En France #NLH #NLQ

Associations religieuses et lobby, l’amendement Touraine rejeté

Le projet de loi « pour un Etat au service d’une société de confiance », était en débat à l’Assemblée. Il prévoit la suppression des associations à but cultuel du registre des lobbys. Certains y voient un traitement de faveur. (voir l’article de Libération)

Cependant, mercredi 27 juin, peu avant 2 heures du matin, l’amendement proposé par Mme Kerbarh et M Touraine a toutefois été rejeté par l’Assemblée nationale à 88 voix contre 85, en même temps qu’un amendement identique déposé par Valérie Rabault (présidente du groupe Nouvelle Gauche). Le rapporteur de la loi, M Guérini, en a profité pour rappeler que le projet de loi ne remettait pas en cause la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans la foulée, l’article 38 était adopté à 109 voix pour, 39 contre.

A la une #Dans le Monde #NLQ

Australie : les prêtres obligés de lever le secret de la confession dans certains cas

Les trois partis représentés à l’assemblée législative du Territoire de la capitale australienne (ACT) ont apporté leur soutien à un projet de loi qui élargit l’obligation de signalement des cas d’abus sexuels sur mineurs faite aux Eglises, en la faisant notamment couvrir également les aveux entendus au confessional. La disposition qui vise spécifiquement le sacrement de la confession de l’Eglise catholique doit entrer en vigueur le 31 mars 2019. Si une possibilité de négociation est prévue avec la hiérarchie catholique dans ce territoire en Australie sur les modalités de sa mise en œuvre, la nouvelle loi a déjà tous les ingrédients de la tyrannie laïque, annonciatrice d’une possible persécution religieuse.

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Brèves

Bac : les signes religieux sont-ils autorisés ?

Selon le ministère de l’Éducation nationale, les candidats des lycées publics sont interdits de signes religieux, conformément à la loi de 2004. Contrairement aux élèves issus d’établissements privés sous contrat ou du Cned.

Que dit la loi ? Le port de signes religieux est-il autorisé lors du baccalauréat, premier examen de l’enseignement supérieur ?

Dans une note intitulée « Laïcité et examens », l’Éducation nationale rappelle que l’interdiction, dans la loi de 2004, concerne « les élèves de l’enseignement public ». Quant aux candidats venus du privé, s’ils doivent « se soumettre aux règles d’organisation de l’examen qui visent notamment à garantir le respect de l’ordre et de la sécurité, à permettre la vérification de l’identité des candidats ou à prévenir les risques de fraudes », rien ne les empêche de porter des signes religieux.

En clair, des élèves du Cned (Centre national d’enseignement à distance) ou du privé sous contrat catholique, juif, laïc ou musulman (les lycées Averroès à Lille et al-Kindi à Lyon) peuvent porter le voile, la kippa ou le turban.Mais que vaut, sur le terrain, cette distinction entre public et privé ?

En 2010, à Créteil, dix élèves du lycée public Gutenberg s’étaient présentées voilées à l’examen munies d’un papier notifiant qu’elles avaient « le droit », selon la loi, de composer voilées. Le proviseur les y avait autorisées les trois premiers jours, avant que l’affaire ne fasse du bruit.

Cette distinction entre public et privé est-elle cohérente ?

Pour certains chefs d’établissements et autres spécialistes de la question laïque, la loi de 2004 ne peut s’appliquer au baccalauréat, premier examen de l’enseignement supérieur, lequel n’est pas soumis à la loi de 2004. « Si l’on s’en tient à ce fait, les établissements doivent accueillir les élèves quelles que soient leurs tenues. Cependant, rien n’empêche l’examinateur de vérifier que le candidat ne dissimule pas des écouteurs ou un instrument permettant la fraude, comme c’est le cas en Jordanie, en Égypte et en Palestine », explique Jean-Louis Auduc, spécialiste de la laïcité. « La laïcité est un principe. Pourquoi n’est-il pas valable de la maternelle à l’université ? », interroge-t-il.

Autre ambiguïté à laquelle se heurte le bac : la présence de symboles religieux ostentatoires dans les centres d’examens. Concrètement, un établissement privé catholique sous contrat doit-il décrocher ses crucifix lorsqu’il devient provisoirement un centre d’examen ? L’Éducation nationale le recommande, mais ne l’ordonne pas… « Il s’agit de locaux privés que nous mettons à disposition de l’État », rappelle Bruno Vidard, directeur de Saint-Jean-Baptiste-de La Salle à Saint-Denis. Il explique par ailleurs que dans les établissements privés, où la loi de 2004 ne s’applique pas, c’est le règlement intérieur qui prévaut. Le sien interdit le port de signes ostentatoires. En principe, il pourrait donc interdire à une élève du Cned de passer le bac voilée. « Mais ces jeunes sont là pour passer un examen. Il faut faire preuve de discernement », conclut-il.

Source : le figaro

Brèves

Un nouveau guide de la laïcité à l’école

“L’Express” s’est procuré et dévoile en exclusivité la nouvelle édition du livret laïcité destiné aux enseignants et chefs d’établissements.

En quoi le nouveau “vade-mecum de la laïcité à l’école”, que L’Express s’est procuré, et qui sera distribué dès le 30 mai à tous les chefs d’établissements et enseignants, diffère-t-il du livret élaboré sous Najat Vallaud-Belkacem ? “C’est une version plus développée, plus pratique et aussi peut-être plus… volontariste”, répond, après avoir longuement cherché le mot juste, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, dans un grand entretien qu’il a accordé à l’Express cette semaine. Cet opus de 83 pages – contre 32 pages pour le précédent – n’ignore rien des situations auxquelles les enseignants peuvent être confrontés au quotidien et il rappelle en détails les textes législatifs et jurisprudences en vigueur. Inflexion notable : l’accent est davantage mis sur les sanctions encourues. “Le livret laïcité insistait beaucoup – et à juste titre – sur la prévention. Mais cela donnait l’impression que cette dernière était l’alpha et l’oméga de ce qu’il fallait entreprendre pour veiller à la laïcité, explique Jean-Michel Blanquer. Or, tous les problèmes ne peuvent être traités en amont. Il faut aussi apporter des réponses, expliquer et sanctionner si besoin.”

Le document insiste notamment :

  • les certificats médicaux “de complaisance”,

Il s’agit des certificats médicaux que dont des filles se servent pour éviter d’être vue en maillot de bain ou en tenue de gymnastique pour des raisons religieuses. Le document indique “un absentéisme sélectif pour des raisons religieuses ne saurait être accepté.” De tels certificats médicaux devront être soumis au contrôle du médecin scolaire.

  • les agents qui refusent de serrer la main d’une collègue,

Le document rappelle que “Nul ne peut se prévaloir de sa religion ou de ses convictions pour porter atteinte à l’égalité entre les femmes et les femmes.” Par ailleurs, le refus d’être placé sous l’autorité hiérarchique est passible de sanctions disciplinaires comme refus d’obéissance.

  • l’éducation à la sexualité.

Le livret indique qu’il s’agit d’un enseignement obligatoire prévu depuis la loi de 2001.

 

Source : l’express

A la une #NLQ

L’édito – Vade retro Catholique

 

 

Chrétien ou catholique ? Pour le fidèle, la réponse pourrait sembler assez claire. Le catholique est nécessairement chrétien, mais le chrétien n’est pas assurément catholique. A la lecture des interviews, des tribunes, des échanges ou encore des tweets et autres posts sur Facebook, les personnalités et même l’internaute anonyme, bien que catholique se présentent plus volontiers comme chrétiens. Ce n’est évidemment pas faux, mais, depuis quelques siècles, c’est incomplet et (volontairement) flou. Il y a derrière ce choix plusieurs raisons, conscientes ou non. La première et pas des moindres, est l’habitude prise par les uns et les autres d’employer le nom de chrétien et ce reflexe est plus devenu une mode verbale qu’une réelle intention. Néanmoins, cela participe de la dilution et de l’effacement d’une certaine présence catholique dans le paysage ordinaire de la France d’aujourd’hui. D’autres motifs viennent renforcer cet habitus linguistique. Des motifs, parfois idéologiques, voudraient gommer les distinctions entre les catholiques et les autres chrétiens, parce que nous sommes, en effet tous frères, ou parce qu’il serait temps que l’Eglise catholique évolue. Chose, remarquez, qu’on ne demande pas aux autres Eglises, bien souvent. A côté de raisons syncrétistes, une vraie volonté œcuménique se nourrit d’un désir profond de solidarité avec les chrétiens persécutés. Cette volonté de faire corps renforce la visibilité et le poids global des chrétiens. Plus diffus, nous trouvons, sous-jacent, le manque de connaissance de leur foi chez nombre de catholiques, comme nous le reprochent bien souvent les protestants. Ce déficit rend moins nettes les distinctions majeures qui existent entre les confessions chrétiennes et atténue l’adhésion à l’Eglise. Mais il y a un autre motif. Être chrétien passe encore, mais être catholique est une flétrissure abjecte dans le monde actuel. Qui se dit chrétien est reconnu pour ses qualités de cœur et d’altruisme, quand le catholique (pourtant chrétien) est enfermé dans une vision rigoriste et moraliste. Face au vade retro catholique, certains fuient, comme les apôtres au soir de la Passion. D’autres tentent de passer entre les griffes du couperet bien-pensant et mettent en avant plutôt le nom de chrétien que celui de catholiques. Il n’est pas inintéressant de nous demander pourquoi nous employons tel nom plutôt que tel autre. S’il est clair qu’on veut éradiquer les catholiques de l’espace public, nos choix ne sont pas neutres quant à la visibilité de l’Eglise et le démon, qui pilote cette « discrimination », le sait très bien.

 

Conférences/Formations #NLQ

Conférence sur le thème de la laïcité le 22 mai 2018 à Metz (57)

La laïcité est aujourd’hui au cœur de nombreux débats. Faut-il autoriser les menus de substitution à la cantine ? Faut-il interdire les crèches de Noël dans l’espace public ? Quelle place accorde-t-on à la religion dans notre société ? Comment respecter la liberté religieuse de chaque Français ?

La France se définit comme neutre face aux différents cultes. Est-ce bien cela la laïcité ? Afin de nous éclairer sur le sujet, Marc Guidoni, juriste, formateur et dirigeant associatif, donnera une conférence sur le thème : « La laïcité fait-elle de l’État un ennemi des religions ? ».
Organisée par le Service diocésain pour l’évangélisation des jeunes et l’association Frat’57, cette rencontre se tiendra le mardi 22 mai prochain, à 20h30, au Grand Séminaire de Lorraine, 2 avenue Jean XXIII, 57000 Metz (salle Saint-Jean Baptiste).

Marc Guidoni anime régulièrement des formations en direction d’élus et de fonctionnaires territoriaux, notamment sur des questions liées à la laïcité.

L’entrée à cette conférence qui s’adresse à tout public, croyant et non-croyant, sera libre. N’hésitez donc à participer à cette rencontre !

NLQ #Tribunes et entretiens

Si l’Eglise ne défend pas le symbole du christianisme, qui le fera ?

Via Belgicatho

En Europe #NLQ

Allemagne : le gouvernement de Bavière fait accrocher des croix dans les espaces publics

En Bavière, le gouvernement local a décidé de faire accrocher des croix dans les espaces publics comme “symbole de notre identité et notre mode de vie bavarois”. Le crucifix “représente des valeurs élémentaires telles que la charité, la dignité humaine et la tolérance. La croix n’était pas un signe de religion et pas de violation de la loi de neutralité.”

Les Verts se sont opposés à cette mesure qui devrait entrer en vigueur le 1er juin prochain.

Source : Welt

Brèves

Avignon : la municipalité veut-elle “laïciser” les noms d’écoles publiques ?

Lu, [le 20 avril], cet articulet sur Le Dauphiné concernant des dossiers urgents qu’entend traiter la municipalité socialiste d’Avignon…

À Avignon, la Ville veut-elle débaptiser le nom de certains établissements scolaires publics pour les laïciser ? La municipalité PS s’en défend mais les écoles Saint-Roch et Saint-Jean vont bel et bien être rebaptisées. Et les écoles Saint-Gabriel,  Saint-Ruf et Sainte-Catherine pourraient elles aussi être concernées…  Le dossier crée  en tout cas un malaise certains à l’Hôtel de Ville de la cité des papes.

Source :  L’Observatoire de la christianophobie

A la une #NLQ

L’édito – La religion est un enjeu de société capital

Avec la relance de la question de la laïcité, les artifices de débats sociétaux, se pose pour la énième fois la question du rapport entre le politique et la religion.

La politique est avant tout un service rendu à la personne humaine, en tant qu’elle est garante du bien commun. Ce qui signifie qu’il n’appartient pas à la politique de décider si l’homme est religieux ou non ; elle doit garantir la vérité sur ce point. Le fondement du rapport entre religion et politique est donc antérieur au rapport lui-même. Il s’agit bien sûr de répondre à la question anthropologique fondamentale, l’homme est-il religieux ? Or derrière cette question s’en cache une autre. Si l’homme est religieux, il appartient donc à la dignité de l’homme de pouvoir vivre librement sa religion. Se pose alors la question encore plus fondamentale : si la religion appartient à la dignité de l’homme cela veut dire que cette religion correspond à la vérité profonde de l’homme et doit l’épanouir. Tel est donc le critère de vérité de la religion et par là d’une religion en particulier.

La relation politique et religion ne peut donc pas être neutre parce qu’elle suppose de la part du politique de garantir la liberté de religion, mais aussi de veiller à ce que cette liberté ne soit pas contraire à la vérité de l’homme. On en revient au sens premier de la politique : la politique doit s’intéresser à l’homme dans sa vérité parce qu’elle est le garant de son bonheur. Le responsable politique ne peut pas être un simple technicien. Aussi, le politique ne doit-il pas se soucier du rapport avec la religion, puisque celui-ci lui est dicté par le bien commun. Mail il doit se soucier de chercher la vérité sur ce qu’il y a de meilleur pour l’homme et si la religion entre dans ce « meilleur », il n’ a d’autre choix que de le promouvoir. Dans le cas contraire, il devra la combattre.

Ainsi donc, la religion EST un enjeu de société capital. Ceux qui la croient nocive ont raison de la combattre ; ceux qui la croient vitale ont le devoir de la promouvoir. C’est aussi le jeu de l’arène politique. La question n’est donc pas, pour tout responsable politique, ce qu’il doit faire face à la religion, mais comment se positionner face à elle : “pour ou contre ?”. C’est bien le combat que mènent de façon cohérente les antireligieux. Il appartient donc aux religions de se battre pour montrer que leur foi est celle qui conduit effectivement l’homme à son bonheur en respectant sa vérité propre.

Se pose alors dans le contexte du relativisme et de la tolérance ambiante, la double question de la laïcité et de la liberté religieuse. Le débat franco-français masque ce rapport étroit du politique et du religieux et surtout, dédouane le politique vis-à-vis de la religion. Liberté religieuse et laïcité devraient aller de pair, or elles semblent de plus en plus s’opposer. Ce qui est cohérent avec l’émergence d’un certain concept de laïcité qui sous couvert de liberté religieuse souhaitait s’émanciper de la religion.

Le dilemme n’est pas mince car si le politique a le devoir de garantir la liberté religieuse, peut-il réellement être laïc, puisque ce devoir repose sur l’adéquation entre la vérité de l’homme et la vérité de la religion ? Peut-on garantir le Bien Commun réel sans tenir compte de cette vérité sur l’homme, si cette vérité englobe la religion ? Ainsi, le relativisme religieux en politique est-il contraire à l’essence même du politique. Encore une fois, les hérauts d’une laïcité athée et anticléricale l’ont bien et justement compris. Mieux sans doute que nombres de croyants engagés en politique.