Articles #NLQ #Tribunes et entretiens

Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine du 11 janvier 2019 : “Le meilleur témoignage que nous pouvons offrir au monde, c’est la présence de notre être renouvelé !”

Suite à l’interview du père Michel-Marie sur la chaîne québécoise TVA dans l’émission La Victoire de l’Amour, le célèbre prédicateur, écrivain, auteur-compositeur et chanteur revient régulièrement pour commenter l’évangile du jour.

Ici Lc V, 12-16

Version audio seule.

Par ailleurs, il donnera un récital inédit de ses chansons le 19 janvier 2019 au Théâtre de l’Athénée-Louis Juvet à Paris.

Asie #Dans le Monde #NLQ

Bangladesh – le combat des religieuses contre la lèpre et la tuberculose

Les missionnaires de Marie Immaculée dirigent, depuis plusieurs dizaines d’années, le centre médical de Damian House, dans le sud du Bangladesh. Là, les religieuses procurent des soins gratuits, entre autres services et produits de première nécessité, aux malades de la lèpre et de la tuberculose. Si le pays est officiellement débarassé de la lèpre depuis 1998, 12 districts sur les 64 sont toujours vulnérables, et les religieuses font face à un afflux de patients atteints de tuberculose.

En 1975, Monjur Sheikh, un villageois musulman du sud du district de Bagerhat, a commencé à souffrir d’irritations qui se sont infectées, accompagnées de douleurs et de fièvre. Il s’est empressé de consulter plusieurs médecins, mais les traitements prescrits n’ont fait qu’empirer son état. Il commençait à paniquer et à perdre espoir, en voyant son apparence se dégrader peu à peu. « À chaque traitement, j’ai eu une réaction violente », explique l’homme de 81 ans. « J’ai vite compris que j’avais la lèpre, mais je ne savais pas quoi faire ni où aller. » Après des années de souffrance, cet ancien entrepreneur a fini par entendre parler d’un hôpital dirigé par des religieuses à Daspara, un village du district voisin de Khulna. En 1986, après des années d’humiliation, il fut accueilli au nouveau centre médical de Damian House, ouvert par les sœurs missionnaires de Marie Immaculée (PIME) pour prendre soin des patients les plus pauvres du sud du Bangladesh. « Je me souviens du jour où j’ai rencontré sœur Rosa Sozzi pour la première fois. Elle a commencé à me soigner. J’y suis resté souvent, et je prenais les médicaments qu’on me donnait. Sans leur aide, je ne pense pas que j’aurais pu survivre aussi longtemps. »

Les religieuses l’ont non seulement soigné, mais aussi appris à se battre contre les préjugés et la stigmatisation sociale liée à la lèpre. « Même mes proches m’évitaient, par peur d’être contaminés. Les gens m’insultaient. Mais les religieuses étaient différentes. Elles sensibilisaient les gens autour d’elles et encourageaient les jeunes à ne pas se sentir menacés, à ne pas nous exclure », ajoute-t-il. Maria Begum, jeune mère de 25 ans, a également rendu visite au centre régulièrement pour recevoir un traitement pour la tuberculose. « Il y a un an, j’ai commencé à souffrir de graves problèmes de toux. Je suis venue ici et j’ai découvert que j’avais la tuberculose. Depuis que je reçois le traitement, je me sens beaucoup mieux », assure la mère de famille musulmane, qui est venue dans le district de Barisal depuis celui de Khulna il y a neuf ans. En plus des soins gratuits, les religieuses ont offert chaque mois à la jeune mère de la nourriture pour nourrisson, des lentilles et du sucre. « Avant de venir ici, je devais dépenser beaucoup d’argent auprès des médecins locaux, mais aucun traitement ne marchait. Ici, je ne dépense jamais rien. Et pourtant, grâce aux religieuses, je me sens mieux et on prend soin de ma famille. »

0,29 cas de lèpre pour 10 000 habitants

Aujourd’hui, la lèpre peut être guérie à condition d’être détectée suffisamment tôt. En 2016, 216 108 nouveaux cas de lèpre ont été enregistrés dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS explique que le taux de prévalence de la lèpre était, en 2016, de 0,29 pour 10 000. Au Bangladesh, pays pauvre et surpeuplé, la lèpre a longtemps été considérée comme un véritable fléau. Mais des initiatives des gouvernements et d’organisations internationales ont permis au pays de se débarrasser de la maladie en 1998. L’OMS considère qu’un pays s’est libéré d’une maladie si le taux de prévalence des nouveaux cas tombe en dessous d’un pour dix mille. En 2002, au Bangladesh, le taux de prévalence de la lèpre était encore de 0,62 pour dix mille. Sur ceux qui ont contracté la maladie, 6,5 % ont souffert de handicaps physiques significatifs. Aujourd’hui, c’est la tuberculose qui pose davantage de problèmes pour la santé publique du pays. Selon l’OMS, le Bangladesh est sixième sur une liste de 22 pays à risque face à la tuberculose. Aujourd’hui, au Bangladesh, 225 personnes sur 100 000 sont atteintes de tuberculose et 45 meurent chaque année.

12 districts sur 64 toujours vulnérables

Sœur Roberta Pignone, 46 ans, médecin et directrice de la Damian House, explique que le centre médical a été créé par sœur Rosa Sozzi. « Sœur Rosa avait à l’origine travaillé sur un projet pour le nord du pays, avant de finalement changer pour le sud. En 1998, elle est tombée malade et elle est rentrée en Italie, où elle est morte en octobre », raconte sœur Roberta, qui dirige le centre depuis 2012. En 2001, les religieuses ont constaté que le nombre de patients atteints de la lèpre était en train de chuter. Malheureusement, le nombre de tuberculeux augmentait. L’hôpital a donc rapidement ouvert une nouvelle section pour le traitement de la tuberculose. « Les pauvres ont tendance à ne pas tenir compte des symptômes, quand une mauvaise toux se développe. Ils ne vont voir un médecin que si leur état s’aggrave », ajoute sœur Roberta. Bien que le Bangladesh soit officiellement libre de la lèpre, un livret publié par les sœurs montre que la population est toujours vulnérable dans 12 des 64 districts du pays. Ce sont généralement des régions reculées du nord ou du sud. « Nous pensons que nous ne verrons plus ici des formes graves de lèpre pouvant entraîner la mort, mais nous voyons toujours des patients arriver de temps en temps, en petits nombres. Beaucoup de gens souffrent encore en silence », souffle la religieuse. « Nous nous démenons pour les aider. »

Durant des décennies, le centre a fonctionné grâce à des dons généreux provenant du monde entier, et notamment d’Italie. La crise américaine de 2008-2009, qui a touché l’Europe et en particulier l’Italie, a inquiété les religieuses qui voyaient leurs ressources s’amoindrir. Depuis, même si la situation reste tendue, les finances du centre se portent mieux. « Les plus défavorisés de la société bangladaise dépendent de ces soins gratuits », rappelle sœur Roberta. « Donc cela nous inquiète de voir les dons diminuer, cela affecte notre travail. Mais nous travaillons au service de Dieu, nous trouverons une solution pour continuer aussi longtemps qu’on aura besoin de nous. »

Source : Eglise d’Asie

Asie #NLH

Témoignage – En Inde, des religieuses vivent avec les lépreux pour combattre les préjugés

Au Madhya Pradesh, dans le district de Bharwani, Sœur Suso Kottirikal vit depuis plus de vingt ans dans un village rassemblant uniquement des personnes atteintes de la lèpre. Avant de venir vivre à l’Asha Gram, ce « village de l’espérance », la religieuse travaillait dans le pensionnat d’une école chrétienne où, dans les années 1980, le personnel éducatif n’hésitait pas à chasser les enfants dont les parents étaient atteints par la maladie. « Ces enfants souhaitaient seulement s’asseoir pour suivre les cours, mais ils ne pouvaient intégrer l’école car ils n’étaient pas autorisés à côtoyer les autres élèves », témoigne Sr Kottirikal. « J’ai même vu des professeurs jeter des pierres à ces enfants. Ce fut le choc de ma vie, je ne l’oublierai jamais », a-t-elle confié à l’agence Ucanews.

Elle dût pourtant attendre 1994 pour avoir l’autorisation de démarrer une école primaire destinée aux enfants des familles touchées par la maladie, dans ce village pour lépreux construit par le gouvernement en 1983. Depuis vingt-trois ans, c’est là que vit Sr Suso, avec deux autres religieuses de sa congrégation, The Poor Handmaids of Jesus-Christ, qui dispensent des soins médicaux aux malades, « les médecins et infirmières étant eux-mêmes réticents à venir sur place, craignant d’être contaminés à leur tour ».

Une fois les soins médicaux dispensés aux malades, la priorité de Sr Suso a été de scolariser les enfants d’Asha Gram, afin qu’ils poursuivent des études et puissent sortir du village des lépreux, en s’insérant socialement grâce à l’obtention d’un emploi. « Je n’aurais jamais pu m’approcher de la porte d’une école, et encore moins suivre des cours si Sr Suso ne m’avait pas accueillie et aidée », confie Sunita Nagrawe, 25 ans, originaire d’Asha Gram. Aujourd’hui titulaire d’un diplôme de responsable administratif et financier, Sunita a réussi brillamment le concours de la fonction publique, grâce aux cours dispensés par la religieuse.

Vivre avec les lépreux pour combattre les préjugés

Pour Mahali, la mère de Sunita, l’arrivée de Sr Suso dans l’enceinte du village de lépreux a été une grande surprise. « Elle s’est mise à vivre avec nous, comme l’une d’entre nous, soignant nos plaies et nous apportant son aide. Elle a commencé par rassembler les enfants sous un arbre pour leur enseigner l’écriture, car elle n’avait pas de local à l’époque », raconte-elle. En vivant avec les lépreux, la religieuse a à la fois cherché à redonner une dignité aux personnes victimes de cette maladie, mais également sensibiliser les populations environnantes au fait que la maladie n’était ni héréditaire ni transmissible par le toucher, puisqu’elle-même pouvait vivre avec les malades sans contracter la lèpre. Pour faire tomber ces préjugés, elle s’est donc rendue dans les villages alentours, organisant différentes campagnes de sensibilisation pour expliquer que cette maladie n’était pas contagieuse si la personne infectée suivait un traitement, mais qu’en plus les malades pouvaient être définitivement guéris, après un traitement de six mois. « C’est l’ignorance qui se trouve à la racine de ces discriminations. Davantage de sensibilisation auprès de la société indienne est nécessaire pour aider ces familles et permettre à leurs enfants de mener une vie normale », estime Sr Suso.

Aujourd’hui, la religieuse se dit heureuse. Car quand bien même les premiers élèves du village n’ont pas tous réussi leur scolarité, les générations actuelles sont « prometteuses ». Cent dix enfants sont actuellement scolarisés, parmi lesquels 80 filles, « dont des enfants des villages environnants », ce qui, pour Sr Suso, est une belle victoire contre les discriminations endurées par les familles des lépreux et leurs enfants, longtemps rejetés et livrés à eux-mêmes.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les chiffres montrent qu’un peu plus de 176 000 personnes dans le monde étaient infectées par la lèpre en 2015 et qu’un boom de 212 000 nouveaux cas avait été répertorié cette même année, dont 60 % en Inde. Selon le quotidien The Hindu, « la maladie a été retirée des priorités de santé public depuis seize ans, et il est grand temps que l’Inde intensifie de nouveau sa lutte contre la lèpre ». Dans sa stratégie mondiale de lutte contre la lèpre 2016-2020, l’OMS a demandé aux pays d’Asie du Sud et du Sud-Est, qui recueillent près de 70 % des nouveaux cas de contamination, de mettre la priorité sur les enfants qui représentent 10 % des personnes atteintes par la maladie.

Source : Eglises d’Asie

NLQ #Rome

Le pape invite à prier pour la lèpre et lutter contre ses discriminations

Pour la Journée mondiale des lépreux, le 29 janvier 2017, le pape François a appelé à lutter contre les « discriminations » à l’encontre des personnes atteintes par cette maladie.

« Cette maladie, bien qu’étant en régression, compte encore parmi les plus redoutées et touche les plus pauvres et les plus marginalisés », a-t-il déploré à l’angélus dominical qu’il présidait place Saint-Pierre.

« Il est important de lutter contre cette maladie, mais aussi contre les discriminations qu’elle entraîne », a-t-il ajouté. Le pape a encouragé « ceux qui sont engagés dans l’assistance et dans la réinsertion sociale des personnes touchées ».

Et il a assuré de la prière des baptisés pour les malades de lèpre – ou maladie de Hansen.

Source

 Voir à ce sujet notre témoignage