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Requiem pour la droite catho !

C’est le cri de triomphe de France culture après des années d’angoisse de la gauche devant l’hydre conservateur catholique gonflant mois après mois. Réjouissance paranoïaque de la bête aux abois qui cherche à se rassurer, rien n’est moins faux que cette affirmation désinformatrice. Échec électoral évident et attendu, plus mois annoncé et certainement espéré par les LR eux-mêmes, comme je l’ai dit dans une autre tribune, mais échec plus exactement des LR encore plus que de la droite catholique.

C’était en un sens une erreur que de mettre François-Xavier Bellamy en tête de liste. Une erreur pour les LR qui ont mal calculé leur propre déconfiture, parce qu’ils refusent de voir que leur mouvement n’est plus de droite quand leur électorat l’est de plus en plus. Une erreur aussi d’un parisiano-centrisme qui pense que la Province doit se plier au comité central, ce qui fut la disciple RPR et UMP des années durant. Une discipline qui ne fonctionnait que tant que les centristes de droite étaient leurs alliés, réellement implantés localement avec leur indépendance. L’UMP a non seulement vidé le centre, mais asphyxié le gaullisme.

Or le vote catholique reste un vote conservateur et local. Les catholiques, parce que c’est dans leur ADN, sont des adeptes inconscients de la politique de proximité, de la subsidiarité et de la localité. Un schéma mental qui échappe totalement à la centrale LR. On peut analyser de nombreuses manières le scrutin des Européennes et les enseignements en sont très riches. Mais les politiques ne veulent pas les voir parce que les résultats sont, sans appel, un requiem pour leur système déjà mis à mal par le tsunami manipulateur En Marche.

Or précisément, dans cette déroute généralisée, le PS a disparu, les LR sont rachitiques, LREM est balayée, la France Insoumise est ligotée à terre, le RN demeure en crise perpétuelle, les Verts font illusions en récupérant le vote idéaliste de jeunes qui croient en un retour aux sources et non aux idéologies transgéniques des partis dits écologistes. La seule force qui demeure, avec une doctrine et une consistance, ce sont les catholiques précisément.

Mais longtemps tenus à l’écart de l’échiquier politique, ils sont comme des enfants naïfs et candides. La politique comme engagement, comme aire de combat leur est devenue étrangère. Alors la force électorale réelle est disparate, éclatée, divisée et indécise. Mais parler de requiem de la droite catholique, alors que pour la première fois depuis longtemps un candidat identifié comme tel se retrouve tête de liste, même contestée comme conservateur et finit par obtenir un poste somme toute important, non ce n’est pas un requiem mais au contraire un renouveau, le signe de ce fond en mouvement depuis 2013 qui, loin de mourir, prend conscience de sa réalité politique et de sa consistance.

Quelle sera l’étape suivante ? Personnellement je milite pour la prise d’engagements aux prochaines municipales afin de donner une assise locale forte à ce monstre effrayant pour le système idéologique en place qu’est le vote catholique désormais identifié. Effrayant par le nombre et effrayant parce que les catholiques, par nature en France ne sont pas dissociables du pays. Qu’ils continuent à relever la tête, prendre conscience de leur force grandissante et le colosse aux pieds d’argile tombera de lui-même. Demeure une crainte, serons-nous prêts à recueillir les morceaux ?

 

Enguerrand de Montf

 

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Bellamy un échec attendu mais souhaité

Lorsque François-Xavier Bellamy a été pressenti comme candidat tête de liste LR aux Européennes, j’ai tout de suite fait part de mon scepticisme, non à l’encontre du candidat, mais bien de sa candidature.

Certes, il y a le double avantage d’avoir mis en avant un nom que le milieu catholique peut (enfin) soutenir d’une part et d’offrir à nos conviction un siège au parlement européen d’autres part. Et, comme je l’ai dit dans une autre tribune, au regard du fonctionnement par lobbys, autant avoir nos propres portes d’entrée.

Pour autant, ce qui devait arriver arriva. Que pas un mammouth du parti ne se précipite pour la place en disait long sur la débâcle annoncée d’un parti de plus en plus inexistant et dont le président n’est pas, loin s’en faut, le plus grand opposant au président Macron. Il restait donc à anticiper la défaite. Bellamy était le moyen le plus judicieux. C’était l’occasion de discréditer l’aile conservatrice, celle qui restait la plus active malgré la déconfiture du parti. La seule portant un discours politique offensif et une véritable alternative à la république dite en marche.

Il ne fallut pas longtemps et dès ce matin Eric Woerth, déclarait « on ne reconstruit pas un parti sur son aile conservatrice ». Vous l’avez entendu, le bouc émissaire tout trouvé, il ne reste plus qu’à parachever son portrait d’épouvantail.

Ainsi, les responsables de la défaite du parti en lambeaux seraient donc les conservateurs qu’ils ont eux-mêmes mis là. Une bonne façon de tirer sur le pianiste et de se débarrasser des relents de Sens commun et autre fillonisme qui selon cette droite de nom plus que de convictions est responsable de leur défaite.

 

Pour ma part, je pense qu’au contraire, si la droite redevient une droite elle redeviendra une alternative crédible. Alors faut-il repartir du gouffre LR ? Ou faut-il construire à frais nouveau et sans complexe une droite qui ne cherche pas à rassembler de fausses droites, mais à être une droite conservatrice assumée et militante ?

 

Enguerrand de Montf

Tribunes et entretiens

Sens Commun, la ligne rouge de Juppé – Réaction de son président

Président de Sens Commun, Christophe Billan réagit à l’attaque d’Alain Juppé, qui a menacé ce week-end de quitter les Républicains si la ligne de ce mouvement ayant fait le choix de Francois Fillon à la Primaire devait devenir celle du parti.

Valeurs actuelles. Ce week-end à Bordeaux, Alain Juppé a fixé deux lignes rouges aux Républicains. L’une d’elle concerne Sens Commun : le fondateur de l’UMP estime que votre ligne conservatrice, “la plus rétrograde en termes de société”, ne doit pas devenir celle du parti. Que vous évoque cette réflexion ? 

Christophe Billan. Je suis absolument d’accord avec lui. Adopter une ligne rétrograde serait catastrophique pour la droite comme pour notre pays. En revanche, nous avons une idée différente de ce qui peut provoquer et favoriser cet immobilisme. Pour Sens Commun, la paralysie de la droite a d’autres origines. Elle tient à un repli forcené sur une gouvernance technocratique indifférente aux réalités concrètes des Français. Elle résulte d’un refus d’assumer un socle doctrinal clair qui pourrait faire barrage aux dérives idéologiques absurdes de la gauche. Elle découle de son acceptation de la fatalité face à des rouages économiques qui ont progressivement remplacé l’intelligence collective. Voilà la véritable approche rétrograde qui mine la droite.

À nos yeux, Alain Juppé incarne cet affaissement et cette dilution massivement rejetés par les Français. Depuis son échec à la primaire, le maire de Bordeaux s’obstine à méconnaitre et à caricaturer Sens Commun. À la fois par amertume – ce qui n’est pas le meilleur moyen de penser une situation et de percevoir ses enjeux – mais également pour des raisons plus tactiques.

 

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Brèves

Loi Taubira, Les républicains veulent “tourner la page”

Valérie Pécresse s’est exprimée aujourd’hui au Campus des Jeunes républicains, après avoir participé au séminaire des juppéistes, hier. La présidente de la région Île-de-France continue de faire valoir ses positions, après avoir annoncé le lancement de son propre mouvement au sein de l’UMP, le 10 septembre. “Nous ne reviendrons pas sur la loi Taubira, tournons la page”, a-t-elle notamment affirmé, en référence à la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe et à laquelle la droite s’était vivement opposée.

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Brèves

Juppé “Je ne partage pas les convictions de Poisson et Boutin”

Dans un tweet éloquent dans lequel le candidat malheureux de la primaire dite de la droite et du centre, affirme plus que jamais ses convictions qui tout au long de la campagne ont été sur ce point constantes : il ne veut pas d’une société fondée sur l’anthropologie chrétienne.

Il n’en veut tellement pas qu’il préfère soutenir une candidate investie contre son propre camp, (encore officiellement affiché tel).

 

Ouvertement proche d’Emmanuel Macron, Alain Juppé semble rester membre des Républicains, pour mieux en partir après la défaite annoncée par Baroin lui-même.

On se demande vraiment ce qui fait la ligne de fond d’un parti en sursis pour encore quelques jours.

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Sens Commun fera-t-il exploser Les Républicains ?

Décidément les petites phrases catho-séductrices de François Fillon ne passent pas dans les groupuscules minoritaires des rangs LR. Pourtant, mises à part ces petites phrases, on ne peut pas dire que le candidat Fillon se soit montré fort généreux et reconnaissant envers ceux qui, dit-il lui-mêmeont été assez loyaux et fidèles dans des moments difficiles”. 5 investitures, un désaveux de Xavier Lemoine, ne sont pas une franche reconnaissance envers la tendance fortement investie sur le terrain et qui fut l’artisan de la victoire de la Primaire, comme du Trocadéro.

Mais Sens Commun a le mérite de bousculer l’establishment et le consensus feutré de la vieille famille gaulliste. Sens Commun, par sa détermination, force cette vieille droite dite de gouvernement à se positionner sur les “marqueurs” de droite. Et visiblement ça ne plait pas du tout à la classe politique et médiatique en place.

Les catholiques ont été les épouvantails de cette campagne. Le mal nécessaire pour Fillon qui doit sans cesse jouer les équilibristes entre la séduction et le repoussoir catholique. Souhaitant une droite de NKM à Sens Commun, l’ancien premier ministre prend ses distances avec l’idéologie d’un mouvement qui constitue une part certaine des adhérents.

Le Figaro rapporte  :  “le mouvement est imbriqué dans le parti de la droite et reverse entre 33 % et 50 % des cotisations des primo-adhérents aux Républicains. Le mouvement revendique entre 9000 et 10.000 adhérents et a obtenu l’investiture de cinq candidats aux législatives.”

On comprend que François Fillon tout en prenant ses distances, invite à “ne pas jeter le discrédit” sur ce mouvement. Un mouvement qui est sa base solide et qui plus que l’effritement du vote Macron peut lui assurer la victoire.

La jurisprudence Jospin qui le fit perdre à moins de 200 000 voix le premier tour de 2002, est dans tous les esprits et le vote catholique représente un potentiel bien plus important. Il semble même qu’au sein des Républicains, Sens Commun représente la tendance la plus importante.

Alors comment appréhender la distance entre les minorités qui composent cette énième reconversion du RPR et la situation actuelle d’un pays qui attend de la droite qu’elle soit à droite et dont l’électorat est facticement retenu dans un parti en voix d’implosion, comme le PS se prépare à une véritable déflagration ?

La tendance Juppé / NKM ferait très bien son lit chez Emmanuel Macron  qui reconstituerait une sorte de centre gauche aspirant la droite du PS et la gauche des Républicains. Cette mouvance politique, quoiqu’on pense de la bulle Macron, correspond à une tendance réelle de l’électorat ni vraiment socialiste, ni franchement LR et pas du tout UDI/Modem, fourre-tout lui-même inconsistant.

La tendance Sens Commun / Fillon s’étendrait volontiers dans une entente avec une partie du Front National qui se reconnaîtrait davantage dans une ligne LR à droite toute, qu’elle ne se retrouve dans l’intégralité du programme de Marine Le Pen.

La réalité politique et électorale, c’est une véritable reconstitution de la proposition politique sur des bases réelles. PS/LR/Front de Gauche et FN sont actuellement maintenus artificiellement, par peur d’une explosion non contrôlée et par l’ostracisme facile des extrêmes.

Mais en présentant Emmanuel Macron, François Hollande ne fait que mettre en place un futur parti correspondant à un nouveau clivage électoral allant de la droite du PS à NKM, voire Juppé. Tentative échouée de François Bayrou avec le Modem.

François Fillon reste en revanche dans l’illusion d’un clivage familial politique dépassé en voulant un gouvernement allant de NKM à Sens Commun.  Et, au-delà des convictions et des choix stratégiques portés par Sens Commun, les réactions à leur possible intégration au gouvernement révèlent la fracture entre le socle réel de cette droite et sa représentation élue.

Que François Fillon se distingue de Sens Commun en partie, est politiquement normal dans la mesure où, si important soit-il, Sens Commun n’est pas seul chez les Républicains. Mais le programme de François Fillon n’en demeure pas moins clivant pour toute son aile gauche qui n’a pas peur de s’envisager dans l’opposition en cas de victoire de son propre candidat.

Vainqueur ou battu, le parti LR ne coupera pas à une réorganisation. Que ce soit par un refus de la réalité des urnes qui voudrait ostraciser Sens Commun ou par un départ de l’aile gauche vers le centre Macron/Hollande, l’après second tour ne pourra nier la lézarde imposée au mur de façade par la présence de Sens Commun. Une lézarde de taille puisqu’elle n’est rien moins qu’anthropologique.

Qui est l’homme réel ? Il est intéressant de voir que dans le programme des Républicains avant la victoire des Primaires (mais pas d’avantage après) la grande inconnue, jamais définie est justement la conception de la personne humaine. Or en effet c’est le grand clivage qui est en train de faire exploser l’ensemble de l’échiquier politique. L’épicentre à changé.

Brèves

Guillaume Tabard – LR – Sens Commun peut-il être excommunié par une tendance minoritaire ?

Rassembler ou excommunier ? Telle est la question du contrepoint de Guillaume Tabard sur la polémique sens Commun.

La tendance catholique serait-elle donc la tendance forte de la droite ?

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Que pensent les candidats à la Primaire sur l’éducation ?

François Fillon et Bruno Lemaire même combat ; Copé Sarkozy pas si différents ; Juppé NKM se suivent de près et Poisson seul dans son coin.

Voici à peu près les grandes lignes des programmes des candidats à la Primaire en ce qui concerne l’éducation.

Vous pouvez en retrouver l’analyse détaillée sur La primaire pour tous.TV