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Nigéria : “il y a un plan d’islamisation des régions chrétiennes”

« Il y a un programme clair, un plan pour islamiser toutes les régions à prédominance chrétienne dans la zone du centre du Nigeria appelée “Middle Belt” », déclare à  l’AED Mgr Wilfred Chikpa Anagbe, évêque du diocèse de Makurdi, au Nigeria.

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NLH #NLQ #Tribunes et entretiens

Un missionnaire témoigne : l’Indonésie est le théatre d’une islamisation rampante

L’Indonésie a été frappée par plusieurs attaques terroristes dimanche et lundi, notamment contre trois églises de Surabaya, dans l’Est de l’ile de Java ; des actes revendiqués par l’Etat islamique.

En février déjà, une attaque à l’épée avait eu à Yogyakarta, sur la même île de Java, contre un prêtre qui célébrait la messe. Ce dernier témoignait alors de son absence de surprise disant observer une montée progressive des tensions interconfessionnelles dans l’archipel, de plus en plus prégnantes avec les prochaines échéances électorales.

De fait, des élections régionales se tiendront en juin dans tout l’archipel indonésien, tandis que la présidentielle aura lieu en 2019. Le climat s’avère donc propice à la poussée de l’extrémisme religieux, dans un pays très majoritairement musulman. En 2017, l’incarcération de l’ancien gouverneur de Jakarta, un chrétien accusé de blasphème, avait par exemple illustré l’influence grandissante des islamistes.

Le père Paul Billaud, des Missions Etrangères de Paris, est à Bandar Lampung, dans le sud de l’île de Sumatra. Il vit depuis 40 ans en Indonésie, et affirme se sentir en sécurité. Il faut dire que la situation des chrétiens dans l’archipel est variable selon les régions. Il ne constate pour le moment aucune peur, mais témoigne d’une islamisation rampante de la société.

Entretien réalisé par Manuella Affejee

Source : Vatican News

 

Brèves

L’islam en Marche (en Europe)

L’islamisation de l’Europe est en marche, et devrait s’accélérer jusqu’en 2050, immigration ou pas. C’est ce qu’il ressort d’une étude menée par le Pew Research Center, une référence en matière de démographie et de religion.

 

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Islam catholicisme, même Dieu ?

Asie #NLQ

Bangladesh – Des manuels scolaires modifiés pour les rendre plus conformes à un contenu « islamiquement correct »

Au mois de janvier dernier, les manuels scolaires fraîchement imprimés par le ministère de l’Education ont été distribués dans les 20.000 écoles et madrasas du Bangladesh. Si les élèves n’ont rien remarqué à première vue, les enseignants ont néanmoins été prompts à découvrir des modifications inattendues. Sans concertation, le ministère de l’Education avait en effet procédé à des innovations arbitraires, notamment dans les manuels de littérature bengalie, en gommant certains aspects profanes au profit d’un référentiel islamique.

Depuis, et face aux protestations soulevées par ce changement mené en catimini, le gouvernement dirigé par le parti de la Ligue Awami a nommé une commission pour enquêter sur l’incident, mais il a refusé de confirmer que les manuels ont été modifiés sous la pression des milieux islamistes. Pourtant, en avril dernier, l’organisation Hefazat-e-Islam (‘Protecteurs de l’islam’) avait explicitement demandé aux autorités que les manuels scolaires présentent davantage l’image d’une identité islamique. Ses représentants ont exigé en particulier le retrait de 17 poèmes et récits écrits par des auteurs non musulmans et jugés « athées ». Le Hefazat-e-Islam a demandé par ailleurs l’application de la loi coranique de la charia et exigé une réforme du système éducatif, autant de demandes portées par d’importantes manifestations de rues à Dacca en 2013.

L’école, terrain d’affrontement entre « laïcs » et « religieux »

Dans le système éducatif du Bangladesh, pays de 163 millions d’habitants en grande majorité de confession musulmane, la religion est cantonnée à une discipline et à ses manuels, selon la confession des élèves ou l’affiliation religieuse des établissements. Bouddhistes, chrétiens et hindous ont donc leurs manuels religieux, tout comme leurs camarades musulmans. Mais dans les autres disciplines, les ouvrages scolaires se doivent d’être laïques. En 2014, pour contrer l’influence grandissante des musulmans radicaux au Bangladesh, le gouvernement avait même imposé ces principes éducatifs aux 10.000 madrasas (ou écoles coraniques) du pays, les obligeant à utiliser les manuels standards jusqu’à l’équivalent de la classe de quatrième, au collège.

Aujourd’hui, cependant, dix-sept textes écrits pas des non-musulmans ont disparu des pages des manuels de littérature destinés aux classes équivalentes à fin du primaire et aux classes du premier cycle du secondaire. « Les prochaines élections auront lieu en 2019, et de nombreux experts pensent que la Ligue Awami tente ainsi d’apaiser les islamistes pour gagner leurs votes », a commenté dans la presse locale Rasheda K. Choudhury, défenseure des droits de l’homme et experte dans le domaine éducatif. « Les activistes estiment qu’il s’agit d’un endoctrinement religieux, a-t-elle poursuivi. Je pense qu’il s’agit d’une forme d’empoisonnement. Je n’utiliserai pas le terme d’« islamisation » mais c’est indéniablement une mesure contre la laïcité. »

Les 17 textes supprimés ne sont pas les seuls changements apportés aux manuels scolaires. De petits détails ont été revus et corrigés. Par exemple, un récit de voyage a remplacé une visite dans le nord de l’Inde, dominé par les hindous, par un voyage sur le Nil, en Egypte. Les vêtements traditionnels d’une fillette ont été redessinés dans une version incarnant le code islamique.

Vive protestation des milieux intellectuels et de l’Eglise catholique

Les intellectuels ont immédiatement réagi et protesté, dans un climat qui reste sensible et meurtri par une vague d’attaques terroristes. En trois ans, une quarantaine de personnalités a été assassinée par des groupes islamistes. Intellectuels, blogueurs et membres de minorités étrangères et religieuses ont été ciblés. Les atrocités ont culminé le 1er juillet 2016, lors de l’attaque d’un café-restaurant de Dacca qui a fait 22 victimes, dont 18 étrangers.

Malgré un islam traditionnellement perçu comme modéré au Bangladesh, des changements radicaux s’opèrent peu à peu dans la société. L’influence des radicaux se propage. Par ailleurs, les minorités restent très vulnérables et le gouvernement de Sheikh Hasina est régulièrement accusé de ne pas les protéger suffisamment. D’après un rapport publié en janvier par le Bangladesh Hindu Buddhist Christian Unity Council, l’année 2016 comptabilise 1.471 incidents violents à l’encontre des minorités, contre 262 répertoriés en 2015.

Les représentants des minorités religieuses et des militants politiques ont exprimé leur désaccord face à la modification des manuels scolaires en organisant deux manifestations à Dacca à la fin du mois de janvier. Dans un pays où les chrétiens ne constituent guère plus de 0,5 % de la population, l’Eglise catholique du Bangladesh se sent particulièrement concernée puisqu’elle occupe une place importante dans le système éducatif. A la tête de plus de 300 établissements, elle prend en charge quelque 100 000 élèves, des non-chrétiens pour la plupart.

Cité par l’agence d’information Ucanews, Mgr Gervas Rozario, évêque de Rajshahi et président de la Commission ‘Justice et Paix’ de la Conférence épiscopale, a déclaré : « Cette façon d’apaiser l’idéologie radicale porte atteinte à l’engagement de la nation envers les valeurs laïques et démocratiques. » Pius Nanuar, un responsable éducatif au sein de la Caritas locale, a lui aussi réagi dans des propos rapporté par Ucanews : « Si le gouvernement soutient les demandes du Hefazat-e-Islam, il pourrait alors introduire dans le futur le port obligatoire du voile pour les filles et cela pourrait avoir des conséquences désastreuses pour notre pays. »

L’organisation Hefazat-e-Islam a déjà exprimé ses prochaines exigences éducatives ; elles visent à limiter la représentation picturale des êtres vivants et les exercices physiques pour les filles et les jeunes filles.

Fondé en 2010 comme un groupe de pression, le Hefazat-e-Islam s’était fait notamment connaître en 2013 par une demande en 13 points formulée au gouvernement ; au nombre des mesures revendiquées figurait la mise en place d’une législation contre le blasphème, semblable à celle en vigueur au Pakistan. Hérité du Code pénal mis en place par le colonisateur britannique en 1860, le droit local ne reconnaît qu’un délit relatif au fait de « blesser les sentiments religieux » ; mais depuis une loi sur les technologies de l’information, votée en 2013, il est interdit de publier sur Internet tout élément qui pourrait « nuire à l’ordre public et à la loi » et la diffamation envers les religions est nommément citée.

Source : Eglises d’Asie

Asie

Indonésie – Prise de position de l’Archevêque de Djakarta suite aux protestations musulmanes

La tension demeure élevée en Indonésie après l’imposante manifestation de groupes radicaux islamiques qui, le 4 novembre, ont porté dans les rues de Djakarta plus de 100.000 personnes demandant à ce que soit arrêté pour blasphème le gouverneur chrétien de Djakarta, Basuki Tjahaja Purnama, surnommé « Ahok ». Au cours des jours suivants, les évêques indonésiens ont tenu leur Assemblée générale sans ignorer le délicat moment politique que connaît la nation. Mgr Ignatius Suharyo, archevêque de Djakarta, affirme : « tous les évêques ont suivi les nouvelles relatives à la manifestation des groupes musulmans contre « Ahok », en espérant et en priant pour que la protestation ne soit pas trop vaste et surtout pour qu’elle demeure pacifique et non violente. Tous les évêques y tiennent et prient pour le bien commun de la nation ».
L’Eglise a remarqué qu’il n’est pas possible d’entrer sur le fond des décisions, politiques ou judiciaires, et qu’elle ne descend pas directement dans l’arène politique, mais qu’elle « a une position claire qui réaffirme la légalité et les droits inaliénables des citoyens ». « L’Etat doit avoir des règles déterminées en ce qui concerne les manifestations et les manifestants doivent s’en tenir aux normes » a relevé Mgr Suharyo, qui a voulu citer une métaphore sportive. « Comme dans un match de foot, tous les joueurs sont sur le terrain et jouent selon des règles connues. Ils ne peuvent utiliser les règles du volley, pas plus que celles de la boxe sur un terrain de foot » a-t-il déclaré. « Le terrain de foot est l’Etat unitaire de la République d’Indonésie, l’arbitre est la police, les règles du jeu sont notre Constitution ou nos lois » a expliqué l’archevêque, en réaffirmant que la boussole, dans cette situation, devait être « la légalité ».
Le père Benny Susetyo, actuellement Secrétaire du Conseil national du Setara Intitute for Democracy and Peace, centre d’études bien connu ayant son siège à Djakarta, a lui aussi remarqué que la manifestation « a commencé comme manifestation pacifique. Puis, elle a été instrumentalisée politiquement en fonction des intérêts de certains sujets ». De nombreux observateurs ont admis que le rassemblement a constitué une manœuvre politique, attendu que la campagne électorale relative à l’élection du nouveau gouverneur de Djakartaì, en février prochain, vient à peine de débuter.
Au cours du cortège, les militants ont crié « Nous voulons un gouverneur musulman », « Brûlez Ahok ! C’est un infidèle » alors que les deux plus importantes organisations islamiques indonésiennes, Nahdlatul Ulama (NU) et Muhammadiyah, ont exhorté publiquement à éviter la manifestation. Les protestations à l’encontre du gouverneur, accusé de blasphème, sont montées après qu’une partie de l’un de ses discours, dans lequel il avait cité un verset du coran, ait été téléchargée sur les réseaux sociaux par un musulman, Buni Yani, enseignant de communication, qui a admis par la suite l’avoir coupée, en en altérant la signification. 

Source : Agence Fides

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Indonésie – Marée blanche islamiste dans les rues de Djakarta

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé hier dans les rues de la capitale indonésienne, après la grande prière du vendredi, transformant les rues du centre de la mégapole asiatique en une mer blanche de longues tenues islamiques. Pas moins de 20 000 membres des forces de l’ordre et de l’armée étaient déployés pour assurer l’encadrement de la manifestation monstre à laquelle ont appelé plusieurs organisations musulmanes radicales contre le gouverneur chrétien, Basuki Tjahaja Purnama, accusé de blasphème.

Ce rassemblement souligne les contradictions du plus grand pays musulman du monde : l’Indonésie est un archipel peuplé de 250 millions d’habitants, dont 85 % de musulmans à la pratique traditionnellement modérée. Mais elle est victime à intervalles plus ou moins réguliers d’attentats djihadistes et sujette à des manifestations de fièvres radicales sur fond de réislamisation d’une part importante de la population.

La manifestation, qui a rassemblé 50 000 personnes selon la police, s’est terminée par de violents affrontements entre la police anti-émeute et des participants refusant de quitter les lieux. Selon la police indonésienne, citée par l’agence Associated Press, une personne est morte (possiblement par les effets des gaz lacrymogènes) et sept autres ont été blessées.

RÉACTIONS OUTRAGÉES

Les raisons du courroux des radicaux ? Le gouverneur Basuki Tjahaja Purnama, que tout le monde appelle par son diminutif d’« Ahok » a mentionné en septembre dernier un verset du Coran pour inciter les électeurs à ne pas se préoccuper de religion dans la perspective des prochaines élections aux gouvernorats, en février 2017. « Ahok » avait osé demander aux musulmans d’ignorer la sourate 51, ainsi libellée : « O les croyants ! Ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens. Ils sont les amis les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour amis devient un des leurs. »

Prononcée lors d’un voyage près de Java, la recommandation d’« Ahok » avait immédiatement déclenché de vives réactions : le Front des défenseurs de l’islam (Front Pembela Islam – FPI), une organisation radicale connue pour ses manifestations violentes et ses attaques contre les minorités, a estimé que le gouverneur avait blasphémé en diffamant le Coran. Le 14 octobre, à l’issue de la prière du vendredi, 10 000 de ses partisans ont manifesté devant la mosquée Istiqlal, au centre de Djakarta, pour demander la peine de mort à l’encontre de Basuki ‘Ahok’ Purnama. Quatre jours auparavant, le puissant Conseil des oulémas d’Indonésie (Majelis Ulama Indonesia – MUI), instance au statut semi-officiel, avait publié un décret assurant que le gouverneur avait « blasphémé ». Il avait été relayé par les extrémistes du Front des défenseurs de l’islam (FPI), dirigé par le bouillant Habib Rizieq Shihab, un radical éduqué en Arabie Saoudite. C’est lui qui a organisé la manifestation de vendredi à laquelle les deux grandes organisations islamiques du pays, la Muhammadiyah et la Nahdlatul Ulama, n’ont cependant pas appelé leurs membres à se joindre.

Les extrémistes du FPI ont un intérêt politique à poursuivre leur fronde contre le gouverneur : son éventuelle inculpation pour blasphème l’empêcherait évidemment de se représenter. Diverses organisations islamiques ont en effet déposé plainte à la police contre M. Purnama pour blasphème.

RÉISLAMISATION

Soucieux de s’attaquer aux difficultés des habitants de la gigantesque capitale de dix millions d’habitants – embouteillages, gestion des ordures ménagères, pauvreté –, le gouverneur Ahok, très populaire, est néanmoins “doublement handicapé” : il est chrétien (protestant) et appartient à la minorité chinoise.

Durant les massacres anticommunistes de 1965-1966 qui firent sans doute un demi-million de morts, plusieurs milliers de Chinois, soupçonnés de proximité avec la Chine maoïste, firent les frais des pogroms. La communauté chinoise, victime des stéréotypes classiques liés à leur richesse réelle ou supposée, est souvent perçue de manière négative par nombre de musulmans.

Quant aux chrétiens (10 % de la population), ils ont été les cibles ces dernières années de manifestations violentes organisées par le FPI ou par d’autres extrémistes. Même si la majorité de la population de confession musulmane ne se laisse pas entraîner vers l’intolérance, la réislamisation des classes moyennes après les années « laïques » des régimes de Sukarno (1945-1967) puis du dictateur Suharto (1967-1998), a fait évoluer l’archipel vers un certain conservatisme. Le port du voile pour les femmes, le jeûne du ramadan et les cinq prières quotidiennes, comportements qui étaient presque devenus marginaux, connaissent un regain de popularité.

L’instrumentalisation religieuse des questions politiques n’est cependant pas forcément la bonne recette : selon Ali Munhanif, chercheur au Centre pour l’étude de l’islam et la société (PPIM), cité vendredi sur le site Eglises d’Asie,

« cela fait un certain temps que des personnalités très en vue essaient de tirer parti des questions liées à l’appartenance ethnique, raciale ou religieuse, mais les violences sectaires ne se traduisent pas dans les urnes. Le fait est que de nombreux musulmans continuent de voter pour “Ahok” ».

Source : Le Monde et Eglises d’Asie