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Pr. H. Joyeux : 10 arguments pour que la PMA ne glisse pas subrepticement vers la GPA

7 arguments scientifiques et 3 arguments éthiques avancés par le professeur Henri Joyeux sur France-catholique :

Scientifique 1 – Les interférences immunité et génétique mère-enfant
Les passages trans-placentaires des immunoglobulines entre la mère porteuse et l’enfant créent des liens spécifiques de protection immunitaire et même épi-génétiques agissant sur les gènes de l’enfant à naître, de plus en plus reconnus et encore objets de recherche[1]. Ils sont indépendants des liens affectifs.

Scientifique 2 – Les liens mère-fœtus déjà au niveau du langage

Le cerveau du fœtus est capable de commencer à décrypter le langage de sa mère (porteuse) et d’en mémoriser certains éléments[2]. Faudra-t-il que la mère porteuse se taise tout le temps de la grossesse ou passe des enregistrements de la voix de la mère ou des parents acheteurs-receveurs pour ne pas perturber le bébé commercial ? Le corps mouvant et parlant de la mère agit en effet sur le fœtus et influence son acquisition du langage, d’où des risques de dyslalie (trouble de la parole) de l’enfant dans le futur.

Scientifique 3 – Une AMP qui devient GPA augmente les risques d’anomalies de naissance selon les techniques de procréation

Chez les mères porteuses par transfert d’embryon, selon de nombreuses études citées in 10th édition 2016 du « The Developping Human – Clinically oriented Embryology[6] », on observe chez le nouveau né plus d’anomalies de naissance[3], comprenant des tumeurs malignes embryonnaires et des changements chromosomiques. Cela dépend aussi des techniques d’AMP utilisées. Évidemment tous les risques sont minimisés, tellement qu’il est inscrit dans nos CHU dans le rapport les explicitant : « Ces risques sont minimes, et leur description ne doit pas vous inquiéter. »

Pourtant notre collègue Michael Davies de l’université d’Adelaide et ses collègues ont examiné et publié en 2012 près de 309.000 naissances du registre des naissances et interruptions de grossesse d’Australie du Sud, dont 6.163 issues d’une conception assistée.

« Le risque d’anomalies congénitales (y compris les infirmités motrices cérébrales) était significativement augmenté de 28 % avec l’AMP par rapport aux conceptions sans AMP. Il était significativement augmenté avec la fécondation in vitro classique (FIV) d’une part et l’Icsi (Injection d’un seul spermatozoïde dans le cytoplasme de l’ovule lors d’une infertilité masculine) d’autre part, mais après ajustement en fonction des facteurs parentaux, le risque était significatif avec l’Icsi uniquement, augmenté de 57 %.

L’AMP sans manipulation des gamètes (excluant donc l’Icsi et la FIV –Fécondation In Vitro) ainsi que les transferts de gamètes intra-fallopiens, dans la ou les trompes utérines) étaient également associée à un risque accru d’anomalies congénitales, augmenté de 24 %. »

Scientifique 4 – L’enfant commercial n’aura pas droit à l’allaitement maternel
C’est pourtant la meilleure protection de la santé du nourrisson – permettant de reculer l’âge des premières et excessives vaccinations – ou bien faudra-t-il que la mère porteuse produise et vende en plus son lait à la famille receveuse ? Veut-on revenir aux nourrices italiennes qui, au début du XXe siècle, ont nourri tant de petits français ?

Scientifique 5 – La biologie ne peut pas mentir.

La GPA supprime l’altérité sexuelle pour l’enfant, plus ou moins acheté par un couple d’hommes, comme par un couple de femmes qui seraient toutes deux stériles. La biologie ne ment pas. Pour faire un enfant, il faut unir les gamètes masculins et féminins et un couple homme-femme pour que l’enfant rêve de ses origines, car il est identique à l’un et radicalement différent de l’autre. Les chromosomes ne mentent pas non plus. On est XX, ou XY. Pourquoi et au nom de quoi veut-on remettre en question ce modèle si fondamental, patrimoine de nos origines ?

Le suivi des enfants adoptés ou bien issus d’AMP (Aide Médicale à la Procréation) nous a appris que ce n’est pas seulement le lien biologique qui permet à l’enfant de se construire, mais le lien psychique de ses parents d’adoption. Cet argument est utilisé pour mettre sur le même plan, parents de même sexe et de sexes différents, et éviter ainsi toute discrimination entre couples. Lorsque l’enfant est tout petit, cette similitude se comprend, mais à l’adolescence en sera-t-il de même ? Il n’est qu’à suivre le nombre d’adolescents qui sont aujourd’hui en conflit avec leurs parents quels qu’ils soient. On veut nous faire croire qu’avec deux parents de même sexe cela se passera mieux qu’avec deux parents de sexes différents. Des médias, sans la moindre preuve, l’affirment déjà, poussés par les puissants lobbies dont nous avons déjà parlé. (lettre Bioéthique n°1)

Parmi les enjeux psychiques de l’AMP, ou plus encore de la GPA, le malaise de l’enfant le pousse toujours à retourner dans le passé au lieu de construire sa vie vers l’avenir, car il y a une souffrance d’origine. Veut-on imposer cette souffrance à l’enfant sur la seule décision d’adulte(s) qui auraient des « besoins » ou des « désirs » d’enfants créés pour eux et « sur mesure » ? On est bien loin du lien altruiste qui adopte un enfant en souffrance, abandonné, en mal de parents. On est bien loin aussi de l’enfant « donné » et non abandonné par une mère, ou même par deux parents lucides, conscients de leur impossibilité à lui apporter ce dont il a besoin.

Scientifique 6 – La GPA, une expérimentation humaine construite par des adultes, qui refusent et dénient la filiation

La fin de la filiation et d’une filiation crédible pour laquelle, n’ayant aucun recul, on joue aux apprentis sorciers aux dépens de l’enfant. On le coupe radicalement de la scène de sa naissance et de ses origines généalogiques. La filiation persistera-t-elle dans le projet de loi ? L’acte de naissance dénie alors la naissance propre à l’engendrement, à l’histoire. Et le besoin de différence auprès d’un homme et d’une femme disparait.

Combien d’errances filiatives pour rechercher son père spermatique, sa mère ovulaire ou porteuse, ou ses généreux donneurs présents dans quelques documents secrets à l’hôpital qu’on hésite à ouvrir au nom de la « vérité biologique » ?

À un moment où les grands-parents jouent un rôle de plus en plus important, que dira-t-on à ces enfants issus de GPA, quels grands-parents fictifs leur trouvera-t-on ?

L’amour parental prend donc le relais des origines interrompues que l’enfant a tant besoin de réparer. Il reste toujours une souffrance de l’adoption chez l’enfant, quelle que soit la quantité d’amour reçu, et même s’il est parvenu à compenser en grande partie le traumatisme originel.

Scientifique 7 – Avec la GPA, veut-on faire courir les risques de souffrance psychique grave voire de psychose chez l’enfant ?

Les risques même tardifs de psychose grave connue sous le nom « d’empreinte », sont possibles suite aux circonstances de la naissance, du fait du lien indissoluble entre un nouveau-né et la femme qui l’a porté. Imaginez l’achat-adoption d’enfant(s) par des personnes transgenres. Pensez-vous vraiment qu’il s’agit de l’intérêt supérieur de l’enfant ? Qu’est-ce que l’enfant comprendra de ses origines et comment vivra-t-il les grandes différences comparées aux origines des jeunes de sa génération ?

Éthique 1 – La GPA, le nouvel esclavage de la Femme

Le corps génital-reproductif de la femme peut-il être mis en location-vente, comme cela se faisait plus largement au temps des esclavages, et encore aujourd’hui avec la prostitution, pour le seul plaisir d’exploiteur(s) masculin(s) ?

Éthique 2 – La marchandisation de l’enfant-objet : finies générosité et gratuité

En cas d’anomalie de naissance, que devient la marchandisation de la procréation de l’enfant commercial ? Faudra-il une clause de perfection et alors laquelle ( ?), ou un contrat de propriété du ou des receveurs, dès la conception dans le corps de la mère porteuse, quel que soit l’état futur de l’enfant ? Les juristes sont capables d’organiser de telles relations, mais seront-elles construites dans l’intérêt supérieur de l’enfant ou dans celui des parents ?

A quand une grande loi intelligente et généreuse sur l’Adoption !

Éthique 3 –Droits des parents mais pas de droits des enfants : l’enfant cobaye ?

L’intérêt supérieur de l’enfant est-il pris en compte et prioritaire sur l’intérêt affectif des parents ? L’enfant peut-il être arraché à sa mère, seul facteur de sécurité à cet âge-là, alors qu’il vient de passer 9 mois dans sa plus grande intimité ? (voix, odeurs, goûts, mouvements…)

Le bébé sera donc arraché à sa fratrie de naissance, à ses parents naturels, à sa généalogie, à son histoire, à sa culture familiale, à son identité génétique et naturelle d’origine. Veut-on utiliser l’enfant comme cobaye, dans un cadre sociologique expérimental et proposer la résilience de Boris Cyrulnik pour l’aider à assumer ses origines singulières ?

Nous devons bien comprendre que le plaisir de certains, qui souvent s’arrogent des pouvoirs sociétaux pour justifier et pousser le politique à normaliser des situations humaines incongrues, fait certainement les choux gras de leur recherche, mais pas nécessairement le bonheur de la personne qu’ils étudient et de celles qui l’entourent.

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L’enfant ne doit être ni tiré au sort (car telle était la réponse des ministres de la justice et de la famille à la question de l’attribution d’un enfant adoptable par des couples de même sexe ou de sexes différents avant la loi pour le mariage pour tous), ni objet de recherches quand l’adulte le programme dans une situation fragilisée a priori, et dans le seul but de voir comment il va évoluer.

Ce n’est pas parce que cela se fait chez les animaux que nous pouvons nous arroger le droit de le faire chez le petit humain qui est dans l’incapacité de s’exprimer, alors même qu’il comprend, engramme et trace en sa mémoire le maximum de ce qu’on lui impose.

Tandis que l’adoption consiste à accueillir un enfant qui a besoin de parents, la GPA revient à créer spécialement un enfant pour répondre à des besoins de parents, soit exactement le contraire, cela alors même que de nombreux enfants souffrent du manque de leur père et mère, et se trouvent abandonnés, dans notre vaste monde.

Nous partageons toutes les conclusions du Collectif pour le respect de la personne CoRP (E-Mail : ) constitué de femmes et d’hommes, universitaires, scientifiques et philosophes en pleine activité, dont les recherches et travaux sont de dimension internationale.

Ils rappellent avec sagesse que :

la Convention internationale des droits de l’enfant promeut l’intérêt supérieur de l’enfant ;

la France interdit et doit maintenir l’interdiction la GPA en raison de l’indisponibilité de l’état des personnes et de la non-patrimonialité du corps humain.

De même, le CoRP exprime sa préoccupation quant à l’emploi, par le défenseur des droits, de l’expression « parent d’intention », empruntée au vocabulaire de certains sociologues et des lobbies promoteurs de la GPA. Preuve supplémentaire que les idéologies de la modernité ne sont pas sans conséquence pour les enfants.

Pour des raisons d’indépendance, le CoRP a lancé une campagne d’appel aux dons (déductibles jusqu’à 66 % pour l’impôt sur le revenu) pour financer ses actions 2018 : axer le travail sur la sensibilisation des publics pour l’abolition de la GPA – « Gestation pour Autrui » dont les victimes sont les plus fragiles : des mères et des enfants.

Ainsi, ce qui est abusivement appelé « progrès » en matière de droit à l’enfant est en réalité une régression jusqu’à la toute puissance infantile, puisque « le désir fait désormais loi ». Qui aura le courage – en dehors du Dr Pierre Levy-Soussan[5]et d’autres collègues qui n’ont pas droit à la parole publique et médiatique – de montrer, d’anticiper les achoppements, les difficultés, les malaises de ces enfants ?

Le droit à l’enfant pour infertilité sociale est un non-sens anthropologique que l’on cherche à imposer à la société pour des raisons idéologiques. La solidarité nationale est destinée à la santé de tous et pas aux désirs de quelques-uns qui font de l’enfant un objet.

N’hésitez pas à diffuser cette lettre à toutes les personnes qui participent aux états généraux de Bioéthique afin que les lois bioéthiques de fin d’année 2018 soient d’abord dans l’intérêt supérieur des enfants.

Ne tombez pas dans les filets des arguments émotionnels qui manquent de sérieux scientifique et vous feraient croire que l’utérus d’une femme peut se louer comme autrefois on louait des bras pour une journée.

Méfiez-vous des débats publics plus ou moins tronqués ou manipulés où s’affrontent des points de vue dits irréconciliables, où la haine d’un côté comme de l’autre est utilisée comme argument pour ne pas avancer.

Cette année de la lucidité risque de déraper comme cela s’est passé déjà dans plusieurs villes. Rien ne sert de mépriser qui que ce soit ou quelque mode de vie que ce soit, ou de se sentir méprisé. Où dans ces débats se situe l’intérêt de l’enfant, celui de sa famille ? Là est la seule question.


Sources :

[1] Prereproductive Stress to Female Rats Alters Corticotropin Releasing Factor Type 1 Expression in Ova and Behavior and Brain Corticotropin Releasing Factor Type 1 Expression in Offspring – Hiba Zaidan, Micah Leshem, Inna Gaisler-Salomon – Biological Psychiatry – 2013Volume 74, Issue 9, Pages 680–687

[2] https://youtu.be/cMKGfIJidJ8 – Marie-Claire Busnel, Laboratoire de psychobiologie du développement – Paris Université Descartes. La vie psychique de l’enfant, ses émotions, ses affects sont puissants, tout autant que ses liens du sang, avec ses gènes, qui font son inscription généalogique.

[3] Keith L. Moore, T.V.N Persaud, Mark G. Torchia – ELSEVIER 2016

[4] Michael J. Davies, Vivienne M. More, Kristyn J. Willson, Philippa Van Essen, Kevin Priest, Heather Scott, Eric A. Haan and Annabelle Chan – Reproductive Technologies and the Risk of Birth Defects. – N Engl J Med. 2012 ; 366 : 1803-13

Bonduelle, U-B. Wennerholm, A. Loft, B.C. Tarlatzis, C. Peters, S. Henriet, C. Mau, A. Victorin-Cedequist ; A. Van Steirteghem, A. Balaska, J.R. Embeson and A.G. Sutcliffe.– A multi-centre cohort study of the physical health of 5-year-old children conceived after intracytoplasmic sperm injection, in vitro fertilization and natural conception.– Hum Reprod. 2005 ; 20 ; 413-419.

[5] Destins d’adoption – Ed Fayard 2010

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Conférence sur la bioéthique le 11 octobre 2018 à Charly (69)

Conférence, débat, proposée par l’Equipe d’Animation de la Paroisse dans le cadre de la révision des lois de Bioéthique fin 2018 en collaboration avec la Pastorale de la santé du diocèse de Lyon avec des intervenants issus des professions de santé pour nous aider à mieux discerner les enjeux bioéthiques actuels.

Le 11 octobre 2018 de 20h15 à 22h à la salle paroissiale de Charly

Thèmes abordés

  • Aide à la procréation médicalement assistée (PMA). – Gestation pour autrui (GPA)
  • Thérapie génique
  • Fin de vie

Intervenants

  • Aude Corvaisier Riche, déléguée Épiscopale à la Pastorale de la Santé
  • Luc Champagne, délégué Épiscopal à la Pastorale Famille et Société
  • Pr Damien Sanlaville, généticien clinique, responsable tests diagnostics
  • Aude Derrier, sage-femme, DU bioéthique

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L’édito – Déclarer la guerre à l’Eglise sera plus rude que s’opposer aux fidèles dans la rue

Rien ne va plus dans le storytelling bioéthique d’Emmanuel Macron. On le sait, Emmanuel Macron ne veut pas d’un printemps 2013 LMPT bis. Surprenant du reste que cet homme méprisant pour toutes les manifestations, prenant avec arrogance toutes les oppositions, craigne à ce point les mouvements incarnés par La Manif pour tous. Pour l’éviter, il a lancé des Etats généraux de la bioéthique qu’il a tenté de manipuler et de discréditer, voyant les résultats lui échapper. Pourtant, il passe outre grâce au CCNE qui, comme jadis le CESE, piétine, l’expression d’une partie du peuple français. Mais Emmanuel Macron souhaite « temporiser » la mise en place de ces lois tendancieuses. Pour prévenir les manifestations désormais décidées, on tente de discréditer le mouvement par des campagnes anonymes de soi-disant catholiques dans un lyrique « plus jamais ça ». On sort des témoignages d’adolescents « forcés », à l’époque, à aller manifester avec leurs parents. Pourquoi une telle crainte ? Une crainte qui pourtant n’empêche pas de faire voler en éclat l’imposture des Etats Généraux. C’est dire s’il faut coûte que coûte faire passer ces lois, probablement très fructueuses pour quelques lobbys. Lois qui sont également et ce n’est pas anecdotique, une fissure supplémentaire dans la perception que l’homme a de lui-même et donc de ce qu’il fait de lui-même. Pourtant, deux choses ont changé par rapport à 2013.  Si les anti-mariages pour tous étaient unanimement conspués par la classe médiatico-politique, la question de l’enfant passe beaucoup moins bien à la moulinette idéologique. Le passage en force devient inévitable et le trompe l’œil démocratique ne se donne plus même la peine d’être crédible. L’imposture vole en éclat et le totalitarisme idéologue commence à être perçu par une frange plus large de la population. Mais surtout, cette fois-ci, l’archevêque de Paris se dresse contre le gouvernement, pointant officiellement la menace dictatoriale. Or tous les régimes dictatoriaux savent que lorsque les évêques entrent en résistance, la partie est, à long terme perdue, parce que derrière eux, le peuple catholique est souvent prêt au martyr. Lutter contre un million de catholiques est une chose, entrer en guerre contre l’Eglise en est une autre. Ce n’est pas pour rien qu’apparaissent tout à coup tant et tant d’affaires dans et sur l’Eglise.

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L’édito – Catholique, l’anti-société

GPA, PMA, adoption, mariage pour tous, euthanasie, IVG, dignité de la personne humaine, le catholique aujourd’hui est l’anti-société. S’il a pu côtoyer, des années durant, un monde qui lui ressemblait de moins en moins, aujourd’hui, non seulement le catholique n’est pas du monde, mais il lui devient difficile de demeurer dans le monde. Il est l’exact opposé du système idéologique triomphant du moment. Sa vision anthropologique de l’homme n’est plus partagée par la doxa qui pourtant utilise, de façon dévoyée, par le biais de l’amalgame, les mots mêmes de l’anthropologie et de perception chrétienne de la dignité. Stigmatisé, montré du doigt, agressé verbalement comme physiquement, mis au ban de la société civile, suspecté et humilié, tel est le lot de plus en plus quotidien de celui qui tente de vivre en cohérence avec sa foi. Or cette cohérence suppose une vision intégrale de l’homme, vision qui inclut Dieu lui-même et que rejette le monde. Le catholique, clairement, aujourd’hui, est la bête à abattre. Au-delà des vexations, des stigmatisations, voici que pointe le totalitarisme prônant, sans émouvoir grand monde, la fin de la liberté de conscience. Loi sur le délit d’entrave numérique, loi sur les fake-news et naturellement lois contre la liberté de conscience, alors que pour la première fois depuis de très nombreuses années, un archevêque de Paris se pose clairement face aux dérives de l’Etat et appelle derrière lui tous les catholiques qui désormais entendent un langage clair et assumé. On ne peut plus se dire catholique si on prône ces déviances inhumaines. Des choix vont d’eux-mêmes s’imposer à tous et il faudra au plus frileux, comme aux têtes brûlées, se positionner non dans le débat social, mais face au Christ Lui-même. Dans ce monde qui de plus en plus déclare la guerre aux catholiques (et donc au Christ), plus que jamais résonne la parole du Christ récemment entendue : qui n’est pas avec moi est contre moi. Parole qui prend un relief particulier pour les disciples qui ne sont pas du monde, mais dont le monde (un certain monde en tout cas) ne veut plus.

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L’Église en accusation : une belle offensive idéologique commence

Une belle offensive idéologique commence. Un jour la sénatrice socialiste ­Laurence Rossignol veut supprimer le droit des médecins à l’objection de conscience sur l’IVG. L’autre, c’est sa collègue Valérie Rabault qui exige au nom de son groupe de députés la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les affaires de pédophilie. Je suis le premier à déplorer la faillite collective de l’épiscopat. Je l’ai écrit, hélas ! maintes fois ces dernières années. L’Église aurait dû confier à une commission réellement indépendante le soin de faire toute la lumière sur ces abus. Faute de cela, on en est arrivé à la pire des situations.

De fait, sans pression extérieure, rien ne bouge jamais. Mais ces initiatives n’arrivent pas n’importe quand ni n’importe comment. Avec cette éventuelle commission, dans le contexte de forte passion que suscitent les débats bio­éthiques, il faudrait être naïf pour penser qu’un travail parlementaire sérieux puisse être mené sans arrière-­pensée politique. Si on ne va chercher les problèmes que dans l’Église, où certes ils abondent, comment certains ne soupçonneraient-ils pas que le but caché soit de la mettre au pas ? Où s’arrête le travail de vérité, où finit la laïcité qui nous protège tous ?

Crise et croissance de l’Église. Peut-on associer les deux mots ? Je me posais la question le week-end dernier, en parcourant les allées bien remplies du congrès Mission, à Paris. Si des milliers de personnes se réunissent pour parler d’évangélisation, c’est peut-être le signe que tous les vents ne sont pas mauvais. Au fond, d’ailleurs, l’Église a toujours été en crise. Elle est en crise chaque fois qu’elle échoue. Pour ne rien arranger, elle est en crise aussi, et bien davantage, chaque fois qu’elle croit triompher.

Qui a-t-on écouté ? Des lesbiennes ? Ça se saurait. À qui veut-on parler ? À ceux qu’il faut convaincre ? Ça se verrait.

En un mot, elle est en crise partout et tout le temps. C’est en crise qu’elle remplit toutes ses nefs lors des concerts de Glorious. C’est en crise qu’elle accueille les personnes de la rue, les femmes seules, les migrants, tous les hivers solidaires… Et c’est quand elle est défigurée qu’elle comprend le mieux sa nature servante. Pas d’évangélisation sans travail de vérité. Pas d’évangélisation sans humilité. Pas d’évangélisation sans proximité avec les pauvres. Pas d’évangélisation sans sainteté – mais pas de sainteté comme on voudrait faire briller les cuivres. Rien ne peut plus se faire en surplomb. Il faut que l’annonce vienne par en bas. Par chaque baptisé. Par « attraction », dirait le pape. Comme on parle à l’oreille pour toucher le cœur.

Plus encore dans l’ambiance délétère que nous connaissons, face à une violente perte de crédibilité institutionnelle. C’est en ce sens que sont au minimum datés ou insignifiants, au pis contre-productifs, les documents et rapports les mieux intentionnés, les mieux « fondés en raison », comme le dernier texte sur la PMA. Je n’ai rien à redire sur le fond du document, sérieux et intelligent quand il s’élève contre la marchandisation du corps humain ou cherche à défendre l’embryon. Mais je suis, comme tout le monde, obligé de constater qu’il y a trop de friture sur la ligne. Le texte appelle au dialogue. Mais pour dialoguer, il faut être deux. Qui a-t-on écouté ? Des lesbiennes ? Ça se saurait. À qui veut-on parler ? À ceux qu’il faut convaincre ? Ça se verrait. Il y a un abîme entre ce que l’Église-institution veut dire et la façon dont elle peut être entendue en ce moment.

Arrêtons donc de produire des mots coupés du contexte culturel dans lequel on les prononce. L’Église est « en accusation », aurait dit feu René Rémond. À raison quand elle a couvert des crimes. À tort quand on veut l’intimider. Mais dans tous les cas, mieux vaudrait qu’elle ne prête le flanc ni en couvrant ses propres abus ni en venant faire aux autres la leçon de morale, au même moment et la bouche en cœur. Sinon, qui entendra l’Évangile ?

 

Jean-Pierre Denis

Source La Vie

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“Le marché des bébés” pèse autour de 4 milliards de dollars aux USA

Parce qu’ils sont infertiles, gays, concentrés sur leur carrière ou trop âgés, un nombre croissant de couples américains se tournent vers les mères porteuses. De plus en plus de femmes congèlent leurs ovules, voire des embryons. On estime que le « marché des bébés » pèse autour de 4 milliards de dollars aux États-Unis. Et ce n’est qu’un début.

Le cabinet est situé en face du Metropolitan Museum, sur la Ve avenue de New York. Au mur sont accrochées quelques toiles de maître dont un Miró – « un vrai !” précise Majid Fateh. Installé dans le chic Upper East Side depuis une trentaine d’années, cet obstétricien a fait fortune dans un « business » qui n’existe pas en France : celui des bébés. Il a créé le New York Fertility Institute, qui propose tous les services imaginables autour de la conception : la fécondation in vitro, bien sûr, mais aussi la congélation d’embryons, la vente d’ovules et de sperme, les mères porteuses et les diagnostics préimplantatoires – qui permettent d’étudier l’ADN des embryons afin de sélectionner les meilleurs. Majid Fateh est surtout passé maître dans la sélection des sexes : « Je suis le premier à avoir lancé ça à New York. C’est très populaire et tellement simple : on prend un ovule, on le fertilise avec des spermatozoïdes et si l’embryon correspond au sexe souhaité par les parents, on l’implante dans l’utérus. » Illicite dans la plupart des pays d’Asie et d’Europe (dont la France), la pratique est parfaitement légale aux États-Unis… Une aubaine pour Majid Fateh, qui draine une clientèle du monde entier : « Je reçois beaucoup de Français, de Scandinaves, d’Irlandais et d’Italiens. » Le service est facturé 15000 dollars. Et Majid Fateh n’est pas du genre à s’encombrer de questions morales : « Les Chinois et Indiens nous demandent surtout des garçons. Chez les Européens, c’est parfaitement équilibré entre garçons et filles. » Qu’on ne vienne pas, en revanche, lui demander l’argent qu’il en tire : « Je n’en sais rien. Je n’ai pas l’impression de faire du business. C’est tellement gratifiant de faire naître des bébés et de rendre nos clients heureux. »

La dernière tendance à New York ? La congélation d’embryons. Elle s’adresse aux couples qui ne veulent pas compromettre ou ralentir leur carrière en ayant des enfants dès leurs premières années d’union. Parmi eux, des pontes de la finance, de la publicité et du droit. Les agences de fertilité leur proposent de geler cinq embryons, qui pourront se développer dix ou vingt ans plus tard dans l’utérus de la mère. La procédure coûte, au total, l’équivalent de 20000 dollars. La congélation d’ovules est aussi devenue monnaie courante. Les entreprises de la Silicon Valley n’y sont d’ailleurs pas pour rien : depuis trois ans, Apple et Facebook proposent à leurs salariées de financer le « service » à hauteur de 20000 dollars. Le montant correspond à la congélation d’une vingtaine d’oeufs – chiffre idéal selon les médecins. Facebook subventionne aussi le recours aux mères porteuses. Ces programmes rendent-ils vraiment service aux femmes ? Certains en doutent : « Avec ces prétendus progrès sociaux, les entreprises laissent entendre que le travail passe avant la famille et la santé. Elles poussent les femmes à travailler au maximum quand elles sont fécondes et à espérer que leurs ovules congelés fonctionnent quand elles ne le sont plus », dénonce Harriet Minter, en charge de la question des femmes pour le quotidien britannique The Guardian. Les entreprises sont toutefois de plus en plus nombreuses à suivre l’exemple d’Apple et Facebook. « On travaille désormais avec des sociétés de toute taille et de tout secteur », affirme Gina Bartasi, PDG de Progyny, une entreprise située à New York qui commercialise des programmes de fertilité pour les entreprises.

Le succès est tel que certains se demandent si la congélation d’ovules ne va pas se banaliser, au même titre que la pilule contraceptive dans les années 70. L’écart entre les tarifs – quelques dollars pour la seconde et des dizaines de milliers pour la première – rend la comparaison hasardeuse. Mais cela n’empêche pas Beth Seidenberg, une investisseuse qui finance plusieurs start-up du secteur via son fonds KPCB, de rapprocher les deux pratiques : « La pilule a permis de libérer la femme, en lui donnant le choix du moment où elle faisait des enfants. La congélation d’ovules procède de la même logique : elle permet aux femmes de maîtriser encore mieux leur calendrier. » Dans les faits, les entreprises américaines font encore la différence : si elles sont 89 % à financer la contraception de leurs salariées via des contrats d’assurance-santé, elles ne sont que 29 % à subventionner leurs programmes de fertilité, qu’il s’agisse de congélation d’ovules, de fécondation in vitro ou de gestation pour autrui (GPA). « On fait tout pour que ces deux chiffres se rejoignent », indique Beth Seidenberg. Des soirées sont ainsi organisées à New York ou Los Angeles pour banaliser l’acte. Baptisées « egg freezing parties » (soirées « congélation d’ovule”), elles permettent aux femmes de poser toutes les questions sensibles à des obstétriciens, dans une ambiance de discothèque plutôt que dans celle, plus intimidante, d’un cabinet médical.

Déléguer sa grossesse… discrètement

Les New-Yorkais ont également de plus en plus recours aux mères porteuses. « C’est devenu la routine”, dit Majid Fateh. Certains de ses clients ne peuvent pas avoir d’enfants parce qu’ils sont infertiles, homosexuels, célibataires ou trop âgés. « Nous ne portons aucun jugement sur l’âge des parents, c’est leur problème. Nous avons une cliente de 60 ans qui a récemment eu recours à une mère porteuse », explique-t-il. Des femmes viennent aussi le voir, qui préfèrent déléguer leur grossesse plutôt qu’interrompre leur carrière ou « abîmer » leur corps. « C’est un cas très minoritaire. Mais j’accepte tout, je ne suis pas là pour juger. » Majid Fateh reçoit ainsi beaucoup de stars de Broadway et d’Hollywood qui viennent à New York parce que c’est « plus discret que Los Angeles ». Car si les mères porteuses sont légion, elles relèvent encore du tabou : « Je croise parfois mes clientes dans les soirées cocktail. Au regard qu’elles me jettent, je sens bien qu’elles n’ont pas envie que je leur dise bonjour. » Le plus étonnant est que le recours aux « surrogate mothers » est interdit à New York. Mais les agences n’ont aucun mal à contourner la loi, qui diffère d’un État à l’autre : elles recrutent des femmes dans ceux où la pratique est légale (Virginie, Pennsylvanie, Californie, etc.). Celles-ci viennent rencontrer les futurs parents à New York pour faire connaissance et aborder les sujets qui fâchent : sont-elles prêtes à enfanter des jumeaux ou des triplés ? À avorter en cas de handicap ? À aider un couple homosexuel ? Si les deux parties s’entendent sur ces questions essentielles, la mère porteuse est inséminée et s’en retourne chez elle pour neuf mois de gestation.

C’est ce parcours qu’ont vécu Rob et Luca, un couple qui habite Manhattan depuis une quinzaine d’années. Les deux hommes ont fait appel à une mère porteuse dans le Wisconsin, qui leur a donné une fille, Julia. La procédure leur a coûté 110000 dollars. La mère porteuse, Beth, a reçu 40000 dollars. L’agence qui a organisé la « rencontre » entre elle et les futurs parents a engrangé 20000 dollars. La clinique a prélevé 40000 dollars de frais médicaux. Les avocats, chargés de rédiger le contrat entre les différentes parties, ont gagné 10000 dollars. Rob et Luca ne sont toutefois pas très à l’aise quand on en vient à parler d’argent. « Ce n’est pas comme d’acheter des chips : personne n’a envie de reconnaître la dimension commerciale des bébés », pointe Debora Spar, auteur d’un livre de référence sur le sujet, The Baby Business : how money, science and politics drive the commerce of conception. Le « business » ne répond d’ailleurs pas vraiment aux habituelles règles de marché. « Le désir d’enfant peut rapidement tourner à l’obsession. Le prix est moins important que sur un marché classique, poursuit Debora Spar.Ce qui est paradoxal, c’est que 90 % de la population fabrique gratuitement des bébés. Les autres paient entre 25000 et 150000 dollars selon les traitements. Il n’y a pratiquement aucun marché où l’on trouve une telle distorsion. »

D’argent, on en parle donc le moins possible : les Américains disent que les ovules sont « donnés » alors qu’ils sont vendus à des prix variables, parfois exorbitants, selon les qualités physiques et intellectuelles des donneuses. Le médecin Majid Fateh a, lui, pris l’habitude de recruter les donneuses d’ovules à l’université de Columbia, l’une des meilleures du pays. Tous les quatre mois, il publie des annonces dans le journal universitaire. Les étudiantes qui mesurent plus de 1,75 m et affichent d’excellents résultats au SAT – l’équivalent du bac – peuvent monnayer jusqu’à 40000 dollars leur lot d’ovules. Les femmes « normales » se contentent de 10000 dollars. Rien n’est laissé au hasard. Les donneuses doivent remplir un dossier d’une trentaine de pages, dans lequel elles détaillent leurs caractéristiques physiques et intellectuelles, leur vie sexuelle, leurs talents artistiques et leurs habitudes alimentaires. « Nos clientes en savent plus sur la donneuse qu’elles n’en sauront jamais sur leur mari !” plaisante Majid Fateh. Les ovules asiatiques sont ceux qui se vendent le mieux, les Japonaises et les Coréennes étant très réticentes à l’idée de vendre les leurs. Idem pour le Moyen-Orient, où l’offre est très inférieure à la demande.

Le Canada et l’Europe bien plus restrictifs

Né il y a une trentaine d’années, le marché des bébés est ainsi en pleine expansion aux États-Unis. Entre les mères porteuses, le don de sperme, la congélation d’ovules et les traitements de fertilité, il représente l’équivalent de 4 milliards de dollars par an, selon le cabinet Harris Williams & Co. Les États-Unis occupent une place à part : c’est le seul pays occidental à autoriser la commercialisation de l’utérus, des ovules et du sperme. Les Britanniques et les Canadiens offrent un dédommagement aux mères porteuses, mais seulement à hauteur de leurs frais de grossesse (soins médicaux, habillement, etc.). Elles n’ont donc aucune incitation financière à le faire. « On ne rémunère pas le don du sang. Il n’y a aucune raison de commercialiser les ovules, le sperme ou les mères porteuses”, fait valoir Abby Lippmann, professeure à l’université McGill de Montréal. La France et l’Allemagne vont encore plus loin, puisqu’ils interdisent toute forme de gestation pour autrui, y compris bénévole (lire encadré p. 20). Hors d’Amérique, la rémunération des mères porteuses se pratique dans certains pays émergents (Inde, Thaïlande, Ukraine, Mexique, etc.), à des prix d’ailleurs souvent deux fois moindres. Mais avec leur horde d’avocats et de médecins, les États-Unis ont tendance à rassurer. Ils accaparent donc, logiquement, la majeure partie du « business ». Toutes les agences américaines en témoignent : le tourisme des bébés s’est beaucoup développé ces dernières années. Il y a quatre ans, la clientèle internationale ne représentait que 20 % des dossiers déposés auprès de Stuart Bell, qui dirige l’une des trois plus grosses agences du pays (Growing Generations). Aujourd’hui, c’est plus de la moitié.

Les affaires sont d’autant plus florissantes que les procédures d’adoption ont été durcies : une convention internationale a réduit les possibilités d’adoption à l’international. Le texte instaure un principe de subsidiarité, selon lequel une solution locale doit d’abord être recherchée pour l’enfant abandonné par ses parents, soit dans sa famille élargie, soit dans son pays. Pour les Occidentaux en mal d’enfants, le recours aux mères porteuses a donc souvent pris le relais. Quelque 2000 d’entre elles donnent ainsi la vie chaque année aux États-Unis, un nombre qui a triplé depuis dix ans, selon la Société américaine pour la médecine reproductive. Les estimations restent toutefois hasardeuses, car ces naissances ne sont pas documentées au niveau national. Parmi les dizaines d’agences présentes aux États-Unis s’imposent trois mastodontes, qui « réalisent » chacune des centaines de grossesses par an : deux sont basées à San Francisco (Center for Surrogate Parenting et Growing Generations), la troisième à Boston (Circle Surrogacy). Mais celles-ci ne cherchent guère la publicité – particulièrement depuis l’élection de Donald Trump, qui semble pointer vers plus de conservatisme sur ces questions : « Il n’est plus possible de voir des journalistes depuis l’élection : les articles sur les mères porteuses sont constamment exploités par nos détracteurs, quand bien même ils seraient positifs. J’espère que le futur nous permettra de travailler dans un environnement plus tolérant », nous écrit Jamie Manning, directeur marketing chez Circle Surrogacy. Impossible, donc, de savoir quelle est l’ampleur exacte de leur activité ou celle de leurs concurrents : « Je pense que les acteurs du secteur sous-estiment la pratique pour ne pas attirer l’attention : on compte certainement beaucoup plus que 2000 mères porteuses par an », estime Mary Murphey, qui gère elle-même une petite agence dans le Wisconsin.

Le business des bébés laisse d’autant plus songeur qu’il échappe pratiquement à toute réglementation – les rares contraintes étant celles que s’impose la profession elle-même, la fameuse Société américaine pour la médecine reproductive. Une sombre affaire a néanmoins éclaté dans les années 80, qui a obligé à fixer quelques garde-fous. L’Amérique s’en souvient comme de l’affaire « Baby M » : après neuf mois de grossesse, une certaine Mary Beth Whitehead a refusé de donner le bébé qu’elle portait au père biologique et à son épouse. Le foetus avait été conçu à partir de ses propres ovules : elle était la mère biologique. Après plusieurs rebondissements, les juges ont finalement refusé de lui confier la garde de l’enfant. On comprend mieux que les avocats exigent aujourd’hui que l’ovule ne soit pas celui de la mère porteuse, afin qu’elle n’ait aucun lien génétique avec le nourrisson. Les agences de fertilité privilégient aussi les mères porteuses ayant fini de créer leur propre famille – la tentation de garder le bébé étant alors moins grande. Il s’agit donc de femmes ayant, la plupart du temps, entre 35 et 40 ans. Mais au-delà de ces quelques règles de bon sens, les États-Unis ne se posent guère de questions. « Les Américains sont tellement obsédés par la consommation, tellement englués dans cette approche « J’ai le droit d’avoir un bébé » qu’ils préfèrent fermer les yeux sur les questions éthiques », déplore Abby Lippman, de l’université McGill. « Il n’y a aucune barrière à l’entrée. N’importe qui peut créer une agence de mères porteuses, c’est terrible, s’alarme Mary Murphey, dans le Wisconsin. Vous n’imaginez pas ce que je vois. Dernièrement, une agence a choisi une mère porteuse de 48 ans qui avait déjà eu cinq enfants. Elle attend actuellement des triplés pour un homme de 50 ans. C’est n’importe quoi ! »

Les problèmes viennent toutefois moins souvent de la mère porteuse que des futurs parents. Certains d’entre eux n’ont plus envie de recevoir leur bébé – parce qu’ils divorcent ou que le foetus présente une anomalie par exemple – et demandent à la mère porteuse de le garder. « Nous avons eu 81 cas de ce type à l’échelle du pays. Seules 35 mères porteuses ont posé problème en souhaitant garder l’enfant. Dans 24 cas, c’était leurs propres ovules – une situation qui n’est plus possible aujourd’hui, puisqu’elles doivent désormais se faire féconder par les ovules d’une autre », explique Andrew Vorzimer, un avocat spécialiste du secteur à Los Angeles. Les déboires juridiques sont encore plus importants pour les Français qui reviennent avec un enfant conçu aux États-Unis : la gestation pour autrui étant illégale dans l’Hexagone, il est très difficile de faire reconnaître le bébé par l’état civil (lire encadré ci-dessous). Ces « fantômes de la République”, comme on les surnomme, seraient environ 2000 en France. Un nombre bien faible au regard des 800000 naissances qui ont lieu chaque année dans le pays, mais suffisamment important pour régulièrement déchirer les pro- et anti-GPA.

Source : LES ECHOS

NLH #NLQ #Tribunes et entretiens

VIDEO – La dignité de la procréation – par Mgr d’Ornellas

Une déclaration signée par tous les évêques intitulée : « La dignité de la procréation » est publiée ce jeudi 20 septembre 2018. Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du Groupe de travail « Eglise et Bioéthique » évoque la genèse de ce texte et le cœur du message que l’Eglise catholique veut faire entendre par la voix des évêques.

A lire : notre édito hebdomadaire du 22 septembre sur le sujet.

 

NLQ #Sorties/Animations

Appel de LMPT : rdv le 25 septembre 2018 devant le CCNE à Paris

Après son avis de juin 2017 – qui développaient tous les problèmes gravissimes posés par la PMA sans père mais concluait en faveur de sa légalisation, et son rapport sur les états généraux de la bioéthique 2018 rendu en juin dernier, le CCNE (Comité consultatif national d’éthique) va publier ce 25 septembre un nouvel avis en vue de la révision de la loi de bioéthique : il concernera à nouveau la procréation (PMA, GPA, conception à 3 parents, autorisation pour toutes les femmes de faire conserver leurs ovocytes…).
→ Le CCNE tirera-t-il enfin des conclusions justes des problèmes posés par la PMA sans père ?
→ Prendra-t-il en compte ce qui ressort massivement des états généraux de la bioéthique : la volonté des Français de ne pas priver volontairement des enfants de papa, de respecter l’être humain, la filiation et la famille ?

→ Ou rendra-t-il à nouveau un avis politique et idéologue, contraire à l’éthique ?

Conférences/Formations #NLH #NLQ

Cinq conférences sur la bioéthique à Bourg-en-Bresse (01) du 3 octobre au 12 décembre 2018

Alors que les Etats généraux de la bioéthique se sont tenus au début de l’année et que le Parlement travaille sur une loi, prenons le temps de comprendre ces sujets et leurs enjeux : PMA, GPA, fin de vie…

 

Après les Etats généraux de la bioéthique et alors que que le Parlement travaille sur une loi, prenons le temps de comprendre ces sujets et leurs enjeux, grâce à 5 conférences organisées à la Maison Jean-Marie Vianney à Bourg et retransmises en direct sur Internet.Après les Etats généraux de la bioéthique et alors que que le Parlement travaille sur une loi, prenons le temps de comprendre ces sujets et leurs enjeux, grâce à 5 conférences organisées à la Maison Jean-Marie Vianney à Bourg-en-Bresse (01) et retransmises en direct sur Internet et dans plusieurs paroisses.

Mercredi 3 octobre à 20h30 : M. Xavier Breton, député, président de la mission d’information sur la révision de la loi bioéthique : Questions bioéthiques & politique

Mercredi 17 octobre à 20h30 : Mgr Jacques Suaudeau, membre du Conseil pontifical pour la vie : Repères moraux sur la personne

Mercredi 14 novembre à 20h30 : Dr Loïc Biot et Alexandre Pirolet : la fin de vie

Mercredi 28 novembre à 20h30 : Michel Boyancé, directeur de l’IPC : Regard anthropologique

Mercredi 12 décembre à 20h30 : Mme Aude Mirkovic, maître de conférence : PMA et droits de l’enfant

Brèves

Le nouveau ministre de l’écologie, F. de Rugy, pro-gpa efface un tweet à ce sujet pour son entrée au gouvernement