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Babel, la diversité, une condition de salut de l’humanité

Il peut sembler surprenant, de prime abord, de voir Dieu disperser les peuples, les diviser mêmes, les forcer à ne pas s’entendre. Dieu serait mesquin et jaloux de son pouvoir absolu ? Serait-il comme ces idoles de bois pour avoir peur du pouvoir des hommes ?

Voici une lecture bien rapide des versets relatant la dispersion de Babel. Dieu part d’un constat. « S’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront. » Le problème n’est pas une lutte de pouvoir, mais de décision pour agir. Ce qu’entrevoit Dieu c’est qu’unis ainsi, les hommes n’auront plus de limites, plus de contradicteurs. Or la contradiction est essentielle dans le processus d’élection et dans l’émulation vers le bien.

Ce que perçoit Dieu, c’est que l’uniformisation va appauvrir l’humanité par une forme d’unanimité mortifère pour le discernement et contraire à la liberté et la responsabilité. C’est contre une forme de dictature de l’unanimité, que Dieu veut prévenir l’Homme. Dieu, qui sait combien la responsabilité et l’épanouissement passent par la prise de décision assumée et non normalisée, se préoccupe à cet instant de l’avenir même du libre arbitre. Il prévient la pensée unique qui formate et annihile la capacité de choix et avec elle la possibilité même de l’amour, puisque l’amour ne peut être contraint.

Alors que fait Dieu ? Il va pousser les hommes à chercher les réponses ailleurs que dans les certitudes aveugles de la pensée uniformisée. Il va envoyer les humains de par le monde, chercher la vérité, apprendre des autres, découvrir.

Bebel n’est pas la fin d’un monde irénique de paix, mais la fin d’un orgueil aveugle autosuffisant. Babel est le début d’une quête de vérité, d’une quête de sens existentielle en dehors de son propre monde, clos et sécurisé. Babel vaut tout autant pour une cité que pour mon âme, close de certitudes dans une haute tour d’ivoire, asséchée par manque de quête de vérité.

Du reste, Dieu ne fait pas descendre sur Babel la division, procédé diabolique, mais il embrouille les esprits. Ce qui est le sens de Babel. Or ce Babel, sorte d’élixir perturbateur se révèle comme tout pharmacos antique, à la fois poison et remède. Un poison qui sème la confusion en ouvrant les esprits.

Car l’embrouillamini des âmes à Babel est celui d’esprits qui sortent d’une torpeur et prennent conscience d’une altérité et de l’existence d’une réalité différente de leur certitude.

Et si l’on regarde bien, c’est pour sauver les hommes de leur enfermement et de leur orgueil que Dieu les disperse créant ainsi la diversité, la confrontation, l’altérité, la différence dans la recherche d’une même destinée. Nous constatons aujourd’hui de façon expérimentale, l’appauvrissement d’un monde qui s’uniformise qui nie les distinctions. Babel veut se reconstruire et, comme dans la Bible, le monde de l’intelligence s’obscurcit et l’étendue de la quête se réduit comme peau de chagrin, au point de se limiter à l’Homme lui-même.

Tel n’est-il pas le drame de l’humanisme athée dénoncé par le cardinal de Lubac ?

 

 

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Racines, identité, patriotisme au coeur d’un message du pape à des jeunes

Dans un long dialogue sous forme de questions-réponses avec les jeunes, le Pape est revenu sur plusieurs sujets qui lui sont chers, comme la souffrance des enfants. Il a expliqué que dans certaines situations, ce ne sont pas des réponses logiques et intellectuelles que recherchent les enfants, mais tout simplement le regard de leur papa ou de leur maman, qui est le plus beau cadeau qui puisse leur donner de la force. « Le regard d’un homme qui est devenu papa, d’une femme qui est devenue maman, ne s’achète pas dans les magasins », a affirmé le Pape, en rappelant que « c’est la grandeur de la fécondité qui te fait grandir et les questions qui n’ont pas de réponses vont feront grandir dans le sens du mystère ».

« Sur la conscience d’un peuple qui fabrique les armes et les vend il y a la mort de chaque enfant, de chaque personne, il y a la destruction des familles », a rappelé le Pape avec clarté. Dans le monde il y a plus de 900 millions de mines anti-personnel, qui tuent et mutilent de pauvres paysans. Ceci, ce n’est pas Dieu qui l’a fait, a martelé le Pape. « C’est toi qui l’as fait, nous, ma patrie, mon pays », a encore souligné François en revenant sur l’expérience d’un jeune participant au Synode, un ingénieur qui avait remporté un concours pour travailler dans une usine où l’on fabrique des armes mais qui n’a pas voulu salir ses mains et son intelligence pour faire des choses qui auraient tué des autres. « Nous avons besoin de ces jeunes courageux », a expliqué le Pape, et non pas de jeunes passifs et suivistes qui tombent, par exemple, dans le mimétisme du harcèlement en suivant les plus forts.

Cultiver ses  racines et lutter contre le relativisme
Concernant la question du lien entre la préservation de notre identité et la confrontation aux autres cultures, le Pape a expliqué que notre société ne devait pas se satisfaire d’être « liquide»mais au contraire cultiver ses racines. Pour cela, les jeunes doivent parler avec les anciens, qui « sont la mémoire du peuple ». La génération intermédiaire, qui a été celle du changement, « n’est pas tellement capable » aujourd’hui de transmettre les valeurs comme les personnes plus âgées. Le Pape a évoqué ses souvenirs personnels de Buenos Aires, quand il exhortait les jeunes à aller rencontrer les anciens dans les maisons de repos. Ils jouaient de la guitare et petit à petit les personnes âgées s’animaient, et finalement les jeunes ne voulaient pas partir : ils étaient fascinés par les anciens, qui leur apportaient des racines.

Le Pape a aussi insisté sur la question de l’identité, sans laquelle on ne peut pas construire une culture du dialogue. « Il y a des gens qui ne savent pas quelle est leur identité et qui vivent de modes », de feux d’artifice qui après cinq minutes disparaissent. « Nous ne sommes pas des champignons, nés seuls, non : nous sommes des gens nés dans une famille, dans un peuple et souvent cette culture liquide nous fait oublier l’appartenance à un peuple. Une critique que je ferais, c’est le manque de patriotisme. Le patriotisme, ce n’est pas seulement aller chanter l’hymne national ou rendre hommage au drapeau. Le patriotisme, c’est l’appartenance à une terre, à une histoire, à une culture… et ceci, c’est l’identité. L’identité, c’est l’appartenance. On ne peut pas avoir d’identité sans appartenance », a insisté le Pape argentin.

Ne pas avoir peur de l’altérité
Mais le Pape a aussi insisté sur le fait qu’il ne faut pas avoir peur de la rencontre avec l’autre, de la multi-ethnicité, de la multi-culturalité. Concernant les préjugés concernant les migrants, assimilés à la délinquance, le Pape a rappelé que la mafia est « made in Italia », et qu’elle est même une « valeur nationale » qui n’a pas été inventé par les Nigérians, a-t-il ironisé. Et sur le temps long, l’Europe s’est construite avec des mouvements de populations, par exemple avec les celtes venus du Nord. « Celui qui construit des murs finira esclave à l’intérieur des murs qu’il a construit, sans horizon, parce qu’il lui manque cette altérité (…). Si moi j’ai le cœur raciste, je dois bien examiner pourquoi et me convertir », a expliqué François.

Il est vrai que les gouvernements doivent faire des calculs pour évaluer leur capacité d’intégration, mais, dans tous les cas, accueillir signifie devenir plus riches. Contre la tentation de l’individualisme et de l’indifférence, il faut donc développer « une culture ouverte, qui nous permette de regarder l’étranger, le migrant, la personne appartenant à une autre culture comme un sujet à écouter, à considérer et à apprécier ».

Miser sur le long terme
Sur le plan des méthodes éducatives, les enseignants doivent se préoccuper d’ouvrir des processus en misant sur le long terme, sur la maturation des jeunes, et non pas se créer un stress focalisé sur des résultats à court terme. Il faut apprendre aux enfants à cheminer, non pas tout seuls mais en groupe, pour qu’ils apprennent à tomber et à se relever. Quant aux enseignants et surtout aux parents qui ressentent « le syndrome du nid vide » lorsque les enfants partent après avoir grandi, François les invite à « ne pas avoir peur de la solitude » car il s’agit d’une « solitude féconde ». En effet, cette distance permet aux enfants de construire d’autres nids culturels, scientifiques, sociaux.

Le Pape a conclu en priant avec les jeunes et les enseignants qui participaient à cette rencontre.

 

Source VaticanNews

Dans le Monde #Europe non francophone #NLH #NLQ

L’archevêque de Sarajevo invite l’Europe à redécouvrir ses racines chrétiennes

Pour le cardinal Vinko Puljic, afin de lutter contre le radicalisme islamique, les chrétiens européens doivent d’abord redécouvrir leur propre identité.

« L’Europe doit redécouvrir ses propres racines, sa propre identité chrétienne. Seulement comme ça, elle ne devra pas craindre le radicalisme islamique. » Le cardinal Puljic s’est exprimé en ces termes en soutien à une campagne lancée par l’antenne italienne de l’AED, l’Aide à l’Église en Détresse, sur le thème « Il n’y a pas d’Europe sans le Christ », en soutien des étudiants du séminaire Redemptoris Mater de Vinnitsa, en Ukraine, et de l’agrandissement du centre pour les jeunes saint Jean-Paul II de Sarajevo.

Près de 10 000 catholiques émigrent chaque année de la Bosnie et Herzégovine

Le cardinal Puljic a expliqué à l’AED la situation difficile de ce pays balkanique, d’où émigrant chaque année près de 10 000 catholiques. « C’est depuis la fin de la guerre que notre petite communauté continue à diminuer d’année en année, à cause de l’absence d’égalité que soit au niveau politique ou au niveau juridique. Certains ne trouvent pas de travail, d’autres en revanche ont un emploi mais ne réussissent plus à vivre dans un pays dans lequel ils ne jouissent pas des mêmes droits que les autres citoyens ».

La discrimination des catholiques

Les catholiques sont en effet discriminés dans chacune des entités instituées par les accords de Dayton en 1995 : au sein de la Fédération croato-musulmane, parce qu’ils ne sont pas musulmans, et dans la République serbe de Bosnie-Herzégovine, parce qu’ils sont majoritairement d’origine croate. Le cardinal dénonce les responsabilités de la communauté internationale, « qui ne nous a pas offert à nous, les catholiques, la même aide qu’aux autres groupes ».

L’engagement de l’Église locale pour la promotion de la tolérance

L’Église locale cherche à favoriser un climat de tolérance à travers différentes initiatives, spécialement adressées aux jeunes dans le Centre Saint Jean-Paul II, qui accueille aussi des jeunes d’autres religions. « Mais ne nous pouvons pas tout faire seuls, car nous sommes une petite réalité », remarque l’archevêque de Sarajevo, qui s’inquiète aussi de la diffusion de l’islamisme radical.

La menace de l’islamisme en Bosnie-Herzégovine

« Il y a beaucoup d’investissements de la part des pays arabes qui construisent des mosquées et même des villages entiers pour y faire vivre ceux qui viennent ici depuis leurs nations. Avec les musulmans slaves nous avons de bons rapports, mais avec les islamistes radicalisés provenant du monde arabe, il est difficile de dialoguer. Surtout parce que, spécialement au niveau politique, ils ignorent notre présence. »

Ce pays est une porte d’entrée vers l’Europe pour l’islam radical. « Malheureusement, l’Europe ne connaît pas bien l’islam et ne comprend pas ce que cela signifie de vivre côte-à-côte avec le radicalisme islamique ». Pour contrer ce phénomène, le cardinal estime qu’il faut partir de la redécouverte des racines chrétiennes. « Aujourd’hui, l’attention n’est portée qu’au matérialisme et non pas à la dimension spirituelle de l’homme. L’Europe doit apprendre à cultiver ses racines chrétiennes, autrement elle continuera à craindre le radicalisme. »

Source : Vatican News

En Europe #NLQ

Allemagne : le gouvernement de Bavière fait accrocher des croix dans les espaces publics

En Bavière, le gouvernement local a décidé de faire accrocher des croix dans les espaces publics comme “symbole de notre identité et notre mode de vie bavarois”. Le crucifix “représente des valeurs élémentaires telles que la charité, la dignité humaine et la tolérance. La croix n’était pas un signe de religion et pas de violation de la loi de neutralité.”

Les Verts se sont opposés à cette mesure qui devrait entrer en vigueur le 1er juin prochain.

Source : Welt

NLQ #Sorties/Animations

24 février 2018 : Soirée-débat #2 – Racines, identité et migrations avec Paul Piccarreta à la Maison Claire et François à Orvault (44)

 

PaysageLe directeur de la revue d’écologie intégrale Limite, Paul Piccarreta, nous fait la joie de venir à Orvault pour une nouvelle soirée débat organisée par la Maison Claire & François le 24 février 2018 à 20h30. Nous réfléchirons ensemble sur la question sensible mais importante des racines, de l’identité et des migrations.  Comment dans une société mondialisée, diverse et divisée peut-on arriver à construire quelque chose ensemble ? Comment l’écologie intégrale peut-elle proposer une réponse à cette question ?

Vous êtes tous les bienvenus ! Un temps convivial conclura la soirée.

Accès : Salle Notre Dame de l’église Sainte-Bernadette à Orvault
Tram 3 direction Marcel Paul arrêt Bignon, à 18 min de Commerce.
Grand parking

Site internet

Tribunes et entretiens

Immigration versus identité

Alors que le pape François vient d’ouvrir un nouveau point d’attention sur la question des réfugiés, en invitant à la prudence les pays d’accueil, que penser de l’opposition immigration/identité ?

(republication estivale d’un article du 2 novembre 2016)

Comme bien des sujets d’actualité, la question de l’immigration est particulièrement sensible, dans la mesure où elle est biaisée et politiquement récupérée. Il devient délicat de parler de l’immigration sans risquer le catalogage primaire dont usent abondamment certains milieux politiques ou démagogiques. L’immigration en devient, du reste, un sujet quasiment tabou de la pensée unique ambiante. Il y aurait, à ce sujet, une belle étude à faire sur cette pensée unique ! Mais restons sur notre propos suffisamment complexe en lui-même.

L’immigration est la proie des amalgames, des idées reçues et des raccourcis démagogiques. La droite classique (Nicolas Sarkosy excepté) n’ose pas aborder le sujet par peur d’être récupérée ou de perdre des électeurs, tandis que la gauche dans son ensemble en fait une affaire de dignité, de cœur et d’affectivité, face à une extrême droite exaspérée qui en nourrit le cœur de son programme. Il est dès lors difficile de demeurer objectif au milieu de telles passions. Mais à cristalliser le débat sur le thème racial et humain, nous l’avons ni plus ni moins stérilisé. L’immigration n’est pas d’abord une histoire de race, ou de droits de l’homme. Elle est d’abord une histoire d’homme au singulier. Celui qui immigre est d’abord quelqu’un qui émigre. Il s’agit d’une personne humaine égale en droit et en dignité à toute autre personne. Comme toute personne humaine, l’immigré à une histoire personnelle qui le constitue, des droits et des devoirs. C’est une personne qui quitte un groupe pour une raison ou pour une autre et qui vient s’insérer dans un autre groupe qui lui préexiste. Ce groupe lui apportera ce qui le constitue et lui, offrira ce qu’il est au groupe. Ce qui de soi est très fructueux et source de progrès et de richesse. Mais il est évident que celui qui est nouveau venu s’insère dans ce qui lui préexiste.

Il appartient, en revanche au groupe qui l’accueil de lui faciliter cette insertion. L’étranger qui ne s’insère pas et ne respecte pas les lois du pays ne doit pas être traité différemment de toute personne native du pays enfreignant les lois. Il ne faut pas cependant tomber dans les travers naïfs et candides d’une telle pensée. L’immigré qui arrive, sans renier ce qu’il est et sa fierté nationale propre, doit s’engager à respecter l’identité propre du pays qui l’accueil et doit même l’aimer. Il est un fait qu’un immigré qui ne se sent pas bien dans le pays d’accueil doit prendre acte de son malaise et peut être en changer. Il est un fait aussi que le pays doit s’attacher à faciliter une intégration plus ou moins facile. La différence de culture et d’histoire peut être plus ou moins forte bien sûr. Et il n’entre pas dans le devoir d’accueil de se renier soi-même pour mieux accueillir.

La difficulté actuelle de l’immigration, est double. Tout d’abord, un pays comme la France n’a plus forcément les moyens de bien accueillir. La question légitime se pose alors de savoir s’il y a ou non une limite à l’accueil. La réponse est assez évidente. La solidarité ne suppose pas de se mettre soi-même en péril. Que signifie alors se mettre en péril ? Peut être que la question mérite ici d’être posée de façon plus fine. Il peut paraître injurieux de considérer qu’un pays comme la France ne peut accueillir sans se mettre en péril alors que d’autre ne parviennent pas à émerger jusqu’à la simple dignité de vie. La pauvreté est relative. L’étude récente menée par l’Union Européenne sur le seuil de pauvreté en Europe le montre bien. Un pauvre de France n’est pas le même pauvre qu’en Roumanie. Dès lors le seuil de péril pour une nation n’est pas non plus le même. Et, il est contraire au bien commun de l’humanité de faire régresser une partie du monde, même pour en faire avancer d’autres. Car il n’est pas conforme à la dignité de la personne humaine de lui demander de donner en dessous de ce qu’elle est capable de produire dans le respect de sa dignité propre. Ce n’est pas en partageant plus le gâteau qu’il y aura à manger pour tout le monde, mais bien en augmentant la taille du gâteau. En revanche, cette croissance ne doit pas se faire sans l’ensemble des populations du monde. Pour en revenir à l’immigration, il n’est pas concevable et de toute façon utopiste, de demander à un pays entier de sacrifier sa croissance et son équilibre, au profit d’autres personnes ou pays. L’immigration doit nourrir la richesse propre du pays et apporter à l’immigré le nécessaire à son épanouissement et à sa dignité. Il faut tenir les deux, sinon le déséquilibre devient néfaste.

De même il faut avoir conscience qu’un immigré prive de ses compétences son propre pays. Nous nous plaignons suffisamment, en France de la fuite des cerveaux pour comprendre ce que cela signifie pour d’autres pays plus défavorisés. L’immigration est une composante importante du développement durable. Il convient donc de bien cerner pourquoi certains quittent leur pays. Le manque de travail, de richesse, la sclérose des systèmes ou des débouchés professionnels en termes de carrière, le non respect de la dignité humaine en sont quelques traits saillants. Les pays d’accueil ne peuvent pas servir de refuge au monde entier. Leur tâche, au contraire est de favoriser le développement des pays en difficultés et leur démocratisation, de façon à limiter l’immigration politique. Là, il faut que les occidentaux se mettent d’accord avec eux-mêmes. Une délocalisation en France c’est autant d’immigrés potentiels en moins.

La question de l’immigration est bien plus profonde que ce que pourra en traiter une loi de contrôle de l’immigration. Ces lois cherchent à gérer les problèmes que pose l’arrivée massive d’immigrés que la France ne peut plus accueillir. C’est le rôle de telles lois et leurs prérogatives ne leur permettent pas de faire autre chose. Mais c’est bel et bien en amont que la question que l’immigration se traitera. Le combat pour le respect des droits de l’homme, du travailleur, de l’enfant, ainsi que la lourde et lente politique du développement durable sont des outils bien plus efficaces à long terme.

Il n’empêche qu’il faut vivre le court terme et le gérer et il ne faut pas nier qu’une certaine immigration fait peur. Encore faut-il avoir le courage de l’affronter dans sa réalité et cesser de rejeter la faute sur l’autre ! Il y a un problème d’intégration d’une certaine catégorie de la population immigrée. C’est un fait. Ce fait exaspère l’ensemble de la population française (par rejet ou par opposition à ceux qui rejettent). Soit ! Mais qu’allons-nous faire ? Entrer en guerre civile les uns contre les autres ? Jeter tout le monde dehors ?

Le problème fondamental de toute intégration qu’elle soit nationale ou plus intime dans le groupe professionnel ou familial, n’est pas d’abord du côté de celui qui arrive, mais de celui qui accueille. Bien sûr les « cas » existent. Mais quand l’ensemble ou la majorité de ceux qui arrivent posent problème, n’y a-t-il pas une cause à chercher en face ? Avons-nous été clairs sur ce que nous sommes ? En un mot, le fond du problème de l’intégration ne serait-il pas, aussi, à chercher dans la perte de notre identité ? Imaginez-vous arriver dans une nouvelle famille. Vous avez perdu la votre et par ce fait vous êtes déjà fragilisés. Mais cette famille d’accueil ne vous donne aucune règle de conduite, vous n’en connaissez pas les normes et les valeurs, d’autant que vous vous rendez compte qu’elles sont floues. Comment allez-vous faire pour vous insérer, vous construire, être en paix ? Voilà, à mon sens, un des problèmes de fond de l’immigration dite maghrébine. Nous ne savons pas qui nous sommes vraiment, car notre société se cherche et se construit après s’être déconstruite, alors qu’en face de nous nous avons un peuple fier de ses racines et avec un sens communautaire et identitaire fort. C’est nous qui sommes faibles face à eux ! Mais faibles chez nous, d’où un problème de fond difficilement soluble.

La première des questions à se poser face au problème de l’immigration, est paradoxalement un problème d’identité nationale. Il est impossible d’aller vers l’autre tant que l’on n’est pas sûr de soi.

Alors sortons de cette crise de conscience, en affrontant avec vérité le problème de l’immigration. Oui, c’est un devoir d’accueillir l’étranger et le racisme est inacceptable. Oui, nous devons d’abord penser à nous pour mieux penser aux autres. Oui, travailler à ce que les étrangers se sentent mieux chez nous est parfaitement compatible avec le fait de tout faire pour qu’ils n’aient pas à quitter leur pays. Oui, je dois préserver mon environnement et ma sécurité, mais en tirant l’ensemble du monde vers le haut et non au détriment de quelques plus pauvres. En aucun cas non plus cette option ne doit conduire à la paupérisation des plus riches. Le vrai combat, long, lourd et lent est de hisser tout le monde vers le haut. Ce qui ne veut pas dire, pour les plus riches de ne pas renoncer au superflu. L’immigration doit prendre en compte l’ensemble de ces données. La France est un pays d’accueil, mais elle ne peut accueillir indéfiniment. Il convient donc de réguler cet accueil de façon à ne pas compromettre l’intégration, ni la sécurité et le bien être vital de la population nationale.

Il y aurait encore bien à dire sur ce vaste sujet et j’ai bien conscience que ces quelques lignes ne répondent pas à la polémique actuelle, mais tel n’était pas mon ambition. Je pense qu’avant d’y répondre, il faut avoir à l’esprit les fondements de la réflexion. Sur un sujet aussi polémique et affectif, il me paraissait important de dépassionner le débat pour réellement l’ouvrir.

Source Cyrano.net

A la une #NLQ #Rome

ONU – Saint-Siège – Pour promouvoir une culture de la rencontre il n’est pas nécessaire de brouiller son indentité

Pour Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies à New-York, il est nécessaire de « promouvoir une culture de la rencontre, qui implique une atmosphère authentique de respect, d’estime, d’écoute sincère et de solidarité, sans qu’il soit nécessaire de brouiller ou de diminuer son identité ». C’est ainsi qu’il s’est exprimé lors de l’événement d’action ODD de haut niveau sur l’éducation, ce mercredi 28 juin 2017.

Reprenant le concept forgé par le pape François de « dialogue de la grammaire », le nonce apostolique affirme qu’il faut former les nouvelles générations à une « grammaire de la conversation intellectuelle », visant à faire « découvrir la vérité ensemble » et laissant « les étudiants motivés pour construire des ponts et trouver de nouvelles réponses aux nombreux défis de notre époque ».

« Une ‘éducation élitiste’ aggraverait les inégalités », avertit Mgr Auza ; elle « élargirait l’écart entre les riches et les pauvres et perpétuerait la marginalisation sociale et économique et l’exclusion de ceux qui n’ont pas accès à l’éducation, en particulier à une éducation de qualité ».

Vous trouverez ici la traduction intégrale de son discours prononcé en anglais.

 

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Les épiscopats allemand et français veulent utiliser leurs écoles et mouvements de jeunes pour l’accueil des réfugiés

A l’occasion de la journée du migrant et de l’appel du pape François, les évêques français et allemands souhaitent une vaste mobilisation.

« En 2015 il y avait plus de 65 millions de réfugiés à travers le monde dont plus de la moitié étaient des mineurs », constatent-ils.

S’il est « plus que jamais nécessaire de lutter contre les causes de départ », les évêques insistent pour que ces jeunes « qui ont dû subir de graves blessures dans leur corps comme dans leur âme »(…) « trouvent dans nos pays une nouvelle patrie ».

Une invitation qui ne va pas manquer de déclencher une nouvelle polémique, alors que l’Eglise vit en ce moment, avec la Sainte Famille, la fuite en Egypte. Cela dit, Joseph emmenant Marie et l’Enfant ne cherchait pas une nouvelle patrie, mais un refuge provisoire, le temps de rentrer chez eux. Et c’est bien l’appel des religieux, patriarches en tête, en Orient. Leur vœux est que les réfugiés puissent revenir dans leur patrie.

Inviter à accueillir ceux qui sont en fuite n’est pas du même ordre que les installer à demeure. Insister sur cette distinction déminerait pourtant le terrain rendu phobique par le nombre sans cesse croissant de réfugiés dont de nombreux musulmans. Certes la religion ou la couleur ne sont en rien discriminantes pour la charité, mais nier le problème religieux et culturel dans l’accueil de l’étranger, fut-il vu comme notre frère, est le plus sûr moyen de fermer les portes et les cœurs.

Les chrétiens sont ainsi appelés « à adopter la perspective des sans-droits, à leur prêter leur voix et à défendre leur dignité avec une charité active ».

Radio Vatican rapporte que les évêques observent qu’avec ses établissements scolaires, ses organismes sociaux, ses mouvements de jeunes, ses associations ecclésiales et ses communautés religieuses, l’Église catholique en Allemagne et en France dispose de nombreuses ressources pour accompagner les mineurs migrants vers une vie autonome.

Les gouvernants ont, rappellent-ils, « le devoir de garantir les conditions juridiques et administratives permettant aux mineurs migrants de mener une vie digne chez nous ». « Tout enfant – indépendamment de son origine et de son statut – doit avoir la possibilité de vivre, d’apprendre, de jouer et de rire dans un entourage sûr (…) laissant derrière lui les ombres du passé ».

Et c’est sur une note d’espérance, poursuit Radio Vatican, que les évêques concluent leur message saluant « la bonne collaboration entre les acteurs de l’Église, de la société civile et de l’État » et en particulier l’engagement de tous ceux qui œuvrent de manière bénévole pour « une culture d’accueil et de solidarité ». « Grâce à toutes ces personnes, beaucoup de migrants mineurs se sentent reconnus comme personnes dans nos sociétés et entrevoient une perspective pour leur futur ! ».

La question, qui n’est pas neutre, est de savoir comment nos prélats entendent utiliser ces écoles et mouvements de jeunes. Sans prudence, ils risquent bien une nouvelle levée de bouclier ou une fuite en rang par quatre vers les établissements hors contrat. Tout éducateur sait que pour accueillir sereinement, il faut d’abord être ancré dans sa propre identité. Ce qui n’est pas le cas des jeunes en formation.

La charité n’est pas de l’angélisme. Pour être réelle et efficace, elle doit être totale, inclusive et non exclusive, pour reprendre une expression du pape François. Cependant inclusive ne signifie pas seulement ouvrir les bras, mais tenir compte aussi du bien de ceux qui ouvrent les bras. Exclusive suppose aussi de ne pas exclure le bien de ces derniers dans la réflexion.

Cela ne signifie pas fermer les portes et moins encore les cœurs face aux files d’être shumains et d’enfants couverts de neige, mais de le faire avec raison. La charité n’est pas une simple émotion passagère et les SDF de France qui gèlent depuis des années ont autant de droits humains que les migrants. La charité n’est pas sélective, mais elle n’est pas non plus une toupie aveugle qui voulant faire du bien à la main gauche oublie le bien de la main droite. Cette fausse charité est une spirale vicieuse infernale qui engendre le mal par de faux biens.

 

NLH #Orient

P. Imad Twal : Les chrétiens arabes sont les Pierres Vivantes de Terre Sainte

Le père Imad Twal est l’administrateur du Patriarcat latin de Jérusalem. A l’occasion de la XIVe assemblée générale et du forum international du MIAMSI (Mouvement International d’Apostolat des Milieux Sociaux et Indépendants), il s’est exprimé sur les défis propres à l’identité des chrétiens arabes de Terre Sainte. Voici quelques extraits de son intervention.  

Le terme « chrétien arabe » pourrait être considéré par l’esprit occidental comme un oxymore dans lequel les termes semblent contradictoires. Cette contradiction apparente est enracinée dans une compréhension ambiguë de ce que signifie être chrétien ou arabe. Que signifie être chrétien arabe ou d’être arabe ? Le terme arabe ne renvoie pas exclusivement aux musulmans, mais comprend également une population chrétienne significative. En outre, tous les Arabes ne sont pas des musulmans, ni  tous les musulmans, des arabes.

Les arabes chrétiens s’insurgent contre l’esprit occidental et les médias dans leur tentative d’explication de la différence entre un musulman et un islamiste (on se place au niveau de l’idéologie) ou par le fait que les chrétiens arabes constituent l’Eglise d’origine qui existe de manière continuelle depuis le 1er siècle. Cette Eglise a survécu à travers l’histoire coexistant avec une diversité de communautés et confessions.

« Une église de la diversité : l’Eglise de Terre Sainte se caractérise par sa grande diversité ecclésiale. Elle est composée de différentes Églises, chacune ayant sa propre histoire, sa pensée, sa spiritualité, sa langue, son rite et sa tradition. » (Assemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte, 2001)

Le nombre total des chrétiens en Terre Sainte est d’environ 400 000, dont la moitié vit en Jordanie, et l’autre moitié vivant en Palestine et en Israël. Il y a 170 000 catholiques. Tous ces chrétiens sont des arabes, et ils appartiennent à la culture arabe et partage l’histoire arabe. (Nous faisons une distinction avec les chrétiens de langue hébraïque, les communautés hébréophones ou les chrétiens étrangers qui travaillent et vivent en Terre Sainte).  « Numériquement parlant, l’Eglise a été une minorité pendant dix-huit des vingt siècles de son histoire. Il y avait bien une majorité du 5ème au 7ème  siècle, après quoi son statut majoritaire a commencé à décliner. Pour certains historiens, le nombre de chrétiens au début des Croisades atteignait 50 pour cent de la population. Au début du 20ème  siècle, il était de 20 à 30 pour cent. Les statistiques d’aujourd’hui admettent que seuls 2,5 à 3 pour cent de la population est chrétienne. » (évêque Maroun Lahham).

Tous ces chrétiens portent témoignage du Christ dans le pays où il vivait. L’Eglise mère de Jérusalem est un message et un témoin qui parle au cœur de la foi chrétienne. C’est un don et un rappel de son incarnation dans une réalité physique : Nazareth, Bethléem, Jérusalem.

Qu’est-ce qu’être catholique en Terre Sainte ? Que voulons-nous dire quand nous parlons d’une identité catholique ? Le mot qui ressemble le plus au mot « identité » est le mot  appartenance. L’identité de quelqu’un est son appartenance. L’identité catholique est d’abord l’appartenance à une abstraction, comme la spiritualité, à un idéal ou une doctrine, bien que cette appartenance puisse communiquer tout cela et bien plus encore. Il est, en son cœur, une appartenance à un peuple. Il est une appartenance à un corps, sociologiquement identifiable dans l’histoire, avec sa propre forme et son visage. Cela s’appelle  l’Eglise.

Ici, en Terre Sainte, notre identité catholique signifie que, tout d’abord, bien qu’il existe de nombreux défis, nous sommes un peuple, une communauté visible unie qui appartient à Jésus qui nous rend différents. « Vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Ce témoignage est notre vocation et notre mission en tant que disciples de « l’Eglise Mère ». La Terre Sainte a été appelé le cinquième évangile, et nous « les pierres vivantes »,  les chrétiens dans les saints lieux  sont le sixième évangile. « Il est vrai que dans ce pays l’Eglise est née non de bâtiments ou de pierres, mais de l’assemblée des fidèles chrétiens qui composent le sixième Evangile. » (Mansour, 2004).

Le deuxième point essentiel est que nous sommes arabes par identité et par nationalité. Nous sommes pleinement intégrés dans la vie nationale du monde arabe, partageant la même langue maternelle, les luttes pour la paix et la justice. Notre objectif est de protéger notre langue précieuse, admirer notre tradition, conserver notre patrimoine et respecter nos coutumes. Cependant, même si nous sommes des Arabes, notre être arabe n’est pas la totalité de notre être.

Nous comprenons qui nous sommes, qui sont les autres, et ce que le monde est dans une perspective qui va au-delà du fait d’être arabe. Notre appartenance à l’Eglise crée une sous-culture qui est elle-même un défi à la culture majoritaire de notre société.

Je pense souvent à la naissance de l’Eglise à la Pentecôte. Je vois là notre identité en cours de création. Les apôtres et Marie, qui avaient été élevés à connaître Dieu, créateur du ciel et de la terre et de la justice de Dieu et de la vérité, étaient unis. Ils avaient vécu avec Jésus et ne pouvaient qu’être d’accord avec lui quand il s’est  identifié à Dieu. Leur expérience a confirmé ce qu’il a dit. Personne ne les regardait et leur parlait comme il l’a fait. Après qu’il les ait laissés, cette chose est arrivée, cette venue de l’Esprit Saint et ils ont commencé à avoir la même expérience d’être ensemble que lorsqu’ils étaient avec lui. Leur communion est devenue l’endroit où ils l’ont rencontré. Ils ont reconnu dans ce qui se passait entre eux , la même vie qu’ils avaient connu en lui. Ainsi, avec Marie, dirigée par Pierre, ils ont commencé à proposer aux autres exactement ce qu’il leur avait proposé, la vie avec lui, et par lui, par la puissance du Saint-Esprit, la communion avec le Père. Notre identité est formée par l’appartenance au peuple où cela se perpétue.

Source

En France

La primaire pour tous – analyse des positions des candidats : l’identité

Nous poursuivons à relayer l’analyse qui a été faite des programmes des candidats, il n’est malheureusement plus possible de les ajouter sur le site http://www.laprimairepourtous.fr/

Sujet abordé : l’identité

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