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Affronter le transhumanisme – colloque à l’Assemblée Nationale le 17 janvier

La députée Marie-France Lorho organise un colloque sur le transhumanisme à l’Assemblée Nationale le 17 janvier. Colloque qui manifestement ne plaît pas à tout le monde, du moins à ceux pour qui la démocratie n’est bonne que quand cela les arrange…

Inscriptions avant le 11 janvier 2018 :

Envoyer un courriel à marie-france.lorho@assemblee-nationale.fr comprenant les noms et prénoms ainsi que le lieu et la date de naissance du participant.

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Le dangereux oubli des Principes non négociables dans le débat

Dans son édito de l’Homme Nouveau du 17 décembre 2016, Joël Hautebert soulève, avec raison, un point inquiétant : les principes non négociables ont été éclipsés. cela peut sembler anodin ; cela peut passer pour secondaire, mais, comme qui dirait, tout se tient. La famille, l’avortement, la fin de vie sont des points clefs et clivants, mais ils sont compris dans des fondamentaux qui les englobent et les dépassent.

 

(reprise estivale d’un article du 20 décembre 2016)

Lors des dernières élections présidentielles et législatives, les principes non-négociables étaient au cœur des débats internes à l’électorat catholique. À quelques rares exceptions près (abbé Grosjean, le site infocatho…) cette thématique brille aujourd’hui par son absence. Cette inquiétante éclipse mérite que l’on en recherche les causes, que nous allons tenter de discerner en explorant deux voies distinctes. Tout d’abord celle d’un nouveau contexte politique, puis celle d’une désorientation des catholiques résultant d’une pastorale dont l’assise doctrinale apparaît confuse.

Au sujet du contexte politique, l’enjeu des prochaines élections porte principalement sur la volonté et la capacité des futurs gouvernants d’abroger certaines lois récemment votées, ainsi que de limiter la progression de la culture de mort et de la révolution anthropologique. Lors des précédentes élections, la crainte fondée d’un emballement de ce processus révolutionnaire animait les débats. Étant donné que le quinquennat de François Hollande a parfaitement répondu aux inquiétudes que son programme suscitait, il conviendrait, peut-être, de mettre à jour ces principes, évoqués par le cardinal Ratzinger dans une note doctrinale publiée le 24 novembre 2002 (Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique.), puis rappelés dans un discours du même devenu pape Benoît XVI, prononcé le 30 mars 2006. Dans ce dernier discours le pape précisait que l’Église catholique « accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd’hui de manière claire : la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ; la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille – comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage – et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ; la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants ».

Autant le dire tout de suite, ces principes non-négociables demeurent d’une brûlante actualité, si l’on songe à l’euthanasie et au délit d’entrave numérique à l’avortement (point 1), à la dénaturation du mariage et à la filiation (point 2) et enfin à l’enseignement du Genre à l’école (point 3). S’ils ne peuvent (et ne doivent pas) constituer à eux seuls une doctrine ou un programme politique, ils fixent une priorité dans l’engagement politique et les choix électoraux. Sont en effet en jeu, selon la note de 2002, des « principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis ». Puisque ces critères se caractérisent par leur objectivité morale et leur intemporalité, on ne voit donc pas comment le contexte politique français pourrait altérer leur opportunité. Inutile d’aller plus avant dans cette direction.

Un profond désarroi

La seconde explication envisagée concerne le profond désarroi régnant aujourd’hui au sein du monde catholique, inhibé dans l’affirmation des repères doctrinaux traditionnels, parmi lesquels se rangent les principes non-négociables. On en veut pour preuve, le dernier texte publié par la Conférence des évêques de France sur la politique (Cf. L’HN n° 1626 du 19 novembre 2016 page 6) qui ne les mentionne aucunement et incite au contraire au compromis.

Un événement récent survenu au Mexique démontre que les catholiques français ne sont pas les seuls concernés.

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Tribunes et entretiens

Tribune – Dans un monde qui change, la doctrine sociale changerait-elle également ?

Dans le contexte électoral actuel il nous a semblé opportun de redonner cette tribune.

 

La lettre des évêques de France adressée aux habitants de France n’a décidément pas convaincu. Très peu d’échos positifs pour une lettre qui se voulait contribution au débat et aide à la réflexion. Les missiles envoyés contre la déclaration (dont tous les évêques n’avaient pas connaissance) sont une rafale ininterrompue de griefs du même calibre : l’analyse est pauvre, sans prise sur la réalité et parfois loin de l’enseignement de l’Eglise.

 

Avec un peu de recul, Joël Hautebert revient sur cette lettre dans les colonnes de L’Homme nouveau en posant cette question : la doctrine sociale de l’Eglise aurait-elle changé ?

Il n’y a plus de charité politique (expression absente), destinée au bien spirituel des âmes (jamais évoqué) assuré par de bonnes lois (jamais citées). L’objectif est autre : « Certains ont du mal à considérer que le religieux ait quelque chose de positif à apporter à la vie en société » [p. 61]. Quel serait donc cet apport ? Aider psychologiquement les caractères faibles, faire du social ? Une phrase a particulièrement retenu notre attention. À propos de la perte de repères résultant des évolutions économiques et sociales, il est question de « la disparition dans les villages des services de proximité, épicerie, bureau de poste, médecin, curé… » [p. 32] ! ! ! L’Église assure un service de proximité identique à celui de l’épicier et des services postaux au cœur du pacte républicain. Voilà l’objectif.

Le registre essentiellement sociologique n’a donc rien d’innocent. C’est celui de la modernité idéologique et du relativisme.

L’auteur pointe le manque d’analyse, les écarts avec la doctrine et la doctrine du compromis.

Le lecteur est d’abord frappé par la tonalité de l’exercice. Il se situe dans le registre sociologique du simple constat d’un certain nombre de maux qui affligent notre pays ou encore des formes de réaction des citoyens ; du désintérêt pour la politique aux modalités contemporaines d’expression « citoyenne ». Les courts chapitres comprennent souvent une grande quantité de questions, posées les unes après les autres, autant d’interrogations pour lesquelles on attend des réponses, a minima des pistes pour la réflexion. Par exemple, lorsque les évêques posent l’excellente question « Pour quoi suis-je prêt à donner ma vie aujourd’hui ? » [p. 52], on aimerait lire quelque chose de plus consistant et politique (et de moins relativiste) que : « la réponse est sans doute très personnelle et intime ». Ce registre sociologique est quelque peu gênant lorsqu’il est question des diverses initiatives citoyennes, le phénomène « Nuit debout » étant placé sur le même plan que les « Veilleurs », sans aucune appréciation de fond.

 

Les causes des fragilités, des difficultés ou impasses de notre société ne font jamais l’objet d’une analyse en profondeur. Or, sans diagnostic, comment proposer un remède ? Pourtant, il est écrit que « plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui » [p. 42]. Voilà qui est bien dit. Mais alors pourquoi n’y a-t-il aucune allusion à la loi morale naturelle, dont la violation par les lois constitue l’une des causes majeures de nos maux contemporains ? Pourquoi n’y a-t-il aucune mention de l’ordre naturel sur lequel doit nécessairement s’appuyer l’ordre politique ? La Nation et la Patrie ne font l’objet d’aucune définition. Il est simplement dit que « les notions traditionnelles et fondamentales de Nation, Patrie, République sont bousculées et ne représentent plus la même chose pour tous » [p.15]. Pourquoi ne pas rappeler leur sens exact ? Nous ne trouvons également aucune définition substantielle du politique, en dehors du sacro-saint débat. Pour les auteurs, le politique suppose « la recherche du bien commun et de l’intérêt général qui doit trouver son fondement dans un véritable débat sur des valeurs et des orientations partagées » [p. 21]. Rien non plus sur les conditions du bien commun que sont la justice, l’unité, l’amitié politique… Aucune information n’est donnée sur ce qu’est une communauté politique, en quoi elle s’inscrit dans notre nature d’animal politique, prend corps au cours de l’Histoire dans une culture, des traditions, une langue, un patrimoine hérité, pour nous Français immense, riche de siècles d’efforts, de dons et de sacrifices. Cela n’apparaît qu’incidemment sous forme de questions. Dès lors, les justes remarques ou constats disséminés ici ou là, sur le respect de la vie et la famille par exemple, perdent l’essentiel de leur force, parce que leur fondement naturel a disparu