Doctrine / Formation #NLH

Lettre pastorale de Mgr Rolland sur le Pater

A l’occasion de la nouvelle traduction du Notre Père, Mgr Rolland, évêque de Belley-Ars donne une courte lettre pastorale.

 

Chers amis,

Ce qui fait la force de l’Eglise Catholique par rapport aux institutions humaines, c’est qu’elle se tient en attitude de conversion permanente, pour être fidèle à son Seigneur1. Ainsi, par exemple, chaque année, des temps liturgiques spécifiques, l’Avent et le Carême, stimulent tous ses membres pour qu’ils renouvellent leur cœur et se rendent davantage disponibles à la grâce du Christ, que le Père ne cesse d’envoyer faire toutes choses nouvelles (Apocalypse 21, 5).

Cette année, l’ouverture d’une nouvelle année liturgique coïncide avec l’entrée en vigueur de la nouvelle traduction de la prière du Notre Père pour toute liturgie publique. Cette nouveauté introduite dans la liturgie offre une opportunité exceptionnelle de mieux nous approprier la prière des enfants de Dieu. Aussi je vous propose quelques pistes de réflexion, qui ont pour ambition de vous aider à approfondir votre façon de prier et à progresser dans votre relation à Dieu et aux autres.

La prière que le Christ nous a enseignée nous fait exprimer sept demandes essentielles pour notre vie. Vous remarquerez que les trois premières demandes nous décentrent de nous-mêmes pour nous orienter vers Dieu et son projet sur le monde. Désirer sincèrement que le nom de Dieu soit sanctifié, que son règne se déploie, que sa volonté soit accomplie devrait nous rendre disponibles pour coopérer à l’action de la grâce. Les quatre demandes suivantes nous font demander humblement ce qui nous est nécessaire et que Dieu veut nous donner pour parcourir le chemin et être soutenus dans notre combat contre le mal.

Notre Père

Mais, pour commencer, je vous invite à vous arrêter sur les deux premiers mots de cette prière : Notre Père. Car reconnaître et affirmer que Dieu est Père est plus que jamais nécessaire dans une société en perte de liens sociaux et qui aspire ardemment à la fraternité universelle. Comme vous le savez, la fraternité ne se décrète pas, mais elle se reçoit : sont frères et sœurs ceux qui ont une ascendance commune. Or tous les peuples de la terre reçoivent la vie d’un même Créateur, qui nous institue, par le fait même, dans la fraternité universelle. C’est lui qui nous confère une même dignité inaliénable, impliquant les mêmes droits et devoirs pour tous. Notre communauté d’origine fait de nous des frères dans la riche diversité des races, langues, peuples, générations et nations.

Les façades de nos édifices publics sont normalement ornées de la devise républicaine : Liberté – Egalité – Fraternité. Pour bien faire, il conviendrait de commencer l’énumération par la mention de la fraternité2, car il ne peut y avoir d’authentique liberté ni de véritable égalité sans le fondement de la fraternité ! Notons au passage l’ambiguïté de ce que l’on nomme les valeurs de la République, qui sont censées constituer une base commune pour vivre la cohésion sociale dans notre pays. Personne ne sait précisément ce que l’on met derrière cette expression floue, que chacun comprend comme il veut. Le philosophe Jean-Luc Marionstigmatise ce malentendu sur lequel nous ne pouvons rien construire de solide : « Toute valeur dépend d’abord d’une évaluation et ne possède aucune valeur en soi (…) Il n’y a de valeur que boursière, variable et instable, aliénée à la cote qui la fixe, au jour le jour (…) Toute valeur dépend de son évaluateur, qui l’apprécie ou la déprécie à sa guise et sans qu’elle y puisse elle-même rien (…) On comprend donc que nommer quelque chose une ‘valeur’ indique qu’on la produit, la maîtrise et la domine du simple fait qu’on en décide sans recourir à elle. Qualifier quelque chose comme une ‘valeur’ revient à la disqualifier comme telle »3. Il n’est pas davantage ajusté de parler de ‘valeurs évangéliques’, car, comme le rappelait le pape François dans son message pour la récente journée missionnaire mondiale, la mission de l’Eglise n’est pas la diffusion d’une idéologie religieuse et pas même la proposition d’une éthique sublime, mais l’annonce de la personne de Jésus Christ, qui continue à évangéliser et à agir à travers son Eglise4.

Vivre la fraternité

Vous remarquerez que lorsque nous prions selon les indications de Jésus, nous ne disons pas mon, mais notre Père. Autrement dit, simultanément nous nous reconnaissons enfants de Dieu et nous affirmons que les autres sont nos frères, ou, plus précisément, nous n’avons la possibilité de nous adresser à Dieu en le nommant Père que dans le nous de ses enfants5. Dans l’Evangile, nous constatons que seul Jésus s’adresse à Dieu en le nommant mon Père. Ce qui signifie que si nous voulons comprendre ce qu’est la paternité de Dieu, il nous faut nous tourner vers le Christ, en tant qu’il est le Fils unique du Père. Et si nous voulons vivre en enfant de Dieu et en frère universel, il nous faut être unis à lui. C’est en étant insérés dans le Christ, le Fils unique, que nous trouvons notre véritable identité. Dans le Christ, nous nous trouvons en effet reliés les uns aux autres, comme les membres d’un corps unique, animé par le même Esprit Saint (voir 1 Co 12, 12-27).

Comme l’annonce saint Paul, le Christ nous sort de l’isolement mortifère et nous fait entrer dans une fraternité ouverte à l’universel, où toutes les frontières sont désormais abolies : « Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus » (Galates 3, 27-28). La fraternité évangélique va donc bien au-delà de la fraternité familiale, car force est de constater que la consanguinité crée aussi des frontières : elle distingue et sépare des autres ceux qui n’appartiennent pas à la même sphère. Et nous savons par expérience combien cela peut générer des rivalités parfois très violentes entre familles, clans, tribus…

Dans une famille, ce sont les parents qui apprennent à leurs enfants à vivre la fraternité. Si les parents sont défaillants, les enfants ne savent pas vivre la fraternité entre eux et ne sont pas bien préparés à la vie en société. Analogiquement on comprend que le manque de référence à Dieu entraîne une dégradation des relations fraternelles dans le monde. Il suffît de constater combien les pouvoirs politiques qui professent et imposent un athéisme idéologique conduisent automatiquement à un abandon du respect des personnes humaines et méprisent particulièrement les plus fragiles (enfant dans le sein maternel, vieillards, malades, étrangers, personnes handicapées…). Sans fondement divin, la fraternité et la dignité humaine perdent automatiquement toute consistance et deviennent très relatives.

Nommer Dieu Père n’est certes pas aisé pour ceux qui ont fait l’expérience d’une filiation douloureuse, en raison d’un père absent ou violent, par exemple. Mais cette difficulté se dépasse parce que la paternité humaine n’est qu’un pâle reflet de la paternité divine. Pour bien saisir celle-ci, nous devons fréquenter le Fils unique, Jésus, qui nous dévoile la véritable identité du Père, bien au-delà des images déformées que nous nous forgeons spontanément. Jésus nous déclare : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14, 9). Il dit encore : « Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler » (Luc 10, 22). Et il nous confie : « Je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jean 15, 15).

Ne nous laisse pas entrer en tentation

Venons-en maintenant à la nouvelle formulation de la sixième demande du Notre Père : ne nous laisse pas entrer en tentation. Ce verset, très complexe à traduire à partir de l’original grec, avait besoin d’être mieux compris. On a voulu écarter l’idée que Dieu pourrait nous éprouver en nous suggérant des actions mauvaises. La révélation biblique est très claire à ce sujet. Nous lisons en effet chez saint Jacques : « Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : ‘Ma tentation vient de Dieu’. Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal et lui-même ne tente personne » (Jacques 1, 13).

La nouvelle traduction offre l’avantage de nous conduire à une attention renouvelée à un aspect de la vie chrétienne que nous tendons à oublier, le combat spirituel. Lorsque nous focalisons notre attention sur les autres, nous oublions que le principal combat à mener est interne à soi-même et d’ordre spirituel. Nous éprouvons quotidiennement l’exigence des relations humaines, car la vie fraternelle impose d’accueillir l’autre dans sa différence, de le respecter et de l’aimer comme tel : différences de sexe, d’âge, de caractère, de centres d’intérêt, etc. Ce qui est vrai à l’échelle d’une famille de sang, l’est bien sûr davantage encore à échelle d’une paroisse, d’une commune, d’une nation et du monde. Face à cette difficulté, nous avons le devoir urgent de nous convertir et non pas d’exclure ou éliminer les autres.

Nous constatons combien notre monde a besoin d’amour ! C’est pourquoi le pape François fait de la Miséricorde divine le cœur de son enseignement : il annonce par ses paroles et par ses gestes hautement symboliques que l’amour du Christ est vivant. C’est également la raison pour laquelle le premier synode de son pontificat a été centré sur la famille : c’est dans le couple et dans la famille que l’on apprend la relation à l’autre ; que l’on apprend à s’investir pour servir la communion de façon très concrète. C’est encore là qu’on apprend à dépasser les conflits, à respecter les diversités, à travailler dans la patience.

Alors, comme Jésus lui-même nous y engage (6), demandons avec insistance à Notre Père du ciel qu’il nous envoie l’Esprit Saint, l’Esprit de communion, qui nous unit au Fils et au Père, en même temps qu’entre nous !

+ Pascal Roland

1 « L’Eglise ne peut changer la face du monde qu’en restant elle-même. Mais elle ne peut rester elle-même qu’en se changeant (se laissant changer) de génération en génération à la mesure de l’appel qu’elle ne cesse de recevoir » Jean-Luc Marion, Brève apologie pour un moment catholique, Editions Grasset, p 31.

2 Les origines et la naissance de cette devise ne sont pas très claires. Mais selon un bon nombre d’historiens la mention de la fraternité serait un apport tardif par rapport aux deux premiers éléments. En tous cas, il est à noter que la liberté et l’égalité relèvent du registre juridique, tandis que la fraternité relève du domaine moral, voire religieux. Les premiers termes sont davantage centrés sur les droits individuels, tandis que la fraternité exprime plutôt un devoir et est tournée vers la dimension communautaire.

3 Jean-Luc Marion, Brève apologie pour un moment catholique, Editions Grasset, p 86-87.

4 Pape François, Message daté du 4 juin 2017 pour la 91e journée missionnaire mondiale (22 octobre 2017).

5 « Dieu n’est un Père pour nous que pour autant que nous faisons partie de la communauté de ses enfants Il est Père pour ‘moi’ uniquement parce que je suis dans le ‘nous’ de ses enfants. Le ‘Notre Père ‘ chrétien n’est pas l’appel d’une âme qui ne connaît rien que Dieu et soi-même, mais il est lié à la communauté des frères avec lesquels nous formons ensemble le Christ unique, en qui et par qui seulement nous avons le pouvoir et le droit de dire ‘Père’, parce qu’en lui et par lui seulement, nous sommes ‘enfants’ » Joseph Ratzinger, Frères dans le Christ, éditions du Cerf, p 66.

6 « Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (Luc 11, 13)

En France

Lettre pastorale de l’évêque de Séez pour la rentrée de septembre 2017

 

Lettre pastorale de l’évêque de Séez pour la rentrée 2017.

Le 26 Août 2017

Chers frères et sœurs,

L’objet de ma lettre est de vous permettre d’entrer dans cette nouvelle année pastorale avec quelques points de repères diocésains. Elle se présente aussi comme une reprise de ce qui a été vécu l’année dernière.

L’année pastorale 2016/2017 a vu, dans notre diocèse, la mise en place de 10 pôles missionnaires, fruit de la réflexion menée pendant deux ans sur « l’avenir de nos communautés ». Je remercie tous les acteurs pastoraux (prêtres – diacres – religieux(ses) – laïcs) d’avoir accueilli ce nouveau découpage territorial paisiblement et positivement.

Faut-il redire que cette nouvelle donne n’avait pas d’autre but que de relancer chacun dans la triple mission de l’Eglise : annoncer – célébrer – servir ? Nous nous sommes ici placés résolument dans la dynamique de « La Joie de l’Evangile » de notre pape François : « penser la pastorale en termes missionnaires (…) en étant audacieux et créatifs dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés ».

Source : diocèse de Séez

Afrique non francophone #NLQ

Soudan du Sud – Lettre pastorale de la Conférence épiscopale contre les crimes de guerre

« Notre pays n’es pas en paix. La population a peur. La guerre civile, que nous avons souvent décrite comme privée de toute justification morale, se poursuit ». La situation en question a poussé les Evêques du Soudan du Sud à rédiger une Lettre pastorale, parvenue à Fides, dans laquelle ils se plaignent des attaques perpétrées à l’encontre des civils tant de la part du gouvernement que de l’opposition, lançant l’alarme sur la dimension ethnique que le conflit a pris.

 « Malgré nos appels adressés à toutes les parties, factions et individus visant à bloquer la guerre, on continue à tuer, à enlever, à saccager, à faire évacuer la population, à attaquer les églises et à détruire des propriétés dans tout le pays. Dans certaines villes, les civils sont prisonniers à cause de l’insécurité qui règne dans les rues environnantes » peut-on lire dans le document. La population n’a pas de lieu sà »r où se mettre à l’abri des violences. « Même lorsque qu’elle est venue chercher refuge dans nos églises ou dans les camps de réfugiés des Nations unies, elle a continué à subir des abus de la part des forces de sécurité. Nombreux sont ceux qui ont été contraints à fuir dans les pays limitrophes » ont déclaré les Evêques qui, aux vues de l’augmentation de la haine dans le pays, qualifient de « crimes de guerre » tout type de violence – homicide, torture et viol – concernant des civils. « La population a été amassée dans les maisons qui ont ensuite été livrées aux flammes. Les corps des victimes ont été jetés dans des réservoirs infectés. Il existe un manque total de respect de la vie humaine ».

En outre, l’Episcopat catholique déclare qu’il entreprendra une approche « plus dynamique » afin de progresser et que sera poursuivi l’effort et l’engagement visant à demeurer en contact avec d’autres églises chrétiennes pour tenter de trouver une paix durable. « Au travers du Plan d’action pour la Paix (APP) de notre Conseil des églises du Soudan du Sud (SSCC) – peut-on lire dans le communiqué parvenu à Fides – nous entendons rencontrer personnellement non seulement avec le Président mais également les Vice-présidents, les Ministres, les parlementaires, les responsables de l’opposition et les hommes politiques, les fonctionnaires et les militaires de toutes les parties concernées et quiconque disposant selon nous du pouvoir de changer en mieux notre pays. Il est de notre intention de les rencontrer, non pas une seule fois mais à chaque fois que cela sera nécessaire, pour entreprendre une action et pas seulement pour dialoguer ». En juin dernier, le Saint-Siège avait annoncé l’initiative « le Pape pour le Soudan du Sud » qui a permis la mise en place d’un fond vatican devant être utilisé dans le pays d’Afrique pour l’instruction, la santé et l’agriculture.

 

Source Agence Fides

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Mgr Ravel – Lettre pastorale – Le temps de la jeunesse

Mgr Luc Ravel, nouvel archevêque de Strasbourg, vient de publier une lettre pastorale d’une trentaine de pages, destinée à la jeunesse.

« L’heure de la jeunesse sonne à la grande horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg. Par cette première lettre pastorale, je souhaite faire entendre son délicieux carillon dans toute l’Alsace. Pour nous réjouir si nous l’espérions, pour nous déranger si nous dormions. En d’autres termes, il n’est plus temps d’attendre que le train lancé soit totalement arrêté pour accrocher le wagon de la jeunesse au train de l’Évangile »

« Une lettre pastorale éveille. Elle ne commande pas. Elle appelle, elle relance des énergies diminuées ou éteintes. Elle encourage et elle oriente. Elle vise à mettre en marche ».

« Il ne me semble pas nécessaire d’être un spécialiste de la jeunesse d’aujourd’hui pour s’engager à ses côtés. Les quelques éléments fournis dans ces lignes seront largement suffisants. Passer à l’action concrète n’est alors qu’une question de volonté. La volonté pousse à marcher en vrai, si elle est enflammée de convictions puissantes. Et elle pousse à marcher droit, si ces convictions sont justes. Vérifions quelques-unes de ces convictions, quant à leur présence, quant à leur justesse ».

La lettre est organisée en trois parties  :

  1. Les élans qui portent le marcheur : Mgr Ravel développe 5 convictions largement répandues sur la jeunesse qu’il commente selon son appréciation.
  1. De la rive du rêve à la rive du réel : La spécificité de l’âge de la jeunesse au regard de l’évangile et en particulier de la personnalité de Jean le Baptiste, incarnation de cet âge de la jeunesse.
  1. La pastorale de la jeunesse : Mgr Ravel propose des étapes de pédagogie concrète au service d’un engagement pastoral concret et pratique.

Source

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Lettre pastorale des évêques du Chemin de Saint-Jacques en France et en Espagne – Accueil et hospitalité sur le chemin de Saint-Jacques

Lettre pastorale des évêques du Chemin de Saint-Jacques en France et en Espagne sur le thème : “Accueil et hospitalité sur le chemin de Saint-Jacques”

Les évêques français et espagnols dont les diocèses sont traversés par les routes de Saint-Jacques-de-Compostelle se sont réunis les mardi 11 et mercredi 12 juillet 2017.

Dans une lettre pastorale intitulée « Accueil et hospitalité sur le chemin de Saint-Jacques », ils reviennent sur le sens de cette attitude et sur le rôle des hôtes.

Télécharger la lettre pastorale

 

En France #NLQ

Lettre pastorale des évêques du Chemin de Saint-Jacques en France et en Espagne

Les évêques français et espagnols dont les diocèses sont traversés par les routes de Saint-Jacques-de-Compostelle se sont réunis les mardi 11 et mercredi 12 juillet, après avoir parcouru à pied la dernière étape du parcours. Dans une lettre pastorale intitulée « Accueil et hospitalité sur le chemin de Saint-Jacques », ils reviennent sur le sens de cette attitude et sur le rôle des hôtes.

Les travaux furent présidés par Mgr  Marc AILLET, évêque de Bayonne, coordonnateur de la pastorale des chemins de St Jacques désigné par la conférence épiscopale de France, en présence de :

  • Mgr Bernard Nicolas  AUBERTIN, archevêque de Tours, pour la voie de Paris ;
  • Mgr François KALIST, évêque de Limoges, pour la voie de Vézelay ;
  • Mgr Luc CREPY, évêque du Puy en Velay.

Longue d’une petite quinzaine de pages, cette lettre est accessible en ligne.

En voici un court extrait :

En quoi « l’hospitalité chrétienne » se distingue-t-elle ou peut se distinguer de la simple « hospitalité » ? La présence chrétienne sur le chemin est essentielle pour conserver la tradition religieuse du grand pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle et y être des témoins actifs de la foi en Jésus-Christ : n’est-on pas là en fait sur un terrain privilégié d’évangélisation, grâce à l’accueil personnel, l’offre culturelle et la liturgie sacramentelle ? Les signes extérieurs de l’hospitalité chrétienne doivent être visibles dans les gîtes sans être exagérés. Il doit y avoir des crucifix à l’entrée et dans les salles. Une image de  l’apôtre saint Jacques et des brochures qui expliquent sa vie. Une image de la Vierge, qui soit si possible la représentation d’une Vierge locale. Des Bibles (dans diverses langues) et, si l’on veut, des exemplaires des derniers textes des papes. Mais également des guides du Chemin, des guides locaux indiquant les monuments à visiter, l’annonce des fêtes locales, des neuvaines en diverses langues, des journaux, et aussi des informations relatives à la ville de Saint-Jacques de Compostelle, but du pèlerin (horaires des offices religieux, de l’Accueil et des liturgies spécifiques, en plusieurs langues, pour la rencontre finale du pèlerinage, horaires et plan du Bureau du Pèlerin, adresses de gîtes où loger plusieurs nuits, musées et monuments à visiter, etc.). S’il y a une église non loin du gîte, qu’elle serve de lieu de prière. L’hospitalier chrétien, avec l’aide des paroissiens locaux, se chargera, en accord avec le curé, de la maintenir ouverte aux heures nécessaires et invitera ses hôtes à s’y rendre pour contempler et méditer. Lorsque ce sera possible, on y fera des vêpres, une messe du soir et/ou une bénédiction du pèlerin à son départ ; et l’on offrira le sacrement de la Pénitence à celui qui le demande. L’hospitalier chrétien annoncera les heures d’ouverture de l’église et les offices aux autres hospitaliers (non « chrétiens ») au cas où ils accueilleraient dans leurs gîtes des pèlerins intéressés. S’il y a un prêtre parmi les pèlerins, on lui demandera de célébrer et cela sera annoncé pour que les habitants du lieu puissent y participer.

Lieux privilégiés de la rencontre avec Celui qui invite à partir en pèlerinage et qui accompagne de Sa présence le pèlerin en marche, les sanctuaires du chemin et les églises offrent l’opportunité de se ressourcer. N’est-ce pas l’occasion de « refaire le plein » de grâces, contemplant le Christ en Sa présence réelle en compagnie du saint vénéré localement ? Il est du devoir des paroisses de faciliter l’accès à ces maisons de Dieu et de prière, pour que tous les « passants » puissent y trouver refuge, paix et consolation. Ne conviendrait-il pas que l’on puisse y trouver des informations, des livrets d’intentions, et même un endroit particulier préparé pour la prière (chapelle dédiée à saint Jacques, statue de saint Jacques, cierges, textes de prière…) ?

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Lorsque le Christ nous conduit et qu’Il devient la force de nos actions, nous pouvons alors construire des familles meilleures, des communautés meilleures et un pays meilleur – Évêques de Sierra Leone

« Nous demandons à tous les sierra léonais, en particulier à ceux qui sont en âge de voter, de rejeter fermement tous les actes de violence, les provocations inutiles, les différentes formes de fraude qui faussent les résultats ainsi que tout ce qui pourrait porter à la déstabilisation et au désordre. Nous encourageons tous les partis politiques et leurs sympathisants à accepter les résultats des élections si celles-ci sont considérées comme libres et régulières par l’autorité compétente ». Telles sont les exhortations des Evêques de Sierra Leone exprimées dans leur récente Lettre pastorale en vue des élections générales – municipales, législatives et présidentielles – du 7 mars prochain.
Dans le document parvenu à Fides intitulé « En chemin vers des élections pacifiques et crédibles », les Evêques invitent « les partis politiques et les candidats à la Présidence à respecter le processus électoral, à préserver la paix, à considérer l’intérêt du peuple de Sierra Leone et à se voir en cette élection pluraliste comme des concurrents et non comme des adversaires ». Ils demandent par suite avec force aux prêtres, aux religieux et aux laïcs de « promouvoir un esprit d’unité, de réconciliation, de tolérance et de paix dans leurs sermons, leurs homélies, leurs conférences et au sein de leurs engagements pastoraux ».

Dans leur longue Lettre, les Evêques expriment leur sincère gratitude envers le Président (sortant NDT), Ernest Bai Koroma, « pour avoir annoncé à temps la date des élections, de façon à éliminer toutes les craintes qui auraient pu indûment retarder ou même reporter ces dernières. A notre avis, cela représente un soutien important à la promotion de la paix et de la stabilité et un élan pour notre jeune démocratie ». Les Evêques apprécient en outre l’appui offert à leur pays par la Communauté internationale, en particulier dans les moments de terrible nécessité. « En particulier, nous reconnaissons les efforts énormes et les sacrifices réalisés par les sierra léonais, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, pour assurer le progrès de notre nation, qui a trop longtemps souffert » écrivent-ils, en rappelant l’épidémie d’Ebola, qui a coûté la vie à des milliers de personnes.

« Lorsque le Christ nous conduit par Sa lumière et qu’Il devient la force de propulsion de nos décisions et de nos actions », nous pouvons alors construire des familles meilleures, des communautés meilleures et un pays meilleur.

Les deux « tragédies jumelles » de la guerre civile et de l’épidémie d’Ebola, ont conduit les sierra léonais à s’unir et à combattre en fonction d’un but commun. « Nos différences ethniques, culturelles et religieuses ont été mises de côté pour obtenir un bien supérieur. De telles attitudes louables, que nous avons manifesté si clairement en ces moments critiques de notre histoire, devraient de nouveau nous animer alors que nous entreprenons le chemin en direction des élections nationales de 2018 qui définiront la prochaine phase de l’histoire de notre pays ».

Les Evêques lancent ensuite un appel à l’unité et à l’engagement : « En tant qu’Eglise, nous ne devrons pas nous permettre de nous éloigner de la participation politique mais notre implication ne peut être partisane. En aucun cas nous ne pouvons, en tant qu’Eglise, lutter pour la cause d’un parti politique quel qu’il soit. Notre cause est noble et consiste à défendre notre pays et ses citoyens des manipulateurs politiques et à éduquer tous les citoyens afin qu’ils sachent voter avec sagesse et de manière responsable ».

 

Source Agence Fides

Asie #NLQ

Cambodge – L’Eglise catholique lance un nouveau cycle de trois années consacré à la Famille

Après trois années dédiées à la charité, Mgr Olivier Schmitthaeusler, vicaire apostolique de Phnom Penh, a annoncé le lancement d’un nouveau cycle de trois ans, consacré cette fois-ci à la Famille. Dans sa nouvelle lettre pastorale distribuée aux fidèles catholiques, lors de la fête de l’Epiphanie, il souligne plusieurs défis à relever : celui du fléau de la pauvreté, de l’émigration, des mariages interreligieux et celui de pouvoir offrir à la jeunesse cambodgienne, un modèle familial inspiré des valeurs évangéliques.

En rappelant que les trois dernières années de charité se sont achevées avec le Jubilé de la Miséricorde, Mgr Schmitthaeusler a repris les propos du Pape François, qui appelle à « faire grandir une culture de la miséricorde, fondée sur la redécouverte de la rencontre des autres : une culture dans laquelle personne ne regarde l’autre avec indifférence ni ne détourne le regard quand il voit la souffrance des frères ». L’évêque a invité chacun des fidèles à vivre de cet appel, en rappelant que Dieu a besoin de « chacun de nous pour faire le grand miracle de la miséricorde… source de la paix. Paix des cœurs. Paix dans le monde ». Puis, le vicaire apostolique de Phnom Penh a annoncé que les trois prochaines années (2017, 2018 et 2019) sont dédiées à la Famille, invitant les croyants à s’inspirer de « l’Enfant-Dieu de la crèche » afin de vivre ces années « avec enthousiasme, le cœur rempli de la Miséricorde de Dieu qui nous aime tant ! »
Offrir à la jeunesse cambodgienne un modèle familial

Mgr Schmitthaeusler rappelle qu’après la forte instabilité politique qui a suivi la guerre civile de 1970 et le régime des Khmers rouges de 1975 à 1993, l’éducation, la culture, la religion et l’économie ont été en grande partie détruites. «  Aujourd’hui, 60 % de la population est âgé de moins de 22 ans. Cette jeune génération est née de parents qui ont vécu dans un mode de survie », marquée par « une coupure dans la transmission des valeurs ». « Cette nouvelle génération cherche un nouveau modèle familial, souvent inspiré des séries télévisées de Corée du Sud ou de Thaïlande, des réseaux sociaux : un modèle familial dans une société de consommation, avec un seul enfant, un modèle souvent égoïste et replié sur lui-même, cherchant son propre bonheur. Comment pouvons-nous donner aux jeunes un modèle familial qu’ils puissent suivre ? », interroge-t-il.

Source : Eglises d’Asie

En Afrique #NLQ

Rwanda : la conférence épiscopale demande pardon pour le génocide

        La conférence épiscopale du Rwanda a rédigé une Lettre Pastorale à l’occasion de la clôture du Jubilé de la Miséricorde, survenue dimanche dernier lors de la célébration de la fête du Christ-Roi. Cette lettre qui a été signée par tous les évêques et lue le 20 novembre dernier dans toutes les paroisses du Rwanda, demande pardon de tous les péchés commis dans le cadre du génocide de 1994 de la part des catholiques, tout comme des autres péchés commis par la suite.

S.Exc. Mgr Philippe Rukamba, Evêque de Butaré et Président de la Conférence épiscopale du Rwanda s’est exprimé ainsi à l’Agence Fides :

Il n’est pas possible de parler de Miséricorde au Rwanda sans parler de génocide

« La Lettre est divisée en 14 points – explique à Fides le Président de la Conférence épiscopale. Dans la première partie, nous rendons grâce à Dieu pour tout ce qu’Il nous a donné : la vie, les enfants, la culture, l’Eglise qui a plus de 100 ans. Dans la seconde partie, nous demandons pardon pour le génocide en tant que personnes parce que ce n’est pas l’Eglise en tant que telle qui a commis ces crimes mais ce sont ses enfants qui ont péché. Est également condamnée l’idéologie du génocide qui a constitué un élément important du déclenchement de la tragédie, laquelle a comporté la destruction de tant de vies humaines et du tissus social de notre pays » conclut Mgr Rukamba.

Radio Vatican a communiqué quelques extraits de la Lettre Pastorale qui a été rédigée en kinyarwanda et dont la conférence épiscopale assure actuellement la traduction officielle en français et en anglais, les deux autres langues officielles du pays.

 Nous demandons pardon au nom de tous les chrétiens (impliqués dans le génocide) pour toute forme de péchés commis. Nous regrettons que des membres de l’église aient violé leurs vœux d’allégeance aux commandements de Dieu.

Les évêques de neuf diocèses rwandais y demandent pardon pour tous les crimes de haine commis dans le pays « dans la mesure où en haïssant nos collègues en raison de leur ethnie, nous n’avons pas montré que nous sommes une même famille, mais nous nous sommes tués entre nous ».

Dans ce document, les évêques s’excusent également de ne pas avoir été capables de prévenir le génocide. La lettre rappelle qu’un mois après le début du génocide, Saint-Jean-Paul II était le premier à condamner officiellement les atrocités commises contre les Tutsis. Le Pape affirmait à l’époque que les personnes coupables des massacres seraient responsables devant Dieu et l’histoire.

Plusieurs prêtres, religieux et religieuses catholiques du Rwanda ont été jugés pour participation au génocide, principalement par les tribunaux rwandais, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ou la justice belge. Certains ont été condamnés, d’autres ont été acquittés.

Asie

Vietnam : Les évêques s’inquiètent de la “détérioration du comportement moral”

Le texte vietnamien de la lettre ci-dessous a été publié sur le site de la Conférence épiscopale du Vietnam, le 7 octobre 2016. Titré « Lettre commune des évêques du Vietnam à la communauté du peuple de Dieu », il comporte deux parties nettement distinctes. La première recense et analyse un certain nombre de maux dont souffre la société vietnamienne d’aujourd’hui, parmi lesquels la récente catastrophe écologique du Centre-Vietnam. La seconde traite de la famille, qui constituera l’orientation pastorale des trois prochaines années. La rédaction d’Eglises d’Asie a traduit en français le texte vietnamien.

Frères et sœurs bien-aimées,

Nous, les évêques du Vietnam, réunis en assemblée plénière au Centre pastoral de l’archidiocèse de Hô Chi Minh-Ville, du 3 aux 7 octobre 2016, nous envoyons nos salutations affectueuses à la communauté du peuple de Dieu au Vietnam. Que la paix soit avec vous !

1. Grâce aux comptes rendus des diocèses et des commissions épiscopales, nous sommes heureux de constater les progrès réalisés pendant l’Année de la miséricorde chez de nombreuses personnes, ainsi que dans les diverses communautés grâce à l’étude de la catéchèse, aux célébrations liturgiques, aux pèlerinages, aux actions morales et aux gestes vertueux réalisant l’esprit de miséricorde, qui était le thème mis en relief au cours de l’Année sainte 2016. Mais ceci ne signifie pas que nous ne vivions la miséricorde que durant cette année sainte. Puissiez-vous continuer de vivre dans cet esprit durant toute votre vie, pour être digne d’être les enfants de votre Père qui est aux cieux, riche en miséricorde.

2. Les sentiments que nous éprouvons nous invitent à partager nos joies et nos espérances, nos tristesses et nos soucis avec vous et avec tout le peuple vietnamien en général dans la société d’aujourd’hui.

Considérant la situation de notre pays aujourd’hui, à côté de certaines réalisations qui ont vu le jour, nous relevons chez vous ainsi que dans le peuple vietnamien tout entier différents soucis et préoccupations. Lorsque nous regardons la situation de notre pays, comment ne pas éprouver d’inquiétude face à la grave détérioration du comportement moral. La criminalité progresse non seulement pour le nombre d’infractions, mais aussi pour la gravité des crimes commis ; les avortements et la consommation de drogues se répandent surtout au sein de la jeunesse. Comment pourrait-on se réjouir de voir régner la corruption, pourtant considérée depuis longtemps comme un fléau national. Jusqu’à aujourd’hui, elle n’a jamais faibli ! Comment ne pas s’inquiéter devant l’actuelle salinisation des sols dans le delta du Mékong, devant la sécheresse sévissant aujourd’hui dans les provinces des Hauts Plateaux du Centre-Vietnam, devant la catastrophe écologique qui a pollué l’environnement maritime des provinces du Centre-Vietnam ! Et cela sans parler des menaces quotidiennes émanant des produits avariés et toxiques que l’on peut retrouver sur les comptoirs des boutiques ou sur les tables de nos familles !

Il existe des causes objectives, d’ordre global, qui ont conduit à la regrettable situation actuelle. Ainsi, l’éducation, trop orientée sur l’obtention des diplômes, ne s’est pas assez préoccupé de la formation humaine et spirituelle. La politique économique a trop exalté les intérêts, les forces de production, mais ne s’est pas intéressé à l’environnement vital de la population. Le peu de transparence et la faiblesse des forces engagées dans la gestion économique et l’organisation sociale ont créé un environnement propice à la corruption et à de nombreux autres fléaux. L’utilisation de la violence sous de nombreuses formes pour régler les problèmes a été préférée à l’écoute et au dialogue…

De façon particulière aujourd’hui, nous pensons aux souffrances que nos compatriotes des quatre provinces du Centre-Vietnam sont en train de subir à cause de la catastrophe écologique causée par la pollution maritime. Puissent les autorités écouter les aspirations légitimes de la population ainsi que les contributions sincères des personnalités et des intellectuels pour véritablement construire une société juste, démocratique et civilisée, la société à laquelle tout un chacun aspire.

3. A côté des motivations d’ordre global, évoquées ci-dessus, on ne peut pas ne pas mentionner les causes subjectives et la part de responsabilité de chacun d’entre nous. Chacune de nos actions, même minimes, contribue également (positivement ou négativement) à améliorer ou à détériorer l’environnement vital. Parlant du changement climatique dû à l’utilisation irresponsable des ressources naturelles, les évêques d’Asie ont rappelé aux catholiques des pratiques apparemment banales, comme économiser l’eau, utiliser des ampoules consommant peu d’électricité, couper le courant lorsqu’il n’est plus utilisé, ne pas brûler les ordures, ne pas disperser les déchets ménagers, ne pas utiliser de substances toxiques dans les travaux ruraux ou dans la production… Pareillement, nous devons contribuer à l’assainissement de la société en effectuant des choix et en pratiquant des gestes simples au cours de nos travaux et dans l’accomplissement de nos responsabilités quotidiennes, individuelles ou familiales. Avec la grâce de Dieu, courageusement, vivez conformément à votre conscience malgré les tentations, devenant ainsi des instruments de la paix divine en toutes circonstances, le sel de la terre pour « une civilisation de l’amour » et « une culture de la vie » qui remplacera un mode de vie porteur de haine et de mort.

4. Nous voudrions vous parler maintenant de l’orientation pastorale de notre Eglise pour les années à venir. Le 8 avril 2016, le pape François a publié l’exhortation apostolique « La joie de l’amour » (Laetitia Amoris), qui est la conclusion du synode des évêques sur la vocation et la mission de la famille dans le monde d’aujourd’hui. En Asie, la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie (FABC) organisera une assemblée plénière, qui aura lieu à Colombo, au Sri Lanka, à la fin de l’année 2016. Il aura pour thème « la joie de l’Evangile et la famille à la lumière du synode des évêques ». En harmonie avec le rythme de vie de l’Eglise universelle comme de l’Eglise en Asie, nous vous proposons une « pastorale de la famille » qui sera étalée sur trois ans (2016-2019), avec des suggestions particulières pour chacune des années.

  • • Année 2016-2017 : Préparation des jeunes à leur entrée dans la vie conjugale.
  • • Année 2017-2018 : Collaboration avec les jeunes familles.
  • • Année 2018-2019 : Collaboration avec les familles en difficulté.

5. Dans cette lettre, nous voudrions entrer dans les détails de la pastorale prévue pour l’année 2016-2017.

« Préparation des jeunes à leur entrée dans la vie conjugale »

Le pape François a insisté particulièrement sur ce domaine. Le mariage est une décision fort importante, qui, pour cela, a besoin d’être préparée très soigneusement. En réalité, aujourd’hui, certains jeunes ne se préoccupent que de l’organisation d’une fête, la plus voyante possible, mais sans s’attacher à étudier leurs propres responsabilité dans la vie conjugale. D’autres, parce qu’ils sont surtout préoccupés de gagner leur vie, ont peu de temps pour préparer la vie conjugale dans laquelle ils vont entrer. C’est pourquoi il est nécessaire de conseiller aux jeunes de participer aux sessions de préparation au mariage. Pour cela, les paroisses organiseront des programmes adaptés. Chaque diocèse peut avoir son programme particulier convenant à sa propre situation. Cependant, nous souhaitons que les sessions de préparation au mariage aident les jeunes couples à comprendre que leur objectif n’est pas la préparation de la célébration mais de la vie familiale qui s’en suivra. Il est donc important de porter son attention sur les éléments suivants :

  • Comprendre la signification de la vocation au mariage dans le dessein de Dieu et dans l’enseignement de l’Eglise. Découvrir la dignité et la beauté du mariage, le sens profond de la sexualité, la responsabilité d’édifier une nouvelle famille.
  • Conduire vers le sacrement du mariage, aider le couple à recevoir dignement le sacrement comme le début d’une vie de famille. Le sacrement de mariage n’est pas seulement un moment de célébration d’une fête mais une réalité dynamique qui doit entraîner toute une vie conjugale. C’est pourquoi il faut aider ceux qui célèbrent leur mariage à le considérer comme une expérience de foi profonde et à prendre en considération la signification des paroles prononcées et des signes exécutés au cours de la célébration du sacrement.
  • On créera des occasions pour que les deux fiancés échangent ensemble : qu’attendent-ils du mariage et de leur conjoint ? Quelle est leur conception de l’amour, de leur engagement et de leur mission de fonder une famille ?
  • On aidera les deux conjoints à comprendre à l’avance les problèmes et les difficultés qui pourront se présenter dans leur vie conjugale et familiale.
    Dans les sessions de préparation au mariage, en plus des orientations données par les prêtres et les spécialistes, les témoignages donnés par les familles joueront un rôle important. Il convient donc d’inviter les personnes menant une vie familiale vraie à partager leur expérience.
    En outre, il ne faut pas oublier que les personnes les mieux préparées à la vie conjugale sont celles qui ont appris de leurs propres parents ce qu’est ce sacrement chrétien (La joie de l’amour, 208). Ainsi, la vie familiale actuelle et l’environnement éducatif sont la meilleure préparation à la vie conjugale de demain pour les enfants de cette famille.

6. Après cette Lettre commune, nous enverrons une Lettre à toutes les familles catholiques, souhaitant que chacune d’entre elles en reçoive un exemplaire. Nous prions les prêtres travaillant dans les paroisses de nous aider à réaliser ce vœu. Nous leur demandons aussi de considérer la pastorale familiale comme une part essentielle de leur ministère, car la famille est la voie par où l’Eglise doit passer : tous les programmes pastoraux de l’Eglise passent par elle.

Dans l’ensemble des soins pastoraux dispensés aux familles, de nombreux religieux et religieuses, de nombreuses associations apostoliques ont joué un rôle non négligeable. Nous les remercions sincèrement d’avoir, au cours des années précédentes, apporté leur collaboration et leur aide aux familles catholiques pour qu’elles vivent conformément à leur vocation et à leur mission. Nous souhaitons que vous prêtiez attention aux orientations pastorales de la Conférence épiscopale et que vous les intégriez dans votre programme d’activités. (…).

Fait au Centre pastoral de l’archidiocèse de Hô Chi Minh-Ville, le 7 octobre 2016.
La Conférence épiscopale du Vietnam.

Source : Eglises d’Asie