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Le Cardinal Sarah à Kergonan pour les 50 ans d’Humanae Vitae en vidéo

“Humanae Vitae, voie de sainteté pour notre temps” Conférence du Cardinal Robert Sarah à l’abbaye Sainte-Anne de Kergonan, le 4 août 2018, au cours du week-end organisé par le Centre Billings France pour célébrer les 50 ans de l’encyclique “prophétique et providentielle” (Jean-Paul II) de Paul VI

Tribunes et entretiens

Ce que le cardinal Sarah pense d’Humanae Vitae

d’Antoine Pasquier dans Famille chrétienne :

À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’encyclique Humanæ Vitæ, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, a donné une conférence le 4 août à l’abbaye sainte Anne de Kergonan intitulée « Humanæ Vitæ, voie de sainteté ». Extraits choisis.

« Paul VI n’a pas pu se taire »

« Il y a exactement 50 ans le Pape Paul VI a signé sa dernière et plus importante Lettre Encyclique, Humanæ Vitæ . C’était le 25 juillet 1968. Si l’on replace cet enseignement du Bienheureux Paul VI dans son contexte historique, on mesure quel courage, quelle grande foi en Dieu et quelle docilité à l’Esprit-Saint, il a fallu au Pape pour oser un tel acte. Alors que de nombreux théologiens, et parfois même des évêques le poussaient à mettre l’Église à la remorque du monde et des médias, le Pape a rappelé avec force que l’Église ne peut enseigner autre chose que ce qu’elle a reçu du Christ : la vérité révélée, qui est la seule voie de bonheur et de sainteté pour les hommes ;

Ainsi, malgré la tempête qu’a suscité Humanæ Vitæ, nous pouvons voir de nos yeux combien puissamment l’Esprit Saint a assisté et soutenu l’Office Pétrinien : au milieu d’un monde rendu esclave et dominé par les perversions de la révolution sexuelle, abandonné et isolé par beaucoup de cardinaux, évêques et théologiens, Pierre s’est tenu seul et Pierre est resté fort. Non seulement Paul VI a réaffirmé la doctrine historique et apostolique, mais il s’est surtout montré immensément prophétique. Cinquante ans après sa publication, cet enseignement magistériel manifeste non seulement sa vérité immuable, mais il révèle également la clairvoyance avec laquelle le problème fut affronté (…).

Paul VI n’a pas pu se taire, la grâce du successeur de Pierre lui a donné le courage de parler avec clarté et fermeté. Il n’a pas pu en faire autrement car il en va de la Révélation, du message du Christ. Il n’a pas pu se taire car ce qui est en jeu dans l’encyclique Humanæ Vitæ, c’est, ni plus ni moins, la sainteté des couples chrétiens. »

Paul VI n’a pas pu se taire car ce qui est en jeu dans l’encyclique Humanæ Vitæ, c’est, ni plus ni moins, la sainteté des couples chrétiens.

Humanæ Vitæ n’est pas une question d’interdit

« Le refus d’Humanæ Vitæ, la méfiance vis à vis de cet enseignement vient souvent d’une erreur de perspective. On entend souvent dire : “la règle de l’Église est dure“, ou “L’Église manque de miséricorde” ou encore “la règle est impossible à observer dans les faits“.

Comme si, Paul VI, en condamnant la contraception, avait arbitrairement décidé du permis et de l’interdit. Il y a là une erreur fondamentale ! Paul VI n’a pas, “un beau jour”, décidé d’interdire la contraception, par pur caprice ou volonté d’imposer une opinion personnelle. C’est vraiment, après quatre longues années d’étude, de réflexion, de consultation, de lecture de documents scientifiques de qualité sur la question, après avoir longuement prié et s’être totalement livré à l’Esprit Saint, et mu par le sentiment aigu de sa grave responsabilité de père et de pasteur devant Dieu, devant l’Eglise et devant l’humanité, absolument fidèle à sa foi catholique et docile au magistère pérenne de l’Eglise, que Paul VI a pris la décision d’expliquer les circonstances et les raisons qui l’ont motivé à rappeler l’enseignement ferme de l’Eglise.

Chers amis, chers époux si, comme chrétiens, vous refusez la contraception, ce n’est pas d’abord “parce que l’Église l’interdit“. C’est plutôt parce que vous savez, par l’enseignement de l’Église, que la contraception est intrinsèquement un mal, c’est-à-dire qu’elle détruit la vérité de l’amour et du couple humain. Elle réduit la femme à n’être qu’un objet de plaisir et de jouissance toujours disponible à tout instant et en toutes circonstances aux pulsions sexuelles de l’homme. Cela me semble très important. Le principe de la morale chrétienne n’est pas le respect d’un devoir imposé de l’extérieur et passivement subi, mais plutôt l’amour du bien, de la vérité de l’être. »

Trois erreurs à propos d’Humanæ Vitæ

 « La première erreur se situe chez les fidèles et les époux en particulier. Recevoir Humanæ Vitæ ne revient donc pas à, matériellement et systématiquement, « avoir de nombreux enfants ». Non ! Cela veut tout simplement dire, s’ouvrir généreusement et largement à la vie et accueillir autant d’enfants que votre santé, votre amour et vos moyens vous le permettent, dans un profond sentiment de gratitude à Dieu. Recevoir Humanæ Vitæ, c’est entrer dans la nature profonde de l’amour humain et donc s’engager dans une démarche de paternité-maternité responsable qui, tout en refusant toute pratique contraceptive, sait ouvrir le couple à un accueil généreux et intelligent de la vie, non pas à tout prix, mais selon les capacités de chaque couple. Sachant parfois, si des circonstances justifiées le réclament, espacer les naissances en utilisant l’alternance des périodes de fertilité. Toujours pour mieux protéger l’amour conjugal et familial.

La deuxième erreur à éviter se trouve chez les théologiens et les moralistes. Je voudrais ici avec force reprendre les mots mêmes de Jésus : « Gardez-vous des faux-prophètes ! Ils viennent à vous déguisés en agneaux, mais au dedans ce sont des loups rapaces ! » (Mt 7, 15). Oui, gardez-vous de ceux qui vous disent que, tant que l’intention générale du couple est droite, les circonstances pourraient justifier le choix des moyens contraceptifs. Chers amis, de tels propos sont des mensonges ! Et ceux qui vous enseignent de telles aberrations « falsifient la Parole de Dieu » (2 Co 4,2) Ils ne parlent pas au nom de Dieu. Ils parlent contre Dieu et contre l’enseignement de Jésus. Quand on vous dit : il y a des situations concrètes qui peuvent justifier un recours au contraceptif, on vous ment ! On vous prêche une doctrine frelatée (cf 2 Cor 2, 17) ! Bien plus, on vous fait du mal, car on vous indique une voie qui ne conduit ni au bonheur, ni à la sainteté !

La troisième erreur à éviter se trouve chez les pasteurs : prêtres et évêques. Chers frères prêtres, on cherche parfois à nous culpabiliser en nous accusant de faire porter aux autres le fardeau que nous ne portons pas nous-mêmes. Ne vous laissez pas intimider : obéissez à Dieu plutôt qu’aux hommes. Si vraiment Humanæ Vitæ est la charte d’une vie conjugale menée selon la vérité profonde de la sexualité humaine, alors, nous n’imposerons aucun fardeau ! Au contraire, en prêchant Humanæ Vitæ, nous annonçons la bonne nouvelle ! Nous annonçons la sainteté conjugale ! Comment nos cœurs de prêtres pourraient-ils priver les âmes de cette voie royale de la sainteté conjugale ? Comment pourrions-nous proposer une forme de sainteté “au rabais”, inaboutie ? Non ! Comme le dit Paul VI, “Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes”. N’abandonnons pas les couples aux sirènes trompeuses de la facilité ! »

 

Ne pas se limiter à l’ordre biologique

« Il ne s’agit pas de respecter seulement matériellement un ordre biologique mais bien de conformer toute sa vie à l’ordre de la Création. L’ordre biologique, le cycle de la fécondité, est “l’expression de l’ordre de la nature, c’est-à-dire du plan providentiel du Créateur, dans l’exécution fidèle duquel dépend le vrai bien de la personne humaine”. Mais ce plan du Créateur ne se réduit pas à la régularité biologique. La fidélité à l’ordre de la Création comprend bien davantage. La fidélité au plan de Dieu suppose l’exercice d’une paternité-maternité responsable qui s’exprime à travers une utilisation intelligente du rythme de la fécondité. Elle suppose une collaboration entre les époux, une communication, des choix communs et libres, posés en conscience, éclairés par la grâce et la prière persévérante, fondés sur une générosité foncière, pour décider, soit de donner la vie, soit, pour de justes motifs”, de repousser à plus tard une naissance. Elle suppose une vraie charité conjugale, une véritable tempérance et maîtrise de soi, surtout s’il faut limiter les unions conjugales aux périodes infécondes. Bref, il s’agit de tout un art de vivre, d’une spiritualité, d’un mode proprement conjugal de sainteté ! Autrement dit : les méthodes naturelles sont un fondement mais elles supposent d’être vécues dans un contexte de vertus. Elles peuvent constituer une porte, une pédagogie pour la découverte de cette vie conjugale plénière, mais elles peuvent aussi n’être vécues que matériellement sans ce contexte de responsabilité, de générosité, de charité qui leur est connaturel. »

Les tentatives toujours renaissantes d’un christianisme sans sacrifice, un christianisme liquide, à l’eau de rose, sont vouées à l’échec.

 

« Entrer dans l’adoration »

« Les méthodes naturelles ouvrent la voie et requièrent une vraie spiritualité conjugale. Cette spiritualité, cette vie de relation avec Dieu trouve sa pleine réalisation sous l’influence particulière d’un don du Saint-Esprit : le don de Piété. La Piété est ce don qui nous fait tout recevoir de Dieu comme d’un Père, avec respect et reconnaissance. Jean-Paul II souligne que l’on ne peut pleinement comprendre “la vraie signification nuptiale de toutes les manifestations d’affection qui constituent la trame de la persistance de l’union conjugale (…) sans cette compréhension spirituelle qui est le fruit fondamental du don de l’Esprit qui pousse la personne à respecter l’œuvre de Dieu”.

Oui, il faut aller jusque-là. Comprendre le dessein Créateur, le recevoir avec le cœur, suppose cette attitude spirituelle profonde de reconnaissance et d’adoration qui est un don de l’Esprit-Saint. Selon les mots de Jean-Paul II, “le respect pour l’œuvre de Dieu contribue à faire en sorte que l’acte conjugal ne soit pas dévalué et privé d’intériorité, qu’il ne devienne pas une “habitude”, et qu’en lui s’exprime une adéquate plénitude de contenus personnels (…) mais aussi de contenus religieux, c’est-à-dire la vénération pour la majesté du Créateur, unique et ultime dépositaire de la source de la vie”. En vérité, c’est bien la pointe de ce qui est en jeu dans Humanæ Vitæ. »

 

La sainteté conjugale passe par la Croix

« Oui, chers amis, chers époux, je ne vous prêche pas la facilité. Je vous annonce Jésus, et Jésus crucifié ! Chers époux, je vous invite à entrer sur cette voie royale de la sainteté conjugale. Il y a des jours où elle n’ira pas sans héroïsme de votre part. Il y a des jours où vous serez sur le chemin de la Croix. Je pense à la “croix de ceux dont la fidélité suscite moqueries, ironies et même persécutions”, croix des soucis matériels qu’engendre la générosité dans l’accueil de la vie, croix des difficultés dans la vie du couple, croix de la continence et de l’attente à certaines périodes. Chers amis, si je vous annonçais autre chose je vous mentirais, je vous trahirais ! Je ne serai plus ministre de Dieu pour vous conduire au bien (Rm 13,4) ni messager de sa Parole.

Le bonheur, la joie parfaite de vos couples passe par là. Je sais que cela ne va pas sans sacrifice, mais “les tentatives toujours renaissantes d’un christianisme sans sacrifice, un christianisme liquide, à l’eau de rose, sont vouées à l’échec”.  Le Catéchisme de l’Église Catholique l’exprime avec force : « C’est en suivant le Christ, en renonçant à eux-mêmes, en prenant leur Croix sur eux que les époux pourront “comprendre” le sens originel du mariage et le vivre avec l’aide du Christ. Cette grâce du mariage chrétien est un fruit de la Croix du Christ, Source de toute vie chrétienne ». Nous ne pouvons faire l’économie de la Croix. »

Source : Famille Chrétienne

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Humanae Vitae, 50 ans après – Paul VI et le regard positif

« En ce cinquantième anniversaire d’Humanae vitae, redécouvrons les paroles de Paul VI sur l’encyclique, pendant l’audience générale une semaine après la publication du texte. L’appel du pape Montini s’adresse aux époux chrétiens afin que, dans le document  laborieusement mis au point, ils lisent non pas une série d’interdits mais une contribution à leur vocation », explique, ce 25 juillet 2018, Vatican News en italien (Alessandro De Carolis) dans ce récit, traduit par Hélène Ginabat :

« Un mercredi en plein été, devant la foule. Paul VI est à Castel Gandolfo et préside l’audience générale dans la Salle du Palais pontifical. « Nos paroles, annonce-t-il, ont aujourd’hui un thème imposé par l’encyclique intitulée Humanae vitae… ». C’est le moment que le pape Montini a peut-être attendu depuis des jours. Le moment de s’adresser directement à la foule et de parler à cœur ouvert d’un thème qui l’a absorbé pendant des années et jusqu’à la semaine précédente, dans un effort pour finaliser un des documents les plus délicats et complexes de son pontificat et de l’Église contemporaine.

L’adjectif-clé

« Le point névralgique apparaît dès les premières lignes : « Ce document pontifical (…) n’est pas seulement la déclaration d’une loi morale négative, à savoir l’exclusion de toute action qui se propose de rendre la procréation impossible, mais c’est surtout la présentation positive de la moralité conjugale ordonnée à sa mission d’amour et de fécondité… ».

« Paul VI connaît bien les critiques et les réserves à l’égard du texte, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église. Le ton habituel, sobre et solennel, du discours, change. L’enregistrement de l’audience générale manifeste l’accent mis sur l’expression « présentation positive » : « Humanae vitae est surtout la présentation positive de la moralité conjugale ».

« Parce que cet adjectif est comme le poinçon de l’émotion qui, pour une fois, émerge de l’austère retenue et révèle le cœur non seulement du pape, mais aussi de l’homme. Le cœur de celui qui, au-delà du débat difficile généré autour de l’encyclique – ressent le besoin d’expliquer et de s’expliquer. Raconter que ce que le pape a revu personnellement, scrupuleusement, paragraphe par paragraphe, pour en faire un acte du magistère, n’est pas une sorte de pensée autocratique insensible et vexatoire, mais la réflexion dictée avant tout par l’amour d’un père pour les familles, en particulier celle qui, chaque jour, mesure leur vie à l’aune de leur foi.

« Le pape Montini déclare à la foule qu’il ne veut pas parler, dans cette circonstance, du contenu d’Humanae vitae. En ce dernier jour de juillet, il désire laisser place aux « sentiments ». Ceux qui, dit-il, lui ont rempli l’ « âme » pendant les « quatre années » de la « laborieuse rédaction » de l’encyclique. « Le premier sentiment, confie-t-il, a été celui de notre très grave responsabilité » qui « nous a aussi fait pas mal souffrir spirituellement » (…)

« Nous avons étudié, lu, discuté autant que nous le pouvions ; et nous avons aussi beaucoup prié ». L’emploi du pluriel semble vouloir dilater la fatigue d’un travail que Paul VI n’a pas l’intention de dissimuler, en écoutant et en se confrontant à toutes les voix compétentes en la matière.

« Toutefois, il évoque ensuite « un autre sentiment qui nous a toujours guidé dans notre travail, c’est celui de la charité, de la sensibilité pastorale envers ceux qui sont appelés à intégrer leur personnalité dans la vie conjugale et dans la famille ». Et un troisième sentiment qui est « l’espérance ». L’espérance que « ce seront les époux chrétiens qui comprendront combien notre parole, qui peut sembler sévère et ardue, veut être l’interprète de l’authenticité de leur amour, appelé à se transfigurer dans l’imitation de celui du Christ pour son épouse mystique, l’Église » et à « inspirer à la famille moderne sa propre spiritualité, source de perfection pour chacun de ses membres et de témoignage moral dans la société ». »

Source : Zenit.org

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Humanae Vitae : un livre sur la genèse de l’encyclique

Cette étude parue sous la plume de Mgr Marengo vise-t-elle à préparer une  “réinterprétation” de l’encyclique que certains évoquaient l’année dernière ?

Dans le livre italien « La naissance d’une encyclique. Humanae vitae à la lumière des Archives du Vatican » (Librairie éditrice du Vatican), don Gilfredo Marengo publie quelques données inédites qui aident à dissiper les préjugés sur le texte, cinquante ans après sa publication par Paul VI (1968). Vatican News se fait l’écho de l’ouvrage qui souligne que le texte reflète les débats post-conciliaires.

Un temps de gestation très long – Paul VI travailla le texte cinq ans, de 1963 à 1968 – et de nombreux conseillers impliqués dans le projet, c’est ce qui ressort notamment de l’étude faite par don Gilfredo Marengo, enseignant à l’Institut pontifical théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. L’auteur a obtenu une dérogation spéciale du pape François pour accéder aux archives avant les 70 ans prévus, afin de reconstruire la genèse du texte.

« Beaucoup de polémiques et beaucoup de jugements critiques sur Humanae vitae, explique don Marengo, sont nés de conjectures sur sa composition. C’est pourquoi reconstruire ce parcours aide à faire tomber de nombreux préjugés qui se sont accumulés autour du texte pendant toutes ces années. »

« Sa rédaction, et ensuite sa réception, explique l’auteur, ont subi les effets des premières tensions ecclésiales après le Concile et le texte est étroitement lié à ses conclusions… pour la génération qui a travaillé pendant ces années-là, le Concile était encore une réalité nouvelle comme le montre la gêne exprimée, dans certains passages, par certains conseillers par rapport aux thèmes conciliaires ». En même temps, note-t-il, « chez beaucoup d’autres, qui contestèrent Humanae vitae, il y avait clairement un préjugé, selon lequel tout ce qui avait été écrit avant le Concile n’avait plus de valeur ».

Dans cette consultation de documents inédits, don Marengo a mis en lumière l’existence d’un projet d’encyclique, approuvé puis éliminé, ainsi qu’une consultation synodale sur les méthodes de régulation des naissances, pendant le premier synode des évêques à l’automne 1967.

La recherche permet aussi une approche plus objective de l’encyclique, comme il l’explique, démystifiant deux mythes : « Il n’est pas vrai que Paul VI a travaillé dans la solitude : au contraire, il a fait en sorte d’avoir toutes les suggestions possibles et il a consulté les évêques. Mais ce n’est pas vrai qu’il a été tourmenté par des doutes, parce qu’il avait mûri son jugement depuis le début. Le pape Montini a simplement toujours demandé à tous ses collaborateurs de l’aider sur la manière de présenter son jugement de façon positive. Et il faut dire que ceux-ci n’ont pas toujours été en mesure de répondre jusqu’au bout à cette exigence. »

Source : Zenit.org – Avec une traduction d’Hélène Ginabat

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Venez à l’écart… les 4 & 5 août à l’Abbaye de Kergonan (56) pour les 50 ans d’Humanae Vitae avec le Cardinal Sarah

A l’occasion des 50 ans d’Humanae Vitae, l’abbaye sainte Anne de Kegonan accueille tous les couples, jeunes foyers, fiancés, étudiants, prêtres pour un week-end exceptionnel de découverte, d’enseignements et de témoignages sur l’actualité de l’encyclique publiée par le Pape Paul VI en 1968 : offices bénédictins, messes, adoration, rencontres, échanges, etc.
Avec la participation du Cardinal Robert Sarah. 

Pour en savoir plus rendez-vous sur le site

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Humanae Vitae : les 50 ans d’une encyclique prophétique par Mgr Aillet

Editorial de Mgr Marc Aillet publié dans la revue diocésaine “Notre Eglise” de juillet-août 2018 :

Les Etats généraux de la bioéthique se sont achevés fin avril et l’heure est au bilan. Force est de constater que le large consensus présenté par le Président de la République comme condition à l’évolution de la législation en faveur de « la PMA pour toutes » n’a pas été atteint. Les oppositions argumentées à « la PMA sans père » l’ont emporté, non seulement dans les débats organisés en région, mais aussi dans les contributions postées sur le site internet dédié et encore dans les auditions organisées par le Conseil consultatif national d’éthique (CCNE). Un sondage IFOP pour Alliance Vita, en juin 2018, montre même que 73 % des français considèrent que les rôles du père et de la mère sont différents et complémentaires, 89 % que l’absence de père est quelque chose qui marque toute la vie, et 61 % qu’il faut privilégier le besoin de chaque enfant d’avoir un père en réservant la PMA aux couples homme – femme ayant un problème d’infertilité. On est loin du sondage publié par La Croix avant les Etats généraux de la bioéthique, faisant valoir que 64 % des français sont favorables à la PMA pour toutes, mais en se situant du côté du « droit à l’enfant » plutôt que du « droit de l’enfant » à avoir un père et une mère.

Le 25 juillet prochain, on célébrera les 50 ans de l’encyclique Humanae Vitae, sur la régulation naturelle des naissances, publiée par le Pape Paul VI, dont la canonisation a été annoncée pour octobre prochain. On sait hélas comment cette encyclique fut accueillie, avec quelles réserves et quelles oppositions, tant elle semblait à beaucoup tourner le dos à la modernité. Le Pape en fut meurtri. Certes, il ne pouvait s’étonner de ces réactions du monde, lui qui avait précisément écrit au terme de la partie doctrinale de son encyclique : « On peut prévoir que cet enseignement ne sera peut-être pas facilement accueilli par tout le monde : trop de voix – amplifiées par les moyens modernes de propagande – s’opposent à la voix de l’Eglise. Celle-ci, à vrai dire, ne s’étonne pas d’être, à la ressemblance de son divin Fondateur, un ” signe de contradiction ” » (HV 18). Mais il ne semble pas avoir anticipé les réactions hostiles que l’on enregistra au sein même de l’Eglise.

Pourtant Humanae vitae est moins un plaidoyer contre la contraception, même si elle affirme son « caractère intrinsèquement déshonnête » (HV 14), qu’un éloge vibrant de la dignité et de la vérité de la sexualité humaine, affirmant que le bonheur plénier des époux réside dans le respect responsable de la nature intime de l’acte conjugal, expression même de la volonté du Créateur. En ce sens, la rigueur doctrinale de l’encyclique, qui ne manque pas de sollicitude pastorale pour les époux, appuyée sur les moyens de la grâce, sans dissimuler jamais la logique de la croix, fut prophétique.

On peut dire en effet que le refus d’Humanae Vitae, en cette année 1968, fut à l’origine de bien des évolutions sociétales que nous connaissons, 50 ans plus tard. Le bienheureux Paul VI avait parfaitement prévu que la dissociation entre les deux significations intrinsèques de l’acte conjugal – union et procréation – induite par les moyens de contraception allait entraîner toutes les dérives que nous connaissons : légalisation de l’avortement, libération sexuelle effrénée, justification des relations entre personnes de même sexe, droit à l’enfant pour les couples de même sexe, et donc PMA, GPA… La mentalité contraceptive est assurément la source de cette « culture de mort » dénoncée en son temps par le Pape Jean Paul II.

C’est dire l’actualité de l’encyclique Humanae Vitae et l’urgence pour l’Eglise d’en redire la pertinence pour aujourd’hui. Le commentaire autorisé que saint Jean Paul II en fit, en particulier dans sa « théologie du Corps », dans l’exhortation apostolique Familiaris consortio et dans l’encyclique Veritatis splendor, nous permettent d’accueillir Humane vitae, non dans la logique du permis et du défendu, comme s’il s’agissait d’une loi s’imposant de l’extérieur aux époux et de ce fait insupportable, mais dans celle d’une inclination intérieure de la nature de la personne humaine au Bien, qui ne peut trouver son épanouissement que dans une morale de la vertu et de la grâce. Puissions-nous avoir le courage de renouer avec le caractère prophétique de cette encyclique, même s’il faut marcher à contre-courant. L’enjeu est de taille, comme le Pape Paul VI le soulignait lui-même : « En défendant la morale conjugale dans son intégralité, l’Eglise sait qu’elle contribue à l’instauration d’une civilisation vraiment humaine ; elle engage l’homme à ne pas abdiquer sa responsabilité pour s’en remettre aux moyens techniques ; elle défend par là même la dignité des époux » (HV 18). Un humanisme qui prétend faire abstraction des lois inscrites par Dieu dans la nature de l’homme devient tôt ou tard inhumain.

Source : Riposte-catholique

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Le mariage chrétien a-t-il encore un avenir ? Pour en finir avec les malentendus

Cinquante ans après la parution de l’encyclique Humanæ vitæ, le philosophe Thibaud Collin se penche à nouveau sur la crise du mariage. Son dernier livre, Le mariage chrétien a-t-il encore un avenir ?, semble poser dans son titre une question quasi désespérée. C’est pourquoi, il ne faut pas manquer d’y associer le sous-titre retenu : Pour en finir avec les malentendus, qui ouvre des perspectives, non seulement plus optimistes, mais surtout plus actives. On prendra ainsi mieux en considération le propos et le but de l’auteur.

[…] «  Le défi pastoral que le monde libéral pose à l’Église ne pourra être adéquatement relevé que si les chrétiens produisent une critique radicale de ses présupposés moraux et anthropologiques, belle occasion d’une appropriation renouvelée de la vérité révélée. »

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Tribunes et entretiens

G. van den Aardweg : “l’idéologie gay mine les enseignements de Humanae Vitae”

Le professeur Gerard van den Aardweg est intervenu en ces termes au Forum sur la vie de Rome, le 19 mai 2018.

Sa thèse consiste à dire que l’homosexualité n’est pas naturelle ou innée mais qu’elle résulte d’un choix.

Le texte de la conférence est disponible en entier.

Extraits :

“En somme, toute approbation ou suggestion d’approbation des faussetés de l’idéologie gay mine les enseignements de Humanae Vitae. Pourtant, depuis environ un demi-siècle, de telles suggestions se trouvent dans des documents importants de l’Église Catholique. Voyons-les :

En 1975, la Déclaration sur certaines questions d’éthique sexuelle de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi écrivait : « Ils font une distinction — et, semble-t-il, avec raison — entre les homosexuels dont la tendance… est transitoire ou du moins non incurable, et les homosexuels qui sont définitivement tels par une sorte d’instinct inné… jugé incurable ». À l’époque, la distinction entre l’homosexualité dite « nucléaire » et celle superficielle était une prétention pseudo-scientifique favorite parmi les normalisateurs gays dans les cercles professionnels. C’est peu de temps après que le lobby gay de l’American Psychiatric Association ait « normalisé » la définition de l’homosexualité passant de « trouble » à la notion de « condition ». La Déclaration du Vatican donnait sans réserve l’autorité aux dogmes homosexuels « nés de cette façon » et « immuables ». C’est peut-être dû à la pure naïveté, mais en tout cas à de l’ignorance blâmable et de l’incompétence. La déclaration « né comme ça » a été suivie dans plusieurs documents de l’Église. [xxvi] Et avec de graves conséquences. Au lieu de s’opposer à la propagande homosexuelle fataliste du monde séculier selon laquelle les penchants homosexuels devaient être acceptés comme un fait de la nature, l’autorité de l’Église versait encore plus d’huile sur le feu. Au lieu d’aider les parents à prévenir l’orientation homosexuelle de leurs enfants, d’enseigner aux parents la sagesse de la féminité et de la masculinité naturelles dans leurs relations conjugales et dans leurs rôles éducatifs, ils sont venus avec le message d’acceptation passif et sans espoir : « Rien ne peut être fait à ce sujet ». [xxvii] Mais en fait, aussi en 1975, la théorie biologique n’avait pas de quoi s’appuyer, car il n’y avait pas un seul élément de preuve solide alors qu’il y avait de nombreuses preuves de la causalité psychologique.

Vraiment troublantes sont les déclarations sur l’homosexualité dans les numéros 2357 et 2358 du Catéchisme de l’Église Catholique de 1992. Ils créent la fausse impression de l’homosexualité comme un mystère complexe et profond de la nature, qui est l’un des atouts des normalisateurs gays. La vue mystérieuse est soulignée dans l’affirmation énigmatique : « Sa genèse psychique reste largement inexpliquée ». Est-ce que cela est destiné à soutenir le mythe de la biologie ? En tout cas, c’est conforme à la politique homosexuelle d’ignorer totalement l’approche psychologique, la considérant comme non scientifique et insignifiante. C’est très trompeur et incorrect. Un texte correct aurait été dans le sens que la causalité psychologique avait les arguments les plus convaincants et scientifiquement les meilleurs. Mais en dehors de cela, l’affirmation « largement inexpliquée » est un ( mauvais ) jugement qui sort du domaine des théologiens. Il appartient à celui des sciences humaines. ( Rappelez-vous la leçon de Galilée ). En vérité, toutes les déclarations de non-moralité sur l’homosexualité doivent être retirées du Catéchisme. Comme dans la parabole, ce sont des mauvaises herbes, semées parmi le blé de la saine Doctrine quand certaines personnes dormaient.

Une autre déclaration douteuse parle du « nombre non négligeable d’hommes et de femmes qui présentent des tendances homosexuelles foncières ». En 1992, c’était un soutien à la propagande de Kinsey que 10 % de la population masculine était homosexuelle, ce qui indiquerait qu’elle était « normale ». Et puis nous lisons cette demi-vérité simpliste : « Ils ne choisissent pas leur condition … ce qui est une épreuve pour la plupart d’entre eux ». De plus, la représentation mélodramatique des homosexuels comme victimes innocentes de la discrimination est très douteuse comme il est suggéré dans l’exhortation suivante : « … Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste ». Cette sur-dramatisation est une affaire de propagande homosexuelle. Précisément l’endoctrinement public massif avec l’image de l’homosexuel victime de l’oppression sociale, en combinaison avec l’illusion du « né comme ça », a été d’une efficacité dévastatrice pour vaincre la résistance publique aux revendications homosexuelles pour des « droits égaux » pour leur sexualité. Pourquoi pas un rappel sobre du devoir normal de la charité ?

Quoi qu’il en soit, la rhétorique de la compassion et du mélodrame a été complètement développée dans les documents de l’Église pour créer une atmosphère où l’objection aux pratiques homosexuelles commence à se sentir non Chrétienne. Un exemple typique est le « message » des Évêques Américains aux parents d’enfants ( prétendument ) homosexuels dans leur document Always Our Children (1997). C’est toute de l’onction pastorale, de la dramatisation et du bavardage sur le fait : « D’accepter et aimer votre enfant comme un don de Dieu », « L’identité sexuelle aide à définir la personne unique que nous sommes », « La chasteté signifie … intégrer ses pensées etc… d’une manière qui valorise et respecte sa dignité et celle des autres », « Toutes les personnes homosexuelles ont le droit d’être accueillies dans la communauté », « Un nombre choquant de jeunes homosexuels finissent dans la rue à cause du rejet par leurs familles… », « Acceptez et aimez-vous comme parents … ne vous blâmez pas pour une orientation sexuelle ». Le rapport intérimaire du Synode sur la Famille du Vatican en 2014 continue dans le même style geignard typique de la propagande homosexuelle sur la victimisation de l’homosexuel répudié, mais maintenant son intention de légaliser les relations homosexuelles et de bricoler Humanae Vitae est plus évident. « Les homosexuels », est-il dit, n’excluent pas clairement la pratique et l’auto-normalisation des homosexuels qui « ont des dons et des qualités à offrir à la communauté Chrétienne » ; les fidèles doivent « leur garantir un espace de fraternité dans nos communautés » parce qu’ils « souhaitent souvent rencontrer une Église qui soit une maison accueillante ». Ce sont donc de pauvres parias ; mais avec le droit d’être chaudement accepté dans l’Église. Ce sont les fidèles qui doivent être éduqués, qui doivent être instruits de leur manque de miséricorde, pas ceux qui vivent immoralement : « Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en évaluant leur orientation sexuelle ? » L’union gay est présentée comme un amour respectable : « … il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires ».

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Pour conclure, il n’est pas étonnant que tant de propagande gay très subtile et parfois moins subtile soit reprise dans les documents de l’Église. Depuis les scandales des prêtres, la réalité selon laquelle, au moins depuis les années 1950, un pourcentage disproportionnellement élevé de séminaristes et de prêtres sont homosexuels est apparu. Beaucoup d’entre eux ont dû « normaliser » leurs sentiments pour eux-mêmes. Et beaucoup d’entre eux doivent être arrivés aux échelons supérieurs de l’Église et aussi parce que beaucoup de prêtres homosexuels tendent à aspirer ambitieusement aux carrières ecclésiastiques et y réussissent. [xxviii] Il y a eu des réseaux homosexuels subversifs au sein de l’Église, même à des niveaux élevés, pour normaliser l’homosexualité. Les théologiens moraux fournissent des arguments, certains ouvertement comme Charles Curran : « L’Église devrait accepter la valeur normale et la bonté des relations homosexuelles ». En général, les prêtres homosexuels ou pro-homosexuels s’opposent à Humanae Vitae , et inversement, beaucoup de dissidents à Humanae Vitae sont pro-gay, bien qu’ils ne montrent pas leurs couleurs.

En fait, d’après ce qui s’est passé dans le monde, nous pouvons apprendre que la promotion du sexe contraceptif a été en grande partie le fait de personnes motivées par le désir de normaliser leur propre anomalie et d’imposer leur immoralité à la société dans son ensemble. Maintenant, il est plutôt probable que les tentatives existantes au sein de l’Église d’amender la Doctrine de Humanae Vitae sont également fortement motivées et orchestrées par des prêtres homosexuels. Pas par compassion envers les parents pour qui observer Humanae Vitae serait trop difficile. Parce que les hommes gais, ayant peu d’affinité et de compréhension avec l’amour conjugal adulte, sont motivés dans cette question par des sentiments plus centrés sur l’ego : Humanae Vitae fait obstacle à leurs propres idéaux douteux.”

Source : Dieu et moi le nul sans lui

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Le Pape François défend l’humanisation de la médecine

Le Pape François a reçu en audience une délégation de la Fédération internationale des associations de médecins catholiques, lundi 28 mai 2018. Devant ce parterre de professionnels, il a défendu la centralité du patient, ainsi que les implications morales de la pratique médicale.

« Votre travail est une forme particulière de témoignage chrétien ». Le Pape François a jugé important de rappeler dans la matinée de ce lundi 28 mai les différents devoirs d’un médecin catholique. Ceux-ci partent de la relation médecin-patient jusqu’à l’activité missionnaire « pour améliorer les conditions de la santé des populations dans les périphéries du monde ».

L’apport d’une conscience catholique

« L’identité catholique ne compromet pas votre collaboration avec ceux, qui, dans une perspective religieuse différente ou sans croyance spécifique, reconnaissent la dignité et l’excellence de la personne humaine comme critère de leur activité », a assuré le Saint-Père, leur conseillant de continuer leur mission « avec sérénité et détermination ». L’essentiel, considère le Souverain pontife, est de mettre ces interventions médicales en cohérence avec leurs implications morales.

Œuvrer contre la toute-puissance humaine

En effet, la médecine est loin d’être épargnée par l’avancée d’un paradigme technico-culturel couronnant « l’adoration de la puissance humaine illimitée » et « un certain relativisme pratique ». Face à de telles réalités, les médecins sont appelés à défendre la centralité du patient, en tant que personne, « et sa dignité avec ses droits inaliénables, principalement le droit à la vie ».

La médecine, visage de l’écologie humaine

Cela est nécessaire à l’humanisation de la médecine, estime François, l’intégrant dans le domaine de « l’écologie humaine ». Il ne serait pas acceptable que leur rôle soit réduit à celui de « simple exécutant de la volonté du patient ou aux besoins du système de santé dans lequel ils travaillent ».

Le Pape a ensuite mentionné le prochain congrès des médecins catholiques à Zagreb, du 30 mai au 2 juin, lors duquel ils réfléchiront sur le thème de la “sacralité de la vie et de la profession médicale de Humanae Vitae à Laudato si”. Etre médecin est un véritable apostolat, qui permet de servir dans la dignité et la sainteté, a-t-il conclu.

Source : Vatican News

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Le président de l’Institut Jean-Paul II prend la défense d’Humanae vitae

Celui qui, envers et contre tout, a pris ouvertement la défense de l’enseignement authentique d’ « Humanae vitae » est justement celui que le pape François a placé il y a deux ans à la tête du Institut théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille qu’il a refondé, c’est-à-dire de l’institut qui est censé soutenir et renforcer la nouvelle ligne de l’Eglise en la matière.  Il s’agit du théologien milanais PierAngelo Sequeri, un expert unanimement reconnu, un géant par rapport à […]Vincenzo Paglia qui est en théorie son supérieur comme Grand Chancelier de ce même institut en plus d’être président de l’Académie pontificale pour la vie, lui aussi promu à cette double charge par le pape François et notoirement enclin à admettre la licéité de la pilule et des autres contraceptifs.

Le professeur Sequeri a saisi pour intervenir l’occasion offerte par un important colloque consacré à Paul VI qui s’est tenu les 9 et 10 mai à l’Université Catholique de Milan. Le texte de sa conférence a été publié presque dans son intégralité dans « Avvenire », le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, le jour même où Sequeri l’a prononcé :

 

Il s’agit d’un texte d’une épaisseur théologique remarquable qui mérite d’être lu dans son entièreté, particulièrement quand il identifie le fondement ultime de l’amour génératif entre un homme et une femme non seulement au symbolisme nuptial de la relation entre Dieu et son peuple mais bien plus et plus profondément dans la vie du Dieu trinitaire, dans l’éternelle génération du Père dans le Fils qui se répand en tant qu’Esprit.

C’est à ce fondement que Sequeri ramène « l’intime union du sens de l’union et de la procréation » mise en lumière dans « Humanae vitae ».

Et c’est ainsi qu’il donne raison à ce qu’enseigne l’encyclique en faveur du recours aux rythmes naturels de fécondité et par conséquent contre les contraceptifs artificiels :

« L’intime union du sens de l’union et de la procréation institue la justice de l’acte propre de l’intimité conjugale. L’intégrité d’une telle union tient à la structure symbolique de l’acte conjugal : préserver le sens naturel de l’affection conjugale, même en-dehors de l’effet procréatif, que les rythmes naturels de ses conditions n’imposent d’ailleurs pas automatiquement par eux-mêmes. »

« Dans ce cadre, semble donc justifiable – honnête, licite, cohérent – la pratique de l’intimité conjugale qui reconnaît et prend en compte la suspension naturelle de l’effet génératif tandis que semble injustifiable la pratique qui procure et impose une stérilisation artificielle de l’acte conjugal. »

« le rythme personnel de l’union et de l’abstention, qui met en harmonie la domination de la volonté avec le rythme ‘naturel’ de la fécondité et de l’infertilité apparaît comme le paradigme d’un chemin d’éducation et de mûrissement précoce. »

« Paul VI est conscient du fait que ‘cet enseignement ne sera sans doute pas facilement accueilli par tout le monde’ (HV 18). Dans le même temps, il reconnaît avec la même franchise la charge que cette ligne de responsabilité entraîne, par rapport à la conciliation des dynamiques conjugales avec la fidélité à ses principes.  La compréhension des moments où cet effort doit s’accommoder de notre fragilité et notre vulnérabilité fait partie de cette prise en compte ».

Voilà ce qu’a déclaré le président de l’institut pontifical théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. En publiant cette conférence, « Avvenire » n’a pas le moins du monde fait écho au passage dans lequel il rappelle la condamnation des contraceptifs artificiels.  Et on peut comprendre cette réticence puisqu’il s’agit du journal des évêques italiens qui s’emploient eux aussi à mettre cette condamnation au placard et à adapter « Humanae vitae » aux soi-disants « nouveaux paradigmes » inaugurés par le Pape François.

En effet, le pape actuel a affirmé qu’il était un grand admirateur de Paul VI, du « génie prophétique » avec lequel il a écrit « Humanae vitae » et de son « courage de se dresser contre la majorité, de défendre la discipline morale, d’exercer un frein culturel, de s’opposer au néo-malthusianisme présent et à venir ».

 

Source et intégralité de l’article (plus polémique que notre extrait)