Articles #NLQ #Tribunes et entretiens

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine du 13 mars 2019 : “Il est encore temps d’embrasser le Christ et sa Sagesse, avant que la nuit ne nous surprenne !”

Suite à l’interview du père Michel-Marie sur la chaîne québécoise TVA dans l’émission La Victoire de l’Amour, le célèbre prédicateur, écrivain, auteur-compositeur et chanteur revient régulièrement pour commenter l’évangile du jour.

Ici Lc XI, 29-32 :

Version audio seule.

Articles #NLQ #Tribunes et entretiens

Deux minutes pour vous #38 – Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine – “Quelle est la place des homosexuels dans l’Église ?”

Nous vous avions annoncé le lancement d’une série de vidéos régulières où le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine répond à vos questions sous un format très court :

Quelle est la place des homosexuels dans l’Église ?

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C’est avec beaucoup de bonheur que le Père Michel-Marie répond désormais à vos questions les plus concrètes. C’est toujours une vraie joie de l’entendre traiter, à sa façon et dans sa lumière, les sujets les plus divers. Bonne écoute ! N’oubliez pas de faire suivre à tous vos amis ces petites vidéos qui peuvent faire tant de bien… et de prier pour le Père Michel-Marie dont le ministère est très prenant.

 

A noter : le Père Michel-Marie sera en concert à Paris le 19 janvier 2019.

Articles #NLQ #Tribunes et entretiens

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine du 26 octobre 2018 – “Partons du réel et honorons le avant de partir de nos principes !”

Suite à l’interview du père Michel-Marie sur la chaîne québécoise TVA dans l’émission La Victoire de l’Amour, le célèbre prédicateur, écrivain, auteur-compositeur et chanteur revient régulièrement pour commenter l’évangile du jour.

Ici Lc XII, 54-59

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Articles #NLH #NLQ #Orient

Urgence prière pour Asia Bibi !

Asia Bibi a été condamnée à mort pour “blasphème” en novembre 2010 au Pakistan. A Islamabad ce lundi 8 octobre, le dernier recours possible a été examiné : c’est le dernier recours judiciaire pour cette femme en prison depuis 9 ans. Dans ce dossier particulièrement délicat, les audiences ont fait l’objet de renvois à de nombreuses reprises – les magistrats subissant des menaces de la part des islamistes. La Cour suprême du Pakistan a différé son jugement, et on ignore quand il pourrait être rendu…

Dans un pays où l’islam est religion d’État, cette affaire particulièrement médiatisée divise l’opinion publique car le blasphème constitue un sujet extrêmement sensible. De simples allégations se terminent régulièrement par des lynchages et les chrétiens, minorité persécutée, sont fréquemment visés.*

 

Si la Haute Cour devait confirmer la sentence, seule une grâce présidentielle pourrait sauver Asia Bibi. Le nouveau Premier ministre pakistanais, Imran Khan a déclaré durant la dernière campagne électorale qu’il soutenait la législation en vigueur.

Au service des chrétiens persécutés, l’AED s’est résolument engagée aux côtés d’Asia Bibi et de sa famille. L’Eglise catholique au Pakistan a appelé à adopter une certaine discrétion sur cette affaire, afin de ne pas compromettre l’éventuelle libération d’Asia Bibi et de ne pas mettre en danger ses proches.

L’AED continue d’apporter un soutien moral, spirituel et financier à Asia Bibi et à sa famille : Aujourd’hui, nous vous invitons à prier pour la libération d’Asia Bibi.

 

* Selon la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Pakistan, 964 personnes ont été condamnées pour blasphème entre 1986 et 2009. Parmi eux, on compte 479 musulmans, 119 chrétiens, 340 ahmadis, 14 hindous et dix appartenant à d’autres religions.

Seigneur,

Partout dans le monde aujourd’hui,
tant de chrétiens sont emprisonnés,

comme Asia Bibi au Pakistan.

Nous te prions aujourd’hui tout spécialement pour elle,
Et nous te confions aussi ses persécuteurs.

Que le sacrifice et le pardon de ceux qu’ils oppriment
les mènent sur un chemin de conversion.

 
Amen

NLQ #Tribunes et entretiens

Deux minutes pour vous #23 – Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine – “Que faire pour ne pas être tétanisé par la confession ?”

Nous vous avions annoncé le lancement d’une série de vidéos régulières où le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine répond à vos questions sous un format très court :

“Que faire pour ne pas être tétanisé par la confession ?”

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C’est avec beaucoup de bonheur que le Père Michel-Marie répond désormais à vos questions les plus concrètes. C’est toujours une vraie joie de l’entendre traiter, à sa façon et dans sa lumière, les sujets les plus divers. Bonne écoute ! N’oubliez pas de faire suivre à tous vos amis ces petites vidéos qui peuvent faire tant de bien… et de prier pour le Père Michel-Marie dont le ministère est très prenant.

Conférences/Formations #NLH #NLQ

EEChO – Session été 2018 : “Le jugement du monde à la lumière du christianisme des origines” du 26 au 29 août à Troussures (60)

« Le jugement du monde »
à la lumière du christianisme des origines
Session organisée par Enjeux de l’Etude du Christianisme des Origines

Du dimanche 26 août 15 h au mercredi 29 août 16h

Fiche PDF

Tous les chrétiens mentionnent le Jugement au moins une fois lors de la célébration du dimanche (dans le Credo), en lien avec un « retour » de Jésus ; les musulmans le mentionnent sans cesse en rapport avec le « Jour » (du Jugement) ; mais peu se risquent à en parler vraiment. Alors qu’il s’agit d’une question capitale dans le christianisme des Apôtres, et surtout pour la foi chrétienne en soi ! Il y en a même eu une version laïque (socialiste) : le Grand Soir !

C’est un effet une question énorme : le monde doit-il être jugé (« Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? » 1Co 6:2-3)  ? Pourquoi, comment et en vue de quoi – une question à ne pas confondre avec la rencontre de chaque défunt avec le Christ (qui a été appelée « jugement particulier » quoique Jésus ne se soit jamais présenté comme un Juge dans ce cas-là). Bref, il y aura beaucoup à (re)découvrir !

Avec :

  • Antoine Cherrey : La vision chrétienne du jugement du monde.
  • Pierre Perrier : le “jugement” dans le NT et ce que la théologie occidentale en a fait (“personnel” ou “dernier”).
  • P. Christian Wyler, iconographe suisse, auteur de Sentir Dieu (2016) : Spiritualité de la Parousie chez les Pères de l’Eglise (son prochain livre).
  • Françoise Breynaert, auteur de Bonne Nouvelle aux défunts, de La Venue glorieuse du Christ, et de nombreux autres ouvrages : Des mystiques parlent.
  • P. Frédéric Guigain : exposé sur le Collier des Paraboles + apprentissage de trois perles du collier apocalyptique.
  • P. Edouard-Marie : Augustinisme et oubli de la Venue Glorieuse / De quoi la Venue doit-elle libérer ?
    et d’autres intervenants (titres non précisés encore).

Prix : 190 € (pension complète + 10 € pour les draps, ou amenez-en). Etudiants : 120 €.

Lieu :   Prieuré Notre-Dame de Cana (Frères de St Jean), 3 rue du Château 60390 Troussures
Accès par la route : 90 km au nord de Paris, cf. www.ndcana.com
Par le train : Gare de Beauvais, cf. voyages-sncf.com/billet-train/horaires. En cas de besoin, une navette sera organisée (gare de Beauvais).

Contacter /s’inscrire sans tarder à communication@eecho.fr.

Feuille d’inscription : Fiche PDF

Conférences/Formations #NLH #NLQ

Parcours “Responsabilité politique de la foi” à Paris du 15 novembre 2017 au 16 mai 2018

Responsabilité politique de la Foi

Découvrir et approfondir les clés du discernement et le sens de l’engagement chrétien dans la vie de la Cité
Je comprends – Je discerne – Je m’engage
animation, Philippe de Saint-Germain et coordination, Père Xavier Lefebvre

Un parcours de 8 conférences/débat une fois par mois 19h-21h (auditorium sauf en octobre)

– Comprendre : La crise de la postmodernité et les failles de la démocratie libérale
– Transmettre : Foi et politique dans l’Histoire : Dieu et l’Etat, espérance et utopie
– Témoigner : La loi morale universelle et la liberté de conscience, bases d’une société libre
-Servir : La responsabilité du chrétien et le bien commun : servir dans le monde sans être du monde
– Agir : Choisir, discerner, décider : jugement moral et jugement politique
– Inventer : Les défis de l’engagement politique chrétien aujourd’hui en France : une minorité créatrice

dates

    • 1 – Morale ou politique ? la responsabilité sociale du chrétienmardi 3 octobre (salle Péguy)
      Thibaud Collin, professeur agrégé de philosophie, auteur de “La République, les religions, l’espérance” – Cerf
      2 – Le fait idéologique, clé d’interprétation du monde modernemercredi 15 novembre
      Roland Hureaux, ancien élève de l’ENS et de l’ENA, agrégé d’histoire, magistrat honoraire à la Cour des comptes,
      auteur de “L’Antipolitique” – Privat
      3 – Politique économique et bien commun à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglisemercredi 13 décembre
      Pierre de Lauzun, ancien élève de l’Ecole polytechnique et de l’ENA, délégué général de l’Association française des marchés financiers, auteur de “Guide de survie dans un monde instable, hétérogène, non régulé” – Terra Mare
      4 – Au nom de quoi faut-il s’engager ?mercredi 17 janvier
      François-Xavier Bellamy, maire-adjoint de Versailles, professeur de philosophie, auteur de “Les Déshérités” – Plon
      5 – Intervenants à confirmer – Mercredi 7 février
      6 – Doctrine et Stratégies : le choix politique chrétien, de la Révolution à nos jours mercredi 14 mars
      François Huguenin-Maillot, historien des idées, auteur de “L’Histoire intellectuelle des droites” – Perrin
      7 – La politique, un défi culturel : une minorité créatriceMercredi 11 avril
      Frère E. Perrier op, professeur à l’Institut de Théologie des arts et au Studium de la province des dominicains de Toulouse,
      auteur de “Les catholiques en politique, idéalistes minoritaires ou réalistes moraux ?
      8 – Renforcer rationnellement la politique : une mission chrétienne mercredi 16 mai
    • Père Yann Le Lay, prêtre du dioc§se de Versailles, auteur de “Renouveler les fondements théologiques et éthiques du politique,
      la théologie du politique de Joseph Ratzinge
      r”

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Infos pratiques :
une fois par de 19h à 21h
auditorium
Tarif : 150 € l’année ou 20€ par conférence
Tarif étudiant : 70 € l’année ou 10€ par conférence
Inscription préalable : secretariatbernanos@gmail.com – 01 45 26 65 22

Espace Bernanos,
4, rue du Havre – 75009 Paris
M° Havre Caumartin ou St-Lazare

Brèves #NLH

Affaire Samuel Lafont – Une condamnation bien légère pour 7 coups de poignards

On se souvient qu’en avril 2013, Samuel Lafont avait été agressé par trois jeunes qui l’avaient poignardé de pas moins de 7 coups de couteaux. Un acharnement que la justice vient de punir de la modique peine de 6 ans de prison fermes.

Le procureur avait requis 8 ans, 6 ans et 6 ans contre les trois agresseurs cubains.

Cette agression avait eu lieu en marge et dans le contexte des manif de 2013. D’autres avec lui avait été agressés dont l’un poignardé dans le dos.

 

C’est ce même Samuel Lafont, engagé auprès de François Fillon dont les medias récemment voulaient la peau. (voir notre article)

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

Morale – En conscience viser un mieux ne peut justifier un mal ! La conscience doit s’éduquer

Certains Évêques ont déclaré que les Catholiques unis par un mariage non canonique mais “ayant la conscience en paix” avec le Seigneur devraient être autorisés à recevoir la Sainte Communion. Ceci n’a jamais été la croyance ni la pratique de l’Église, et cependant ils soutiennent que selon les racines de l’enseignement traditionnel la conscience doit être respectée même si elle est dans l’erreur. Une omission, pourtant : seules les directives de la conscience sont contraignantes, et non tous ses jugements, et la conscience est soumise à l’enseignement et au jugement de l’Église. Ces vérités étant bien rappelées, la pratique apostolique de l’Église se dégage aussi clairement que les erreurs répandues par les récentes et injustifiées innovations.

Selon la pensée Catholique, la conscience a deux fonctions. En premier lieu, elle incite parfois à commettre ou éviter telle ou telle action. Action pouvant être visible ou intime. La conscience est naturellement investie de cette autorité car elle est l’expression de la raison inspirée par Dieu. Bien que sujette à l’imperfection et à l’erreur, elle doit être suivie car provenant de la voix divine. C’est pourquoi notre premièr devoir consiste à accorder notre conscience à la vérité et à en suivre les directives sans tenir compte des contraintes terre-à-terre.

L’autre fonction de la conscience consiste à évaluer les actions passées, présentes, ou projetées. On pourrait l’appeler “sens moral”. Elle juge, par exemple, si tel ou tel acte est juste ou non, bon ou mauvais, acceptable, mais sans pour autant engager une action. Elle manque parfois de netteté ou de certitude. On ne peut la comparer aux impressions ou aux opinions pour juger la raison. Sauf cas exceptionnels poussant à agir, ces jugements peuvent et doivent dépendre des autorités légitimes.

Nous sommes soumis aux ordres de notre conscience par devoir, et non par conformité au bien : elle est alors notre unique guide. Après quoi le jugement de la conscience peut réévaluer nos actes ou jugements précédents à la lumière d’une meilleure vision de la vérité. On pourrait alors découvrir qu’on a commis une erreur, guidé par une conscience mal informée. Ainsi, les deux rôles sont distincts mais inséparables.

Il faut reconnaître, c’est essentiel, que la conscience, tout comme les facultés de raisonnement et de volonté, a été créée avec un objectif : nous rendre aptes à réagir et nous consacrer à Dieu, à notre prochain, à toute la création. La conscience engage donc toute la personne de l’homme, ouvrant un dialogue continu et entretenant nos relations et notre devenir. Elle a un caractère éternel.

Ceci signifie que la conscience, par ses exigences comme par ses jugements, est personnelle et partagée, non pas individuelle, autonome. Nul n’est seul, individu isolé en conscience face à Dieu car chacun entretient des milliers de relations avec autrui. Y-compris une relation avec le Christ et l’Église qui, en union avec l’Esprit-Saint, intercèdent pour guider chacun dans la vie vers Dieu. Les Chrétiens, évidemment, figurent ainsi comme membres du Christ et de Son Église.

Ces vérités relatives à la conscience posent un dilemme. Les conseils de la conscience doivent suivre la volonté de Dieu pour notre propre bien, pour autrui, pour tout le monde. Nous ne voulons pas, que ce soit délibéré ou par inadvertance, agir ou juger de travers à cause du mal qui en résulterait. Néanmoins nous savons que sous nombre d’influences mal identifiées — dont le péché — nos perceptions et jugements sont faussés, erronés. Qui donc peut, seul, se croire capable de juger la moralité et, précisément, les circonstances, quand des intérêts personnels sont en jeu — par exemple, la validité d’un mariage ?

C’est précisément en vue d’éclairer et de conforter la conscience que Jésus a proclamé l’Évangile et appelé à Lui les hommes, membres de Son Église, mettant en œuvre son rôle pastoral et son Magistère infaillible. L’Église, Son épouse, ne remplace ni ne contraint la conscience, mais, avec Lui, aide la conscience en enseignant, corrigeant, guérissant, et, si besoin en contredisant. Là réside toute la mission du Christ et de l’Église : en conscience nous reconnaissons le péché, accueillons l’Évangile, et vivons en enfants de Dieu. Ce serait donc trahir le Christ que suggérer une conscience, guide ou juge, contredisant l’Église et son jugement.

Selon sa charge apostolique, l’Église a entrepris de dénoncer l’erreur des consciences qui vont à l’encotre de l’Évangile et a appliqué divers remèdes d’ordre pastoral pour inciter ses membres à corriger les croyances et pratiques erronées. Son but est simple. Jésus est venu libérer chacun afin de partager Sa joie en vivant la vérité de Dieu dans l’amour, même pour les victimes innocentes chargées et captives d’erreurs.

Et donc, l’Église ne s’est jamais réduite à aider les fidèles pour savoir s’ils ont leur conscience “en paix avec Dieu” comme certains l’ont récemment déclaré, insistant au contraire sur le devoir de conscience des Catholiques d’accepter et de vivre l’Évangile tel qu’il est enseigné par l’Église. Autrement, nul, en toute bonne conscience, n’aurait pu se faire refuser la Sainte Communion, même si ses croyances et son comportement lui étaient préjudiciables ainsi qu’à autrui.

À l’inverse de certaines récentes innovations, l’Église a constamment enseigné qu’un jugement de conscience ne saurait invoquer “un mieux” pour justifier de mauvaises actions telles que frapper des populations civiles lors d’une guerre, pratiquer la contraception ou avoir des relations sexuelles hors mariage. De telles pratiques éloignent le jugement faillible des consciences de l’Évangile proclamé par l’Église. Bien sûr, il faut écouter sa conscience si elle ordonne par erreur de tels actes Cependant, l’Église peut toujours tenter de les dissuader et de les corriger, même en leur refusant la Sainte Communion, afin de les guider, eux ainsi que d’autres, pour mettre fin à des comportements fautifs au profit de saines attitudes. Il ne s’agit nullement de juger leur culpabilité ni de leur refuser l’accès à la grâce divine.

L’Église doit juger les consciences et opposer erreurs, mal et culpabilité à l’innocence. Nous savons combien de tragédies se sont produites quand des évêques et des membres du clergé ont écarté de leurs vies l’enseignement Catholique et la discipline en l’Église. La répétition de cette erreur par certains pasteurs est décourageante. La continuité authentique de la pastorale demeure néanmoins une source de consolation et d’espérance.

 

 par le père Timothy V. Vaverek

Source et Traduction France Catholique

Asie #NLQ

Chine – Le sort d’un prêtre détenu depuis six mois embarrasse les autorités chinoises

Dans le système judiciaire chinois, les personnes inculpées connaissent généralement très rapidement leur sentence une fois qu’elles sont passées en jugement. Dans le cas du P. Fei Jisheng, un prêtre catholique du Liaoning, dont le chef d’inculpation est une accusation de « détournement de fonds », le tribunal populaire chargé de le juger a statué le 21 mars dernier mais aucune sentence n’a été encore officiellement prononcée, signe d’un embarras certain des autorités locales.

Le 21 mars, le P. Fei Jisheng, prêtre du diocèse de Shenyang, a été jugé à huis clos par le Tribunal populaire de Gaizhou, district de la cité portuaire de Yingkou, dans la province du Liaoning. La police avait pris place devant le tribunal pour en empêcher l’accès et seuls l’avocat du P. Fei et quatre témoins ont été autorisés à pénétrer dans la salle d’audience, tandis que plusieurs dizaines de catholiques s’étaient massé devant le bâtiment pour prier et psalmodier des chants. « Il nous a été dit que le verdict serait rendu le 23 mars mais que la cour ne communiquerait ce dernier que dans une quinzaine de jours, sans plus d’explication », explique à l’agence Ucanews une source anonyme issue de l’Eglise au Liaoning.

Les juges le savent innocent

Ce délai dans le prononcé du verdict et dans sa publicité témoigne, selon les catholiques sur place, de l’embarras des autorités locales à l’endroit du P. Fei. «  Je pense que les juges savent le P. Fei innocent, mais le tribunal veut néanmoins le déclarer coupable. Etant donné que de très nombreux catholiques à travers la Chine suivent cette affaire de près, les autorités sont mal à l’aise pour rendre public le verdict », analyse la même source.

Agé de 40 ans, le P. Fei Jisheng fait partie de ces jeunes prêtres de l’Eglise de Chine qui ont à cœur d’annoncer l’Evangile à la société chinoise d’aujourd’hui. Ordonné en 2000 dans la partie « officielle » de l’Eglise en Chine pour le diocèse de Shenyang, diocèse que les autorités chinoises ont agrégé aux diocèses voisins pour former « le diocèse du Liaoning », ce prêtre mandchou s’est inspiré du dynamisme des pasteurs protestants et des initiatives issues du mouvement charismatique catholique chinois pour mettre en place un parcours de découverte de la foi chrétienne. Intitulé « les Classes apostoliques », ce parcours, lancé en 2007, a vite rencontré du succès, aussi bien auprès des populations de ce Nord-Est chinois laissées de côté par la croissance économique qu’auprès de ceux qui ont su s’adapter aux nouvelles conditions d’une économie et d’une société en pleine reconfiguration. Les « Classes apostoliques » ont essaimé dans tout le Liaoning et dans les provinces voisines du Jilin et du Heilongjiang, ainsi que dans d’autres régions du pays.

Un prêtre dans le collimateur des autorités

Ce succès n’a pas échappé aux autorités et elles ont commencé à surveiller le P. Fei de près. En novembre 2015, le prêtre était brièvement interpellé par les autorités. En juin 2016, lui et quatre proches étaient « mis au secret » par la police pendant un mois, les autorités lui reprochant d’avoir exercé sans autorisation son ministère de prêtre en dehors des frontières de son diocèse. Le 18 octobre dernier enfin, le P. Fei était à Fushun, ville toute proche de Shenyang, où il rendait visite à une communauté de religieuses lorsqu’il a été à nouveau arrêté par la police.

Une fois la nouvelle de l’arrestation du P. Fei connue, le diocèse de Shenyang a mandaté un avocat pour assurer sa défense. « Cela nous a permis de savoir que le P. Lei était mis en examen pour le vol d’une somme d’argent au sein d’une maison de retraite », explique le P. Dong Hongchang, vicaire général de Shenyang, tout en ajoutant que, selon lui, le véritable motif de son arrestation est le succès rencontré par les « Classes apostoliques », une initiative que le gouvernement juge comme ressortant des « organisations illégales ».

Sur les réseaux sociaux, les catholiques chinois font circuler un document de trente pages qui présente, selon eux, le véritable motif de la mise en examen du P. Fei. Sans doute rédigé par des membres des Classes apostoliques, ce document explique que l’arrestation du prêtre est à mettre au compte d’un certain Han Weixing, ancien directeur adjoint de la maison pour personnes âgées mentionnée dans l’acte d’inculpation. Le P. Fei, détaille le document, aidait à la bonne marche de cette maison de retraite quand il a suspecté Han Weixing de corruption et l’a démis de ses fonctions en mai 2016. Désireux de se venger, Han Weixing a ensuite dénoncé le prêtre au Bureau local des Affaires religieuses pour « activité illégale de prédication », mais celui-ci n’a pas donné suite. Han Weixing a ensuite porté l’affaire en plus haut lieu et c’est alors, en juin 2016, qu’une enquête a été diligentée contre le prêtre et les Classes apostoliques. Entretemps, des membres des Classes apostoliques avaient transféré un coffre-fort appartenant au P. Fei de la maison de retraite à l’évêché de Shenyang, et utilisé, avec l’accord du prêtre, une somme de 10 000 yuans (1 300 euros) pour régler des frais liés à leur programme d’évangélisation. La police se baserait sur le retrait de cette somme pour étayer l’accusation de détournement de fonds mais elle se heurterait au fait que le coffre-fort et son contenu appartiennent en réalité au prêtre et que la justice ne peut donc reprocher à ce dernier de détourner une somme d’argent qui lui appartient.

Selon certains catholiques locaux, s’il est très probable que les autorités chinoises cherchent à sévir contre les Classes apostoliques, mouvement dont elles redoutent le dynamisme missionnaire, il se peut aussi que le P. Fei se soit attiré l’inimitié de certains de ses confrères prêtres qui n’apprécieraient pas que les Classes apostoliques viennent intervenir sur le territoire de leurs paroisses.

Source : Eglises d’Asie