Articles #Brèves #NLH

La liberté d’expression en péril

La liberté d’expression est définie par la Déclaration des droits de l’homme de 1948 : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinons et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen que ce soit. »On sait, par ailleurs, le respect très particulier des États-Unis pour cette liberté garantie spécifiquement par le premier amendement de la Constitution. Nous autres Français ne devrions sûrement pas être étrangers à ce souci, pour peu que la devise de la République ait un sens. La première des libertés est bien celle de la conscience et celle-ci se traduit nécessairement par la possibilité de pouvoir s’exprimer. Il y a sans doute quelques limites à cette possibilité. Elles sont définies par la loi. Mais on peut avoir le sentiment que certains voudraient étendre au maximum ces limites, notamment en criminalisant la pensée d’autrui qui ne leur convient pas.

Je redoute, pour ma part, une criminalisation excessive, même quand il s’agit d’idées que je réprouve et que je combats de la façon la plus rigoureuse. Mais j’estime que mon désaccord doit s’exprimer en premier par les moyens d’une libre et loyale discussion et non par un renvoi systématique devant les tribunaux. Par ailleurs, la criminalisation ne passe pas seulement par la loi, elle s’affirme par des conduites d’individus et de groupes voulant faire taire leur adversaire. Ainsi, Alain Finkielkraut a-t-il été par trois fois l’objet de manœuvres violentes, tendant à lui interdire la parole. Il y a eu l’épisode de Nuit debout et celui des Gilets jaunes que je rappelle pour mémoire. Plus récemment, un groupe a voulu lui interdire l’entrée de sciences po, où il devait tenir une conférence. Je suis tout à fait d’accord avec Pascal Bruckner et Édouard Husson pour m’indigner de tels procédés, d’autant qu’ils concernent l’enceinte universitaire, donc un sanctuaire de la pensée, qui devrait être immunisé de toute atteinte à la liberté d’expression. Même si le philosophe a pu finalement s’exprimer, sous la protection de la police, on ne peut que ressentir un profond malaise devant les hésitations de l’autorité d’un établissement si important pour notre vie civique. Il est vrai qu’une sérieuse réflexion s’impose sur le sujet, le phénomène ayant pris une expansion alarmante, notamment depuis les États-Unis avec les interdits du politiquement correct.

 

Gérard Leclerc,

Source France catholique

A la une #Brèves

Globan Christian News dénonce une menace musulmane sur la liberté d’expression

Dans une « Lettre de la rédaction » reçue le 24 novembre, Andrew Carey, anglican britannique et rédacteur en chef de Global Christian News (GCN), souligne le danger que fait peser le monde musulman sur la liberté d’expression en matière de religion. La décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CDEH) du 25 octobre dernier, semble donner du crédit à la mise en garde de Carey, en condamnant comme “blasphème” antimusulman la liberté d’expression d’une femme politique autrichienne. L’affaire Asia Bibi a mis en lumière un problème mondial : l’exigence populaire musulmane d’une “loi sur le blasphème” sur le plan international. Le Premier ministre Imran Khan a annoncé [le 20 novembre] que le Pakistan prenait la tête d’une campagne internationale contre la “diffamation” religieuse. Il affirme que personne ne devrait avoir la permission de blesser les sentiments religieux de milliards* de musulmans sous couvert de “liberté d’expression”. C’est une idée dangereuse. Il est tout à fait juste d’appeler à la courtoisie et à la politesse dans le débat public, mais la liberté d’expression ne veut plus rien dire si nous ne permettons même pas des formes d’expression que nous pouvons considérer nous-mêmes comme offensantes. Les libertés fondamentales exigent un délicat équilibre des intérêts, de la réciprocité et de la retenue, et elles ne sont pas négociables. Enrôler la loi civile dans la protection des sensibilités religieuses, a toujours été une mauvaise idée. Elle était mauvaise quand elle fut employée par les chrétiens d’Europe occidentale et elle demeure une mauvaise idée quand elle est avancée par les musulmans. *Ce nombre a été avancé par Imran Khan lui-même dans son discours du 20 novembre dernier. Les plus récentes estimations donnent un total situé entre 1,6 et 1,8 milliard d’adeptes. GCN, 24 novembre – © CH pour la traduction.

Source Christianophobie Hebdo

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Doctrine / Formation #Morale

John Stuart Mill et le discours de la haine

Un article de David Carlin publié dans The Catholic Thing traduit par Yves Avril dans France-catholique :

Le livre de John Stuart Mill Sur la liberté (On liberty, 1859) est le grand document fondateur de la théorie de la morale, celle qui domine aujourd’hui : je veux dire le libéralisme moral, la théorie qui dit que, pour les adultes, toute conduite est moralement permissible pourvu qu’elle ne cause pas du tort aux autres. C’est le fameux Principe de la Liberté Personnelle de Mill, un principe qui a conduit les Américains – ou, en tout cas, ces Américains très influents qui forment l’opinion publique dans ce pays – à soutenir la liberté sexuelle, l’avortement, l’homosexualité, le mariage unisexe et (bientôt) l’euthanasie.

Il n’est pas sûr, en fait, que Mill quand il écrivait On Freedom ait entendu son principe comme un principe de morale. Je soupçonne qu’il le présentait simplement comme un principe de tolérance légale et sociale. Pourtant aujourd’hui il est généralement interprété comme un principe de moralité. De plus, si vous combinez On Freedom avec un de ses livres ultérieurs, Utilitarianism (1863), on peut en tirer argument pour soutenir que ce fameux principe est réellement un principe de morale. (Je le note, en en faisant juste une question de précision philosophique, en passant). D’où, vous pouvez tout faire du moment que vous ne causez aucun tort à une autre personne. Mill énumère les trois catégories de tort possible :

Tort physique. Donc, je ne dois pas vous empoisonner ou vous casser ue jambe.

Tort fait à la propriété ou à l’argent. Donc, je ne dois pas vous faire les poches ou tirer sur votre chien ou incendier votre maison.

Tort fait à la réputation. Donc, je ne dois pas vous calomnier ou vous diffamer.

J’ai toujours trouvé étrange que Mill n’ait pas inclus dans sa liste une quatrième sorte de tort, le tort émotionnel. Car il est tout à fait clair qu’il y a des gens qui infligent des blessures émotionnelles aux autres. C’est spécialement le cas dans beaucoup de relations intimes : parents à l’égard de leurs enfants, enfants à l’égard de leurs parents, époux entre eux, jeunes ami(e)s entre eux. Peut-être le moyen le plus efficace de blesser ceux qu’on aime est de heurter leurs sentiments.

Je me suis toujours imaginé qu’il y avait deux raisons à ce que Mill ait laissé à l’écart de sa liste les sentiments blessés.

La première, c’est qu’une certaine dose de souffrance émotionnelle est inséparable de quelques-unes des meilleures caractéristiques de la vie moderne. Dans un système économique concurrentiel, il est inévitable que beaucoup d’affaires fassent faillite et que les propriétaires de ces affaires soient gravement blessés quand ces affaires font faillite.

De même dans un système politique démocratique, ceux qui ont été battus dans des élections vont s’en trouver gravement blessés. (En tant que vieux politicien plusieurs fois battu dans des élections, je peux personellement témoigner que perdre une élection est une veritable souffrance).

Allons-nous donc supprimer la concurrence capitaliste, à cause des blessures de ceux dont les affaires ont échoué, ou la démocratie à cause des blessures des politiciens battus aux élections. Bien sûr que non.

Autre raison : Mill craignait que les ennemis du progrès social puissent tirer argument contre le changement progressiste du fait qu’il blessait leurs sentiments. Les conservateurs s’opposeraient à l’égalité des femmes (dont Mill était un grand partisan) pour la raison que ce serait faire violence à des sentiments honnêtes. Et les propriétaires d’esclave s’opposeraient à l’émancipation pour les mêmes raisons, c’est-à-dire que la liberté des noirs serait une atteinte à des sentiments humains normaux.

Mais peut-être Mill avait-il la prémonition de ce que certains, au début du XXIe siècle, pourraient faire du problème des « sentiments blessés ».

Ce ne sont pas seulement quelques personnes (des libéraux et des progressistes) qui réclament qu’on impose des limites aux discours qui sans utilité causent des blessures, car offenser les sentiments de quelqu’un est une façon de lui faire du tort. Des appels à imposer ces limites, on les trouve naturellement surtout sur les campus des collèges et des universités.

Ainsi la mention du mot “viol” par un professeur peut provoquer des sentiments douloureux à des étudiantes qui soit ont été victimes d’une agression sexuelle soit craignent d’en être victimes un jour. De la même façon une manifestation contre l’avortement sur un campus pourrait causer des blessures douloureuses à des étudiantes (ou à des femmes professeurs) qui ont eu des avortements ou qui ont de fortes sympathies pour les femmes qui trouvent nécessaire à un certain moment de leur vie de recourir à l’avortement.

Pour ces gens, un respect honnête des sentiments des femmes exige que certains sujets ne soient pas mentionnés.

Et ce qui est même plus évident – encore une fois pour certaines personnes – c’est la nécessité de limites (et pas seulement sur le campus) dans le « discours de haine », qui est un discours qui vise à dégrader et à diminuer les femmes, les noirs, les hispaniques, les étrangers sans papiers, les musulmans, les gays , les lesbiennes, les transgenres, et d’autres qui n’arrivent pas à se conformer à l’idéal américain du « mâle blanc chrétien hétérosexuel ».

Non seulement ce genre de discours blesse des sentiments des femmes, des noirs, des gays etc… et les blesse très durement, mais (c’est ce quon dit alors) il encourage des personnes à procéder à des actes discriminatoires envers les personnes de ces groupes qui, à cause de ce discours de haine, sont souvent perçues comme étant moins que des êtres pleinement humains.
Mais (demandé-je) comment suis-je capable de déterminer si, disons, une critique de l’homosexualité est motivée par la haine et opposée à la conviction intellectuellement honnête que l’homosexualité est en désaccord avec la loi naturelle. « Ne faites pas l’idiot » me répond-on. « La critique de l’homosexualité est ipso facto un discours de haine. De même la critique de l’islam. De même la critique de l’immigration illégale. Et de même celle du transgenre. Point n’est besoin de vous défendre en nous disant que votre critique a des bases rationnelles. Nous savons ce qui vous motive. La haine. Et en Amérique il ne devrait pas y avoir de place pour la haine. »

« Mais alors la liberté d’expression ? » demandé-je.

« Est-ce liberté d’expression que de tirer sur un théâtre bondé ? Liberté d’expression de diffamer autrui ? Liberté d’expression de comploter pour piller une banque ou commettre une trahison ? Pourquoi, alors, devrait-il y avoir liberté d’expression pour blesser les sentiments d’autrui ? »

Les chrétiens sont de plus en plus cernés par les murs de l’intolérance. La proclamation de nos croyances, spécialement de nos croyances morales, cause (allègue-t-on) de la souffrance aux autres. Donc ces proclamations doivent cesser.

Je me plais à rappeler que Mill, ce célèbre libéral, ne serait pas d’accord.

24 août 2018

David Carlin est professeur de sociologie et de philosophie au Community College de Rhode Island, et l’auteur de The Decline and Fall of the Catholic Church in America.[“Le déclin et la chute de l’Eglise catholique en Amérique”]

En France #NLQ

Mgr Ginoux défend la liberté d’expression de Zemmour et de Taddéï

Mgr Ginoux, a publié 2 tweets successifs pour défendre d’une part Eric Zemmour, évincé de RTL et, d’autre part, Frédéric Taddéï, viré d’Europe 1. Ces deux  personnalités ont le grand défaut d’être politiquement incorrects…

Source : riposte-catholique.fr

Brèves #NLH

La liberté d’informer en danger

Sans toutefois nécessairement partager toutes les orientations politiques de Vincent Lapierre, il montre que la liberté d’informer est en danger.

Asie #NLQ

Indonésie – Après des mois de tensions communautaires et religieuses, le gouvernement se donne les moyens d’interdire d’interdire les organisations extrémistes

Le président de la République Joko ‘Jokowi’ Widodo a signé, le 10 juillet dernier, une ordonnance donnant pouvoir au ministre de la Justice d’interdire, sans contrôle judiciaire, les organisations considérées comme anti-Pancasila.

« Le Perppu a été signé [par le président] il y a deux jours », a déclaré la semaine dernière à la presse le ministre coordinateur des Affaires politiques, juridiques et de la sécurité, Wiranto. Le président Joko ‘Jokowi’ Widodo a ainsi donné au gouvernement le pouvoir d’interdire les organisations extrémistes qui cherchent à nuire à l’unité nationale et à la sécurité en menant des activités contraires au Pancasila (doctrine du pluralisme indonésien intégrée à la Constitution de 1945), sans solliciter l’autorisation d’un juge. Cette décision intervient après des mois de tensions communautaires et religieuses accrues dans le premier pays musulman au monde. Est directement concerné le Hizbut Tahrir Indonesia (HTI), une organisation implantée dans l’archipel depuis 1980 et qui cherche à y installer un califat.

Le Perppu n°2/2017 vient modifier la loi n°17/2013 relative aux organisations de masse. Selon les dispositions de cette dernière, l’interdiction d’une organisation de masse qui portait atteinte au Pancasila n’intervenait qu’au terme d’une procédure longue et complexe. En effet, des sanctions administratives présentaient un caractère cumulatif (trois avertissements écrits et la suspension des activités de l’organisation étaient notamment nécessaires) et devaient être confirmées par une autorité judiciaire. Désormais, « le ministre de la Justice aura autorité pour interdire une organisation qui s’oppose au Pancasila », a expliqué le ministre Wiranto.

« Certaines organisations de masse se livrent à des activités clairement opposées à l’idéologie nationale et à la Constitution. Ceci, bien sûr, constitue une véritable menace pour l’existence de cette nation et a créé des conflits dans la société », a déclaré le ministre à la presse, sans préciser les organisations visées par cette mesure.

Une mesure destinée à « maintenir l’unité nationale et à protéger l’existence de la nation »

Pourtant, ces dernières semaines, les autorités ont été plus explicites. Le 8 mai, le ministre de la Sécurité a annoncé que le gouvernement demanderait au pouvoir judiciaire d’interdire le Hizbut Tahrir Indonesia, accusé de promouvoir une idéologie contraire aux valeurs du Pancasila. Cette organisation souhaite mettre en place un califat dans l’archipel. A la fin de ce mois, le président Jokowi avait confié au Temposon intention d’interdire les organisations qui n’adhèreraient pas au Pancasila. « Je ne parle d’une ou deux organisations seulement, mais de quatre, cinq, voire six », avait-il précisé.

Cette décision intervient alors que les tensions communautaires et religieuses se sont faites plus vives dans l’archipel, en particulier lors de la campagne électorale pour le gouvernorat de Djakarta, considérée comme « la plus sale » de l’histoire de la capitale indonésienne. Le gouverneur sortant, Ahok, avait fait l’objet d’une vaste campagne de dénigrement pour avoir tenu des propos jugés « blasphématoires » envers le Coran par des organisations musulmanes radicales. Celles-ci, telles le Front des défenseurs de l’islam, avaient organisé des manifestations de masse, certaines allant jusqu’à réclamer la peine de mort contre le gouverneur Ahok. Battu aux élections, Ahok avait été condamné à deux ans de prison ferme pour « blasphème » et immédiatement emprisonné. Selon une étude menée par le Saiful Mujani Research and Consulting, 9,2 % des Indonésiens, soit près de 20 millions de personnes, seraient favorables à la mise en place d’un califat dans l’archipel.

Le ministre Wiranto a tenu à rappeler que l’ordonnance «  ne vis[ait] pas à limiter les organisations de masse et à nuire aux organisations islamiques, mais à maintenir l’unité nationale et à protéger l’existence de la nation ». Elle n’aurait pas non plus vocation à constituer une «  menace pour la liberté d’association et d’expression ».

Le HTI, une organisation qui prêche « poliment et paisiblement » ?

Pour autant, Phelim Kine, directeur-adjoint de la division Asie à Human Rights Watch, a vivement critiqué la décision du gouvernement indonésien de pas faire interdire juridiquement Hisbut Tahrir Indonesia. Selon lui, «  interdire une organisation sur des fondements idéologiques constitue une mesure radicale qui ébranle les droits et liberté d’association et d’expression pour lesquels les Indonésiens ont chèrement combattu depuis la dictature de Suharto. »

En 2013, la loi relative aux organisations de masse avait suscité elle aussi de vives critiques. Human Rights Watch avait critiqué le fait qu’il était imposé aux ONG d’adhérer au « souffle, à l’âme et à l’esprit » du Pancasila, au détriment de doctrines considérées comme anti-Pancasila. Etaient spécifiquement concernés l’athéisme, le communisme et le marxisme-léninisme. Phelim Kine avait à cette époque dénoncé «  un retour à l’ère répressive de Suharto en soumettant les activités de la société civile à un contrôle gouvernemental excessif et imprévisible ».

Par contre, le P. Guido Suprapto, secrétaire exécutif de la Commission pour les laïcs de la Conférence épiscopale indonésienne, a apporté son soutien à cette réforme. «  Le gouvernement et la société constatent que des activités organisées par des groupes radicaux, y compris le HTI, sont clairement opposées l’idéologie nationale », a-t-il déclaré à l’agence Ucanews. Et début juillet, selon Kompas, quatorze organisations musulmanes avaient elles aussi demandé au gouvernement de procéder « immédiatement » à l’interdiction du HTI et des autres organisations anti-Pancasila.

Le porte-parole du HTI, Ismail Yusanto, a nié que son groupe ait cherché à établir un Etat islamique en Indonésie. Selon lui, le HTI est une organisation qui «  prêche poliment et paisiblement », sans enfreindre aucune loi. Dénonçant une atteinte à la liberté d’association, garantie par la Constitution de 1945, le HTI a fait savoir qu’il allait déposer un recours devant la Cour constitutionnelle. Il a par ailleurs contesté le recours à un Perppu. Sur le fondement de l’article 22 paragraphe 1 de la Constitution de 1945, le président ne peut recourir à cette mesure que « si les circonstances l’exigent ».

Source : Eglises d’Asie

NLQ #Points non négociables PNN

Dear future Mom – Dernier espoir pour la liberté d’expression des trisomiques

La Fondation Jérôme Lejeune, assistée par l’ECLJ, vient de déposer une requête auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) contre la décision du Conseil d’État qui avait approuvé la censure du clip Dear Future Mom* par le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Diffusée à l’occasion de la Journée mondiale de la trisomie 21 en 2014, la vidéo Dear Future Mom adresse un message fort et réconfortant aux femmes enceintes qui attendent un enfant trisomique et s’inquiètent sur son avenir possible. Des enfants trisomiques exprimaient, en des termes émouvants, leur aptitude au bonheur, leurs capacités et leur amour pour leurs parents. Cette expression n’a pas été considérée comme étant d’ « intérêt général » par le CSA, qui a censuré sa diffusion en France.

La requête, déposée le 9 mai, s’appuie sur l’atteinte à la liberté d’expression qui est garantie par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme. En leur interdisant d’apparaître ainsi à la télévision, le CSA est allé à l’encontre des efforts que la société doit faire pour intégrer les plus faibles de ses membres. Il a signifié directement aux personnes trisomiques que leur visibilité, leur existence même, posent un problème à la société.

Outre l’atteinte à la liberté d’expression, ces enfants ont également subi une discrimination manifeste en raison de leur génome, condamnée par l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Censure et discrimination des personnes trisomiques : une exception française ?

La liberté d’expression et le respect des plus fragiles constituent une règle d’or des institutions européennes. Nul doute que la Cour européenne des droits de l’homme saura s’interroger sur cette triste « exception française » et casser la censure de l’expression du bonheur en France.

 

Source ECLJ

Asie #NLQ

Vietnam – Un avocat chrétien primé par la Fédération des juges allemands

C’est une maigre consolation pour cet avocat chrétien emprisonné pour la défense des droits de l’homme dans son pays, mais ce n’est pas inutile car la Fédération des juges allemands, dont le siège est à Berlin, est puissante [16 000 membres, juges et procureurs] et influente. Un prix et une “publicité” dont le pouvoir communiste se serait bien passé…

L’avocat chrétien détenu Nguyen Van Dai vient de recevoir, le 5 avril, un prix de la Deutscher Richterbund [Fédération des juges allemands] pour ses efforts en vue de défendre les droits de l’homme au Vietnam. Dai, qui est maintenu au secret dans une prison de Hanoi, est le premier avocat à obtenir le Prix des droits de l’homme [Menschenrechtspreis] en récompense de son combat pour un avenir démocratique et libéral de ce pays communiste, a déclaré la Fédération des juges allemands, la plus importante organisation de juges et de procureurs en Allemagne. « Le chemin vers la démocratie est encore long et il a besoin de gens comme Dai », a déclaré l’organisation. Le 4 avril, Vu Minh Khanh, l’épouse de Dai, a été empêchée de prendre l’avion […] qui devait la mener en Allemagne pour recevoir ce prix. On lui a déclaré qu’il ui était interdit de quitter le pays avant 2019. Vu Quoc Dung, président de l’association de défense des droits de l’homme Veto ! Human Rights Defenders, basée en Allemagne, a reçu le prix pour le compte de Dai. Dai, 47 ans, et son assistant Le Thu Ha furent arrêtés en décembre 2015 sous l’accusation de mener « une propagande hostile à la République socialiste du Vietnam », après avoir participé à un séminaire sur les droits fondamentaux de l’homme au domicile d’un ancien prisonnier politique. […] Dai avait déjà passé quatre ans en prison. Il fut libéré en 2011, mais placé en résidence surveillée jusqu’en 2015.

Source : UCANews, 10 avril – © CH pour la traduction.

Brèves #NLH

La justice allemande ne condamne pas la police de la charia au nom de la liberté d’expression

Tandis qu’en France la liberté d’expression vient d’être notablement restreinte avec la loi sur le délit d’entrave numérique, l’Allemagne se voit dans l’impossibilité de condamner la police de la charia, faute de texte.

Explications complètes sur infochrétienne

Le Landgericht en formation pénale, l’équivalent du tribunal correctionnel en France, de Wuppertal, a statué en faveur des accusés au nom de la liberté d’expression. En l’occurrence, leur droit de parole se réalise en abordant les passants pour leur demander de suivre les règles islamiques concernant ce qui est halal ou haram, le licite et l’illicite. Ainsi, la police de la charia déconseille de consommer de l’alcool, regarder de la pornographie, de jouer ou d’écouter de la musique. Ce qui est en revanche vivement encouragé, c’est la fréquentation de la mosquée. Cette équipe salafiste, qui arpente les rues et fait l’entrée des discothèques, arbore des gilets fluorescents orange pour se donner un air d’autorité officiel, sur lesquels est écrit « Shariah police ». Les musulmans sont incités à respecter l’islam, les non-musulmans invités à s’y convertir.

Asie

Indonésie – Nouvelle manifestation islamiste contre le gouverneur chrétien de Jakarta

Un mois toute juste après la dernière manifestation géante de début novembre, ce sont.quelques 200.000 musulmans qui ont à nouveau défilé ce vendredi 2 décembre au coeur de Jakarta, contre le gouverneur chrétien de la capitale. Bien qu’une enquête officielle soit en cours, les manifestants réclament maintenant l’incarcération immédiate d’Ahok, le gouverneur de Jakarta, qu’ils accusent de blasphème.

« Oui, la police a effectivement ouvert une enquête, mais ce qui nous importe, ce n’est pas la loi ou la justice indonésienne. Ce qui compte, c’est de respecter le principe de la religion et le principe du Coran ! » affirme un manifestant.

Son élection en 2014 à la tête de la capital avait été perçue comme un signe encourageant pour la stabilité du pays, mise à mal par la lutte contre les chinois et contre les chrétiens à la fin des années 1990. Ahok s’était notamment attelé à une campagne anticorruption. Candidat à sa réélection en février 2017, il était donné favori par les sondages. Or, fin septembre, il a accusé ses adversaires d’instrumentaliser le verset du Coran qui suggère que les musulmans n’ont pas le droit de choisir des non-musulmans comme chefs. Plusieurs organisations radicales islamistes se sont alors immédiatement mobilisées et ont obtenu le lancement d’une procédure judiciaire pour « blasphème ». Le 4 novembre dernier, entre 100.000 et 200.000 personnes avaient manifesté dans la capitale pour réclamer l’arrestation du « kaffir », l’« infidèle ». Un rassemblement qui avait dégénéré, faisant un mort et une centaine de blessés. Ahok, malgré ses excuses, a déjà été interrogé deux fois neuf heures et s’est dit prêt, jeudi dernier, à affronter un procès.