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Chine : au Henan, malgré la représsion, les églises se multiplient

Alors que la Chine poursuit sa campagne de répression contre la liberté religieuse, les parents catholiques de la province centrale du Henan assument la formation de leurs enfants. Alors que les églises domestiques, face à cette situation, prennent de l’ampleur dans la région, les membres du Parti communiste chinois de la province multiplient les tentatives d’intimidation comme cette pancarte, destinée aux parents et affichée sur le mur d’une église en août : « Les mineurs de moins de 18 ans sont interdits d’entrer. »

Alors que le Parti communiste chinois continue de réprimer la liberté religieuse en empêchant les mineurs d’entrer dans les lieux de culte, les catholiques de la province centrale du Henan font face à la situation en transformant leurs maisons en églises temporaires. Ainsi, Maria, une catholique de la ville de Nanyang, confie que ses parents catholiques, face à la pression de l’État, resserrent les liens communautaires et organisent des rassemblements chez les uns ou les autres pour pouvoir prier avec toute la famille, y compris les enfants. « Chaque famille continue de célébrer sa foi à la maison et reste proche de Dieu », assure-t-elle. « Peu importe le niveau de persécution, cela ne pourra jamais l’emporter sur notre foi dans le Seigneur. » Les prêtres participent également à ces rassemblements domestiques pour transmettre les enseignements de l’Église aux plus jeunes membres de la famille et pour renforcer leur foi, ajoute Maria.
Certains craignent que les jeunes générations ne soient éloignées de la foi chrétienne de leurs familles si le PCC parvient à ses fins et si tous ses décrets sont appliqués, alors que Pékin voit les religions comme une menace. Le gouvernement local du Henan a renforcé sa répression contre les religions en interdisant aux mineurs de participer aux cours d’études religieuses et en rassemblant des informations sur les chrétiens pour pouvoir contrôler leurs activités. Des villageois plus âgés se sont vus menacer du retrait de leur sécurité sociale s’ils refusaient de renoncer à leur foi. De plus, des fonctionnaires et des enseignants affirment que leurs familles ont reçu des menaces de peines diverses s’ils refusaient de cesser de participer aux activités de leur paroisse.
Selon les dernières nouvelles, les croix de plusieurs églises protestantes ont été détruites, et la cathédrale du diocèse d’Anyang a dû retirer sa croix et hisser le drapeau national en signe de patriotisme. Par ailleurs, les autorités auraient demandé à l’évêque et aux prêtres de leur révéler le lieu de l’impression des divers textes religieux des paroisses locales. Les églises ont dû retirer leurs affiches et autres promotions religieuses, selon le clergé local. Face à des incidents similaires qui se sont répétés depuis plusieurs mois, Maria confie qu’elle a récemment acheté des livres sur le christianisme pour ses enfants, dans le but d’instaurer l’équivalent d’une école à domicile.

Un rappel de la Révolution culturelle ?

Teresa Zhao, une catholique du diocèse de Shangqu au Henan, confie que la communauté chrétienne doit assumer la responsabilité de la transmission de la foi à ses enfants, et qu’elle n’a pas d’autres choix que de le faire de façon clandestine. « Cela devient une tendance générale en Chine désormais », regrette-t-elle. « Il n’y a aucun moyen de l’empêcher. » Elle lit des passages de la Bible à ses enfants tous les jours afin de renforcer leur foi. « Si nous continuons de les encourager dans ce sens, personne ne pourra rien contre cela », assure Teresa. « Notre foi est le plus beau cadeau que nous pouvons leur donner. » Elle confie que les décisions du Parti ne pourront pas forcer les chrétiens à renoncer complètement. « L’Église est universelle. Notre Seigneur et ceux qui suivent le Christ ont vécu ici bien avant que nous n’ayons des églises ou un clergé local », poursuit-elle.
Un catholique « souterrain » dénommé John confie que l’intensification de la répression religieuse lui rappelle la Révolution culturelle de 1966-1976, qu’il a vécue quand il était enfant. « Maintenant, nous avons l’impression de retourner à cette période, et nos enfants risquent de voir à quel point les choses peuvent mal tourner… » Il ajoute que l’Église est persécutée depuis l’Empire romain, mais il pense que les manœuvres du gouvernement chinois finiront par se retourner contre lui. « Chaque persécution ne fait que rendre l’Église plus forte et les fidèles plus déterminés », affirme-t-il. « Ces coups extérieurs ne peuvent pas détruire la foi. » L’Église a subi une persécution continue en Chine continentale depuis que le PCC est arrivé au pouvoir en 1949. « Même si les choses étaient bien pires durant la Révolution culturelle, ils n’ont pas pu se débarrasser de l’Église », ajoute Martha, une autre catholique. « Le gouvernement se trompe lourdement en essayant de répéter cela à l’ère numérique. »
Le père Paul, un prêtre d’un diocèse de l’ouest de la province du Henan, confie qu’il a récemment refusé d’accrocher une affiche rappelant l’interdiction de l’entrée dans l’église aux mineurs. Les autorités sont donc arrivées avec de la peinture rouge et l’ont fait à sa place. Depuis, des agents du gouvernement gardent l’entrée de l’église, explique le prêtre. « Aujourd’hui, les parents doivent assumer cette charge temporairement en guidant la foi de leurs enfants. »

Source : Eglises d’Asie

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Chine : les autorités ordonnent le recensement des catholiques du Henan

Les autorités chinoises resserrent toujours plus leur emprise sur les religions dans la province centrale du Henan, avec cinq nouvelles règles, imposant notamment aux religions de la province de tenir des statistiques sur les fidèles. C’est ce qu’affirme un prêtre du diocèse de Zhengzhou, au Henan, qui a reçu l’ordre d’enregistrer et déclarer le nombre et la situation des fidèles. Un ordre qu’il dénonce comme une manœuvre destinée à priver les familles catholiques démunies de l’accès aux subventions publiques. Près de 10 % des catholiques chinois sont concentrés dans la seule province du Henan.
Un prêtre de la province chinoise du Henan affirme avoir reçu un ordre des autorités municipales demandant aux églises de la province de collecter des statistiques sur la composition de leurs communautés, en particulier concernant les familles pauvres. Mais il refuse de coopérer, de peur que des personnes mentionnées dans le registre ne soient empêchées de recevoir les aides publiques en guise de « correction » à cause de la pratique de leur foi. « C’est totalement irresponsable. Par cette manœuvre, je suspecte un objectif inavoué d’interdire l’accès des subventions publiques aux personnes aux bas revenus », dénonce le prêtre, qui souhaite rester anonyme de peur de représailles des autorités. Ces dernières années, bien que le pays communiste soit officiellement athée, une trêve fragile s’est installée entre la Chine et le Vatican. Les chiffres du Pew Institute indiquent qu’aujourd’hui, la Chine compte dix millions de catholiques, dont 10 % sont concentrés dans la seule province du Henan, considérée comme le berceau de la civilisation chinoise.
« Maintenant, nous n’avons plus qu’à attendre l’équipe d’inspection. Nous verrons ce qu’ils diront avant de décider de la suite », ajoute ce prêtre du diocèse de Luoyang, qui officie à Sanmenxia. Ce dernier s’inquiète de ce que le gouvernement prévoit de faire avec les données récoltées, qui font partie d’un nouveau « projet spécial » tout juste lancé. Alors que le gouvernement affirme que l’ordre est destiné à améliorer la façon dont les églises et autres sites sont gérés, le prêtre estime qu’il s’agit plutôt d’un prétexte pour limiter et réprimer l’activité religieuse dans la province. Il confie que des autorités ont visité son église le 1er juillet et lui ont donné une circulaire intitulée « Special office emergency notice » (« Avis spécial d’urgence »), donnant l’ordre au prêtre de suivre les consignes indiquées. L’avis contenait cinq points, demandant notamment d’enregistrer et de déclarer, pour le 4 juillet à 18 heures, le nombre et la situation des fidèles de toutes les religions. Les responsables religieux se sont également vus demander de signaler aux autorités locales tout mineur entrant dans les édifices religieux, ainsi que toute installation de néons ou d’enceintes dans des lieux de culte.
Le deuxième point précise que la liste des membres du clergé doit également être affichée dans les paroisses pour que les autorités puissent confirmer qu’ils ont les permis nécessaires pour prêcher. Un troisième point ajoute que le drapeau chinois doit être affiché en permanence dans tous les lieux de culte, et que l’hymne national doit être chanté lors de chaque célébration, affirme le prêtre. Les deux derniers points concernent de nouvelles révisions des règles relatives aux affaires religieuses, ainsi que des statistiques destinées à améliorer les archives municipales, selon le prêtre. Les membres du bureau du « projet spécial » doivent faire des visites à l’improviste aux églises de la province, quand et comme elles l’estiment nécessaires, afin de s’assurer du respect des nouvelles règles, avertit l’avis d’urgence, qui indique également que des enquêtes seront menées afin de vérifier que tous les districts coopèrent.

Les religions sous étroite surveillance

Le prêtre explique que les sites religieux sont étroitement surveillés, et que ceux qui n’ont pas de permis sont fermés. Même les lieux de cultes déclarés ont reçu des avertissements à propos de l’admission de mineurs ou de membres du Parti communiste. Un autre prêtre du diocèse de Anyang, au Henan, confie avoir reçu le même ordre. Cette année, les efforts pour réprimer la religion dans la province se sont intensifiés. Dès le nouvel an chinois, à la mi-février, des informations ont ainsi signalé l’interdiction pour les catholiques d’afficher des distiques à leurs portes (ces couplets, formés de caractères noirs et or sur papier rouge, affichés verticalement aux portes des maisons lors du nouvel an), ainsi que la fermeture d’églises et d’écoles maternelles catholiques. Le 24 avril, les autorités de la ville de Diandian, dans le comté de Shangcai, ont envoyé deux agents afin de sceller l’entrée de l’église catholique de Gadazhang, dans le diocèse de Zhumadian. Une source avait alors indiqué qu’un des agents avait déclaré que la fermeture faisait partie d’une nouvelle mesure du Parti communiste. Le prêtre en charge de la paroisse était enregistré, mais pas l’église.
La source avait assuré que le gouvernement ne permettrait pas à l’église de s’enregistrer ou de rouvrir, et que les autorités ne saisiraient probablement pas l’église, mais que le clergé ne pourrait pas y retourner avant longtemps. La source avait également condamné une telle brutalité, et déclaré que les autorités locales avaient ouvertement piétiné la politique religieuse de l’État. Après le vote de la nouvelle réglementation sur les affaires religieuses, le 1er février, les mineurs se sont vus interdire l’accès aux lieux de culte. Depuis, chaque dimanche, des voitures de police ont été placées devant les églises. Dans le diocèse de Anyang, des avis ont été affichés et des agents postés à l’extérieur des églises afin d’empêcher les mineurs d’accéder aux églises le dimanche.
Le 8 avril, l’Association patriotique des catholiques chinois du Henan et la Commission administrative catholique du Henan ont publié un communiqué interdisant l’organisation de sessions de formation et indiquant que les enfants ne doivent pas être amenés à l’église par leurs parents. « Avant, il ne s’agissait que de propagande, mais maintenant, il y a une limite à ne pas dépasser, prenez-le au sérieux », ajoutait le communiqué. Les autorités du Henan ont également chassé des prêtres de leurs diocèses et détruit la pierre tombale de Mgr Li Hongye, qui avait été nommé par le Vatican mais n’avait pas été reconnu le gouvernement.

Source : Eglises d’Asie

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Chine : au Henan, la répression contre l’Eglise s’accélère

Le 24 avril au matin, les autorités de la ville de Diandian, dans le comté de Shangcai, ont ordonné la fermeture d’une église non enregistrée de Gadazhang, dans le diocèse de Zhumadian. Sur les dix diocèses que compte la province du Henan, il s’agit du huitième diocèse à connaître une telle répression depuis la prise de fonctions, mi-mars, de Wang Guosheng, le nouveau chef de la province.

La répression se durcit contre l’Église locale au Henan, un centre important du christianisme chinois, suite à la fermeture forcée d’une église catholique non enregistrée. Le prêtre en charge de l’église était bien enregistré auprès du gouvernement, contrairement à l’église, selon une source interrogée par l’agence Ucanews : « Le gouvernement n’autorisera pas l’ouverture ou l’enregistrement de l’église. » Le matin du 24 avril, les autorités de la ville de Diandian, dans le comté de Shangcai, ont envoyé deux officiers fermer l’église catholique de Gadazhang, dans le diocèse de Zhumadian. Une vidéo circulant en ligne montre une catholique âgée en train d’arracher le sceau apposé contre les portes de l’église et un groupe de catholiques protester contre les officiers en question. Ceux-ci ont répondu qu’il s’agissait de la politique du Parti communiste.
Selon la même source, il est peu probable que les autorités saisissent l’église, mais le clergé ne pourra pas y retourner avant un certain temps. Le curé de la paroisse a demandé aux catholiques de « prier pour l’Église ainsi réprimée ». La source interrogée condamne cette « force brutale » et affirme que le gouvernement, en agissant ainsi, ignore et piétine la politique de l’État concernant les religions. Avec cet évènement, le diocèse de Zhumadian est le huitième sur les dix diocèses que compte le Henan à connaître une telle répression religieuse, depuis la nomination du nouveau chef de la province, Wang Guosheng, qui a pris ses fonctions mi-mars. Dans les diocèses d’Anyang, de Luoyang, de Xinxiang, de Puyang, de Zhengzhou, de Shangqiu et de Kaifeng, le gouvernement s’en est pris à des églises catholiques et protestantes. La pierre tombale d’un évêque décédé de l’Église souterraine a été détruite, des prêtres ont été chassés et des propriétés ecclésiales ont été saisies.

Plus de 300 000 catholiques au Henan

Le 8 avril, l’Association patriotique des catholiques chinois du Henan et la Commission administrative catholique du Henan ont signé conjointement un communiqué demandant à la population de respecter « les principes de séparation entre la religion et l’éducation » et les nouvelles réglementations sur les affaires religieuses. Selon le communiqué, aucun lieu confessionnel ne peut accueillir des sessions de formation, et les parents ne peuvent pas amener leurs enfants à l’église : « Avant, il ne s’agissait que d’éducation et de propagande, mais aujourd’hui, il y a une ligne à ne pas franchir, sous aucun prétexte ; prenez-le au sérieux. » Le communiqué a également prévenu les chrétiens que les autorités poursuivraient toute personne enfreignant les règles et feraient fermer l’édifice concerné.
Bien que l’on ne dispose d’aucune statistique officielle, la population chrétienne de la province du Henan serait la deuxième plus importante du pays après la province de Zhejiang. En 2009, le Henan comptait environ 2,4 millions de chrétiens, dont 300 000 catholiques. Fin 2011, il y avait 2 525 églises chrétiennes et 4 002 bâtiments ecclésiaux dans la province.

Source : Eglise d’Asie