Afrique francophone #Dans le Monde #NLQ

L’accord-cadre de collaboration entre le Saint-Siège et le Bénin a été ratifié

Le nonce apostolique au Bénin, Mgr Brian Udaigwe, et le ministre béninois des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci, ont procédé jeudi en fin de matinée à la ratification de l’Accord-cadre entre le Saint-Siège et la République du Bénin sur le statut juridique de l’Eglise catholique dans le pays, précédemment signé en 2016.

Entré en vigueur le jour de sa ratification, cet accord constitué de 19 articles et d’un préambule « garantit à l’Église l’exercice de sa propre mission dans le pays » et « reconnaît la personnalité juridique de l’Église et de ses Institutions ». Les deux parties, « tout en sauvegardant l’indépendance et l’autonomie qui leur sont propres », s’engagent ici « à collaborer pour le bien-être moral, spirituel et matériel de la personne humaine et pour la promotion du bien commun ».

La ratification s’est faite en présence de membres de la nonciature ainsi que des président, vice-président, secrétaire général et directeur de la communication de la Conférence épiscopale béninoise, de l’archevêque de Cotonou, et de l’évêque de Porto-Novo. Les autorités béninoises étaient représentées par le chef de la diplomatie, mais également par plusieurs membres de son équipe, et par l’ambassadrice du Bénin près le Saint-Siège.
Source : Vatican News

Amérique latine #Dans le Monde #NLQ

Argentine : un mouvement d’apostasie collective réclame la séparation de l’Eglise et de l’Etat

Le 9 août 2018, après de vastes manifestations pro et anti-avortement, le Sénat argentin a finalement tranché et rejeté le projet de légalisation de l’avortement.

En juin dernier, les députés argentins avaient adopté en première lecture un projet de loi légalisant l’avortement au cours des 14 premières semaines de grossesse. 129 pour et 125 contre. Malgré cette petite majorité obtenue au Parlement, le Sénat a choisi de ne pas adopter le texte (38 voix contre 31).

Une victoire pour les mouvements anti-avortement, parmi lesquels figurent beaucoup de chrétiens catholiques et évangéliques. Pour leurs opposants, la défaite est sévère et ils ont choisi de riposter par une apostasie collective.

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NLH #Tribunes et entretiens

Rendre à César …

Un article de Michael Pakaluk traduit par Vincent de L. sur France-Catholique :

*Michael Pakaluk, fin connaisseur d’Aristote et Ordinaire de l’Académie pontificale de St Thomas d’Aquin, est professeur à l’École Busch d’Économie et des Affaires à l’Université Catholique d’Amérique. Il réside à Hyattsville, Maryland, avec son épouse Catherine, également professeur à l’École Busch, et leurs huit enfants.

Il faut rendre à César ce qui est à César, mais qui doit dire ce qui appartient à César : César tout seul, ou Dieu a-t-il son mot à dire ?

Certains d’entre nous resteront éveillés tard ce soir en ce Jour des Impôts. Mais jeudi est encore plus important. Il est noté « Jour de la libération des impôts », le jour jusqu’auquel nous devons tous travailler pour payer les trente pour cent de PIB ponctionnés par l’administration fédérale, l’État, et les taxes locales. Un tiers complet de notre travail utile sert financer l’État. Qu’est-ce que l’Église a à dire à ce propos ?

Au début de la pensée sociale catholique moderne, Léon XIII avertissait que l’État serait à même de réaliser ses actions bienfaisantes seulement « si les moyens de l’homme ne sont pas vidés et épuisés par une imposition excessive. Le droit de posséder une propriété privée provient de la nature, pas de l’homme ; et un État a le droit de contrôler son usage dans le seul intérêt du bien commun, mais en aucun cas de l’absorber. L’État serait alors injuste et cruel si, sous le terme d’imposition, il devait priver le propriétaire privé de plus que ce qui est juste » (Rerum Novarum, 47).

Mais qu’est-ce qui est juste ? Vraisemblablement, que ce jugement ne peut être rendu que par ceux qui sont experts dans la répartition des rôles communs de la « nature » et de l’homme », ce qui n’est pas une assise particulièrement solide pour nous aujourd’hui.

Cela semble correct : un poids juste de l’imposition devrait être quelque chose qui ne « vide ni n’épuise » le contribuable. Cela implique une limitation sur l’État. Le concept classique et scholastique de l’impôt était : le financement des activités nécessaires de l’État. On considérait qu’il y aurait une rencontre entre ce que l’État tenterait raisonnablement de faire et la charge que pourraient supporter les contribuables.

Maintenant, supposons une charge fiscale, calculée de manière exacte, qui « viderait et épuiserait » le contribuable : ipso facto alors, l’État viserait trop haut. Considérons comme prémisse que les 120 trillions de dollars de passif « non financé », si cette somme est correctement évaluée, impliqueraient une charge fiscale écrasante : il s’ensuit que l’État devrait réduire ses ambitions, et que la société civile devrait s’accroître.

Saint Jean Paul II avait une approche semblable lorsqu’il enseignait, de manière répétée, que les politiques fiscales devraient soutenir la famille. Ce faisant, il faisait écho à un passage magnifique du document de Vatican II sur l’apostolat des laïcs, qui mérite d’être cité ici :

« Ce fut toujours le devoir des époux, mais c’est aujourd’hui l’aspect le plus important de leur apostolat, de manifester et de prouver par toute leur vie l’indissolubilité et la sainteté du lien matrimonial ; d’affirmer avec vigueur le droit et le devoir assignés aux parents et aux tuteurs d’élever chrétiennement leurs enfants ; de défendre la dignité et l’autonomie de la famille. Ils doivent donc collaborer, eux et tous les fidèles, avec les hommes de bonne volonté, pour que ces droits soient parfaitement sauvegardés dans la législation civile ; pour qu’il soit tenu compte, dans le gouvernement du pays, des exigences des familles concernant l’habitation, l’éducation des enfants, les conditions de travail, la sécurité sociale et les impôts et que dans les migrations, la vie commune de la famille soit parfaitement respectée (Apostolicam actuositatem, 11). »

Cet enseignement riche et pointu sur l’impôt est présenté sous une forme considérablement atténuée dans le Compendium de la doctrine sociale de l’Église : « Les recettes fiscales et la dépense publique revêtent une importance économique cruciale pour chaque communauté civile et politique : l’objectif vers lequel il faut tendre consiste en des finances publiques capables de se proposer comme instrument de développement et de solidarité. Des finances publiques équitables et efficaces produisent des effets vertueux sur l’économie, car elles parviennent à favoriser la croissance de l’emploi, à soutenir les activités des entreprises et les initiatives sans but lucratif, et contribuent à accroître la crédibilité de l’État comme garant des systèmes de prévoyance et de protection sociales, destinés en particulier à protéger les plus faibles (355). »

Le Compendium présume que l’État a une fonction de redistribution, et son seul commentaire à propos de la famille et de l’impôt passe dans cette idée : « Dans la distribution des ressources, les finances publiques doivent suivre les principes de la solidarité, de l’égalité, de la mise en valeur des talents, et accorder une grande attention au soutien des familles, en destinant à cette fin une quantité appropriée de ressources. »

Comme le Catéchisme, dont le seul enseignement sur l’impôt est que l’évasion fiscale est injuste (2490, voir 2240).

Mais plus troublant encore que ce qui semble être un manque de scepticisme équilibré à propos de l’impôt dans ces documents, est le manque d’attention sur le statut des églises vis-à-vis de l’exemption fiscale. Comment s’assure-t-on qu’une église et ses biens sont rendus à Dieu et pas à César ?

Nous sommes en danger. Même si l’exemption est profondément enracinée dans la tradition, les lois et la politique fiscale américaines, on peut s’attendre à ce qu’elle subisse des attaques de plus en plus grandes, car les chrétiens sont de plus en plus sévèrement critiqués comme « ennemis de la race humaine » (ainsi que le signalait le Juge Scalia). Dans la pensée populaire, une exemption est une faveur. Comment, donc, le gouvernement peut-il faire preuve d’un tel favoritisme sans violer le Premier Amendement ?
César lui-même a fourni quelques réponses. Les Églises fournissent souvent des services que le gouvernement devrait assurer sans cela. Les Églises ne s’engagent pas dans des activités économiques qui engendrent des revenus imposables. Si les propriétés de l’Église étaient imposées, il serait à peine possible de construire des églises dans les villes, là où vivent les gens. Tout ce qui peut être imposé peut être détruit, mais le gouvernement ne devrait pas avoir le pouvoir de détruire une religion.

Et pourtant, le guide de César est toujours l’opportunité. En outre, la réponse la plus profonde provient de Dieu, pas de César. Elle a trait à la souveraineté indépendante de l’Église catholique, appréciée de manière analogue par les Églises chrétiennes et les autres religions, et expliquée par Léon XIII : « Dieu a donc divisé le gouvernement du genre humain entre deux puissances : la puissance ecclésiastique et la puissance civile ; celle-là préposée aux choses divines, celle-ci aux choses humaines. Chacune d’elles en son genre est souveraine ; chacune est renfermée dans des limites parfaitement déterminées et tracées en conformité de sa nature et de son but spécial (Immortale Dei, 13).

Source : https://www.thecatholicthing.org/2018/04/17/rendering-to-caesar/

En France #NLQ

Deux croix sciées sur des sommets dans les Pyrénées-Orientales

La date où ces deux croix ont été sciées n’est pas précisée. Je lis sur le forum de discussion  Pyrénées Team que la croix installée au sommet du mont Cambre d’Aze avait disparu avant le 10 octobre  2017. S’agit-il de la même que celle dont l’évêque signale la disparition ? Rappelons que les maires des communes sur le territoire desquelles les croix étaient érigées depuis 2015 avaient donné leur accord : Hélène Josende, maire d’Angoustrine-Villeneuve-les-Escaldes pour celle du Carlit, et Jean-Luc Molinier, maire de Saint-Pierre-dels-Forcats pour celle du Cambre d’Aze. Voici le communiqué indigné de Mgr Norbert Turini, évêque du diocèse de Perpignan-Elne en date du 24 juillet.

Absent de Perpignan pour quelques jours, j’ai été mis au courant par mes collaborateurs et par la presse locale de la gravité des faits qui se sont produits aux sommets du Carlit et du Cambre d’Aze où des individus n’ont rien trouvé de mieux que de scier ces croix plantées en 2015.

Ce sont les militaires du CNEC [Centre national d’entraînement commando] qui les avaient payées, qui avaient fourni tout le matériel pour leurs poses et obtenu les autorisations du Conseil Départemental, du Parc naturel et des municipalités concernées.

Certains, au nom du respect de la laïcité avaient déjà demandé que ces croix plantées sur les sommets de nos montagnes, soient retirées, en faisant appel à la puissance publique au moyen d’une pétition.

Si la république se sent offensée par ces croix, je lui en demande pardon.Mais qui va demander pardon aux catholiques et plus largement à tous les chrétiens qui reconnaissent dans la Croix le symbole de leur foi ?
Je me demande si l’on n’est pas en train de se tromper de combat !
C’est une tradition très ancienne que des croix soient plantées au sommet de nos montagnes, pas seulement en pays catalan, mais ailleurs.

Ceux qui plantaient ces croix avant 1905 étaient dans la tradition. Et ceux qui les plantent après ne le sont plus, voire sont dans l’illégalité ? Comme si les lois de 1905 avaient supprimé toute tradition.

Il y a dans ce département et dans d’autres des gestes naturels, spontanés, qui font partie de notre culture locale et qui sont posés, non par provocation ni pour contrevenir à la loi, mais parce qu’ils sont reliés à notre propre histoire. Et, je tiens le préciser il y a des croyants mais aussi des incroyants qui s’associent à la pose de ces croix.

Je connais de fervents défenseurs de la laïcité qui n’hésitent pas pour la saint Jean-Baptiste à apporter leurs fagots de bois à la Croix du Canigou plantée en 1943. Sont-ils en contradiction avec leurs principes ? Je pense qu’ils ne se posent même pas la question, parce que c’est une tradition qui fait partie de leur culture.
Quant aux auteurs de ce délit, je suis indigné est triste pour eux.
Aujourd’hui les croix ne sont pas plantées que sur le sommet de nos montagnes mais dans la vie des migrants, des chômeurs, des malades, des handicapés, des gens de la rue, des familles sans ressources, des jeunes en grande précarité, des croyants persécutés, etc. C’est pour ces croix-là qu’il nous faut mener le vrai combat afin de faire valoir leur dignité.
Monseigneur Norbert Turini,  évêque de Perpignan-Elne

Source : diocèse de Perpignan-Elne, 26 juillet et Observatoire de la christianophobie

Dans le Monde #Europe non francophone #NLQ

Espagne : offensive du gouvernement socialiste contre les écoles privées sous contrat

Avec son nouveau Premier ministre Pedro Sanchez, l’Espagne est en passe de prendre un virage à gauche qui affectera aussi bien les lois « sociétales » que la politique d’immigration du pays. Mais l’école catholique sous contrat est également dans le collimateur. Moins d’un mois et demi après l’entrée en fonctions de Sanchez, Isabel Celaá, devenue ministre de l’Education le 7 juin dernier, a annoncé vouloir modifier l’article de la loi sur l’éducation qui prévoit le financement public des places à l’école privée en fonction de la « demande sociale ». La laïcité avance à grands pas.

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En France #NLH #NLQ

Associations religieuses et lobby, l’amendement Touraine rejeté

Le projet de loi « pour un Etat au service d’une société de confiance », était en débat à l’Assemblée. Il prévoit la suppression des associations à but cultuel du registre des lobbys. Certains y voient un traitement de faveur. (voir l’article de Libération)

Cependant, mercredi 27 juin, peu avant 2 heures du matin, l’amendement proposé par Mme Kerbarh et M Touraine a toutefois été rejeté par l’Assemblée nationale à 88 voix contre 85, en même temps qu’un amendement identique déposé par Valérie Rabault (présidente du groupe Nouvelle Gauche). Le rapporteur de la loi, M Guérini, en a profité pour rappeler que le projet de loi ne remettait pas en cause la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans la foulée, l’article 38 était adopté à 109 voix pour, 39 contre.

A la une #Dans le Monde #NLQ

Australie : les prêtres obligés de lever le secret de la confession dans certains cas

Les trois partis représentés à l’assemblée législative du Territoire de la capitale australienne (ACT) ont apporté leur soutien à un projet de loi qui élargit l’obligation de signalement des cas d’abus sexuels sur mineurs faite aux Eglises, en la faisant notamment couvrir également les aveux entendus au confessional. La disposition qui vise spécifiquement le sacrement de la confession de l’Eglise catholique doit entrer en vigueur le 31 mars 2019. Si une possibilité de négociation est prévue avec la hiérarchie catholique dans ce territoire en Australie sur les modalités de sa mise en œuvre, la nouvelle loi a déjà tous les ingrédients de la tyrannie laïque, annonciatrice d’une possible persécution religieuse.

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Brèves

Bac : les signes religieux sont-ils autorisés ?

Selon le ministère de l’Éducation nationale, les candidats des lycées publics sont interdits de signes religieux, conformément à la loi de 2004. Contrairement aux élèves issus d’établissements privés sous contrat ou du Cned.

Que dit la loi ? Le port de signes religieux est-il autorisé lors du baccalauréat, premier examen de l’enseignement supérieur ?

Dans une note intitulée « Laïcité et examens », l’Éducation nationale rappelle que l’interdiction, dans la loi de 2004, concerne « les élèves de l’enseignement public ». Quant aux candidats venus du privé, s’ils doivent « se soumettre aux règles d’organisation de l’examen qui visent notamment à garantir le respect de l’ordre et de la sécurité, à permettre la vérification de l’identité des candidats ou à prévenir les risques de fraudes », rien ne les empêche de porter des signes religieux.

En clair, des élèves du Cned (Centre national d’enseignement à distance) ou du privé sous contrat catholique, juif, laïc ou musulman (les lycées Averroès à Lille et al-Kindi à Lyon) peuvent porter le voile, la kippa ou le turban.Mais que vaut, sur le terrain, cette distinction entre public et privé ?

En 2010, à Créteil, dix élèves du lycée public Gutenberg s’étaient présentées voilées à l’examen munies d’un papier notifiant qu’elles avaient « le droit », selon la loi, de composer voilées. Le proviseur les y avait autorisées les trois premiers jours, avant que l’affaire ne fasse du bruit.

Cette distinction entre public et privé est-elle cohérente ?

Pour certains chefs d’établissements et autres spécialistes de la question laïque, la loi de 2004 ne peut s’appliquer au baccalauréat, premier examen de l’enseignement supérieur, lequel n’est pas soumis à la loi de 2004. « Si l’on s’en tient à ce fait, les établissements doivent accueillir les élèves quelles que soient leurs tenues. Cependant, rien n’empêche l’examinateur de vérifier que le candidat ne dissimule pas des écouteurs ou un instrument permettant la fraude, comme c’est le cas en Jordanie, en Égypte et en Palestine », explique Jean-Louis Auduc, spécialiste de la laïcité. « La laïcité est un principe. Pourquoi n’est-il pas valable de la maternelle à l’université ? », interroge-t-il.

Autre ambiguïté à laquelle se heurte le bac : la présence de symboles religieux ostentatoires dans les centres d’examens. Concrètement, un établissement privé catholique sous contrat doit-il décrocher ses crucifix lorsqu’il devient provisoirement un centre d’examen ? L’Éducation nationale le recommande, mais ne l’ordonne pas… « Il s’agit de locaux privés que nous mettons à disposition de l’État », rappelle Bruno Vidard, directeur de Saint-Jean-Baptiste-de La Salle à Saint-Denis. Il explique par ailleurs que dans les établissements privés, où la loi de 2004 ne s’applique pas, c’est le règlement intérieur qui prévaut. Le sien interdit le port de signes ostentatoires. En principe, il pourrait donc interdire à une élève du Cned de passer le bac voilée. « Mais ces jeunes sont là pour passer un examen. Il faut faire preuve de discernement », conclut-il.

Source : le figaro

Brèves

Un nouveau guide de la laïcité à l’école

“L’Express” s’est procuré et dévoile en exclusivité la nouvelle édition du livret laïcité destiné aux enseignants et chefs d’établissements.

En quoi le nouveau “vade-mecum de la laïcité à l’école”, que L’Express s’est procuré, et qui sera distribué dès le 30 mai à tous les chefs d’établissements et enseignants, diffère-t-il du livret élaboré sous Najat Vallaud-Belkacem ? “C’est une version plus développée, plus pratique et aussi peut-être plus… volontariste”, répond, après avoir longuement cherché le mot juste, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, dans un grand entretien qu’il a accordé à l’Express cette semaine. Cet opus de 83 pages – contre 32 pages pour le précédent – n’ignore rien des situations auxquelles les enseignants peuvent être confrontés au quotidien et il rappelle en détails les textes législatifs et jurisprudences en vigueur. Inflexion notable : l’accent est davantage mis sur les sanctions encourues. “Le livret laïcité insistait beaucoup – et à juste titre – sur la prévention. Mais cela donnait l’impression que cette dernière était l’alpha et l’oméga de ce qu’il fallait entreprendre pour veiller à la laïcité, explique Jean-Michel Blanquer. Or, tous les problèmes ne peuvent être traités en amont. Il faut aussi apporter des réponses, expliquer et sanctionner si besoin.”

Le document insiste notamment :

  • les certificats médicaux “de complaisance”,

Il s’agit des certificats médicaux que dont des filles se servent pour éviter d’être vue en maillot de bain ou en tenue de gymnastique pour des raisons religieuses. Le document indique “un absentéisme sélectif pour des raisons religieuses ne saurait être accepté.” De tels certificats médicaux devront être soumis au contrôle du médecin scolaire.

  • les agents qui refusent de serrer la main d’une collègue,

Le document rappelle que “Nul ne peut se prévaloir de sa religion ou de ses convictions pour porter atteinte à l’égalité entre les femmes et les femmes.” Par ailleurs, le refus d’être placé sous l’autorité hiérarchique est passible de sanctions disciplinaires comme refus d’obéissance.

  • l’éducation à la sexualité.

Le livret indique qu’il s’agit d’un enseignement obligatoire prévu depuis la loi de 2001.

 

Source : l’express

A la une #NLQ

L’édito – Vade retro Catholique

 

 

Chrétien ou catholique ? Pour le fidèle, la réponse pourrait sembler assez claire. Le catholique est nécessairement chrétien, mais le chrétien n’est pas assurément catholique. A la lecture des interviews, des tribunes, des échanges ou encore des tweets et autres posts sur Facebook, les personnalités et même l’internaute anonyme, bien que catholique se présentent plus volontiers comme chrétiens. Ce n’est évidemment pas faux, mais, depuis quelques siècles, c’est incomplet et (volontairement) flou. Il y a derrière ce choix plusieurs raisons, conscientes ou non. La première et pas des moindres, est l’habitude prise par les uns et les autres d’employer le nom de chrétien et ce reflexe est plus devenu une mode verbale qu’une réelle intention. Néanmoins, cela participe de la dilution et de l’effacement d’une certaine présence catholique dans le paysage ordinaire de la France d’aujourd’hui. D’autres motifs viennent renforcer cet habitus linguistique. Des motifs, parfois idéologiques, voudraient gommer les distinctions entre les catholiques et les autres chrétiens, parce que nous sommes, en effet tous frères, ou parce qu’il serait temps que l’Eglise catholique évolue. Chose, remarquez, qu’on ne demande pas aux autres Eglises, bien souvent. A côté de raisons syncrétistes, une vraie volonté œcuménique se nourrit d’un désir profond de solidarité avec les chrétiens persécutés. Cette volonté de faire corps renforce la visibilité et le poids global des chrétiens. Plus diffus, nous trouvons, sous-jacent, le manque de connaissance de leur foi chez nombre de catholiques, comme nous le reprochent bien souvent les protestants. Ce déficit rend moins nettes les distinctions majeures qui existent entre les confessions chrétiennes et atténue l’adhésion à l’Eglise. Mais il y a un autre motif. Être chrétien passe encore, mais être catholique est une flétrissure abjecte dans le monde actuel. Qui se dit chrétien est reconnu pour ses qualités de cœur et d’altruisme, quand le catholique (pourtant chrétien) est enfermé dans une vision rigoriste et moraliste. Face au vade retro catholique, certains fuient, comme les apôtres au soir de la Passion. D’autres tentent de passer entre les griffes du couperet bien-pensant et mettent en avant plutôt le nom de chrétien que celui de catholiques. Il n’est pas inintéressant de nous demander pourquoi nous employons tel nom plutôt que tel autre. S’il est clair qu’on veut éradiquer les catholiques de l’espace public, nos choix ne sont pas neutres quant à la visibilité de l’Eglise et le démon, qui pilote cette « discrimination », le sait très bien.