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Soirée Cap Mission le 19 décembre 2018 à Lyon (69)

Tu as entre 17 et 80 ans, et une envie de partir à l’aventure pour une mission de solidarité internationale ?
Cap mission t’informe et t’accompagne vers les organismes compétents pour vivre cette expérience unique !
Des anciens volontaires et bénévoles revenus de mission seront présents pour témoigner de leur expérience.

Les Petites Cantines s’occupent du dîner – Venez nous aider à cuisiner à partir de 17h30, une boisson gourmande vous attend :-) !

Repas à prix libre

Réservation au 04 26 64 79 24 ou vaise.lespetitescantines.org

Les Petites Cantines de Vaise
37 Rue Saint-Pierre de Vaise, 69009 Lyon
17h30 – 22h00

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

Le chrétien et la paix dans un monde hétérogène et instable – P. de Lauzun

Extrait d’une intervention lors des Rencontres internationales de l’Association internationale pour l’enseignement social chrétien (1er septembre 2018) de Pierre de Lauzun : 

Que dit le Compendium sur la communauté internationale et la paix ?

Le Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise, de 2005, est l’instrument idéal pour faire le point : largement composé de textes issus des enseignements pontificaux, il est officiel et représentatif des prises de parole du magistère sur ces questions, y compris dans une large mesure celui subséquent du pape François.

La paix en Dieu

L’idée première est que le fondement de la paix en Dieu. A partir d’un enseignement biblique montrant l’unité du genre humain et la diversité des peuples (N° 429 sqq.), le 488 rappelle que « la paix est avant tout un attribut essentiel de Dieu ». Et donc (493) « l’action pour la paix n’est jamais dissociée de l’annonce de l’Évangile, qui est précisément la ‘bonne nouvelle de la paix’ […] adressée à tous les hommes ». La dimension théologique est donc centrale : la seule vraie paix est celle que donne Dieu, et elle suppose de se tourner vers Lui. On pourrait en déduire que dans un monde comme le nôtre, où la foi est plutôt secondaire, la paix risque d’être élusive. Mais le Compendium ne va pas dans ce sens.

La paix entre les nations

Il s’agit de (433) « construire une vraie communauté internationale dont l’organisation doit tendre au véritable bien commun universel » ; or « l’unité de la famille humaine n’est encore pas réalisée, car elle est entravée par des idéologies matérialistes et nationalistes qui nient les valeurs dont est porteuse la personne considérée intégralement, dans toutes ses dimensions. ». Il y aurait donc une aspiration de fond (bien au-delà de la foi), mais entravée par des idéologies.

Son approche est d’abord morale et réaliste. Ainsi il considère au 434 que « la communauté internationale est une communauté juridique fondée sur la souveraineté de chaque État membre, sans liens de subordination qui nient ou limitent son indépendance ». Cela dit « la souveraineté nationale n’est toutefois pas un absolu. Les nations peuvent renoncer librement à l’exercice de certains de leurs droits en vue d’un objectif commun, avec la conscience de former une ‘famille’, où doivent régner la confiance et le soutien réciproques, ainsi que le respect mutuel ». Comment doivent alors s’organiser les rapports entre elles ? Par le droit et la morale. Au 436 : « pour réaliser et consolider un ordre international qui garantisse efficacement la coexistence pacifique entre les peuples, la même loi morale qui régit la vie des hommes doit également régler les rapports entre les États ». Et (437) « la réflexion juridique et théologique, ancrée dans le droit naturel, a formulé ‘des principes universels, qui sont antérieurs et supérieurs au droit interne des États’, comme l’unité du genre humain, l’égale dignité de chaque peuple, le refus de la guerre pour régler les différends, l’obligation de coopérer en vue du bien commun, l’exigence de respecter les engagements souscrits ».

Mais dans une deuxième temps le Compendium va sensiblement plus loin car il estime (439) que « de même qu’à l’intérieur des États (…) le système de la vengeance privée et des représailles a été remplacé par l’autorité de la loi, de même il est maintenant urgent qu’un semblable progrès soit réalisé dans la communauté internationale ». Cela va (441) jusqu’à « la nécessité d’instituer ‘une autorité publique universelle, reconnue par tous, qui jouisse d’une puissance efficace, susceptible d’assurer à tous la sécurité, le respect de la justice et la garantie des droits’ ». Sachant qu’il « est essentiel que cette autorité soit le fruit d’un accord et non d’une imposition, et qu’elle ne soit pas comprise comme ‘un super-État mondial’ », car « il n’appartient pas à l’autorité de la communauté mondiale de limiter l’action que les États exercent dans leur sphère propre, ni de se substituer à eux. » Subsidiaire donc, elle n’est pas imposée aux nations ; mais c’est une autorité, capable de décider et d’imposer ses décisions. Le propos ne donne pas une idée claire de ce que cela signifierait dans la pratique. Mais comme on le voit, on est passé ici à un niveau qui au moins dans l’état actuel des choses est clairement utopique.

En dehors de ce cadre juridique, il est rappelé que la paix (494) « n’est pas simplement l’absence de guerre ni même un équilibre stable entre des forces adverses, mais elle se fonde sur une conception correcte de la personne humaine et requiert l’édification d’un ordre selon la justice et la charité […] La paix est en danger quand l’homme se voit nier ce qui lui est dû en tant qu’homme, quand sa dignité n’est pas respectée et quand la coexistence n’est pas orientée vers le bien commun ». Pour cela « la défense et la promotion des droits de l’homme sont essentielles ». D’où l’idée que la cause principale des guerres est l’injustice, le non-respect des droits, fréquente dans les interventions pontificales, notamment du pape François. Pourtant s’il est clair que l’injustice est un facteur majeur de conflit, la corrélation entre de telles injustices préalables et les guerres n’est pas démontrée : il y a énormément d’injustices sans guerre, et bien des guerres ne sont pas liées directement d’abord à une injustice au sens précédent. Après tout, le péché existe aussi, et la volonté de puissance, l’avidité, la haine etc. Mais plus loin il est expliqué (498) : « la recherche des causes à l’origine d’une guerre est donc essentielle, surtout celles liées à des situations structurelles d’injustice, de misère, d’exploitation, sur lesquelles il faut intervenir dans le but de les éliminer : ‘C’est pourquoi l’autre nom de la paix est le développement’ ». Ce qui laisse penser que le développement, bien orienté, permettrait l’élimination de la violence et donc de la guerre. L’affirmation paraît pour le moins hardie.

L’échec de la paix : la guerre et la légitime défense

Du coup la violence est condamnée radicalement : (496) elle « ne constitue jamais une réponse juste […], est inacceptable comme solution aux problèmes, […] pas digne de l’homme […]. La violence détruit ce qu’elle prétend défendre : la dignité, la vie, la liberté des êtres humains ». Et donc « ceux qui renoncent à l’action violente et sanglante […] rendent témoignage à la charité évangélique ». En même temps, tout ceci vaut, dit le texte « pourvu que cela se fasse sans nuire aux droits et obligations des autres hommes et des sociétés ». Ce ‘pourvu’ est lourd de restrictions, car il implique qu’on puisse recourir à la violence pour faire respecter ces droits, au moins en dernier recours ; or on vient de dire que la cause principale des guerres est le non-respect des droits. L’apparente non-violence absolue est donc à nuancer.

Pourtant, le texte envisage ensuite l’élimination de la guerre. Au 497 la guerre « ne constitue jamais un moyen approprié pour résoudre les problèmes qui surgissent entre les nations […] car elle engendre des conflits nouveaux et plus complexes. ». Notamment à l’époque moderne, car (498) « la puissance terrifiante des moyens de destruction, […] ainsi que les relations toujours plus étroites existant entre les peuples de toute la terre, rendent la limitation des conséquences d’un conflit très ardue ou pratiquement impossible ». Ce qui incidemment ne va pas de soi (l’histoire contemporaine est riche de conflits restés locaux et qui ont été donc contrôlés).

Mais en même temps et à nouveau le texte permet aussi la possibilité de guerre dans certains cas. C’est d’abord le cas d’une guerre défensive (500) : « une guerre d’agression est intrinsèquement immorale. Dans le cas tragique où elle éclate, les responsables d’un État agressé ont le droit et le devoir d’organiser leur défense en utilisant notamment la force des armes. » Plus largement le texte estime que la force peut parfois être justifiée, et énumère les conditions : « pour être licite, l’usage de la force doit répondre à certaines conditions rigoureuses : que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain ; que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces ; que soient réunies les conditions sérieuses de succès ; que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. […] » C’est la « doctrine traditionnelle de la ‘guerre juste’ ». Et « l’appréciation de ces conditions de légitimité morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun ». Dans certaines conditions, on peut aller jusqu’à une guerre préventive, malgré les risques (501) : « seule une décision des organismes compétents, sur la base de vérifications rigoureuses et de motivations fondées, peut donner une légitimation internationale à l’usage de la force armée, en identifiant des situations déterminées comme une menace contre la paix et en autorisant une ingérence dans la sphère réservée d’un État ».

Que faire pour éviter la guerre (outre le développement et le respect des droits) ? Pour le 508 l’objectif est un « désarmement général, équilibré et contrôlé ». On retrouve donc ici la veine utopique. Même la dissuasion « appelle de sévères réserves morales ». « Les politiques de dissuasion nucléaire, typiques de la période de la guerre froide, doivent être remplacées par des mesures concrètes de désarmement, basées sur le dialogue et sur les négociations multilatérales ». Car (509) : « les armes de destruction de masse – biologiques, chimiques et nucléaires – représentent une menace particulièrement grave ». D’où l’importance de la non-prolifération des armes nucléaires.

Un équilibre instable ?

Comme on le voit, sur cette question, la Doctrine oscille entre deux tendances. D’un côté, le réalisme et le principe de subsidiarité la conduisent à reconnaître que la base de la vie commune internationale, ce sont les nations. On admet aussi que la vraie paix suppose une orientation appropriée, qui est loin de régner partout. Dès lors, l’usage de la force n’est pas totalement écarté, même s’il n’est admis que sous des conditions strictes. Cela paraît déboucher sur une attitude prudente et moralement responsable (réalisme moral).

Mais d’un autre côté, on observe une tendance à aspirer contre vents et marée à un type de rapports internationaux nouveau, fondés sur le désarmement et la résolution exclusivement pacifique des conflits. Et à envisager l’émergence d’une autorité internationale réellement capable d’imposer ses décisions. Au fond paraît-on dire le dilemme serait levé si l’humanité était unifiée sous une autorité unique, de façon pacifique, quoique dans le respect des nations ; le tout moyennant un degré suffisant de développement économique et de respect des droits de l’homme. En revanche, et malgré le préambule, il n’est pas mis de préalable religieux (conversion générale au Christ) : c’est l’humanité présente qui paraît pouvoir s’engager dans cette voie de la pacification généralisée. Entre le souhait de faire au mieux dans les circonstances que nous connaissons, par la conversion des uns et les efforts de tous, mais en admettant la dure réalité de certains conflits, et une utopie généreuse mais assez peu réaliste, dont les conditions de réalisation ne sont d’ailleurs pas décrites, le discours balance donc. Mais la tonalité du texte fait la part belle à une pure éthique de conviction. Si elle autorise de faire au mieux avec les réalités de notre temps, elle introduit en permanence l’idée que les actions réalistes même morales restent en deçà d’un idéal dont on laisse entendre qu’il serait réalisable moyennant la bonne volonté de tous. La mise en pratique de ces préceptes n’est donc pas aisée. L’exemple du Proche Orient et de la Palestine suffisent à nous le confirmer.

Autant donc les exigences morales posées par la Doctrine sont incontournables, autant le guidage pratique reste ambigu. Dans un monde comme le nôtre, fort peu spirituel, aussi marqué par le péché que les époques antérieures, et où la perspective d’une autorité internationale forte est utopique, il paraîtrait naturel d’en déduire que la tâche à accomplir sera de faire au mieux, avec prudence et dans un esprit de paix lucide, dans la mesure de nos moyens. C’est un aspect du texte. Mais il est loin de l’idéal posé par ailleurs…

La réalité de notre monde

En réalité, la recherche de la paix suppose au préalable une évaluation des données du problème : quelles sont les caractéristiques de notre monde et notamment de la situation internationale, aujourd’hui et dans l’avenir prévisible, et que peut-on y faire ? Or le monde dans lequel nous vivons réellement s’éloigne sensiblement de la trajectoire d’unification paisible sous-jacente aux aspirations utopiques qu’on vient d’évoquer, notamment au niveau des ‘autorités’ internationales, mais aussi de la culture commune. Ce monde (voir mon livre : Pierre de Lauzun Guide de survie dans un monde instable, hétérogène, non régulé Paris TerraMare 2018) de plus en plus interconnecté est, et de plus en plus :

- Un monde hétérogène, avec l’émergence de puissances nouvelles issues de contextes et de cultures très différents de la matrice européenne à laquelle nous sommes habitués, et plutôt plus divergentes malgré l’effet apparent de la mondialisation. Il suffit de rappeler ici l’émergence de puissances grandes et moyennes dont l’Asie est actuellement le théâtre ; même si le plein effet militaire, stratégique et diplomatique de cette émergence ne devrait se faire sentir que dans une génération au plus tôt. Mais il se fera sentir, de façon aujourd’hui peu prévisible et encore moins contrôlable.

- Un monde marqué par des crises déstabilisatrices qui se multiplient et s’amplifient plus qu’elles ne s’apaisent : finances, migrants, écologie, en sont des exemples évidents que je ne peux que citer ici, mais ils sont familiers à tous.

- Un monde faiblement et de moins en moins régulé, car la puissance encore dominante (les Etats-Unis), avec ses qualités et ses défauts, le sera de moins en moins, et les organisations internationales ne sauraient prendre le relais.

- Un monde idéologiquement appelé à être de moins en moins hégémonisé par la pensée politique occidentale actuellement encore prédominante – quoique de moins en moins (même si elle cherche à accroître son emprise en matière de mœurs, ou de style de vie) ; les cas de la Chine et du monde musulman en témoignent, mais l’émergence d’autres pays et civilisations, à un degré d’affirmation plus assuré qu’aujourd’hui, les y conduira également (l’Inde déjà par exemple).

- Un monde menacé dès lors dans un avenir non immédiat mais prévisible par une recrudescence de conflits, à basse intensité pour l’instant, mais qui ont toutes chances de connaître une intensité plus forte à terme, du fait de cette émergence de puissances multiples plus riches et mieux équipées – et moins contrôlées par une superpuissance ; ainsi que des nombreuses occasions de crises. Et faut-il le dire, les motifs de conflits ne manqueront pas, même en faisant abstraction des inégalités et injustices (qui ne paraissent pas en voie de résorption).

Dans ce monde hétérogène et instable enfin, le facteur national joue un rôle majeur voire croissant. A l’exception toutefois de l’Europe. Mais l’Europe est selon de multiples critères une aberration dans le paysage mondial (en bien ou en mal). La nation est en effet à notre époque et à vue humaine la seule communauté humaine organisée et légitime au niveau politique, le seul lieu de solidarité et d’identification structuré. Certes il se peut que dans ce rôle elle soit un jour dépassée, si elle n’est pas à la hauteur des défis nouveaux qui la menacent (mondialisation, inégalités et migrations). Mais cela a alors toutes chances de l’être par la recrudescence d’empires d’un nouveau type, car l’empire est la forme politique la plus adaptée à des sociétés hétérogènes. On l’a vu, le Compendium reconnaît ce rôle de la nation ; mais il est en même temps tiraillé par ses aspirations à la paix hic et nunc, notamment au moyen d’une Autorité internationale et d’un désarmement général.

La question de la paix

Une recherche patiente et non l’application d’une idéologie moralisante En tout cas, il paraît se déduire de tout ceci que la recherche de la paix sera plus que jamais une tâche difficile. Elle n’implique ni de rejeter la dimension nationale seul fondement des communautés politiques et seul facteur véritable de solidarité active entre les hommes ; ni d’abandonner la problématique de la guerre juste, dont on a vu encore la pertinence au Moyen Orient en 2003. En même temps elle pousse à rester conscient des limites de cette communauté de nations qu’est la scène internationale, et des risques que peuvent présenter tant le nationalisme que la passion idéologique, ou simplement la volonté de puissance, voire l’engrenage des affrontements. Mais cela ne doit pas conduire à se confier à un idéalisme naïf inspiré par une éthique de conviction désincarnée. Concrètement cette forme de paix qui est à notre portée suppose de prendre en compte la réalité des faits, et non pas de parachuter des jugements moraux et des analyses abstraites sur des situations humaines complexes. Il faut notamment souligner les effets pervers des emballements idéologiques occidentaux. On l’a vu à nouveau avec les printemps arabes. Le problème n’est pas qu’on cherche à aider les sociétés à évoluer dans un sens meilleur. Il est dans l’attitude idéologique qui plaque un schéma de lecture irréel sur d’autres sociétés qui peuvent facilement basculer dans une violence incontrôlée. Le plus difficile n’est pas d’affirmer le besoin de paix, car il est admis par la plupart, mais de discerner dans chaque situation comment l’assurer au mieux. Ce qui suppose d’envisager lucidement la possibilité qu’il existe des conflits, et d’en prendre en compte la logique, cela en vue même de la paix.

La quête précaire et lucide de la paix

De même pour l’idée de la paix par l’action d’une autorité internationale. En témoignent les difficultés apparues à l’occasion des opérations de ‘maintien de la paix’, menées sous l’égide de l’Onu. Ce qui frappe dans ces interventions, c’est le faible rôle propre de l’Onu. Dans la plupart des conflits elle n’a pas été capable d’agir. Outre la facilitation de négociations ou un rôle d’interposition, utiles à l’occasion mais limités, son rôle militaire direct a été rare, et il n’a été possible que quand la force principale a été fournie par les Etats-Unis ; c’était alors une intervention occidentale légitimée. En outre, même dans les cas rares où une guerre a été arrêtée, il arrive souvent qu’aucune vraie paix ne s’instaure. Ainsi entre Arabes et Israéliens ou en Corée. Le terme de ‘légalité internationale’ est donc trompeur, car la situation est très différente de ce qu’on appelle légalité à l’intérieur d’un Etat. L’Onu ne peut d’ailleurs prendre position que s’il y a majorité au Conseil de sécurité. Et surtout si aucun membre permanent ne s’y oppose. Dès lors elle est souvent paralysée ; et il est exclu qu’elle agisse contre une grande puissance. Et elle n’a pas par elle-même de moyens d’exécution, hors appui américain.

Mais pendant ce temps le risque de conflit subsiste. La paralysie de l’Onu ne doit pas enrayer toute possibilité de réaction face à une menace réelle. Autant la concertation dans ce cadre est à encourager, autant il est légitime, lorsqu’elle a été épuisée, qu’un pays prenne ses responsabilités si la situation le justifie. Ce qui suppose bien entendu que la guerre puisse être considérée ‘juste’.

Quelle solution peut-on alors envisager à la question de la paix ? Le Compendium lui-même le reconnait de fait : il est naïf de croire qu’à notre époque toute guerre est exclue, ou peut être limitée à un niveau local. Et donc même s’il va de soi qu’il faille éviter le plus possible et le cas échéant contrôler les guerres, il y a des guerres qui doivent être menées, parce qu’il n’y a pas d’autre solution. Se donner comme seul but l’élimination totale des guerres est utopique, et peut conduire à courir un risque plus élevé. Quant au droit, ce qu’on appelle droit en la matière est trop souvent incertain ou idéologique ; même quand il est défini, il ne comporte pas en lui-même de capacité à s’imposer. Cela ne veut pas dire qu’il faille y renoncer ; mais ses limites ne sont que trop évidentes. Il n’y a pas de légalité internationale nette et univoque ; il y a tout au plus des éléments de légalité. En d’autres termes l’harmonie et la cohabitation sont des objectifs moraux et respectables ; mais il faut les chercher pragmatiquement, sans se fixer sur la pierre philosophale d’une idéologie ou d’une utopie qui, loin de fournir une solution, peuvent créer ou aggraver les problèmes.

En définitive, la paix ne réside pas dans une formule politique comme la démocratisation, ni dans une légalité internationale appuyée ou non sur l’Onu, ni dans des aventures militaires à prétentions moralisantes, mais dans un travail patient et sans cesse menacé, fondé sur une analyse de la situation réelle. Sauf à accepter la paix très particulière que procure un empire, il faut rechercher un certain équilibre entre les pouvoirs, selon un modèle proche de celui du XVIIIe siècle. Il faut ensuite disposer de procédures de résolution des conflits, et c’est là qu’interviennent les institutions internationales malgré leurs limites.

Il faut enfin un esprit de paix, qui se cultive, et là on retrouve le Compendium. C’est le devoir de tout homme de bonne volonté – mais avec lucidité, et donc sans substituer arbitrairement un idéal utopique à la réalité des faits. En particulier, tant qu’apparaîtront des dirigeants sans scrupule, agressifs, tirant avantage du fait que les autres sont pacifiques, il faudra envisager, après épuisement des voies de paix, la possibilité d’un usage raisonné de la force militaire, notamment s’ils agressent les autres. Plus profondément, comme le note le Magistère, un véritable esprit de paix suppose la reconnaissance de valeurs morales objectives, universelles, indépendantes de tout dessein politique particulier, et dépassant le mirage dangereux des idéologies comme le simple jeu de règles de cohabitation. Ce qui est peu cohérent avec le relativisme qui nous domine. Sauf conversion générale, la Civilisation de l’Amour chère aux Papes contemporains n’est pas la tendance spontanée de notre époque (pas plus que des autres). Elle supposerait une véritable conversion, qui devrait être d’ordre spirituel, et donc ne se décrète pas : cela suppose la foi. En bonne logique pour le croyant la paix véritable suppose donc l’évangélisation. Nous retrouvons la première idée du Compendium, et la Bible. Mais nous en sommes loin…

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Festival International “Welcome to Paradise” du 5 au 12 août 2018 à l’Abbaye de Hautecombe (73)

Viens passer une semaine de vacances à l’Abbaye d’Hautecombe, lieu magnifique entre lac & montagne, avec 1500 jeunes du monde entier !
Tu pourras profiter d’un festival à la carte, pleins d’activités te sont proposées : plus de 30 sports, temps de prière, 40 conférences, temps forts, détente, … Il y a en a pour tous les goûts, que tu sois un fan d’aventures, un chrétien en recherche de Dieu, un jeune qui veut approfondir ses connaissances …

Viens regarder quelques images de l’année dernière pour te faire une idée de ce qui t’attend :

Tu trouveras toutes les informations sur notre site internet.

Des vacances à la carte avec des jeunes du monde entier où tu construis ta journée parmi plus de 50 propositions.

Chaque jour tu découvre, tu es surpris ! Grand témoins, concerts, parapente, ski nautique, temps spi, louange, prière

Plus d’informations sur le festival

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16e festival international du carillon jusqu’au 14 août 2018 à Perpignan (66)

Laurent Pie, président des Amis du Carillon de la cathédrale de Perpignan et directeur du festival international de Carillon a mené, mardi 3 juillet, une conférence de presse da la 16e édition de cette manifestation musicale au Café de la Poste, en centre ville, en présence de Monseigneur Turini Évêque de Perpignan-Elne et de Michel Pinell, adjoint au maire de Perpignan délégué à la culture.

Début d’été et déjà début des festivités. Et avec ces mois de juillet et août, les lots de festivals musicaux qui animent le centre ville de Perpignan. Celui du carillon, à portée internationale, entre cette année dans sa 16e édition avec un programme riche du 11 juillet au 14 août. Une série de six concerts en tout joués tous les mercredis soirs excepté le dernier un mardi, dans la période, depuis le carillon historique Amédée Bollée du colcher de Saint Jean le Vieux.

 

« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;
des chaînes d’or d’étoile à étoile et je danse. » 
Arthur Rimbaud

Cette citation festive et campanaire du poète Arthur Rimbaud marquera cette édition 2018.

Mercredi 11 juillet – 18 heures
Roy Lee (Canada) 
Roy Lee, avocat du gouvernement canadien, a étudié le carillon à l’Ecole Royale « Jef Denyn » de Malines. Il est carillonneur de l’Eglise communautaire métropolitaine de Toronto, membre actif de la Guilde des carillonneurs nord-américaine et un concertiste mondialement renommé.

Mercredi 18 juillet – 18 heures
Rachel Perfecto et Jakob De Vreese (Belgique) 
Rachel Perfecto et Jakob De Vreese sont les fondateurs et les musiciens du Sonata Duo. Ces deux carillonneurs, diplomés de l’Ecole Royale « Jef Denyn » de Malines, interprètent des pièces dans tous les styles musicaux, sans omettre le répertoire contemporain et la musique expérimentale.

Mercredi 25 juillet – 18 heures
Mathieu Daniel Polak (Pays-Bas) 
Mathieu Daniel Polak est carillonneur de l’Université Erasmus de Rotterdam et de la Ville de Spakenburg. Parallèlement, il est professeur au Centre néerlandais de carillon et un compositeur renommé. Pour ce concert, il créera sa dernière composition inspirée de la citation d’Arthur Rimbaud.

Mercredi 1er août – 18 heures
Pascaline Flamme (Belgique) 
Pascaline Flamme est organiste de formation. Elle a étudié successivement auprès de Michel Van den Bossche et Xavier Deprez. Parallèlement, elle a étudié le carillon auprès de Jean-Claude Molle. Depuis, elle est carillonneure de la Ville de Tournai et donne de nombreux concerts en Europe.

Mercredi 8 août – 18 heures
Franck Deleu (Belgique)
Franck Deleu, diplômé de l’Ecole Royale « Jef Denyn » de Malines, est licencié en Musicologie et en Histoire de l’art. Il a été successivement carillonneur des villes Courtrai, Menin et Iseghem avant d’être nommé au poste prestigieux du carillon de Bruges, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Mardi 14 août – 18 heures
Laura Marie Rueslåtten (Norvège) 
Laura Marie Rueslåtten, carillonneure de la Ville d’Oslo, est diplomée de l’Ecole scandinave de carillon. Elle s’intéresse à la musique expérimentale au travers de multiples formes d’art et compose pour le carillon en prenant en compte la spatialisation du son.

Trois anniversaires et une exposition

Afin de commémorer l’année 2018 qui est, pour le patrimoine campanaire de la ville, celle de plusieurs anniversaires : les 600 ans des cloches civiles de la Tour de l’Horloge, situées dans le campanile en fer forgé en façade de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, et les 140 ans du carillon historique Amédée Bollée de l’église de Saint-Jean-le-Vieux, mais également le centenaire de la fin de la Grande Guerre, l’association des amis du carillon a organisé une exposition sur ce thème et l’histoire campanaire de Perpignan au musée dela Casa Pairal du Castillet.
Au travers de pièces campanaires et de panneaux destinés aux adultes et aux enfants, l’exposition s’attache à faire découvrir un patrimoine méconnu.

(Source)

Conférences/Formations #NLH #NLQ

Guillaume de Saint Thierry : colloque international du 4 au 7 juin 2018 à Reims (51)

Dans le cadre des manifestations liées au 50ème anniversaire de la reprise de la vie monastique sur la colline du Mont d’Hor à Saint Thierry et 20 ans après le dernier colloque francophone consacré à Guillaume de Saint Thierry, un nouveau colloque international aura lieu du :

lundi 4 au jeudi 7 juin 2018
A la Maison saint Sixte 6, rue du Lieutenant Herduin à Reims (4-6 juin)
et au Monastère des Bénédictines de Saint Thierry (7 juin)

Sur le thème :

“Guillaume de Saint Thierry : histoire, théologie, spiritualité”

 

Abbé bénédictin de l’Abbaye de Saint Thierry au 12ème siècle, devenu cistercien à la fin de sa vie, grand ami de Saint Bernard de Clairvaux, il est né à Liège en 1075 et est décédé le 8 septembre 1148 à l’abbaye de Signy. Ce théologien et mystique du XIIème siècle fut un adversaire de la philosophie rationaliste médiévale.

Organisé par “Sources Chrétiennes” et l’Université de Reims, ce colloque se déroulera à la Maison diocésaine Saint Sixte (6, rue du Lieutenant Herduin à Reims) du 4 au juin et au Monastère des Bénédictines de Saint Thierry, le 7 juin. Excursions à la Chartreuse du Mont Dieu, à Charleville-Mézières et à Signy l’Abbaye. Un concert est également prévu au Monastère de Saint Thierry.

Ce colloque réunira des spécialistes internationaux de son œuvre et de l’histoire du XIIème siècle cistercien.

Organisateurs : Patrick Demouy (Université de Reims Champagne-Ardenne) et Laurence Mellerin (Sources Chrétiennes, HiSoMA).

Si vous désirez participer à ce colloque, INSCRIPTION OBLIGATOIRE : http://www.sourceschretiennes.mom.fr/webform/inscription-colloque-guillaume-saint-thierry

Hébergement possible au Monastère de Saint Thierry : 20 € / nuitée + petit-déjeuner, dans la limite des places disponibles. Cet hébergement nécessite d’avoir un véhicule pour rejoindre Reims, car le monastère est à environ 25 mn en voiture de la Maison Saint-Sixte où se déroulent les deux première journées du colloque.

Contacter directement la Sœur hôtelière : hotellerie.st-thierry@wanadoo.frhttp://www.benedictines-ste-bathilde.fr/-Saint-Thierry-

Renseignements : laurence.mellerin@mom.frmh.morell@univ-reims.fr

 

Le rayonnement de Guillaume de Saint-Thierry, dans les Ardennes, en Champagne et en Belgique, mais aussi bien au-delà, n’est plus à démontrer : deux grands colloques ont déjà été organisés en France, respectivement en 1976 à Saint-Thierry et en 1998 à Signy, pour mieux découvrir, outre l’archéologie de ses lieux de vie, sa personnalité et sa théologie.

Depuis cette date, l’édition de ses œuvres a progressé, puisque nous disposons aujourd’hui de textes critiques de qualité dans le Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis ; des traductions dans les grandes langues européennes ont été réalisées. En français, la plupart des textes sont parus dans la collection “Sources Chrétiennes”, et l’édition de tous ceux qui manquent encore est actuellement en chantier, laissant envisager la mise à disposition des Œuvres complètes en français à l’horizon de 2020. De nombreuses études consacrées à Guillaume ont également vu le jour : citons entre autres, dans le seul domaine francophone, les études de M. Rougé, Doctrine et expérience de l’eucharistie (1999) ; de M. Desthieux, Désir de voir Dieu et amour chez Guillaume de Saint-Thierry (2006) ; de D. Cazes, La théologie sapientielle de Guillaume de Saint-Thierry (2009). Il est temps, vingt ans après le colloque de Signy, de faire le point sur les avancées réalisées, les zones d’ombre qui demeurent, et d’ainsi accompagner l’achèvement de la publication des œuvres.

La biographie de Guillaume est désormais mieux établie, mais il convient d’approfondir l’enquête en ce qui concerne ses années de formation, de Liège à l’abbaye Saint-Nicaise, et l’histoire des monastères bénédictins rémois au XIIème siècle. La publication en français des documents relatifs au chapitre de 1131 permettra de revenir plus précisément sur son rôle d’abbé bénédictin et ses ambitions réformatrices au sein de l’ordre des moines noirs.

Ses relations avec Bernard de Clairvaux méritent aussi d’être encore examinées : faut-il réévaluer la figure de Guillaume, conseiller théologique de l’ombre ? Dans la spiritualité cistercienne, on avait coutume d’opposer l’intellectuel Guillaume au docteur de l’amour Bernard. Grâce aux colloques récents consacrés à Saint Bernard, il convient d’affiner cette perspective, et aussi de situer Guillaume par rapport à l’« intellectuel » Isaac de l’Étoile. Dans l’histoire de la spiritualité cistercienne d’une manière générale, ne faudrait-il être plus prudent avec les appellations ?

Par ailleurs, le rapport de Guillaume aux écoles de son temps, et sa connaissance des méthodes et controverses nouvelles, laissent encore ouvertes bien des questions : la parution dans “Sources Chrétiennes” de la Disputatio, inédite en français jusqu’ici, sera l’occasion de les reprendre. Les études abélardiennes ayant également beaucoup évolué ces dernières années, il faudra relire les écrits polémiques de Guillaume à la lumière d’une connaissance renouvelée de son adversaire.

Ajoutons que l’on manque d’une vue synthétique sur l’utilisation de la Bible par Guillaume : l’analyse des données préparées sur l’ensemble de son œuvre pour Biblindex, index en ligne des citations bibliques dans la littérature patristique, la rendra possible, et le colloque examinera aussi tout spécialement le Commentaire sur l’Eître aux Romains récemment publié en français.

Enfin, le colloque fera aussi une place aux sujets plus usuellement traités, car leur richesse les rend inépuisables : les sources de la pensée de Guillaume, ses lectures ; sa spiritualité et en particulier son interprétation du Cantique ; la postérité de sa théologie et de sa mystique, … Une section pourra de nouveau être consacrée à la question de ses méthodes de travail.

La synthèse bibliographique réalisée par B. Pennington puis P. Verdeyen jusqu’en 1998 sera réactualisée : le projet d’un carnet de recherche en ligne, dédié à Guillaume, sera évoqué.

 

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Catéchèse du Pape Benoît XVI consacrée à Guillaume de Saint Thierry lors de l’Audience générale du 2 décembre 2009 :

Issu d’une famille noble, doté d’une vive intelligence et d’un amour inné pour l’étude, il fréquenta de célèbres écoles de l’époque, comme celle de sa ville natale et de Reims, en France. Il fut personnellement en contact avec Abélard, le maître qui appliquait la philosophie à la théologie de manière si particulière qu’il en suscitait bien des perplexités et des oppositions ; Guillaume lui-même exprima des réserves, demandant à son ami Bernard de prendre position par rapport à Abélard. Par ailleurs, en réponse à ce mystérieux et irrésistible appel de Dieu qu’est la vocation à la vie consacrée, Guillaume entra au monastère bénédictin de Saint-Nicaise à Reims en 1113, et quelques années plus tard devint abbé du monastère de Saint-Thierry, dans le même diocèse. C’était un temps où était largement ressentie l’exigence d’une purification et d’une rénovation de la vie monastique pour qu’elle redevienne plus authentiquement évangélique. Guillaume œuvra dans ce sens à l’intérieur de son propre monastère et, plus généralement, dans l’Ordre bénédictin. Mais il rencontra tellement de résistances à ses tentatives de réforme, que, en 1135, malgré les conseils contraires de son ami Bernard, il quitta l’abbaye et troqua l’habit noir des bénédictins pour l’habit blanc des cisterciens qu’il rejoignit à l’abbaye de Signy, toujours dans le même diocèse. À partir de ce moment jusqu’à sa mort en 1148, il allait se livrer à la contemplation priante des mystères de Dieu, depuis toujours objet de ses plus profonds désirs, et à la composition d’écrits de littérature spirituelle, importants dans l’histoire de la théologie monastique.

Une vocation radicale à l’amour

L’une de ses premières œuvres s’intitule De natura et dignitate amoris (« De la nature et dignité de l’amour »). Guillaume y exprime une de ses idées fondamentales, valable pour nous aussi : l’énergie principale qui anime l’esprit de l’homme est l’amour, dit-il. La nature humaine consiste, dans son essence la plus profonde, à aimer. En définitive, il n’y a qu’un seul devoir qui s’impose à tout être humain : apprendre à aimer, à aimer bien, sincèrement, authentiquement, gratuitement. Mais ce n’est qu’à l’école de Dieu que l’homme peut accomplir ce devoir et atteindre la fin pour laquelle il a été créé. Guillaume écrit en effet : « L’art des arts est l’art de l’amour […]. L’amour est suscité dans la nature par le Créateur. L’amour est une force de l’âme qui la conduit comme par un poids naturel au lieu et au but qui lui reviennent » (op. cit., 1 ; Patr. lat. 184, 379). Apprendre à aimer ne se fait que tout au long d’un cheminement exigeant, que Guillaume articule en quatre étapes correspondant aux périodes de la vie de l’homme : l’enfance, la jeunesse, la maturité et la vieillesse. Sur cet itinéraire, une personne doit s’imposer une ascèse efficace, une stricte maîtrise de soi-même, afin d’éliminer toute affection désordonnée, toute concession à l’égoïsme, et d’unifier sa propre vie en Dieu, source, but et force de l’amour, jusqu’à atteindre le sommet de la vie spirituelle défini par Guillaume comme « sagesse ». À la fin de cet itinéraire ascétique, on fait l’expérience d’une grande sérénité et douceur. Toutes les facultés de l’homme, intelligence, volonté et sensibilité, se reposent alors en Dieu, connu et aimé dans le Christ.

Dans d’autres œuvres encore, Guillaume parle de cette vocation radicale à l’amour pour Dieu qui constitue le secret d’une vie réussie et heureuse et qu’il décrit comme un désir incessant et toujours croissant, que Dieu lui-même inspire au cœur de l’homme. Dans une méditation, il dit que l’objet de cet amour est l’Amour, avec un A majuscule, c’est-à-dire Dieu. C’est lui qui, en retour, se répand dans le cœur de celui qui l’aime, et le rend capable de le recevoir. Il se donne à satiété, et d’une manière telle que le désir n’est jamais amoindri par cette satiété. Cet élan d’amour est l’accomplissement de l’homme (De contemplando Deo 6, passim ; Sources chrét. 61bis, p. 76-83). Un fait est frappant : Guillaume, lorsqu’il parle de l’amour envers Dieu, accorde une grande importance à la dimension affective. Au fond, chers amis, notre cœur est fait de chair, et quand nous aimons Dieu, qui est l’Amour même, comment ne pas exprimer aussi dans cette relation avec le Seigneur ce qu’il y a de plus humain dans nos sentiments, comme la tendresse, la sensibilité, la délicatesse ? Le Seigneur lui-même, en se faisant homme, a voulu nous aimer avec un cœur de chair !

On ne connaît Dieu qu’en l’aimant

Autre point encore. Selon Guillaume, l’amour a une autre propriété importante : il illumine l’intelligence et il permet de mieux connaître Dieu, et de manière plus profonde et en Dieu, les personnes et les événements. Si la connaissance qui procède des sens et de l’intelligence réduit la distance entre le sujet et l’objet, entre le moi et le toi, elle ne l’élimine pas pour autant. Au contraire, l’amour produit l’attraction et la communion, jusqu’à ce qu’il y ait une transformation et une assimilation entre le sujet qui aime et l’objet aimé. Cette réciprocité d’affection et de sympathie permet alors une connaissance bien plus profonde que celle opérée par la seule raison. Ainsi s’explique une expression célèbre de Guillaume : « Amor ipse intellectus est. Déjà en soi l’amour est principe de connaissance ». Chers amis, nous pouvons nous demander : n’est-ce pas ainsi qu’est notre vie ? N’est-il pas vrai que nous connaissons réellement seulement ceux et ce que nous aimons ? Sans une certaine sympathie on ne connaît personne ni rien ! Cela vaut par dessus tout pour la connaissance de Dieu et de ses mystères, qui surpassent la capacité de compréhension de notre intelligence : Dieu, on le connaît si on l’aime !

Guillaume de Saint-Thierry synthétisa sa pensée dans une longue lettre adressée aux chartreux voisins, ceux de Mont-Dieu, auprès de qui il s’était rendu pour une visite d’encouragement et de réconfort. Dès 1690, le savant moine bénédictin Jean Mabillon allait donner à cette lettre le titre significatif de Epistola aurea (« Lettre d’or ») ; et, en effet, les enseignements qui y sont donnés sur la vie spirituelle sont précieux à tous ceux qui désirent croître dans la communion avec Dieu, croître en sainteté. Dans ce traité, Guillaume propose un itinéraire en trois étapes. Il convient, dit-il, de passer de l’« homme animal » à l’« homme rationnel » pour s’approcher de l’« homme spirituel ». Que veut dire notre auteur avec ces trois expressions ? Pour débuter, par un acte d’obéissance et de confiance, une personne accepte la vision de la vie que lui inspire la foi. Puis, en un processus d’intériorisation où la raison et la volonté jouent un grand rôle, la foi dans le Christ est accueillie avec une conviction profonde, et l’homme fait l’expérience d’une correspondance harmonieuse entre, d’une part, ce qui est cru et espéré et, d’autre part, les aspirations les plus secrètes de son âme, de sa raison, de ses sentiments. On atteint alors la perfection de la vie spirituelle lorsque les réalités de la foi sont source de joie intime et de communion réelle et apaisante avec Dieu. On ne vit plus que dans l’amour et par l’amour. Guillaume trace cet itinéraire sur la base d’une vision solide de l’homme inspirée des anciens Pères grecs, spécialement d’Origène, lesquels, en un langage audacieux, avaient professé que la vocation de l’homme est de devenir comme Dieu, qui l’a créé à son image et à sa ressemblance. L’image de Dieu présente en l’homme l’entraîne vers la ressemblance, c’est-à-dire vers une identité toujours plus entière entre sa volonté et la volonté divine. On atteint cette perfection, que Guillaume appelle « unité d’esprit », non pas par un effort personnel, aussi pur et généreux soit-il, parce qu’une autre chose encore est nécessaire : cette perfection est atteinte sous l’action du Saint-Esprit qui fait sa demeure dans l’âme, purifie, absorbe et transforme en charité tout élan et tout désir d’amour présents en l’homme. Nous lisons dans l’Epistola aurea : « Il existe aussi une autre ressemblance avec Dieu, que l’on ne peut plus appeler ressemblance mais unité d’esprit, lorsque l’homme devient un avec Dieu, non seulement par l’unité d’un vouloir identique, mais par l’impossibilité de vouloir autrement. Par cela, l’homme mérite de devenir non pas Dieu mais ce que Dieu est : par grâce l’homme devient ce qu’est Dieu par nature » (Epistola aurea 262-263 ; Sources chrét. 223, p. 353-355).

Chers Frères et Sœurs, cet auteur, que l’on pourrait définir comme « Chantre de l’amour, de la charité », nous enseigne à faire dans notre vie le choix fondamental, celui qui donne sens et valeur à tous les autres choix ; aimer Dieu et, pour son amour, aimer notre prochain ; ainsi seulement pourrons-nous rencontrer la vraie joie, avant-goût de la béatitude éternelle. Mettons-nous donc à l’école des saints pour apprendre à aimer authentiquement et totalement, pour entrer dans cet itinéraire de notre être. Avec une jeune sainte, Docteur de l’Église, Thérèse de l’Enfant-Jésus, disons au Seigneur, nous aussi, que nous voulons vivre d’amour. C’est donc par une prière de cette sainte que je conclurai : « Ah ! Tu le sais, Divin Jésus, je t’aime. L’Esprit d’amour m’embrase de son feu ! C’est en t’aimant que j’attire le Père, mon faible cœur le garde sans retour. Ô Trinité ! Vous êtes prisonnière de mon Amour ! Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure, sans demander de salaire ici-bas. Ah ! sans compter je donne, étant bien sûre que lorsqu’on aime on ne calcule pas. Au Cœur divin, débordant de tendresse, j’ai tout donné … Légèrement je cours. Je n’ai plus rien que ma seule richesse : vivre d’Amour ».

Source La Croix

 

Télécharger le programme complet du colloque :

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Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

60e Pèlerinage Militaire International (PMI) -“Paix sur la Terre”- les 18 et 20 mai 2018 à Lourdes (65)

Le 60e Pèlerinage Militaire International (PMI) se tient à Lourdes du 18 au 20 mai 2018. Il aura pour thème : Pacem in Terris (Paix sur la Terre).

Le Pèlerinage Militaire International de Lourdes se veut un rassemblement pour la Paix. Evénement unique en son genre, il rassemble plus de quarante nations en uniforme. Son objectif : œuvrer et prier pour la paix.

Le tout premier Pèlerinage Militaire International a eu lieu en juin 1958. Il avait rassemblé 40 000 pèlerins de 11 pays. L’évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Théas, leur avait déclaré : “Malgré les différences de langues, de pays, de traditions, vous êtes tous frères !” A l’occasion du PMI 2017, le Pape François a pour sa part écrit aux participants : “En ces temps troublés, il est essentiel de se souvenir que la paix est un don que les hommes ne doivent jamais cesser de demander”.

La messe internationale du PMI 2018, dimanche 20 mai, sera retransmise en direct sur TV Lourdes, la webTV du Sanctuaire, à partir de 9h30. Unissons-nous à la prière des pèlerins du PMI : ensemble, avec la grâce de Dieu, devenons des bâtisseurs de Paix.

Dans quelques jours, vous pourrez vous associer à cette manifestation pour la paix en faisant déposer des rameaux d’olivier au pied de la Grotte.

Plus d’informations et inscriptions

NLH #NLQ #Rome

Lancement d’un concours international de vidéos et d’affiches pour la Journée mondiale des communications

Pour la première fois, SIGNIS (Association catholique mondiale pour la communication) et le Secrétariat pour la communication du Saint-Siège lancent ensemble un concours mondial d’affiches et de vidéos sur le thème de la 52ème Journée mondiale des communications, qui célébrée le 13 mai 2018 :

 

« La vérité vous rendra libres : fausses nouvelles et journalisme de paix »

 

Les participants sont encouragés à soumettre une vidéo ou une affiche sur ce thème. Les lauréats recevront une récompense financière, en plus d’une diffusion à portée mondiale.

« Nous encourageons les talents du monde entier à présenter leur travail à notre réseau mondial de médias catholiques, pour aborder ce sujet extrêmement important », a déclaré Helen Osman, présidente de SIGNIS, en annonçant le lancement du concours.

Nataša Govekar, directrice du département théologique et pastoral du Secrétariat pour la Communication du Vatican et sa liaison officielle avec SIGNIS, a expliqué que cette nouvelle initiative avait pour but d’encourager un dialogue international sur les « fake news ». « Nous espérons que cette compétition encouragera et motivera les fidèles, en particulier les jeunes, à contribuer de manière créative au thème des fausses nouvelles et à un journalisme de paix », a-t-elle expliqué.

Les inscriptions au concours doivent être complétées et soumises AU PLUS TARD LE 30 SEPTEMBRE 2018. Les gagnants seront avisés d’ici décembre 2018. Les affiches et vidéos seront diffusées dans le monde entier par les membres de SIGNIS, présents dans près de 90 pays à travers le monde.

Renseignements : signiscompetitions@gmail.comhttp://www.signis.net/nouvelles/evenements/…

Les détails des conditions d’entrée et des droits de propriété intellectuelle sont disponibles sur facebook : https://www.facebook.com/signiscompetitions/

Affiche à télécharger : http://www.signis.net/…

 

Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

Vendredi 4 mai : ouverture de l’édition 2018 du Festival international de Chant Grégorien de Watou (Belgique)

Le vendredi 4 mai prochain, l’édition 2018 du Festival International de Chant Grégorien de Watou débutera par une pré-ouverture, avec la participation de 4 ensembles, à Houtkerque en Flandre française à 3 km à peine de Watou.

L’église possède quelques très beaux retables et un orgue entièrement restauré. Didier Hennuyer, organiste titulaire de la cathédrale et de l’église Saint-François-de-Sales de Boulogne-sur-Mer, professeur d’orgue, viendra faire résonner ce magnifique instrument. C’est une belle façon de découvrir ainsi le petit village de Houtkerque. Après le concert, une rencontre est prévue dans la salle communale.

Ensuite, le Festival continue à Grimbergen, Poperinghe, Coxyde, Anvers, Bruxelles, Dunkerque, Wervik et Haringe pour déboucher pleinement à Watou dès le 10 mai.

Ces dix jours promettent d’être passionnants.

Comme vous le savez, le Festival est un événement qui se déroule tous les trois ans. Veillez donc à être bien présent en 2018.

Il est souhaitable de réserver ses places à l’avance.

Le concert du soir à l’église abbatiale de Grimbergen affiche déjà complet, 450 places ayant été réservées.

Signalons que pour le concert du 8 mai à la cathédrale de Bruxelles des places sont encore disponibles.

Le Festival offre une programmation particulièrement variée aussi bien pour les concerts que pour le déroulement de la liturgie.

Tant les compositions grégoriennes que les compositions qui ont été inspirées par le grégorien y seront programmées.

La psalmodie, chant de l’office monastique, occupe une place importante dans le  programme de Watou.

La psalmodie n’est pas la partie la plus facile du repertoire, mais bien la plus mystique.

Les laudes seront chantées quotidiennement à partir du jeudi 10 mai jusqu’au dimanche 13 mai.

Les vêpres seront aussi chantées à plusieurs reprises.

Le “Psalterium Project” sera  présenté en primeur pendant le Festival. Il s’agit de l’enregistrement par l’ensemble néerlandais ‘’ Hartkeriana”  des 150 psaumes,  réunis dans une boîte de 12 CDs.

À Watou, nous accueillerons le 10 mai, jour de l’Ascension, une délégation de 30 prêtres de Chine.

Le samedi 12 mai, Mgr Lode Aerts, évêque de Bruges, présidera la messe à 9h30. Elle sera chantée par non moins de 12 ensembles.

Il y aura tant de choses à vivre, mais comme dernier point, je voudrais attirer votre attention sur un événement unique, à savoir un drame liturgique du Moyen Âge, avec des dialogues chantés par 10 jeunes filles âgées de 12 à 18 ans, membres de l’ensemble vocal ‘’ Cantamare”  de La Haye. Il s’agit du jeu pascal “Visitatio sepulchri – La visite du tombeau “ , selon les manuscrits de l’abbaye féminine Sinte Marie à Rijnsburg (Pays-Bas) . On pourra assister à cette présentation soit à Wervik le jeudi 10 mai à 20h, soit à Watou le vendredi 11 mai à 16h30.

Vous trouverez plus d’informations sur le programme complet du Festival en consultant le  site www.festivalwatou.be

JPSC

(source)

NLQ #Sorties/Animations

Soirée Fidesco – L’happy hour de la mission – au Mans (72) : samedi 24 mars 2018

La mission humanitaire vous interpelle ? Vous avez envie de connaître Fidesco et de passer une bonne soirée ? Venez plonger dans l’univers de la mission pour cette première Fidesco’nexion au Mans.

Fidesco une ONG catholique qui envoie des volontaires de solidarité international (VSI) au service de l’Eglise et des plus pauvres. Les volontaires partent pour un ou deux ans (césure d’étude possible) pour apporter une compétences professionnelle précise en réponse à un besoin identifié localement.
www.fidesco.fr


FIDESCO est une ONG catholique qui envoie des volontaires pour mettre leurs compétences professionnelles au service de projets de développement :
http://www.fidesco-international.org/

Conférences/Formations #NLH #NLQ

Colloque international : “La disparition du corps : notre avenir est-il biotechnologique ?” les 22 et 23 mars 2018 à Toulouse (31)

Le succès des États Généraux de la Bioéthique montre que la modification artificielle du corps humain demeure un sujet d’attention essentiel pour nos contemporains.

Dans ce contexte, le développement fulgurant des biotechnologies questionne le pouvoir donné à chacun d’entre nous de nous (re)construire une nouvelle enveloppe charnelle. Ainsi, que va devenir notre identité corporelle reçue en héritage ? Va-t-elle disparaître au profit de masques technologiques ? Finalement, les médecins de demain seront-ils des ingénieurs ?​

L’ICT vous propose ce colloque international
les 22 et 23 mars 2018.

 

Programme

Entrée gratuite sur inscription, ici.

Institut Catholique – Salle TOLOSA
31 rue de la Fonderie à Toulouse