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En Normandie, l’abbé Michel chante des slogans anti-Macron avec des gilets jaunes dans une église

Dimanche 2 juin 2019, dans l’église du Planquay (Eure), l’abbé Michel a entonné des chants hostiles au président de la République, Emmanuel Macron, avec des gilets jaunes.

La vidéo fait le buzz sur les réseaux sociaux. On y voit un curé, entouré de gilets jaunes, chanter des slogans hostiles au président de la République, Emmanuel Macron.

La scène s’est déroulée dans la petite église du Planquay (Eure), près de Thiberville, dimanche 2 juin 2019, après la messe. L’abbé Michel est proche des gilets jaunes depuis le début du mouvement.

On peut reprocher vivement à l’abbé Michel (suspense a divinis depuis le 2 novembre 2016) de laisser cette scène se dérouler dans une église, avec sans doute la présence du Saint Sacrement, mais notons par ailleurs son soutien à l’égard des oubliés de la société.

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Appel pour un nouveau catholicisme social

Denis Moreau, Tugdual Derville, Joseph Thouvenel, Gaultier Bès, Patrice Obert… dix-neuf intellectuels catholiques, issus d’écoles de pensée différentes, lancent un appel pour un nouveau catholicisme social. Face à la crise des gilets jaunes et la question sociale contemporaine, « plus grave encore que celle du 19e siècle », ils veulent élaborer un carrefour en vue de l’édification des communautés solidaires.

La fracture sociogéographique qui s’est progressivement creusée en France est en train de disloquer notre pays. Aujourd’hui, la « France périphérique » présente un potentiel insurrectionnel parce qu’elle n’en peut plus. Ce peuple de France veut vivre dignement du fruit de son travail et il le fait savoir ; il veut vivre uni dans une communauté de destin, non comme une catégorie reléguée économiquement et culturellement, exclue du récit global du « nouveau monde » financiarisé, où l’idole-argent absorbe le politique.

Cette France périphérique marginalisée par la mondialisation concerne 60 % de la population, selon la classification du géographe Christophe Guilluy et davantage selon d’autres. Elle n’en peut plus de devenir un désert sans bureau de poste, sans maternité, sans médecin, sans usine, sans ferme et sans train ; elle n’en peut plus de payer toujours plus de taxes alors même que les services publics sont démantelés ; elle refuse la marche forcée vers la mondialisation économique ultralibérale et la globalisation culturelle sur lesquelles elle n’a aucune prise et qui se décident sans elle.

Il y a le feu. Notre maison commune France brûle. Cette atmosphère possiblement insurrectionnelle est inquiétante. Pour le gouvernement, l’équation semble insoluble : on ne peut emmener à marche forcée un peuple vers un « nouveau monde » qui le rejette. Devant un tel contexte, la situation pourrait devenir hors de contrôle. Or, dans la révolution, c’est toujours le plus fort qui impose sa loi, pas le plus juste.

Comment instaurer un dialogue social quand il n’y a plus de langage commun entre la sphère financière des mégalopoles et la France des périphéries, entre “les individus de n’importe où“, initiés et mobiles, et “le peuple de quelque part”  ? Sur quelle réalité institutionnelle peut s’appuyer un tel dialogue quand les corps intermédiaires ont été sapés et que la représentation politique est décrédibilisée ? Comment trouver un chemin commun quand s’opposent “culture urbaine” mondialisée et culture populaire ?

Tels sont les contours de la question sociale contemporaine. Cette nouvelle question sociale est, sous certains aspects, plus grave encore que celle du 19e siècle, qui recouvrait principalement la condition ouvrière. Un ensemble de lois avaient alors pu la résoudre, au moins en partie. Aujourd’hui, la question sociale dépasse largement les conditions particulières d’une classe sociale, elle atteint la nature même du lien collectif, dans toutes ses dimensions : familiale, culturelle, économique, écologique, géographique ; dimensions que nie l’idéologie de l’économie financiarisée. C’est la cohésion d’un peuple et d’une nation qui est en cause.

Cette nouvelle question sociale dépasse les frontières, comme le montre l’extension du symbole des gilets jaunes au-delà de la France. Dans de nombreux pays, en Europe et dans le monde, la valeur travail, la dignité des travailleurs, leur droit à un juste salaire et à un environnement sain, sont quotidiennement bafoués. Cela concerne les structures économiques mais aussi la responsabilité de chacun, alors que la culture du « toujours moins cher » fait oublier que derrière chaque produit et chaque service, il y a des travailleurs et leur famille.

Dans le passé, des catholiques sociaux se sont levés pour défendre la classe ouvrière. Aujourd’hui, les catholiques doivent se lever pour soutenir le peuple de France et lutter pour un système économique mondial et une Europe au service du développement humain intégral. Nous devons avoir conscience que les fractures françaises ne seront pas résolues seulement par des lois mais par l’engagement de chacun.

Les catholiques doivent se mobiliser pour édifier des communautés solidaires, fondées sur un lien de responsabilité commune, qui puissent redonner à notre pays une perspective, un destin partagé, du travail, un lien par la culture populaire, une histoire continuée, un nouveau souffle familial, éducatif, écologique, spirituel et de vraies solidarités.

Nous sommes membres d’un peuple. La dignité de chacun est de participer à une grande œuvre commune et au bien de notre pays. Le devoir des catholiques, en ce temps crucial de l’histoire, n’est pas de défendre les intérêts d’une communauté, mais de penser et mettre en œuvre un nouveau catholicisme social au service de l’universel et de notre pays.

Signataires : Joseph Thouvenel, syndicaliste chrétien ; Mathieu Detchessahar, docteur en gestion, professeur des Universités ; Guillaume de Prémare, délégué général d’Ichtus ; Patrice de Plunkett, essayiste ; Patrice Obert, Président des Poissons Roses ; Denis Moreau, philosophe, Professeur des Universités ; Emmanuel Gabellieri, philosophe, Professeur à l’UCLY ; Gaultier Bès, directeur-adjoint de la Revue Limite ; Pierre-Yves Gomez ; Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA ; Henri Hude, philosophe ; Bernard Bourdin, professeur des universités en philosophie politique ; Antoine Renard, président des Associations familiales catholiques en Europe ; Ghislain Lafont, Président de l’Académie d’éducation et d’études sociales ;Gérard Leclerc, journaliste ; Joël Hautebert, professeur des universités ; Diane de Bourguesdon, consultante en stratégie ; Marie-Joëlle Guillaume, écrivain ; Jean-Marie Andrès, président des Associations familiales catholiques

Source : LA VIE

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Normandie : un prêtre bénit des croix dédiées à la mémoire des Gilets Jaunes décédés pendant le mouvement

À la Croix du Parc à Mauquenchy devant l’oratoire Saint-Blaise, les Gilets jaunes ont fait bénir et ont disposé ce 8 janvier des croix, en mémoire des victimes du mouvement social.
Désormais, le pays de Bray a un lieu pour se souvenir des victimes du mouvement des Gilets jaunes. Le groupe des Gilets jaunes de Mauquenchy a demandé à l’abbé Savarin, curé de la paroisse de Neufchâtel-en-Bray de bénir 11 croix en mémoire de ceux qui sont décédés en manifestant.

Une action qui fait suite à l’enlèvement des croix qu’ils avaient placées sur le rond-point et qui avaient été enlevées lors du démantèlement de leur  nouvelle construction sur le domaine public, vendredi 4 janvier.

A LIRE AUSSI : Seine-Maritime. Les Gilets jaunes de Mauquenchy organisent des maraudes dans Rouen pour les SDF

Les croix ont été placées sur un terrain jouxtant le rond-point. Propriété du Département, l’espace est loué à l’hippodrome de Mauquenchy par un bail de longue durée.

A LIRE AUSSI : Vidéo. A Mauquenchy, les Gilets jaunes réaménagent de l’autre côté du rond-point

Avant de bénir les croix, l’abbé Savarin a rappelé le sens de cet acte :

Se souvenir c’est important, et nous avons besoin de lieux pour cela. Les cimetières sont des lieux où l’on vient se recueillir mais aussi se rappeler de ce que nous avons vécu avec telle ou telle personne. De même nous avons tous aperçu sur le bord des routes ces petites croix pour témoigner qu’une personne a eu ici un accident mortel. Les croix témoignent que des hommes et des femmes sont morts pendant les actions menées sur les ronds-points pour réclamer plus de justice sociale. Certaines portaient un gilet jaune, d’autres non. La mort d’un être humain est toujours une tragédie et l’expression d’un échec

Et de distiller un message d’apaisement avant d’inviter le groupe à disposer les croix  sur le terrain bordant l’oratoire Saint-Blaise :

 Se souvenir, ce n’est pas non plus enfermer le passé. Car enfermer le passé c’est laisser la rancune triompher, ou oublier d’être présent dans ce monde. Ce qui est passé, nous devons nous en souvenir non pour le momifier, mais pour vivre le présent et construire le futur.

 Les croix ont été disposés avec la bénédiction sur un terrain privé qui surplombe le rond-point de Mauquenchy.
Les croix ont été disposées après la bénédiction sur un terrain privé qui surplombe le rond-point de Mauquenchy. (©MGD/L’Eclaireur-La Dépêche)

Source : actu. fr ; photo : la Dépêche

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[VIDEO] Soutane et Gilets Jaunes – Le curé enragé

Que penser du mouvement des Gilets jaunes ? Que révèle-t-il ? Que peut proposer l’Eglise dans sa doctrine sociale ? Quelques éléments de réflexion.

Brèves

Lancement du site internet : “Les Gilets Jaunes Catholiques”

A l’adresse suivante : https://www.giletsjaunescatholiques.fr/

 

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Mgr Ginoux appelle le gouvernement à ne plus diaboliser les Gilets Jaunes

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CEF : Appel aux catholiques de France et à nos concitoyens

À l’heure où nous écrivons, notre pays n’est pas encore sorti de la crise dite « des gilets jaunes » : crise révélatrice d’un malaise très profond et très ancien, qui engendre une grave défiance envers les responsables politiques.

Il serait à coup sûr très dommageable que cette situation délétère se prolonge. Mais chacun sent, plus ou moins confusément, que la sortie de crise sera difficile car les enjeux sont tout autres que conjoncturels : il en va de notre capacité collective d’espérer et de bâtir l’avenir. Comme nous l’écrivions il y a deux ans, « il faudrait être sourds ou aveugles pour ne pas nous rendre compte de la lassitude, des frustrations, parfois des peurs et même de la colère, intensifiées par les attentats et les agressions, qui habitent une part importante des habitants de notre pays, et qui expriment ainsi des attentes et de profonds désirs de changements. Il faudrait être indifférents et insensibles pour ne pas être touchés par les situations de précarité et d’exclusion que vivent beaucoup sur le territoire national »[1].

Nous constatons que notre démocratie manque de lieux d’échange et de réflexion qui pourraient permettre l’émergence à une large échelle de suggestions positives élaborées ensemble. L’affaiblissement de nombreux partis politiques et un recul significatif de l’engagement syndical contribuent à ce déficit. Où nos concitoyens trouveront-ils des lieux appropriés pour ce travail si urgent ?

L’Église catholique dispose d’un maillage de milliers de paroisses, réparties sur l’ensemble de notre territoire et riches de la présence de multiples mouvements, aumôneries et associations de fidèles. Lieu de prière, en particulier liturgique, la paroisse est aussi par nature et par vocation la « maison de famille fraternelle et accueillante » [2] pour tous et la « famille de Dieu, fraternité qui n’a qu’une âme » [3]. À ce moment de notre histoire, nous pouvons le montrer et apporter notre contribution pour aider notre société tout entière à surmonter la crise qu’elle traverse. Sans se substituer aux politiques, l’Église offre un espace pour faire grandir la fraternité.

Notre proposition

Nous sommes à quelques jours de Noël, mais dès maintenant il est possible d’entreprendre une réflexion qui pourra se poursuivre tout le temps nécessaire, en lien avec tout ce qui se déroulera sur le territoire. C’est maintenant que nos concitoyens ont besoin de débattre entre eux et de disposer de lieux pour le faire.
C’est pourquoi nous vous proposons, dans les semaines à venir, de susciter partout où ce sera possible des groupes d’échanges et de propositions en invitant très largement d’autres personnes, partageant ou non notre foi, qui peuvent être intéressées d’y participer et d’y apporter leurs idées.

Pour ce travail, à titre de pistes de réflexion, nous vous suggérons les cinq questionssuivantes :

1/ Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

2/ Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

3/ Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?

4/ Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?

5/ Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

Nous vous suggérons de transmettre vos réponses à vos élus. Votre évêque lui aussi sera heureux d’en être informé.

 

Le 11 décembre 2018,

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers

[1] Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, Dans un monde qui change retrouver
le sens du politique
, coédition Bayard-Cerf-Mame 2016, p. 12.

[2] S. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Christifideles laici, 1988, n° 26.
[3] Vatican II, Constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium, n° 28.

Source : CEF

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Le Mans : “il faut entendre la détresse des Gilets Jaunes” écrit Mgr Le Saux

Mgr Le Saux, évêque du Mans, écrit à ses diocésains :

Chers frères et soeurs du diocèse du Mans,
Chers membres des équipes synodales,
et chers membres de l’assemblée synodale,

Notre pays est traversé de troubles graves ces dernières semaines, amplifiés aussi par ce dernier attentat à Strasbourg. Les troubles sociaux révèlent une profonde détresse et souffrance. Beaucoup de nos concitoyens vivent dans des situations de précarité avec un sentiment d’injustice et d’abandon. Il faut entendre cette détresse.

Nos modes de vie occidentaux ont engendré une culture de l’individualisme et d’idolâtrie de la satisfaction des désirs immédiats où beaucoup sont laissés sur le bord de la route. Le Pape François parle de culture du déchet et de la mondialisation de l’indifférence. Il y a aussi une distance de plus en plus grande entre les plus riches et les plus pauvres. Le désir d’individualisme l’emporte sur le bien commun. On remplace l’exigence de la raison et de l’intelligence par l’émotion. On en devient incapable d’écouter l’autre, de l’entendre ; incapable d’entrer en dialogue.

Au cœur de cette crise, j’ai la conviction que les catholiques de la Sarthe ont une mission à accomplir : celle de favoriser le dialogue entre tous les citoyens français. Forts de notre expérience de la synodalité qui a vu se mettre en place 490 équipes de réflexion à travers tout notre département, j’invite les catholiques de la Sarthe à faciliter le dialogue et la réflexion entre nos concitoyens en mettant en place des groupes d’échanges et de propositions là où chacun vit.

Pour guider vos échanges, vous pourrez vous appuyer sur les questions proposées par le conseil permanent des évêques de France et faire remonter vos propositions écrites aux maires de vos communes qui sont un maillage essentiel et si apprécié dans notre démocratie.

Afin de soutenir une résolution de la crise, nous sommes appelés à mettre au service du bien commun notre expérience de dialogue et d’écoute sur l’ensemble de notre territoire sarthois. Ouvrez à vos voisins vos équipes synodales, vos équipes Quo Vadis, vos mouvements, etc … Soyez ferments de dialogue et de paix !
En ces jours, c’est ici que le Seigneur nous attend.

Soyez profondément remerciés de l’énergie que vous mettrez dans cette action de dialogue et d’écoute. Et que vienne le Prince de la paix que nous appelons tout spécialement en ce temps d’Avent.

Source : Riposte catholique

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Gilets Jaunes : le point de vue de Pierre de Lauzun

À l’heures où nous publions cet entretien avec Pierre de Lauzun, haut fonctionnaire spécialisé dans la finance, le président Macron ne s’est pas encore exprimé que des Gilets jaunes ont d’ores et déjà annoncé une nouvelle journée de mobilisation le 15 décembre. L’analyse de cette crise à travers cet entretien garde toute sa pertinence et offre des points de réflexion essentiels pour clarifier le débat et sortir de l’impasse.

 

De manière générale, comment analysez-vous la crise des Gilets jaunes ? S’agit-il d’une crise passagère ou d’un mouvement plus profond ?

Il y a quelque chose de très profond, c’est une voix nouvelle qui se fait entendre dans le débat public et qui pèsera au moins pendant un temps. Mais la limite de ce mouvement c’est qu’il s’est construit comme un réseau et veut le rester, sans porte-parole ni élaboration commune d’un programme ou de revendications. C’est une limite importante pour qui veut peser dans le débat public. Les revendications qui circulent sont nombreuses, parfois contradictoires et surtout, ne sont pas endossées, ce qui signifie que l’on ne peut pas en discuter, que ce soit avec le gouvernement ou avec n’importe qui d’autre.

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Brèves

L’image du jour : Mgr Ginoux est un gilet jaune !

Mgr Ginoux, évêque de Montauban, a en outre publié un texte “Rendre leur dignité aux travailleurs“.