Culture #Doctrine / Formation

Que penser de l’Islam ?

 


Père Samir Khalil Samir

Jésuite et connaisseur de l’Islam de renommée internationale, le Père Samir Khalil Samir est un Égyptien copte qui vit à Beyrouth où il enseigne à l’université.

L’islam n’est pas une révélation de Dieu, mais une élaboration humaine à partir du donné révélé judéo-chrétien et de l’expérience de Mahomet ; il garde des traces de son origine mais quantité d’ajouts limitent l’accès à la vérité toute entière, sans toutefois empêcher les musulmans sincères de mener une vie pieuse et droite.

 

1. Comme pour tout phénomène humain, à la base, il y a une personne humaine. De même que le christianisme vient du Christ, qui est son fondateur, l’islam vient de Mahomet. Qui était-il vraiment ? Il y a beaucoup de questions posées par l’histoire, mais, selon la vision musulmane traditionnelle, Mahomet a eu, dans la grotte de Hirâ’ sise dans la montagne de La Mecque, une expérience spirituelle qui l’a conduit à affirmer ensuite fortement le monothéisme dans un milieu polythéiste. En savoir +

2. Si l’on juge l’islam aux critères de l’Évangile, il existe des éléments qui pourraient être inspirés par Dieu et d’autres qui ne peuvent pas être de Dieu. Ainsi tout acte de violence, d’injustice, d’inégalité ne peut pas être de projet divin. Je ne dirai pas « l’islam vient de Dieu », ni « c’est l’œuvre de Satan ». L’islam est l’œuvre d’un homme qui a fait une expérience spirituelle réelle, mais qui vivait en son temps, en bédouin, dans un contexte socioculturel particulier, fait de guerres et d’attaques de tribus contre tribus. En savoir +

3. Mahomet a conduit des hommes à prier et à adorer Dieu, il faut le reconnaître. Mais il a été aussi un chef de guerre et, à ce titre, il a mené environ soixante razzias qui l’ont conduit à tuer, faire tuer, piller, contraindre, réduire en esclavage : les musulmans ne le cachent pas. Ces aspects de violence, de peur, l’interdiction de se poser des questions et le manque de liberté sont de douloureuses atteintes aux droits des personnes et peuvent conduire à un totalitarisme. En savoir +

4. Aujourd’hui encore, cet héritage de Mahomet crée des ambiguïtés : Daesh se réclame de l’islam et par certains aspects leur attitude correspond à celle de Mahomet, même si elle s’en écarte par d’autres. Qui peut dire où est l’islam authentique ? Aujourd’hui l’islam fait peur, y compris à de nombreux musulmans, mais il leur est très difficile de l’exprimer, à cause de l’emprise globale de l’islam sur la société, sur les personnes et tous les aspects de leur vie. En savoir +

5. Les chrétiens croient au Christ et le reconnaissent comme l’aboutissement du cheminement de l’humanité vers Dieu : celui qui nous a permis de reconnaître en chaque être humain un frère, une sœur et de savoir qu’au-delà de la mort, il y a la vie en Dieu et avec lui. Ils pensent que le Christ doit être annoncé à tous, et aussi aux musulmans, parce que tout homme a le droit d’accéder

 

A la une #Dans le Monde #NLH #NLQ

Notre souffrance n’est qu’un prélude à celle des chrétiens d’Europe – Archevêque de Mossoul

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L’édito – L’accueil du migrant, un brûlot de diversion d’une guerre qui refuse de dire son nom

 

 

Il y a 104 ans maintenant que les catholiques célèbrent une journée spéciale du migrant et du réfugié, pour beaucoup dans l’indifférence générale. La plupart des fidèles n’en entendent parler que le jour J, parfois à l’occasion de l’homélie, ou plus souvent par un appel lancé en fin de messe, par des associations œuvrant pour l’aide aux migrants. Depuis le pontificat du pape François, ce thème est devenu une source de conflit et de lourdes tensions à l’intérieur du monde catholique. Entre l’excès de prudence et l’excès d’ouverture, le fidèle a bien du mal à se situer dans un contexte politique très particulier qui doit faire face à une situation migratoire gigantesque, mais surtout d’un type nouveau. Le pape, dans ses discours, oscille entre accueil massif et prudence, non sans certaines contradictions. Parlant souvent avec la spontanéité du cœur, il est quelque fois obligé de revenir sur ses paroles que les média se sont empressés de colporter et parfois déformer. Demeure que le souverain pontife s’est personnellement engagé dans ce combat en faveur des migrants, donnant une connotation très politique à ses discours. Si les catholiques avaient, jusque-là, fait profil bas sur d’autres sujets polémiques du pontificat, les déclarations du pape sur l’accueil des migrants ne passent pas pour la grande majorité des occidentaux, parmi lesquels commencent à se trouver des évêques. Tandis que les italiens sont vent debout contre les récentes déclarations de l’évêque de Rome, de nombreux fidèles se sont exprimés depuis longtemps sur le sujet, comme nous le retraçons dans notre dossier spécial migrants.

Quel est donc le problème ? Bien entendu le flot massif de réfugiés ne permet pas un accueil et moins encore une intégration correctes. Le nombre rend cela impossible. L’origine géographique crée des tensions propres au choc des cultures, mais surtout, la religion des migrants est, en elle-même, un problème. L’Islam ne veut pas s’intégrer et est entré dans une ère de conquête revendiquée, dont l’afflux de migrants, qui ne sont en rien des réfugiés, est une des armées rampantes. Aussi, poser la question en termes d’accueil du migrant ou du réfugié est un leurre. Bien entendu que le catholique a une culture de l’accueil par sa génétique charitable. Mais le fidèle est aussi appelé à défendre sa foi, sa culture, sa civilisation chrétienne. L’intervention de Marie à Lépante devrait suffire à nous convaincre. Et nous sommes actuellement face à cette problématique vitale, comme face aux francs-maçons, du reste. La dialectique du migrant est un brûlot de diversion, permettant à l’islam d’affermir ses positions sur notre propre sol. Nous ne sommes pas dans une dynamique d’accueil du réfugié, pour l’écrasante majorité des migrants, mais face à l’obligation de défendre notre foi et notre culture. On brandit l’horreur des guerres de religions pour calmer les catholiques, mais qui ne voit que nous sommes déjà entrés dans la première phase de cette guerre et que la seconde, armée et violente aura bien lieu si nous persistons dans cette dialectique  mortifère de l’accueil de personnes qui ne demandent nullement l’accueil, mais qui veulent la place ? Le christianisme ne perdra pas devant l’islam, c’est impossible car Dieu est pour son peuple, pour peu que le peuple se rappelle qu’il est son peuple. Méditer les heurs et malheurs du peuple hébreu, peuple à la nuque raide, pourrait susciter le sursaut salvifique qui nous fait aujourd’hui défaut. Accueillir suppose de discerner. Et le premier discernement, dans notre contexte mondial actuel porte bien sur les intentions des migrants, comme de ceux qui facilitent un tel mouvement. Faute d’une telle sagesse élémentaire, nous revivrons, à nos dépends, la prise et le massacre de Troie.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

Brèves

“Le seul problème religieux en France aujourd’hui et qui tue, c’est l’islam politique et l’islam radical” Nadine Moarano

Prenons conscience du réel et nous pourrons ensuite parler laïcité

Europe non francophone #NLQ

Quand la Vierge Marie retrouve sa cathédrale

Le 29 septembre 1238, après 18 mois de siège, les Musulmans qui occupaient Valence, en Espagne, capitulèrent devant le roi Jacques Ier d’Aragon, dit le Conquérant.

Le 9 octobre suivant, le roi fit procéder à la consécration de la grande mosquée qui avait été construite sur l’ancienne cathédrale wisigothique, qui fut ainsi rendue au culte catholique et dédiée à la Vierge Marie.

C’est en souvenir de cette journée du 9 octobre que se célèbre chaque année la fête aux « gloires valenciennes » (las Glorias valencianas). Un Te Deum y est chanté dans la cathédrale mais, depuis trois ans, les autorités municipales n’y assistent pas et n’entrent pas dans la cathédrale : célébrer la libération de la ville de la domination musulmane, qui plus est dans une cathédrale, ne leur convient pas…

Le cardinal Antonio Cañizares, archevêque de Valence, a présidé cette cérémonie et a précisé dans son homélie : « Nous célébrons avec une immense joie le rétablissement de la foi catholique à Valence, qui avait été éliminée de l’espace public sous la domination de l’envahisseur musulman. »

Découvrir plus sur mariedenazareth.com

Faire un don à l’association Marie de Nazareth

 

Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

Pèlerinage/conférences à Notre-Dame de Pontmain (53) du 16 au 18 février – “Supplique à Dieu pour le retour du Roi”

L’association universelle des amis de Jeanne d’Arc organise un pèlerinage à Notre-Dame de Pontmain du 16 au 18 février 2018. La date limite d’inscription est fixée au 25 décembre.

Informations : 06 80 72 72 77 / 01 60 77 19 51 / mairep@gmx.fr

Chèque à envoyer à l’ordre de l’Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc, 85 rue Petit, 75019 Paris.

NLH #Tribunes et entretiens

Le pape et les Rohingyas

Il y a quelques jours le Pape a demandé pardon aux Rohingyas au nom de tous ceux qui les ont persécutés et leur ont fait du mal.

Je me demande si les Rohingyas se sont satisfaits de cette demande de pardon… Est-ce que le pape avait demandé et obtenu la permission de faire, au nom des méchants Birmans, cette demande ? S’il ne l’avait pas obtenue, dans quels quiproquo, confusion et déception supplémentaires ne risque-t-il pas de les avoir plongés… Et surtout, toute demande de pardon, pour être sincère, implique une réparation à la mesure du préjudice.[1] Or, quelle réparation à la mesure des maux endurés le Pape a-t-il pu offrir aux Rohingyas ?[2] Enfin, n’a-t-il pas pris le risque que ― pour cette raison ―, son geste soit interprété comme un moyen de s’acheter à bon compte, et qui plus est sur le dos de ces malheureux, une réputation d’homme charitable ?

Plutôt que d’offrir une telle demande de pardon ― qui accusait en fait le peuple birman et de ce fait l’indisposait à l’égard de l’Église ―, n’aurait-il pas été préférable que François demandât aux Rohingyas de pardonner eux-mêmes à leurs persécuteurs ? Car Jésus ne commande pas seulement de demander pardon à notre prochain lorsque nous l’avons offensé (Mt 5.24), et de réparer pour autant que possible le mal commis (Lc 12.59 ; 19.8), mais encore de pardonner « du fond du cœur » à tous ceux qui nous ont offensés (Mt 18.35)… Est-ce que l’Évangile n’aurait pas alors retenti comme quelque chose de vraiment extraordinaire, surhumain, divin ? Voilà qui aurait été une magnifique leçon d’Évangile, un puissant acte d’évangélisation ! Et cette demande proprement évangélique, que personne n’aurait pu soupçonner inspirée par un autre esprit que celui de Jésus-Christ, aurait encore eu le pouvoir de mettre en évidence l’incapacité où sont les Rohingyas ― en tant que musulmans ― d’y répondre…  

 

 

 

En effet, l’islam trouvant sa gloire dans le rejet de la foi chrétienne ― seul péché qu’Allah ne peut pas pardonner (Coran 4.48) ―, rejette aussi le devoir de pardonner à ses ennemis : « Le talion s’applique à toutes choses sacrées. Donc, quiconque vous offense, offensez-le, à offense égale. (Coran 2.194) » ; « C’est dans le talion que se trouve votre salut, ô vous doués d’intelligence, ainsi atteindrez-vous à la piété !(Coran 2.179) ». 

Une telle demande aurait évité de nourrir l’esprit de victimisation dont raffolent les musulmans à travers le monde, et elle aurait ouvert les yeux de Rohingyas, et de tous, sur le malheur que constitue le fait d’être musulman… et ainsi une pierre de taille aurait été apportée à la résolution du problème des Rohingyas ! ! Le Pape aurait fait d’une pierre deux coups : d’un côté il aurait montré la vraie nature de l’Évangile, et de l’autre celle de l’islam… L’un ne peut aller sans l’autre pour évangéliser.

Malheureusement, le Pape a préféré continuer à laisser croire qu’être musulman n’était pas en soi un problème, que le problème vient des fondamentalistes qui existeraient «  dans toutes les ethnies et dans toutes les religions », en sorte que « nous aussi, les catholiques, nous en avons », comme s’il pouvait y avoir un quelconque point de ressemblance entre l’Évangile et le Coran ! «  Quelle union en effet entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Satan ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? (2 Co 6.14-16) »

Ce faisant François met sans doute en pratique l’enseignement qu’il a donné en matière d’évangélisation : ne pas chercher à «  convaincre mentalement, avec la raison et l’apologétique  », pour préférer escompter sur le travail de l’Esprit-Saint et le témoignage muet de l’évangélisateur… J’avoue ne pas voir comment cet enseignement s’harmonise avec celui des docteurs, apologètes et prédicateurs des temps passés[3], que le pape Paul VI résume ainsi : « Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés.  ».[4] Mais il est évident que si les Rohingyas, déjà, «  portent en eux le sel de Dieu  », on ne voit pas quel intérêt il y aurait à le leur apporter, ni même d’ailleurs ce que serait encore le sel de l’Évangile (Mt 5.13).

Abbé Guy Pagès

[1] « Ce devoir oblige en conscience. (Catéchisme de l’Église Catholique, n°2487, 2412) » ; «  Il est louable d’imposer une réparation pour la correction des vices et le maintien de la justice. (Idem, n°2302) ».

[2] Il est vrai qu’à Fatima où il est allé célébrer le centenaire des apparitions, il n’a pas fait non plus la moindre allusion au devoir de réparation, aspect pourtant essentiel des célestes apparitions… D’aucuns pourraient y voir une influence de Luther pour qui croire à la Réparation accomplie par le Christ suffit, sans qu’il soit besoin de mériter son pardon et son salut par de bonnes œuvres.

[3] Cf. Mt 11.1 ; 26.55 ; Mc 4.1 ; 6.34 ; Ac 4.2,10 ; 5.21,28,42 ; 13.38 ; 18.9 ; 28.28 ; 2 Tm 3.16…

[4][4] Evangelii Nuntiandi, n°22. A ce sujet, il n’est pas passé inaperçu  que dans ses discours officiels en Birmanie, François n’a pas une seule fois prononcé le saint nom de Jésus… mais que Aung San Suu Lyi, bouddhiste, a osé le faire, publiquement, devant lui…

 

 En savoir plus sur les Rohingyas :

 

 

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L’édito – Journée mondiale de la paix, il y a migrants et migrants….

 Le pape François vient de publier le traditionnel message pour la journée mondiale de la paix. Avec beaucoup de précautions, le pape semble vouloir apaiser les violentes réactions de ces dernières interventions. Il rappelle que, si l’accueil est un devoir, il faut le faire avec prudence et discernement. Tout en prenant acte du fait que « les migrations  globales caractériseront notre avenir », le Saint-Père distingue les réfugiés (22 millions) des migrants (250 millions). Si la question des réfugiés ne semble pas poser en soi de problème aux pays d’accueil, il n’en va pas de même des 230 millions que le pape range parmi les hommes et les femmes poussés loin de chez eux par « l’attrait d’une vie meilleure ».

Le pape François, soucieux tout autant du respect de la dignité des personnes que de l’ouverture spirituelle des peuples qu’il appelle à ne pas se refermer sur soi, n’envisage cependant pas (dans ce texte) les moyens de permettre à ces 230 millions de migrants (souvent dans des conditions humanitaires indignes) de rester chez eux. Non pas qu’il faille les parquer, ou nous parquer, nous occidentaux, derrières des murailles confortables, mais plutôt rendre la planète dans son ensemble « attirante ». Nous avons publié un dossier spécial sur cette épineuse question des migrants et nous laissons le lecteur s’y reporter pour la teneur du débat et des enjeux, tant humains que spirituels. Néanmoins, la vocation de l’Homme est-elle d’être un éternel déraciné, parce que le courant de l’Histoire tout à coup semble lui imposer cette destinée ?

Sans contester nullement les raisons et nécessités de l’accueil, sans non plus évoquer davantage cette impasse sur les solutions locales au développement, il est un point que le Saint-Père n’évoque pas et qui conditionne pourtant l’accueil. Il est évident que le pape ne peut, sans courir le risque de déclarer une guerre de religion ouverte, stigmatiser l’islam. Même si la nécessité d’intégrer, de respecter les traditions du pays d’accueils sont clairement présentes dans la pensée du Saint-Père, il ne faut pas ignorer que l’islam est entrée dans une phase offensive de sa nature conquérante et que les musulmans qui débarquent parmi ces millions de migrants ne sont pas là en quête d’une vie meilleure mais bel et bien de prise de possession du monde occidental. Ce qui change notablement la dimension d’accueil. Nier cette vérité est un suicide collectif… qui aura le mérite de nous réveiller par le martyre inévitable qui nous attend. Si nous sommes tenus d’accueillir l’étranger, nous ne sommes pas tenus de laisser l’invasion se propager sous couvert de charité. Rappelons-nous combien Dieu ne ménage pas son propre peuple qui se laisse submerger par les Baals étrangers.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

Brèves

Le pape décapité sur une affiche de propagande islamiste

Après avoir menacé le Vatican d’un bain de sang pour Noël, la Wafa Media Foundation(agence de propagande de l’État Islamique) vient de diffuser une affiche montrant le pape François décapité. Ce photomontage montre un djihadiste masqué tenant un couteau de la main droite et posant la gauche sur la tête décapitée du pape François, sur un fond de bâtiments en ruines et de véhicules transportant des djihadistes armés. Pour qu’aucun doute ne subsiste, un cartouche noir porte la légende « Jorge Maria Bergoglio ». Nous avons décidé de ne pas montrer cette affiche sur ce blogue, mais nous la tenons à la disposition de ceux qui nous en feront la demande ici.

Source Observatoire de la christianophobie

 

A la une #Tribunes et entretiens

Quand Jean-Paul II prophétisait l’invasion de l’Europe par l’Islam

L’Islam envahira l’Europe

L’extraordinaire vision prophétique de saint Jean-Paul II en 1993, rapportée par un intime

« Je vois l’Église du troisième millénaire tourmentée par un fléau mortel, il s’appelle islamisme. Ils envahiront l’Europe. J’ai vu les hordes arriver, de l’Occident à l’Orient : du Maroc à la Libye, de l’Egypte aux pays orientaux ».

C’est la vision impressionnante de saint Jean Paul II, jamais publiée auparavant.

Témoin de la confession qui devrait faire du bruit [?!!], Mgr Mauro Longhi, du presbytère de la Prélature de l’Opus Dei, très souvent en contact étroit avec le Pape polonais au cours de son long pontificat. Le monsignore originaire de Trieste a révélé l’épisode dans l’ermitage “Saints Pierre et Paul” de Bienno, à Val Camonica, lors d’une conférence organisée en mémoire de Jean-Paul II le 22 octobre, jour où l’Église célèbre la mémoire liturgique du saint.

Pour faire la clarté nécessaire et encadrer la vision prophétique de Karol Wojtyla telle qu’elle est rapportée par un prêtre au-dessus de tout soupçon (Mgr Longhi jouissait de l’estime personnelle non seulement de Jean-Paul II mais aussi de Benoît XVI, à tel point qu’il fut appelé en 1997 au Dicastère Vatican de la Congrégation du Clergé) quelques références géographiques et temporelles sont nécessaires.

De 1985 à 1995, le jeune économiste bocconien Mauro Longhi (qui sera ordonné prêtre en 1995) a accompagné et accueilli le Pape Wojtyla dans ses promenades à ski et en montagne. Régulièrement, quatre à cinq fois par an, pendant dix ans, et il l’a fait dans ce qui est aujourd’hui le siège estival du Séminaire international de la prélature de l’Opus Dei, mais qui était alors une simple maison de campagne pour ceux qui, dans l’Œuvre, voulaient se préparer à la prêtrise et à l’enseignement de la théologie. Nous sommes dans la province de l’Aquila, à quelque 800 mètres d’altitude, en direction du Piano delle Rocche …

« Le Saint-Père sortait de Rome en secret, dans une modeste voiture, accompagné par son secrétaire, Mgr Stanislaw Dziwisz et d’un ami polonais, et au péage de l’autoroute – le seul endroit où l’on pouvait le reconnaître – il faisait semblant de lire et mettait un journal devant son visage ».

Mgr Longhi entame ainsi un succession sans fin d’anecdotes savoureuses (souvent assorties – en pasteur scrupuleux qu’il est – d’explications théologiques appropriées).

Mais c’est sans aucun doute du Karol Wojtyla mystique que le monsignore a entretenu les auditeurs chanceux venus à Bienno ; celui que très peu connaissent, le grand protagoniste mystérieux et secret d’un des plus longs pontificats de l’Église. C’est le Pape que Mgr Longhi croisait la nuit dans la chapelle de la maison de montagne, agenouillé pendant des heures sur les bancs de bois inconfortables devant le Tabernacle. Et c’est le Pape dont, toujours la nuit, les habitants de la maison des Abruzzes, entendait le dialogue, parfois même animé, avec le Seigneur ou avec sa mère bien-aimée, la Vierge Marie.

Pour enquêter sur le Karol Wojtyla mystique (ce qu’Antonio Socci fit magistralement dans son ouvrage bien documenté “I Secreti di Karol Wojtyla“, publié en 2008), Mgr Longhi raconte ce que lui a confié Andrzej Deskur, un cardinal polonais dont Jean Paul II fut le compagnon de séminaire – celui clandestin de Cracovie -.

Deskur, pendant des années Président de la Commission Pontificale pour les Communications Sociales (1973-1984), peut sans doute se considérer comme le plus grand ami de Wojtyla, celui qui, pour soutenir le pontificat de son ami Lolek, s’est offert lui-même comme victime – acceptant la volonté divine avec l’AVC et la paralysie qui en découle – à l’intérieur de ce mystère profond qu’est le “remplacement vicaire” (ce sera précisément pour aller trouver à l’hôpital l’ami souffrant que le soir même de l’élection, Jean Paul II fera son incroyable première fugue clandestine du Vatican).

Voilà le récit de Mgr Longhi :

“Il a le don de la vision”, me confia Andrzej Deskur.

A quoi je lui ai demandé ce que cela signifiait.

“Il parle avec Dieu incarné, Jésus, il voit son visage et aussi le visage de sa mère”.

Depuis quand ?

“Depuis sa première messe le 2 novembre 1946, lors de l’élévation de l’hostie. C’était dans la crypte de la cathédrale Saint-Léonard de Wawel à Cracovie, c’est là qu’il célébra sa première messe, offerte en suffrage pour l’âme de son père”.

Mgr Longhi ajoute que le secret que lui a révélé le Cardinal Deskur – ces yeux de Dieu fixés sur Wojtyla chaque fois qu’il élève le calice et l’hostie – peut paradoxalement être deviné en lisant la dernière encyclique de Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia.

Là, au numéro 59 de la “Conclusion”, quand le pape polonais se souvient du moment de sa première messe, il finit par révéler lui-même le mystère qui l’a accompagné tout au long de sa vie :

« Mes yeux se sont fixés sur l’hostie et sur le calice dans lequel le temps et l’espace se sont en quelque sorte “contractés” et le drame du Golgotha s’est représenté, vivant, révélant sa mystérieuse “contemporanéité” ».

Parmi les nombreuses anecdotes racontées, cependant, l’épisode qui a le plus frappé le public de l’ermitage de Bienno, et qui s’inscrit dans le cadre de l’une des nombreuses promenades sur le Massif du Gran Sasso, est sans doute celui qui concerne l’Islam et l’Europe.

Mgr Longhi fait précéder les paroles du saint polonais – objectivement impressionnantes – d’un prologue très humain, à l’improviste parfois hilarant, composé de plaisanteries, de sandwiches échangés, de reproches théâtraux sur la publication hâtive de ce Catéchisme de l’Église catholique fortement désiré par Wojtyla (le fait de ne pas attendre l’editio typica en latin, fera en effet se greffer des erreurs auxquelles il faudra remédier avec des corrections précipitées).

A cette occasion, le Saint-Père et le monsignore, apparemment plus rapides que les autres, avaient distancé le groupe, dans lequel – comme toujours quand le Pape sortait de Rome – il y avait son secrétaire particulier, le très digne de confiance Stanislao Dziwisz, qu’en 2006 Benoît XVI a créé le cardinal et qui est aujourd’hui archevêque émérite du diocèse de Cracovie.

Ce passage de Mgr Longhi (avec la terrible vision mystique du Pape) doit donc être entièrement rapporté (la conférence est sur YouTube, à partir de la minute 48 il est possible de regarder le passage que nous rapportons).

Tous deux sont appuyés sur un rocher, ils se font face, mangent un sandwich et attendent l’arrivée du groupe.
Voici le récit textuel du monsignore :

« J’ai le regard posé sur lui, pensant qu’il avait peut-être besoin de quelque chose, mais il se rend compte que je le regarde, que sa main tremble, que c’est le début de la maladie de Parkinson. “Cher Mauro, c’est la vieillesse…”, et moi, tout de suite : “Mais non, Sainteté, vous êtes jeune !” Quand on le contredisait, dans certaines conversations familières, il devenait un fauve (une bête sauvage). “Ce n’est pas vrai ! Je dis que je suis vieux parce que je suis vieux !” »

Selon le monsignore, c’est précisément le passage du temps et les progrès de la maladie qui ont conduit le Pape polonais à ressentir le besoin impérieux de lui transmettre cette vision mystique.

Le prélat poursuit :

« C’est alors que Wojtyla change de ton et de voix et, me faisant partager l’une de ses visions nocturnes, et il me dit : “Rappelle-le à ceux que tu rencontreras dans l’Église du troisième millénaire. Je vois l’Église affligée d’une plaie mortelle. Plus profonde, plus douloureuse que celles de ce millénaire” – se référant à celles du communisme et du totalitarisme nazi -. “Elle se nomme l’islamisme. Ils envahiront l’Europe. J’ai vu les hordes venir de l’Occident vers l’Orient”, et il me fait une par une la description des pays : du Maroc à la Libye en passant par l’Egypte, et ainsi de suite jusqu’à la partie orientale. Le Saint-Père ajoute : “Ils envahiront l’Europe, l’Europe sera une cave, vieilles reliques, pénombre, toiles d’araignée. Souvenirs familiaux. Vous, Eglise du troisième millénaire, vous devrez contenir l’invasion. Mais pas avec des armes, les armes ne suffiront pas, avec votre foi vécue intégralement” ».

Voilà le témoignage précieux de quelqu’un qui, pendant des années, a été en contact étroit avec le Saint-Père et qui a concélébré avec lui à maintes reprises.

Inutile, ensuite, de souligner que la confession du Pape Wojtyla remonte à mars 1993, et qu’il y a 24 ans, le tableau social et les chiffres de la présence islamique en Europe étaient très différents.

Ce n’est peut-être pas un hasard si, dans l’exhortation apostolique de 2003, Ecclesia in Europa, aujourd’hui oubliée, Jean-Paul II parlait clairement d’une relation avec l’Islam qui devrait être « correcte », menée avec « prudence, dans la clarté des idées sur ses possibilités et ses limites », en étant conscient du « fossé notable entre la culture européenne, qui a de profondes racines chrétiennes, et la pensée musulmane » (n. 57). Bien qu’avec le langage propre à un document magistériel, par nature réservé, le Saint-Père semblait implorer l’instauration d’une connaissance « objective » de l’Islam (n. 54).

Un paradigme et une sensibilité, donc, clairs et sans équivoque, surtout si l’on considère un autre passage d’Ecclesia en Europe, celui dans lequel le Pape Wojtyla – après avoir stigmatisé « la frustration des chrétiens qui accueillent » et qui, au contraire, dans de nombreux pays islamiques, se voient refuser « l’exercice du culte chrétien » (n. 57) – parlant des flux migratoires, va même jusqu’à souhaiter une « ferme répression des abus » (n. 57).

Il faut prendre acte que nous sommes face à une lecture politiquement incorrecte du phénomène de l’islam par un Pape canonisé par l’Église catholique ; une lecture d’abord “prophétique” et ensuite magistériellele (il n’est pas difficile de supposer que la vision prophétique troublante de Jean-Paul II a influencé son écriture d’Ecclesia an Europa).

« L’islam nous envahira ». Peut-être le fait-il déjà. Tandis qu’inexorablement, la lumière sur l’Europe chrétienne s’éteint, réduite à une cave pleine de vieilles reliques et de toiles d’araignée. “Karol le Grand” a parlé, aujourd’hui plus encore il nous invite à résister à l’invasion par la foi vécue intégralement.

 

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