Conférences/Formations #NLQ

L’écologie, un espoir pour le XXIe siècle – Colloque à Lille (59) le 13 octobre 2018

Colloque exceptionnel organisé par La Vie, en partenariat avec l’université catholique de Lille

Samedi 13 octobre : 9h15 – 18h30

Université Catholique de Lille

60 Boulevard Vauban
59800 Lille

Comment prendre le chemin d’une transition écologique respectueuse de la planète ?

Nos experts s’intéresseront tout au long de cette journée aux modalités à mettre en oeuvre pour changer nos modes de vie, notre consommation, l’organisation de nos villes ainsi qu’aux transitions nécessaires en agriculture et dans nos modes de production.

Une journée à ne pas manquer pour comprendre les enjeux écologiques du XXIe siècle et surtout agir.

 

Conférence d’ouverture

Cyril Dion  : écrivain, directeur de la collection « Domaine du possible » (Actes Sud), co-fondateur avec Pierre Rabhi du mouvement Colibris, il est réalisateur de « Demain », César du meilleur film documentaire en 2016. Son dernier ouvrage est « Petit manuel de résistance contemporaine » (Actes Sud)

 

Les bonnes recettes pour réduire son empreinte écologique

Hélène le Teno  : ingénieure, directrice du groupe SOS Transition écologique, elle est co-auteur de : « Miser (vraiment) sur la transition écologique » et « Choisir son monde : agir au quotidien avec les entreprises sociales et écologiques » (Editions de l’Atelier)

Hélène de Vestele : ancienne consultante en stratégie. Après avoir voyagé dans une soixante de pays, elle est devenue directrice d’Edeni qui promeut le « zéro waste », c’est à dire le zéro déchet et le zéro gâchis, deux piliers de ce qu’on appelle parfois « l’économie bleue ».

 

Comment gérer les villes de demain ?

Thérèse Lebrun, président-recteur délégué de l’université catholique de Lille,  responsable du projet Humanicité. Un quartier innovant de 15 ha où la mixité sociale et l’impératif écologique sont des priorités.

Damien Carême, maire de Grande-Synthe, ville désignée en 2013 « capitale de la biodiversité » où la municipalité y mène une politique sociale et écologique ambitieuse.

 

Pour une agriculture respectueuse de l’environnement

Guillaume Riou : agriculteur bio dans les Deux Sévres (145 hectares où il cultive céréales et légumineuses et élève un troupeau de vaches allaitantes), il est devenu en avril 2018 le nouveau président de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB).

Christophe Fachon : directeur de l’ISA, qui au sein de l’université catholique de Lille, forme des étudiants aux  métiers d’ingénieurs en agriculture, agroalimentaire, environnement et paysage. Son école soutient notamment un projet d’agriculture urbaine à Lille.

 

L’économie et l’écologie sont-elles compatibles ?

Gilles Bœuf, biologiste, ancien président du Muséum national d’histoire naturelle, professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie ainsi qu’au Collège de France sur la chaire « Développement durable, environnement et sociétés ». Il a participé à de nombreux ouvrages collectifs dont  « L’animal est-il l’avenir de l’homme ? » (Larousse) et « Manifeste du Muséum. Quel futur sans nature ? » (Reliefs/MNHN).

Guillaume Pitron, journaliste et réalisateur, il est l’auteur d’une centaine de reportages, enquêtes et documentaires réalisés dans 40 pays. Il y décrypte les lignes de forces et de conflits qui traversent notre monde globalisé. Il est l’auteur de « La Guerre des métaux rares : la face cachée de la transition énergétique et numérique. » (Les Liens qui Libèrent)

 

Conférence de clôture

Dominique Bourg, Philosophe, professeur à la faculté des géosciences et de l’environnement de l’université de Lausanne et vice-président de la Fondation Nicolas-Hulot, Dominique Bourg a notamment publié, « Du risque à la menace. Penser la catastrophe » (PUF) et « Une nouvelle Terre. Pour une autre relation au monde » (DDB). Il a co-dirigé le « Dictionnaire de la pensée écologique » (PUF)

Inscriptions

 

NLH #Tribunes et entretiens

Gérard Leclerc rend hommage à Jean Mercier, rédacteur à La Vie

Il y a quelques semaines déjà, Henrik Lindell m’apprenait l’entrée en soins palliatifs de Jean Mercier, son collègue de La Vie, en le recommandant à mes prières. Comment n’aurais-je pas été touché d’apprendre que Jean était sur le point de nous quitter, après un long combat de plusieurs années contre la maladie ? J’avais la plus grande estime pour lui, à tous les points de vue, car il était plus qu’un modèle de probité intellectuelle, un chrétien d’une rare profondeur, dont la recherche spirituelle et théologique était de premier ordre. Le déclic de ma découverte de ce confrère étonnant fut la lecture d’un article dans La Vie, où il démontait magistralement la série produite par la chaîne Arte sur la Bible. Je lui téléphonais sur le champ pour le féliciter et lui dire ma gratitude pour le service signalé qu’il venait de rendre à tous ceux qui avaient été désorientés par la rhétorique spécieuse de cette déconstruction des textes. Il accueillit mon appel comme s’il l’attendait depuis longtemps.

Car notre accord décisif signifiait que le violent désaccord que j’avais exprimé en 1996 dans mon livre Pourquoi veut-on tuer l’Église ? à l’encontre de certaines positions de La Vie, n’avait plus de raison d’être. Nous étions entièrement solidaires sur l’essentiel, et ce fut pour moi l’occasion de découvrir l’itinéraire singulier de ce journaliste qui, de catholique était devenu protestant, pour redevenir plus que jamais catholique. Il a raconté lui-même pourquoi, à l’âge de 28 ans, il avait rompu avec l’Église de son baptême à cause du tandem Wojtyla-Ratzinger et qu’il y était revenu à cause du même tandem. Croyant trouver dans l’Église réformée la liberté qu’il pensait brimée dans l’Église romaine, il s’était rendu compte, en dépit de cours d’exégèse précieux, que le libéralisme théologique finissait par détruire la règle de la foi. Et c’est pourquoi il était revenu au tandem Wojtyla-Ratzinger, s’expliquant dans une formule lapidaire : « Ces hommes ont permis à l’Église de redevenir vraiment catholique. » En effet, la dépression post-concilliaire avait produit des dégâts considérables avec « une désorientation dogmatique, chacun se faisant son credo à la carte ».

Un des sujets que Jean Mercier eut à traiter par la suite, avec le plus d’acuité, fut celui du sacerdoce ministériel associé au célibat. On peut dire qu’il le défendit comme la prunelle de ses yeux, persuadé qu’il s’agissait d’une « réalité mystique » inscrite au cœur de l’économie du Salut. Il reprenait, les uns après les autres, tous les motifs d’abandon de ce que, de son côté, le cardinal Lustiger avait appelé « un choix spirituel » d’une valeur inestimable. Pour Jean Mercier, il s’agissait d’un enjeu sacramentel lié à la vitalité de la foi. Cher Jean, nous ne te remercierons jamais assez pour tout ce que tu nous as apporté dans ta vocation d’informateur religieux, dont tu nous auras rappelé toutes les normes. À sa famille et à la rédaction de La Vie, l’expression de notre proximité à l’occasion de son « enciellement ».

Source : France-catholique

En France #NLH #NLQ

La Bourse de l’Aventure Chrétienne 2018

La fin des candidatures est fixée au 31 mai 2018.

En 2010, Charles et Gabriel, deux étudiants un peu fous, décident de partir un an à vélo, à la rencontre de communautés chrétiennes isolées ou persécutées. Ils ne sont ni touristes, ni journalistes. Ils veulent simplement voyager, découvrir le monde, tout en vivant une expérience de foi, à la découverte de l’Eglise et des chrétiens oubliés.

A leur retour, ils constatent que beaucoup de jeunes rêvent eux aussi de partir voyager et rencontrer l’Eglise. Mais souvent c’est un parcours semé d’embûches ; ils n’osent pas se lancer par manque de conseils et de financement. C’est de ce constat qu’est née la Bourse de l’Aventure Chrétienne, en 2012 !

​Un coup de pouce humain et financier

La Bourse de l’Aventure Chrétienne, en partenariat avec les Missions Etrangères de Paris (MEP), l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED), la chaîne télévisée KTO, la radio RCF et l’hebdomadaire La Vie, est un coup de pouce humain et financier pour les jeunes qui désirent concilier voyage et démarche de foi. ​

​La Bourse de l’Aventure Chrétienne, c’est d’abord une dotation financière de 10 000 € répartis en 3 prix :

– Le Grand Prix du Jury – 5 000 € : le projet coup de coeur
– Le Prix spécial Asie – 3 000 € : le meilleur projet en Asie
– Le Prix du Public – 2 000 € : le projet vainqueur du concours de likes sur Facebook

POURQUOI PAS TOI ?
Tu as un projet d’inspiration chrétienne et tourné vers les autres ?
Tu as envie de découvrir le monde et de tester tes limites ?
De voyager autrement ?
​Pars à l’aventure, à la rencontre de l’Eglise universelle et de tes frères chrétiens !

Les lauréats bénéficieront également d’outils pour faire aboutir leur projet et le partager avec le plus grand nombre :

Une formation reportage : rédaction d’articles avec un journaliste de La Vie, reportage vidéo avec un journaliste de KTO, journalisme radio avec un journaliste de RCF. Une mise en contact avec des communautés chrétiennes dans le monde grâce aux réseaux des MEP et de l’AED. La possibilité de voir leurs articles, photos, vidéos et enregistrements publiés chez les partenaires médias. Des conseils, si besoin, de la part de l’équipe organisatrice de la Bourse de l’Aventure Chrétienne, composée d’anciens lauréats.


Remise de la Bourse de l’Aventure Chrétienne 2016

 

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NLH #Tribunes et entretiens

L’immigration – Point de vue de catholiques – C’est trop facile de parler de racisme – Ce n’est pas qu’une question humanitaire

Gérard Leclerc et Henrik Lindell de La Vie reviennent sur le projet de loi controversé asile et immigration.

Comprendre le problème à long terme – Que va devenir l’Afrique ? – On ne peut renvoyer d’un revers de main les inquiétudes de l’opinion publique – Quand les nationaux deviennent minoritaires… L’immigration n’est une solution pour personne. L’islam un réel problème pour des raisons de structures théologiques.

 

A la une #En France #NLH #NLQ

Réponse à J-P Denis – “Manifestons” ensemble la vérité de la vie face à l’imposture Macron

Dans un édito fort réaliste, Jean-Pierre Denis, invite ses lecteurs à prendre conscience de l’imposture Macron pour ce qui est des révisions des lois de bioéthique. Une invitation d’autant plus intéressante qu’on sait que le gouvernement Macron a une peur bleue de voir se relever les Manifs de 2013. Toutefois, je ne partage pas la conclusion du rédacteur en chef du journal La Vie, qui, s’il précise ne pas prêcher le renoncement, semble vouloir éviter lui aussi de nouvelles manifestations. Si je suis d’accord avec lui sur la nécessité pour les catholiques de changer de logiciel politique et surtout de sortir de cet enfermement marxiste du rapport de force dans lequel nous ne pouvons qu’être perdants, parce que par nature il relativise la vérité, j’ai toujours considéré les Manifs, comme une immense prophétie, un témoignage non de force, mais de lumière. Une façon, ce me semble, de mettre en œuvre ce à quoi appelle Jean-Pierre Denis,  privilégier l’exemplarité, l’espérance, la charité.

 

J’ai toujours invité les organisateurs des Manifs à prendre garde au culte du nombre, précisément parce qu’il nous maintient, comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, dans ce rapport de force relativiste et d’essence marxiste. Nos marches ne sont pas revendicatives, et encore moins vindicatives, mais prophétiques et en ce sens, plus nous serons nombreux, plus la lumière rayonnera sur un monde à qui précisément, par le mensonge et le totalitarisme, on refuse la vérité. Alors aux lecteurs de La Vie, tenons ensemble cette lumière si fragile de la vérité.

Bénévolats/Caritatifs #NLH #NLQ

Courir pour la vie au semi-marathon de Paris

Pour vous inscrire au Fitbit Semi de Paris et faire partie de l’équipe de coureurs soutenant la Vie et tout ce que cela implique :

ETAPE 1 : Inscrivez vous sur http://www.fitbitsemideparis.com/fr/participer/s-inscrire , en individuel (sans passer par Alvarum) en choisissant bien le SAS 1h45 ou 2h00

ETAPE 2 : Transférez votre inscription à : contact@courirpourlavie.fr

ETAPE 3 : Partagez votre dossard sur les réseaux sociaux.

ETAPE 4 : Participez à nos entrainements organisés deux fois par semaine à partir du 14 octobre : le mardi à 21h au champ de Mars (rdv devant la statue de Joffre) et le samedi 10h45 à Porte d’Auteuil (rdv devant l’hippodrome)

L’objectif de cette opération est double :
• Affirmer auprès de l’opinion publique que toute vie mérite d’être vécue et respectée, de sa conception jusqu’à sa fin naturelle.
• Lever des fonds pour financer les projets de recherche de la Fondation Jérôme Lejeune, qui développe et soutient des programmes de recherche visant la mise au point de traitements pour la trisomie 21 et les autres déficiences intellectuelles, et assure à Paris au sein de sa consultation le suivi de 8 500 patients.
Pour mémoire, en 2016 et 2017, l’équipe organisatrice avait mis en lumière la cause des chrétiens d’Orient d’une manière inédite en réunissant 3 000 coureurs et 1 000 supporters au cours du Fitbit Semi-Marathon de Paris. Sur les deux années c’est plus de 350 000 euros qui ont été collectés au profit des chrétiens d’Orient.

Evènement facebook

Tribunes et entretiens

La nouvelle cabale des dévots…. Mais qui sont donc ces “cathos identitaires” ?

Nous avons assistés depuis plusieurs mois, avec une certaine consternation, à l’attaque en règle de certains catholiques par d’autres. Une guerre fratricide qui n’est pas sans rappeler le jeu préféré du démon : la division dont il porte le nom. Pourquoi une telle véhémence, sortie de nulle part, comme une nouvelle guerre de religion ? Car derrière cet assaut, il nous a bien fallut constater deux “églises” (nous préférons maintenir la minuscule) ne partageant pas exactement la même foi. Nous avons choisi de publier ce “droit de réponse” de Guillaume de Thieulloy parce qu’il fait le point et des attaques et des réponses, le tout mêlant, comme nous le disions dans notre article sur les guerres de religions, idéologie politique et foi, au nom, diffus, de la religion. Alors nous repensons à ces paroles du pape François, invitant à toujours se rapprocher du Christ (j’ajoute véritable) pour nous rapprocher les uns des autres.

Depuis plusieurs semaines, une offensive est lancée contre les « cathos identitaires ». Par qui ? Je n’en sais fichtre rien. Contre qui ? Ce n’est pas clair non plus. Dans quel intérêt ? Je me perds en conjectures…

Plus sérieusement, tout est bizarre dans cette affaire.

L’étrangeté première, c’est que personne n’est en mesure de définir ces fameux « cathos identitaires ».Autrement dit, nous sommes en présence d’une cabale contre une menace si indéfinie qu’elle en est inexistante. Si j’en juge par la lecture des quelques pièces du dossier en ma possession, le Salon beige et votre serviteur sont, semble-t-il, la quintessence de cette espèce nouvelle. Mais, d’abord, quelles sont ces pièces ? Pour le moment, je dispose de deux traces tangibles : un dossier de La Vie (dont l’un des propriétaires est l’inénarrable oligarque libertaire Pierre Bergé) et un livre de l’avocat Erwann Le Morhedec, plus connu sous son nom de blogueur, Koz. Deux mondes très différents donc. Or, en matière de coïncidence dans la vie publique, j’en suis resté à l’adage d’Audiard : « Un barbu, c’est un barbu ; deux barbus, c’est des barbouzes. » Je n’exclus certes pas que MM. Bergé et Le Morhedec se soient subitement réveillés un matin avec une même idée en tête, mais cela ne me semble guère vraisemblable. Me Le Morhedec se répand dans le tout-Versailles catholique en excipant de sa proximité avec « certains évêques », mais j’ai peine à croire que des successeurs des Apôtres se prêtent à de telles palinodies. Peut-être des apparatchiks du noyau dirigeant de l’épiscopat ? On pourrait alors penser à la nomenkaltura du conseil Famille & Société, peu satisfaite de « l’affaire Brugère » et de la révolte des militants LMPT contre cette trahison qui consistait à faire « enseigner » les délégués diocésains à la pastorale familiale par une pasionaria de l’idéologie du genre (je redis bien : enseigner, car Mme Brugère n’était pas invitée pour un débat, contrairement à ce qui a parfois été dit depuis). Je pourrais comprendre que ces apparatchiks n’apprécient guère le Salon beige et je peux facilement imaginer qu’ils puissent contacter à la fois des journalistes de La Vie et le blogue Koztoujours. Au passage, je note que tous ces braves gens qui n’ont que Vatican II et l’engagement des laïcs à la bouche sont souvent d’un cléricalisme ébouriffant. À ce stade, en tout cas, je n’en suis qu’aux hypothèses (même si j’amoncèle, en ce moment, quelques détails assez distrayants sur “l’environnement” de cette « affaire »). Wait and see…

Revenons, en attendant, à notre première étrangeté : une cible particulièrement floue. On peut imaginer plusieurs sens à l’expression « cathos identitaires ». On peut penser qu’il s’agit des catholiques sympathisants du Bloc Identitaire. On peut penser aussi qu’il s’agit de gens qui se définissent comme catholiques sans pratiquer leur religion – ce que l’on appelait naguère les « catholiques culturels ». On peut encore penser qu’il s’agit de personnes pour qui l’appartenance religieuse est constitutive de leur identité personnelle ou collective. Sans doute d’autres interprétations sont-elles possibles. Mais ce qui est certain, c’est que ni le dossier de La Vie, ni le livre de Me Le Morhedec, ne nous éclairent là-dessus. Il y a un côté sympathique et farfelu dans cette façon de partir en guerre contre des nuées, mais cela ne fait tout de même pas très sérieux. Pour ce qui me concerne, je ne suis rien dans le Bloc Identitaire. J’ai applaudi à certaines de ses initiatives ; d’autres me sont totalement étrangères. Je ne suis pas sûr de partager la culture politique de ce mouvement, mais, à vrai dire, cette culture politique me semble assez foisonnante et j’ignore qui en est l’interprète autorisé. En tout cas, le premier sens de « cathos identitaires » pourrait difficilement m’être appliqué. Je ne crois pas non plus bien correspondre à la notion de « catholique culturel ». Bref, dans les trois sens que j’ai identifiés, seul le troisième pourrait éventuellement me correspondre, mais, à ce compte, bien des journalistes de La Vie et Koz lui-même doivent répondre à la définition. Tout ceci est, au fond, assez divertissant…

Mais, si je comprends bien ce que nous reproche notre avocat blogueur, ce vocable bizarre désigne, en réalité, sans trop oser le dire, un type de catholiques qui ne saute pas de joie devant les destructions de l’identité française. Koz évoque longuement l’affaire des crèches de Noël et l’immigration, pour « montrer » que les « cathos identitaires » en général, et leSalon beige en particulier, ne sont nullement attachés à la foi catholique, mais au patrimoine que celle-ci a laissé en France.

J’avoue que je suis admiratif de sa prodigieuse capacité à sonder les reins et les cœurs. Mais je suis surtout atterré par cette dialectique inepte : pourquoi diable ne pourrions-nous pas être à la fois attachés à la foi catholique et à la civilisation française ? Cette dialectique a d’ailleurs été aggravée, depuis, par l’intéressé d’une plus inepte encore : il y aurait les bons chrétiens accueillant les femmes en détresse et les mauvais – les identitaires ? – qui dénoncent les lois sur l’avortement. Comme si les militants de la Marche pour la Vie étaient incapables de compassion. Comme s’ils n’étaient pas, au contraire, aux avant-postes pour soutenir les femmes en détresse et les accueillir, avant comme après le drame terrible de l’avortement. Demandez donc à une écoutante d’ivg.net ou de Mère de Miséricorde ce qu’elle pense de la loi sur l’extension du délit d’entrave et vous verrez bien que le combat contre la culture de mort est unique, bien qu’il implique plusieurs types d’actions différentes.

Je suis tout prêt à croire que Me Le Morhedec est un meilleur chrétien que moi. Je n’ai aucun moyen d’en juger. Je nous souhaite simplement à tous les deux d’aller au Paradis. Mais, ne l’ayant, que je sache, jamais rencontré, je suis intrigué de savoir comment il a pu, lui, savoir que j’étais cette sorte de pharisien qu’il dénonce, attaché seulement aux formes et non au cœur de la foi catholique. Au demeurant, si je me souviens bien, dans l’Évangile, le pharisien était plutôt celui qui, comme notre censeur, se présentait tête haute au temple en remerciant l’Éternel de ne pas être comme ces pécheurs que nous sommes, nous !

Qu’il y ait un risque de dénaturation dans le fait de ne voir la crèche que comme « objet culturel », et non comme lieu de l’Incarnation, mystère central de notre foi, nul ne le niera. Et, pour notre part, au Salon beige, nous avons toujours pris soigneusement garde de ne jamais entrer dans la dialectique laïciste autorisant les « bonnes » crèches, objets culturels, tout en prohibant avec horreur les « mauvaises », objets religieux. Mais à qui la faute si beaucoup de Français, aujourd’hui, ignorent que le Fils de Dieu s’est fait chair ? N’est-ce pas à nous, chrétiens, qui avons renoncé à évangéliser, au nom d’un respect humain et parfois même d’un relativisme indignes ? Est-ce une raison pour chasser cet humble crèche de notre culture française ?

En réalité, je vois là – à tort, j’espère, mais, alors, notre censeur a tout fait pour m’induire en erreur – une haine contre la piété populaire. Bien sûr que cette piété populaire doit être évangélisée comme on disait dans les années 70. Bien sûr qu’elle n’est pas exempte de superstition. Mais qui donc peut prétendre avoir une foi pure de tout reproche ? Et cette piété populaire, cette foi du charbonnier et des vieilles grenouilles de bénitier, ne mérite-t-elle pas à tout le moins notre respect parce qu’elle demeure un lien avec le Dieu trinitaire ? En vieux thomiste, je ne peux pas oublier que le Docteur commun, après avoir écrit les admirables traités que l’on sait, refusa sur la fin de sa vie d’écrire une ligne de plus, car il trouvait, lui, que la foi d’une vieille femme valait mieux que toute sa théologie, dont l’Église latine n’a pas cessé depuis mille ans de se nourrir !

Venons-en, à présent, au débat sur l’immigration. Me Le Morhedec reproche aux « cathos identitaires » de ne pas être suffisamment accueillants à l’immigré et de promouvoir un catholicisme « blanc ». Je dis tout net que cette accusation est scandaleuse. Nous avons pour maîtres des prophètes juifs, des Pères de l’Église berbères, et pour frères bien des musulmans convertis au christianisme (que nous accueillons, nous, avec joie !)… N’est-ce pas saint Augustin ? N’est-ce pas saint Cyprien ? N’est-ce pas Moh-Christophe Bilek ou Saïd Oujibou ? Et d’ailleurs cette accusation est aussi contradictoire. D’autres censeurs, qui étaient parfois les mêmes, nous ont reproché d’être attachés, là aussi de façon soi-disant « pharisaïque », à l’enseignement du Christ sur l’indissolubilité du mariage à l’occasion du récent synode sur la famille. Or, nous étions, dans ce combat, derrière des cardinaux africains, comme les cardinaux Sarah, Turkson ou Napier. Mais sans doute était-ce une conception « identitaire » du sacrement de mariage qui nous faisait voir ces cardinaux comme des « Blancs », promoteurs bornés de la « civilisation occidentale » !

Les « cathos identitaires » s’opposent effectivement à la submersion migratoire. En tout cas, moi, je m’y oppose clairement. Mais, cher Maître, lisez donc ce qu’écrivent les prélats orientaux – arabes ou assyriens pour la plupart ! – sur cette submersion. Allez-vous nous dire qu’eux aussi, qui risquent leur vie chaque jour pour le Christ, n’ont qu’une foi morte et un simple attachement esthétique au patrimoine chrétien ?

S’opposer à la submersion migratoire n’implique pas, que je sache, de violer la dignité humaine des immigrés. Je crois même que c’est précisément l’inverse. Ce sont les “belles âmes”, celles qui font venir par millions les clandestins sur nos côtes, qui entretiennent les mafias se goinfrant sur le dos de ces malheureux, réduits en esclavage – ou qui les envoient à la mort dans la Méditerranée. Quand nous protestons contre l’immigration massive, nous prenons aussi la défense des pays d’origine privés de ces forces vives par une oligarchie occidentale sans scrupule. Comme le disait naguère Benoît XVI, il y a d’abord un droit à ne pas émigrer et à rester chez soi. Mais il est si facile de jouer sur l’émotion et de faire de ceux avec qui l’on est en désaccord – politique – de mauvais chrétiens. C’est exactement de la simonie : utiliser des choses saintes, comme la doctrine sociale catholique, pour des intérêts temporels. J’ajoute que le premier devoir de l’homme d’État n’est pas l’accueil universel et indéterminé de tout immigré, mais le bien commun de la société à la tête de laquelle il se trouve. Or, je serais curieux que l’on me prouve que l’arrivée de centaines de milliers de malheureux, alors que notre pays n’a toujours pas intégré l’essentiel des millions d’immigrés arrivés d’Afrique et du Maghreb depuis 50 ans, est de nature à améliorer le bien commun de la société française.

Mais le pire, en cette affaire, c’est qu’en opposant – indûment – notre attachement à l’Église et notre attachement à la France, les courageux pourfendeurs de « cathos identitaires » s’attaquent au cœur même de la foi et de la vie chrétiennes : l’Incarnation. Que je sache, la Révélation n’a pas eu pour conséquence de faire de nous des anges. Nous restons des hommes, nés dans une famille, dans une patrie, tributaires d’une histoire particulière. Et c’est dans cette histoire qu’intervient la grâce – qui n’abolit pas la nature mais la parfait, rappelait encore saint Thomas. Le Christ lui-même, vrai Dieu, mais aussi vrai homme, a aimé d’un amour de prédilection sa Mère, son père nourricier et sa patrie. Non, je ne crois pas que, pour être un bon chrétien, je sois tenu de préférer le lointain à ma femme, mes enfants ou mes parents. Je crois même exactement l’inverse : la pierre de touche de mon attachement au Christ réside dans mon amour du prochain.

Et je crois, par ailleurs, que les nations aussi servent au plan divin – la France comme les autres. Que Koz croie le contraire, grand bien lui fasse. Mais je doute qu’il soit en mesure de m‘asséner beaucoup de textes magistériels pour soutenir cette thèse aventureuse. La mienne a du moins l’avantage de n’être pas à moi seul, mais à quelques dizaines de Papes !

Au demeurant, à la fin de son livre, Me Le Morhedec détruit posément toute l’argumentation qui précède, rappelant que l’attachement à sa propre identité est la condition pour un dialogue fécond. Cela me semble l’évidence même.

Mais, attention, cher Maître, vous venez de vous désigner vous-même comme la cible des prochaines vagues de la nouvelle cabale des dévots contre les « cathos identitaires ». Bienvenue au club !

Guillaume de Thieulloy, directeur du Salon Beige et de Nouvelles de France