revendications multiples qui n’épargne aucune région. La contestation a pris une tournure violente le week-end dernier et prend même des airs de « climat insurrectionnel ».

Face à la profonde crise sociale et politique en France, les évêques avaient publié il y a deux ans un ouvrage intitulé « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». « Il semble devenu de plus en plus difficile de se parler, les sensibilités sont exacerbées, et la violence, sous une forme ou sous une autre, n’est jamais très loin  écrivaient les évêques. Un diagnostic qui résonne fortement aujourd’hui…

L’un des rédacteurs de cet ouvrage est l’actuel évêque du Havre, ancien président du conseil « famille et société » à la CEF, Mgr Jean-Luc Brunin, son analyse à écouter :

Source : Vatican News

Tribunes et entretiens

Gilets jaunes : silence total de la part des pasteurs

Le collectif Antioche, composé d’ecclésiastiques français, né durant la campagne présidentielle pour s’opposer à Emmanuel Macron, estime que la situation actuelle valide son analyse :

À la veille du second tour des élections présidentielles, nous faisions part de notre trouble sur le choix politique qu’encourageaient unilatéralement les évêques de France : « Qu’en est-il du programme de M. Emmanuel Macron, ultra-libéral oligarchique, mondialiste, transhumaniste, technocratique, anti-famille, européiste, euthanasique, abortif et eugéniste assumé ? Bon nombre de points ne sont pas plus conformes à l’Évangile ou aux principes non négociables de l’Église que chez son adversaire, en particulier si l’on en croit le pape François et Laudato si’. »

Nous y sommes. Un an et demi à peine après l’élection, la situation confirme toutes nos inquiétudes, aussi bien quant au fond du programme mis en œuvre, que par une multiplication de gestes offensants et de paroles humiliantes pour les Français ordinaires. Le président élu, en partie grâce aux évêques, a mené la France à un état de tensions et d’inquiétudes inimaginables.

Face à cela, le silence des pasteurs est total. Ils semblent KO debout, empêtrés dans les scandales moraux qu’ils n’ont pas su gérer en temps et en heure, et pris à leur propre piège de s’être liés si imprudemment au gouvernement actuel. Une fois encore, personne ne leur demande de prendre parti, ou de proposer des solutions techniques. Ce n’est pas leur rôle, mais leurs réactions épidermiques et contestables sur certains sujets particuliers dans le passé, éclairent douloureusement leur absence actuelle. Ces catholiques trop frileux, qui ont massivement voté pour le législateur prochain de la PMA, protégeant leur fric, leur semblant de paix sociale et leurs acquis bourgeois, attendent la fin des gilets jaunes pour partir au ski. Elles se taisent aussi ces associations, mouvements, qui, hier, signaient des déclarations pour ériger un rempart au soi-disant fascisme !

Il conviendrait à nos pasteurs d’appeler solennellement tous les catholiques à un élan spirituel, à une prière forte et unanime pour notre pays, pour ses dirigeants, et pour que tous (re)trouvent le chemin de la responsabilité, du bien commun et de la justice. En d’autres lieux et d’autres temps, l’Église multipliait les « messes pour la patrie ». Pourquoi ne pas le faire dans tous nos diocèses ? Il conviendrait enfin que les laïcs catholiques mettent leurs compétences au service de la Cité, au risque de leur confort et de leurs préjugés, pour que le mouvement des Gilets jaunes ne débouche pas sur une tragédie.

Pour notre part, dépourvus de tout pouvoir, y compris celui de donner notre avis à nos pasteurs, dans nos paroisses, discrètement mais sérieusement, nous allons prier et faire prier pour la France. Nous allons faire monter des prières pour que, si c’est la volonté de Dieu, les périls qui s’accumulent s’écartent de notre pays, et que nos autorités spirituelles et temporelles retrouvent les chemins de la raison.

Notre-Dame de France, priez pour notre pays.

Notre-Dame de France, priez pour ses gouvernants.

Notre-Dame de France, priez pour nos évêques.

Collectif Antioche

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Des gilets jaunes aux gilets bleus !

Comme ce monde devient fou, et que nous avons oublié Dieu et son message de vie, nous avons pensé que nous pourrions demander de l’aide à notre Mère du ciel, à l’instar des gilets jaunes (que nous pouvons comprendre)  dont la colère et les revendications font des dégâts considérables, parce qu’ils sont dans l’horizontalité, nous devons nous mobiliser pour demander de l’aide dans la verticalité. On oublie tout le temps que le Ciel est à notre écoute et qu’aucune prière n’est perdue. Dieu nous aime et veut notre bonheur, la justice, et l’amour entre nous. Pour cela, nous avons une merveilleuse Avocate, notre Mère du ciel. Si une armée de foulards bleus se levait ce 8 décembre ! Qui sait la réponse que nous aurions pour tous ceux qui souffrent ! Et quel beau cadeau nous ferions à Marie.

Source : riposte catholique

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[Gilets Jaunes] Message de Mgr Michel Aupetit – L’urgence de la fraternité – 5 décembre 2018

Les évènements récents montrent une souffrance importante d’une grande partie de nos concitoyens, qui génère la colère quand elle ne semble pas entendue et une frustration devant ce qui peut être pris pour de l’arrogance. Comme archevêque de Paris, je comprends la peine de ceux qui manifestent pacifiquement et luttent pour conserver une vie digne, je dénonce la violence scandaleuse de ceux qui en profitent pour saccager notre ville, je salue le courage des services de police et de gendarmerie et je m’unis au souci de nos gouvernants qui cherchent des réponses à la crise.

Notre pays souffre d’une incompréhension généralisée. L’individualisme devient la valeur absolue au détriment du bien commun qui se construit sur l’attention aux autres et en particulier aux plus faibles. Les valeurs de la République que sont la liberté et l’égalité sont parfois détournées par des réseaux d’influence qui réclament des droits nouveaux sans égard pour les plus vulnérables.

Où sont les véritables priorités ? Les urgences nationales, les « grandes causes » de notre pays ne peuvent légitimement être celles des revendications communautaristes ou catégorielles. Le devoir primordial de l’État est de garantir pour chacun les moyens d’entretenir sa famille et de vivre dans la paix sociale. Il nous faut reconstruire une société fraternelle. Or, pour être frères, encore faut-il une paternité commune. La conscience de Dieu le Père qui nous apprend à nous « aimer les uns les autres » a façonné l’âme de la France. L’oubli de Dieu nous laisse déboussolés et enfermés dans l’individualisme et le chacun pour soi.

La violence engendre la vengeance et la haine. Apprenons ensemble à nous écouter vraiment et à nous parler sans à priori méprisant pour ceux qui ne pensent pas comme nous. J’appelle modestement les protagonistes à un véritable dialogue où chacun accepte de sortir de ses certitudes pour établir un vrai diagnostic d’une situation délétère et trouver humblement les voies d’une reconstruction fraternelle de notre société. Je demande enfin aux chrétiens de prier et d’être ce qu’ils sont appelés à être au nom du Christ : des artisans de paix.

Je porterai notre pays dans la prière lors de la Messe de l’Immaculée Conception du vendredi 7 décembre prochain à 18h30 à Notre-Dame de Paris. En ces temps troubles que nous vivons, nous pourrons confier à la sainte Patronne de la France la paix de notre nation qui ne peut naître que de la justice.

+ Michel Aupetit,
archevêque de Paris