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Angers – L’alvarium – Catholiques et identitaires – Compatible ?

Depuis un mois, un local, lieu de rencontres de militants identitaires et de catholiques, a ouvert sur Angers. Son nom ? L’Alvarium. Il n’en fallait pas plus pour déclencher des manifestations d’extrême gauche,comme souvent main dans la main avec les autorités en vue de tenter de faire fermer un local pourtant manifestement dans la légalité la plus totale.

Ces manifestations ont été relayées par la presse subventionnée, qui est allée interviewer les militants gauchistes et faire des comptes rendus dignes du journal militant La Horde, mais qui n’a jusqu’ici pas pris le temps d’aller interroger les principaux animateurs de ce local identitaire qui défraie la chronique, ce qui constitue pourtant la base du journalisme. Nous sommes donc allés à la rencontre de ces jeunes militants identitaires afin de comprendre qui ils sont et pourquoi ce local, alors qu’ils recevaient samedi dernier Julien Langella pour une conférence sur son dernier livre, Catholique et identitaire.

Breizh-info.com : Qu’est-ce que L’Alvarium ? Qu’est-ce que cela signifie ?

Jean : L’Alvarium est à la fois une association et une communauté avec un local.

-Une association aux confluents des doctrines nationalistes et du catholicisme social, composée de jeunes gens désireux d’aider leurs compatriotes délaissés volontairement par les pouvoirs publics, les médias et les associations, ne s’occupant que des clandestins ou de combats idéologiques post soixante-huitards dépassés.

– Une communauté et un lieu de convivialité, de formation et de militantisme plus classique aussi. Cette notion de communauté est importante pour nous ; nous qui sommes déçus par l’Etat (surtout avec le régime actuel)et les partis politiques. Face aux maux qui menacent l’Europe et notre pays, nous ne croyons pas aux solutions « par le haut ». Même si demain une politique nationale mettait fin à l’immigration, principale menace, et restaurait notre économie, on ne pourrait pas considérer le peuple français comme sauvé ; miné par le consumérisme, le matérialisme athée, le marxisme sociétal et l’individualisme généralisé, notre peuple est en voie de disparition morale, culturelle et spirituelle. C’est pour cela que dans un monde globalisé où toutes les structures et notions qui font l’Homme ont éclatées (transcendance, Famille, Cité, Patrie), la création de communautés solides est vitale. Communauté de vie, de combats politiques, de réflexion etc. Communauté soudée et enracinée, mais pas autarcique ni passéiste. Nous sommes tournés vers l’avenir et voulons attirer à nous le plus de gens possible, réveiller à notre échelle un maximum de contemporains avant que la réalité ne les tire -trop tardivement- de leur torpeur.

C’est le sens de notre action sociale qui découle bien-sûr d’une volonté d’aider les plus démunis, mais aussi de réveiller ceux que le confort a endormi.

Breizh-info.com : Pourquoi ce nom ?

Jean : L’Alvarium signifie la ruche en latin ; nous voulons en adopter l’efficacité et la discipline dans la discrétion. Loin de chercher l’effet de communication ou d’agir par romantisme, notre action laborieuse s’inscrit dans le long terme et le service auprès des plus faibles.

Depuis l’Antiquité et la Bible en passant par les mérovingiens ou le rêve impérial, l’abeille est un symbole de noblesse, de discipline et de dépassement de soi ; nous refusons la vulgarité, l’anarchie et l’individualisme mortifère.

Breizh-info.com : Les autorités semblent s’inquiéter depuis l’ouverture de votre local, pour quelles raisons ? Avez-vous fourni les garanties nécessaires ?

Jean :  Dans un Occident où tous les pouvoirs étatiques et médiatiques œuvrent depuis des décennies à faire de la population une masse déracinée et uniformisée composée d’individus interchangeables, l’émergence de l’Alvarium est, il faut le dire, un bras d’honneur à la pensée unique.

De plus notre action sociale met les pouvoirs publics face à leurs manquements coupables et excite une gauche qui réussissait depuis la Libération à s’arroger le monopole de la charité et du social et qui n’est en réalité préoccupée que par les immigrés et la déconstruction du patriarcat (sic). Prétention basée sur un mensonge historique quand on sait en Europe le rôle précurseur des catholiques sociaux et des régimes nationalistes dans la lutte contre les méfaits du libéralisme (dont le concept de lutte des classes est l’allié indiscutable).

Nous possédons un local associatif dans la plus stricte légalité ; les tracasseries paperassières sont destinées à faire pression sur nous et servent de prétexte à agiter le chiffon rouge du danger extrémiste. Quand bien même les autorités parviendraient à faire fermer notre actuel local, nous en ouvririons un autre dans les plus brefs délais.

Cette petite persécution médiatico-politique est un traitement de faveur auquel nous seuls avons droit. La mairie, dirigée par un maire élu à droite et passé au macronisme, loue un local pour le bar d’extrême-gauche L’Étincelle. On y retrouve une dizaine d’associations libertaires, féministes, anarchistes ou zadistes… La majorité municipale draguant tant bien que mal l’électorat catholique ou droitier, nous ne manquerons pas de rappeler ses trahisons vis-à-vis de ses électeurs.

Breizh-info.com : A votre connaissance, d’autres locaux politiques ou culturels sont-ils surveillés de la sorte par les autorités ?

Jean : En France oui ; tous ceux qui combattent le système. À Angers non ; l’extrême-gauche qui soutient les migrants clandestins donc hors-la-loi jouit même des faveurs des autorités comme nous vous l’avons dit plus haut. Mais à vrai dire ces attaques combinées du système et de ses valets antifascistes nous importent peu. Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur.

Breizh-info.com : Comment vous positionnez-vous par rapport au Bastion Social ?

Jean :  C’est une question que beaucoup se posent. Nous éprouvons vis-à-vis du Bastion Social comme vis-à-vis de tous ceux qui combattent intelligemment le Système une sympathie et une amitié sincères. Nos militants se sont d’ailleurs rendus à leurs manifestations et certains ont participé à l’occupation du Bastion. Nous les soutenons donc depuis le début.

Nous partageons avec le Bastion Social un certain nombre de constats ; la Reconquête ne viendra pas par le haut, l’Etat se révèle être un allié de la décadence européenne plus qu’un rempart, le matérialisme tue notre peuple, le capitalisme vainqueur depuis la chute du Mur désagrège nos pays et asservit les peuples, et si le communisme est mort, le taux liberticide et criminogène du marxisme reste entier.

A ce titre, nos points communs sont nombreux et nous voyons d’un bon œil l’ouverture de locaux affiliés au Bastion partout en France.

Cependant nous ne nous voyons pas rejoindre un mouvement de masse d’échelle nationale pour le moment. Nous nous interrogeons encore sur cette option, héritée du jacobinisme.

Pour notre part nous voulons nous concentrer sur l’Anjou et ses campagnes. C’est dans ces campagnes abandonnées mais préservées de l’immigration que nous voulons œuvrer au maximum. C’est dans celles-ci principalement que la France existe encore.

Cette volonté d’enracinement n’est pas un repli sur notre province ; nous entretenons de bons rapports avec nos voisins, au Mans ou à Tours (Des Tours et des Lys) et avec tous les mouvements en général.

Il y a aussi une différence idéologique avec le Bastion ; le christianisme. Le suicide de Dominique Venner a redonné à son œuvre une visibilité importante, via la CasaPound notamment. Nous apprécions l’historien, nous partageons sa philosophie de l’action, nous ne pouvons que saluer sa « Critique Positive ». Pour autant, nous ne pouvons souscrire à l’une de ses idées fondamentales selon laquelle le christianisme fut le poison de l’Europe. Il y a chez Venner une haine irrationnelle qui dépasse toute logique. Refuser le catholicisme comme facteur civilisationnel et composante essentielle de notre identité, c’est occulter 1500 ans d’Histoire. Le catholicisme a non seulement embelli notre ADN gréco-romaine, mais il est l’unique vecteur qui a permis que cet héritage parvienne jusqu’à nous. Encore aujourd’hui, ce sont dans les monastères et les écoles du catholicisme traditionnel que l’on trouve encore des gens qui connaissent leurs Humanités, étudient le grec et le latin, et connaissent ce que Venner appelait nos « mythes fondateurs ». Refuser le catholicisme au nom de nos racines païennes, c’est faire disparaître le meilleur de celles-ci, d’Aristote et l’Acropole aux feux de la St Jean. Sans même parler du catholicisme comme vecteur de civilisation ; sans les Saints qui ont organisé la résistance face aux invasions mongoles puis ottomanes, il ne resterait sans doute pas une pierre de nos vestiges païens.

Certes, nous savons que l’anti-catholicisme n’est pas l’ADN du Bastion, et loin de nous l’idée de relancer la querelle déjà jouée au FN de Jean-Marie Le Pen entre croyants et non-croyants. Ceci étant dans une région comme la nôtre, marquée par la chouannerie et où le catholicisme est encore vivace, il y a cette petite différence qui contribue à notre volonté de rester autonomes et concentrés sur le local. Nous partageons 90 % du manifeste du Bastion, mais nous avons été surpris de cette absence de référence aux racines chrétiennes.

Une fois ces divergences évoquées, il est clair qu’il est le mouvement politique dont nous nous sentons le plus proches et que nos amis tourangeaux – je crois pouvoir le dire pour eux – et nous-mêmes serions prêts à soutenir en cas d’échéances électorales.

Breizh-info.com : Quelles actions entendez-vous mener auprès de la population ?

Au niveau social, nous avons commencé il y a des mois déjà par faire des maraudes. Sans communiquer au départ, puis peu-à-peu de manière visible sur les réseaux sociaux. Depuis peu, nous effectuons des livraisons de nourriture à domicile, dans les campagnes notamment, chez des gens qui quoique possédant un logement, vivent dans une misère matérielle réelle, notamment chez les retraités. Nous avons déjà distribué des centaines de repas mais souhaiterions faire plus si nous le pouvions. A long terme c’est auprès des paysans que nous aimerions parvenir à agir. Campagnards pour la plupart, profondément français, les suicides d’agriculteurs sont pour nous le pire symptôme de cette France que nous touchons du bout des doigts et qui s’en va. Tous nos maux se reflètent dans le suicide d’un paysan ; financiarisation de l’économie, prolifération de la malbouffe, asphyxie des campagnes, jacobinisme (européen ou parisien), misère spirituelle, indifférence et délaissement des français pour leurs compatriotes…

Au niveau purement politique, outre les conférences pour nous former, nous allons engager un certain nombre d’actions pour dénoncer la préférence étrangère, et les collusions des collectivités avec les associations d’aide au Grand-Remplacement.

Nous n’excluons pas de participer à des élections locales même si pour nous l’objectif premier est clair ; fonder une communauté à l’esprit sudiste et au cœur chouan, et aider les plus démunis en alertant sur leur sort.

Propos recueillis par Yann Vallerie

Source Breizh-Info

Notre illustration Des militants de l’Alvarium distribuant des repas à des SDF à Angers

NLH #Tribunes et entretiens

Ni progressiste, ni réactionnaire, juste catholique

Le journal La vie a déclenché il y a quelques mois une guerre fratricide entre catholiques. Relançant l’affrontement, pourtant essoufflé, entre catholiques de gauche ou de droite, sous le nouveau vocabulaire identitaire/progressiste, il s’est vu emboîter le pas par le blogueur Koz entraînant en chaîne des réactions, des droits de réponses et autres boulets plus ou moins rouges.

Bravo ! Quel était le but d’une telle boule puante ? Elle a en tout cas mis au jour un vrai problème de foi et d’adhésion au Christ.

Dans les colonnes d’Aleteia, on tente de désamorcer la bombe, en sortant les lambeaux du manteau du Christ du champ de bataille politique, tandis que le Père Simon Noël que nous reproduisions sur notre site, rappelle le sens de cette terminologie, conservateur, progressiste, définie avec à propos par Jean Guitton.

“Suite à des commentaires reçus à propos de mon dernier article, je voudrais préciser qu’en parlant de conservateurs et de progressistes, je n’ai fait qu’utiliser une terminologie courante dans la presse actuelle. La crise actuelle de l’Eglise est d’une nature beaucoup plus grave que les crises du passé. Il s’agit d’un affrontement entre la foi catholique et l’apostasie pure et simple. A ce sujet voici ce que Paul VI confiait à son ami Jean Guitton : “Il y a un très grand trouble en ce moment dans le monde et dans l’Église, et ce qui est en question, c’est la foi. Il arrive maintenant que je me redise la phrase obscure de Jésus dans l’Évangile de saint Luc : ‘Quand le Fils de l’Homme reviendra, trouvera-t-il encore de la foi sur la terre ?’ Il arrive que paraissent des livres où la foi est diminuée sur des points importants, que l’épiscopat se taise, qu’on ne trouve pas ces livres étranges. Et c’est cela qui, à mes yeux, est étrange. Il m’arrive de relire l’Évangile de la fin des temps et de constater qu’il y a en ce moment certains signes de cette fin. Est-ce que nous sommes proches de la fin ? c’est ce que nous ne saurons jamais. Il faut toujours nous tenir prêts à la fin, mais tout peut durer très longtemps. Ce qui me frappe quand je considère le monde catholique, c’est qu’à l’intérieur du catholicisme une pensée de type non-catholique semble parfois avoir le dessus, et il se peut que cette pensée non catholique à l’intérieur du catholicisme devienne demain la plus forte. Mais elle ne représentera jamais la pensée de l’Église. Il faut que subsiste un petit troupeau, même si c’est un troupeau tout petit”. Il se tait, puis il dit : “Ce qui manque au catholicisme en ce moment, c’est la cohérence”, et il répète plusieurs fois ce mot « cohérence ». Il semble dire : “C’est au Pape qu’il appartient de redresser, de réunir, de rendre cohérent ce qui est incohérent”. Il se tait. » (Jean Guitton, Paul VI secret, pp. 168-169.)”

NLH #NLQ #Tribunes et entretiens

Tentation identitaire et tentation dévote, la réponse de Thibaud Collin à Erwan Le Morhedec

À lire le pamphlet d’Erwan Le Morhedec (Identitaire, le mauvais génie du christianisme, Éd. du Cerf, 176 p., 14 e), on le croirait davantage procureur tant le ton est au réquisitoire. Le lecteur le sent indigné et en colère ; à moins que cela ne soit un mélange de peur et de honte. Passons sur les erreurs factuelles (le « spécialiste de Clovis » que serait « Henri Rouche », ou encore le général Cambronne renommé Camerone !) et les approximations et les contresens, malheureusement habituels dans ce genre littéraire, sur le paganisme de Maurras ou encore son « politique d’abord ».

Erwan Le Morhedec s’interroge : « Quel ressort peut inciter quelqu’un qui ne pratique ni régulièrement ni même occasionnellement à s’affirmer catholique quand on ne le retrouve qu’aux Rameaux pour le renouvellement de son buis ? ». Notre blogueur, qui manifestement a accès au for interne de certains de ses compatriotes, condamne ce qui lui apparaît être une instrumentalisation malhonnête de la foi chrétienne. Et il considère qu’il est de son devoir, d’une part, de dénoncer les fidèles qui acceptent avec complaisance, voire machiavélisme, cette réduction de la foi et, d’autre part, de mettre en garde les autres, naïfs, qui risqueraient de se faire manipuler par les premiers. Cela ne l’empêche pas de prêcher dans son dernier chapitre sur la nécessaire ouverture à tous et de faire l’éloge de la désormais célèbre posture de l’« Église en sortie » qui n’a pas à être une « douane ». Comprenne qui pourra.

Cet essai est-il donc à négliger ? Non, et pour deux raisons. Tout d’abord, parce qu’il pointe un réel problème, à savoir le danger d’une reprise non-critique du vocabulaire postmoderne de l’identité et donc de ses présupposés erronés ; et parce qu’il illustre à merveille une tentation inverse, que l’on peut nommer « dévote ». En critiquant à juste titre certains dangers de l’attitude identitaire, il néglige les causes ayant conduit à celle-ci et ce qu’elles manifestent en creux : la nécessaire prise en compte par la vie chrétienne de ces deux réalités naturelles que sont la famille et la nation. Il est donc à craindre que ce surnaturalisme ne fasse que renforcer le naturalisme qu’il critique. Or le défi central nous semble être d’articuler, dans le contexte actuel, effectivement très tendu, nature et grâce, foi et raison, selon le principe de Chalcédoine sur les deux natures du Christ « unies sans séparation ni confusion ».

Épidémie de phobies

Erwan Le Morhedec a raison de pointer « le caractère profondément mimétique de la dynamique identitaire ». La politique de la reconnaissance (Charles Taylor, Multiculturalisme. Différence et démocratie, Flammarion, coll. « Champs-Essai », 160 p., 8,20 €), importée d’Amérique du Nord, a transformé, dans les dernières décennies, les rapports que les citoyens entretien­nent avec la chose commune. Dans ce nouveau régime mental, comme l’ont bien montré Marcel Gauchet (La Religion dans la démocratie, notamment p. 141-151, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2002, 192 p., 5,90 €) et Pierre Manent, le discours de l’identité tend à réduire les croyances et les styles de vie à des critères de différenciation, percevant l’espace public comme vecteur de revendications propres. D’où l’actuelle épidémie de « phobies » (concurrence victimaire), qui n’est que l’envers de cette multiplication des identités, toute critique étant immédiatement vécue comme une discrimination. Comme le dit Pierre Manent « le langage de l’identité rend l’homme en quelque sorte propriétaire de son humanité. De ma propriété, je fais ce que je veux, et de cet usage je n’ai pas à rendre compte. Quand je suis sur ma propriété, on n’a pas à me demander mes raisons ». (Albert Jacquard, Pierre Manent, Alain Renaut, Une éducation sans autorité, ni sanction ?, p. 29, Grasset, 2003, 96 p., 9,90 €) Ainsi ce qui est le plus commun, mon humanité, ses capacités et ses aspirations, devient ce qui est le plus privé. En reprenant sans discernement cette posture, certains catholiques risquent de valider à leur insu cette fragmentation du commun, que ce soit le bien commun de la société ou la vérité à laquelle aspire tout être humain.

Des présupposés partiels…

 

 Source et suite L’Home Nouveau