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Synode des jeunes : “L’Eglise doit lutter contre l’immigration illégale et la traite”

Décourager et répudier, au moyen d’un magistère clair et sans équivoque, les promoteurs de l’immigration illégale et de la traite des êtres humains : c’est là l’un des devoirs de l’Eglise, rappelé le 11 octobre 2018 dans la salle du synode.

Face à des centaines de jeunes qui voient leurs rêves, leurs potentialités et leurs talents engloutis par la mer Méditerranée, les pères synodaux insistent sur la nécessité pour l’Eglise d’exhorter les nations les plus riches et industrialisées  à investir dans celles qui sont les plus pauvres, notamment en termes de technologies et de savoir-faire, afin que tous les jeunes puissent contribuer au développement de leur pays d’origine, sans être contraints d’émigrer.

L’importance de l’examen de conscience

Le synode réfléchit ensuite sur le sacrement de la réconciliation, rappelant que le pardon doit être libéré de toute lourdeur et redécouvert dans sa dimension de don. L’examen de conscience s’avère en cela essentiel et fondamental pour évangéliser et éduquer les jeunes à l’idée claire de ce que sont le péché et le superflu,  et les aider à reconnaitre les signes de la présence de Dieu dans leur vie. Les jeunes, affirment encore les pères synodaux, ne sont pas appelés à rester jeunes pour toujours, mais à devenir adultes, à avancer pour contribuer à la construction de l’Eglise. Au fond, il importe peu d’être prêtre, professionnel, parent ou célibataire : répondre à l’appel de Dieu signifie suivre l’appel à être saint, quel que soit le choix de vie. La pastorale vocationnelle devrait donc être repensée et renforcée dans tous les domaines grâce à des témoignages vivifiants, afin que chaque jeune comprenne sa vocation dans la vie.

Eduquer les jeunes à la liberté

De là également l’appel des pères synodaux à la liberté intérieure qui empêche les jeunes de sa faire manipuler par les autres, de se faire entrainer dans la masse. On est plus libre en suivant Jésus et ses commandements, avec une conscience droite. Mais éduquer les jeunes pour et àla liberté suppose la recherche de la vérité, parce que les jeunes sont en quête d’authenticité chez leurs éducateurs, ils veulent des pasteurs plus cohérents avec ce qu’ils prêchent, des pasteurs qui sachent vivre la Parole et s’engager auprès des pauvres, grâce à une vraie conversion intérieure et une foi passionnée.

L’écoute avec un cœur ouvert

Le juste accompagnement de l’Eglise consistera en l’écoute avec un cœur ouvert, en prodiguant courage et espérance, en prenant soin des personnes. Face à la haine, la violence, la corruption, l’injustice, les guerres, les jeunes expérimentent une fragmentation existentielle qui mine leur confiance et l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes. L’Eglise doit donc accompagner et accueillir les jeunes, stimuler chez eux la liberté et la responsabilité d’assumer des engagements durables. C’est le défi de l’Eglise : choisir l’option préférentielle  pour les jeunes, aller à leur rencontre et leur offrir un idéal de foi vécue de manière concrète, sous la houlette d’une autorité efficace qui les fasse mûrir vraiment.

Pour un accompagnement maïeutique

Comme le père miséricordieux dans la parabole du fils prodigue, l’Eglise se doit d’attendre avec patience et espérance les jeunes perdus et désemparés ; qu’elle ne les fasse pas se sentir abandonnés dans les difficultés, mais qu’elle les rassure en marchant avec eux, les aide à se réaliser en libérant leur liberté, sans leur imposer des choix déterminés, sans manipulations ou cléricalisme. C’est seulement ainsi que l’accompagnement sera vraiment maïeutique  et fera émerger la vérité déjà présente dans la jeunesse, de façon à l’aider à comprendre la beauté qu’il y a à se mettre à la suite du Christ.

Aider les jeunes à nourrir de grands rêves

Il est besoin, insiste encore l’assemblée synodale, d’une communauté chrétienne unie, joyeuse, qui sache redécouvrir son sens missionnaire et permette de tomber amoureux de l’Evangile : un climat de fermeture et de préjugés en effet n’aide pas les jeunes à se sentir accueillis, à vivre la fraternité dans un contexte de chaleur et d’estime réciproque. Que les communautés soient donc concrètes,  simples et pauvres, transparentes : que l’Eglise « rivalise » avec les jeunes pour faire des rêves, parce que si les pasteurs rêvent, les jeunes seront aussi en mesure de le faire.

Que les victimes d’abus soient au centre de la mission de l’Eglise

Le thème des abus est revenu au centre des réflexions synodales : les jeunes attendent que l’Eglise place les victimes au centre de son action et que les évêques soient soumis à des procès rigoureux. Pour extirper ce mal et pour sortir de la crise actuelle, les pères synodaux suggèrent qu’on ait recours à des experts laïcs mais aussi au  « génie féminin », en particulier à des mères qui puissent enseigner aux pasteurs le sens de la tendresse, de l’amour et de la protection envers les plus petits.

La sécularisation et ses conséquences positives

Enfin, la réflexion sur la confrontation entre l’Eglise et la réalité actuelle, la sécularisation en particulier, a été centrale : les pères synodaux invitent à avoir le courage de la considérer comme un signe des temps qui aide à se libérer d’une attitude chrétienne automatique et porte les croyants à être chrétiens par choix, parce qu’ils le désirent.

Vatican News / Isabella Piro

Source : Cathobel

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“Nous ne disposons pas d’une quelconque marge de manoeuvre en matière d’immigration et d’islam” selon X. Lemoine, maire de Montfermeil (93) et vice-président du PCD

Xavier Lemoine, vice-président du Parti chrétien-démocrate, est maire de Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, depuis 2002. Sa commune est en première ligne sur les questions d’immigration et d’islamisation. Il parle dans La Nef de son expérience de terrain :

La situation d’une ville comme Montfermeil n’a plus rien d’extraordinaire tant les bascules démographiques, d’abord, et culturelles, ensuite, se sont étendues à de très nombreuses portions du territoire national, tant en zone dense urbaine que rurale. Ces déséquilibres démographiques et culturels redoublent d’intensité en raison du vieillissement des populations de culture européenne, de leur piètre taux de natalité, de l’évitement géographique de certaines familles, d’une part, et de l’accroissement des flux migratoires extra-européens concernant des populations jeunes ayant une fécondité bien supérieure à la population d’accueil, si tant est que l’on puisse encore réellement parler d’accueil…, d’autre part. Et si cette situation, désormais, suscite une sourde inquiétude c’est en raison de l’impression d’avoir été berné et trahi par tous ceux qui (toutes ces dernières années) ont minimisé les faits, de telle sorte que la situation semble dé­sormais hors de contrôle par des voies pacifiques. Le réveil est donc brutal. En clair, on assiste à l’implantation et la structuration progressive et méthodique d’une autre société qui, exploitant tous les droits ouverts par notre corpus législatif, s’érige en marge, d’abord, et en opposition, ensuite, aux principes culturels appartenant à la tradition et à la vocation françaises. J’entends ici la culture comme l’expression profane d’un culte.

Un maire a-t-il des moyens d’action sur ces questions d’immigration et d’islam ?

Le dérèglement et l’effacement de l’État, le non-respect des quelques lois susceptibles encore de réguler ces questions ainsi que le refus délibéré de prendre en compte la réalité, actuelle et future, des enjeux et défis auxquels nous avons à faire face, rendent tout à fait illusoire la prétention de disposer à ce jour, d’une quelconque marge de manœuvre en la matière. S’il y a encore quelques années, je pouvais m’interroger sur la manière « d’influer » sur les évènements, aujourd’hui je n’ai plus à m’interroger qu’à la manière de me « comporter » dans les évènements, ce qui est toujours, certes, in fine, une manière d’influer mais non sans risque et pour des résultats visibles dont les délais relèvent davantage du secret de la Providence que de nos attentes légitimes et immédiates. […]

« L’islam de France » est un leurre et un mensonge, l’islam est l’islam quand bien même il revêt des aspects très différents qui ne doivent pas occulter le fait que ses ressorts fondamentaux sont toujours les mêmes : sa volonté d’expansion pour laquelle tous les moyens sont licites, l’appartenance de ses fidèles à l’Oumma (communauté des croyants) dont il est quasi impossible de sortir et même de s’affranchir sans risquer très gros, un art consommé de la victimisation en situation minoritaire et une drastique limitation des droits des minorités en situation majoritaire, et, à ce jour, au niveau mondial, le retour oppressif du « littéralisme » qui entrave l’usage de la raison. Sur ce dernier point, cela ne remet pas en cause l’immense courage de nombreux intellectuels musulmans qui tentent de réintroduire l’usage de la « raison raisonnable » mais sans effet aucun sur la direction et le comportement des masses. Et dire et redire que si l’islam (sunnisme) est suffisamment protéiforme pour paraître divers, voire désuni, il n’y a entre l’islam et l’islamisme qu’une différence de degré et non de nature. […]

Lu sur le salonbeige

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Pape François : “sans la possibilité d’intégrer les migrants, mieux vaut ne pas les accueillir”

« Un peuple qui peut accueillir, mais qui n’a pas la possibilité d’intégrer, mieux vaut qu’il n’accueille pas. » C’est ainsi que le pape François a répondu à une question sur l’accueil des migrants lors de la conférence de presse qu’il a donnée dans l’avion qui le ramenait de Dublin à Rome, le 26 août 2018, après deux jours de voyage en Irlande pour la Rencontre mondiale des familles.

« Il ne s’agit pas d’accueillir à la ‘belle étoile’ », mais d’ « un accueil raisonnable », a affirmé le pape. « Et cela vaut pour toute l’Europe. » Il a parlé de « l’ouverture du cœur pour tous », de « l’intégration comme condition pour accueillir » ainsi que de « la prudence des gouvernants pour faire cela ».

Le pape François a aussi expliqué ce qu’arrive aux migrants « qui sont renvoyés et qui sont repris par les trafiquants » : on leur « inflige les tortures les plus sophistiquées ». « C’est pourquoi il faut bien, bien, bien réfléchir avant de les renvoyer… », ajoute-t-il.

Voici la traduction de Zenit.org :

Conférence de presse dans l’avion Dublin-Rome (5)

Stefania Falasca, “Avvenire” – Bonsoir, Saint-Père. Vous avez dit, aujourd’hui encore, que c’est toujours un défi d’accueillir le migrant et l’étranger. Hier justement, un événement douloureux a été résolu, celui du bateau « Diciotti ». Y a-t-il votre « patte » derrière cette solution ? Y a-t-il votre implication, votre intervention ?

Pape François – La patte, c’est celle du diable, pas la mienne ! [ils rient] La patte, c’est celle du diable…

Beaucoup voient un chantage fait à l’Europe avec la vie de ces personnes. Qu’en pensez-vous ?

Pape François – Accueillir les migrants est quelque chose d’antique comme la Bible. Dans le Deutéronome, dans les commandements, Dieu commande cela : accueillir le migrant, « l’étranger ». C’est quelque chose d’antique, qui est dans l’esprit de la Révélation divine et aussi dans l’esprit du christianisme. C’est un principe moral. J’en ai parlé, et puis j’ai vu qu’il fallait que j’explicite un peu plus, parce qu’il ne s’agit pas d’accueillir à la « belle étoile », non, mais un accueil raisonnable. Et cela vaut pour toute l’Europe. Quand me suis-je rendu compte de ce que doit être cet accueil raisonnable ? Quand il y a eu l’attentat à Zaventem [Belgique] : les jeunes, les combattants qui ont fait l’attentat à Zaventem étaient belges, mais fils d’immigrés non intégrés, ghettoïsés. C’est-à-dire qu’ils avaient été accueillis par le pays, mais laissés là, et ils ont créé un ghetto : ils n’ont pas été intégrés. C’est pourquoi j’ai souligné cela, c’est important. Ensuite, je l’ai rappelé, quand je suis allé en Suède – et dans un article, Franca [Giansoldati] a mentionné cela et comment j’ai explicité ma pensée – quand je suis allé en Suède, j’ai parlé de l’intégration et je le savais parce que, pendant la dictature en Argentine, de 1976 à 1983, beaucoup, beaucoup d’Argentins et aussi d’Uruguayens ont fui en Suède. Et là, le gouvernement les prenait aussitôt, leur faisait étudier la langue et leur donnait un travail, les intégrait. Au point que – et c’est une anecdote intéressante – la ministre qui est venue me saluer à mon départ à l’aéroport de Lund était la fille d’une Suédoise et d’un migrant africain ; mais ce migrant africain s’est intégré au point que sa fille est devenue ministre de ce pays. La Suède a été un modèle. Mais en ce moment, la Suède a commencé à avoir des difficultés : non pas parce qu’elle manquait de bonne volonté, mais parce qu’elle n’avait pas les possibilités d’intégration. C’est la raison pour laquelle la Suède s’est un peu fermée, a fait ce pas. Intégration. Et puis, j’ai parlé ici, lors d’une conférence de presse avec vous, de la vertu de prudence qui est la vertu du gouvernant, et j’ai parlé de la prudence des peuples sur le nombre et sur les possibilités : un peuple qui peut accueillir, mais qui n’a pas la possibilité d’intégrer, mieux vaut qu’il n’accueille pas. Là, c’est le problème de la prudence. Et je crois que c’est justement l’aspect douloureux du dialogue aujourd’hui dans l’Union européenne. Il faut continuer de parler : les solutions, on les trouve…

Que s’est-il passé avec le « Diciotti » ? Je n’y ai pas mis la patte. Celui qui a fait le travail avec le ministre de l’Intérieur, c’est le p. Aldo, le bon père Aldo, qui est celui qui suit l’œuvre de don Benzi, que les Italiens connaissent bien, qui travaillent pour la libération des prostituées, les femmes exploitées et tant d’autres choses… Et aussi la Conférence épiscopale italienne est intervenue, avec le cardinal Bassetti qui était ici, mais qui suivait par téléphone toute la médiation, et un des deux sous-secrétaires, Mgr Maffeis, négociait avec le ministre. Et je crois que l’Albanie est intervenue… Ont pris un certain nombre de migrants l’Albanie, l’Irlande et le Monténégro, je crois, je n’en suis pas sûr. Les autres, c’est la Conférence épiscopale qui les a pris en charge, je ne sais pas si c’est sous « le parapluie » du Vatican ou pas… je ne sais pas comment cela a été négocié ; mais ils vont au Centre « Mondo migliore », à Rocca di Papa, c’est là qu’ils seront accueillis. Je crois qu’ils sont plus de cent. Et là-bas, ils commenceront à étudier la langue et à faire le travail qui a été fait avec les migrants intégrés. J’ai eu une expérience très gratifiante. Quand je suis allé à l’Université Roma III, il y avaient des étudiants qui voulaient me poser des questions et j’ai vu une étudiante… « Je connais ce visage » : elle était venue avec moi parmi les treize personnes que j’avais ramenées de Lesbos. Cette fille était à l’université ! Pourquoi ? Parce que la Communauté Sant’Egidio, dès le lendemain de son arrivée, l’a emmenée à l’école, étudier : vas-y, vas-y… Et elle l’a intégrée au niveau universitaire. Voilà le travail avec les migrants. Il y a l’ouverture du cœur pour tous, souffrir ; et puis l’intégration comme condition pour accueillir ; et puis la prudence des gouvernants pour faire cela. J’ai vu, j’ai un film clandestin, ce qui arrive à ceux qui sont renvoyés et qui sont repris par les trafiquants : c’est horrible, ce qu’on fait aux hommes, aux femmes et aux enfants… on les end, mais aux hommes, on inflige les tortures les plus sophistiquées. Il y a quelqu’un là qui a été capable, un espion, de faire ce film que j’ai envoyé à mes deux sous-secrétaires pour les migrations. C’est pourquoi il faut bien, bien, bien réfléchir avant de les renvoyer…

Et puis, une dernière chose. Il y a ces migrants qui viennent ; mais il y en a d’autres qui sont trompés, à Fiumicino, ils sont trompés : « Non, nous te donnerons un travail…” On leur fait obtenir les cartes, à tous, et ils finissent comme des esclaves sur le trottoir, sous la menace des trafiquants de femmes…  C’est ainsi.

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

Source : Zenit.org

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En Afrique, l’immigration est un danger pour l’Eglise locale

« Aller en Europe, vivre en Europe, déserter l’Afrique est devenu une idéologie, une substance, malheureusement, nocive qui détruit les esprits, des plus fragiles aux plus aguerris comme celui des religieux » déclare à Fides le Père Donald Zagore, prêtre de la Société des Missions africaines.

« C’est triste, mais force est de reconnaître que la question de l’immigration en Europe ne concerne pas seulement nos sociétés civiles africaines, mais aussi nos nombreux diocèses et communautés religieuses. Ils sont nombreux ces prêtres, religieux et religieuses qui désertent le continent africain pour servir dans les pays européens et américains. L’immigration sous sa forme religieuse est un phénomène qui de plus en plus prend de l’ampleur sur notre continent » continue le missionnaire.

« Déjà en 2017, précisément le samedi 28 janvier 2017, S.Exc. Mgr Marcelin Yao Kouadio – actuel Evêque du Diocèse de Daloa – lors d’une de ses homélies dénonçait ce phénomène avec les cas de deux diocèses d’Afrique avec respectivement 25 et 53 prêtres dans la nature. S.Exc. Mgr Ignace Bessi Dogbo, président de la Conférence épiscopale de Côte-d’Ivoire, durant l’ouverture de l’Assemblée Plénière des évêques ivoiriens en Mai 2018 dénonçait le phénomène des prêtres « errants » (vagus en latin). Prêtres qui refusaient de rentrer en Afrique après leurs études ou une mission en Europe.

S.Exc. Mgr Dominique Lebrun, Archevêque de Rouen, ancien président du groupe de travail sur les « prêtres venus d’ailleurs » dans une interview a La Croix du 7 août a reconnu l’existence d’un tel phénomène.

Si les raisons d’un tel phénomène sont multiples, les raisons les plus classiques restent la quête du bien matériel et du prestige. Ils sont nombreux à fuir l’Afrique pour sa situation de misère et de précarité en vue des pays de la richesse et de l’abondance, «  pays ou coulent le lait et miel » Dt : 26 :9. A côté de la quête du bien matériel, il y a l’idéologie du prestige. C’est malheureux, mais beaucoup d’africains se croient supérieurs aux autres, surtout dans les milieux ecclésiastiques parce qu’ils vivent, travaillent ou étudient en Europe. Parfois, une affectation en Europe ou l’envoie aux études en Europe prend la forme de récompense et de positionnement sur base tribale. C’est dramatique de penser que l’être de l’africain semble avoir atteint la plénitude de sa réalisation quand il jouit désormais du prestige de l’Europe » indique le Père Zagore.

« Une telle conception reste un danger pour l’Eglise d’Afrique. Dans un premier, cette Eglise d’Afrique se déserte. Il y a sur le continent de nombreuses contrées qui restent sans pasteurs, par manque de prêtres. Dans un deuxième temps, les motivations pour les vocations deviennent de plus en plus malsaines. Devenir prêtre pour servir les pauvres dans le Christ pauvre n’a plus sa raison d’être. Ce qui a de la valeur reste la course effrénée aux biens matériels et à la gloire, qui entraînent au sein de nos églises d’Afrique des conflits et des divisions » poursuit le missionnaire.

« Des actions concrètes doivent être prises, dans nos diocèses, dans nos communautés religieuses pour freiner ce phénomène d’immigration religieuse. Cela passe tout d’abord par une prise de conscience collective face au danger que représente ce phénomène. Ensuite, il faudrait une attention assidue et rigoureuse des autorités ecclésiales face aux motivations vocationnelles et aussi aux affectations. Pour terminer, il faudrait le dire haut et fort, en citant S.Exc. Mgr Marcelin Kouadio : «  le sacerdoce et la vie religieuse ne doivent pas être un tremplin pour fuir l’Afrique parce qu’elle est pauvre » conclut le Père Zagore.

Source : Agence Fides  20/08/2018

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Immigration et charité chrétienne en accueillir moins pour les accueillir mieux

En janvier 2011, l’observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon organisait un journée d’étude intitulée Immigration et charité chrétienne.

Au cours de cette journée, le frère Romaric Morin a exposé la doctrine de l’Eglise sur la question de l’immigration. Cyril Brun pour sa part a brossé un tableau de la situation à l’époque. C’est au professeur Jacques Bichot qu’est revenu de prendre la question à bras le corps.

L’économiste catholique, expert en doctrine sociale de l’Eglise a ainsi argumenté son exposé : en accueillir moins pour les accueillir mieux.

Brèves

Aquarius : “Nous pouvons être plus généreux” assure Mgr Lebrun

Invité par RTL, Mgr Lebrun a salué l’effort de la France d’accueillir 60 immigrés sur les 255 recupérés en mer et pris en charge par Malte. Il a déclaré néanmoins qu’il attendait davantage de l’hexagone.

Ecouter l’interview

 

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Italie : un évêque propose de transformer les églises en mosquées pour aider les migrants

C’est une déclaration choc qui provient de Raffaele Nogaro, évêque italien bien connu pour sa défense totale des migrants et son opposition féroce à Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien issu de la Ligue. Selon cet évêque, habitué des déclarations et des actions en faveur des migrants, Matteo Salvini serait en opposition avec le message de Jésus. Des propos diffusés par AGI, l’une des principales agences de presse du pays.

Pour cet évêque italien, l’aide aux migrants devrait être inconditionnelle

Monseigneur Nogaro a une vision très particulière de l’aide aux migrants venus en Europe, très majoritairement pour des raisons économiques : « Moralement et en tant qu’homme de foi, je serais prêt à transformer les églises en mosquées si cela était utile à la cause et si cela permettait de sauver la vie des hommes et des femmes, pauvres et malheureux. Car le Christ ne est pas venu sur la terre pour construire des églises, mais pour aider les gens sans distinction de race, de religion ou de nationalité. »

Une vision radicale de sa religion, symbolique des crispations identitaires qui traversent l’Eglise. Dans le même article de l’AGI, on apprend par ailleurs que l’évêque a rencontré le pape François qui l’a notamment reconnu au milieu d’une foule de prélats en 2014, symbole de cet amour partagé des migrants par les deux hommes.

Un évêque italien prêt à transformer les églises en mosquées si cela permettait d'aider les migrants
Raffaele Nogaro, accompagné de deux migrants lors d’une manifestation en 2014

Entre Salvini et Nogaro, deux catholicismes ?

Il n’y a pas plus féroce opposant à Salvini que l’évêque Nogaro. Dans l’article de l’AGI, il s’attaque à lui de manière évidente : « Il y a des hommes politiques qui, dans leurs discours, continuent à prêcher les expulsions. Et, la pire chose est qu’ils font avec la couronne et le chapelet à la main et nommant le nom de Dieu en vain, un péché très grave. »

C’est une référence claire au ministre de l’Intérieur italien qui, dans son discours annuel aux membres de la Ligue, avait brandi un chapelet face à la foule.

Matteo Salvini avait ainsi déclaré : « Je pense que nous réussirons en combattant ici-bas mais également avec le soutien de ceux qui sont là-haut. Chacun d’entre nous le porte dans son cœur et je le porte encore plus dans le cœur, ce chapelet [il montre un chapelet, ndt] qui m’a été donné par un prêtre de banlieue, un prêtre de rue, un chapelet confectionné par une femme exploitée, par une de ces femmes qui croyait que l’Italie était un pays de cocagne, qu’en Italie il y avait des maisons et du travail pour tous ; et pour cette raison elle s’est déracinée de sa terre, Je ferai tout, pour mériter votre soutien, même le plus petit.  Cette femme, comme d’autre femmes était peut-être une femme nigériane mais elle aurait aussi pu être une femme italienne. Je ferai, nous ferons tout pour que chacun puisse naître, grandir, aller à l’école, se soigner, travailler et voir naître ses enfants dans son propre pays, sans être déraciné et envoyé de l’autre côté du monde. Pour que chacun soit heureux et fier de son pays. »

Des propos qui semblent donner tort à Raffaele Nogaro qui considère Salvini comme un homme politique si mauvais qu’il affirme presque de manière claire que les catholiques soutenant Salvini ne méritent pas la confession ! En effet, interrogé par un prêtre lui demandant si un paroissien soutenant Salvini pouvait se voir accorder l’absolution, l’évêque immigrationniste répondait de manière très dure. « Vous devez seulement lui dire : ‘Jésus-Christ dit certaines choses et Matteo Salvini dit le contraire. Vous décidez si vous pouvez accéder à ce sacrement.’ »

La tolérance sans limite pour les migrants, pas pour les 30 % d’Italiens qui ont une opinion favorable de la Ligue.

Crédit photo : Raffaele Nogaro, accompagné de deux migrants lors d’une manifestation en 2014, Alto Casertano-Matesino [CC BY 2.5], via Wikimedia Commons

Source : Breizh-Info.com

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Une délégation d’Eglises rencontre la présidence autrichienne de l’UE

Une délégation de représentants d’Églises autrichienne et européenne s’est réunie à Vienne le 23 juillet 2018 avec Karoline Edtstadler, secrétaire d’Etat aux Affaires intérieures du gouvernement autrichien, pour échanger sur les priorités de la présidence autrichienne du Conseil de l’UE.

Des réunions entre Eglises et présidence tournante de l’UE ont lieu régulièrement depuis plus de 20 ans, tel que l’article 17 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne le prévoit.

Les Églises d’Europe étaient représentées par le secrétaire général de l’épiscopat autrichien, père Peter Schipka, l’évêque de l’Église protestante luthérienne en Autriche, Mgr Michael Bünker, mais aussi frère Athanasius Buk, prêtre de la métropole grecque-orientale d’Autriche, Mgr Andrej Cilerdzic, évêque de l’Église orthodoxe serbe en Autriche, le révérend Sören Lenz, secrétaire exécutif de la Conférence des Eglises européennes, et enfin Michael Kuhn, secrétaire général adjoint de la Comece.

Équilibrer subsidiarité et solidarité

Tous ont préconisé ainsi de conserver « un équilibre constructif entre subsidiarité et solidarité » à l’échelle européenne.

Elles ont rappelé que la subsidiarité « ne signifiait pas seulement le retour des compétences aux États membres, mais aussi l’obligation de l’Union d’aider les États membres à atteindre des objectifs plus élevés en faveur du bien commun. »

Brexit et questions sociales

A propos du Brexit, les représentants d’Eglise ont souligné la nécessité d’éviter une frontière « dure » entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, « une frontière visible compromettant la réconciliation et la paix entre les deux côtés doivent être évités » ont déclaré les représentants de l’Eglise.

Les Eglises ont accordé une attention particulière à la question de la politique sociale de l’UE, proposant une Convention européenne pour une Europe sociale, pouvant inclure partenaires sociaux, organisations de la société civile, citoyens et Eglises.

« Pour une migration circulaire » 

En matière de politique de migration et d’asile, tous les participants ont convenu que « l’Europe avait besoin de migrants », présentant l’idée d’une « migration circulaire », qui devrait ouvrir des voies légales pour les travailleurs peu qualifiés selon les besoins des pays d’accueil. Ils ont critiqué « la criminalisation des migrants et le faible respect de leurs droits fondamentaux, et ont appelé à un traitement humain à chaque étape de leur voyage, y compris lorsqu’ils retournent dans leur pays d’origine », rappelant « le principe de non-refoulement des personnes ayant besoin de protection ».

La question de l’intégration européenne des Balkans occidentaux et celle du changement climatique en vue de la prochaine réunion de la COP 24 à Katowice (Pologne) en décembre, ont également été soulevées.

Tribunes et entretiens

Libres propos sur les murs et les ponts

La muraille de Chine et autres tracés de frontières attirent chaque année d’innombrables visiteurs. Au-delà de la prouesse architecturale et de leur beauté, ces ves- tiges transmettent une stratégie. Pour protéger leurs cités, pays ou empires, des envahisseurs, nos ancêtres édifiaient des murs. Notre époque, ayant opté pour les ponts du mondialisme, construit désormais des murs de verre ou de béton.

Les grandes civilisations ont-elles pu prospérer sans le soutien de remparts protecteurs ? Parmi les grands témoignages de la présence de l’homme sur cette terre légués par l’Histoire, les enceintes défensives occupent une place de premier choix, demeurant aujourd’hui encore des lieux de visite particulièrement appréciés. La muraille de Chine est classée parmi les sept merveilles du monde. Il paraît même qu’il s’agit de l’unique construction humaine visible depuis l’espace. Le voyageur qui traverse l’Angleterre pour se rendre en Écosse croise immanquablement sur sa route le fameux mur édifié par les légions romaines sur ordre de l’empereur Hadrien. Ces mêmes Romains construisirent un autre mur aux frontières de l’est, à l’initiative de Trajan cette fois-ci, dont il reste également de beaux vestiges. C’est ainsi que se maintint la pax romanaà l’intérieur des limes de l’Empire. D’autres murailles célèbres sont encore visibles aujourd’hui, comme celles de Constantinople, élevées et progressivement améliorées à partir de la création de la ville. Elles permirent à la cité de faire face aux invasions venues de l’est jusqu’en 1453, date de la prise de la ville par les Turcs, qui scella la disparition de l’Empire byzantin.

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Le fossé entre l’Eglise et le peuple sur l’immigration grandit en Italie

Benoît XVI avait rappelé qu’à côté du « droit à immigrer », il y avait le droit des Etats « de réglementer les flux migratoires et défendre leurs frontières ». Saint Jean-Paul II avait, en 1980, appelé devant l’UNESCO à tout faire pour protéger « cette souveraineté fondamentale que possède chaque Nation en vertu de sa propre culture ». François, quant à lui, est le pape de l’immigration, de « l’accueil » indiscriminé de tous, réfugiés et immigrants économiques, et de la promotion du multiculturalisme. Et cela se reflète dans les positions adoptées par l’Église italienne.

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