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Rencontre des Hommes Adorateurs le 15 novembre 2018 : La Malaisie à Villié-Morgon (69) !

Rendez-le 15 novembre pour cette rencontre dans le diocèse de Lyon !

Au programme :

  • 19h00 : Adoration du Saint Sacrement
  • 20h00 : Enseignement
  • 20h30 : repas malaisien

Participation aux frais : 6€ par tête ! Apportez chacun une bonne bouteille à faire découvrir !

N’hésitez pas à inviter autour de vous, car le Christ nous invite à venir l’adorer !

inscriptions : villie-morgon@hommes-adorateurs.fr 

« L’adoration constitue donc pour les hommes adorateurs comme un acte de résistance contre tous les asservissements charriés par notre époque. Ils y affirment aussi leur identité masculine, qu’ils ont célébrée virilement d’abord autour d’une table bien garnie, avant de s’offrir au Christ et de se laisser attirer par Lui dans le Cœur à cœur auquel Il les invite. »  (message de Mgr Rey aux Hommes-Adorateurs)

 

Asie #Dans le Monde #NLQ

Malaisie : régression de la liberté religieuse

En Malaisie, la « race » et la « religion » sont des statuts administratifs officiels mentionnés sur la carte d’identité nationale de tous les citoyens âgés de plus de douze ans. À l’heure actuelle, la liberté de religion ne semble pas être une priorité du gouvernement élu lors de la quatorzième élection générale de mai dernier.

La Malaisie a été classée « très élevée » – dans les premiers 5 % – sur l’indice Pew Forum des restrictions officielles sur la religion. Les concepts de la « suprématie malaise » et de la « suprématie musulmane » (« Ketuanan Melayu » et « Ketuanan Islam ») sont étroitement liés en Malaisie, car les Malais sont légalement tenus d’être musulmans. Tout aperçu de la liberté religieuse en Malaisie doit d’abord mentionner le fait que les « musulmans officiels » sont les plus restreints dans leurs choix et leurs pratiques religieux. En effet, ils ne peuvent pratiquer leur religion de manière sélective ou personnelle : ils risquent d’être poursuivis pour ne pas avoir jeûné ou pour avoir refusé de prier, tandis que les femmes musulmanes subissent une pression croissante pour porter le voile islamique. L’islam Shia et d’autres sectes non-sunnites sont interdits ; même ceux qui proposent des interprétations alternatives de l’islam sunnite ont fait l’objet de poursuites judiciaires. Les autres religions ne sont pas autorisées à faire du prosélytisme, de sorte que, dans le contexte musulman malaisien, la notion de choix religieux reste théorique.
Ceux qui sont classés comme musulmans ne peuvent pas se convertir officiellement à une autre religion et quiconque épouse un musulman doit se convertir à l’islam. La non-reconnaissance par l’État des mariages entre musulmans et non-musulmans renforce la ségrégation des communautés et entrave la cohésion sociale ; l’État viole ainsi le principe d’égalité face au mariage. Les couples composés d’un musulman et d’un non musulman ont trois choix : se convertir, quitter le pays ou cohabiter hors mariage.

L’inertie des politiques

Des décennies d’application de la suprématie malaise et musulmane par l’État ont abouti à une intériorisation à grande échelle de la version de l’islam promue par l’État et contrôlée par des agences telles que Jakim, devenues de plus en plus rigides depuis le début du mandat de Mahathir Mohamad en tant que Premier ministre et Anwar Ibrahim comme ministre de l’Éducation. Comme Mahathir Mohamad est maintenant le chef du nouveau gouvernement Pakatan Harapan (« Coalition de l’Espoir ») et qu’Anwar Ibrahim est sur le point de diriger la coalition dans un avenir proche, tous les espoirs de réformes généralisées en faveur de la liberté de religion devraient être tempérés.
La question se pose de savoir si leurs points de vue ont réellement changé au cours des trois dernières décennies (et si oui, dans quelle direction ?) La relation cordiale d’Anwar Ibrahim avec le président turc Erdogan et le refus de Mahathir d’expulser Zakir Naik, un prédicateur salafiste extrémiste d’origine indienne, sont des preuves inquiétantes que leurs opinions sur la liberté religieuse n’ont pas évolué.

Sermons hebdomadaires du vendredi

Il pourrait y avoir un optimisme prudent avec la nomination de Mujahid Yusof Rawa, ancien responsable des relations interconfessionnelles pour le Parti islamique de Malaisie (PAS), et actuellement membre du Parti plus modéré Amanah en tant que ministre du département des Affaires religieuses du premier ministre. La nomination de Mujahid Rawa du PAS, bien que symbolique vis-à-vis du PAS, était encore une concession importante dans le contexte malaisien. Néanmoins, jusqu’ici, Mujahid Rawa n’a pris aucune mesure significative dans le sens d’une plus grande liberté religieuse. En fait, il a justifié le budget gonflé de Jakim (Département de l’avancement islamique, l’agence islamique la plus puissante du pays, responsable de la formation des enseignants religieux, préparant les sermons hebdomadaires du vendredi pour toutes les mosquées en Malaisie, délivrant la certification halal). En outre, il a récemment présidé à la proposition de nouvelles lois en vertu desquelles ceux qui insultent la religion, ou la race, seront passibles de peines d’emprisonnement allant jusqu’à sept ans ou d’une amende de 100 000 ringgits RM (21 000 euros). Ces trois lois ainsi que celle sur la haine religieuse et raciale seront prochainement présentées au Parlement.

La situation des chrétiens et autres minorités

Selon les statistiques officielles, 9 % de la population malaisienne est chrétienne. Environ la moitié des chrétiens sont catholiques, mais le gouvernement malaisien ne fait pas de distinction entre les différentes Églises. L’article 11 de la constitution malaisienne garantit théoriquement le droit pour chaque religion de gérer ses propres affaires religieuses.
Ce droit a été violé à plusieurs reprises, comme dans les procédures judiciaires sur l’utilisation du mot « Allah » par les non-musulmans. En 2014, la plus haute cour de Malaisie a rejeté une demande des chrétiens du pays pour le droit d’utiliser le mot « Allah », qui avait historiquement été le mot pour « Dieu » dans les versions en langue malaise de la Bible. Parallèlement, les droits des non-musulmans sont souvent remplacés par les lois de la charia telles qu’interprétées par les tribunaux malaisiens dans les affaires impliquant aussi bien des musulmans que des non-musulmans.
Près de 75 % des chrétiens de Malaisie vivent en Malaisie orientale (Bornéo) et 65 % des chrétiens de Malaisie sont des Orang Asli (peuples autochtones), dont le seul langage commun de prière et de culte est le Bahasa Malayu. Les chrétiens sont le groupe non-musulman le plus organisé et sont donc également surveillés de très près et font face aux pressions de l’État. Outre la Fédération chrétienne de Malaisie, qui comprend le Conseil des Églises de Malaisie, la Fraternité chrétienne évangélique nationale et la Conférence des évêques catholiques de Malaisie, le Conseil consultatif malaisien du bouddhisme, du christianisme et de l’hindouisme, sikhisme et taoïsme (MCCBCHST) représente les intérêts religieux non musulmans. À ce stade, l’avenir de la liberté religieuse pour les musulmans et les non-musulmans en Malaisie reste incertain.

(EDA / Preeta Samarasan, en collaboration avec Charis Quay Huei Li et Patricia Martinez)
Pour plus d’informations, retrouvez le numéro de septembre de la revue MEP (n° 541 – Singapour-Malaisie).

Source : Eglises d’Asie

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Malaisie – Les fêtes de Pâques, symbole d’intolérance religieuse

Des dizaines de jeunes musulmans ont organisé, Vendredi saint, une danse devant la cathédrale Saint-François Xavier d’Ambon, dans la province de Maluku, en présence de Mgr Mandagi. Les fêtes de Pâques sont devenues, en Indonésie, un symbole contre l’intolérance religieuse croissante dans le pays, provoquée par les groupes islamistes indonésiens.

 

Depuis quelques années, de nombreux incidents indiquent une islamisation croissante du pays : politique privilégiant l’ethnie musulmane malaise, enlèvements inexpliqués, justice bâclée… Les minorités chinoises et indiennes, ou encore les populations indigènes de Sabah et Sarawak de Bornéo, en majorité chrétiennes, demandent de mieux faire respecter leurs droits et la liberté religieuse.
« Êtes-vous musulman ? » Chaque jour, quelque part en Malaisie, un officier pose la même question aux demandeurs de carte identité. Une question qui reflète à quel point l’islamisation de la Malaisie multiculturelle, pourtant fondée sur des principes séculiers, est accomplie. Ce n’est plus un secret : les services civils malaisiens, depuis l’indépendance de la Malaisie en 1957, se sont islamisés peu à peu. L’administration malaisienne, largement dominée par l’ethnie musulmane malaise, a joué un rôle majeur dans cette évolution. Aujourd’hui, les Malaisiens subissent les conséquences de cette ingérence des questions religieuses dans la politique administrative malaisienne. Les minorités chinoises et indiennes, ainsi que les populations indigènes des états de Sabah et Sarawak, à Bornéo, en majorité chrétiennes, sont de plus inquiètes face à l’islamisation du pays.
En 2007, le gouvernement a déclaré que le mot « Allah » ne pouvait être utilisé que par les musulmans, interdisant les traductions en Malaisien des écrits chrétiens contenant ce mot, y compris la Bible. Toujours en 2007, l’interdiction de la construction d’une statue taoïste dans l’état de Sabah et la destruction de temples hindous par les autorités locales, n’ont fait qu’enflammer davantage les tensions interethniques. Durant les années qui ont suivi, le gouvernement a laissé s’installer le conservatisme islamique. Les politiques islamiques ont gagné encore plus du terrain suite aux élections nationales de 2013, perdues par la coalition au pouvoir, qui avait alors réalisé sa pire performance électorale. Les droits des minorités ont subi de plein fouet cette tendance. En 2014, le chef de la police a refusé de respecter une décision de justice, lors d’une affaire concernant la garde d’un enfant. Les autorités islamiques se sont précipitées pour défendre sa position. Mais une telle opposition contre une institution d’état a posé la question de l’impartialité de l’application de la loi en Malaisie. Le chef de la police a prétendu qu’il avait pris cette décision à cause d’un conflit juridictionnel entre les tribunaux civils et islamiques. Autre fait troublant, les autorités sont toujours incapables d’expliquer la disparition de quatre travailleurs sociaux, dont l’un d’entre eux a été enlevé l’année dernière en plein jour, en périphérie de la capitale malaisienne, Kuala Lumpur.

Un « état dans l’état »

Une caméra de vidéosurveillance semble indiquer ce qui a pu se passer. Les images montrent un convoi de vans et de motos en train de bloquer brutalement le véhicule du pasteur Raymond Koh sur le côté de la route. C’est la dernière fois qu’il aurait été vu. L’enlèvement aurait duré en tout moins d’une minute. Plusieurs motards, témoins de l’évènement, l’ont signalé à la police. Sa famille ne croit pas à un enlèvement ordinaire. L’absence de demande de rançon leur suggère plutôt des motifs religieux. Le pasteur dirigeait l’ONG Harpan Komuniti (Communauté espérance) à Kuala Lumpur, qui vient en aide aux pauvres, aux mères isolées et aux drogués. En 2011, son organisation a été interpellée par les autorités islamiques malaisiennes, après avoir été accusée d’essayer de convertir des musulmans. L’accusation fut abandonnée par la suite, mais l’organisation a continué de subir des pressions.
On connaît moins le contexte de l’enlèvement du pasteur Joshua Hilmy – converti de l’islam – et de sa femme Ruth, également disparus en mars. Par ailleurs, Amri Che Mat, un travailleur social musulman, aurait été arraché de son véhicule en novembre 2016, dans le nord de l’état de Perlis. Il était accusé de prêcher l’islam chiite, interdit dans la Malaisie sunnite. Ces disparitions semblent liées et tout porte à croire que les quatre victimes sont détenues illégalement, mais la police paraît avoir bâclé son investigation. Même les musulmans commencent à se moquer du gouvernement, qui prétend que le Malaisie est une nation prônant un islam modéré. Les contradicteurs citent par exemple le cas d’un homme accusé d’avoir giflé une femme musulmane non voilée ; ou celui d’un jeune surpris en flagrant délit de vol, mais relâché après être arrivé au tribunal en habit islamique. Ou encore l’affaire d’un employeur musulman, accusé d’avoir torturé une domestique indonésienne et qui a pu s’en tirer avec un simple avertissement.

Ketuanan Melayu : domination malaise

En février, l’archevêque catholique de Kuching, Mgr Simon Poh, a été menacé par un groupe de musulmans devant un tribunal, en présence de la police. C’est la première fois qu’un tel incident se produisait dans l’état de Sarawak, aujourd’hui le seul état malaisien majoritairement chrétien. Inévitablement, les tensions interreligieuses malaisiennes continuent de grandir. La politique du gouvernement, appelée « Ketuanan Melayu » (littéralement « domination malaise »), cherche la suprématie de l’ethnie musulmane malaise. Le gouvernement a laissé s’installer un « état dans l’état » qu’il ne semble plus pouvoir contrôler. Les dernières disparitions et les fausses enquêtes qui ont suivi le montrent bien. En Malaisie, l’islamisation commence dès le berceau et ne fait que croître. Il semble impossible d’inverser la tendance. En Indonésie, l’arrestation récente de l’ancien gouverneur de Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama, également surnommé « Ahok », est un exemple des conséquences que pourrait avoir la politique malaisienne actuelle.
Quand le gouverneur Ahok a été condamné à deux ans de prison, le juge a déclaré que l’accusé était « coupable de blasphème ». La philosophie d’État indonésienne, la « Pancasila », inscrite dans la Constitution, reconnaît pourtant six religions, toutes à égalité devant la loi. Mais en réalité, quand une religion domine les autres, les principes fondamentaux de la nation importent peu. Chacun a ses croyances et croit qu’elles sont vraies. Chacun croit aussi que cela lui appartient. Alors quand l’État commence à vous demander quelle est votre religion, on comprend qu’il s’agit là d’une islamisation accélérée.

 

Source Eglise d’Asie

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Deux chrétiens ont été fouettés en place publique en Indonésie pour non-respect de la charia

Les deux hommes, Dahlan Silitonga, 61 ans, et Tjia Nyuk Hwa, 45 ans, ont subi leur peine de six et sept coups de rotin respectivement devant une foule de 300 spectateurs, y compris des touristes venus de Malaisie, devant une mosquée de Banda Aceh.

Les deux hommes étaient accusés d’avoir parié des sommes d’argent : ils avaient joué à un jeu permettant de gagner des prix en monnaie en échange de pièces dans un parc d’amusement pour enfants.

Le maire de Banda Aceh a pleinement approuvé la punition publique, affirmant qu’elle se voulait dissuasive, « afin qu’on ne recommence pas à violer la charia islamique ».

Les membres de minorités menacés de procès qui leur font risquer la prison pour violation de la charia choisissent souvent la flagellation publique pour éviter une peine plus lourde.

 

Source Réinformation.tv

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Malaisie – Des responsables religieux unis dans la lutte contre la traite des êtres humains

Dimanche 30 juillet, dix responsables religieux ont signé une Déclaration commune contre la traite des êtres humains. Une initiative de l’archidiocèse de Kuala Lumpur, à l’occasion de la journée mondiale des Nations Unies contre la traite des êtres humains.

«  Nous pensons souvent que la traite des êtres humains n’a lieu qu’à l’étranger […]. Nous croyons que c’est un problème éloigné. La traite des êtres humains prend des formes diverses et aujourd’hui des millions de personnes en sont victimes, partout dans le monde. Des hommes, des femmes, des enfants, et même des personnes âgées. La triste réalité est que ce trafic se déroule aussi ici en Malaisie. Dans notre Etat, dans notre ville, et même dans notre voisinage. Quelle réponse apportons-nous à ce crime contre l’humanité ? » interroge Mgr. Julian Leow, archevêque de Kuala Lumpur, dans une courte vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et annonçant la signature d’une Déclaration interreligieuse contre la traite des êtres humains.

Les minorités religieuses représentées

Dimanche 30 juillet, dix responsables religieux ont répondu à l’appel lancé par Mgr Leow et signé la Déclaration interreligieuse contre la traite des êtres humains, lors d’une cérémonie organisée à l’archidiocèse de Kuala Lumpur.

La Déclaration rappelle que «  l’exploitation physique, économique, sexuelle et psychologique d’une personne, pour le profit, le bénéfice et le plaisir d’une autre, va à l’encontre de la conviction fondamentale selon laquelle les hommes sont égaux et disposent de la même liberté et de la même dignité. »

Parmi les signataires figuraient des représentants du bahaïsme, du bouddhisme, du christianisme, de l’hindouisme, du sikhisme et du taoïsme. L’actuel Mufti de la Fédération de Malaisie, le Dr Zulkifli Mohamad Al-Bakri, absent, a fait part de son soutien à cette démarche. En janvier 2016, il avait reçu la visite de Mgr Leow, une rencontre qu’il avait qualifiée d’« historique ».

Le cardinal Soter Fernandez et Mgr Tan Sri Murphy Pakiam, archevêque émérite de Kuala Lumpur, ont assisté à la cérémonie, aux côtés de représentants d’organisations non gouvernementales engagées dans la lutte contre ce fléau.

Encourager les fidèles des différentes religions à lutter contre la traite des êtres humains

Pour Mgr Leow, cette Déclaration constitue « une première étape ». Il a encouragé les différents groupes religieux à jouer un rôle plus actif dans la lutte contre la traite des êtres humains, notamment en mettant en commun leurs ressources.

Il a en outre invité les fidèles à s’investir davantage, en fonction de leurs capacités. Un site internet, The Burning Bush, a été créé pour sensibiliser les chrétiens à « l’un des plus anciens péchés ». Des outils, spirituels et matériels, sont ainsi mis à leur disposition.

Archevêque de Kuala Lumpur depuis le 6 octobre 2014, Mgr Leow avait indiqué dans une interview qu’il souhaitait consacrer son épiscopat aux plus faibles. Il avait précisé que le principal défi pour l’Eglise en Malaisie était de « combattre la suspicion entre les religions et les races » [NdT : dans le discours politique malaisien, l’appartenance ethnico-religieuse des Malaisiens est définie par la « race ».]

Selon les donnéees officielles, la Malaisie compte 61,3 % de musulmans, 19,8 % de bouddhistes, 9,2 % de chrétiens (dont 3,5 % de catholiques environ) et 6,3 % d’hindous.

« Des efforts significatifs » de la part du gouvernement

La cérémonie de signature a eu lieu le 30 juillet dernier ; depuis 2005, les Nations Unies organisent ce jour-là la Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d’êtres humains. A l’occasion de celle-ci, le pape François a dénoncé une « plaie aberrante ». « Chaque année, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sont les victimes innocentes d’exploitation sexuelle, de travail forcé et de trafic d’organes. Nous semblons si habitués à cela que nous considérons ça comme une chose normale. C’est horrible, cruel, criminel ! » s’est indigné le Saint-Père.

Le 27 juin dernier, dans son rapport annuel sur la traite des êtres humains, le département d’Etat américain plaçait la Malaisie au niveau 2, ce qui signifie que le gouvernement de ce pays avait entrepris des « efforts significatifs » pour se conformer aux normes minimales de la loi sur la protection des victimes de la traite sans y parvenir pleinement. En 2013, la Malaisie était considérée comme un pays de niveau 3.

Selon The Global Slavery Index 2016, 128 800 personnes vivent en situation d’esclavage moderne en Malaisie. Le pasteur protestant qui avait été enlevé le 13 février dernier, en plein jour et en pleine rue, pourrait avoir été la victime d’une organisation criminelle spécialisée dans la traite des êtres humains selon The Sun Daily.

Source : Eglises d’Asie

Asie #NLQ

Nomination du Directeur national des Œuvres pontificales missionnaires pour la Malaisie, Singapour et Brunei

S.Em. le Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, en date du 2 mars 2017, a nommé Directeur national des Œuvres pontificales missionnaires en Malaisie, Singapour et Brunei pour un quinquennat (2017-2022) le Père Victor Louis Gnanaprakasam du Diocèse de Penang.
Le nouveau Directeur national est né le 1er novembre 1966 à Bagan Serai, Perak et a été ordonné prêtre le 14 juillet 1997 dans sa ville. Après son ordination, il a exercé son ministère pastoral en tant que vicaire et curé au sein de différentes communautés et a été membre du Conseil presbytéral. En 2007, il a obtenu un mastère en Missiologie près l’Institut pontifical Saint Pierre de Bangalore. Le 1er avril 2007, il a été nommé Directeur diocésain des Œuvres pontificales missionnaires. Par la suite, il a été curé, membre du Conseil presbytéral et, depuis le 17 février 2016, Chancelier du diocèse de Penang.

Source : Agence Fides

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Malaisie – Inquiétudes après l’enlèvement en plein jour d’un pasteur protestant

Le 13 février dernier, un pasteur protestant a été enlevé en plein jour et en pleine rue dans la ville de Petaling Jaya. L’enlèvement n’a pas été revendiqué, et aucune demande de rançon n’a été communiquée à la famille ni aux autorités. Dix jours après le kidnapping, l’inquiétude grandit au sein de la communauté chrétienne de Malaisie, une communauté qui représente 10 % de ce pays à majorité musulmane.

L’enlèvement a eu lieu à Kelana Jaya, un quartier de Petaling Jaya, vaste zone urbaine située au Selangor, l’Etat qui entoure les districts fédéraux de Kuala Lumpur et de Putrajaya. Il s’est produit peu après 10h30 du matin. Selon les enregistrements des caméras de surveillance, saisis par la police, trois gros véhicules noirs de type SUV ont encadré la voiture du pasteur, le Rév. Raymond Koh Keng Joo, pour la forcer à s’arrêter. En pleine rue, on aperçoit sur les images un homme qui détourne le trafic tandis que quatre autres hommes, le visage caché par des cagoules noires, agissent. Les caméras n’ont pas saisis la totalité de la scène (des allées et venues des hommes masqués, on ne voit que leurs pieds), mais le cortège repart rapidement après, la voiture du pasteur étant encadrée par deux SUV à l’avant et un troisième à l’arrière.

Des ravisseurs « professionnels »

L’épouse du pasteur, Mme Susanna Liew Sow Yoke, a rapidement contacté la police pour signaler « la disparition inquiétante » de son époux. Après un début d’enquête rapide, les policiers ont estimé qu’il s’agissait d’un enlèvement et ont ouvert une enquête à ce titre, selon l’article 365 du Code pénal. Un porte-parole de la police a déclaré le 15 février : « A ce stade, nous ne connaissons pas le motif de cet enlèvement et la famille de la victime n’a reçu aucune demande de rançon de la part des kidnappeurs. »

Pour l’épouse du pasteur, « l’enlèvement a été exécuté de manière professionnelle ; selon les images des caméras de surveillance, il a été mené en moins d’une minute ». Très inquiète, la famille du pasteur a promis, le 19 février, une récompense de 10 000 ringgits (2 100 euros), somme portée dès le lendemain à 100 000 ringgits grâce à l’aide de « bienfaiteurs », à toute personne qui serait en mesure de fournir des informations sur le rapt.

Pour la famille comme pour ses proches, il est impensable que l’enlèvement obéisse à un motif crapuleux. Agé de 62 ans, le Rév. Raymond Koh était apprécié de tout son entourage, ont expliqué les membres de la famille. Engagé dans de nombreuses actions caritatives menées par son Eglise, il avait fondé il y a dix ans un groupe baptisé Harapan Komuniti (‘Communauté Espoir’) qui dispensait notamment des cours gratuits d’anglais aux adultes et des classes de soutien scolaire aux enfants. Son action s’adressait à tous, quelle que soit leur appartenance ethnique et religieuse

« Profonde inquiétude » des Eglises chrétiennes

Dix jours après l’enlèvement, la famille s’inquiète de l’absence de nouvelles. Dès le 16 février, elle a dû démentir des informations qui circulaient sur les réseaux sociaux. Un message sur Facebook et WhatsApp annonçait ainsi la remise en liberté du pasteur. « Nous sommes attristés et inquiets du fait que de fausses nouvelles circulent au sujet du retour du Rév. Raymond auprès de sa famille. Il n’y a rien de vrai là-dedans », a déclaré un représentant de la famille le 16 février.

Le 19 février, la Fédération chrétienne de Malaisie (Christian Federation of Malaysia – CFM), instance qui réunit la quasi-totalité des dénominations chrétiennes du pays (dont l’Eglise catholique), a publié un communiqué pour dire « sa profonde inquiétude » au sujet de l’enlèvement et de la disparition de Raymond Koh, et demander aux autorités « une enquête rapide et approfondie sur cet incident » afin que le pasteur retrouve sans délai ses proches et que ces ravisseurs soient traduits en justice. Le communiqué du CFM est intitulé : «  Les hommes de religion ne doivent pas faire l’objet de menaces de violence ou d’intimidation. »

Un motif religieux destiné à « punir » un pasteur trop entreprenant ?

Dans un pays où les équilibres entre communautés religieuses sont très sensibles, les médias classiques comme les réseaux sociaux se sont saisi de cette nouvelle, en posant tous, de manière plus ou moins explicite, la question de savoir si cet enlèvement devait être considéré sous un angle religieux. Un grand nombre de médias ont ainsi rapporté que le Rév. Raymond Koh avait été impliqué en 2011 dans une controverse : le JAIS de Selangor, le Bureau des Affaires islamiques de Selangor, l’avait accusé de faire œuvre de prosélytisme en direction des musulmans sous couvert d’action caritative et avait diligenté un raid contre une soirée de levée de fonds organisée par lui à l’Eglise méthodiste Damansara Utama (DUMC). Ainsi que le relève un commentateur sur Malaysiakini, l’un des principaux médias indépendants en ligne du pays, la plupart des médias, lorsqu’ils mentionnent cette action diligentée par le JAIS de Selangor, omettent de préciser que ce raid fut mené sans mandat de justice et qu’aucun élément ne put être retenu contre le pasteur protestant. « Maintenant que les médias ont établi un lien entre le JAIS et la disparition de Koh, que cela soit justifié ou non, les autorités islamiques du Selangor doivent faire la lumière sur ces accusations. Les autorités religieuses fédérales doivent faire de même. En toile de fond, on trouve cette question de savoir si les projets de loi portés par l’UMNO et le PAS à propos de la charia et des hudud concerneront, oui ou non, les non-musulmans », analyse ainsi un certain Bob Teoh sur Malaysiakini.

Sur un autre site d’information en ligne, Free Malaysia Today, un autre commentateur, Tony Yao, s’inquiète : la disparition du Rév. Raymond Koh, « un citoyen qui se conforme aux lois et qui n’a rien fait de plus que de venir en aide aux personnes défavorisées, quelle que soit leur appartenance de race, de religion ou de nationalité », « a de graves implications pour tous les Malaisiens : aucun de nous n’est en sûreté, même dans une rue très fréquentée ». « Nous entendons parler d’enlèvements de ce type dans des pays arriérés, où l’Etat de droit est faible, mais le fait que cela a pu se produire au cœur d’un important centre urbain de Malaisie est tout simplement impensable. (…) nous n’avons pas encore entendu un seul de nos dirigeants au pouvoir dénoncer cet enlèvement et assurer tous les Malaisiens que tout est fait pour retrouver le Rév. Raymond et traduire ses ravisseurs en justice », écrit ce commentateur.

Source : Eglises d’Asie

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Malaisie – Dans une nation au bord d’une crise grave, les Eglises chrétiennes s’engagent en faveur des libertés et de la démocratie

Si le ton du message est mesuré, le titre du document diffusé le 11 novembre dernier par la Fédération chrétienne de Malaisie ne laisse aucune place au doute : « Prier pour une nation en crise ». A quelques jours de la manifestation de masse à laquelle appelle le mouvement citoyen Bersih pour ce samedi 19 novembre, les responsables des Eglises chrétiennes du pays ont pris parti : la liberté de manifester doit être respectée et les appels à la haine, issus de personnalités ou d’organismes affiliés à la majorité actuellement au pouvoir, ne peuvent être tolérés.

Dans un pays où l’islam a le statut de « religion officielle » et où les équilibres entre les religions et les communautés ethniques font l’objet de toutes les attentions du pouvoir en place, les chrétiens forment une minorité d’environ 9 % des près de 30 millions d’habitants de la Fédération de Malaisie. La Fédération chrétienne de Malaisie (CFM – Christian Federation of Malaysia) réunit la quasi-totalité des dénominations chrétiennes du pays (dont l’Eglise catholique) et prend régulièrement position dans le débat public pour défendre les droits et les intérêts des chrétiens. Avec le communiqué du 11 novembre, c’est toutefois la première fois qu’elle prend la parole sur un terrain directement politique.

Escalade de la tension

Signé par le président de la CFM, le Rév. Eu Hong Seng, le communiqué des responsables des Eglises chrétiennes dénoncent « les menaces » et « les violences » qui vont crescendo depuis des semaines ; ils affirment ensuite que « les manifestations pacifiques doivent être respectées » et stigmatisent « l’inaction des autorités, mandatées pour maintenir la paix dans notre nation, » face à ceux qui se livrent à des violences. Ils appellent le gouvernement et ses agents à « protéger tous les citoyens » et à prendre des mesures pour contenir « une situation potentiellement incendiaire ». Ils mettent en exergue le fait que « des personnes, des organisations de la société civile et des médias » ont reçu des menaces de mort, au point que des instances non partisanes telles que la Commission internationale des juristes a fait appel aux responsables chrétiens de Malaisie pour enquêter sur « ces actes illégaux d’intimidation »Le communiqué de la CFM conclut en appelant à « des enquêtes impartiales » au sujet du financement de la vie politique.

Le communiqué de la CFM intervient dans un contexte bien particulier. Depuis des mois, les tensions ethnico-politiques montent au sein de la société malaisienne, à mesure notamment que l’insatisfaction croît à l’encontre du Premier ministre Najib Razak, malais et président de l’UMNO (United Malays National Organization), principal parti d’une coalition au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1957. Soupçonné de détournement de fonds dans l’affaire dite du 1MDB (« 1 Malaysia Development Barhad »), le fonds d’investissement stratégique de l’Etat, Najib Razak aurait touché, sur ses comptes privés, la somme colossale de 700 millions de dollars en provenance de ce fonds.

Manifester pour une « Malaisie nouvelle »

Depuis 2006, une organisation citoyenne a pris de plus en plus d’ampleur, au gré notamment des rassemblements pacifiques de masse organisés à Kuala Lumpur et d’autres grandes villes du pays. Baptisé Bersih 2.0 (bersih signifie « propre » en malais), le mouvement appelle à une manifestation géante pour ce samedi 19 novembre sur la Place de l’indépendance à Kuala Lumpur. Ce sera la cinquième manifestation du genre de ces dernières années, et les Malaisiens sont appelés à descendre dans la rue pour ce « Bersih 5 », revêtus de T-shirt jaune, afin de manifester « pacifiquement contre la corruption en grand du 1MDB, pour des réformes institutionnelles et une Malaisie nouvelle ».

Face à Bersih, le pouvoir en place a recours à ses techniques habituelles pour faire taire les voix dissonantes et tenter d’enrayer la montée de l’opposition : des enquêtes judiciaires au nom « d’activités organisées contre la démocratie » ont été diligentées et diverses personnalités politiques, dont des membres du Parlement, ont cherché à diviser les communautés sur des lignes liées à l’appartenance de « race » ou de religion. Signe cependant de l’inquiétude du pouvoir, les attaques ont été particulièrement vives : des menaces de mort, dénoncées par dans le communiqué de la CFM, ont été proférées à l’encontre de partisans de Bersih et la presse a senti encore plus qu’à l’accoutumée le poids du pouvoir. Face aux « jaunes » de Bersih, le parti au pouvoir, l’UMNO, a suscité l’essor des « Chemises rouges » et ces derniers ont promis de semer le chaos en venant manifester eux aussi le 19 novembre sur la Place de l’indépendance. Le leader des Chemises rouges, Jamal Yunos, agite le spectre des émeutes raciales de 1969 qui avaient opposé Malais et Chinois et fait des centaines de morts. Le Premier ministre lui-même, Najib Razak, a laissé entendre que s’il ne voulait pas « de clash physique »« ceux qui veulent protéger le gouvernement pourraient se sentir obligés de sortir [dans la rue]  ».

Face à cette escalade de la tension, les responsables de Bersih ne reculent pas. Ils insistent sur le caractère pacifique de la manifestation de samedi prochain, à l’image des quatre autres qui l’ont précédée. Ils mettent en avant leur service d’ordre interne, fort de 1 400 personnes, qui « remettra immédiatement à la police tout éventuel agent provocateur ».

Au sein de l’Eglise catholique, la mobilisation est notable en faveur de Bersih. L’évêque de Melaka-Johor, l’un des neuf diocèses de l’Eglise catholique de Malaisie, Mgr Bernard Paul, a clairement affiché sur sa page Facebook que « prendre part à Bersih est un droit des citoyens ». Il a invité « tous les Malaisiens » à se joindre à la manifestation du 19 novembre et à placer, à compter du 14 novembre, une lampe « jaune » sur le pas de leur porte. Mgr Bernard Paul a fait savoir qu’il ne serait pas à Rome ce 19 novembre pour le consistoire organisé pour les dix-sept nouveaux cardinaux annoncés par le pape François le 9 octobre dernier, quand bien même un évêque malaisien se trouve parmi eux ; Mgr Paul a en effet annoncé qu’il se trouverait parmi les manifestants à Kuala Lumpur.

Source : Eglises d’Asie

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Un cardinal âgé de 84 ans pour la Malaisie

« Les catholiques malaisiens sont très heureux de la nomination du premier cardinal de l’histoire de la Malaisie. Ils voient dans cette nomination le fait que notre pays est enfin sur la carte de l’Eglise universelle et que notre Eglise locale a atteint un certain degré de maturité », a déclaré le P. Lawrence Andrew, jésuite et directeur de l’hebdomadaire catholique The Herald, en commentant l’élévation au rang de cardinal de Mgr Anthony Soter Fernandez, archevêque émérite de Kuala Lumpur.

Mgr Fernandez fait en effet partie des dix-sept nouveaux cardinaux dont la création a été annoncée par le pape, le 9 octobre dernier, parmi lesquels trois cardinaux asiatiques, dont deux en pays majoritairement musulman : lui-même et Mgr Patrick D’Rozario, au Bangladesh, le troisième cardinal étant Mgr John Ribat, archevêque de Port Moresby, en Papouasie Nouvelle-Guinée.

Agé de 84 ans, Mgr Fernandez a été ordonné prêtre pour le diocèse de Penang en 1966. De 1978 à 1983, il a été évêque de Penang, avant de devenir archevêque de Kuala Lumpur jusqu’en 2003, année où il a démissionné pour raisons de santé. Conseiller spirituel au grand séminaire de Penang – un lieu historique où se trouvait le « Collège général », séminaire qui a formé des générations de prêtres pour toute l’Asie –, il est ensuite retourné dans l’archidiocèse de Kuala Lumpur pour servir comme aumônier à la maison de retraite Saint-François-Xavier, à Cheras.

Un cardinal humble, proche de son peuple et doté d’une grande force spirituelle

« Cet homme a une vision très claire des besoins de l’Eglise en Malaisie. Il a beaucoup œuvré pour le dialogue interreligieux et s’est battu pour davantage de justice. En tant qu’archevêque, il a développé les communautés ecclésiales de base et a fait grandir sa communauté en lui faisant prendre conscience de l’importance de faire corps en Eglise », analyse le missionnaire jésuite.

« Il s’est également battu contre l’injustice en s’opposant à l’Internal Security Act (ISA), une législation d’exception, votée dans les années 1960, qu’il tenait pour immorale », car elle permet aux forces de l’ordre d’élargir leurs pouvoirs en matière d’arrestation et d’incarcération des personnes sans procédures judiciaires, tout en bénéficiant d’une protection extrajudiciaire. « L’Eglise a toujours eu le devoir d’analyser et d’interpréter les signes des temps à la lumière de l’Evangile », avait affirmé à l’époque Mgr Fernandez.

« C’est un évêque qui a pris soin de son troupeau et qui a avancé avec l’ensemble du peuple malaisien, indépendamment des différentes appartenances religieuses de celui-ci. Il a renforcé le dialogue interreligieux, il est proche des plus pauvres, c’est un homme d’une grande force spirituelle », ajoute le jésuite. « Il a le style du pape François, son humilité – il se déplace en bus, marche dans les villages pour rencontrer les gens, mange avec eux, il les considère comme sa propre famille », précise le P. Patrick Ryan, qui l’a connu comme recteur du séminaire de Penang, lorsqu’il était lui-même séminariste.

Pourquoi un cardinal non électeur pour la Malaisie ?

Pourquoi un tel choix pour la Malaisie, alors que Mgr Fernandez, âgé de plus de 80 ans, ne comptera pas au nombre des cardinaux électeurs lors d’un éventuel prochain conclave ? D’après le cardinal indien Telesphore Toppo, archevêque de Ranchi, cette pourpre cardinalice accordée à un prélat malaisien « a été donnée à titre honorifique, pour remercier Mgr Fernandez de tout le travail qu’il a accompli ces dix dernières années, notamment en vue de l’établissement de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Malaisie ». En janvier 2013, le Vatican a ainsi pu envoyer son premier nonce apostolique en Malaisie, Mgr Joseph Marino, la Malaisie accréditant son premier ambassadeur auprès le Saint-Siège, cette année, en 2016. L’archidiocèse de Kuala Lumpur est actuellement dirigé par Mgr Julian Leow Beng Kim, âgé de 52 ans et ordonné évêque en octobre 2014.

« La création de deux nouveaux cardinaux pour le Bangladesh et la Malaisie montre que le pape pose des choix délibérés vers les périphéries. Cela démontre aussi l’amour et l’attention qu’il porte à l’Asie, et ces nominations aideront et viendront renforcer la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie (FABC) », a déclaré à l’agence Ucanews, Mgr Oswald Gracias, archevêque de Bombay et actuel président de la FABC.

Pour Mgr Telesphore Toppo, « le Vatican regarde vers l’Asie du fait de la croissance de l’Eglise catholique dans cette vaste région du monde, qui rassemble 12 % des 1,2 milliard de catholiques. Les deux-tiers de la population de la planète vivent en Asie, l’Eglise ne peut ignorer ce continent ». L’évêque indien souligne aussi que « la mission est la première des priorités de l’Eglise » et qu’en Asie, elle connaît actuellement « des temps difficiles », du fait de la montée des fondamentalismes religieux, la Malaisie ne faisant pas exception à cette tendance.

Avec ces nouvelles nominations, la FABC compte désormais 22 cardinaux, dont 15 cardinaux âgés de moins de 80 ans qui se trouvent donc en position d’électeurs en cas de conclave à Rome, pour la succession du pape François. Sur ces 15 cardinaux, sept cardinaux proviennent d’Inde ou des Philippines.

La Malaisie, pays musulman à près de 60 %, compte 28 millions d’habitants. Les chrétiens représentent la troisième religion du pays, derrière le bouddhisme, et rassemblent 2,6 millions de fidèles (dont un peu plus d’un million de catholiques, soit 3,7 % de la population malaisienne).

L’Eglise catholique en Malaisie compte trois archidiocèses – Kuala Lumpur, Kuching et Kota Kinabalu – et six diocèses – Melaka-Johor, Penang, Sibu, Miri, Keningau et Sandakan.

Source : Eglises d’Asiehttp://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/malaisie/2016-10-13-un-cardinal-age-de-84-ans-pour-la-malaisie