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Algérie : Les 19 martyrs de la décennie noire seront béatifiés le 8 décembre 2018 à Oran

Les évêques d’Algérie ont annoncé que la béatification des 19 martyrs d’Algérie, assassinés pendant la décennie noire, aura lieu le 8 décembre prochain, à Oran, en Algérie.

« La célébration de la béatification de Monseigneur Claverie et de ses 18 compagnons aura lieu le samedi 8 décembre 2018, Solennité mariale, au sanctuaire de Notre-Dame de Santa Cruz d’Oran », ont annoncé vendredi 14 septembre les évêques d’Algérie. Une béatification qui constitue « un élan et un appel pour bâtir ensemble un monde de paix et de fraternité ».

Introduite en 2005, la cause de béatification a débuté en 2007. Le 27 janvier dernier, le pape François a signé le décret de béatification de ces 19 religieux alors officiellement reconnus martyrs par l’Église catholique.

Assassinés pendant la « décennie noire »

Pour se préparer à cette célébration, la conférence épiscopale invite à se « remémorer toute la vie et l’œuvre de nos 19 frères et sœurs en Algérie en faveur des petits, des malades, des hommes, des femmes et des jeunes algériens ».

En Algérie, la « décennie noire » a fait plus de 200 000 victimes. Le Groupe Islamique Armé avait lancé le 30 octobre 1993 un ultimatum aux étrangers, leur donnant l’ordre de quitter le pays dans les 30 jours. Assassinés entre 1994 et 1996, les 19 martyrs sont des « intercesseurs et modèles de vie chrétienne, d’amitié et de fraternité, de rencontre et de dialogue » selon  la conférence épiscopale.

Dix-neuf « témoins de l’amour »

Vont ainsi être béatifiés :

– frère Henri Vergès et sœur Paul-Hélène Saint-Raymond, morts le 8 mai 1994 dans la petite bibliothèque qu’ils animaient dans la casbah d’Alger  ;

– sœur Esther et sœur Caridad, deux sœurs augustines missionnaires, assassinées le 23 octobre 1994, sur le chemin de la messe, à Bab El-Oued, un quartier populaire d’Alger, ;

– les pères Charles Deckers, Jean Chevillard, Alain Dieulangard et Christian Chessel, quatre pères blancs, tués chez eux à Tizi Ouzou, le 27 décembre 1994 ;

– sœur Angèle-Marie et sœur Bibiane, Sœurs de Notre-Dame des Apôtres, tuées le 3 septembre 1995 à Alger, en sortant de la messe ;

– sœur Odette Prévost, Petite Sœur du Sacré-Cœur, tuée le 10 novembre 1995, alors qu’elle se rendait à la messe ;

– sept Trappistes de l’abbaye de Tibhirine, Dom Christian de Chergé, les Frères Luc Dochier, Christophe Lebreton, Michel Fleury, Célestin Ringeard, Paul Favre-Miville et le père Bruno Lemarchand, enlevés dans des circonstances jamais éclaircies et assassinés, probablement dans la nuit du 21 mai 1996

– et Mgr Pierre Claverie, dominicain, évêque d’Oran, assassiné le 1er août 1996 avec son ami Mohamed Bouchikhi.

Pour Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran, interrogé lundi 17 septembre par RCF, la béatification commune de ces « témoins de l’amour » constitue « le témoignage d’une Eglise tout entière restée en solidarité avec un peuple auquel elle se sait envoyée ».

 

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Nigeria : « N’attendez pas que le génocide ait eu lieu pour intervenir ! »

Plus d’une centaine de personnes ont été tuées ces dernières semaines suite aux attaques de bergers nomades islamistes peuls contre les paysans, chrétiens en majorité. L’Église lance un énième appel pour dénoncer ces violences. Trois évêques du Nigeria témoignent de la situation à l’AED.

Mgr Amove Avenya

« Ne faites pas la même erreur que pour le génocide au Rwanda. Il a eu lieu au vu et au su de tous, mais personne ne l’a arrêté. Et nous savons comment ça s’est terminé ». C’est ce que déclare à l’AED Mgr Amove Avenya, évêque de Gboko, un diocèse qui se situe dans l’État à majorité chrétienne de Benue. Ce message est déjà le neuvième appel d’un évêque de la région centrale du Nigeria surnommée « Middle Belt », pour dénoncer les tensions préoccupantes qui existent avec les bergers islamistes peuls qui, ces dernières semaines, ont à nouveau attaqué la région de Jos – capitale de l’État de Plateau – où plus de 100 personnes sont mortes.

« Acte de purification ethnique contre les chrétiens »

Il y a toujours eu des conflits, parce que cela fait des siècles que le bétail des bergers peuls vient paître dans la région nigériane de la Middle Belt, et que les paysans locaux – pour la plupart des chrétiens – se plaignent que leurs récoltes sont sans cesse endommagées par les troupeaux. Il s’agit d’un phénomène qui était autrefois un problème de nature économique ou ethnique, mais qui commence à se transformer en un conflit également religieux.

Selon les données officielles, il y a eu 492 victimes dans l’État de Benue depuis le début de l’année. Mgr Avenya ajoute : « Ce sont des criminels et des terroristes. Mais ils ne font pas la même chose dans les territoires à majorité musulmane. Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’un acte de purification ethnique contre les chrétiens  ».

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En France #NLQ

Intrusion islamiste au carmel de Verdun

Les faits datent de vendredi dernier à l’heure des vêpres. Deux hommes ont été accueillis pour l’office et ont exhorté les sœurs à se convertir à l’Islam. Aucune violence physique n’a été perpétrée.

 

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Brèves

Pakistan – Des islamistes manifestent pour réclamer l’exécution d’Asia Bibi

 Exécution capitale pour Asia Bibi, la chrétienne condamnée à mort pour blasphème et en attente d’une décision de la Cour Suprême ; démission du Ministre de la Justice, Zahid Hamid ; libération de responsables religieux islamiques détenus : telles sont quelques-unes des requêtes avancées par les groupes islamiques radicaux Tehreek-i-Labbaik Ya Rasool Allah Pakistan et Sunni Tehreek qui ont, depuis des jours, lancé une protestation publique contre le gouvernement pakistanais dans les rues d’Islamabad. Selon ce qu’a appris l’Agence Fides, dans le prêche de vendredi dernier des imams proches des groupes radicaux, devant quelques 3.000 manifestants, ont été envisagés des attaques violentes, y compris contre les membres de la famille du Ministre de la Justice ou envers ceux qui sont accusés de blasphème. L’an dernier déjà, rappelle à Fides Maître Sardar Mushtaq Gill, avocat chrétien lui aussi victime de menaces, « quelques 150 chefs religieux radicaux avaient invité le gouvernement à exécuter Asia Bibi à l’occasion de l’audience relatif à son cas. L’extrémisme islamique se représente sur la scène politique » relève-t-il.

Au cours de ces jours derniers, la police a intimé aux activistes de libérer immédiatement l’Avenue Jinnah, grande artère d’Islamabad où les manifestants avaient organisé un rassemblement non autorisé.
Suite aux attaques terroristes enregistrées ces dernières années, les grandes assemblées publiques au Pakistan sont interdites par la loi. Les manifestants se sont alors transférés dans d’autres zones de la ville, dont un parc destiné à accueillir des protestations légitimes et pacifiques. La protestation a éclaté suite à la controverse dérivant de l’approbation de la loi électorale 2017, qui prévoit de modifier la formule de prestation de serment des candidats à des charges publiques. Dans une formule citant le prophète Mahomet, l’expression « je jure solennellement » devient « je crois » pour préserver la présence et le credo de candidats non musulmans. La controverse, à caractère spécifiquement politique, a été immédiatement prise par les groupes radicaux comme une offense à la religion islamique et au caractère islamique de la République du Pakistan. Aux vues de la présentation d’un recours devant la Haute Cour d’Islamabad, la mesure a été suspendue par la Cour.

 

Source Agence fides

Asie #NLQ

Philippines – La cathédrale de Marawi reprise aux islamistes par l’armée

Après trois mois de combats, les forces philippines ont libéré la cathédrale de Marawi, sur l’île de Mindanao, annonce l’antenne italianne de l’Aide à l’Église en détresse (AED) ce mardi 29 août 2017.

Le 23 mai dernier, le groupe islamiste Maute, affilié à l’État islamique, s’était emparé de Marawi et avait incendié la cathédrale. Les islamistes avaient également pris une quinzaine de catholiques en otage (parmi lesquels le vicaire général de la prélature apostolique, le père Teresito Suganob), dont le sort reste toujours incertain.

Si les combats se poursuivent, les soldats philippins ont réussi à reprendre plusieurs édifices au groupe Maute. L’AED évoque une vidéo faite par les militaires à l’emplacement de la cathédrale incendiée, qui montre des murs criblés de balles, des fragments d’icônes au sol et un autel gravement endommagé.

Dans une interview à l’AED, l’administrateur apostolique de la prélature de Marawi, Mgr Edwin de la Pena, indique que les catholiques locaux peuvent enfin penser au futur après trois mois de siège. « Plus que la cathédrale, il est important de restaurer la communauté chrétienne et les rapports avec les musulmans », souligne-t-il. Mgr Edwin de la Pena lance aussi un nouvel appel aux dons pour soutenir les réfugiés, quelle que soit leur croyance : « Quand nous effectuons notre mission, nous ne regardons pas la foi de celui qui est dans le besoin. Le Seigneur nous a enseigné que le Christ est en toute personne souffrante, quelle que soit sa religion. »

Il remercie notamment l’AED, qui a distribué des kits sanitaires et des biens de premières nécessité à 1500 des 400 000 déplacés le 8 août dernier.

 

Source Radio Vatican

Asie #NLQ

Inde – Une attaque contre les chrétiens toutes les 40 heures

Un récent rapport indique que les attaques violentes contre la minorité chrétienne en Inde augmentent à un rythme alarmant, les membres en faveur des groupes proches du parti nationaliste hindou s’efforçant de créer une « nation hindoue ». Il y aurait ainsi une attaque contre les chrétiens toutes les 40 heures, selon un rapport d’All India Christian Council.

« Les attaques sont devenues violentes et plus fréquentes. Les incidents étaient auparavant limités à quelques États mais la violence s’étend désormais sur vingt-trois États », note le rapport, soulignant que l’augmentation la plus forte a été enregistrée dans l’État de l’Uttar Pradesh et L’État de Telangana. Dans la liste des agressions, le rapport fait état de coups physiques, de vandalisme et d’incendies dans des églises, de bibles brulées, de menaces de mort, de conversions forcées ou encore de perturbation des services religieux et des réunions de prière.

« Le nouveau gouvernement hindou, au pouvoir depuis mai 2014 et dirigé par Narendra Modi, a entraîné une radicalisation de la société et une montée en puissance de l’hindouisme radical. Le mutisme des autorités face au climat d’intolérance et aux exactions contre les minorités encourage les hindouistes radicaux à s’en prendre violemment aux chrétiens, dans le contexte de débats sur l’adoption d’une loi anti-conversion au niveau national et de campagne « Ghar Vapsi » (ramener les chrétiens et les musulmans à l’hindouisme). La persécution violente envers les chrétiens continue de croître.  […]  Le nationalisme religieux reste le premier mécanisme de la persécution. De nombreuses organisations hindoues violentes s’en prennent aux chrétiens, qui sont aussi visés par les radicaux bouddhistes au Ladakh, par certains groupes extrémistes musulmans dans l’État de Jumma-et-Cachemire et par des Sikhs radicaux dans le Pendjab », explique l’association Portes Ouvertes sur son site.

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Indonésie – “Le principal perdant dans cette élection, c’est la diversité de ce pays”

Au lendemain des élections locales qui ont vu la défaite du gouverneur sortant à Djakarta, c’est l’éditorialiste du Jakarta Post qui l’affirme : après une campagne électorale de huit mois, qui a été « la plus sale »de l’histoire de la capitale indonésienne, « le principal perdant dans cette élection, c’est bien la diversité [ethnique et religieuse] de ce pays ». Un pays dont la devise nationale est Bhinneka Tunggal Ika, habituellement traduite par « L’unité dans la diversité » mais qui, en vieux javanais, signifie plutôt « (Bien que) divisée, elle est une ».

Dès que les résultats provisoires (les résultats définitifs seront prononcés le 5 mai prochain) ont été connus, le 19 avril, le vainqueur du second tour des élections pour le poste de gouverneur de Djakarta a tenu à apaiser le climat tendu d’une campagne marquée par la division et les tensions religieuses. « Notre attention porte sur la justice sociale et la fin des inégalités, et notre engagement est de protéger la diversité et l’unité », a ainsi affirmé Anies Badeswan, un ancien ministre de la Culture et de l’Education, qui se présentait contre Basuki Tjahaja Purnama, dit ‘Ahok’, le gouverneur sortant.

Une victoire aux dépens du pluralisme

Ahok était pourtant sorti en tête du premier tour, le 15 février dernier, avec 42,9 % des suffrages. L’avance sur son rival immédiat, Anies Baswedan, qui avait réuni 39,9 % des voix, était faible, mais les sondages laissaient entrevoir une possible victoire au second tour pour ce gouverneur proche du président de la République, Joko Widodo. Les sondages se sont lourdement trompés, Anies Baswedan et son co-listier remportant largement le scrutin avec plus de 57 % des suffrages.

Pour l’éditorialiste du Jakarta Post, l’utilisation à outrance d’une vidéo où le gouverneur sortant, un chrétien protestant d’origine chinoise, citait des versets du Coran afin de critiquer les radicaux qui instrumentalisent les sentiments religieux pour attaquer leurs opposants politiques, son exploitation lors d’un procès pour « blasphème », et la mobilisation des musulmans derrière des organisations radicales telles le Front des défenseurs de l’islam ont abouti à polariser l’élection sur la seule question de savoir s’il était permis à un musulman de voter pour un non-musulman. « A partir de là, les choses sont allées en empirant, écrit l’éditorialiste. Les musulmans ont commencé à soupçonner leurs voisins non musulmans. Les musulmans en sont même venus à se montrer suspicieux envers leurs coreligionnaires, à partir du moment où des affiches sont apparues appelant à ce que les partisans d’Ahok soient interdits de services funéraires conformes aux rites islamiques. » Après tout ce qui a été dit et tout ce qui a été fait, le verdict des urnes indique que désormais un candidat à une élection est jugé sur son appartenance religieuse plutôt que sur ce qu’il a fait ou propose de faire pour améliorer la vie des gens, déplore encore l’éditorialiste du principal quotidien anglophone de la capitale, qui ajoute que cette élection pourrait faire précédent et qu’il est à craindre que « dorénavant les hommes politiques jouent la carte de la religion et gagnent aux dépens du pluralisme ».

Parmi les chrétiens de la capitale, issus d’une minorité qui représente quelque 10 % de la population au niveau national, l’inquiétude le dispute à un certain fatalisme. Interrogé par l’agence Ucanews, Kevin Reiner Hidayat, 22 ans, catholique d’origine chinoise, déclare « ne pas pouvoir imaginer ce qu’il va arriver [aux Sino-Indonésiens] tant les radicaux qui ont soutenu Anies Baswedan ont multiplié les déclarations dirigées contre les Chinois ». Ayant elle aussi voté pour Ahok, une catholique, Retno Setyawati, 53 ans, se dit déçue de la défaite de son candidat, « un gouverneur qui avait su faire changer les choses concrètement pour le mieux dans la capitale ces quatre dernières années ». « Mais qu’est-ce que j’y peux ? Je dois bien accepter le verdict des urnes », ajoute-elle, tout en doutant que le nouveau gouverneur puisse faire aussi bien que le gouverneur sortant. « Je crains que [Anies Baswedan] ne prête trop l’oreille à ceux qui l’ont élu et que cela fasse le lit du radicalisme à Djakarta », précise-t-elle.

« Gouverneur, président »

A en juger par certaines réactions du côté du QG électoral d’Anies Baswedan, l’inquiétude pourrait gagner les Indonésiens d’origine chinoise ou appartenant à des minorités religieuses. « Aujourd’hui nous avons gagné les élections et nous avons battu un gouverneur chinois qui a longtemps été au pouvoir et qui ne nous a pas considérés en tant que musulmans. Désormais, nous serons plus en capacité de mettre en œuvre ce que nous voulons », affirmait ainsi devant les journalistes Mohammad Saleh, ancien officier de l’armée et leader autoproclamé d’une milice musulmane. «  Cela comprend donner la priorité aux Indonésiens sur les étrangers, y compris les Chinois. Pendant longtemps, ils nous ont dominés. Faisons en sorte maintenant de gagner les élections de 2019 », continuait ce militant.

De fait, après ces élections à Djakarta, où, par le passé, le poste de gouverneur a pu servir de marchepieds vers la présidence de la République, les partisans d’Anies Baswedan, une fois leur victoire acquise, ont rapidement entonné le slogan « Gouverneur, président ». Pour eux, la victoire de Baswedan doit être le prélude au succès, aux présidentielles de 2019, de Prabowo Subianto, ancien général et candidat battu aux présidentielles de 2014 par Joko Widodo.

Dans le discours qu’il a prononcé pour reconnaître sa défaite, Ahok, 50 ans, a appelé chacun à retourner au travail dans le calme. « Nous avons six mois avant l’inauguration du nouveau gouverneur [en octobre 2017] et nous allons finir notre travail. Nous espérons qu’à l’avenir tout le monde oubliera cette campagne électorale », a-t-il affirmé, en ajoutant qu’il comptait sur Anies Baswedan et son co-listier pour « poursuivre notre œuvre [au service des habitants de la capitale]  ». Ahok n’a pas pour autant annoncé son retrait de la vie politique : « A nos supporters, je dis que nous comprenons que vous êtes déçus, mais c’est ainsi parce que Dieu l’a décidé ainsi. En 2007, j’avais aussi perdu les élections et j’avais dit à mes soutiens : ‘Soyez patients, c’est la volonté de Dieu’. Et vous savez quoi ? En 2024, je peux redevenir gouverneur de Djakarta, on ne sait jamais ! »

Dans l’immédiat, le procès pour blasphème intenté contre Ahok a connu une nouvelle étape ce jeudi 20 avril. Les parties en présence devaient entendre le réquisitoire du ministère public. Estimant que les preuves étaient insuffisantes pour une condamnation au titre de la loi contre le blasphème (passible de cinq ans d’emprisonnement), le procureur a requis une peine de prison d’un an pour « harcèlement envers les oulémas » ; il a aussi demandé deux ans de « mise à l’épreuve », équivalent à une peine de sursis. Les avocats de la défense plaideront le 25 avril, avant un verdict attendu pour la mi-mai.

Source : Eglises d’Asie

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Indonésie – Les adversaires du gouverneur Ahok attisent les tensions religieuses

Le 19 avril prochain, les Indonésiens retournent aux urnes pour le deuxième tour des élections locales dans sept des trente-quatre provinces du pays ainsi que dans 76 districts et 18 municipalités. L’attention est concentrée sur la ville de Djakarta, où le candidat qui est sorti en tête à l’issue du premier tour du 15 février dernier fait face à des attaques répétées sur son appartenance religieuse. Selon bon nombre d’analystes locaux, ces élections, qui se jouent sur le terrain politico-religieux, viennent tester l’identité plurielle et démocratique de l’Indonésie post-Suharto.

Du premier tour, le gouverneur sortant, Basuki Tjahaja Purnama, plus connu sous le nom de « Ahok », est sorti en tête, avec 42,9 % des suffrages et une faible avance sur son rival immédiat, Anies Rasyid Baswedan, qui a réuni 39,9 % des voix. D’origine chinoise et de religion chrétienne, Ahok mène campagne alors qu’il est sous le coup d’une procédure judiciaire pour « insulte à la religion », un chef d’inculpation qui peut lui valoir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Après une déclaration en septembre dernier sur l’utilisation du Coran à des fins politiques, le gouverneur de Djakarta avait été attaqué en justice par le Front des défenseurs de l’islam, une organisation musulmane radicale bien connue pour sa volonté d’imposer une lecture rigoriste de l’islam au pays.

Musulman mais « infidèle » car allié à Ahok le chrétien

Tandis que la justice suit son cours (on ne s’attend pas à un verdict avant plusieurs semaines), la campagne électorale bat son plein. Et l’on constate que les partisans d’Anies Baswedan n’hésitent pas à user de la carte religieuse pour signifier aux musulmans l’impossibilité pour eux de voter pour un non-musulman. Le 11 mars dernier, des musulmans ont ainsi barré le passage à Djarot Saiful Hidayat, le co-listier d’Ahok. Musulman, ce dernier voulait se rendre dans une mosquée de Djakarta-Est pour y prier ; il s’est vu refuser l’accès au lieu de culte au prétexte qu’il était un « infidèle », du fait de son association politique avec le chrétien Ahok.

Sur les réseaux sociaux, devenus ces dernières années le principal moyen d’information des Indonésiens, des appels circulent pour que les imams interdisent de cérémonie funéraire les musulmans « qui votent pour un dirigeant infidèle ou blasphémateur ». Toujours sur les réseaux sociaux, des messages sont répandus pour dire que ceux qui votent pour un non-musulman n’auront pas accès au paradis.

La répétition de ce genre de messages semble faire son effet. Gouverneur populaire pour s’être attaqué de front à nombre de maux qui étouffent la capitale indonésienne (déficit de logements, insuffisance des infrastructures, corruption endémique, lutte contre les islamistes), Ahok est désormais en deuxième position dans les sondages. Selon Pollster Indonesian Survey Circle, le gouverneur sortant n’est plus crédité que de 40 % des intentions de vote, tandis que son adversaire Anies Baswedan recueille 49 % d’intentions de vote. Un autre sondage, réalisé par Indonesian Survey Institute, donne Ahok à 39,7 % et Baswedan à 46,3 %.

Instrumentalisation de la religion à des fins électoralistes

Selon Bonar Tigor Naipospos, du Setara Institute for Democracy and Peace, ONG qui milite pour les droits de l’homme et la liberté religieuse en Indonésie, la chute d’Ahok dans les sondages indique que la politisation de la religion « a pris racine » dans l’électorat musulman. « Instrumentaliser la religion est la seule manière que les rivaux d’Ahok ont de le battre car le bilan du gouverneur [élu vice-gouverneur en 2012, il est gouverneur de Djakarta depuis 2014] l’a rendu populaire auprès d’une majorité des habitants de la capitale », explique-t-il, ajoutant que bien que 65 % des habitants de la métropole se déclarent satisfaits de son action, ils disent aussi ne pas vouloir de lui pour un deuxième mandat du seul fait qu’il n’est pas musulman.

Pour Usep Ahyar, analyste politique au Populi Center, un think-tank local, il est clair que « de nombreux électeurs sont en train de perdre leur liberté de choix : la peur les domine et ils ne savent pas comment contrer la tactique mise en œuvre par des religieux et les groupes qui combattent Ahok ». Pour autant, l’influence des religieux sur le vote ne doit pas être surestimée, explique-t-il, ajoutant que tout se jouera dans le secret de l’isoloir.

En attendant le 19 avril et le verdict des urnes, face à la pression exercée via les réseaux sociaux, où les « fake news » le disputent aux informations vérifiées, relativement rares sont ceux qui se risquent à dénoncer l’instrumentalisation de la religion dans cette élection. Le P. Yohanes Kristoforus Tara, prêtre franciscain bien connu, anime le centre Justice, Peace and Integrity of Creation ; il dénonce la campagne des opposants à Ahok comme «  la plus ignominieuse des manœuvres politiques menée à des fins communautaristes ». Il fustige en particulier l’appel à interdire l’accès aux cérémonies funéraires. « Il faut rendre la religion à son essence. Rendre à la religion son pouvoir libérateur pour ses adeptes. Sanctuariser les lieux de culte. Et laisser les gens mourir en paix pour se préparer à faire face à Dieu », lance-t-il à l’intention des auteurs de ces manœuvres.

Ahmad Syafii Maarif est un intellectuel musulman reconnu en Indonésie. Président de 1998 à 2005 de la Muhammadiyah, l’une des deux plus importantes organisations musulmanes de masse d’Indonésie, il déplore la tournure prise par la campagne électorale et estime que la religion « est vendue à vil prix ». Il ne cache pas qu’il espère que près de vingt ans après la chute du dictateur Suharto (au pouvoir de 1966 à 1998), la maturité démocratique des électeurs fera qu’ils sauront, le 19 avril, faire la part des choses entre une instrumentalisation de l’islam par les milieux radicaux alliés pour la circonstance aux cercles conservateurs, et la défense d’une société démocratique au sein d’une nation diverse et plurielle.

Source : Eglises d’Asie

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Indonésie – Menaces des radicaux islamiques contre la construction de l’église Sainte Claire

Nous incendierons l’église si le chantier devait continuer“. C’est par cette menace que plus de 500 musulmans ont manifesté à Bekasi, vaste faubourg de la métropole de Djakarta, pour empêcher la construction de l’église catholique dédiée à Sainte Claire. Les manifestants affirment, au travers de slogans et de cris de protestation, que l’Eglise a violé la loi, en manipulant et en falsifiant la signature de citoyens qui soutiennent la construction de l’édifice de culte. Selon la législation en vigueur, qui varie de province à province, l’émission du permis de construire relatif à un temple, de quelque communauté religieuse que ce soit, requiert en Indonésie une demande publique signée par un nombre préétabli de croyants résidant dans la province intéressée.
Dans une note de la Paroisse Sainte Claire, les manifestants ont déclaré leur ferme opposition à la construction de l’église, menaçant de marcher contre le chantier et de l’incendier dans le cas où leur pétition serait ignorée.
En réponse aux requêtes des manifestants, le père Raymundus Sianipar, ofm cap, curé de la paroisse Sainte Claire, a expliqué que la paroisse a régulièrement demandé et obtenu le permis de construire, suivant de manière rigoureuse les prescriptions administratives. “La demande a été présentée voici 17 ans. Au cours de ces années, nous avons respecté toutes les caractéristiques et toutes les normes. Nous avons attendu patiemment en respectant la loi et en relevant les défis nécessaires”.
A propos du nombre des paroissiens, le Père Rasnius Pasaribu, secrétaire du Conseil pastoral paroissial, a expliqué que l’église dispose de quatre prêtres ayant cure de 9.422 âmes qui vivent même à une distance notable de l’église et qu’il est donc difficile de garantir un service pastoral adéquat. “Aujourd’hui – indique le père Pasaribu – la Messe dominicale est célébrée dans une salle improvisée pouvant accueillir 300 personnes alors que de nombreuses autres suivent la Messe depuis la rue. Lorsqu’il pleut, les personnes s’amassent dans la salle et sur les terrasses des maisons voisines”.
Après une vérification qui aura duré 17 ans, le maire de Bekasi, le musulman Rahmat Effendi, a émis le 28 juillet 2015 le permis de construire concernant l’église catholique Sainte Claire. “Nous avons rempli correctement tous les critères. Tout fait l’objet de documentation” déclare le Père Pasaribu, rejetant les affirmations relatives au fait que l’église en construction serait la plus grande d’Asie. “Le terrain à notre disposition n’a que 6.500 m2 de superficie et nous construisons actuellement un édifice de 1.500 m2, enrichi par des espaces verts extérieurs” explique le prêtre.
La communauté catholique n’est animée par aucune hostilité envers les résidents de Bekasi et “l’église constitue un lieu qui accueille toujours tout un chacun à bras ouverts”. “Nous sommes des frères, des concitoyens et des compatriotes” affirme le Père Pasaribu, en demandant aux résidents de faire preuve du même esprit d’accueil et de tolérance réciproque.
Le gouvernement de l’actuel Président indonésien, Joko Widodo, avait annoncé vouloir affronter la question des permis de construire destinés à des lieux de culte, en éliminant certaines restrictions établies par la norme de 2006 connue sous le nom de “Izin mendirikan bangunan”, qui réglemente la naissance et la restructuration des édifices de culte. Selon le décret actuellement en vigueur, tout projet pour être approuvé doit recueillir la signature d’au moins 99 fidèles et doit être soutenu par au moins 60 résidents de la zone, approuvés par le Chef du village. Au cours des ans, l’autorisation d’édifier ou de restaurer une chapelle ou une salle de prière est devenue une question cruciale, attirant les contestations des groupes islamiques radicaux, qui ont arbitrairement bloqué des projets déjà en cours ou à l’étude. 

Source : Agence Fides

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Sénégal : 2 ONG islamiques réclament un référendum sur la peine de mort

          En raison d’une série de meurtres ces dernières semaines (douze en un mois dont une élue locale), des voix s’élèvent au Sénégal pour réclamer le rétablissement de la peine de mort. La dernière exécution dans ce pays avait eu lieu en 1967 et la peine capitale avait été abolie le 10 décembre 2004.

         Les ONG islamiques sénégalaises Jamra et Mbagn Gacce suggèrent au président de la République, Macky Sall, la tenue d’un référendum sur la restauration de la peine de mort en vue de pouvoir faire face à l’ « insécurité et (à la) criminalité galopante » dans le pays. « A la lumière de la forte indignation des populations, largement perceptible à travers les « talk-shows » des médias, il y a fort à craindre qu’elles se hâteront de saisir cette opportunité pour exprimer, démocratiquement, leur impatience à faire changer la peur de camp ! », écrivent les deux ONG dans un communiqué conjoint.

Mais, ces positions passent très mal aux yeux de l’Église sénégalaise qui se réfère naturellement aux écrits de la Bible, et à la doctrine sociale de l’Église, pour rappeler son opposition de principe. « Je voudrais rappeler que dans la Bible Dieu dit tu ne tueras pas ; ça s’adresse à tout le monde  », a dit Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar, enseignant que « ce n’est pas en supprimant le meurtrier qu’on va faire revenir cette vie ».

Comme lui, les prêtres rencontrés sont sur la même logique. C’est le cas de l’aumônier de l’Université catholique de l’Afrique de l’ouest (Ucao) qui pense qu’il n’appartient pas aux hommes de mettre fin à la vie de quelqu’un. « Il faut mettre en avant la sacralité de la vie de la personne humaine. Elle ne nous appartient pas, a prêché le P.Marcel Ciss, qui estime que quelle que soit la douleur que le crime peut causer, nous devons nous référer aux dix commandements de Dieu dans lesquels on enseigne de ne point tuer ».

Selon lui, même s’il y a des fondamentalistes, nous devons mettre en avant notre foi, en référence à Jésus dans Mathieu 5, 38-39, enseignant ceci : « …Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre… ». Toutefois, même si elle ne peut pas être pour la peine de mort, l’Église s’en remet à la loi du pays qui sera chargé de juger les présumés fautifs, a-t-il poursuivi. Abondant dans le même sens, le Vicaire de la paroisse Notre Dame des anges de Ouakam pense que la solution est ailleurs et non dans la peine de mort. « Il faut surtout prier pour la reconversion de ces gens qui ont tué, a proclamé l’Abbé Jules Pascal Coly. D’autant plus que « la personne humaine a toujours une marge possible de se redresser », a ajouté Abbé Nicolas Biagui, Vicaire général du Diocèse de Ziguinchor. Mieux, poursuit-il, « le Sénégal est un pays ouvert sur le monde et il ne peut pas remettre cette forme pour régler des situations de comportements humains sociaux ».

Dans cette même idée, le Vicaire de la paroisse Notre dame des anges, l’Abbé Roger Gomis, directeur de la communication de l’archidiocèse de Dakar pense que « nous devons mettre l’accent sur l’éducation pour construire un modèle de société ». Parce que les sociétés mettent trop l’accent sur le matériel, oubliant qu’une société c’est d’abord des femmes et des hommes. Pour cette raison, l’archevêque pense que « la société doit se donner les moyens pour éradiquer de son sein toute violence, parce que tuer dans tous les cas, c’est un geste de violence ».

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