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Grèves au Brésil : les évêques s’interposent en faveur des grévistes

L’épiscopat brésilien s’est exprimé jeudi 31 mai sur la crise sociale et économique que traverse le Brésil depuis dix jours. Les évêques ont fait part de leur solidarité à l’égard des camionneurs en colère.

Les transporteurs routiers brésiliens, essentiellement des camionneurs, protestent depuis dix jours maintenant contre la hausse des prix du carburant (compter plus de 50 % depuis juillet 2017 pour le diesel, selon le quotidien économique brésilien Valor). Le conflit social ne cesse de prendre de l’ampleur d’autant que les camionneurs bloquant les 25 principales artères du pays viennent d’être rejoints par les employés du secteur pétrolier, mercredi 30 mai.

La solidarité des évêques

Face à ce climat hautement tendu, l’épiscopat brésilien s’est exprimé par l’intermédiaire d’une note publiée sur son site internet. Déjà proactifs dans la défense des sans-terre, les évêques brésiliens ont ici fait part de leur  « solidarité avec tous les camionneurs et les travailleurs », qui manifestent ces derniers jours.

Le président de la conférence épiscopale,  le cardinal  Sergio da Rocha, archevêque de Brasilia, a invité « l’ensemble de la société au dialogue et à la non-violence », reconnaissant l’importance de l’activité des chauffeurs de camions.

L’épiscopat réclame ainsi des solutions tournées « vers le bien des personnes et en particulier des plus pauvres », sans nécessité « de soumission aux impératifs du marché ou des intérêts particuliers ».

Un enjeu de la présidentielle d’octobre

La dévaluation continue de la monnaie brésilienne est à l’origine de cette hausse du prix du carburant, décidée par le président Temer, et qui a suscité l’ire des routiers, paralysant le pays. Routes bloquées, vols annulés, écoles fermées, et millions d’animaux tués par manque de nourriture, représentent le quotidien perturbé des Brésiliens depuis plus d’une semaine.

Le président brésilien, Michel Temer, le plus impopulaire de l’histoire du Brésil – il recueille seulement 5 % d’approbation parmi les Brésiliens aujourd’hui -, a cédé à certaines demandes des camionneurs, mais en vain. Il a, entre autres, consenti à une forte réduction des tarifs, tout en stipulant qu’ils ne pourraient être ajustés que mensuellement et non plus quotidiennement. Nombreux sont donc les manifestants appelant à sa démission. Cette crise sociale sera un élément-clé du scrutin présidentiel brésilien prévu les 7 et 28 octobre prochain.

Source : Vatican News

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Bénin – Les évêques au secours des malades “otages” des grèves

 « Nous sommes particulièrement frappés par la grève des opérateurs sanitaires qui dure depuis quelques semaines et dont les conséquences sont dramatiques pour les malades » écrivent les Evêques du Bénin dans le Message publié au terme de leur Assemblée plénière et envoyé à l’Agence Fides. Face au drame des malades privés d’assistance, les Evêques du Bénin « lancent un appel pressant au gouvernement et aux partenaires sociaux afin qu’ils reprennent le dialogue pour sortir rapidement de la crise. En aucun cas les malades ne doivent être abandonnés à leur sort ».

« La grève des opérateurs sanitaires a commencé depuis plus d’un mois et les syndicats ont l’intention de la poursuivre à outrance tant que le gouvernement ne répondra pas aux requêtes des travailleurs » expliquent à l’Agence Fides les rédacteurs de Radio Immaculée Conception du Bénin. « Par suite, nous ne savons pas jusque quand la crise durera. Les syndicats demandent des augmentations de salaires mais le gouvernement ne semble pour l’heure pas disposé à les accorder ». Radio Immaculée Conception confirme le scénario dramatique objet de la dénonciation des Evêques : « La population est fortement touchée par la grève. Les hôpitaux sont bloqués et même les services d’urgence ne sont pas garantis ».

La grève dans le secteur sanitaire n’est cependant que l’un des signaux du malaise général que connaît le pays, ainsi que le reconnaît le Message de la Conférence épiscopale qui « déplore la précarité et la pauvreté qui frappent une large partie de la population. De nombreux béninois vivent dans l’angoisse permanente de ne plus être en mesure de faire face aux besoins essentiels de leurs propres familles. Une telle situation ne peut favoriser la cohésion sociale, garantie de toute forme de développement ».

Le gouvernement du Président Patrice Talon doit actuellement faire face à un mouvement de protestation croissante qui l’accuse de corruption et d’autoritarisme.

 

Source Agence Fides