A la une #NLH #NLQ #Points non négociables PNN

L’objection de conscience des pharmaciens menacée par l’avortement

D’un côté, un pharmacien qui refuse de délivrer la pilule du lendemain à un homme suscite l’indignation sur les réseaux sociaux, et le relai interrogateur de la presse. De l’autre, en Arizona aux Etats-Unis, une femme enceinte se voit refuser la pilule abortive de la part d’un pharmacien objecteur. Joël Hautebert, Professeur de droit des Universités et membre de l’association Objection !, rappelle pour Gènéthique les enjeux de ce débat.

Gènéthique : En France, en juin dernier, un homme se voit refuser la pilule du lendemain qu’il demandait pour sa fille. Les réactions offusquées des internautes sont-elles justifiées ?

Joël  Hautebert : Je crois utile de rappeler en premier lieu que le rapport du client avec le pharmacien est avant tout basé sur une relation de confiance. Indépendamment de la question précise qui concerne la pilule abortive, le pharmacien est légalement responsable des produits qu’il vend. De par sa fonction, il exerce un rôle de conseil, que les clients attendent d’ailleurs de lui. Or quand il s’agit de produit abortifs, il semble qu’il soit soumis à une injonction de délivrance, une obligation systématique et irresponsable de vente, comme si toutes les obligations usuelles qui sont attendues de lui n’existaient plus et ce, quelques soient les circonstances. C’est assez frappant et manifeste dans l’attitude de celui qui a livré l’information sur les réseaux sociaux. Sur la contraception d’urgence, on n’attend plus du professionnel qu’il prenne les précautions d’usage à la délivrance de ses produits. Du fait de leur dosage et de leur action, ces pilules devraient pourtant être concernées au premier chef parmi les produits qui requièrent de telles précautions. Souvent, on oublie que la responsabilité du pharmacien est engagée dans la délivrance des produits qu’il vend. Il est doublement tenu à la vigilance.

Ensuite, les professionnels sont alertés par des utilisations frauduleuses ou tout à fait inadéquates qui imposent encore davantage de précautions : des hommes qui ne veulent pas que leur femme ou leur compagne aient des enfants et qui s’arrangent pour leur faire ingérer, à leur insu, ces comprimés surdosés, sur lesquels il n’existe aucun contrôle, mais qui ne sont pas sans incidence sur la santé.

Cet épisode malheureux révèle le tabou qui entoure désormais l’avortement, qui doit être possible quelques soient les circonstances. Au nom de la liberté de la femme, on fait la promotion de pratiques qui l’aliène.

De plus, il semble que dans cette histoire, le pharmacien ne connaissait pas l’homme qui lui demandait le produit et, à la demande du pharmacien de voir sa fille ou de l’entendre par téléphone, il a répondu qu’elle « n’était pas en état » de le faire. Le rôle du pharmacien peut-il sur ces questions se résumer à n’être qu’un distributeur ? Son exigence de conseil s’arrête-t-elle à l’IVG ? Pourquoi ?

G : Petit détour maintenant en Arizona, où les Medias se sont aussi fait le relai de l’histoire d’une femme enceinte venue demander un produit abortif que le pharmacien, objecteur de conscience, lui a refusé. Etait-ce légitime de part et d’autres ?

JH : Tout d’abord aux Etats-Unis, en Arizona, un pharmacien n’est pas obligé de délivrer un produit abortif même sur présentation d’une ordonnance. Cette liberté permet aux professionnels d’exercer leur métier dans le respect de leurs convictions et conformément à leur vocation de soignants. Cela étant dit, la couverture médiatique de cette affaire surprend. Lorsqu’on lit attentivement les articles de presse, les conditions de la demande et du refus ne sont pas claires : certains articles de presse font état d’un enfant mort, son cœur ne bat plus, les médias américains parlent de leur côté plus volontiers d’un bébé non viable.

Si l’enfant à naitre est décédé, la délivrance du produit qui doit permettre l’expulsion ne pose pas de problème éthique, mais si le bébé est réputé non viable, c’est qu’il est, au moment de la prescription et de la prise, encore vivant. La délivrance de la pilule abortive conduira de facto à un avortement et donc à la mort du fœtus. Dans ce domaine, les exemples ne manquent pas de fœtus non viable, nés vivants et qui le demeurent bien après leur naissance !

Ce qui interroge, c’est la façon dont l’information a été donnée et qui ne permet pas de déterminer le bien-fondé ou non de la réponse du professionnel. Et la question se pose une nouvelle fois : l’obligation d’information s’arrête-t-elle aux questions d’avortement ? Cette information diffusée sur les réseaux sociaux, reprise par les militants et la presse n’a pas été passée au crible d’un esprit critique et ne permettent pas d’apprécier les faits. Par contre, le lynchage du pharmacien est l’occasion de remettre en cause le bienfondé de l’objection de conscience. Etait-ce finalement le véritable enjeu de cette surenchère ? On peut légitimement se poser la question.

Source : genethique.org

Brèves #NLH

L’IVG et la contraception n’entreront pas dans la Constitution

L’Assemblée Nationale a rejeté hier les amendements de l’opposition qui réclamaient l’introduction dans la Constitution française de droits à l’IVG et à la contraception (cf. Débat au Sénat sur l’inscription d’un “droit à l’avortement” dans la Constitution : beaucoup de bruit pour rien). Ces amendements ont été proposés sur la base de propositions du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Ces députés ne jugent pas que l’IVG et la contraception sont actuellement menacés en France, mais souhaitent les « consolider », inquiets « des mouvements anti-IVG et des difficultés financières ». Sophie Auconie (UDI-Agir) voulait aussi faire inscrire un « droit à une vie sans violence sexiste et sexuelle ».

L’Assemblée a refusé ces demandes.

Source : genethique.org

Dans le Monde #Europe non francophone #NLQ

Belgique : l’avortement reste pénalisé mais est possible jusqu’à 18 semaines

Certains se réjouiront de ce que le pire a été (provisoirement ?) évité grâce à l’adoption du texte de compromis concocté par la majorité, mais, pour les défenseurs de la vie, c’est une nouvelle défaite : c’est ainsi que le délai pour pratiquer un avortement est repoussé de 12 à 18 semaines ! Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est qu’il n’y a plus aucune formation politique pour se désolidariser de ce type de décision, même pas le cdH, cet héritier rabougri de ce qui fut jadis le parti catholique. Quant aux écologistes, ils souscriraient à une loi dépénalisant totalement l’avortement car tout, dans la nature, mérite d’être protégé sauf les petits d’homme en gestation qui peuvent être envoyés sans le moindre scrupule dans les poubelles des avortoirs…

D’Annick Hovine sur le site de la Libre :

La commission de la Justice de la Chambre approuve la sortie du Code pénal de l’IVG

Le texte déposé in extremis par la majorité a été voté mardi soir sans amendements. Débat tendu.

La tension était palpable, mardi, en commission de la Justice de la Chambre, où on poursuivait le délicat débat sur la dépénalisation, plus large ou non, de l’avortement. Et pour cause. Le dépôt, mardi dernier, par quatre députés de la majorité (le MR David Clarinval, l’Open VLD Carina Van Cauter, la N-VA Valérie Van Peel et la CD&V Els Van Hoof), d’une proposition de loi visant à sortir l’interruption volontaire de grossesse (IVG) du Code pénal, a coupé l’herbe sous le pied de l’opposition laïque.

PS, Défi, Ecolo-Groen, SP.A et PTB venaient de s’accorder sur un texte commun dépénalisant quasi totalement l’avortement. Cet amendement, rédigé à la suite de l’audition d’une vingtaine d’experts, supprime du Code pénal le chapitre consacré à l’IVG toujours considéré comme “un crime contre l’ordre des familles et la morale publique”.

Quasi dépénalisé

Surtout, il allonge le délai autorisé par la loi de 1990 pour pratiquer un avortement de 12 semaines à 18 semaines de grossesse. Le délai de réflexion de 6 jours, imposé à la patiente avant de recourir à l’IVG, jugé culpabilisant, est ramené à 48 heures, voire à néant en cas d’extrême urgence. Et il supprime la notion d’état de détresse de la femme. En cas de non-respect de ces nouvelles conditions, très élargies –  en clair  : si l’avortement est pratiqué au-delà de 18 semaines – le médecin risquerait des sanctions pénales. Mais plus les femmes.

Du côté de la majorité, l’Open VLD avait déposé une proposition très semblable (IVG autorisée jusqu’à 18 semaines). Et, sachant qu’au MR, le vote sur les questions bioéthiques est laissé à la libre conscience des parlementaires, une majorité alternative existait sur papier.

Potentiellement explosif

Mais ce scénario était potentiellement explosif pour l’équipe de Charles Michel. La dépénalisation de l’IVG ne figure pas dans l’accord gouvernemental. Et on sait que le CD&V et la N-VA y sont farouchement opposés. Il fallait trouver une porte de sortie. D’où le compromis que la majorité a sorti, in extremis, de son chapeau.

Il prévoit de retirer l’avortement du Code pénal pour l’inscrire dans une loi spécifique. Les conditions principales d’accès à l’IVG prévues par la loi de dépénalisation partielle de 1990 ne sont pas modifiées. Le délai légal maximum dans lequel peut se pratiquer une IVG reste à 12 semaines de grossesse, même si le texte précise qu’il pourra être prolongé de 6 jours (soit la durée du délai de réflexion, maintenu “sauf raison médicale urgente”) au cas où la femme se présente à la consultation in extremis. Dans la pratique, on pourrait arriver à quasi 13 semaines de gestation.

Pour les demandes tardives d’IVG (au-delà de 12 semaines), les femmes devront donc être dirigées, comme aujourd’hui, vers un centre aux Pays-Bas. Elles sont entre 500 et 1000 chaque année.

Un “copier-coller”

En cas de non-respect de ce dispositif, les sanctions pénales restent exactement les mêmes que dans la loi de 1990, tant pour les femmes que pour les médecins. Sur ce point, la nouvelle loi est un “copier-coller” de la loi de 1990. Si l’IVG sort du Code pénal, elle n’est pas dépénalisée.

L’opposition crie au leurre. Elle dénonce aussi un marchandage qui offre aux opposants à l’avortement (entendez la N-VA et le CD&V) une reconnaissance symbolique d’un statut au fœtus en cas de fausse couche. Au cours de la négociation intramajoritaire, il a fallu, de fait, leur donner des gages. Un accord est donc intervenu sur un avant-projet de loi permettant aux parents qui le souhaitent de déclarer un enfant né sans vie après une grossesse de 140 à 179 jours. Dans l’accord gouvernemental, l’équipe Michel s’était engagée à aboutir sur ce dossier.

Donnant-donnant

Pour les défenseurs du droit à l’avortement, l’inscription d’un fœtus dans un registre d’état civil risque d’empiéter sur l’IVG. Il y a des précédents. La Hongrie a reconnu le statut de personne à l’embryon dans sa Constitution de 2012 : depuis lors, les femmes ne peuvent quasiment plus y avorter même si la loi les y autorise.

Dans sa proposition de loi initiale sur les bébés nés sans vie, le CD&V plaidait pour une reconnaissance très précoce du fœtus né sans vie  : à partir de 85 jours, ce qui correspond à 12 semaines de grossesse. Un abaissement qui aurait anéanti les possibilités d’allongement du délai pour mener un avortement en toute légalité. Il a dû reculer. L’avant-projet de loi fixe un minimum de 140 jours, soit 20 semaines de grossesse. Mais il n’y aura pas de majorité alternative sur l’IVG. Donnant-donnant.

Source : Belgicatho

A la une #Dans le Monde #Europe non francophone #NLQ

Disposer de son corps… mais pas au détriment de la vie !

de Jean-Jacques Durré sur cathobel.be :

Le droit à disposer de son corps… C’est le slogan brandi depuis des années par les mouvements féministes et pro-avortement. Or, l’IVG ne peut être utilisée comme moyen de confort. Le débat sur sa sortie du code pénal est délicat et difficile, car il touche à la vie et à la protection de l’être humain.

Dans une opinion publiée dans l’Echo, mon excellente consœur Nathalie Bamps s’interroge : « Au nom de quoi se permet-on de limiter aussi strictement le droit des femmes à disposer librement de leur corps ? Au nom de qui (on croit savoir…) ? » Elle revient sur le projet de loi que devrait déposer le gouvernement fédéral pour sortir l’IVG du code pénal tout en maintenant des sanctions si le délai légal de 12 semaines maximum pour avorter et celui de réflexion de six jours (ce qui figure dans la loi actuelle votée en 1990) ne sont pas respectés, en précisant que « la plupart des experts auditionnés préconisaient d’ouvrir ce cadre. » Et la journaliste du quotidien économique d’estimer que l’équipe de Charles Michel a « laissé tomber l’opportunité de se montrer réellement progressistes, en s’alignant par exemple sur la législation de nos voisins néerlandais. » Aux Pays-Bas, le délai maximum pour recourir à l’IVG est en effet de 22 semaines, soit un peu plus de cinq mois. Natahalie Bamps embraie : « Le pire étant aussi à venir. Car le CD&V ne compte pas en rester là. Koen Geens est prêt à dégainer un autre texte de loi sur la reconnaissance du foetus, qui pourrait anéantir ces avancées ».

Le débat sur la sortie de l’IVG est délicat et difficile car il touche à la vie et à la protection de l’être humain. Si les discussions en cours méritent un vrai débat démocratique, il ne faut pas oublier la dimension éthique. Faire des pourparlers actuels, un simple bras de fer entre majorité et opposition est plus que regrettable. Ma question est simple : pourquoi ceux qui défendent le droit à la vie ne pourraient-ils pas s’exprimer, au même titre que ceux qui promeuvent la dépénalisation totale de l’IVG et le droit de disposer de son corps ?

Les femmes ont mis des décennies à obtenir des droits similaires aux hommes. Je me réjouis des avancées obtenues car elles sont le fruit de longues années de lutte. Pourtant, encore aujourd’hui, dans bien des domaines, les femmes sont discriminées, notamment au niveau des salaires à compétence égale avec leurs collègues masculins. Mais on ne parle pas ici d’aspects financiers ou de liberté. Là-dessus, ma consœur se trompe : il s’agit d’un problème moral et éthique majeur.

La « déclaration de Bruxelles » initiée conjointement par le Centre d’Action Laïque (CAL) et la Fédération Wallonie-Bruxelles (une erreur pour moi en ce qui concerne cette dernière qui en tant qu’institution neutre, n’a pas à prendre position envers l’une ou l’autre cause), promeut une dépénalisation totale, pour faire de l’avortement un acte purement médical et refuse toute démarche visant à donner une personnalité juridique à un fœtus. Pour Michel Dupuis, professeur de philosophie à l’UCL et membre du comité consultatif de bioéthique, lier la reconaissance du fœtus à la dépénalisation totale de la l’IVG est, d’un point de vue stratégique, une erreur de la majorité. Mais, il estime que d’un point de vue philosophique, les deux sujets sont bel et bien liés : « La question de l’avortement pose, à voix basse, celle du statut de cet embryon humain. C’est gênant, ça empêche de parler en noir et blanc, mais en tant que philosophe, j’estime qu’il est important que nos débats ne soient pas évidents. »

Des chiffres qui font froid dans le dos
Comme l’écrit l’abbé Eric de Beukelaer sur son blog, « le foetus est une vie humaine en devenir et donc, bien davantage qu’un simple tissu biologique. S’il n’est qu’un amas de cellules, comment expliquer qu’à un moment donné apparaît – comme par génération spontanée – un être humain ? Et quand ? » Il ajoute : « Accueillir humainement et d’une façon médicalement responsable, la douloureuse décision d’avorter, est une chose. Mais nier, pour la cause, qu’il y a pas en jeu une vie humaine en gestation, est et reste – quoi qu’on raconte – un acte de déni. » Pour le vicaire épiscopal du diocèse de Liège, les « pro-vie » doivent relever le défi de rechercher de mesures capable de limiter le nombre d’avortements. « Or, il n’y a apparemment pas de diminution d’avortement en Belgique, contrairement à d’autres pays européens », poursuit-il.

Nous sommes en démocratie et chaque opinion a le droit au respect. Ce qui dérange ici, c’est le fait d’avoir l’impression que la position de ceux qui ne partagent pas cette vision que soutient la décalaration de Bruxelles, ne serait pas respectable. Il faut savoir qu’un avortement est pratiqué toutes les 26 secondes dans l’Union européenne (UE), soit 138 avortements par heure et 3.309 avortements par jour ! Ce sont près de 43,8 millions d’interruptions volontaires de grossesse pratiqués dans le monde par an. N’aurait-on le droit d’y voir là un véritable drame humain ?

Pour les « pro-IVG », la culpabilisation des femmes reste la règle. « Les entraves à leur autonomie sexuelle et reproductive sont l’expression d’un sexisme institutionnalisé et doivent être combattues comme facteurs d’inégalités et d’injustice », peut-on lire dans un rapport intitulé « Etats des lieux de l’avortement en Europe – 2016 », établi par le CAL. Soyons clairs : il faut effectivement cesser de culpabiliser les femmes qui ont recours à l’IVG. L’Eglise d’ailleurs ne condamne jamais la personne, mais bien l’acte car la pratique touche à la suprématie inaliénable de la vie, de la conception à la mort.

Enjeu sociétal
Dans le passé – et je sais que je vais choquer certains – on pensait justifier l’esclavagisme par le fait que les esclaves n’étaient pas considérés comme des êtres humains. Durant la Seconde guerre, les nazis jugeaient avoir le droit de supprimer la vie de ceux qu’ils considéraient comme des « sous-hommes ». En ayant droit de vie ou de mort sur un enfant en devenir, il n’y a pas une grande différence, a fortiori si l’IVG est pratiquée pour des raisons de confort ou du droit à « disposer de son corps ».

Dans ce dossier, tout n’est pas blanc ou noir. Ce qui m’attriste, c’est qu’on occulte – volontairement ou non – la somme des souffrances liées à l’avortement qui restera toujours une situation d’échec. Bien des aspects entrent en ligne de compte et c’est ce qui fait que le problème ne doit pas être pris à la légère et que des décisions le soient dans la précipitation, à la veille des congés parlementaires. Il existe d’autres alternatives, mais on en parle très peu. Comme on met peu en lumière la détresse profonde des femmes après l’acte.

C’est pour cela que je ne peux admettre que l’on réduise l’IVG à une seule intervention médicale, comme si on extrayait un abcès dérangeant se trouvant dans notre corps ! Il s’agit d’un enjeu sociétal essentiel.

Jean-Jacques Durré

A la une #NLH #NLQ #Points non négociables PNN

J.-M. Le Méné : l’homme est “la variable d’ajustement d’une civilisation qui n’a plus de nom”

« La civilisation occidentale s’est, au long des siècles, construite sur le respect inconditionnel de la personne humaine ». Dans une tribune publiée dans Valeurs actuelles, Jean-Marie Le Méné déplore que ce respect soit devenu relatif : la sagesse des Anciens est reniée et la civilisation se déconstruit.

Depuis que l’homme a décidé d’être lui-même son propre créateur, il est devenu « l’espèce la plus menacée de la création ». Aujourd’hui, l’homme est « la variable d’ajustement d’une civilisation qui n’a plus de nom, l’homme n’est plus dans l’homme, le politique n’est plus dans le politique (…) ».

S’insurger contre l’avortement et la recherche sur l’embryon relève de l’« angoisse ontologique sur la légitimité de l’être humain », car le corps humain devient « une énergie renouvelable qui n’a pas de prix ».

Pour notre monde occidental qui a perdu son origine (IVG), sa fin (euthanasie) et son sens (indifférenciation sexuelle), l’homme est « la proie de la révolution permanente du progrès, le jouet des exigences du marché et la victime de la dictature du droit ». Les institutions humaines, droit et justice, perdent toute leur raison d’être. « Il s’agit seulement pour les Etats d’arbitrer l’éclosion du maximum de libertés individuelles capables de répondre à l’offre du marché des biotechnologies. » Finalement, « l’homme est en miette mais chaque miette vaut de l’or. Le ventre des femmes est un nouvel eldorado. Le marché de la technoscience touche les dividendes de génocides permanents ».

Pour le Président de la Fondation Lejeune, le transhumanisme nous envoie négocier, la corde au cou, les modalités du « grand renouvellement de l’humanité ».

Jean-Marie Le Méné conclue en incitant à poser des gestes et des paroles concrètement « à contre-pente », en prenant spécialement soin des hommes « diminués », sacrifiés par ceux qui veulent créer les hommes « augmentés ». « L’enjeu est de s’opposer à cette destruction programmée du réel » et de « sauver la vie ».

Source : genethique.org

A la une #NLQ

L’édito – Des Principes non négociables très négociés…

 

 

La bataille fait rage ce mois encore autour des points fondamentaux du respect de la vie et du vivant. Euthanasie, avortement, eugénisme, bioéthique, les fondamentaux qui garantissaient le respect de la dignité humaine sont devenus les variables d’ajustement de principes relatifs désormais considérés comme absolu : rentabilité économique, éradication de la douleur, refus des imperfections humaines.

 

Et tout est bon pour inverser le rapport fondamental entre principes non négociables et réalités relatives. Les enjeux autour des Etats généraux de la bioéthique l’ont bien montré.

 

La Manif Pour Tous fait le bilan des Etats généraux de la bioéthique

Loi de bioéthique : entre travaux préparatoire à l’Assemblée et avis du CCNE

Les états généraux de la bioéthique et le pouvoir

 

Evité de justesse ou étendu, le spectre de l’euthanasie plane maintenant sur tous les aspects de la fin de vie.

 

La légalisation du suicide assisté fait des victimes au-delà des malades en phase terminale

Les trois médecins experts nommés par le justice pour examiner Vincent Lambert se désistent

Soins palliatifs : un guide pour accompagner les professionnels

Cinq arguments contre l’euthanasie

Vincent Lambert est handicapé mais vivant. Sa mère écrit à Emmanuel Macron

« L’euthanasie mine les fondements de notre pratique médicale »

Suisse : le suicide assisté accessible pour les “souffrances insupportables”

L’euthanasie rejetée de justesse au Portugal

 

 

L’éthique elle-même devient relative à la finalité que chacun lui donne. Les initiatives pro-vie ou anti-vie ne s’en développent que davantage.

 

 

Comité d’éthique de l’INSERM : vers une science sans limites ?

Royaume-Uni : l’évêque d’Edimbourg ouvre un centre pro-life pour coordonner la riposte contre la culture de mort

France : le Sénat adopte la proposition de loi autorisant les examens génétiques post-mortem

L’hôpital du Vatican “Bambino Gesu” propose une “charte des droits de l’enfant inguérissable” aux hôpitaux européens

La Cour Suprême des USA : vers l’abrogation de Roe v. Wade

 

 

Argentine, Irlande, la légalisation de l’avortement semble progresser, mais dans des conditions… obscures.

 

 

La mobilisation en faveur de l’avortement est une mascarade avec des arguments fallacieux et trompeurs

Irlande : tous les hôpitaux, même catholiques, seront obligés de pratiquer des avortements

Grossesse : le tabou du syndrome post-IVG commence à sauter

Irlande du Nord : avortement, la cour suprême ne se prononce pas

Argentine : l’ONU fait pression pour légaliser l’avortement

Victoire judiciaire pour Donald Trump dans une emblématique affaire d’avortement

 

 

Quant à la PMA… la vérité anthropologique l’emportera-t-elle sur le relativisme émotionnel ?

 

 

Sondage IFOP pour Alliance Vita : le regard des Français sur la paternité

PMA : “la question de la filiation est essentielle pour l’avenir de notre civilisation”

En France, une naissance sur trente via la PMA en 2018 ?

Les anti-PMA : des méthodes d’intimidation fascistes ?

 

A la une #NLQ #Points non négociables PNN

La mobilisation en faveur de l’avortement est une mascarade avec des arguments fallacieux et trompeurs

Une opinion de Me Fernand Keuleneer, avocat au barreau de Bruxelles, publiée sur LeVif.be

La mascarade autour de l’avortement

Plusieurs partis politiques ont soumis des propositions législatives dans l’optique de modifier la législation sur l’avortement. Ces derniers insistent pour qu’un texte soit voté avant les vacances d’été, à tout le moins au sein de la commission justice de la Chambre des représentants. Il n’est par ailleurs pas à exclure que le gouvernement présente d’ici là son propre projet de texte.

Le point de départ de toute cette discussion est une erreur. L’avortement doit être soi-disant “dépénalisé”. Pourtant, l’avortement est déjà dépénalisé. L’article 350 du Code pénal stipule que : “Toutefois, il n’y aura pas d’infraction lorsque…” et s’en suivent les conditions selon lesquelles l’interruption de grossesse n’est pas considérée comme une infraction. On peut donc difficilement dépénaliser plus que ça ne l’est déjà.

Oui mais il faut “sortir l’avortement du Code pénal” rétorquent les partisans d’une modification de la loi. Dans ce cas, il est pour le moins étrange de lire dans le projet de loi déposé par l’Open Vld que les sanctions pénales demeurent si les conditions légales ne sont pas respectées. Sortir la matière du Code pénal tout en maintenant des sanctions pénales ailleurs, c’est une des pathologies de notre époque. Les infractions pénales et leur peine sont ainsi éparpillées dans toutes sortes de lois et d’accidents législatifs, mais on ne les retrouve plus dans le Code pénal. Quelle manière paresseuse de légiférer.

Peut-être que l’intention est en réalité d’abolir toute sanction pénale lorsque les conditions légales de l’avortement ne sont pas remplies ? Mais quelles sanctions demeureraient alors en cas d’enfreinte à la loi ? Aucune, en effet… Et c’est naturellement l’objectif véritable pour lequel on a dupé “les gens”.

Dans la plupart des propositions présentées, l’avortement deviendrait simplement un “droit du patient”, repris dans la loi sur le droit des patients, et en outre un “acte médical”. C’est une avancée forcée en prévision de la nouvelle loi sur l’exercice de la médecine que prépare la ministre De Block et selon laquelle tout acte réservé à un médecin deviendrait un acte médical, même si cet acte ne poursuit aucun objectif de traitement, de guérison ou de soin.

Une des conséquences de tout ceci est que l’avortement ferait partie intégrante de l’exercice de la médecine, monopole absolu du médecin, et dans lequel les tiers non-médecins ne peuvent pas interférer. Cela impliquerait également qu’un hôpital perdrait toute possibilité d’interdire ou même restreindre la pratique de l’avortement au sein de son institution.

Ceci serait valable pour la période au cours de laquelle l’avortement deviendrait pour la femme un droit absolu, indépendamment de l’existence d’un état de détresse, et qui dans certaines des propositions serait étendue à 5 mois, mais cela vaudrait également pour les avortements autorisés par la loi jusqu’en fin de grossesse, lorsque le foetus est atteint par exemple du syndrome de Down ou lorsque la “santé” de la mère est compromise.

Si on fait un parallèle avec la loi sur l’euthanasie, il serait naïf de croire que le “bien-être psychique” ne fait pas partie de la “santé”. Un hôpital ne pourrait donc plus s’opposer à ce que l’un de ses médecins se spécialise dans les avortements de foetus atteints du syndrome de Down ou dans les avortements justifiés par des raisons de bien-être psychique, même si cela va à l’encontre des principes et de l’identité philosophique d’une institution. Que reste-il alors de la liberté d’association et de la liberté d’entreprendre ?

Tous les projets de loi présentés contiennent une disposition stipulant que les médecins, les membres du personnel médical ou les infirmiers peuvent refuser de participer à un avortement si leur conscience leur dicte de ne pas le faire. Ce n’est qu’un os à ronger car cette faculté est en pratique illusoire à tel point que ça en est risible. Comment peut-on être assez naïf pour croire qu’un infirmier ou une infirmière ayant des objections de conscience pourrait se permettre d’invoquer à cinq reprises un cas de conscience dans le contexte actuel de réduction des coûts et de pénurie de personnel ? Ne devrions-nous pas créer un “safe space” pour ces personnes ? Mais plus fondamentalement encore, pourquoi laisserait-on à un médecin, une infirmière ou un aide-soignant la faculté de soulever une objection de conscience si l’avortement devient un acte médical ordinaire ? Pour décider de poser ou de ne pas poser un acte médical ordinaire, le médecin procède à une analyse médicale qui est basée sur son expertise médicale ; sa conscience n’entre pas en ligne de compte. Ainsi, avez-vous déjà vu un médecin qui ne voyait pas d’objection de nature médicale à traiter une pneumonie mais qui aurait néanmoins refusé de soigner le patient en raison d’une objection de conscience ? Sincèrement, de qui se moque-t-on ?

La campagne qui est menée pour modifier la législation sur l’avortement est purement idéologique et utilise des arguments fallacieux et trompeurs. La médecine classique a pour objet de soigner et de guérir, et non pas de mettre fin intentionnellement à la vie ou d’empêcher la naissance d’un enfant sur simple demande. Pour cette raison, on observe un mouvement de pression pour que la définition de la médecine soit modifiée afin de servir de lubrifiant aux eugénistes et autres bricoleurs du “transhumanisme” pour lesquels il n’y a pas de place pour le caractère unique de l’homme et de la vie humaine. Et derrière ça, bien entendu, des montagnes d’argent à encaisser qui justifient que tous les obstacles soient éliminés. C’est de ça qu’il est question, et de rien d’autre.

A la une #NLQ

L’édito – La Croix, MRJC, quand l’avortement devient la pierre d’achoppement du catholicisme

 

Le quotidien La Croix vient de faire parler de lui d’une façon pour le moins étonnante. Pour beaucoup de catholiques, le journal est, depuis longtemps, « suspect ». Ses positions « borderline » avec la foi catholique gênent, agacent, exaspèrent parfois un certain nombre de fidèles qui ne se reconnaissent pas dans un média considéré comme peu orthodoxe. Distribué en grand nombre dans les institutions ecclésiales, personne n’a vraiment songé à remettre en cause officiellement les positions du quotidien revendiqué catholique. Mais les positions que vient de tenir la rédaction sur l’avortement, ne passent pas. Cette fois-ci même des évêques se sont émus. La vie c’est la vie et il ne peut être question de la relativiser. Soutenir la loi Veil laisse pantois, même et peut être surtout s’il ne s’agit « que » de promouvoir son « esprit ». La loi Veil est intrinsèquement perverse. Preuve en est, les dérives prédites ont bien eu lieu. On peut ne pas partager les points de vue de La Croix sur l’immigration, ne pas entendre la charité comme le journal voudrait la promouvoir ou encore ne pas partager les options liturgiques du staff, mais continuer à se revendiquer catholique en prenant, ouvertement et à plusieurs reprises, position en faveur de l’avortement même pour « de bonnes raisons », non vraiment, il n’est pas possible ici de reconnaitre un journal catholique. On ne peut pas plaire à tout le monde et tenir la ligne subtile de la doctrine catholique expose à de multiples agressions. Comme pour le MRJCgate, l’avortement est désormais la pierre d’achoppement des catholiques.

A la une #En Europe #Europe non francophone #NLH #NLQ

Conférence épiscopale de Belgique : la dépénalisation de l’avortement est une décision symboliquement lourde

Communiqué de presse du 15 juin 2018

Supprimer l’avortement du code pénal : une décision symboliquement lourde

Déclaration des évêques de Belgique

Dans notre pays et depuis un certain temps l’avortement est dépénalisé sous certaines conditions. Diverses propositions actuellement soumises au Parlement belge visent à le supprimer du Code pénal. Cela entraînera sans doute peu de changements dans la pratique. Pourtant, cette décision a une signification symboliquement lourde. Le regard sur l’interruption de grossesse changera fondamentalement. Avec de très sérieuses conséquences. Cela nous pose question. Et ces questions dépassent les frontières idéologiques.

Dans une démocratie, le Code pénal garantit la protection de la dignité humaine et de l’intégrité physique de chaque personne. Peut-on négliger cette protection lorsqu’il s’agit d’une vie humaine en développement avant la naissance ? La vie que tant de personnes désirent, qui les pousse à se lever et à se battre, pour laquelle la médecine connaît de grandes avancées, cette vie si précieuse. Pourquoi précisément cette vie-là ne devrait-elle pas être protégée dès ses premiers jours ?

L’avortement n’ira jamais de soi. Même si on le supprime du Code pénal. Il ne deviendra jamais une ‘intervention’ ordinaire. Il ne sera jamais pratiqué de gaîté de cœur. Ce sera toujours un échec : il y aura toujours des perdants. Certes, en certaines circonstances, on peut se sentir perdu et désespéré. On se retrouve alors si seul, déboussolé. Une législation qui ferait de l’avortement une intervention ordinaire, fait très peu de cas du vécu, du ressenti des personnes. Pourquoi à ce moment-là demander aide et conseil ? Les questions menacent de ne même plus être prises au sérieux. Ce qui ne fera qu’augmenter solitude et désarroi.

Voilà le danger que nous voudrions souligner : supprimer l’avortement du Code pénal, c’est prendre le risque d’en faire une intervention médicale anodine. Non seulement, dans les cas prévus par la loi, l’avortement ne sera plus considéré comme une infraction. Il deviendra un droit. Celui qui posera des questions ou refusera l’avortement devra se justifier. Cela vaut tant pour le médecin que pour la femme concernée. Même si on conserve la clause de liberté de conscience, elle sera de moins en moins invoquée. Car un acte médical requiert une décision médicale, et non pas tant une décision de conscience.

Notre société éprouve des difficultés croissantes par rapport à tout ce qui contrecarre ses projets, ce qui perturbe notre mode de vie. Cela s’applique aux personnes âgées ou malades, aux personnes handicapées, aux pauvres, aux étrangers ou réfugiés qui se retrouvent parmi nous. Cela s’applique également à la vie à naître. Dans son encyclique Laudato Si’ le Pape François affirme que tout est lié : Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent (120).

Cardinal Jozef De Kesel et les évêques de Belgique

NLH #NLQ #Points non négociables PNN

Irlande : tous les hôpitaux, même catholiques, seront obligés de pratiquer des avortements

Le Premier Ministre irlandais, Leo Varadkar, s’adressant au Parlement, a affirmé que tous les hôpitaux en Irlande, y compris ceux qui ont une éthique différente, et principalement les hôpitaux catholiques, seront obligés d’organiser les avortements en leurs murs, dès que la nouvelle loi autorisant l’avortement serait votée et en application. Ce médecin, ayant aussi été Ministre de la santé, n’y va pas par quatre chemins.

Leo Varadkar précise qu’autant les infirmières, les médecins ou sages-femmes ont la liberté de ne pas participer aux avortements sur base de la clause de conscience, autant les institutions n’auront pas le choix.

« Les hôpitaux financés par les fonds publics, ne pourront pas refuser d’offrir ces services qui seront bientôt légaux, et ce, quelque soit le patron ou le propriétaire de ces institutions. Je peux vous en assurer ! Par exemple, Holles Street, The Mater, St Vincent ‘s et d’autres qui sont catholiques, devront se plier à cette loi. »

 Source : BBC via Institut européen de bioéthique