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Italie : un évêque propose de transformer les églises en mosquées pour aider les migrants

C’est une déclaration choc qui provient de Raffaele Nogaro, évêque italien bien connu pour sa défense totale des migrants et son opposition féroce à Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien issu de la Ligue. Selon cet évêque, habitué des déclarations et des actions en faveur des migrants, Matteo Salvini serait en opposition avec le message de Jésus. Des propos diffusés par AGI, l’une des principales agences de presse du pays.

Pour cet évêque italien, l’aide aux migrants devrait être inconditionnelle

Monseigneur Nogaro a une vision très particulière de l’aide aux migrants venus en Europe, très majoritairement pour des raisons économiques : « Moralement et en tant qu’homme de foi, je serais prêt à transformer les églises en mosquées si cela était utile à la cause et si cela permettait de sauver la vie des hommes et des femmes, pauvres et malheureux. Car le Christ ne est pas venu sur la terre pour construire des églises, mais pour aider les gens sans distinction de race, de religion ou de nationalité. »

Une vision radicale de sa religion, symbolique des crispations identitaires qui traversent l’Eglise. Dans le même article de l’AGI, on apprend par ailleurs que l’évêque a rencontré le pape François qui l’a notamment reconnu au milieu d’une foule de prélats en 2014, symbole de cet amour partagé des migrants par les deux hommes.

Un évêque italien prêt à transformer les églises en mosquées si cela permettait d'aider les migrants
Raffaele Nogaro, accompagné de deux migrants lors d’une manifestation en 2014

Entre Salvini et Nogaro, deux catholicismes ?

Il n’y a pas plus féroce opposant à Salvini que l’évêque Nogaro. Dans l’article de l’AGI, il s’attaque à lui de manière évidente : « Il y a des hommes politiques qui, dans leurs discours, continuent à prêcher les expulsions. Et, la pire chose est qu’ils font avec la couronne et le chapelet à la main et nommant le nom de Dieu en vain, un péché très grave. »

C’est une référence claire au ministre de l’Intérieur italien qui, dans son discours annuel aux membres de la Ligue, avait brandi un chapelet face à la foule.

Matteo Salvini avait ainsi déclaré : « Je pense que nous réussirons en combattant ici-bas mais également avec le soutien de ceux qui sont là-haut. Chacun d’entre nous le porte dans son cœur et je le porte encore plus dans le cœur, ce chapelet [il montre un chapelet, ndt] qui m’a été donné par un prêtre de banlieue, un prêtre de rue, un chapelet confectionné par une femme exploitée, par une de ces femmes qui croyait que l’Italie était un pays de cocagne, qu’en Italie il y avait des maisons et du travail pour tous ; et pour cette raison elle s’est déracinée de sa terre, Je ferai tout, pour mériter votre soutien, même le plus petit.  Cette femme, comme d’autre femmes était peut-être une femme nigériane mais elle aurait aussi pu être une femme italienne. Je ferai, nous ferons tout pour que chacun puisse naître, grandir, aller à l’école, se soigner, travailler et voir naître ses enfants dans son propre pays, sans être déraciné et envoyé de l’autre côté du monde. Pour que chacun soit heureux et fier de son pays. »

Des propos qui semblent donner tort à Raffaele Nogaro qui considère Salvini comme un homme politique si mauvais qu’il affirme presque de manière claire que les catholiques soutenant Salvini ne méritent pas la confession ! En effet, interrogé par un prêtre lui demandant si un paroissien soutenant Salvini pouvait se voir accorder l’absolution, l’évêque immigrationniste répondait de manière très dure. « Vous devez seulement lui dire : ‘Jésus-Christ dit certaines choses et Matteo Salvini dit le contraire. Vous décidez si vous pouvez accéder à ce sacrement.’ »

La tolérance sans limite pour les migrants, pas pour les 30 % d’Italiens qui ont une opinion favorable de la Ligue.

Crédit photo : Raffaele Nogaro, accompagné de deux migrants lors d’une manifestation en 2014, Alto Casertano-Matesino [CC BY 2.5], via Wikimedia Commons

Source : Breizh-Info.com

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Une délégation d’Eglises rencontre la présidence autrichienne de l’UE

Une délégation de représentants d’Églises autrichienne et européenne s’est réunie à Vienne le 23 juillet 2018 avec Karoline Edtstadler, secrétaire d’Etat aux Affaires intérieures du gouvernement autrichien, pour échanger sur les priorités de la présidence autrichienne du Conseil de l’UE.

Des réunions entre Eglises et présidence tournante de l’UE ont lieu régulièrement depuis plus de 20 ans, tel que l’article 17 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne le prévoit.

Les Églises d’Europe étaient représentées par le secrétaire général de l’épiscopat autrichien, père Peter Schipka, l’évêque de l’Église protestante luthérienne en Autriche, Mgr Michael Bünker, mais aussi frère Athanasius Buk, prêtre de la métropole grecque-orientale d’Autriche, Mgr Andrej Cilerdzic, évêque de l’Église orthodoxe serbe en Autriche, le révérend Sören Lenz, secrétaire exécutif de la Conférence des Eglises européennes, et enfin Michael Kuhn, secrétaire général adjoint de la Comece.

Équilibrer subsidiarité et solidarité

Tous ont préconisé ainsi de conserver « un équilibre constructif entre subsidiarité et solidarité » à l’échelle européenne.

Elles ont rappelé que la subsidiarité « ne signifiait pas seulement le retour des compétences aux États membres, mais aussi l’obligation de l’Union d’aider les États membres à atteindre des objectifs plus élevés en faveur du bien commun. »

Brexit et questions sociales

A propos du Brexit, les représentants d’Eglise ont souligné la nécessité d’éviter une frontière « dure » entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, « une frontière visible compromettant la réconciliation et la paix entre les deux côtés doivent être évités » ont déclaré les représentants de l’Eglise.

Les Eglises ont accordé une attention particulière à la question de la politique sociale de l’UE, proposant une Convention européenne pour une Europe sociale, pouvant inclure partenaires sociaux, organisations de la société civile, citoyens et Eglises.

« Pour une migration circulaire » 

En matière de politique de migration et d’asile, tous les participants ont convenu que « l’Europe avait besoin de migrants », présentant l’idée d’une « migration circulaire », qui devrait ouvrir des voies légales pour les travailleurs peu qualifiés selon les besoins des pays d’accueil. Ils ont critiqué « la criminalisation des migrants et le faible respect de leurs droits fondamentaux, et ont appelé à un traitement humain à chaque étape de leur voyage, y compris lorsqu’ils retournent dans leur pays d’origine », rappelant « le principe de non-refoulement des personnes ayant besoin de protection ».

La question de l’intégration européenne des Balkans occidentaux et celle du changement climatique en vue de la prochaine réunion de la COP 24 à Katowice (Pologne) en décembre, ont également été soulevées.

Tribunes et entretiens

Libres propos sur les murs et les ponts

La muraille de Chine et autres tracés de frontières attirent chaque année d’innombrables visiteurs. Au-delà de la prouesse architecturale et de leur beauté, ces ves- tiges transmettent une stratégie. Pour protéger leurs cités, pays ou empires, des envahisseurs, nos ancêtres édifiaient des murs. Notre époque, ayant opté pour les ponts du mondialisme, construit désormais des murs de verre ou de béton.

Les grandes civilisations ont-elles pu prospérer sans le soutien de remparts protecteurs ? Parmi les grands témoignages de la présence de l’homme sur cette terre légués par l’Histoire, les enceintes défensives occupent une place de premier choix, demeurant aujourd’hui encore des lieux de visite particulièrement appréciés. La muraille de Chine est classée parmi les sept merveilles du monde. Il paraît même qu’il s’agit de l’unique construction humaine visible depuis l’espace. Le voyageur qui traverse l’Angleterre pour se rendre en Écosse croise immanquablement sur sa route le fameux mur édifié par les légions romaines sur ordre de l’empereur Hadrien. Ces mêmes Romains construisirent un autre mur aux frontières de l’est, à l’initiative de Trajan cette fois-ci, dont il reste également de beaux vestiges. C’est ainsi que se maintint la pax romanaà l’intérieur des limes de l’Empire. D’autres murailles célèbres sont encore visibles aujourd’hui, comme celles de Constantinople, élevées et progressivement améliorées à partir de la création de la ville. Elles permirent à la cité de faire face aux invasions venues de l’est jusqu’en 1453, date de la prise de la ville par les Turcs, qui scella la disparition de l’Empire byzantin.

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Le fossé entre l’Eglise et le peuple sur l’immigration grandit en Italie

Benoît XVI avait rappelé qu’à côté du « droit à immigrer », il y avait le droit des Etats « de réglementer les flux migratoires et défendre leurs frontières ». Saint Jean-Paul II avait, en 1980, appelé devant l’UNESCO à tout faire pour protéger « cette souveraineté fondamentale que possède chaque Nation en vertu de sa propre culture ». François, quant à lui, est le pape de l’immigration, de « l’accueil » indiscriminé de tous, réfugiés et immigrants économiques, et de la promotion du multiculturalisme. Et cela se reflète dans les positions adoptées par l’Église italienne.

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En France #NLQ

Nantes : l’Eglise au coeur des violences urbaines

Les émeutes dans les quartiers populaires de Nantes ces derniers jours touchent aussi l’Église catholique :

D’abord parce que la foi des chrétiens les engage à travailler de toutes leurs forces à une société dont le maître-mot serait la fraternité entre tous, au-delà des différences de confessions religieuses et d’origines géographiques, en faisant droit aux personnes les plus fragiles.

Ensuite parce qu’ils sont présents dans ces quartiers populaires : ils y habitent, ils y ont leurs églises et leurs locaux paroissiaux ; ils partagent la vie de leurs habitants, leurs joies comme leurs détresses. A découvrir : les témoignages de personnes engagées

Un lieu comme Tiss’Amitié, au carrefour de ces préoccupations dans le quartier du Breil, a subi le sort de l’ensemble immobilier dans lequel il était : réduit en cendres. Nous ne cesserons pas pour autant de travailler patiemment, inlassablement, et malgré tout, à tisser l’amitié, avec toutes les personnes de bonne volonté. Nous prions aussi pour que la justice et la paix s’instaurent dans nos quartiers.

Présence d’Église dans les quartiers populaires de Nantes

De longue date, la présence et l’engagement des chrétiens existent à Nantes, dans les quartiers populaires notamment. Ils s’appuient sur les paroisses et l’Action Catholique (ouvrière et en milieu indépendant). Ils tissent du lien social et un vivre ensemble dont toute la population bénéficie. Cette présence chrétienne débute évidemment par les milliers de contacts informels du quotidien dans les cages d’escalier, sur les trottoirs, mais les canaux principaux sont la vie paroissiale, les écoles, et l’insertion dans la vie sociale :

La vie paroissiale

Très souvent, les églises, lieux de rassemblement et de prière, sont en plein milieu des quartiers (à St Luc au Breil, St Laurent aux Dervallières, St Etienne à Bellevue, St Marc à Malakoff…). Dans ces quartiers des « tables ouvertes partagées » TOP, sont organisées plusieurs fois dans l’année : certains dimanches midi, les personnes qui le souhaitent peuvent partager un repas dans une ambiance festive et chaleureuse ; ces TOP rassemblent souvent près d’une centaine de personnes.

Les visites à domicile des membres du Service Évangélique des Malades, mais aussi la catéchèse et le catéchuménat sont autant d’occasions de créer des liens forts avec les habitants, il en va de même pour les rassemblements dominicaux.

Des lieux paroissiaux d’accueil et d’écoute (notamment la Pause au Sillon et Tiss’amitié au Breil–voir ci-contre) assurent une présence régulière et bienveillante, ouverte à tous. C’est le cas encore de l’ACE et de la fête du Jeu, du Secours Catholique dans ses ateliers d’alphabétisation et de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul.

Une insertion forte dans la vie sociale

Eglise St Marc à Malakoff

Eglise St Marc à Malakoff

Des liens d’amitié sont entretenus régulièrement avec les musulmans. Au Sillon-de-Bretagne, beaucoup de catholiques – y compris le prêtre – sont engagés bénévolement au Centre Socio-Culturel. C’est aussi le cas dans les jardins familiaux et partagés et dans les associations du cadre de vie. Jusqu’à il y a deux ans, une communauté religieuse des Sœurs de St-Gildas habitait au Breil, créant de nombreux liens au quotidien. Depuis deux ans, la communauté religieuse Notre-Dame-des-Apôtres œuvre dans le même esprit au Sillon où elle habite.

La vie civile est au cœur des réflexions des pôles solidarité, des équipes d’animation paroissiale qui essaie d’ajuster l’action pastorale aux réalités du terrain.

Les événements des jours derniers atteignent profondément tous les nantais. Ils confirment le besoin d’écoute et d’accompagnement des familles et l’urgence de l’éducation à la citoyenneté et au vivre ensemble fraternel dans la paix. Et sur ce chemin les catholiques ne sont pas les seuls…

Père François Renaud, Vicaire épiscopal

Source : diocèse de Nantes

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Le Saint-Siège émet des réserves sur le pacte de l’ONU pour une migration sûre

Lu sur Zenit.org

La délégation du Saint-Siège se félicite de ce que le projet du Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière reflète « dans son ensemble… les différentes priorités et positions exprimées tout au long du processus et une compréhension commune de la manière dont les États doivent coopérer pour faire face à la migration internationale dans toutes ses dimensions ». Elle se réjouit en particulier de « l’inclusion et de l’accent mis sur le droit à l’unité familiale et à la vie de famille ».

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique, observateur permanent du Saint-Siège, a fait une déclaration générale à la séance d’ouverture du sixième cycle des négociations intergouvernementales sur le Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière, à New York, le 9 juillet 2018.

Mgr Auza émet cependant un bon nombre de réserves. Il rappelle les points « nécessaires pour parvenir à un consensus » et demande la suppression d’un certain nombre de références à des documents « qui ne sont pas négociés au niveau intergouvernemental et contiennent des termes et des questions controversés, qui ne partagent pas le consensus ». Il se dit aussi « préoccupé » par la suppression de services tels que « logement, santé, éducation et justice » qui sont « le minimum que tous les États doivent fournir ».

Voici notre traduction de la déclaration de Mgr Auza.
HG

Déclaration de Mgr Bernardito Auza

Mesdames et Messieurs les co-facilitateurs,

Ma délégation se félicite de la révision la plus récente du Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière. Nous pensons que le projet dans son ensemble reflète les différentes priorités et positions exprimées tout au long du processus et une compréhension commune de la manière dont les États doivent coopérer pour faire face à la migration internationale dans toutes ses dimensions.

Ma délégation voudrait toutefois se concentrer sur un certain nombre de demandes spécifiques qui semblent nécessaires pour parvenir à un consensus et faire en sorte que les États disposent des instruments de politique dont ils ont besoin pour gérer efficacement la migration et fournir aux migrants les protections qu’ils méritent en matière de dignité humaine et d’obligation internationale.

Mesdames et Messieurs les co-facilitateurs,

Ma délégation se félicite des mesures concrètes prises pour faire face aux catastrophes lentes et soudaines, en particulier l’inclusion de mesures de protection et d’adaptation, ainsi que de l’accent mis sur l’analyse conjointe et le partage d’informations. Des stratégies communes et des solutions qui renforcent la résilience et fournissent aux personnes affectées des voies régulières de migration sont cruciales. Ces actions commencent à répondre à l’une des principales lacunes de protection existant à l’échelle internationale.

Nous nous félicitons également de l’inclusion et de l’accent mis sur le droit à l’unité familiale et à la vie de famille, en particulier dans l’Objectif 5. La famille est l’unité fondamentale de la société. Elle est au cœur du développement humain et de la stabilité sociale. Pour cette raison, des mesures doivent être prises pour promouvoir et assurer l’intégrité de la famille. La séparation de la famille n’est jamais dans le meilleur intérêt de l’État ni de l’enfant. Des alternatives existent et de nombreux États ont déjà éliminé cette pratique. La formulation actuelle du projet, bien qu’elle ne soit pas idéale, reflète cette compréhension commune et devrait être préservée.

Mesdames et Messieurs les co-facilitateurs,

Ma délégation souhaite souligner trois questions qui sont nécessaires pour parvenir à un consensus. Premièrement, chaque objectif, engagement et action dans le Pacte doit être soigneusement négocié et inclus uniquement lorsqu’un consensus est possible. Pour cette raison, ma délégation réitère son appel à la suppression des références générales aux principes et directives du Groupe Migration Globale au paragraphe 23 (l), aux principes et directives du HCDH au paragraphe 27 (g) et au Cadre des Priorités et principes guides de l’OMS énoncés au paragraphe 31 e). L’inclusion de ces lignes directrices et de ces principes mine la nature intergouvernementale de ce processus et la transparence nécessaire pour parvenir à un consensus.

Ma délégation voudrait bien insister une fois de plus pour que ces documents, qui ne sont pas négociés au niveau intergouvernemental et contiennent des termes et des questions controversés, qui ne partagent pas le consensus, soient supprimés. Le résultat du Pacte Mondial sur ce point spécifique influencerait de manière significative comment et dans quelle mesure le Saint-Siège et les institutions et organisations catholiques s’occupant des migrants à travers le monde pourraient soutenir le Pacte Mondial.

Deuxièmement, toutes les personnes, quel que soit leur statut migratoire, jouissent des mêmes droits de l’homme et des mêmes libertés fondamentales. Tous les États ont l’obligation de respecter, protéger et réaliser les droits de l’homme pour tous, sans discrimination. Si nous reconnaissons le droit souverain des États de déterminer la politique migratoire nationale et de faire la distinction entre le statut de migrant régulier et irrégulier, ils doivent le faire conformément au droit international. Pour cette raison, ma délégation est profondément préoccupée par la suppression des services relevant de l’objectif 15, en particulier « logement, santé, éducation et justice ».

Ces services représentent le minimum que tous les États doivent fournir, en tant qu’obligation internationale. Alors que les États peuvent déterminer le niveau de service supplémentaire fourni, ils ne peuvent refuser à un individu ces services spécifiques. En supprimant cette liste, nous donnons aux États la possibilité de porter atteinte aux droits de l’homme des migrants, qui sont avant tout des êtres humains.

Enfin, tout au long du projet révisé, l’expression « protection » humanitaire a été supprimée, remplacée ou fortement qualifiée. De même, le terme « non-refoulement » a été supprimé du texte même si une approximation de ce principe subsiste. Nous soutenons fermement que la protection humanitaire et le respect du principe de non-refoulement sont des obligations que tous les États ont en droit international et que, dans des circonstances particulières, ces principes peuvent s’appliquer à tous les migrants, quel que soit leur statut. Pour cette raison, ils doivent être reflétés de manière adéquate dans le projet final.

Mesdames et Messieurs les co-facilitateurs,

Outre ces trois points urgents, ma délégation formulera un certain nombre d’autres suggestions au cours des négociations, que nous savons partagées par d’autres délégations.

Ma délégation voudrait réaffirmer que toutes les personnes ont le droit de rester dans la paix, la prospérité et la sécurité dans leur pays d’origine. C’est un droit antérieur qui précède le droit corollaire de tout individu à émigrer, surtout lorsque le droit de rester n’est pas maintenu ou garanti. Comme l’affirme l’Agenda 2030, la paix, la prospérité et la sécurité ne peuvent être assurées isolément, mais exigent la coopération internationale de tous les États. Nous croyons que les pactes mondiaux s’appuient sur cet engagement international et sur cette responsabilité partagée.

Je vous remercie.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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Migrants : le Saint-Siège réaffirme “le droit de rester dans son pays d’origine”

Le Saint-Siège réaffirme, à l’ONU, le « droit » de chacun « de rester dans son pays d’origine », et en même temps « le devoir de prendre soin de ceux qui migrent par désespoir ».

Mgr Ivan Jurkovic, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève (Suisse), est en effet intervenu lors de la 38ème session du Conseil des droits de l’homme

« La migration a offert historiquement une immense contribution au développement des peuples, a fait notamment observer Mgr Jurkovic. Pourtant, il est important que la décision de partir soit un choix libre et éclairé, et non une nécessité impérieuse. Si d’une part, toute personne a le droit d’émigrer, il existe en même temps un droit de rester dans son pays d’origine. La délégation du Saint-Siège a insisté à mainte reprise sur l’urgence de s’attaquer aux facteurs qui forcent les gens à quitter leur foyer et leurs pays, contribuant à des flux migratoires désordonnés, imprévisibles et dangereux. »

Il a insisté sur la promotion d’une « culture de la solidarité », et sur le rejet de « la logique de l’indifférence et de la négligence ».

Il a invité à « offrir aux demandeurs d’asile, aux réfugiés, aux migrants et aux victimes de la traite des êtres humains l’occasion de trouver la paix nécessite une stratégie combinant quatre actions : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. »

Voici la traduction de Zenit, de l’anglais, de la déclaration du représentant du Saint-Siège

Déclaration de Mgr Ivan Jurkovic

Merci, Monsieur le Président.

Si la migration peut être considérée comme un « signe des temps », la « tragédie de notre temps » est que nous risquons de devenir trop familiers et insensibles aux morts tragiques et aux abus de nos frères et soeurs qui sont contraints de partir pour une foule de raisons mais aussi aux facteurs sous-jacents et aux inégalités croissantes qui provoquent de tels mouvements migratoires.

La voie du dialogue sur laquelle nous nous sommes engagés par la Déclaration de New York et par les négociations et les consultations en cours sur les deux Pactes mondiaux, peut contribuer à promouvoir une culture de la solidarité. À cet égard, il est important de maintenir l’élan et de rejeter la logique de l’indifférence et de la négligence. Alors que la responsabilité première incombe aux États en fonction de leurs capacités, notamment en termes d’intégration, il nous est constamment rappelé que ce qui est en jeu, ce sont des vies humaines.

La semaine dernière, le Pape François a exhorté à « abattre le mur de la « complicité confortable et silencieuse » qui aggrave leur détresse » 1, rappelant que le phénomène migratoire n’est « pas simplement un phénomène de nombre, mais de personnes ayant chacune sa propre histoire », sa culture, ses sentiments et ses aspirations … Ces personnes, nos frères et soeurs, ont besoin d’une « protection continue », quel que soit le statut de migrant qu’ils peuvent avoir »2.

Monsieur le Président,

La délégation du Saint-Siège partage certaines des préoccupations exprimées par le Rapporteur spécial dans son rapport, notamment en ce qui concerne les enfants en déplacement et en détention, ce qui ne peut jamais être dans leur meilleur intérêt. Offrir aux demandeurs d’asile, aux réfugiés, aux migrants et aux victimes de la traite des êtres humains l’occasion de trouver la paix nécessite une stratégie combinant quatre actions : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer 3.

Le retour, la réadmission et la réintégration font partie intégrante d’un système de migration bien ordonné, mais trop souvent la façon dont il est géré est préjudiciable à la fois aux migrants et aux relations entre les États et peut même renforcer les facteurs sous-jacents à la migration irrégulière. En particulier, le fait de subordonner l’aide au développement à la coopération d’un pays au retour des migrants crée un chantage et des affrontements mutuels4, qui entraînent souvent des violations des droits de l’homme. Le fait que les personnes humaines soient de plus en plus utilisées comme monnaie d’échange à la table des négociations est inacceptable.

Monsieur le Président,

La migration a offert historiquement une immense contribution au développement des peuples. Pourtant, il est important que la décision de partir soit un choix libre et éclairé, et non une nécessité impérieuse. Si d’une part, toute personne a le droit d’émigrer, il existe en même temps un droit de rester dans son pays d’origine.5 La délégation du Saint-Siège a insisté à mainte reprise sur l’urgence de s’attaquer aux facteurs qui forcent les gens à quitter leur foyer et leurs pays, contribuant à des flux migratoires désordonnés, imprévisibles et dangereux.

 

Les facteurs d’interaction qui façonnent la migration, dont nous ne pouvons pas encore anticiper la plupart, ne peuvent être pris en charge par un seul État. À cet égard, cette délégation partage les préoccupations du secrétaire général des Nations unies, M. António Guterres, que nous « devrions utiliser tous les outils de développement, de gouvernance et de politique à notre disposition pour prévenir et atténuer les forces humaines et naturelles qui conduisent à de tels larges mouvements de population, mais nous devrions également reconnaître que nous avons le devoir de prendre soin de ceux qui migrent par désespoir. « 6

Merci, Monsieur le Président.

***

NOTES

1 Pape François, Message au « Deuxième Saint-Siège – Conférence de Mexico sur les migrations internationales« , 14 juin 2018.

2 Ibid.

3 Cf. Pape François, Message pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2018.

4 Cf. A / 71/728 Rapport du Représentant spécial du Secrétaire général sur les migrations (le « Rapport Sutherland »).

Source : Zenit.org – Anita Bourdin

Tribunes et entretiens

Sur le bras de fer entre Trump et François sur les migrants

de Gérard Leclerc sur France-catholique :
Faut-il parler d’une sorte de bras de fer entre Donald Trump et le pape François ? Il est incontestable que les positions du président des États-Unis et de l’évêque de Rome sont aux antipodes sur la question des migrants. Depuis que Donald Trump a pris des mesures très dures à l’égard des familles de sans-papiers, enfermant les enfants mineurs dans ce qu’on appelle des cages, l’indignation est à son comble. Le Pape n’accepte pas cette séparation des enfants de leurs parents. Et qui donc pourrait le lui reprocher, en tant que pasteur « présidant à la charité » pour reprendre l’expression de saint Ignace d’Antioche ? Si le Pape ne défendait pas cette exigence minimum de l’intégrité du lien familial, qui pourrait le faire à sa place, avec son degré d’autorité ? Mais en même temps, un autre langage s’exprime, auquel on ne peut dénier sa part de légitimité. Un langage sans doute dénué de la brutalité de Donald Trump, mais qui condamne néanmoins l’irréalisme d’une politique immigrationiste, par ailleurs de plus en plus insupportable aux peuples européens.

« Le populisme et les psychoses ne sont pas, dit François, des réponses aux problèmes mondiaux de l’immigration. La solution c’est le consentement, l’étude, la prudence. » Que faut-il entendre ici par consentement ? Sans doute ce qu’il y a de plus légitime dans la démocratie, c’est-à-dire l’acquiescement, autant que possible, réfléchi des citoyens à une orientation ou à une décision politiques. Mais alors il s’agit pour les citoyens d’intégrer toutes les données rationnelles d’un dossier, aussi complexe que celui des mouvements migratoires. Ce n’est pas du tout évident ! Les chrétiens, en tant que citoyens, doivent participer à cette réflexion, en tenant compte des principes de l’Évangile mais aussi des données concrètes sans lesquelles les principes confinent à un idéalisme dangereux.

Pourquoi ne pas le dire ? Face à un défi aussi redoutable que celui-là, il est plus que légitime d’être soi-même partagé entre des sentiments contraires, inspirés par la difficulté extrême du sujet. Il ne suffit pas de sauvegarder les vies menacées en Méditerranée. Il faut sérieusement réfléchir aux conditions d’intégration d’une population nouvelle, celle qui s’entasse dans les quartiers perdus de la République. Voilà qui relève aussi de l’étude et de la prudence recommandées par le Saint-Père.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 21 juin 2018.

A la une #NLQ

L’édito – Le pape, entre fermeté et apaisement ?

 

 

Le mois de juin a été un mois plutôt varié pour ce qui touche à l’activité du Vatican. Mais de toutes les publications qu’InfoCatho a pu relayer (et qui ne sont pas exhaustives), il semble que le pape joue la carte de l’apaisement sur les sujets les plus sensibles. Immigrations, œcuménisme, communion, le Saint-Père prend du recul sans pour autant être moins ferme.

 

Sur la question des migrants, le pape François invite à la prudence tout en condamnant la politique américaine.

Migrants : le pape rappelle la prudence comme vertu du gouvernement

Le Pape François critique la politique migratoire de Trump

Le pape presse les Etats à adopter le Pacte mondial sur les réfugiés

 

Sur la famille et la vie, en revanche, il ne lâche rien.

Journée mondiale des parents à l’ONU : intervention du Saint-Siège

Le pape compare certains avortements à un eugénisme “en gants blancs”

La journée pour la vie organisée au Royaume-Uni soutenue par le pape

 

L’œcuménisme fut le temps fort du voyage à Genève, sur fond de crise allemande quant à l’accès à la communion des conjoints protestants.

Le pape écarte le document allemand permettant aux protestants de communier

L’œcuménisme, axe central du pontificat : le pape à Genève

Visite du pape François au Conseil œcuménique des Églises (COE)

 

Le Saint-Père s’est exprimé sur divers sujets socio-économiques, invitant à des prises de conscience et à un meilleur engagement.

Le Pape invite les travailleurs à agir pour l’éthique et l’inclusion sociale

Pape François : “Internet est un don de Dieu, mais c’est aussi une grande responsabilité”

Le Pape invite les journalistes à promouvoir la vérité et l’espérance

Pape François : “l’exploitation dans le travail est un péché”

Le Pape François défend l’humanisation de la médecine

 

Sur les sujets spirituels, le mois du Sacré-Cœur a retenu particulièrement son attention.

Pape François – Le mois de juin est traditionnellement consacré au Sacré Cœur, un symbole réel d’où a jailli le salut

Pape François : “le démon attaque l’homme et la femme car ils sont l’image de Dieu”

Le pape François encourage à une “prière fervente” au Coeur du Christ

Le pape commence une série de catéchèse sur les commandements

Pape François : “Que Dieu nous libère de la volonté de détruite la bonne réputation de l’autre”

Le pape appelle à affronter les racines spirituelles de la crise écologique

Le pape François adresse un message aux sportifs chrétiens

 

Enfin quelques « faits divers » du quotidien romain, de la FIFA à la réforme de la Curie…

 

Le programme du voyage du Pape pour la Rencontre des familles à Dublin est public

Synode des Jeunes : l’instrument de travail des pères synodaux dévoilé

Une vidéo du Saint-Siège primée au Festival international de la publicité sociale

Le cardinal Parolin présent à la réunion du groupe de Bilderberg

Le Vatican explique la présence du cardinal Parolin au groupe Bilderberg

L’histoire de la réforme depuis la curie romaine depuis 2013

Le C9 a préparé un nouveau projet de Constitution apostolique pour concrétiser la réforme de la Curie

Coupe du monde FIFA 2018 : les encouragements du Pape François

Le pape accepte la démission de trois évêques du Chili suite à leur mise en cause dans des affaires d’abus sexuels

Les martyrs du communisme honorés au Latran

Lutte contre la mafia : le pape François se déplacera en Sicile

 

Dans le Monde #NLQ #USA

Réflexions sur la législation américaine en matière d’immigration

Alors que le procureur général, Jeff Sessions a rendu deux décisions controversées, le site internet  Catholic World Report propose en anglais un éclairage intéressant sur la politique d’immigration américaine.

Extraits choisis et traduits :

“Pour juger les actes du procureur général au regard des enseignements de l’Eglise, il est nécessaire de regarder les déclarations du magistère en matière d’immigration. Le Pape Pie XII a affirmé avec insistance le droit pour tout être humain obligé de quitter son pays en raison des persécutions, de la violence ou de la pauvreté d’émigrer et, chaque nation a le devoir d’accueillir et d’intégrer ces personnes dans une mesure compatible avec le bien commun. (…)

Le Pape Pie XII dans sa constitution apostolique “Exsul Familia Nazarethana” en 1952 affirmait “la loi naturelle elle-même, non moins que la dévotion à l’humanité [no less than devotion to humanity], demande que des voies de migration soient ouvertes à ces personnes. Car le Créateur de l’univers a fait toutes les bonnes choses principalement pour le bien de tous. Puisque la terre offre partout la possibilité de soutenir un grand nombre de personnes, la souveraineté de l’Etat, bien qu’elle doive être respectée, ne peut être exagérée au point que l’accès à cette terre est refusé, pour des raisons inadéquates ou injustifiées, à des nécessiteux et décents, à condition, bien entendu, que la richesse publique, considérée avec soin, le permette.”

Le Saint-Père a ainsi affirmé, d’une manière ferme, le droit des réfugiés à rechercher une nouvelle patrie. Deuxièmement, il a défini le devoir correspondant du nouveau pays, dans l’exercice d’une souveraineté qui « doit être respectée », pour permettre l’immigration par « des gens nécessiteux et décents » où la « richesse publique, considérée très soigneusement, n’interdit pas cette En outre, le Saint-Père a fait référence à une loi américaine particulière et l’a présentée comme une loi bienvenue, mais imparfaite, à compléter par d’autres lois plus réceptives à un éventail plus large de réfugiés

il faut chercher à garantir [aux réfugiés] la même assistance pastorale que celle dont bénéficiaient les chrétiens natifs du pays (…)”