Tribunes et entretiens

Retour sur le docteur de Rochambeau : des attaques irrationnelles et illégales

e Docteur Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues, vient de déclarer qu’il refusait de pratiquer des avortements, au motif qu’il les considérait, en conscience, comme un homicide. Bien des journaux, tels que La Croix, toujours pertinent, indiquent qu’il aurait « comparé » l’avortement à un homicide ; mais il n’a pas dit cela. Il a dit que C’EST un homicide. J’y vois une preuve supplémentaire, de la part de ces « organes », de leur refus de regarder la vérité en face.

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Le président du syndicat des gynécologues considère l’IVG comme un homicide

Le président du Syndicat national des gynécologues a déclaré mardi dans “Quotidien” considérer l’avortement comme un homicide, soulevant les critiques d’associations.

“Prosélytisme” et “entrave à l’IVG” : le président du Syndicat national des gynécologues (Syngof), Bertrand de Rochambeau, est vivement critiqué par des militants féministes et laïques après avoir justifié son refus de pratiquer l’interruption volontaire de grossesse, qu’il considère comme un “homicide”. “Nous ne sommes pas là pour retirer des vies”, déclare Bertrand de Rochambeau dans un reportage diffusé mardi sur TMC.

“Un homicide”. Lorsque la journaliste de l’émission Quotidien lui objecte que “ce n’est pas un homicide de faire une IVG”, le président du Syngof répond : “Si, madame.” Avant d’ajouter, dans un autre extrait de cet entretien : “En tant que médecin, je ne suis pas forcé d’avoir votre opinion et, si je ne l’ai pas, la loi me protège et ma conscience aussi.”

“Entrave aux droits des femmes”. De fait, selon l’article L2212-8 du Code de la santé publique, “un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une IVG”, de même qu'”aucune sage-femme, aucun infirmier ou infirmière, aucun auxiliaire médical, quel qu’il soit, n’est tenu de concourir” à cet acte médical. En cas de refus, le médecin doit cependant “communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention”. “Scandaleux !”, a réagi sur Twitter la coprésidente du planning familial, Véronique Séhier, pour qui “la clause de conscience est une entrave aux droits des femmes et à leur santé”.

Séhier Véronique@verosehier

Scandaleux ! La clause de conscience sur l’ , c ‘est une entrave aux droits des femmes et à leur santé, et un vrai danger à terme pour ce droit fondamental. En Italie, +de 70 % des médecins refusent. Et les + précaires ? Et celles qui n’ont ni voiture ni argent ?@leplanning

Quotidien

@Qofficiel

« Nous ne sommes pas là pour retirer des vies. »

Le docteur Bertrand De Rochambeau est président du syndicat des gynécologues et il refuse de pratiquer des IVG. Il a accepté de répondre à @valentineoberti.#Quotidien

 


Le Collectif national pour les droits des femmes a pour sa part estimé, sur le même réseau social, que Bertrand de Rochambeau “fait ouvertement de la pub aux lobbys anti-IVG”. “Il s’agit de prosélytisme anti-IVG, ce qui de la part du président du Syngof est scandaleux !”, a protesté Christian Gaudray, président de l’Union des familles laïques (Ufal). Le rapporteur général de l’Observatoire de la Laïcité, Nicolas Cadène, a également souligné qu'”un refus d’un médecin ne peut s’accompagner d’une quelconque pression ou de prosélytisme religieux“.

“Ne pas retirer leur conscience aux médecins”. De son côté, le Syngof avait affirmé dans un communiqué début août que “ce n’est pas en retirant leur éthique et leur conscience aux médecins que la nation permettra un égal accès à l’avortement pour les françaises qui le demandent”. Ce syndicat revendique “1.600 adhérents à jour de cotisation”, soit moins d’un quart des 6.748 gynécologues recensés en 2017 par l’Ordre des médecins.

Des propos “fermement” condamnés par Buzyn et Schiappa. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et la secrétaire d’État à l’Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, ont condamné “fermement” mercredi les propos du président du Syngof.

🇫🇷 MarleneSchiappa

@MarleneSchiappa

Avec @agnesbuzyn, nous condamnons les propos du président du Syngof et sommes déterminées à défendre partout le droit à l’. Chaque femme doit pouvoir l’exercer en toute liberté.

 


“L’IVG est un droit trop souvent menacé pour lequel il convient de ne relâcher aucun effort”, affirment-elles dans un communiqué. “Si les médecins ont effectivement le droit de refuser de pratiquer un IVG, ils ont, en revanche, l’obligation d’orienter la patiente vers un autre praticien ou une structure qui répondront à sa demande”, rappellent-elles. “L’IVG doit être un droit réel (…). Rien ni personne ne doit l’entraver”, ajoute Agnès Buzyn. “Nous ne devons laisser passer aucune attaque (…) contre le droit des femmes à accéder librement à l’avortement”, insiste Marlène Schiappa.

Source : Europe 1

 

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France : des hôpitaux refusent de pratiquer des avortements

https://www.tf1.fr/tmc/quotidien-avec-yann-barthes/videos/france-hopitaux-refusent-de-pratiquer-ivg.html

 

 

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“Retirer la clause de conscience pour l’IVG, c’est contraindre les médecins à la pratiquer”

Depuis janvier 2018, le Centre le centre hospitalier du Bailleul de la Flèche ne pratique plus d’interventions volontaires de grossesse.

La sénatrice socialiste de la Sarthe, Nadine Grelet-Certenais, a jugé « intolérable que les femmes ne puissent pas exercer leur droit essentiel parce que des médecins, au mépris de l’accès aux soins, font valoir des réticences d’ordre personnel ou éthique ». Interpelée, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, « a promis un retour à la normale pour septembre ».

 

Cependant, la réaction de la sénatrice a suscité une prise de position du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof) qui, dans sa réponse, souligne que « la réalisation de l’avortement n’est pas un acte de soins ordinaire » et qu’elle « nécessite des médecins à qui la loi reconnaît le droit d’avoir une liberté de conscience ». Et le syndicat juge « intolérable » que cette liberté ne soit pas reconnue par la sénatrice : « Prétendre que les médecins ont le mépris de l’accès aux soins, alors qu’ils sont au contact direct avec la souffrance de leurs patientes, c’est ne pas connaître leur vie ».

 

Les gynécologues s’inquiètent des récentes remises en question de la clause de conscience spécifique liée à l’avortement : tout d’abord au cours des discussions sur la loi Santé de 2016, « dont plusieurs articles concernaient l’IVG », ensuite début 2017, quand le Haut Conseil à l’égalité a aussi réclamé sa suppression. Or pour le Dr de Rochambeau, qui regrette la disparition du délai de réflexion obligatoire et la suppression de la notion de détresse, « retirer la clause de conscience dans le cadre de l’IVG, c’est contraindre les médecins à en faire ». Il ajoute qu’« on ne peut pas forcer [un médecin] à supprimer la vie ».

Source : genethique.org

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Irlande : les trois facteurs qui ont précipité le vote pro-avortement

Voici bientôt trois mois que les Irlandais ont abrogé par leur vote pro-avortement le 8e amendement de la Constitution de l’Irlande. C’était le 25 mai et les défenseurs de la vie tentent toujours de comprendre pourquoi ce pays catholique en est arrivé là. Comment tant de citoyens opposés à l’avortement libre ont-ils rejeté le principe de protection de l’enfant à naître ? Pourquoi tant de gens ont-ils répondu aux militants d’un camp ou d’un autre qu’ils étaient pro-vie mais ont finalement voté oui à l’abrogation ? Qu’est-ce que les militants pro-vie ont pu oublier ou négliger pour que le corps électoral délivre une victoire aussi massive aux avorteurs ? Quelques réponses à ces questions commencent à se dessiner.

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Des médecins belges “hors-la-loi” en matière d’avortement

« L’avortement continue à être pratiqué hors-la-loi en Belgique, soit par ‘méconnaissance’, soit par ‘nécessité’ » titraient plusieurs médias belges à l’issue de le dernière audition organisée au parlement quant à l’opportunité de sortir totalement l’IVG du Code pénal.

Depuis la dépénalisation partielle de l’interruption volontaire de grossesse en 1990, les médecins peuvent avorter les femmes qui le leur demandent moyennant le respect de certaines conditions (délai de réflexion, état de détresse…) jusqu’à un délai de 12 semaines de grossesse. Au-delà de ce délai, et jusqu’au moment de la naissance, d’autres conditions s’imposent lorsqu’il s’agit d’une interruption médicale de grossesse (IMG).

C’est ainsi que lors de ces auditions à la Commission Justice, le professeur Pierre Bernard, gynécologue obstétricien, chef de service aux cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles,a souligné que « vu sa réputation d’institution catholique », les médecins de son service pratiquent peu d’avortements « classiques. » Par contre, les médecins des cliniques St Luc se sont « spécialisés dans les IVG médicales. » (IMG),  et de souligner que cela se fait « si un péril grave pour la santé de la femme est reconnu ou lorsque l’enfant à naître risque d’être atteint par une affection d’une particulière gravité. »

Ces propos et la pratique des cliniques St Luc, ont fait réagir la députée Carina Van Cauter (Open Vld) : « Outre la situation de la femme, la loi ne permet l’IVG médicale que s’il est à 100 % établi que l’enfant à naître souffrira d’une infection particulièrement grave. » Entre le « risque  » et la « certitude à 100 % », la marge est grande. Les médecins de St Luc «  spécialisés » en IMG seraient-ils hors-la-loi par méconnaissance de celle-ci ? Doivent-ils craindre d’être poursuivis ?

De plus, un autre praticien auditionné également dans cette Commission Justice, a affirmé sa « fièreté d’être parfois hors-la-loi pour répondre aux femmes désireuses d’obtenir une interruption volontaire de grossesse ». Le Dr Dominique Roynet, représentante du groupe d’action des centres extrahospitaliers pratiquant l’avortement (GACEPHA), alors que la loi l’y oblige, n’informe pas les femmes des autres possibilités qui s’offrent à elles, jusqu’à la possibilité de faire adopter l’enfant. “De notre propre initiative, nous n’abordons jamais l’obligation d’informer y compris sur l’adoption : les femmes ne demandent pas cela“.

De son côté, le gynécologue obstétricien Yannick Manigart, chef de clinique au CHU Saint-Pierre à Bruxelles a aussi expliqué avoir récemment pris le risque d’avorter en Belgique une jeune fille mineure sans papiers, enceinte de 16 semaines, alors que le délai légal est de 12 semaines.

Voilà ce qu’ont révélé les auditions de ces « experts » en Commission Justice, où la majorité est pour la dépénalisation complète de l’avortement. On comprend pourquoi.

De son côté, la députée Els Van Hoof (CD&V), dont le parti est opposé à une modification de la loi, a qualifié « d’idéologiques » les observations de Mme Roynet, alors qu’elle était invitée en tant « qu’experte ». La députée CD&V s’interroge sur l’inexistence de contrôles et de chiffres relatifs à la pratique de l’avortement, et répète qu’il faut d’abord évaluer la loi de 1990 sérieusement avant de la réformer.

Justement, on a aussi compris pourquoi la Commission d’évaluation « en panne  » depuis des années, n’était pas encore « réinstallée ». La députée Muriel Gerkens (Ecolo) venait d’apprendre de la ministre des Affaires sociales et de la Santé Maggie De Block «  que le gouvernement avait… perdu les listes d’experts que lui avait transmis la Chambre il y a quelques mois.  »

Source : IEB

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Côte-d’Ivoire : dépénalisation de l’avortement, une régression morale et politique

« Si les Evêques ivoiriens ont déjà vigoureusement levé la voix pour dire non au projet de loi sur « la santé sexuelle et reproductive » qui a pour but fondamental la dépénalisation de l’avortement et la procréation médicalement assistée que le gouvernement ivoirien veut faire adopter, il convient de souligner combien de fois il est malheureux de voir nos chefs d’états africain au nom d’une certaine mondialisation s’ériger de plus en plus en véritable protagoniste de la culture de la mort que veulent nous imposer obligatoirement les multinationales et les lobbies » : tel est la dénonciation forte parvenue à l’Agence Fides, à propos de la proposition de dépénalisation de l’avortement en Côte-d’Ivoire, de la part du Père Donald Zagore, théologien ivoirien de la Société des Missions africaines. « C’est vraiment triste pour l’Afrique. Nos famines, nos sècheresses, nos épidémies (Ebola, cholera), nos rebellions, nos guerres fratricides, nos terroristes, n’ont-ils pas assez endeuillé notre continent pour que nos dirigeants politiques qui devraient travailler au bien-être de tous amplifient cette culture de mort par l’adoption de lois favorisant l’un des crimes les plus horribles de l’histoire humaine que je nomme ici l’avortement ? Il faut le dire avec force, l’avortement est un crime. Légaliser l’avortement, c’est légaliser un crime » rappelle le Père Zagore.
« Pour la Côte-d’Ivoire, ce projet de loi est une véritable régression morale et juridique – met en évidence le missionnaire. De manière morale, tout enfant dans l’espace culturel africain est un don précieux de Dieu. Il est porteur d’une espérance forte en des lendemains meilleurs. C’est pourquoi malgré la pauvreté des familles on ne refuse jamais d’accueillir un enfant même s’il en est le quinzième ou le vingtième ».
Il est urgent de faire appel à la responsabilité des parents à cause des conditions de vie toujours plus difficiles en Afrique. Cependant ces conditions ne doivent pas constituer « un canal par lequel le massacre de la vie, surtout des êtres sans défenses, soit légalisé par les institutions de nos Etats. Sur le plan juridique jusqu’ alors, le code ivoirien du droit pénal, en son article 366 puni d’une peine d’emprisonnement pouvant varier de 1 à 5 ans, les personnes ayant commis un avortement. Cette peine est assortie d’une amende de 150.000 FCFA (230 €) à 1.500.000 FCFA (2.300€). Le principe de la lutte pour la défense et la préservation de la vie ne sont pas un facteur optionnel. La lutte pour la vie est un combat permanent qui reste substantiellement le but final toute action tant sociale que politique. Devant cette culture de la mort que prônent nos dirigeants politiques, nous ne nous tairons pas, car la vie mérite d’être vécue et pour cela nous lutterons pour que la mort n’ait pas le dernier mot » conclut le Père.

Source : Agence Fides 09/07/2018

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Avortement : le syndicat des gynécologues défend la clause de conscience

En réaction aux propos de la sénatrice Nadine Grelet-Certenais contre la clause de conscience que les médecins peuvent invoquer pour refuser de pratiquer une interruption volontaire de grossesse (IVG), le syndicat des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof) a rappelé l’importance de garantir la liberté qu’ont les médecins de refuser d’effectuer des avortements.

Le 26 juillet dernier, lors des questions au gouvernement au Sénat, la sénatrice Nadine Grelet-Certenais a affirmé qu’il était « intolérable » que des médecins refusent de pratiquer l’IVG en « f[aisant] valoir des réticences d’ordre personnel ou éthique ». Une déclaration dont le syndicat des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof) s’est saisi pour réagir et rappeler un principe fondamental qu’est la clause de conscience. « Nous avons été choqués », a confié à Aleteia Bertrand de Rochambeau, le directeur du Syngof. « La valeur première, c’est celle de la conscience du médecin. Nous désapprouvons l’attitude de la sénatrice, qui est tout de même une élue de la nation », s’insurge-t-il.

Une situation exceptionnelle

Pour mémoire, les propos de la sénatrice se fondent sur la situation de l’hôpital de Bailleul, dans la Sarthe, où, à la suite du départ en retraite d’un gynécologue et au refus des trois autres de pratiquer une IVG, les femmes désirant avorter trouvaient porte close. Mais, comme le souligne le communiqué du syndicat, il s’agit d’une « situation exceptionnelle », qui « met en évidence un problème dans l’organisation de l’accès au soin sur le territoire ». D’ailleurs, « à un quart d’heure de là, il y a deux hôpitaux où il est possible de pratiquer l’IVG », renchérit Bertrand de Rochambeau.

« Les médecins ont la loi et leur conscience pour eux »

Le syndicat ne remet pas en question le droit à l’avortement, qui, selon leur communiqué, reste « incontesté et incontestable ». Mais, comme le rappelle Bertrand de Rochambeau :  « L’acte d’IVG est un geste particulier, qui est de supprimer une vie pour aider une femme en détresse. Beaucoup de médecins disent “Je ne peux pas le faire”, et leur conscience doit être respectée. Ce n’est pas négociable. D’ailleurs, la plupart des médecins n’hésitent pas à avoir recours à la clause de conscience : ils ont la loi et leur conscience pour eux », assure-t-il.

Des sujets « qui posent débat »

« L’ordre des médecins n’est pas hors-sol », continue Bertrand de Rochambeau. « Ayant affaire régulièrement aux extrémités de la vie, nous devons garantir la liberté de conscience des médecins dans les sujets qui posent débat. Nous ne sommes pas dans un régime totalitaire, où on nous imposerait ce que nous devons faire contre notre éthique ».

Source : aleteia.org

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Un énième article qui relativise l’avortement dans la Croix…

Suite au rejet d’une loi pro-avortement par le Sénat argentin, le quotidien officiel du catholicisme se lamente en laisant la parole à Christophe Adam, médecin et chrétien, qui invite à repenser notre rapport à la vie… Ce partisan de la culture de mort écrit :

La décision du sénat argentin de ne pas légiférer sur le droit à l’avortement me paraît, comme français, médecin et chrétien, d’une autre époque. […] Comme professionnel de santé je ne peux me satisfaire que des femmes, pour mettre un terme à une grossesse quelles ne souhaitent pas, n’aient comme seule solution des pratiques illégales et dangereuses. Ce choix de l’avortement est trop important pour ne pas être accompagné et aucune société moderne ne peut tolérer que les risques qu’il entraîne, ne soient pas réduits à leur minimum. […]

Mgr Ginoux a réagi :

Source : Riposte-catholique

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Et si le féminisme était de briser enfin l’interdit autour de l’avortement ?

D’Anne-laure Debaecker sur le site de Valeurs Actuelles :

Avortement : une liberté tronquée

Loi du silence. De nombreux témoignages, au fil des ans, dévoilent un manque d’information et de suivi pour celles qui ont eu recours à l’IVG. Un livre écrit par la fondatrice d’Ivg.net revient sur ce tabou sociétal.

On est marqué au fer rouge. On souffre en cachette. Cela fait vingt ans que j’ai fait cet avortement. Mon corps et mon esprit sont mutilés. » Ce cri du coeur de Catherine, 45 ans, rejoint celui de milliers d’autres femmes, au sujet d’une douleur cachée car non reconnue. Plus que l’argent, le sexe ou même l’euthanasie, l’avortement est le sujet tabou en France. Le sujet que l’on ne peut évoquer sans risquer d’essuyer, d’emblée, une levée de boucliers scandalisés, une accusation d’entrave voire, désormais, des menaces de représailles judiciaires. Les séquelles physiques et psychologiques qui découlent malheureusement souvent de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sont alors tout autant tues et négligées. Comment reconnaître qu’un acte médical que la société et la loi décrètent anodin pourrait avoir des conséquences aussi lourdes ?

« Au moment de l’IVG, c’est sûr que ce n’est pas un moment très agréable à passer », concède le site du gouvernement (Ivg.gouv.fr), qui compare la douleur découlant de l’arrêt d’un processus de vie à n’importe quelle douleur physique que certaines vivent plus ou moins bien. Et pourtant. Dépression, angoisse d’infertilité, syndrome de la date anniversaire, besoin de retomber rapidement enceinte, comportements d’évitement, troubles sexuels, colère, anxiété, refoulement, perturbations des relations humaines… Multiples sont les facettes du syndrome post-IVG qu’identifie Marie Philippe, fondatrice du site Ivg.net, après dix années passées à lire à et écouter personnellement plus de 8 500 appels et 1 500 témoignages écrits. Le site, qui reçoit plus de 3 000 appels par an pour 15 écoutantes, avait subi les foudres de Marisol Touraine, car sa popularité le faisait se trouver en tête des recherches Google. Il a, en effet, pour objectif de permettre aux femmes de faire le choix qui leur corresponde, en pleine conscience de l’acte qu’elles accompliront, quel qu’il soit, et de « libérer une parole ignorée ». Car, dénonce Marie Philippe dans un ouvrage édifiant qui expose le fruit de cette décennie d’écoute, l’IVG banalisée devient un véritable problème de santé publique.

Le syndrome post-IVG, décrit comme une sensation de vide, une douleur psychique proche d’une dépression, qui peut survenir plusieurs années après, fait l’objet de très peu de publications médicales en France, contrairement aux pays anglo-saxons et scandinaves. L’auteur y voit une autocensure plus ou moins consciente des médecins, qui ne veulent pas sembler se mettre en porte-à-faux d’un consensus autour d’un droit médiatisé et sacralisé. Paralysés par la peur de tomber sous le coup de la loi, ils optent alors pour une neutralité affichée, un refus de prendre position et même d’informer. La femme qui découvre une grossesse non attendue, très souvent ambivalente dans son désir de l’enfant à venir, désir qui survient souvent pendant la période de réflexion (qui était obligatoire jusqu’en 2016 entre la première demande d’acte d’IVG et l’acte lui-même), se retrouve ainsi très seule dans sa réflexion tout comme dans la gestion des conséquences qui en découlent, dans un monde qui pousse à aller de l’avant sans trop réfléchir. « On a banalisé cet acte. On a cru que nous avions cette “liberté”… mais c’est aussi un enfermement psychologique. L’avortement a un prix, et c’est de notre personne que nous payons », dénonce Marianne, 49 ans.

Une véritable loi du silence s’abat désormais sur l’avortement : sur l’acte en lui-même, dont la réalité scientifique est complètement atténuée sur le site du gouvernement (on évacue le « contenu » ou l’« oeuf » de l’utérus…), et sur la souffrance qui peut en découler, avec des femmes interdites de parole. Cette omerta est d’autant plus grave que, et c’est là tout le paradoxe de ce droit, la libération tant vantée est un leurre. Le choix de l’avortement est, en effet, rarement pleinement libre : la femme ne reçoit pas des informations de vérité sur ce qu’elle compte faire. En outre, qui parle des pressions (médicales, institutionnelles, familiales) subies par celles qui décident finalement de poursuivre une grossesse, alors que la société estime que la situation justifie un avortement ? Plus grave encore : les femmes, depuis la loi Aubry de 2001, ne disposent plus de dispositifs légaux pour se protéger des pressions psychologiques qui les poussent à avorter, comme si cet acte était, d’emblée, un acte positif. Combien de femmes ont été contraintes par leur petit ami, conjoint, mari à avorter ? Dans les nombreux témoignages, ils sont les premiers demandeurs et défenseurs de l’avortement. « Trop souvent, l’IVG est un droit des femmes… utilisé par les hommes », déplore Marie Philippe. À l’époque du #Balancetonporc, et si le vrai féminisme était de briser enfin l’interdit qui règne autour de l’avortement et de le descendre de son piédestal imposé ?

Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202018-08-09%20a%CC%80%2011.26.44.png  Après l’IVG : des femmes témoignent, de Marie Philippe, éditions Artège, 208 pages, 11 euros