NLH #Tribunes et entretiens

Le curé enragé – L’avortement provoqué – Replacer le débat

En France #NLQ

Nomination de Mgr Michel Aupetit : l’avis de Denis Sureau

Pour Denis Sureau, c’est bien “un évêque courageux pour Paris” qui vient d’être nommé. Dans  le blog de Chrétiens dans la Cité (le blog de sa lettre d’information), il considère que “le pape François a choisi une belle personnalité de médecin devenu évêque pour le diocèse de Paris.” On retiendra notamment ce passage dans lequel Denis Sureau rappelle les combats pour la vie francs et clairs de celui qui vient d’être nommé à Paris par le pape François :

C’est un pasteur courageux, avec une autorité naturelle, qui ne biaise pas avec la morale, mais son franc-parler est atténué par un sens de l’humour – parfois mordant – mêlé d’une sympathique bonhommie. Atout évident dans les combats pour la vie, c’est un expert reconnu des questions de bioéthique, auxquelles il a consacré plusieurs livres : Contraception – La réponse de l’Église (1999), L’Embryon, quels enjeux ? (2008), La Mort, et après ? (2009), L’Homme, le sexe et Dieu (2011), Construisons-nous une société humaine ou inhumaine ? (2016). Il a battu le pavé parisien lors des grandes mobilisations contre la loi Taubira, comme il a soutenu la Marche pour la vie. Quoiqu’intervenant peu dans les médias, il a participé à trois émissions de Radio Courtoisie (« la radio de toutes les droites… ») et est même venu longuement rencontrer les auditeurs et dédicacer ses ouvrages lors de la fête organisée par la station.

On pourra retrouver cette analyse ici.

Doctrine / Formation #Morale #NLH

Le respect de la vie est-il un droit ?

Parler de droit au respect de la vie suppose un certain nombre de remarques préalables, car il est le droit de base, le droit source duquel tout découle. Encore faut-il savoir ce que signifie droit, ce que signifie vie.

Le droit est intimement lié à la justice en ceci que la justice est ce qui est dû à qui cela est dû. Toute la question est donc de savoir ce qui est dû et en vertu de quoi. En d’autres termes si la justice est la norme du droit quelle est la source de la justice ? La majorité ? Cela revient donc à poser le rapport de force comme source du droit. Ce qui suppose que le droit est relatif et ne repose sur aucune vérité objective. Serait-ce alors celui à qui la justice est due ? Cela revient à regarder le destinataire de la justice, à savoir les êtres pour qui le droit est considéré. Ce qui suppose un droit relatif et individuel propre à chaque être (qu’il soit humain, animal, végétal ou inanimé). Comment alors juxtaposer des droits individuels dans une communauté qui doit vivre ensemble ? Cela revient à poser l’alternative d’un droit universel qui serait ce qui est dû à chacun et à tous ou à l’opposé la délimitation des droits individuels propres à chacun, dans l’esprit de « ma liberté s’arrête là où commence celle des autres » Le droit des uns, s’il est strictement individuel, serait alors limité par le droit des autres. Ce qui revient à dire que la liberté est impossible. Elle est réduite à la somme des permis et interdits. Le droit n’est plus ce qui est dû, mais ce qui est autorisé. Nous sommes à l’opposé de la justice.

Si le droit n’est pas ontologique, c’est-à-dire s’il ne repose pas sur ce qui est dû à l’Homme, alors il est relatif et par là contraire à la justice et à la liberté. Le droit est la condition même du bien commun, tandis que les droits sont l’expression de l’intérêt général.

Qu’en est-il ensuite de la vie ? Il existe de multiples définitions du terme, mais toutes ont en commun l’idée de dynamisme interne. La vie est un mouvement dynamique qui comme tel passe d’un moment 1 à un moment 2, dans le sens du déploiement de soi. Il y a dans la vie l’idée d’un « plus d’être », ce que nous pourrions appeler croissance, développement. Une pierre existe mais ne vit pas. Une plante existe et vit selon un dynamisme interne (qu’Aristote appelle l’âme végétale). Un animal est (c’est-à-dire existe selon le mode propre à son espèce) doté d’une vie animale, d’une âme animale, liée à un corps animal. L’être humain est lui aussi corps et âme, mais selon les principes de son espèce. Il y a plusieurs formes de vie, plusieurs degrés de complexité et de perfection, mais des constantes demeurent. Aucun être vivant ne s’est donné la vie, aucun, fut il doué d’intelligence, comme l’homme, n’a décidé de vivre. La vie se reçoit. C’est un don de géniteurs qui eux mêmes l’ont reçu et ainsi de suite en amont jusqu’à trouver celui qui n’a jamais reçu la vie mais qui la possède. Celui qu’Aristote appelle le premier moteur immobile. Premier parce qu’il est la source, moteur parce qu’il donne la vie aux vivants, immobile parce qu’en lui la vie n’est pas une dynamique qui conduit d’un instant T1 à un instant T2. Le vivant est celui qui reçoit la vie d’un autre et donc participe à cette vie d’un autre. Avant tout autre chose, la vie est un souffle dynamique qui se déploie à l’intérieur même d’un être. Cette vie plus justement appelée âme, parce qu’elle anime, est reçue et se transmet de génération en génération. Elle n’appartient à personne (autre qu’à celui qui la possède en plénitude) en même temps qu’elle fait partie de chaque personne de façon essentielle (c’est-à-dire que sans elle la personne ne serait pas). Cette vie, principe dynamique, est en même temps propre à chaque règne (animal, végétal, minéral) selon la spécificité (même racine qu’espèce) de chacun et à l’intérieur de ces règnes selon les espèces.

C’est parce qu’elle est essentielle et reçue que la vie ne peut être retirée sans détruire l’être qu’il soit humain ou végétal. Et c’est en cela qu’elle est un droit, c’est-à-dire qu’elle est due à l’être. Mais la vie, comme essentielle et « vitale » ne suffit pas à qualifier ce droit. En vertu de quoi l’homme pourrait-il en effet tuer un animal pour se nourrir ? De quel droit manger des plantes qui ont reçu, tout comme l’homme, la vie ? En vertu du rapport de force ? Parce que l’Homme est l’espèce qui a su le mieux se développer et s’imposer aux autres ? Dans ce cas, les écologistes qui préfèrent la fin de l’humanité pour sauver le monde n’ont tort actuellement que parce qu’ils sont minoritaires. Serait-ce simplement parce que l’Homme a une dignité et une fin supérieures ? Cette dignité serait-elle plus haute à cause de son intelligence ? Que dire alors des trisomiques ? Qui peut hiérarchiser les dignités et ordonner les espèces entre elles sinon celui qui en est l’auteur ? C’est un des nombreux drames de l’humanisme athée. Si la dignité humaine ne s’enracine pas dans la transcendance, alors elle ne peut que s’inscrire dans le relativisme et donc le rapport de force. C’est toute la difficulté de défendre la vie dans un monde sans Dieu.

Ainsi donc, le droit au respect de la vie est LE droit fondamental source de tous les autres droits puisqu’il repose sur la dignité humaine. Ce qui est dû est ce qui est nécessaire à l’homme pour la vie, c’est-à-dire pour permettre, favoriser et ne pas entraver ce déploiement. Il répond à la question qu’est ce qui est bon pour l’Homme, elle-même découlant d’une vision anthropologique claire : qui est l’Homme ?

Source Institut éthique et politique Monthalembert

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« Je suis un homme porteur de trisomie 21 et ma vie vaut la peine d’être vécue ! »

La semaine passée Frank Stephens, acteur, sportif des Special Olympics[1] et avocat, a donné son témoignage au Congrès des Etats-Unis : « Je suis un homme porteur de trisomie 21 et ma vie vaut la peine d’être vécue  ». Plutôt que « de procéder au dépistage prénatal et à l’avortement en feignant que ce soit la meilleure solution d’y remédier », il a souhaité alerter le Congrès sur la nécessité d’allouer des fonds fédéraux à la recherche pour soigner les personnes atteintes de trisomie 21 : « A ceux qui remettent en question la valeur de la vie des personnes trisomiques, je voudrais dire 3 choses : tout d’abord, nous sommes un cadeau médical pour la société, un champ d’investigation pour la recherche médicale sur le cancer, sur Alzheimer, sur les troubles du système immunitaire ; ensuite, nous sommes une source de bonheur inépuisable – une étude Harvard a montré que les personnes trisomiques et leurs familles sont plus heureuses que le reste de la société ; enfin, nous donnons au monde l’occasion de réfléchir à la valeur éthique du tri entre les hommes qui ont le droit de vivre et ceux qui ne l’ont pas ».

Après avoir rappelé le taux élevé d’avortements des enfants à naître atteints de trisomie 21 (cf. La trisomie 21 éradiquée par l’avortement), il ajoute : « Agissons en tant qu’Américains, non comme des Islandais ou des Danois. Essayons de trouver des réponses, non des “solutions finales”. Soyons dignes de notre pays : aidons-le à être débarrassé d’Alzheimer, et non de la trisomie 21 ».

Les parents dont le fœtus est atteint de trisomie 21qui se posent la question de l’avortement ou qui sont indécis face à la décision à prendre, parleront certainement avec un professionnel médical ou peut-être avec un conseiller religieux, mais il est peu probable qu’ils entendent parler un adulte atteint de trisomie 21. Si la vérité sur ces enfants et ces adultes heureux de vivre était plus largement connue, les chances pour un enfant trisomique de passer le cap de la conception pour se diriger vers une longue vie avec la trisomie 21 seraient bien plus élevées.

Pour aller plus loin :

Le pape condamne la mentalité eugéniste qui se cache derrière l’avortement des bébés porteurs de trisomie 21

Etats-Unis : des lois pour restreindre les avortements de fœtus porteurs de trisomie 21

[1] Special Olympics est la 1ère organisation dédiée à l’épanouissement par le sport des personnes qui vivent avec un handicap mental. Le mouvement Special Olympics a été créé aux Etats-Unis en 1968. Implanté dans près de 180 pays, Special Olympics rassemble plus de 4 millions de sportifs. Il bénéficie de la reconnaissance du CIO.

Source Généthique

 

Vous pouvez trouver la vidéo avec traduction ici

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Bolivie – Les évêques dénoncent l’IVG, nouvelle colonisation idéologique

Une nouvelle forme de colonisation idéologique des valeurs culturelles et religieuses est en train d’avancer d’une manière préoccupante. Les évêques de Bolivie le dénoncent dans une communiqué diffusé lundi, en commentant d’une part la récente dépénalisation de l’avortement de la part de la Chambre des députés, et de l’autre la possibilité concrète que le parti au pouvoir puisse obtenir, avec l’accord du Tribunal Constitutionnel Plurinational, la possibilité d’être réélu indéfiniment. Les évêques parlent d’un « grave dommage à la démocratie » et d’un acte qui porte atteinte à la volonté populaire exprimée par le référendum du 21 février 2016.

À cette occasion en effet, les électeurs boliviens avaient rejeté l’introduction d’une rééligibilité infinie du président Evo Morales. Ne pas en tenir compte, écrivent les évêques, minerait « la crédibilité et la légitimité des autorités et institutions appelées à préserver la santé démocratique du pays ».

Ils  condamnent également fermement la dépénalisation de l’avortement, inscrite dans la réforme du Code pénal, estimant que cette dépénalisation porte atteinte « à la protection du droit à la vie, sanctionné par la Constitution, et par les Accords internationaux sur les Droits humains ».

Aussi dans ce cas, regrettent-ils, « les législateurs n’ont pas tenu compte des milliers de signatures recueillies et des nombreuses manifestations en faveur du droit à la vie ». Il n’y a pas eu « un débat ouvert et transparent », la discussion parlementaire ayant eu lieu à des horaires durant lesquels n’étaient pas présents tous les députés.

La conférence épiscopale fait preuve d’une grande fermeté sur ce dossier : « C’est une contradiction de se dire chrétiens et d’appuyer l’avortement. Une foi à laquelle ne correspondent pas les actions est morte, aucune activité de l’Église dans le domaine sanitaire ne se prêtera à supprimer la vie des plus innocents. »

 

Source Radio Vatican

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Journée mondiale de l’IVG à l’Assemblée nationale : vers l’effritement du dogme ?

L’audition organisée par la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes à l’occasion de la journée mondiale de l’IVG ne mobilise pas.

A l’occasion de la  journée internationale de l’IVG du 28 septembre, la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes organisait une audition à l’Assemblée nationale, du Planning familial et de l’Association nationale des centres d’IVG et de contraception (ANCIC). Le choix des orateurs semble particulièrement significatif de la teneur des propos des intervenantes, toutes des femmes, car comme le rappellera Emmanuelle Lhomme, coprésidente de l’ANCIC, le partenaire peut ne pas être d’accord avec la décision de la femme, tant pis, « c’est la femme seule qui décide ». Exit messieurs, mais votre éviction de ces sujets est coutumière…

Cette mise au point étant faite, le dialogue de femmes est engagé par Marie-Pierre Rixain, députée de la République en Marche, présidente de la délégation, qui entend « réaffirmer notre profond engagement en faveur des droits à l’IVG »« une condition essentielle de la liberté des femmes » qui doit lui permettre « un choix libre et éclairé » quant à sa vie sexuelle.

Ouvrant les prises de parole, Laurence Esterele, coprésidente de l’ANCIC, expliquera en préambule que l’ANCIC a réalisé, entre autres activités, une plaquette IVG ZOOM essentiellement pour lutter contre tout ce que les sites de désinformation ont pu dire (cf. IVG : les risques médicaux encourus par les femmes ). La chasse aux sorcières est ouverte. Sans être virulente, elle ponctuera régulièrement les propos. Plus tard, Caroline Rehbi, du Planning familial demandera une évolution du délit d’entrave pour que les associations, et pas seulement les femmes qui hésitent trop souvent à mener une procédure longue, puissent porter plainte.

Tout en se réjouissant des évolutions apportées par le projet de modernisation de notre système de santé (cf. La nouvelle clandestinité des femmes face à l’IVG), Emmanuelle Lhomme, coprésidente de l’ANCIC, a souligné que les IVG instrumentales hors établissements de santé n’avait pas encore reçu leur décret d’application, que l’accès était encore difficile et que les femmes n’avaient bien souvent pas le choix entre IVG instrumentales et médicales. Espérant que les sages-femmes pourraient prochainement procéder à des IVG instrumentales, dénonçant le manque de confidentialité… Elle était appuyée plus tard par Caroline Rebhi du Planning Familial qui a expliqué que les femmes ayant souffert d’une IVG médicamenteuse (cf. Etude sur l’IVG médicamenteuse : « Je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie. Une douleur sans nom » ), pouvaient souhaiter que la deuxième se fasse par aspiration, mais n’en avait pas forcément la possibilité.

Elle a poursuivi en donnant quelques chiffres. Le planning familial reçoit 400 000 personnes par an, 60000 en consultation médicale IVG/Contraception et rencontre 120 000 jeunes pour leur parler d’éducation à la sexualité dans les écoles ou directement au Planning. Le plus étonnant a certainement été d’entendre à l’Assemblée nationale que la Planning familial violait délibérément la loi en envoyant chaque année entre 6 et 7 000 femmes à l’étranger, en Hollande, en Angleterre, ou en Espagne, pour se faire avorter parce qu’elles avaient dépassé les délais autorisés. Pas de réaction. Tout semble normal. Ce sera l’occasion pour Danielle Gaudry, gynécologue, d’expliquer que la loi actuelle « est bonne », mais qu’il faut « améliorer les délais », c’est-à-dire, les repousser. Elle regrette que les praticiens et les établissements de santé aient du mal « à entendre que les femmes ne veulent pas être enceinte » et émettent le vœu que les ARS incitent les établissements à la pratique des IVG. Elle souhaite que des campagnes d’informations soient menées pour valoriser un « droit à ne pas poursuivre sa grossesse » et un « droit à la contraception » qui n’ont jamais existé au niveau national et qui n’ont pas perduré en Ile de France. Elle souhaite que la France, en avance sur l’IVG par rapport à d’autres pays, reste moteur sur ce « droit » (cf. L’avortement ne pourra jamais être un « droit fondamental », ni une « liberté »).

Sur la clause de conscience, des avancées. Tant Chantal Birman, vice-présidente de l’ANSFO[1], qu’Emmanuelle Lhomme s’accordent pour dire qu’elle est importante et que seules les sages-femmes qui souhaitent pratiquer des IVG le fassent, pour éviter « la maltraitance des populations ».Emmanuelle Lhomme remerciant, dans un lapsus, « les praticiens militants qui se dévouent à cette pratique » mais pointant que cette liberté laissée aux professionnels de santé, pouvait limiter l’accès à l’avortement, « comme c’est le cas en Italie ». Laurence Esterle, coprésidente de l’ANCIC, a ajouté que plus de 80 % des IVG étaient réalisée par des établissements du secteur public, le secteur privé s’étant largement désengagé de ces problématiques.

Compte tenu de la polémique récente autour de la pilule (cf. “J’arrête la pilule” : Une remise en cause de la contraception hormonale et Une enquête confirme la désaffection des femmes vis à vis de la pilule), la question sera abordée. Sans s’étendre. On rappelle tout d’abord, que concernant sa nocivité, rien n’est prouvé quoique « ses effets secondaires soient normaux » comme le précisera, sans craindre la contradiction, la gynécologue. Ce sera l’occasion pour Caroline Rehbi, de demander que la contraception soit remboursée à 100 % même après 18 ans pour les étudiantes et… les sans-papiers, pour éviter que les femmes ne soient obligées de changer de contraception.

Abordé aussi le sujet des interventions en milieu scolaire. Emmanuelle Lhomme déplorera le manque de financement : des générations d’élèves de l’école élémentaire au lycée n’auront pas d’informations sur IVG et contraception. La demande est énorme et ne peut être honorée.

Tout en se réjouissant des avancées légales, que ce soit celles introduites par la loi santé ou le délit d’entrave, et de l’appui des pouvoirs publics en matière de contraception et d’IVG, les intervenantes de cette audition ont semblé fragilisées, dans des positions de moins en moins défendables, acceptant des concessions, comme celles sur la clause de conscience, jusqu’ici inimaginables.

Pour aller plus loin :

Précarité, situation familiale, contraception… les facteurs de risque de l’avortement

L’obligation des Etats de prévenir le recours à l’avortement

[1] Association Nationale des Sages-Femmes Orthogénistes.

 

Source Généthique.org

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Que pense la pape – Mariage gay, avortement, Islam, France ?

Le souverain pontife se confie sur sa vie dans un grand entretien avec Dominique Wolton, à paraître le 6 septembre dans le livre “Politique et société” (Editions de l’Observatoire). On entrevue des extraits dans Le Figaro Magazine, mais aussi dans La Dépêche

Sur l’Eglise, la laïcité et la France. « L’État laïc est une chose saine. Il y a une saine laïcité. Jésus l’a dit, il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Nous sommes tous égaux devant Dieu. Mais je crois que dans certains pays comme en France, cette laïcité a une coloration héritée des Lumières beaucoup trop forte, qui construit un imaginaire collectif dans lequel les religions sont vues comme une sous-culture. Je crois que la France – c’est mon opinion personnelle, pas celle officielle de l’Église – devrait « élever » un peu le niveau de la laïcité, dans le sens où elle devrait dire que les religions font elles aussi partie de la culture. Comment exprimer cela de manière laïque ? Par l’ouverture à la transcendance. Chacun peut trouver sa forme d’ouverture. Dans l’héritage français, que veut dire un État laïc « ouvert à la transcendance » ? Que les religions font partie de la culture, que ce ne sont pas des sous-cultures ? Quand on dit qu’il ne faut pas porter de croix visibles autour du cou ou que les femmes ne doivent pas porter ça ou ça, c’est une bêtise. Car l’une et l’autre attitudes représentent une culture. Les Lumières pèsent trop lourd. »

Sur le mariage gay et la prétendue théorie du genre. « Que penser du mariage des personnes du même sexe ? Le « mariage » est un mot historique. Depuis toujours dans l’humanité, et non pas seulement dans l’Église, c’est un homme et une femme. Appelons donc cela les « unions civiles ». Ne plaisantons pas avec les vérités. Il est vrai que derrière cela, il y a l’idéologie du genre. Dans les livres aussi, les enfants apprennent que l’on peut choisir son sexe.

Sur les musulmans. « Ils n’acceptent pas le principe de la réciprocité. « Je pense que cela leur ferait du bien de faire une étude critique du Coran, comme nous l’avons fait avec nos Écritures. »

Sur l’absolution de l’avortement. L’avortement, c’est grave, c’est un péché grave. C’est le meurtre d’un innocent. Mais si péché il y a, il faut faciliter le pardon. Puis à la fin, j’ai décidé que cette mesure serait permanente. Chaque prêtre peut désormais absoudre ce péché.

 

Source LSB

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“Assurance viol”, le coup de grâce contre le droit à l’avortement au Texas

« Je suis fier d’annoncer qu’une nouvelle loi vient d’être signée afin qu’aucun Texan ne soit obligé de financer une procédure qui met fin à la vie d’un enfant non né. »

Greg Abbott, gouverneur du Texas

 

 

Ce qui n’est visiblement pas du goût de notre article source

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L’avortement, droit ou drame ?

Alors que l’Assemblée nationale vient de voter en première lecture l’extension du délit d’entrave à l’IVG (cf. Délit d’entrave numérique à l’IVG : L’Assemblée nationale adopte la censure), Claire de la Hougue[1], docteur en droit, avocat au Barreau de Strasbourg et chercheur associé à l’ECLJ, revient sur la douloureuse réalité, trop souvent occultée, de l’avortement.

(reprise estivale d’un article du 10 décembre 2016)

« IVG, c’est mon droit », « IVG, mon corps, mon choix, mon droit », « IVG, un droit garanti par la loi »peut-on lire sur le site gouvernemental d’information sur l’interruption volontaire de grossesse. Celle-ci serait même un droit fondamental des femmes, selon la résolution adoptée par l’Assemblée nationale le 26 novembre 2014.

L’avortement est assurément une possibilité admise par la loi, mais peut-on le placer au nombre des droit fondamentaux ? Cela s’oppose frontalement à l’intention du législateur. Simone Veil a ainsi expressément affirmé « que si (la loi) n’interdit plus, elle ne crée aucun droit à l’avortement ». Selon le code de la santé publique, « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie. Il ne saurait être porté atteinte (à ce) principe (…) qu’en cas de nécessité et selon les conditions définies par le présent titre ». L’avortement est une exception. Cette exception a paru nécessaire à condition d’être conscient « qu’il ne s’agit pas d’un acte normal ou banal, mais d’une décision grave qui ne peut être prise sans en avoir pesé les conséquences et qu’il convient d’éviter à tout prix », disait Simone Veil. C’est pourquoi elle insistait sur l’importance de la dissuasion – donc la prévention – de l’avortement, et sur le rôle essentiel des associations qui soutiennent les femmes en détresse.

Avortement sous contrainte

Nos ministres, qui portent l’avortement comme un étendard, seraient bien inspirées de relire le discours de Simone Veil dont elles se réclament de façon manifestement abusive. Enfermées dans leur idéologie, elles ont perdu toute attention aux femmes et à leur souffrance.

Les jeunes femmes enceintes qui s’interrogent savent bien qu’elles portent en elles une petite vie débutante et que l’avortement ne peut pas être un acte anodin, mais le plus souvent elles ne trouvent pas d’autre solution. Les personnes qui accueillent les jeunes femmes en difficulté peuvent témoigner que beaucoup sont poussées à l’avortement par leurs parents ou leur compagnon, voire menacées d’être chassées du domicile et laissées sans ressources, ou même victimes de violences physiques. Même l’Institut Guttmacher, centre de recherche du Planning familial américain, affirme que 75 % des femmes qui ont avorté l’ont fait en raison de contraintes sociales ou financières. Peut-on clamer que ces femmes exercent un droit fondamental, alors qu’elles agissent sous une telle contrainte ?

Des séquelles durables

Le site gouvernemental prétend que « la majorité des études scientifiques sérieuses qui ont été publiées sur le sujet montrent qu’il n’y a pas de séquelle à long terme psychologique de l’avortement[2]. Il n’y a pas de syndrome post-traumatique qui persisterait à distance, plusieurs années après un avortement ».

Pourtant, toutes les femmes savent bien que l’avortement laisse des traces difficiles à vivre. Ceux qui les accueillent et les écoutent savent bien que des femmes sont marquées douloureusement et que leur souffrance peut perdurer ou réapparaître des années plus tard. De nombreuses études[3] indiquent un considérable impact sur la santé des femmes. Outre un certain nombre de complications immédiates de gravité variable, l’avortement augmente le risque de naissance prématurée lors d’une grossesse ultérieure et de cancer du sein, selon différentes études. D’autres[4] indiquent que le risque de décès des femmes ayant avorté par rapport à celui des femmes ayant accouché est fortement accru, quelle que soit la cause du décès. Surtout, l’impact sur la santé mentale est élevé. Anxiété, cauchemars, addictions, dépressions et suicides sont considérablement plus fréquents chez les femmes qui ont avorté et, sur un autre plan, la proportion de ruptures de couples est également très élevée.

Derrière des chiffres, de vraies femmes en souffrance

Derrière les études et les froides statistiques apparaît un monde de souffrance et de vies brisées, que nos ministres non seulement ignorent résolument mais qu’elles nient. Elles veulent maintenant imposer leur idéologie mortifère en bâillonnant les personnes qui osent parler de cette souffrance et tentent de la soulager : 30 000 euros d’amende et deux ans de prison pour ceux qui auront divulgué sur internet des informations sur l’avortement « dans un but dissuasif », selon la proposition de loi alambiquée votée le 1er décembre. Pas de liberté d’expression pour ceux qui s’écartent de la ligne officielle !

L’avortement n’est pas un droit ou un slogan, c’est une réalité sociale qui constitue un grave problème de santé publique et la source de souffrances innombrables. Le devoir des autorités publiques est de prévenir l’avortement au moins en donnant aux femmes qui le souhaitent la possibilité de garder leur enfant et en soutenant les associations qui, par humanité, accueillent et aident les femmes en difficulté.

Finalement, il nous faut conclure avec Simone Veil : « Aucune femme ne recourt de gaité de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame ».

 Source Généthique.org

[1] Claire de la Hougue a participé à l’ouvrage Droit et prévention de l’avortement en Europe, sous la direction de Grégor Puppinck, LEH Editions, novembre 2016.

[2] Cherline Louissaint, “Les conséquences médicales et relationnelles de l’avortement” in Droit et prévention de l’avortement, sous la direction de Grégor Puppinck, LEH édition 2016.

[3] Idem.

[4] Idem.

 

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Témoignage – Porter son enfant jusqu’au bout envers et contre tous !

Alix et Fabien attendent leur deuxième enfant. Mais lors de la deuxième échographie de contrôle, on leur annonce que le fœtus est anencéphale.

Alors que le gouvernement de François Hollande a supprimé le délai de réflexion obligatoire avant un avortement et qu’il cherche à empêcher les sites Internet d’écoute et de conseil pour les femmes enceintes, l’European centre for Law and Justice (ECLJ) a souhaité montrer à travers ce témoignage l’indispensable besoin de réflexion, d’écoute et de conseil.

Comme ces parents le racontent, apprendre que l’enfant que l’on attend souffre d’un grave handicap est un choc. Ils ont eu besoin de se voir réexpliquer le diagnostic, d’apaiser le stress de l’annonce et surtout d’être accompagnés par une équipe médicale à l’écoute.

Que ce soit pour une grossesse non désirée ou quand une malformation est découverte au bébé, leur témoignage souligne la difficulté de la situation. Malgré le désir de garder leur enfant, l’incompréhension de certains professionnels médicaux fut pour eux une épreuve.

C’est avant tout un témoignage d’humanité : l’expérience partagée par ce couple est susceptible d’aider d’autres femmes et d’autres couples dans une situation semblable.

Christophe Foltzenlogel, juriste à l’ECLJ

 

 Source