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“La théologie du corps de Jean-Paul II : actualité pour l’Église” : conférence d’Yves Semen à Kergonan

Dimanche 16 juillet à 17h30, à l’abbaye Sainte-Anne de Kergonan, conférence d’Yves Semen, directeur de l’Institut de théologie du corps, sur le thème :

La théologie du corps de Jean-Paul II : actualité pour l’Église.

La conférence sera suivie d’un temps d’échange avec l’auteur et de dédicace de ses ouvrages.

A la une #Doctrine / Formation #Philosophie

L’homme intégral dans sa souveraineté fondamentale – Jean-Paul II

Extraits DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
À L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ÉDUCATION,
LA SCIENCE ET LA CULTURE (UNESCO)*

Paris, Lundi 2 juin 1980

  1. Genus humanum arte et ratione vivit (Saint Thomas, commentaire des Posteriora Analytica d’Aristote, n.1). Ces paroles d’un des plus grands génies du christianisme, qui fut en même temps un continuateur fécond de la pensée antique, portent au-delà du cercle et de la signification contemporaine de la culture occidentale, qu’elle soit méditerranéenne ou atlantique. Elles ont une signification qui s’applique à l’ensemble de l’humanité où se rencontrent les diverses traditions qui constituent son héritage spirituel et les diverses époques de sa culture. La signification essentielle de la culture consiste, selon ces paroles de saint Thomas d’Aquin, dans le fait qu’elle est une caractéristique de la vie humaine comme telle. L’homme vit d’une vie vraiment humaine grâce à la culture. La vie humaine est culture en ce sens aussi que l’homme se distingue et se différencie à travers elle de tout ce qui existe par ailleurs dans le monde visible : l’homme ne peut pas se passer de culture.

La culture est un mode spécifique de l’« exister » et de l’« être » de l’homme. L’homme vit toujours selon une culture qui lui est propre, et qui, à son tour, crée entre les hommes un lien qui leur est propre lui aussi, en déterminant le caractère interhumain et social de l’existence humaine. Dans l’unité de la culture comme mode propre de l’existence humaine, s’enracine en même temps la pluralité des cultures au sein de laquelle l’homme vit. Dans cette pluralité, l’homme se développe sans perdre cependant le contact essentiel avec l’unité de la culture en tant que dimension fondamentale et essentielle de son existence et de son être.

  1. L’homme qui, dans le monde visible, est l’unique sujet de la culture, est aussi son unique objet et son terme. La culture est ce par quoi l’homme en tant qu’homme devient davantage homme, « est » davantage, accède davantage à l’« être ». C’est là aussi que se fonde la distinction capitale entre ce que l’homme est et ce qu’il a, entre l’être et l’avoir. La culture se situe toujours en relation essentielle et nécessaire à ce qu’est l’homme, tandis que sa relation à ce qu’il a, à son « avoir », est non seulement secondaire, mais entièrement relative. (…)

L’homme intégral, sujet de la culture

  1. (…) On ne peut penser une culture sans subjectivité humaine et sans causalité humaine ; mais dans le domaine culturel, l’homme est toujours le fait premier : l’homme est le fait primordial et fondamental de la culture. (…)

Voici donc, en guise de conclusion théorique, une base suffisante pour comprendre la culture à travers l’homme intégral, à travers toute la réalité de sa subjectivité. Voici aussi ― dans le domaine de l’agir ― la base suffisante pour chercher toujours dans la culture l’homme intégral, l’homme tout entier, dans toute la vérité de sa subjectivité spirituelle et corporelle ; la base qui est suffisante pour ne pas superposer à la culture ― système authentiquement humain, synthèse splendide de l’esprit et du corps ― des divisions et des oppositions préconçues. En effet, qu’il s’agisse d’une absolutisation de la matière dans la structure du sujet humain, ou, inversement, d’une absolutisation de l’esprit dans cette même structure, ni l’une ni l’autre n’expriment la vérité de l’homme et ne servent sa culture.

  1. (…) Il ne sera certainement pas exagéré d’affirmer en particulier que, à travers une multitude de faits, l’Europe tout entière ― de l’Atlantique à l’Oural ― témoigne, dans l’histoire de chaque nation comme dans celle de la communauté entière, du lien entre la culture et le christianisme.

En rappelant cela, je ne veux en aucune manière diminuer l’héritage des autres continents, ni la spécificité et la valeur de ce même héritage qui dérive des autres sources de l’inspiration religieuse, humaniste et éthique. Bien plus, à toutes les cultures de l’ensemble de la famille humaine, des plus anciennes à celles qui nous sont contemporaines, je désire rendre l’hommage le plus profond et sincère. C’est en pensant à toutes les cultures que je veux dire à haute voix ici, à Paris, au siège de l’UNESCO, avec respect et admiration : « Voici l’homme ! ». Je veux proclamer mon admiration devant la richesse créatrice de l’esprit humain, devant ses efforts incessants pour connaître et pour affermir l’identité de l’homme : de cet homme qui est présent toujours dans toutes les formes particulières de culture.

  1. (…) Je pense surtout, Mesdames et Messieurs, au lien fondamental de l’Évangile, c’est-à-dire du message du Christ et de l’Église, avec l’homme dans son humanité même. Ce lien est en effet créateur de culture dans son fondement même. Pour créer la culture, il faut considérer, jusqu’en ses dernières conséquences et intégralement, l’homme comme une valeur particulière et autonome, comme le sujet porteur de la transcendance de la personne. Il faut affirmer l’homme pour lui-même, et non pour quelque autre motif ou raison : uniquement pour lui-même ! Bien plus, il faut aimer l’homme parce qu’il est homme, il faut revendiquer l’amour pour l’homme en raison de la dignité particulière qu’il possède. L’ensemble des affirmations concernant l’homme appartient à la substance même du message du Christ et de la mission de l’Église, malgré tout ce que les esprits critiques ont pu déclarer en la matière, et tout ce qu’ont pu faire les divers courants opposés à la religion en général et au christianisme en particulier.

Au cours de l’histoire, nous avons déjà été plus d’une fois, et nous sommes encore, les témoins d’un processus, d’un phénomène très significatif. Là où ont été supprimées les institutions religieuses, là où les idées et les œuvres nées de l’inspiration religieuse, et en particulier de l’inspiration chrétienne, ont été privées de leur droit de cité, les hommes retrouvent à nouveau ces mêmes données hors des chemins institutionnels, par la confrontation qui s’opère, dans la vérité et l’effort intérieur, entre ce qui constitue leur humanité et ce qui est contenu dans le message chrétien. (…)

  1. De tout cela se dégage un certain nombre de conclusions capitales. En effet, les considérations que je viens de faire montrent à l’évidence que la tâche première et essentielle de la culture en général, et aussi de toute culture, est l’éducation. L’éducation consiste en effet à ce que l’homme devienne toujours plus homme, qu’il puisse « être » davantage et pas seulement qu’il puisse « avoir » davantage, et que par conséquent, à travers tout ce qu’il « a », tout ce qu’il « possède », il sache de plus en plus pleinement « être » homme. Pour cela il faut que l’homme sache « être plus » non seulement « avec les autres », mais aussi « pour les autres ».

L’éducation a une importance fondamentale pour la formation des rapports interhumains et sociaux. Ici aussi, j’aborde un ensemble d’axiomes sur le terrain duquel les traditions du christianisme issues de l’Évangile rencontrent l’expérience éducative de tant d’hommes bien disposés et profondément sages, si nombreux dans tous les siècles de l’histoire. Ils ne manquent pas non plus à notre époque, ces hommes qui se révèlent grands, simplement par leur humanité qu’ils savent partager avec les autres, en particulier avec les jeunes.

En même temps, les symptômes des crises de tous genres auxquelles succombent les milieux et les sociétés par ailleurs les mieux pourvus ― crises qui affectent avant tout les jeunes générations ― témoignent à l’envi que l’œuvre d’éducation de l’homme ne s’accomplit pas seulement à l’aide des institutions, à l’aide des moyens organisés et matériels, fussent-ils excellents. Ils manifestent aussi que le plus important est toujours l’homme, l’homme et son autorité morale qui provient de la vérité de ses principes et de la conformité de ses actions avec ces principes.

  1. En tant que l’Organisation mondiale la plus compétente dans tous les problèmes de la culture, l’UNESCO ne peut pas négliger cette autre question absolument primordiale : que faire pour que l’éducation de l’homme se réalise surtout dans la famille ?

Quelle moralité publique assurera à la famille, et surtout aux parents, l’autorité morale nécessaire à cette fin ? Quel type d’instruction ? Quelles formes de législation soutiennent cette autorité ou, au contraire, l’affaiblissent ou la détruisent ? Les causes de succès et d’insuccès dans la formation de l’homme par sa famille se situent toujours à la fois à l’intérieur même du milieu créateur fondamental de la culture qu’est la famille, et aussi à un niveau supérieur, celui de la compétence de l’État et de ses organes, dont elles demeurent dépendantes. (…)

  1. Certes, on trouve dans ce domaine de nombreuses questions particulières, mais l’expérience montre que tout se tient, et que ces questions se situent dans des systèmes évidents de dépendance réciproque. Par exemple, dans l’ensemble du processus de l’éducation, de l’éducation scolaire en particulier, un déplacement unilatéral vers l’instruction au sens étroit du mot n’est-il pas intervenu ?

Si l’on considère les proportions prises par ce phénomène, ainsi que l’accroissement systématique de l’instruction qui se réfère uniquement à ce que possède l’homme, n’est-ce pas l’homme lui-même qui se trouve de plus en plus obscurci ? Cela entraîne alors une véritable aliénation de l’éducation : au lieu d’œuvrer en faveur de ce que l’homme doit « être », elle travaille uniquement en faveur de ce dont l’homme peut se prévaloir dans le domaine de l’« avoir », de la « possession ».

L’étape ultérieure de cette aliénation est d’habituer l’homme, en le privant de sa propre subjectivité, à être objet de manipulations multiples : les manipulations idéologiques ou politiques qui se font à travers l’opinion publique ; celles qui s’opèrent à travers le monopole ou le contrôle, par les forces économiques ou par les puissances politiques, des moyens de communication sociale ; la manipulation, enfin, qui consiste à enseigner la vie en tant que manipulation spécifique de soi-même.

Les impératifs apparents de notre société

Il semble que de tels dangers en matière d’éducation menacent surtout les sociétés à civilisation technique plus développée. Ces sociétés se trouvent devant la crise spécifique de l’homme qui consiste en un manque croissant de confiance à l’égard de sa propre humanité, de la signification du fait d’être homme, et de l’affirmation et de la joie qui en dérivent et qui sont source de création.

La civilisation contemporaine tente d’imposer à l’homme une série d’impératifs apparents, que ses porte-parole justifient par le recours au principe du développement et du progrès. Ainsi, par exemple, à la place du respect de la vie, « l’impératif » de se débarrasser de la vie et de la détruire ; à la place de l’amour qui est communion responsable des personnes, « l’impératif » du maximum de jouissance sexuelle en dehors de tout sens de la responsabilité ; à la place du primat de la vérité dans les actions, le « primat » du comportement en vogue, du subjectif, et du succès immédiat.

En tout cela s’exprime indirectement une grande renonciation systématique à la saine ambition qu’est l’ambition d’être homme. N’ayons pas d’illusions : le système formé sur la base de ces faux impératifs, de ces renoncements fondamentaux, peut déterminer l’avenir de l’homme et l’avenir de la culture.

  1. Si, au nom de l’avenir de la culture, il faut proclamer que l’homme a le droit d’« être » plus, et si pour la même raison il faut exiger un sain primat de la famille dans l’ensemble de l’œuvre de l’éducation de l’homme à une véritable humanité, il faut aussi situer dans la même ligne le droit de la Nation ; il faut le placer lui aussi à la base de la culture et de l’éducation.

La Nation est en effet la grande communauté des hommes qui sont unis par des liens divers, mais surtout, précisément, par la culture. La Nation existe « par » la culture et « pour » la culture, et elle est donc la grande éducatrice des hommes pour qu’ils puissent « être davantage » dans la communauté.

Elle est cette communauté qui possède une histoire dépassant l’histoire de l’individu et de la famille.

C’est aussi dans cette communauté, en fonction de laquelle toute famille éduque, que la famille commence son œuvre d’éducation par ce qui est le plus simple, la langue, permettant ainsi à l’homme qui en est à ses débuts d’apprendre à parler pour devenir membre de la communauté qu’est sa famille et sa Nation. En tout ce que je proclame maintenant et que je développerai encore davantage, mes mots traduisent une expérience particulière, un témoignage particulier en son genre.

Je suis fils d’une Nation qui a vécu les plus grandes expériences de l’histoire, que ses voisins ont condamnée à mort à plusieurs reprises, mais qui a survécu et qui est restée elle-même. Elle a conservé son identité, et elle a conservé, malgré les partitions et les occupations étrangères, sa souveraineté nationale, non en s’appuyant sur les ressources de la force physique, mais uniquement en s’appuyant sur sa culture. Cette culture s’est révélée en l’occurrence d’une puissance plus grande que toutes les autres forces.

Ce que je dis ici concernant le droit de la Nation au fondement de sa culture et de son avenir n’est donc l’écho d’aucun « nationalisme », mais il s’agit toujours d’un élément stable de l’expérience humaine et des perspectives humanistes du développement de l’homme. Il existe une souveraineté fondamentale de la société qui se manifeste dans la culture de la Nation. Il s’agit de la souveraineté par laquelle, en même temps, l’homme est suprêmement souverain. Et quand je m’exprime ainsi, je pense également, avec une émotion intérieure profonde, aux cultures de tant de peuples antiques qui n’ont pas cédé lorsqu’ils se sont trouvés confrontés aux civilisations des envahisseurs : et elles restent encore pour l’homme la source de son « être » d’homme dans la vérité intérieure de son humanité.

Je pense aussi avec admiration aux cultures des nouvelles sociétés, de celles qui s’éveillent à la vie dans la communauté de la propre Nation, ― tout comme ma Nation s’est éveillée à la vie il y a dix siècles ― et qui luttent pour maintenir leur propre identité et leurs propres valeurs contre les influences et les pressions de modèles proposés de l’extérieur.

  1. En m’adressant à vous, Mesdames et Messieurs, vous qui vous réunissez en ce lieu depuis plus de trente ans maintenant au nom de la primauté des réalités culturelles de l’homme, des communautés humaines, des peuples et des Nations, je vous dis : veillez, par tous les moyens à votre disposition, sur cette souveraineté fondamentale que possède chaque Nation en vertu de sa propre culture. (…)
  2. Cette souveraineté qui existe et qui tire son origine de la culture propre de la Nation et de la société, du primat de la famille dans l’œuvre de l’éducation, et enfin de la dignité personnelle de tout homme, doit rester le critère fondamental dans la manière de traiter ce problème important pour l’humanité d’aujourd’hui qu’est le problème des moyens de communication sociale, de l’information qui leur est liée, et aussi de ce qu’on appelle la « culture de masse ».

Vu que ces moyens sont les moyens « sociaux » de la communication, ils ne peuvent être des moyens de domination sur les autres, de la part des agents du pouvoir politique comme de celle des puissances financières qui imposent leur programme et leur modèle.

Ils doivent devenir le moyen ― et quel important moyen ! ― d’expression de cette société qui se sert d’eux, et qui en assure aussi l’existence. Ils doivent tenir compte des vrais besoins de cette société. Ils doivent tenir compte de la culture de la Nation et de son histoire. Ils doivent respecter la responsabilité de la famille dans le domaine de l’éducation. Ils doivent tenir compte du bien de l’homme, de sa dignité. Ils ne peuvent pas être soumis au critère de l’intérêt, du sensationnel et du succès immédiat, mais, en tenant compte des exigences de l’éthique, ils doivent servir à la construction d’une vie « plus humaine ».

  1. Genus humanum arte et ratione vivit. On affirme au fond que l’homme est lui-même par la vérité, et devient davantage lui-même par la connaissance toujours plus parfaite de la vérité. Je voudrais ici rendre hommage, Mesdames et Messieurs, à tous les mérites de votre Organisation, et en même temps à l’engagement et à tous les efforts des États et des Institutions que vous représentez, sur la voie de la popularisation de l’instruction à tous les degrés et à tous les niveaux, sur la voie de l’élimination de l’analphabétisme qui signifie le manque de toute instruction même la plus élémentaire, manque douloureux non seulement du point de vue de la culture élémentaire des individus et des milieux, mais aussi du point de vue du progrès socio-économique. »

Source Institut Montalembert

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Saint Jean-Paul II et la miséricorde

A quelques jours du dimanche de la Miséricorde, instituté par saint Jean-Paul II, nous vous proposons une série de réflexions et de textes du pape de la miséricorde.

Le Saint Père Jean-Paul II a été le Pape de la Miséricorde, et son Pontificat a été marqué par le sceau de la Miséricorde dès son commencement.

 

Les tâches mêmes que le Seigneur Jésus transmet à Sainte Soeur Faustine sont montrées par le Saint Père Jean Paul II à l’Eglise toute entière qui doit toujours, particulièrement à l’époque actuelle, professer le Mystère de la Miséricorde Divine et le proclamer devant le monde entier par l’acte, la parole et la prière.

Le résumé de son Apostolat de la Miséricorde est au chapitre : 

Jean-Paul II, Témoin et Messager de la Miséricorde Divine de notre temps.

 

Voici quelques extraits de ses propos sur la Miséricorde :

 

Acte d’abandon à la Miséricorde auteur : Jean-Paul II

 

Seigneur, voilà plus de soixante-cinq ans que Tu m’as fait le don inestimable de la vie, et depuis ma naissance, Tu n ‘as cessé de me combler de Tes grâces et de Ton Amour infini. Au cours de toutes ces années se sont entremêlés de grandes joies, des épreuves, des succès, des échecs, des revers de santé, des deuils, comme cela arrive à tout le monde. Avec Ta grâce et Ton secours, j’ai pu triompher de ces obstacles et avancer vers Toi. Aujourd’hui, je me sens riche de mon expérience et de la grande consolation d’avoir été l’objet de Ton Amour. Mon âme Te chante sa reconnaissance.

 

Mais je rencontre quotidiennement dans mon entourage des personnes âgées que Tu éprouves fortement : elles sont paralysées, handicapées, impotentes et souvent n’ont plus la force de Te prier, d’autres ont perdu l’usage de leurs facultés mentales et ne peuvent plus T’atteindre à travers leur monde irréel. Je vois agir ces gens et je me dis : “Si c’était moi ?”.

 

Alors, Seigneur, aujourd’hui même, tandis que je jouis de la possession de toutes mes facultés motrices et mentales, je T’offre à l’avance mon acceptation à ta Sainte volonté, et dès maintenant je veux que si l’une ou l’autres de ces épreuves m’arrivait, elle puisse servir à Ta gloire et au salut des âmes. Dès maintenant aussi, je Te demande de soutenir de Ta grâce les personnes qui auraient la tâche ingrate de me venir en aide.

 

Si, un jour, la maladie devait envahir mon cerveau et anéantir ma lucidité, déjà, Seigneur, ma soumission est devant Toi et se poursuivra en une silencieuse adoration. Si, un jour, un état d’inconscience prolongée devait me terrasser, je veux que chacune de ces heures que j’aurai à vivre soit une suite ininterrompue d’actions de grâce et que mon dernier soupir soit aussi un soupir d’Amour. Mon âme, guidée à cet instant par la main de Marie, se présentera devant Toi pour chanter Tes louanges éternellement.

 

(Prière de Jean-Paul II écrite pour son anniversaire,  le 18 mai 1985).

 

 Retrouvez les autres nombreux extraits (ici)

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La loi morale serait-elle à deux vitesses ? Thibaud Collin répond au P. Bordeyne : gradualité n’est pas double statut

Les deux derniers synodes sur la famille ont remis en avant le concept évoqué par Jean-Paul II lors du synode de 1980, celui de la gradualité de la loi. Cette dernière, mal comprise et appliquée, peut finir par donner un double statut à la vérité morale, selon que l’homme peut l’appliquer ou non. C’est oublier que pour appliquer la loi de Dieu, la grâce est toujours présente.

Le constat d’un fossé grandissant entre la doctrine morale enseignée par l’Église et la vie concrète des gens avait amené le synode sur la famille de 1980 à valoriser la gradualité. Cela amena saint Jean-Paul II à faire une distinction entre « loi de gradualité » et « gradualité de la loi » (Familiaris consortio, n. 34). Par souci de mieux intégrer l’historicité du sujet moral, le terme est réapparu lors des deux derniers synodes sur la famille. Une pastorale de la miséricorde donnerait la primauté au patient travail de la grâce et permettrait de sortir enfin d’une conception légaliste de la morale centrée sur la binarité permis/défendu. Tous ceux qui se réfèrent à la gradualité citent la fameuse formule de saint Jean-Paul II. Mais la citer suffit-il à l’intégrer ? Comment éviter qu’au nom d’une attention « miséricordieuse » aux personnes ne soit validée une adhésion à la gradualité de la loi morale ?

Dans son livre consacré à la pastorale des fidèles divorcés et remariés civilement le Père Philippe Bordeyne, recteur de l’Institut Catholique de Paris, présente la manière dont le « Pape s’emploie à parcourir de façon nouvelle la tradition morale de l’Église ». Le discernement et l’accompagnement en sont des axes majeurs : « Le cœur du propos du Pape est que la vie morale, telle que toute personne est appelée à la pratiquer au présent en tenant compte de ses possibilités réelles, est une modalité essentielle d’intégration ecclésiale. » (Divorcés remariés. Ce qui change avec François, p. 82, Salvator) Le discernement de la volonté de Dieu lors d’un accompagnement pastoral est en mesure d’apporter la paix. Pourquoi ? « Parce qu’il peut permettre de “découvrir avec une certaine assurance morale” (AL 303) que la qualité de vie morale dans la seconde union est une réponse suffisante aux appels de Dieu ici et maintenant, compte tenu “de la complexité concrète des limitations, même si cette réponse n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif” (AL 303) ». (Idem, p. 83-84)

 Cette compréhension de la pédagogie divine nous semble valider de facto une conception graduelle de la loi morale. Le Père Bordeyne s’en défend car il considère qu’une telle approche pastorale ne remet pas en cause la loi de Dieu. Il la conçoit comme un idéal vers lequel il s’agit de progresser asymptotiquement. L’important serait d’être en marche. Dieu ne peut pas commander l’impossible à l’homme limité par le péché et par la blessure. La notion de discernement est ainsi utilisée pour contourner la reconnaissance d’actes intrinsèquement mauvais, c’est-à-dire d’actes toujours contraires à la volonté de bonheur que Dieu a sur moi. En effet, puisque le discernement porte sur la volonté de Dieu, peut-on imaginer que Dieu veuille, par exemple, que je fornique, que je mente ou que je sois adultère, dans la mesure où il s’agirait de le faire à un rythme moins soutenu qu’auparavant ?

Quel sens au mot loi ?

Tout cela présuppose une confusion sur le mot loi. Dans l’expression « loi de gradualité », le mot loi est de nature anthropologique ; l’être humain a besoin de temps pour acquérir les vertus et intégrer pleinement dans sa subjectivité le dessein de Dieu sur lui. Mais dans le laps de temps, parfois très long, entre la conversion et l’exercice des vertus soutenu par la grâce, la loi de gradualité n’a pas à servir de prétexte pour proportionner la loi de Dieu aux capacités concrètes de la personne. Sinon comment éviter un double statut de la vérité morale ? Dieu se ­contredirait-il en « validant » un discernement opposé à ce qu’Il détermine par sa loi comme étant le vrai bien humain ?

Saint Jean-Paul II envisage clairement cette hypothèse pour la refuser : « En plus du niveau doctrinal et abstrait, il faudrait reconnaître l’originalité d’une certaine considération existentielle plus concrète. Celle-ci, compte tenu des circonstances et de la situation, pourrait légitimement fonder des exceptions à la règle générale et permettre ainsi d’accomplir pratiquement, avec une bonne conscience, ce que la loi morale qualifie d’intrinsèquement mauvais. Ainsi s’instaure dans certains cas une séparation, voire une opposition, entre la doctrine du précepte valable en général et la norme de la conscience de chacun, qui déciderait effectivement, en dernière instance, du bien et du mal. Sur ce fondement, on prétend établir la légitimité de solutions prétendument “pastorales”, contraires aux enseignements du magistère, et justifier une herméneutique “créatrice”, d’après laquelle la conscience morale ne serait nullement obligée, dans tous les cas, par un précepte négatif particulier. » (Veritatis splendor, n. 56)

Mais un Dieu bon peut-il commander « l’impossible » ? Une telle conviction amène beaucoup aujourd’hui à valider de facto, au nom de la miséricorde, une gradualité de la loi, pour réduire la tension très forte entre doctrine (idéal) et pastorale (ce que la conscience accompagnée discerne de ce que Dieu demanderait ici et maintenant). La loi de Dieu est-elle impossible à pratiquer ? Et à l’aune de quel critère cette impossibilité est-elle décrétée ? Dans la continuité de toute la tradition, Jean-Paul II répond : « On peut vaincre les tentations et l’on peut éviter les péchés, parce que, avec les commandements, le Seigneur nous donne la possibilité de les observer. » (Idem, n. 102) Ceux qui disent que les possibilités concrètes rendent parfois inapplicable la loi de Dieu font donc abstraction de la grâce et en restent à une vision pélagienne de la nature de l’homme.

Pour conclure méditons ces paroles du saint pape : « Les possibilités “concrètes” de l’homme ne se trouvent que dans le mystère de la Rédemption du Christ. » « Ce serait une très grave erreur que d’en conclure que la règle enseignée par l’Église est en elle-même seulement un “idéal” qui doit ensuite être adapté, proportionné, gradué, en fonction, dit-on, des pos­sibilités concrètes de l’homme, selon un “équilibrage des divers biens en question”. Mais quelles sont les “possibilités concrètes de l’homme” ? Et de quel homme parle-t-on ? De l’homme dominé par la concupiscence ou bien de l’homme racheté par le Christ ? Car c’est de cela qu’il s’agit : de la réalité de la Rédemption par le Christ. Le Christ nous a rachetés ! Cela signifie : Il nous a donné la possibilité de réaliser l’entière vérité de notre être ; Il a libéré notre liberté de la domination de la concupiscence. » (Idem, n. 103)

 

 Source L’Homme Nouveau

Ce billet a été publié dans L’Homme Nouveau, je commande le numéro

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Message de carême 1998 de Jean-Paul II – Les différents visages de la pauvreté

Venez, les bénis de mon Père, parce que j’étais pauvre, exclu, et que vous m’avez reçu !

1. Chers frères et sœurs,

Chaque année, le Carême nous fait revivre le mystère du Christ « conduit par l’Esprit à travers le désert » (Lc 4, 1). Par cette expérience unique, Jésus témoigna de sa confiance totale en la volonté du Père. L’Église offre aux fidèles ce temps liturgique, pour qu’ils se renouvellent intérieurement par la Parole de Dieu et qu’ils puissent exprimer dans leur vie l’amour que le Christ dépose dans le cœur de celui qui croit en lui.

Cette année, l’Église, qui se prépare au grand Jubilé de l’An 2000, contemple le mystère de l’Esprit Saint. Elle se laisse guider par lui « à travers le désert », pour faire avec Jésus l’expérience de la fragilité de la créature, mais aussi de la proximité de Dieu qui sauve. Le prophète Osée écrit : « Je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur » (Os 2, 16). Le Carême est donc un chemin de conversion dans l’Esprit Saint, pour rencontrer Dieu dans notre vie. En effet, le désert est un lieu de sécheresse et de mort ; il est synonyme de solitude, mais aussi de dépendance de Dieu, de recueillement et de retour à l’essentiel. Pour le chrétien, l’expérience du désert veut dire éprouver personnellement sa petitesse devant Dieu et devenir ainsi plus sensible à la présence de ses frères pauvres.

2. Cette année, je compte proposer à la réflexion de tous les fidèles les paroles inspirées par l’Évangile selon saint Matthieu : « Venez, les bénis de mon Père, parce que j’étais pauvre, exclu, et que vous m’avez reçu ! » (cf. Mt 25, 34-36).

La pauvreté a plusieurs significations. La première, c’est le manque de moyens matériels suffisants. Cette pauvreté, qui confine à la misère pour beaucoup de nos frères, constitue un scandale. Elle prend des formes multiples et se trouve liée à des phénomènes douloureux et variés : la privation des moyens de subsistance nécessaires et des soins médicaux indispensables ; le manque d’une maison à habiter ou son inadaptation, avec les situations de promiscuité qui en découlent ; pour les plus faibles, la mise à l’écart de la société et, pour les chômeurs, l’exclusion des cycles de production ; la solitude de celui qui ne peut compter sur personne ; la condition d’exilé loin de sa patrie ou de victime de la guerre ou de ses blessures ; la mauvaise répartition des salaires ; l’absence de famille avec les graves conséquences qui en résultent, comme la drogue et la violence. L’homme qui est privé du nécessaire pour vivre est humilié : il y a là un drame face auquel la conscience de celui qui a la possibilité d’intervenir ne peut rester indifférente.

Il existe une autre pauvreté, tout aussi grave ; elle consiste dans le manque non de moyens matériels, mais de nourriture spirituelle, de réponse aux questions essentielles, d’espérance pour l’existence. Cette pauvreté qui affecte l’esprit provoque de très vives souffrances. Nous avons sous les yeux les conséquences, souvent tragiques, d’une existence vidée de son sens. Cette forme de misère se manifeste surtout dans les milieux où l’homme vit dans le bien-être, où il est matériellement rassasié mais spirituellement privé de finalité. Cela confirme la parole du Seigneur dans le désert : « Ce n’est pas seulement de pain que vit l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4, 4). Au fond de son cœur, l’homme demande un sens, il demande un amour.

La réponse à cette pauvreté, c’est l’annonce, traduite par les actes, de l’Évangile qui sauve, qui illumine même les ténèbres de la souffrance, parce qu’il répand l’amour et la miséricorde de Dieu. C’est, en dernière analyse, la faim de Dieu qui dévore l’homme : sans le réconfort qui vient de Lui, l’être humain se trouve abandonné à lui-même, dans le besoin parce que privé de la source d’une vie véritable.

Depuis toujours, l’Église combat toutes les formes de pauvreté, parce qu’elle est Mère et qu’elle veut que chaque homme puisse vivre pleinement sa dignité de fils de Dieu. Le temps du Carême est particulièrement indiqué pour rappeler aux membres de l’Église leur engagement en faveur de leurs frères.

3. La sainte Écriture contient des rappels fréquents de la sollicitude à l’égard du pauvre, car Dieu même est présent en lui : « Celui qui fait la charité au pauvre prête au Seigneur qui paiera le bienfait de retour » (Pr 19, 17). La révélation du Nouveau Testament nous enseigne à ne pas mépriser le pauvre, parce que le Christ s’identifie à lui. Dans les sociétés de l’opulence et dans un monde toujours plus marqué par un matérialisme pratique qui envahit tous les domaines de la vie, nous ne pouvons oublier les paroles fortes par lesquelles le Christ admoneste les riches (cf. Mt 19, 23-24 ; Lc 6, 24-25 ; 16, 19-31). En particulier, nous ne pouvons oublier qu’il s’est lui-même « fait pauvre », pour que nous devenions « riches par sa pauvreté » (2 Co 8, 9). Le Fils de Dieu « se dépouilla lui-même en prenant la condition d’un esclave […] ; il s’abaissa lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (Ph 2, 7-8). Le Christ ayant pris sur lui la réalité humaine dans tous ses aspects, y compris ceux de la pauvreté, de la souffrance et de la mort, toute personne peut se retrouver en lui.

Le Christ qui s’est fait pauvre a voulu s’identifier à tout pauvre. Ainsi, le jugement dernier, dont les paroles inspirent le thème de ce message, voit le Christ bénir celui qui a reconnu son visage dans le pauvre : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). C’est pourquoi celui qui aime Dieu en vérité reçoit le pauvre. Il sait en effet que Dieu a pris cette condition et cela pour être jusqu’au bout solidaire des hommes. L’accueil du pauvre est le signe de la vérité de l’amour pour le Christ, comme le montre saint François qui embrasse le lépreux, parce qu’il a reconnu en lui le Christ souffrant.

4. Tout chrétien se sent appelé à partager la peine et la difficulté de l’autre, en qui Dieu lui-même se cache. Mais s’ouvrir aux nécessités du frère implique un accueil sincère, qui n’est possible que par une attitude personnelle de pauvreté en esprit. En effet, la pauvreté n’est pas seulement négative. Il existe aussi une pauvreté bénie de Dieu. C’est celle que l’Évangile appelle « bienheureuse » (Mt 5, 3). Grâce à elle, le chrétien reconnaît que son salut ne vient que de Dieu et il se rend disponible pour accueillir et servir son frère, le jugeant « supérieur à lui-même » (Ph 2, 3). L’attitude de pauvreté spirituelle est le fruit du cœur nouveau donné par Dieu et, pendant le temps du Carême, ce fruit doit mûrir par des attitudes concrètes, telles que l’esprit de service, la disponibilité à chercher le bien de l’autre, la volonté de communion avec le frère, l’engagement à combattre l’orgueil qui nous referme sur nous-mêmes face à notre prochain.

Ce climat d’accueil est devenu d’autant plus nécessaire que nous assistons à notre époque à diverses formes de refus de l’autre. Elles se manifestent gravement dans le problème des millions de réfugiés et d’exilés, dans le phénomène de l’intolérance raciale à l’égard de personnes dont la seule « faute » est de chercher du travail et de meilleures conditions de vie hors de leur patrie, dans la peur de tout ce qui est différent et donc perçu comme une menace. La Parole du Seigneur prend ainsi une nouvelle actualité face aux nécessités de tant de personnes qui demandent un logement, qui luttent pour avoir un emploi, qui cherchent à donner une éducation à leurs enfants. Les accueillir reste un défi pour la communauté chrétienne, qui ne peut que se sentir engagée à faire en sorte que chaque homme puisse trouver des conditions de vie correspondant à sa dignité de fils de Dieu.

En ce temps du Carême, j’exhorte tout chrétien à rendre visible sa conversion personnelle par un signe concret d’amour à l’égard de ceux qui sont dans le besoin, reconnaissant en eux le visage du Christ qui lui répète, dans un dialogue personnel : « J’étais pauvre, j’étais exclu… et tu m’as reçu ».

5. C’est aussi grâce à cet engagement que la lumière de l’espérance se rallumera en de nombreuses personnes. Quand l’Église se met avec le Christ au service de l’homme qui est dans le besoin, elle ouvre les cœurs pour entrevoir une nouvelle espérance, au-delà du mal et de la souffrance, au-delà du péché et de la mort. En effet, les maux qui nous affligent, l’étendue des problèmes, le nombre immense de ceux qui souffrent représentent des limites humainement infranchissables. L’Église offre son aide, notamment matérielle, pour lever ces difficultés, mais elle sait qu’elle peut et qu’elle doit donner bien davantage : ce qu’on attend d’elle, c’est surtout une parole d’espérance. Là où les moyens matériels ne peuvent pas soulager la misère, par exemple dans le cas de maladies du corps ou de l’esprit, l’Église annonce au pauvre l’espérance qui vient du Christ. En ce temps de préparation à Pâques, je veux reprendre cette annonce. Au cours de l’année que l’Église consacre à la vertu d’espérance, dans la perspective du Jubilé de l’An 2000, je redis à tous les hommes, mais spécialement à ceux qui se sentent pauvres, seuls, souffrants, exclus, les paroles de la séquence pascale : « Le Christ, mon espérance, est ressuscité ». Il a vaincu le mal qui réduit l’homme à l’abrutissement, le péché qui lui ferme le cœur par l’égoïsme, la peur de la mort qui le menace.

Dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, nous entrevoyons une lumière pour tout homme. Ce message de Carême est une invitation à ouvrir les yeux sur la pauvreté d’un grand nombre. Il veut aussi indiquer le chemin pour rencontrer à Pâques le Christ qui, donné en nourriture, inspire à nos cœurs confiance et espérance. C’est pourquoi je souhaite que le Carême de cette année 1998 devienne pour tout chrétien l’occasion de se faire pauvre avec le Fils de Dieu, pour être un instrument de son amour au service de nos frères qui sont dans le besoin.

Du Vatican, le 9 septembre 1997

 

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En France #NLH #NLQ

Prière de Jean-Paul II pour la France

Les élections approchent, la France a besoin de prières… La Famille missionnaire l’Evangile de la Vie a édité des petites images contenant des textes de prières pour la France. Vous pouvez les commander ici et participer à leur diffusion.

En attendant que vous puissiez la recevoir, nous reproduisons pour vous la prière que saint Jean-Paul II avait écrite pour la France, à l’occasion de sa venue à Reims en 1996 : 

PRIÈRE À LA VIERGE MARIE POUR LA FRANCE,
AU JOUR ANNIVERSAIRE DU XVème CENTENAIRE DE SON BAPTÊME 

En ce jour solennel, nous Te présentons, 
ô Vierge très Sainte, tes fils et tes filles de France. 
Garde l’Eglise sur cette terre dans la fidélité à l’Evangile de ton Fils, 
dans l’unité de la foi et le dynamisme de l’Espérance.

Fais des baptisés de ce peuple des témoins courageux 
de la Vérité et des bâtisseurs de Paix.

Mère admirable, étends ton manteau de tendresse 
sur les familles de cette terre, 
afin qu’elles connaissent le bonheur d’aimer et de transmettre la vie.

Vierge fidèle, aide les jeunes que je vois ici si nombreux, 
aide les jeunes à avancer dans la vie.
Aide les jeunes car ils sont l’espérance et la joie de l’Eglise, 
de votre pays, de la France !
Aide les fils de l’Eglise en France à faire face 
aux difficultés de cette époque dans une loyale collaboration 
avec leurs compatriotes qui appartiennent 
à d’autres traditions religieuses ou à d’autres familles d’esprit.

Toi qui as donné au monde le Christ Sauveur, 
ouvre les coeurs à toute détresse, 
inspire à chacun des gestes de la solidarité et de l’accueil à l’égard 
des frères de nations plus démunies.

O Notre-Dame, Patronne de la France, 
Toi qui as célébré les merveilles du Seigneur, 
Toi qui as chanté la fidélité de Dieu aux promesses faites à nos pères, nous Te bénissons, 
car Tu es celle qui a cru en l’accomplissement de la Parole de Dieu 
et en son Amour qui s’étend d’âge en âge.

Ainsi soit-il.

JEAN PAUL II
le 22 septembre 1996 – Reims

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Message de carême 1979 – Saint Jean-Paul II – Qu’est devenu le carême ?

Vous vous posez la question : « qu’est devenu le Carême ? » La privation toute relative de nourriture, pensez-vous, ne signifie pas grand chose, alors que tant de nos frères et de nos sœurs, victimes de guerres ou de catastrophes, souffrent tellement, physiquement et moralement.

Le jeûne concerne l’ascèse personnelle, toujours nécessaire, mais l’Église demande aux baptisés de marquer aussi autrement ce Temps liturgique. Le Carême a, en effet, pour nous, une signification : il doit manifester aux yeux du monde que le Peuple de Dieu tout entier, parce que pécheur, se prépare dans la Pénitence à revivre liturgiquement la Passion, la Mort et la Résurrection du Christ. Ce témoignage public et collectif a sa source dans l’esprit de Pénitence de chacun de nous et il nous entraîne aussi à approfondir intérieurement ce comportement et à mieux le motiver.

Se priver, c’est non seulement donner de son superflu, mais encore parfois de son nécessaire comme la veuve de l’Évangile qui savait que son obole était déjà un don reçu de Dieu. Se priver, c’est se libérer des servitudes d’une civilisation qui nous incite à toujours plus de confort et de consommation, sans même se soucier de la préservation de notre environnement, patrimoine commun de l’humanité.

Vos communautés ecclésiales vous convient à prendre part à des « Campagnes de Carême » ; elles vous aident ainsi à orienter l’exercice de votre esprit de Pénitence en partageant ce que vous possédez avec ceux qui ont moins ou qui n’ont rien.

Peut-être restez-vous encore inactifs sur la place parce que personne ne vous a conviés à travailler ? Le chantier de la Charité chrétienne manque d’ouvriers ; l’Église vous y appelle. N’attendez pas qu’il soit trop tard pour secourir le Christ qui est en prison ou sans vêtements, le Christ qui est persécuté ou réfugié, le Christ qui a faim ou qui est sans logement. Aidez nos frères et nos sœurs qui manquent du minimum nécessaire à sortir de conditions inhumaines et à accéder à une véritable promotion humaine.

Vous tous qui êtes décidés à porter ce témoignage évangélique de pénitence et de partage, je vous bénis au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

 

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A la une #Doctrine / Formation #NLQ

Message de carême de Jean-Paul II 2005 – “réfléchissons sur l’importance pour chaque communauté d’accompagner les personnes vieillissantes, avec amour et compréhension”

Très chers Frères et Sœurs !

1. Chaque année, le Carême se propose à nous comme un temps propice à l’intensification de la prière et de la pénitence, en ouvrant notre cœur pour accueillir docilement la volonté divine. Le Carême nous indique un itinéraire spirituel qui nous prépare à revivre le grand mystère de la mort et de la résurrection du Christ, à travers surtout une écoute plus assidue de la Parole de Dieu et la pratique plus généreuse de la mortification, grâce à laquelle il nous est possible d’aider davantage notre prochain dans le besoin.

Je désire, cette année, proposer à votre attention, chers Frères et Sœurs, un thème plus que jamais actuel, et qui se trouve bien illustré par les versets suivants du Deutéronome : “Car là est ta vie, ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre ” (30,20). Ce sont les mots que Moïse adresse au peuple pour l’inviter à nouer l’alliance avec Yahvé dans le pays de Moab, “pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant a lui” (30,19-20). La fidélité à cette alliance divine est pour Israël la garantie de l’avenir “sur la terre que Yahvé a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner” (30,20). Dans la vision de la Bible, atteindre l’âge mûr est un signe de la bénédiction aimante du Très-Haut. La longévité apparaît ainsi comme un don divin particulier.

Je voudrais vous inviter à réfléchir sur ce thème pendant le Carême, pour approfondir la conscience du rôle que les personnes âgées sont appelées à jouer dans la société et dans l’Eglise, et pour disposer ainsi votre âme à cet accueil aimant qu’elles doivent recevoir. Dans la société moderne, grâce aussi à la contribution des sciences et de la médecine, on constate un prolongement de la vie humaine et, par conséquent, une augmentation du nombre des personnes âgées. Cela demande une attention plus spécifique au monde  dit du “troisième âge”, afin d’aider ses membres à vivre pleinement leurs potentialités, en les mettant au service de la communauté tout entière. Les fidèles doivent avoir à cœur de soigner les personnes âgées, surtout lorsqu’elles connaissent des moments difficiles, spécialement dans les Communautés ecclésiales des sociétés occidentales, où le problème existe de façon particulière.

2. La vie de l’homme est un don précieux, qu’il faut aimer et défendre dans chacune de ses étapes. Le commandement “Tu ne tueras pas” demande qu’elle soit respectée et promue, toujours, depuis son début jusqu’à son crépuscule naturel. C’est un commandement qui vaut aussi en présence de la maladie, et lorsque l’affaiblissement de ses forces réduit l’être humain à ne plus être autonome. Si le vieillissement et ses limites inévitables sont accueillis en toute sérénité, à la lumière de la foi, ils peuvent devenir de précieuses occasions pour mieux comprendre le mystère de la Croix qui donne pleinement son sens à l’existence humaine.

La personne âgée a besoin d’être comprise et aidée dans cette perspective. Je veux dire ici combien j’apprécie tous ceux qui font leur possible pour satisfaire ces exigences et j’exhorte aussi toutes les personnes de bonne volonté à vouloir profiter du Carême pour apporter leur contribution personnelle. Cela permettra à bien des personnes âgées de ne pas se sentir un poids pour la communauté et, parfois même, pour leurs familles, dans une situation de solitude qui les expose à la tentation de se refermer sur soi et de se décourager.

Il faut s’engager à faire grandir dans l’opinion publique la conscience que les personnes âgées constituent, dans tous les cas, une ressource qui doit être mise en valeur. Aussi, faut-il renforcer les soutiens économiques et les initiatives législatives qui leur permettent de ne pas être exclues de la vie sociale. Pour dire la vérité, au cours des dernières décennies, la société est devenue plus attentive à leurs exigences, et la médecine a développé des soins palliatifs qui, dans une approche intégrale du malade, se révèlent particulièrement bénéfiques pour les malades hospitalisés à long terme.

3. Disposant de plus de temps à ce stade de leur existence, les personnes âgées ont l’occasion d’affronter des questions de fond qui avaient été sans doute négligées auparavant, en raison d’intérêts pressants ou reconnus comme prioritaires. La conscience de se rapprocher du but final pousse les personnes âgées à se concentrer sur ce qui est essentiel, en reconnaissant l’importance de tout ce qui n’est pas détruit par l’usure des ans.

C’est justement à cause de la condition qui est la leur que les personnes âgées peuvent jouer un rôle dans la société. S’il est vrai que chacun et chacune vit de l’héritage de ceux qui l’ont précédé, et que son avenir dépend de façon déterminante de la manière dont lui ont été transmises les valeurs de la culture de son peuple d’appartenance, la sagesse et l’expérience des personnes âgées peuvent illuminer son avancée sur la route du progrès qui mène à une forme de civilisation toujours plus complète.

Combien il est important de redécouvrir cet enrichissement mutuel des différentes générations ! Avec son invitation ferme à la conversion et à la solidarité, le Carême nous conduit cette année à nous concentrer sur ces thèmes importants qui concernent tous les hommes. Qu’arriverait-il si le Peuple de Dieu acceptait une certaine mentalité courante qui considère ces frères et ces sœurs âgés comme quasiment inutiles, lorsqu’ils se retrouvent avec des capacités réduites par les inconvénients de l’âge ou de la maladie ? Et au contraire, combien la communauté serait différente, à commencer par la famille, si elle s’efforçait de rester toujours ouverte et accueillante à leur égard !

4. Très chers Frères et Sœurs : pendant ce Carême, et en nous aidant de la Parole de Dieu, réfléchissons sur l’importance pour chaque communauté d’accompagner les personnes vieillissantes, avec amour et compréhension. Il faut, en outre, nous habituer à concevoir le mystère de la mort avec confiance, pour que la rencontre définitive avec Dieu se réalise dans un climat de paix intérieure, avec la conscience que nous sommes accueillis par Celui “qui nous a tissé au sein de notre mère” (cf. Ps 139,13b) et qui a voulu que nous soyons “à son image comme sa ressemblance” (cf. Gn 1,26).

Que Marie, notre guide tout au long de cet itinéraire quadragésimal, conduise tous les croyants, et spécialement les plus âgés, à une connaissance toujours plus profonde du Christ mort et ressuscité, raison ultime de notre existence. Qu’elle intercède pour chacun de nous, elle, la Servante fidèle de son divin Fils, avec sainte Anne et saint Joachim, “maintenant et à l’heure de notre mort”.

A tous, je donne ma Bénédiction apostolique !

Du Vatican, le 8 septembre 2004

 

Sorties/Animations

“L’appel, don et mystère” : le jeu scénique retraçant la vie de Jean Paul II en tournée

Il y a quelques jours, nous vous annoncions la mise en scène, par la jeunesse franciscaine de Bitche, d’un jeu scénique retraçant la vie de saint Jean Paul II et présentant le chemin parcouru par Karol Wojtyla pour répondre à l’appel de Dieu (voir notre article à ce sujet).

Aujourd’hui, ces jeunes souhaitent pouvoir faire bénéficier de ce spectacle au plus grand nombre en partant en tournée. Plusieurs dates ont d’ores et déjà été planifiées :

12 février : STRASBOURG : Eglise St Pierre le Jeune catholique – 16h30
13 février : SARREGUEMINES : Eglise du Blauberg – 20h
14 février : NANCY : Eglise Ste Bernadette – 20h30
15 février : BRUXELLES :l’église Notre Dame de Stockel – 20h30
17 février : PARIS : Eglise ND du Travail (15e) – 20h30
18 février : METZ : Eglise St Martin – 20h30

Pour pouvoir faire profiter au plus grand nombre, et toucher le plus de coeurs possibles (mais ça c’est le Seigneur !), ils ont fait le choix d’une participation libre pour le jeu scénique. Pour finaliser ce projet, ils ont donc besoin de votre aide ! La mise en place du spectacle et de la tournée nécessite effectivement de nombreuses dépenses… Si vous acceptez de contribuer à ce beau projet, c’est par ici !

 

 

Doctrine / Formation #NLQ #Théologie

Relisons la Lettre aux enfants de saint Jean-Paul II

 

En ce temps de Noël, alors que la famille est attaquée de tous les côtés, un lecteur nous propose de relire et faire partager à notre progéniture la lettre aux enfants de saint Jean-Paul II, promulguée le 13 décembre 1994.

« Mes chers enfants,

Jésus est né

D’ici quelques jours, nous célébrerons Noël, une fête vécue intensément par tous les enfants dans chaque famille. Cette année, ce sera une plus grande fête encore, parce que c’est l’Année de la Famille. Avant qu’elle ne s’achève, je désire m’adresser à vous, enfants du monde entier, pour partager avec vous la joie de cet événement riche de sens.

Noël, c’est la fête d’un Enfant, d’un nouveau-né. C’est donc votre fête ! Vous l’attendez avec impatience et vous vous y préparez avec joie, en comptant les jours et presque les heures qui vous séparent de la sainte Nuit de Bethléem.

Il me semble que je vous vois : vous préparez la crèche, à la maison, à la paroisse, en tout lieu du monde, en reconstituant le climat et le cadre de la naissance du Sauveur. C’est vrai ! Au moment de Noël, l’étable et la mangeoire occupent dans l’Église la première place. Et tous se dépêchent d’y aller en pèlerinage spirituel, comme les bergers dans la nuit de la naissance de Jésus. Plus tard, ce sont les Mages qui viendront de l’Orient lointain, en suivant l’étoile, jusqu’à l’endroit où a été déposé le Rédempteur de l’univers.

Et vous aussi, pendant le temps de Noël, vous visitez les crèches en vous arrêtant pour regarder l’Enfant déposé sur la paille. Vous fixez votre regard sur sa Mère, sur saint Joseph, gardien du Rédempteur. En contemplant la Sainte Famille, vous pensez à votre famille, celle où vous êtes venus au monde. Vous pensez à votre maman, qui vous a mis au jour, et à votre papa. Ils prennent soin de la vie de la famille et de votre éducation. En effet, la mission des parents n’est pas seulement d’avoir des enfants, mais aussi de les éduquer dès leur naissance.

Mes chers enfants, je vous écris en pensant à l’époque où, voici bien des années, j’étais un enfant comme vous. Je vivais alors moi aussi dans le climat de paix de Noël, et, quand brillait l’étoile de Bethléem, je me dépêchais d’aller à la crèche avec mes camarades, pour revivre ce qui s’est passé il y a deux mille ans en Palestine. Nous, les enfants, nous exprimions notre joie d’abord par le chant. Comme ils sont beaux et émouvants, les chants de Noël, dont la tradition de tous les peuples entoure la crèche ! Que d’idées profondes y sont contenues, et surtout quelle joie, quelle tendresse ils expriment pour l’Enfant divin venu au monde dans la nuit sainte !

Les jours qui suivent la naissance de Jésus sont également des jours de fête : ainsi, huit jours plus tard, on rappelle que, comme le voulait la tradition de l’Ancien Testament, l’Enfant reçut un nom : il fut appelé Jésus. Quarante jours plus tard, on commémore sa présentation au Temple, comme cela se faisait pour chaque fils aîné en Israël. A cette occasion, il y eut une rencontre extraordinaire : quand la Vierge Marie arriva au Temple avec l’Enfant, le vieillard Syméon vint au-devant d’elle ; il prit dans ses bras le petit Jésus et prononça ces paroles prophétiques : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple » (Lc 2, 29-32). Puis, s’adressant à Marie, sa mère, il ajouta : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre » (Lc 2, 34-35). Ainsi donc, dès les premiers jours de la vie de Jésus retentit l’annonce de la Passion, à laquelle sera un jour associée sa Mère, Marie : le Vendredi saint, elle se tiendra silencieuse au pied de la Croix de son Fils. D’ailleurs, il ne faudra pas attendre longtemps après la naissance pour voir le petit Jésus exposé à un grand danger : le cruel roi Hérode ordonnera de tuer les enfants de moins de deux ans et Jésus sera obligé de fuir en Égypte avec ses parents.

Je suis certain que vous connaissez bien ces événements liés à la naissance de Jésus. Vous en entendez le récit par vos parents, par les prêtres, les professeurs, les catéchistes, et, chaque année, vous les revivez spirituellement au cours des fêtes de Noël, avec toute l’Église. Vous savez donc les aspects dramatiques de l’enfance de Jésus.

Mes chers amis, dans l’histoire de l’Enfant de Bethléem, vous pouvez reconnaître le sort des enfants du monde entier. S’il est vrai qu’un enfant représente non seulement la joie de ses parents, mais aussi celle de l’Église et de la société tout entière, il est vrai également qu’à notre époque il y a malheureusement beaucoup d’enfants qui, en divers endroits du monde, souffrent et sont menacés : ils endurent la faim et la misère, ils meurent de maladie et de malnutrition, ils tombent victimes des guerres, ils sont aban- donnés par leurs parents et condamnés à rester sans toit, privés de la chaleur de leur famille ; ils subissent de nombreuses formes de violence et d’oppression de la part des adultes. Comment est-il possible de rester in- différent face à la souffrance de tant d’en- fants, surtout quand, d’une manière ou d’une autre, elle est provoquée par les adultes ?

Jésus donne la Vérité

L’Enfant, qu’à Noël nous contemplons déposé dans la mangeoire, a grandi avec les années. A douze ans, comme vous le savez, il se rendit pour la première fois, avec Marie et Joseph, de Nazareth à Jérusalem à l’occasion de la fête de Pâques. Là, perdu dans la foule des pèlerins, il se sépara de ses parents et, avec ses autres camarades, il se mit à écouter les Docteurs du Temple, comme pour une « leçon de catéchisme ». En effet, les fêtes étaient de bonnes occasions pour transmettre la foi aux jeunes qui avaient plus ou moins l’âge de Jésus. Mais il arriva que, pendant cette rencontre, l’Adolescent extraordinaire venu de Nazareth ne se contenta pas de poser des questions très intelligentes : il com- mença lui-même à donner des réponses profondes à ceux qui étaient ses maîtres. Plus encore que les questions, les réponses stupéfièrent les Docteurs du Temple. C’est le même étonnement qui, par la suite, accom- pagnerait la prédication publique de Jésus : l’épisode du Temple de Jérusalem n’était que le début et, pour ainsi dire, la préfiguration de ce qui arriverait quelques années plus tard.

Chers jeunes qui avez le même âge que Jésus alors, douze ans, ne pensez-vous pas ici aux cours de catéchisme qui se donnent à la paroisse ou à l’école, des cours auxquels vous êtes invités à prendre part ? Je voudrais vous poser quelques questions : quelle est votre attitude à l’égard des cours de catéchisme ? Y participez-vous autant que Jésus au Temple à douze ans ? Avez-vous à cœur de les suivre à l’école ou en paroisse ? Vos parents vous y aident-ils ?

A l’âge de douze ans, Jésus fut tellement absorbé par cette catéchèse dans le Temple de Jérusalem qu’il alla presque jusqu’à en oublier ses parents eux-mêmes. Marie et Joseph, qui cheminaient avec d’autres pèlerins sur la route du retour vers Nazareth, se rendirent compte bien vite de son absence. Les recherches furent longues. Ils revinrent sur leurs pas et c’est seulement le troisième jour qu’ils réussirent à le trouver à Jérusalem, dans le Temple. « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! » (Lc 2, 48). Comme la réponse de Jésus est étrange, et comme elle fait réfléchir ! « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? – leur dit-il – Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être » (Lc 2, 49). C’était une réponse difficile à accepter. L’évangéliste Luc ajoute simplement que Marie « gardait dans son cœur tous ces événements » (2, 51). En effet, c’était une réponse qui n’allait devenir compréhensible que plus tard, quand Jésus, adulte, commencerait à prêcher, en déclarant qu’il était prêt, pour son Père des cieux, à faire face à toute souffrance et même à la mort sur la croix.

De Jérusalem, Jésus retourna avec Marie et Joseph à Nazareth où il vécut en leur étant soumis (cf. Lc 2, 51). Pendant cette période, qui précède le début de sa prédication pu- blique, l’Évangile note seulement qu’il « grandissait en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes » (Lc 2, 52).

Chers jeunes, chez l’Enfant que vous admirez dans la crèche, sachez déjà voir le garçon de douze ans qui parle dans le Temple de Jérusalem avec les Docteurs. C’est le même homme, adulte, qui plus tard, à trente ans, commencera à annoncer la Parole de Dieu, choisira les douze Apôtres, sera suivi par des foules assoiffées de vérité. Il confirmera à chaque pas son enseignement exceptionnel par les signes de la puissance divine : il rendra la vue aux aveugles, guérira les malades, ressuscitera même les morts. Et parmi les morts rappelés à la vie, il y aura la fille de Jaïre, âgée de douze ans, il y aura le fils de la veuve de Naïn, rendu vivant à sa mère en larmes.

C’est bien ainsi que cela s’est passé : cet Enfant qui vient de naître, une fois devenu grand, Maître de la Vérité divine, montrera une extraordinaire affection pour les enfants. Il dira aux Apôtres : « Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas », et il ajoutera : « Car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent » (Mc 10, 14). Une autre fois, comme les Apôtres discutaient sur la question de savoir qui était le plus grand, il leur présentera un enfant et leur dira : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux » (Mt 18, 3). En cette occasion, il donnera aussi cet avertissement avec la plus grande sévérité : « Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on l’engloutisse en pleine mer » (Mt 18, 6).

Comme l’enfant est important aux yeux de Jésus ! On pourrait même faire remarquer que l’Évangile est traversé en profondeur par la vérité sur l’enfant. On pourrait aller jusqu’à le lire dans son ensemble comme l’« Évangile de l’enfant ».

Que veut dire en effet : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux » ? Jésus ne fait-il pas de l’enfant un modèle même pour les adultes ? Chez l’enfant, il y a quelque chose qui ne doit jamais faire défaut à celui qui veut entrer dans le Royaume des cieux. Le ciel est promis à tous ceux qui sont simples comme les enfants, à tous ceux qui, comme eux, sont remplis d’un esprit d’abandon dans la confiance, purs et riches de bonté. Eux seuls peuvent retrouver en Dieu un Père et devenir à leur tour, grâce à Jésus, des fils de Dieu.

N’est-ce pas là le grand message de Noël ? Nous lisons chez saint Jean : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » (1, 14) ; et encore : « Tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (1, 12). Enfant de Dieu ! Vous, chers jeunes, vous êtes les fils et les filles de vos parents. Or, Dieu veut que nous soyons tous ses fils adoptifs par grâce. C’est là que réside la vraie source de la joie de Noël, dont je vous parle au terme de l’Année de la Famille. Réjouissez-vous de cet « Évan- gile de la filiation divine ». Dans cette joie, que les prochaines fêtes de Noël portent beaucoup de fruits, en l’Année de la Famille !

Jésus se donne lui-même

Chers amis, la première communion est sans aucun doute une rencontre inoubliable avec Jésus ; c’est un jour qu’il faut se rappeler comme l’un des plus beaux de sa vie. L’Eucharistie, instituée par le Christ la veille de sa Passion, au cours de la dernière Cène, est un sacrement de la Nouvelle Alliance, et c’est même le plus grand des sacrements. Le Seigneur s’y donne en nourriture des âmes sous les espèces du pain et du vin. Les enfants le reçoivent solennellement une première fois – précisément à la première communion – et ils sont invités à le recevoir par la suite le plus souvent possible pour rester dans une relation d’amitié intime avec Jésus.

Pour accéder à la communion, il faut, comme vous le savez, avoir reçu le baptême : c’est le premier des sacrements et le plus nécessaire pour le salut. C’est un grand événement que le baptême ! Au cours des premiers siècles de l’Église, quand c’étaient surtout des adultes qui recevaient le baptême, la cérémonie s’achevait par la participation à l’Eucharistie et elle avait la solennité qui accompagne aujourd’hui la première communion. Par la suite, quand on commença à donner le baptême surtout aux nouveau-nés – c’est aussi le cas de beaucoup d’entre vous, chers enfants, qui ne pouvez pas vous rappeler le jour de votre baptême -, la fête la plus solennelle fut reportée au moment de la première communion. Tout garçon et toute fille de famille catholique connaît bien cette coutume : la première communion est vécue comme une grande fête de famille. Ce jour-là, avec le premier communiant, ses parents, ses parrain et marraine, ses frères et sœurs ont part à l’Eucharistie, et parfois les professeurs et les éducateurs aussi.

En outre, le jour de la première communion est une grande fête dans la paroisse. Je me rappelle comme si c’était hier le jour où, avec mes camarades, je reçus pour la première fois l’Eucharistie dans l’église paroissiale de ma ville natale. On a l’habitude de fixer cet événement par une photographie de famille, pour qu’il ne soit pas oublié. De telles photos suivent en général une personne pendant le reste de ses jours. Avec le temps, on revit, en tournant les pages de l’album, l’atmosphère de ces moments ; on revient à la pureté et à la joie que l’on a éprouvées dans la rencontre de Jésus, qui, par amour, s’est fait Rédempteur de l’homme.

Dans l’histoire de l’Église, l’Eucharistie a été pour bien des enfants une source de force spirituelle, parfois même d’héroïsme ! Comment ne pas rappeler, par exemple, le souvenir de jeunes saints, garçons et filles, qui ont vécu au cours des premiers siècles et sont aujourd’hui encore connus et vénérés dans toute l’Église ? Sainte Agnès, qui vécut à Rome, sainte Agathe, martyrisée en Sicile, saint Tarcisius, un jeune garçon appelé à juste titre martyr de l’Eucharistie parce qu’il préféra mourir plutôt que d’abandonner Jésus qu’il portait avec lui sous les espèces du pain.

Ainsi, tout au long des siècles jusqu’en notre temps, il ne manque pas d’enfants et de jeunes parmi les saints et les bienheureux de l’Église. De même que, dans l’Évangile, Jésus montre une confiance particulière à l’égard des enfants, ainsi sa mère, Marie, n’a pas manqué de réserver aux petits, au cours de l’histoire, sa sollicitude maternelle. Pensez à sainte Bernadette de Lourdes, aux enfants de La Salette et, en notre siècle, à Lucie, François et Jacinthe de Fatima.

Je vous parlais à l’instant de l’« Évangile de l’enfant » : n’a-t-il pas trouvé à notre époque une expression particulière dans la spiritualité de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ? C’est bien vrai : Jésus et sa Mère choisissent souvent des enfants pour leur confier des missions de grande importance pour la vie de l’Église et de l’humanité. Je n’en ai nommé que quelques-uns qui sont universellement connus, mais il en existe bien d’autres qui sont moins célèbres ! Le Rédempteur de l’humanité semble partager avec eux sa sollicitude pour les autres, pour les parents et pour leurs camarades, garçons et filles. Il attend tellement leur prière ! Quel pouvoir immense a la prière des enfants ! Elle devient un modèle pour les adultes eux-mêmes : prier avec une confiance simple et totale veut dire prier comme savent prier les enfants.

J’en viens maintenant à un point important de ma lettre : au terme de l’Année de la Famille, c’est à votre prière, chers petits amis, que je désire confier les problèmes de votre famille et de toutes celles du monde. Et ce n’est pas tout : j’ai encore d’autres intentions à vous recommander. Le Pape compte beaucoup sur votre prière. Nous devons prier ensemble, prier beaucoup, afin que l’humanité, formée de plusieurs milliards d’êtres humains, devienne toujours davantage la famille de Dieu et puisse vivre dans la paix. J’ai rappelé en commençant les indicibles souffrances que tant d’enfants ont connues en ce siècle, et celles que beaucoup d’entre eux continuent à subir aujourd’hui. Com- bien tombent en ces jours, victimes de la haine qui sévit en diverses régions de la terre, dans les Balkans, par exemple, et dans certains pays d’Afrique ! C’est précisément en méditant sur ces événements, qui remplissent nos cœurs de douleur, que j’ai décidé de vous demander, chers enfants, chers jeunes, de vous charger de prier pour la paix. Vous le savez bien : l’amour et la concorde construisent la paix, la haine et la violence la détruisent. Instinctivement, vous fuyez la haine et vous êtes attirés par l’amour : c’est pourquoi le Pape est certain que vous ne repousserez pas sa demande, mais que vous vous unirez à sa prière pour la paix dans le monde avec l’enthousiasme que vous mettez à prier pour la paix et pour la concorde dans vos familles.

Louez le nom du Seigneur !

Permettez, chers enfants, qu’au terme de cette Lettre je vous rappelle les paroles d’un psaume qui m’ont toujours ému : Laudate pueri Dominum ! Louez, enfants du Seigneur, louez le nom du Seigneur. Béni soit le nom du Seigneur, maintenant et pour toujours ! Du levant au couchant du soleil, loué soit le nom du Seigneur (cf. Ps 112113, 1-3) ! Tandis que je médite les paroles de ce psaume, passent devant mes yeux les visages des enfants du monde entier, de l’orient à l’occident, du nord au midi. Et c’est à vous, mes petits amis, sans distinction de langue, de race ou de nationalité, que je dis : Louez le nom du Seigneur !

Et puisque l’homme doit louer Dieu avant tout par sa vie, n’oubliez pas ce que Jésus, à l’âge de douze ans, dit à sa Mère et à Joseph dans le Temple de Jérusalem : « Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être » (Lc 2, 49). L’homme loue Dieu quand il suit la voix qui l’appelle. Dieu appelle tout homme, et sa voix se fait entendre déjà dans l’âme de l’enfant : il l’appelle à vivre dans le mariage ou à être prêtre ; il l’appelle à la vie consacrée ou peut-être au travail dans les missions… Qui sait ? Priez, chers garçons, chères filles, pour découvrir votre vocation et pour la suivre avec générosité.

Louez le nom du Seigneur ! Les enfants de tous les continents, dans la nuit de Bethléem, regardent avec foi l’Enfant nouveau-né et ils vivent la grande joie de Noël. En chantant dans leurs langues, ils louent le nom du Seigneur. C’est ainsi que, par toute la terre, se répandent les mélodies attachantes de Noël. Ce sont des paroles tendres, émouvantes, qui résonnent dans toutes les langues des hommes ; c’est comme un chant de fête qui s’élève de toute la terre, qui s’unit à celui des Anges, messagers de la gloire de Dieu, au-dessus de l’étable de Bethléem. « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 14). Le Fils bien-aimé de Dieu se présente parmi nous comme un nouveau-né ; autour de Lui, les enfants de toutes les nations de la terre sentent sur eux le regard rempli d’amour de notre Père des cieux et ils se réjouissent parce que Dieu les aime. L’homme ne peut vivre sans amour. Il est appelé à aimer Dieu et son prochain, mais pour aimer en vérité, il doit avoir la certitude que Dieu l’aime.

Dieu vous aime, mes chers enfants ! Voilà ce que je veux vous dire au terme de l’Année de la Famille et à l’occasion de ces fêtes de Noël qui sont vos fêtes à un titre particulier.

Je souhaite qu’elles soient pour vous joyeuses et sereines ; je souhaite qu’elles vous permettent de faire une expérience plus intense de l’amour de vos parents, de vos frères, de vos sœurs et des autres membres de votre famille. Que cet amour s’étende à votre communauté tout entière, et même au monde entier, grâce à vous, chers jeunes et chers enfants. Alors l’amour atteindra ceux qui en ont particulièrement besoin, surtout ceux qui souffrent et ceux qui sont abandonnés. Y a-t-il une joie plus grande que celle que donne l’amour ? Y a-t-il une joie plus grande que celle que toi, Jésus, tu mets à Noël dans l’esprit des hommes, en particulier dans celui des enfants ?

Lève ta petite main, Enfant divin,
et bénis tes jeunes amis,
bénis les enfants de toute la terre ! »