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Revirement d’Edouard Philippe sur la PMA sans père, Mgr Malle résolu

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La Manif Pour Tous fait le bilan des Etats généraux de la bioéthique

La Manif Pour Tous publie un document de 429 pages. Il s’agit d’une synthèse des propositions débattues et d’une analyse de la participation des Français ainsi que de leurs voeux.

Vous pouvez retrouver le document sur le site internet de la Manif pour Tous

A la une #En France #NLQ

Mgr Aupetit : “J’assume d’être descendu dans la rue pendant la Manif Pour Tous”

Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, est l’invité de Léa Salamé lundi 7 mai à 7h50.

“A 25 je pensais être médecin, fonder une famille, quelque chose de tout a fait habituel”, explique Monseigneur Michel Aupetit, médecin de formation, qui poursuit sur la révélation de sa foi : “ça a été un combat spirituel : je me rappelle très bien, je suis tombé à genoux dans la salle à manger, je savais que ma vie ne m’appartenait plus du tout, c’est ça le vrai combat”.

A propos des débats sur la bioéthique : “En étudiant la médecine, j’ai appris des questions d’internat, j’ai cru tout savoir, puis avec le premier patient , j’ai compris qu’il fallait que je soigne une personne”.

Sur le projet de loi sur la PMA

A propos de la PMA étendue à deux femmes : “Nous ne sommes là ni pour faire des lois ni pour faire changer d’avis (…) Il s’agit de définir deux sociétés, l’une basé sur l’individualisme où la clé, c’est l’autonomie, et une société de la fraternité basée sur les relations interpersonnelles. Après, les lois doivent-elles s’accorder au désir des personnes ? Ici on ne peut pas savoir les conséquences sur un enfant. Cette situation là, les enfants en sont victimes, là on créé quelque chose, une situation.”

Mgr Michel Aupetit, Archevêque de Paris, avait participé il y a 5 ans à la Manif pour tous : “J’assume absolument d’y être allé, j’étais juste à côté, je déjeunais dans une famille, j’ai dit aux gens j’y vais (…) Mais ce n’est pas moi qui organise ce genre de manifestations, ce n’est pas notre rôle du tout”

Source : Belgicatho

A la une #NLQ

L’édito – Avant d’être politique, il faut être prophétique

Tous les moyens sont-ils bons pour parvenir à nos fins ? Evidemment, tout le monde répondra négativement… sur le principe ! Mais concrètement ? Dans le combat que nous livrons actuellement pour la dignité humaine et la liberté, car là est bien l’enjeu de nos marches répétées, nous avons eu tendance à cherche le plus petit dénominateur commun pour faire nombre. C’était le mot d’ordre du temps de Frigide Barjot, un seul slogan, contre le mariage pour tous, c’est encore le fil conducteur des derniers mouvements de masse où se côtoient des marcheurs très divers. Certes, ce dénominateur commun n’est pas rien puisqu’il s’agit au fond de l’Homme lui-même. Oui mais attention ! Jusqu’à quel point défendons-nous l’Homme véritable en le réduisant a minima ?

L’Homme est un tout ! Et le réduire à sa sexualité, à son travail, à sa vie de famille ou à sa liberté c’est oublier qu’il est tout cela à la fois, et de façon organique. C’est surtout amorcer deux bombes à retardement. Car il faudra, un jour, se mettre d’accord pour proposer une alternative. Nous ne pouvons éternellement rester dans la rue. Il faut, à côté de nos rassemblements, développer un véritable projet de civilisation. Or si notre vision anthropologique n’est pas unifiée, nous exploserons en plein vol. Ceux qui ne voient en l’Homme qu’un être libre sans se dire que la sexualité est un aspect de cette liberté s’opposeront à ceux qui réduisent la dignité humaine au travail, tandis que d’autres se focaliseront sur la famille au détriment de la liberté qui inclut par nature la responsabilité sociale. Bien entendu ce ne sont là que des stigmatisations à grand trait, dont l’objet est d’attirer l’attention sur la véritable bombe qui nous attend. Depuis le début de nos manifestations, nous avons eu deux lignes de crête. D’une part nous avons réduit notre combat aux quelques étincelles qui ont mis le feu aux poudres, comme le mariage pour tous, la PMA, la GPA (avant de l’ouvrir peu à peu au Gender). D’autre part nous n’avons donné qu’une faible lumière au monde en réduisant la dignité humaine au plus petit dénominateur commun. Etait-ce des erreurs ? Sans doute en partie, mais cela a permis un mouvement de masse sans lequel nous ne serions pas là aujourd’hui. En revanche, maintenir cette double réduction est aujourd’hui clairement suicidaire.

L’homme est un tout ! Et en janvier 2013, contre la posture de Frigide, j’avais publié un article intitulé la manif pour tout ! Il ne s’agissait nullement d’un avant jour de colère ! Mais, bien au contraire, de prendre conscience que ce n’est pas en limitant notre combat au mariage pour tous que nous défendrions la dignité de l’Homme, précisément parce que l’Homme ne se réduit pas à cela. Il travaille, il fait de la politique, il consomme, etc. Un mouvement qui limite son combat aux questions de la famille et de la vie fait déjà beaucoup, mais il ne fait pas tout. Le croyant, il se condamne à l’échec, parce qu’on ne concoure pas à restaurer la dignité de l’Homme en le réduisant à quelques aspects.

Or si le déclencheur a bien été le mariage pour tous, c’est toute la dignité humaine qui doit être promue, car c’est bien une crise existentielle majeure qui traverse notre monde. La relation à l’économie, à la solidarité, à la culture, à la politique constituent des pans entiers de la vie. Si l’Homme est en danger aujourd’hui ce n’est pas d’abord parce que la famille est menacée, mais parce que l’économie, la culture ou encore l’éducation ont fragilisé et déstructuré l’Homme moderne. C’est parce que nous nous sommes désintéressés de tous ces aspects en nous concentrant sur ce que nous appelons le combat « pro-vie » que les promoteurs de la civilisation Taubira ont pu progresser partout ailleurs et parvenir à leurs fins. La manif pour tous combat désormais la familiphobie et, du reste, intègre certaines questions fiscales ou encore le congé parental. Mais le combat que nous menons ne doit surtout pas rester sectorisé à la famille, même dans sa dimension fiscale. Autrement les priorités vitales de chacun reprendront le dessus, car, de fait, il faut bien vivre voire simplement survivre. Une entreprise qui retient ses cadres tous les jours jusqu’à 21h ou 22h, porte aussi une atteinte à la famille. Un salaire indécent, c’est aussi une atteinte à la famille. La question de fond n’est pas que faire pour la famille, mais comment œuvrer pour que la personne humaine, prise dans sa globalité, œuvre pour sa famille ?

Voilà pourquoi faire nombre sur une conception de l’Homme à minima est une véritable bombe à retardement. Avant d’être politiques il nous faut être prophétiques ! Ce dont souffre notre société aujourd’hui ce n’est pas d’abord des avancées socialistes ou libertaires ! Ce dont souffre notre monde c’est du recul de l’Homme dans sa vérité. Moins le véritable visage de l’Homme est dévoilé au grand jour, plus l’être humain s’atrophie. Arrêter le rouleau compresseur destructeur est une chose, mais si nous ne mettons pas en route une autre dynamique, le rouleau reprendra sa course par d’autres chemins. Il est urgent, avant de faire nombre, de sortir l’Homme de sous le boisseau. Nous avons voulu faire feu de tout bois pour barrer la route aux projets gouvernementaux. Il est temps à présent de promouvoir l’Homme dans toute sa splendeur et sa vérité. L’heure n’est plus aux concessions à minima, au risque de nous faire le lit de la prochaine vague. Le premier travail qui nous incombe désormais est de s’assurer que l’ensemble des alliés d’aujourd’hui partagent la même conception de la dignité humaine. Or les chrétiens et les musulmans n’ont pas la même position sur la dignité humaine et se voiler la face est aussi une bombe à retardement. Il ne s’agit pas là de stigmatiser une guerre de religions, mais de pointer par un exemple suffisamment éloquent les limites de cette démarche. Et dire cela ne remet nullement en cause l’engagement des musulmans ni leur initiative contre le Gender à l’école par exemple. Il faut juste savoir jusqu’où nous pouvons aller ensemble.

Avant d’être politiques, soyons prophétiques car seule la vérité nous rendra libres. Ne passons pas d’un totalitarisme à l’autre et sortons de la dialectique relativiste et de l’idéologie du rapport de force, parce que nous ne faisons là que nourrir l’Hydre. Les tenants de la civilisation Taubira l’emporteront toujours tant qu’ils nous maintiendront sur ce terrain du relativisme et du rapport de force qui est le leur. Il nous faut jouer à domicile parce que là…. ils sont morts !

Tribunes et entretiens

La refrancisation par la rechristianisation

Les tribunes n’engagement que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la position d’Infocatho. Soucieux du débat et au coeur du monde, Infocatho partage des points de vue qui peuvent nourrir le débat entre catholiques de bonne volonté.

de Florian Toumit :

La France est prise en tenaille entre le marteau mondialiste (États-Unis, Union européenne) et l’immigration massive voulue par ces mêmes élites cosmopolites (les républicains du XIXe siècle, d’essence maçonnique, parlaient déjà de République universelle). La destruction des États-nations par des entités supranationales est un phénomène très avancé dans le monde occidental : Union européenne, ALENA, Union eurasienne et le fameux traité transatlantique. Ce phénomène tend à se développer sur toutes les régions de la terre, avec l’Union africaine et la naissance programmée d’une monnaie mondiale (dont The Economist avait fait sa une en 1988 et le Dmitri Medvedev, alors président russe, avait présenté un exemplaire d’une monnaie mondiale « Unité dans la Diversité » lors de la réunion du G8 en juillet 2009 à L’Aquila, en Italie).

La laïcité attaque le catholicisme, donnant la possibilité à l’islam de s’implanter durablement, par le haut et par le bas, sapant et niant les racines chrétiennes de la France. Il n’est pas question, dans ces lignes, de geindre mais, plus honnêtement, de ne pas mourir sans réagir.

Les sursauts se multiplient, notamment via La Manif pour tous, et, comme l’appelle Adrien Abauzit, la nouvelle opinion publique par la multiplication des sites (de qualité) de réinformation et d’éditoriaux, et il se pourrait que cette lame de fond gagne, un jour, au moins, une partie des élites.

Et cette lame de fond de refrancisation doit retrouver l’essence même de la France, de son âme – autant dire l’esprit catholique. L’anticatholicisme est, par définition, antifrançais. L’on peut ne pas être catholique et être totalement français, à condition de ne pas être hostile au catholicisme. Face à la foi que l’anti-France (ultrarépublicains, musulmans non francisés, gauchistes ou autres abrutisseurs de notre jeunesse) a en sa propre destinée, nous devons remettre le catholicisme au centre de notre esprit et de notre culture.

 

Source : Boulevard Voltaire

NLH #Tribunes et entretiens

Ludovine de La Rochère : « Céder à la tentation du découragement ou de l’impatience n’est pas envisageable ! »

À l’occasion du cinquième anniversaire de La Manif Pour Tous,[L’Incorrect a] souhaité interroger sa présidente, Ludovine de La Rochère. Quel bilan tirer de cinq années de lutte pour un mouvement qui aura su fédérer plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues durant le quinquennat Hollande ? Début de réponse.

Dans une tribune libre accordée à Libération, Guillaume Lecaplain juge que La Manif Pour Tous « a eu raison sur tout », c’est-à-dire qu’elle aurait su anticiper les suites de la légalisation du mariage entre couples de même sexe, soit la PMA ouverte aux femmes homosexuelles en chantier ou l’autorisation de l’adoption pour des couples homosexuels. Avez-vous le même avis ?

Cette tribune est très intéressante parce qu’elle reconnaît ce que tous les partisans de la loi Taubira n’ont cessé de nier, à savoir, d’abord, que le mariage de deux hommes ou de deux femmes est effectivement lié à l’idéologie du genre, ensuite que l’adoption était bien concernée ainsi que la PMA sans père et la GPA et enfin qu’il s’agit bien d’enjeux de civilisation. En revanche, l’auteur prétend qu’il ne s’agit pas d’aller vers l’instauration d’un « droit à l’enfant », ce qui est faux : sans doute attend-il encore pour reconnaître la vérité de cette analyse ! Par ailleurs, il n’évoque pas la redéfinition de la filiation, qui est pourtant bien au cœur du sujet aussi. Or la filiation, c’est le lien charnel entre un enfant et son père ou sa mère. Autrement dit, elle est ou elle n’est pas : la filiation ne se décrète pas et ne saurait donc être fondé sur « l’engagement parental », nouveau concept fumeux ! Il est d’ailleurs fascinant de constater que lorsque l’on nie la réalité, on invente alors tout et n’importe puisqu’on s’est dégagé de la contrainte du réel !

Si vous aviez effectivement « raison sur tout », pourquoi n’avez-vous pas pu stopper cette marche en avant ?

En réalité, si la loi Taubira a été malheureusement votée, cette « marche en avant » a bien été stoppée. D’ailleurs Erwann Binet, le député rapporteur de la loi à l’Assemblée nationale a déclaré lui-même au printemps 2016 dans une interview à l’hebdomadaire Marianne : « La victoire de La Manif Pour Tous est d’avoir congelé les ambitions sociétales de la gauche ». En effet, de nombreuses victoires législatives ont été obtenues, et c’est véritablement historique dans le domaine sociétal ! Les plus importantes sont les reculs successifs sur la légalisation de la PMA sans père, le retrait du délétère projet de loi « familles » de la ministre Dominique Bertinotti le lendemain de la manifestation du 2 février 2014, le retournement de position de Manuel Valls sur la GPA la veille de la manifestation du 5 octobre 2014, le retrait du projet d’ouverture de l’adoption pour les couples pacsés et concubins en 2015, l’abandon de la proposition de loi APIE (« autorité parentale et intérêt de l’enfant »). Cette proposition visait la mise en place du statut du beau-parent. François Hollande avait promis aux associations LGBT à l’été 2016 qu’il allait relancer le processus parlementaire… mais il y a eu la manifestation du 16 octobre 2016 !

En effet, de nombreuses victoires législatives ont été obtenues, et c’est véritablement historique dans le domaine sociétal !

Ainsi, contrairement à ce que beaucoup croient, les victoires sont bien réelles, ce que savent d’ailleurs très bien les médias et les associations LGBT. C’est pourquoi ils évoquent tous les jours dans leurs propos et leurs colonnes La Manif Pour Tous. Je pourrais aussi évoquer les multiples initiatives nées de La Manif Pour Tous ou encore le fait que l’exemple français a boosté la résistance de nombreux pays contre la déconstruction de la filiation et de la famille, avec de beaux succès comme la constitutionnalisation du mariage homme-femme en Croatie ou le retrait de l’adoption dans le projet de loi d’union civile en Italie. Vous me demandiez donc « pourquoi nous n’avons pas pu stopper cette marche en avant », mais le fait est qu’elle a été stoppée. Evidemment, nous aurions souhaité la stopper avant le vote de la loi Taubira et par ailleurs, l’ouvrage est toujours à recommencer puisque le mariage entraîne la filiation et donc ces revendications de PMA sans père et de GPA sont toujours aussi pressantes. Néanmoins, tous les Français qui se mobilisent peuvent être fiers de ce qu’ils ont accompli grâce à leur persévérance malgré le vote de la loi Taubira.

Croyez-vous que LMPT a été respectée par l’exécutif Hollande ? Cela se passe-t-il mieux avec Emmanuel Macron ?

La Manif Pour Tous a été évidemment mal traitée par Hollande qui a utilisé tous les moyens les plus malhonnêtes. De fait, « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage », d’où les accusations stupéfiantes de mauvaise foi à l’encontre des manifestants, réitérées d’ailleurs dans cette tribune de Libération. Facile, quand la plupart des médias sont partisans ! Néanmoins, François Hollande n’a pas tué La Manif Pour Tous, bien au contraire ! Quant à Emmanuel Macron, sa crainte de nouvelles mobilisations est connue. Il a de fait vécu de l’intérieur, à l’Elysée puis comme ministre, l’impact du mouvement social et le coût politique de telles transgressions. Il multiplie donc les précautions pour essayer de les éviter tout en essayant d’avancer vers la légalisation de la PMA sans père. Cela prouve que, malgré sa grande habileté, il n’a pas compris les ressorts profonds qui font que, évidemment, si besoin, il y aura à nouveau des centaines de milliers de Français dans la rue !

Quel bilan dressez-vous après cinq ans de lutte et de militantisme ? Reviendra-t-on un jour en arrière ? Ou, considérez-vous que le mariage pour les couples de même sexe, l’adoption « pour tous », ou encore la PMA « pour toutes » (en projet) soient désormais gravés dans le marbre pour plusieurs décennies, suivant un mouvement parti de l’Occident et s’exportant présentement en Amérique du Sud et en Asie ?

Permettez-moi d’abord de redire que la PMA sans père (n’employons pas les slogans de ses partisans !) est toujours interdite en France, contrairement à ce que prévoyait François Hollande et ses partisans. Et j’insiste sur le fait que la partie n’est pas perdue, bien au contraire. Emmanuel Macron a posé pour condition l’existence d’un « large consensus » : à nous de montrer qu’il n’existe pas et n’existera pas ! Il serait dramatique et irresponsable pour l’avenir de baisser les bras, et surtout au moment où les états généraux de la bioéthique montrent incontestablement que l’opposition à la PMA sans père est immense. Tous les observateurs, y compris les médias régionaux et nationaux en témoignent eux-mêmes. Et j’ajoute que le consensus n’existe pas plus chez les politiques, les scientifiques, les juristes, etc.

Permettez-moi d’abord de redire que la PMA sans père (n’employons pas les slogans de ses partisans !) est toujours interdite en France, contrairement à ce que prévoyait François Hollande et ses partisans.

La « décivilisation », la réification de la personne comme la logique transhumaniste, qui caractérisent la PMA sans père, la GPA et autres pratiques du même acabit (PMA post-mortem, vente d’embryons sur étagères, eugénisme, etc) sont si délétères pour l’humanité que je crois vraiment possible un retournement spectaculaire. Et quel que soit le temps que cela prendra, cela entraînera la remise en cause du mariage de deux hommes ou de deux femmes puisqu’il fonde la filiation.  Mais évidemment, cela ne se fera pas tout seul. Imaginer qu’on atteindra « le fond » et que de là « on remontera », comme je l’entends parfois, est une illusion. D’abord, comme je le disais, une fois déconnecté du réel, il n’y a plus de limites, le fond est donc sans fin. Ensuite, « on ne remontera pas tout seul ». Et, naturellement, plus on intervient tôt dans cette déconstruction, plus les difficultés seront surmontables.

Quelles sont les nouvelles batailles qu’entend livrer LMPT dans les années à venir ?

Dans un contexte général de remise en cause de la différence des sexes, de la paternité et de la maternité, de la filiation, et plus largement de la famille, lieu irremplaçable de dignité, d’humanité et de transmission, la voie est toute tracée. Nous avons un travail immense devant nous, pour lequel la constance et la persévérance comme la ténacité et le courage sont les premières conditions de réussite. Pour le dire autrement, céder à la tentation du découragement ou de l’impatience n’est pas envisageable ! N’oublions pas ce que disait Georges Bernanos : « l’avenir, on ne le subit pas, on le fait ».

Source : L’Incorrect

Tribunes et entretiens

Quand Henri Tincq craint la fin de “son” Eglise

Dans une tribune parue sur le Point, Henri Tincq, présenté comme expert religion, pour le journal le Monde, dit son inquiétude de voir une certaine Eglise, pour laquelle il a longuement milité (et milite toujours) disparaître au profit d’une autre qu’il considère comme d’extrême droite et dogmatique. Fidèle à notre volonté de poser le débat, nous publions une parte de cet entretien, quoique ne partageant pas, par principe, l’idée du caricature binaire et bipolarisée de l’Eglise et moins encore en termes politiques. La véritable question nous semblerait plutôt : pourquoi “son” modèle d’Eglise n’a pas “marché” ?

 

“J’appartiens à une génération de catholiques élevée à l’âge d’or de ces fameux mouvements d’Action catholique qui voulaient témoigner de leur foi dans la société, sans recherche excessive de la visibilité et sans prosélytisme. À une génération héritière des grandes réformes du concile Vatican II (1962-1965) qui a invité les fidèles à sortir du système de « chrétienté » rigide d’autrefois et à s’ouvrir au monde moderne, à entrer en dialogue avec d’autres religions – judaïsme, islam, protestantisme – autrefois ignorées, voire combattues et avec les non-croyants. Un catholicisme missionnaire, social, progressiste, œcuménique qui a fait émerger des générations de militants syndicalistes, politiques, associatifs, a forgé des personnalités comme Jacques Delors, Michel Debatisse dans le monde agricole, Edmond Maire dans le monde syndical.

Nous venions d’un « moule » catholique et nous allions vers les autres. Aujourd’hui, c’est le processus inverse qui est à l’œuvre : de jeunes croyants issus d’un monde non catholique vont chercher dans l’Église des modèles rassurants et visibles d’identification, des convictions, des valeurs et un sens à leur vie qu’ils ne trouvent pas ailleurs. Dans ma jeunesse, on passait de l’Église au monde. Aujourd’hui, on vient d’un monde sécularisé et on entre dans l’Église. […]

Je me réjouis de cette vitalité bien réelle des catholiques, mais des dérives idéologiques et politiques m’inquiètent. Certaines étaient perceptibles dès ces manifestations de 2012-2013 contre le « mariage pour tous ». On les retrouve de plus en plus dans une frange, certes minoritaire, de l’épiscopat, mais aussi sur des sites et blogs identitaires comme Riposte catholique, Réinformation TV, Salon beige… On y entend, on y lit les obsessions déprimantes des catholiques « traditionalistes », les discours définitifs, voire agressifs, sur l’avortement, la PMA, l’homosexualité, l’islam amalgamé avec l’islamisme, sur les immigrés et les réfugiés, le clergé progressiste ou le pape jugé trop libéral. Des contre-vérités sont martelées : dans une terre chrétienne comme la France, le nombre des musulmans pratiquants serait désormais supérieur à celui des catholiques pratiquants ! Ou on ranime le fantasme selon lequel les églises, de plus en plus vides, seront demain transformées en mosquées.

Oui, je suis partagé au total entre la joie de voir tant d’amis catholiques engagés au service de leur communauté ou des plus démunis et la crainte devant la montée d’un discours dogmatique, disciplinaire, le retour à des pratiques anciennes, le repli sur soi au nom de la défense de l’identité française, de la civilisation chrétienne, de la résistance face à l’islam, face à la société multiculturelle et mondialisée. Où sont les grandes voix épiscopales, les intellectuels catholiques de renom qui, autrefois, donnaient le ton dans les médias ou sur la scène politique, pour dénoncer ces dérives, cette contrefaçon des valeurs évangéliques ? […]”

Tribunes et entretiens

Dire qu’un enfant peut naître de deux hommes ou de deux femmes c’est se ranger dans le camp des individus qui disent que la terre est plate

Il n’y aura plus, ni « père », ni « mère », à la mairie de Paris. Voilà ce que les conseillers de Paris ont voté il y a quelques jours pour les formulaires de demandes d’état civil. A la place ? « Parent 1 », « Parent 2 ».

Pourtant, en 2013, lors des débats sur la loi autorisant le mariage de deux personnes du même sexe, Christiane Taubira et la majorité socialiste avaient juré, suite aux alertes de La Manif Pour Tous, que jamais, ô grand jamais, cela n’arriverait.

Les élus l’ont voté au nom de la lutte contre la discrimination à l’égard des parents de même sexe. Mais qu’en est-il des couples homme-femme : ne sont-ils pas eux-mêmes niés, voire insultés, de ne plus être reconnus comme père et mère, mais qualifiés de parents 1 et 2 ? Qu’est-ce qu’un « parent 1 » ou « parent 2 » ?

Demain, à Paris, 99 % des couples se verront imposer un formulaire travestissant la réalité, à savoir qu’un enfant naît toujours d’un père et d’une mère. Prétendre le contraire, c’est se ranger dans le camp des individus qui disent que la terre est plate et que Napoléon n’a jamais existé.

Conçue par les idéologues du genre niant la différence homme-femme et du même coup la différence père-mère, réinventant le monde à l’aune de leur utopie, la loi Taubira entraîne à sa suite la déconstruction de la filiation et du droit de la famille.

Demain, les enfants parisiens liront sur leurs actes d’état-civil qu’ils sont nés d’un « parent 1 » et d’un « parent 2 ». Ils se demanderont pourquoi leur mère n’est pas reconnue comme mère et leur père comme père, qu’est-ce que cela signifie, quelle raison a pu justifier une telle décision. Ils découvriront une époque au cours de laquelle des groupes d’hommes et de femmes, niant la dimension charnelle de leur être et tout ce qu’elle implique, militaient pour une nouvelle croyance dans laquelle le corps n’avait ni sens, ni signification, ni importance, où il n’était qu’une chose, déconnecté du psychisme, de l’affectif, du culturel.

Ayant la foi des convertis et animés par la violence de ceux qui détiennent une nouvelle « vérité », ces enfants rapprocheront cette idéologie de la foi des cathares, qui, au Moyen-âge, voyaient le corps comme une prison. Comme eux, ces néo-cathares veulent que nous soyons « purs » de

notre réalité, de nos origines. Pour cela, plus d’identité sexuelle, plus de père ni de mère, plus de maternité, ni de paternité : uniquement la parentalité et des parents 1 et 2 (en attendant les 3 et 4 ?)

Tuer le père, tuer la mère, transformer les hommes et les femmes en les fondant dans une humanité asexuée. Gageons que les électeurs parisiens n’oublieront pas, lors des prochaines élections, qu’avec Madame Hidalgo, leur paternité et leur maternité sont confondues l’une avec l’autre, c’est-à-dire niées dans leur différence et leur complémentarité, en particulier dans le lien avec leur enfant. Espérons qu’ailleurs, en France, les élus locaux se gardent de céder au prosélytisme d’une minorité de néo-cathares qu’il faut combattre pied à pied tant elle fait de dégâts, en attendant que les générations à venir ne les condamnent pour obscurantisme.

 

Source LMPT

Brèves

Annulation d’une journée de promotion de la PMA sans père à Lyon

Le Collectif « En avant la famille » informe les citoyens de l’annulation d’une journée de promotion de la PMA sans père à Lyon

Le 24 mars 2018 au Novotel de Lyon devait se tenir une journée de promotion de la PMA. Destinée aux couples hétérosexuels, celle-ci s’adressait également aux femmes seules ainsi qu’aux couples de femmes. Organisé par le groupe de cliniques privées espagnoles GIREXX, l’événement a fait l’objet d’une publicité déplacée, à l’occasion des Etats Généraux de la Bioéthique de l’Espace Régional Ethique Auvergne Rhône Alpes. Dès le début, le Collectif « En avant la famille » a dénoncé l’inscription de cette journée parmi l’ensemble des manifestations organisées dans le cadre des états généraux : comment ouvrir un débat sur un sujet aussi complexe que celui de la PMA, tout en autorisant une société privée à faire la promotion de pratiques illégales en France ?

Le Collectif a alors demandé au Maire de Lyon ainsi qu’au Préfet du Rhône de faire usage de leurs pouvoirs de police pour interdire la tenue de cette journée. Le Procureur de la République a également été averti.

Venant d’apprendre l’annulation de cette réunion par le groupe GIREXX, le collectif « En avant la famille » se réjouit d’une telle décision. Il remercie également le Novotel et le Groupe Accor d’avoir su faire preuve de prudence en la circonstance. Une telle sagesse honore nos institutions comme elle montre la vertu du dialogue et de la franchise, lorsque l’irréparable risque de se produire.

Enfin, « En avant la famille » tient à faire savoir qu’il restera dorénavant très vigilant vis-à-vis de tout projet de promotion de la PMA organisé par le Groupe Girexx ou tout autre groupe commercial. Nous ne laisserons pas des officines privées perturber le bon déroulement d’un débat public. Nous ne tolérerons pas que soit faite sur notre territoire la promotion d’activités illégales. Laissons les opinions de chacun s’exprimer désormais, dans un cadre à la fois loyal et respectueux de notre législation. Ne faisons pas de nos désirs des ordres avant même qu’ils ne soient des lois.

Contact : bioethiquecollectiffamille@ gmail.com

Le collectif ‘En avant la famille’ regroupe 150 citoyens ayant participé aux premiers débats des EGB et des associations comme La Manif Pour Tous , Cosette et Gavroche, Musulmans pour l’Enfance , Fondation Lejeune, Asso Familiales Catholiques , Collectif Famille Auvergne, Collectif 26/07 pour la Famille, Juristes pour l’Enfance, Enseignants pour l’Enfance, les Veilleurs …

La Manif pour tous 69

Tribunes et entretiens

Quotient familial – Non seulement maintenir mais aller plus loin – LMPT

“En déclarant que le gouvernement « écarte toute modification du quotient familial », son porte-parole Benjamin Grivaux met à terme à un imbroglio qui avait rapidement mis le feu aux poudres au sein du paysage politique. Si le maintien du quotient familial est une décision juste pour les familles, il faut maintenant aller plus loin et en relever le plafond. L’enjeu est fort : assurer le dynamisme de notre démographie sur laquelle repose le modèle social français.

Le projet de rapport sur la politique de la famille qui devait être rendu public et présenté ce matin par ses deux co-rapporteurs, Guillaume Chiche (LREM) et Gilles Lurton (LR), entendait préconiser la suppression du quotient familial. La mesure compensatoire envisagée, le versement d’une allocation dès le premier enfant, ne répondait pas aux besoins des familles et à la justice sociale en matière de politique familiale. Gilles Lurton a donc pris la décision, avec le soutien du groupe parlementaire LR, de ne pas co-signer le projet de rapport.

Pour justifier sa proposition de supprimer le quotient familial, Guillaume Chiche prétendait qu’il ne bénéficiait qu’aux seuls ménages imposables et donc pas aux familles les plus démunies.C’est faux. Près d’un ménage sur deux (48,2 % exactement) n’est pas imposable ; et parmi eux, près de la moitié ne le sont pas grâce au quotient familial. Quant à l’autre moitié des ménages non imposables, ils bénéficient de prestations diverses (allocation de rentrée scolaire, allocation logement, allocation de parent isolé, etc ) ou d’autres avantages ( taux de bourses plus élevé par exemple ) dont ne bénéficient pas les ménages imposables.

L’autre critique du quotient familial formulée dans les projets de rapport est qu’il est favorable aux revenus les plus élevés. C’est oublier que l’avantage fiscal est plafonné et ne peut être supérieur à 2336 € par demi-part. C’est aussi ne pas prendre en compte la progressivité du barème de l’impôt sur le revenu : pour une famille aux revenus importants, l’impôt est toujours plus élevé que celui payé par une famille ayant le même nombre d’enfants et doté de revenus moindres.

Lors du dernier débat parlementaire sur le budget, certains députés de la majorité LREM, notamment Olivier Véran, avait souhaité mettre un terme à l’universalité des allocations familiales. Cette universalité, c’est à dire le fait qu’elle concerne toutes les familles, est en réalité déjà battue en brèche par la mise sous conditions de ressources de ces allocations. Au motif que les familles aisées ont suffisamment de moyens pour ne pas avoir besoin des allocations familiales, celles-ci sont réduites de moitié voire de 75 % selon les revenus. Mais cette vision revient à faire payer à des ménages fiscaux ayant les mêmes revenus un impôt identique selon qu’ils ont ou pas des enfants. C’est profondément injuste quand on sait combien notre modèle social repose sur la vitalité de notre démographie.Or il est bien évident que les familles avec enfants assurent l’avenir de ce modèle (sécurité sociale, retraite…). Aussi, il est indispensable de soutenir les familles, déjà très fortement touchées par la hausse de la fiscalité tout au long du dernier quinquennat comme depuis l’arrivée à l’Elysée d’Emmanuel Macron. Cela passe par une hausse du quotient familial. C’est une nécessité.”
Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous, observe :

« L’emballement immédiat au plan médiatique et politique qui a suivi la publication des premières préconisations du rapport Chiche traduit l’attention et l’attachement particulier des Français à la famille. Mobilisées depuis plus de 5 ans, les familles restent très vigilantes devant les projets gouvernementaux ou parlementaires dans ce domaine : politique de la famille, filiation, éducation, bioéthique. Leur présence active et remarquée par les observateurs dans les débats des Etats généraux de la bioéthique illustre cette attention portée à la filiation et à la famille, premier lieu de solidarité et refuge pour les plus vulnérables ».

 

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