NLH #Tribunes et entretiens

Personne n’a pu contester le fond des propos de Mgr Vigano…

Jean-Marie Guénois, rédacteur en chef du Figaro, responsable des affaires religieuses, est interrogé dans La Nef à propos des scandales d’abus sexuels dans l’Eglise. Extrait :

Comment analysez-vous le fait que le pape n’ait pas répondu ou fait répondre aux graves accusations de Mgr Vigano comme le souhaitaient nombre d’évêques américains ?

L’épiscopat américain, comme l’épiscopat africain, figurent parmi les épiscopats les moins en phase avec l’actuel pontificat. Cela dit, l’Église reste l’Église. La foi catholique n’est pas ici en jeu. Il s’agit d’opinions sur des orientations pastorales qui peuvent avoir de lourdes conséquences.

L’affaire Vigano est d’un tout autre ordre. Si Mgr Vigano a ruiné sa crédibilité en demandant la démission du pape, ce n’est pas pour autant un hurluberlu. Vigano est celui qui, sous Benoît XVI, avait déjà osé dénoncer les compromissions financières au sein du Vatican. Il était en charge du gouvernorat de la cité du Vatican, il savait tout. Sa dénonciation adressée à Benoît XVI s’était retrouvée dans la presse en raison des fuites de documents de l’affaire Vatileaks. Ce n’est pas Vigano qui les avait provoquées. C’est donc un homme à la réputation de rigidité et de droiture. Par devoir de « conscience », il vient de sacrifier sa carrière et sa réputation pour dénoncer la prégnance de l’homosexualité dans certains milieux ecclésiaux et les réseaux de pouvoirs de ce genre dans l’Église. Il a été attaqué comme personne, mais personne n’a pu contester le fond de ses propos.

Le pape, par ailleurs, ne pouvait répondre à quelqu’un qui demandait publiquement sa démission. Enfin sur la question « homosexuelle » tout le monde sait que ce n’est pas un sujet hors de propos. Au printemps 2017, Mgr Luigi Capozzi, secrétaire du cardinal Coccopalmerio, président du Conseil pour les textes législatifs, fut arrêté par la gendarmerie Vatican dans son appartement au deuxième étage du palais de la Doctrine de la foi lors d’une partie fine homosexuelle avec de la drogue… Autre fait retentissant, la démission de Mgr Krzysztof Charamsa, en octobre 2015, veille du synode sur la famille, pour proclamer son homosexualité. Il était secrétaire adjoint de la Commission théologique internationale, basée au Vatican. L’affaire de Mgr Ricca, l’un des hommes de confiance du pape François à qui il a confié de superviser indirectement les finances du Saint-Siège est également indéniable. C’est en répondant à une question à son propos, car un scandale homosexuel le concernant était connu, dans l’avion du retour des premières JMJ de François au Brésil, que le pape a prononcé la fameuse phrase « qui suis-je pour juger ? » Il faudrait ajouter en 2018, l’affaire Barros au Chili, l’affaire du cardinal McCarrick aux États-Unis, l’affaire de Mgr Pineda au Honduras qui fut auxiliaire du cardinal Maradiaga, conseiller de François. Et celle qui vient de rebondir avec l’argentin Mgr Zanchetta qui touche très directement le pape qui l’a promu à Rome. Toutes sont des questions d’homosexualité. Il ne s’agit pas de « juger » quiconque comme dit le pape mais les accusations de Vigano ne sont pas des lubies.

À l’occasion de l’affaire Vigano, certains ont évoqué un « complot » du catholicisme conservateur américain pour déstabiliser le pape François : qu’en pensez-vous ?

Il n’est pas faux que des groupes conservateurs américains catholiques s’emploient dans une vision très « Far West » à déstabiliser le pape. Il n’est pas faux que Mgr Vigano y a des amis et des appuis. Il n’est pas faux qu’il a fait relire sa lettre par Marco Tossati – un des grands vaticanistes de la Stampa à l’époque de Jean-Paul II – aujourd’hui publiquement anti-François. Ce qui a nourri – après une première salve d’accusations diffamantes sur la personne de Vigano – la seconde ligne de défense pour contre-attaquer les révélations de sa lettre : on l’a alors accusé d’être aux mains de lobbies ennemis du pape François. Mais c’est oublier que Vigano n’est pas un prêtre du fond des Pouilles. Il a occupé la plus haute charge de gestion interne du Vatican, il a occupé le plus haut poste diplomatique, celui de Washington. Son objection de conscience vient donc de loin : il l’avait exprimée, sous Benoît XVI, contre les malversations financières dans la gestion des finances du Vatican profitant à des entreprises amies avec des « commissions », en liquide ; il l’a exprimé, sous François, contre le cardinal McCarrick, ancien archevêque de Washington qui a reconnu avoir couché avec ses… séminaristes, symbole donc des réseaux homosexuels dans l’Église. On dit Vigano rigide et ambitieux. On devrait aussi reconnaître son courage et sa conscience. Même si ce prélat a manqué de prudence en demandant au pape sa démission. […]

Brèves #NLH

Mgr Vigano répond aux accusations du cardinal Ouellet dans un troisième témoignage

Ce témoignage est traduit par Jeanne Smits
Ce vendredi 19 octobre, Mgr Carlo Maria Viganò a rendu public son troisième témoignage, qui prend la forme d’une réponse au cardinal Ouellet. Il maintient ses accusations relatives à l’affaire McCarrick et accuse clairement le « fléau » qui selon lui est à la racine des scandales qui secouent l’Eglise. Je vous en propose ici la traduction complète, par mes soins, d’après le texte anglais publié par LifeSiteNews. – J.S.

Troisième témoignage de Carlo Maria Viganò :
une réponse  aux accusations du cardinal Ouellet
 
En la fête des martyrs nord-américains
 
Le fait de porter témoignage de la corruption au sein de la hiérarchie de l’Eglise catholique a été pour moi une décision douloureuse, et elle le demeure. Mais je suis un homme âgé, un homme qui sait devoir bientôt rendre compte devant le Juge de ses actions et omissions, un homme qui craint Celui qui peut jeter corps et âme en enfer. Un juge qui, même dans son infinie miséricorde, accordera à chacun salut ou damnation selon ses mérites. Anticipant la question terrible de ce Juge – “Comment as-tu, toi qui avais connaissance de la vérité, pu garder le silence au milieu du mensonge et de la dépravation ?” – quelle réponse pouvais-je donner ?

J’ai témoigné avec la pleine conscience de l’inquiétude et du désarroi que mon témoignage allait provoquer chez beaucoup de personnes éminentes : des hommes d’Eglise, des frères évêques, des collègues avec qui j’avais travaillé et prié. Je savais que beaucoup d’entre eux se sentiraient blessés et trahis. Je m’attendais à ce que certains m’assaillent à leur tour, moi et mes motivations. Plus douloureux que tout, je savais qu’un grand nombre de fidèles innocents seraient troublés et déconcertés par le spectacle d’un évêque accusant des collègues et des supérieurs de méfaits, de péchés sexuels et d’une grave négligence à l’égard de leur devoir. Mais je crois que la persistance de mon silence eût mis beaucoup d’âmes en péril, et damnerait certainement la mienne. Ayant rapporté à de nombreuses reprises à mes supérieurs et même au pape le comportement aberrant de Theodore McCarrick, j’aurais pu dénoncer publiquement plus tôt les vérités dont j’avais connaissance. Si j’ai quelque responsabilité par rapport à ce retard, je m’en repens. Ce retard a été dû à la gravité de la décision que j’allais prendre, et au long travail de ma conscience.

On m’a accusé de susciter la confusion et la division au sein de l’Eglise par ce témoignage. A ceux qui pensent que cette confusion et cette division étaient insignifiantes avant août 2018, une telle assertion peut paraître plausible. Les observateurs plus impartiaux, en revanche, auront eu conscience qu’on a confusion et division à l’excès, et de longue date, comme il était inévitable dès lors que le successeur de Pierre néglige d’exercer sa mission principale, qui est d’affermir ses frères dans la foi et dans la saine doctrine morale. S’il exacerbe alors la crise par le biais de déclarations contradictoires ou déconcertantes à propos de ces doctrines, la confusion s’aggrave.

C’est pourquoi j’ai parlé. Car c’est la conspiration du silence qui a causé et qui continue de causer de grands dommages au sein de l’Eglise – des dommages  frappant tant d’âmes innocentes, de vocations sacerdotales, et les fidèles en général. En ce qui concerne ma décision, que j’ai prise en conscience devant Dieu, j’accepte volontiers toute correction fraternelle, tout conseil, toute recommandation et invitation à progresser dans ma vie de foi et d’amour pour le Christ, l’Eglise et le pape.

Laissez-moi redire les éléments-clefs de mon témoignage.
  • En novembre 2000, le nonce aux Etats-Unis, Mgr Montalvo, informait le Saint-Siège du comportement homosexuel du cardinal McCarrick avec des séminaristes et des prêtres.
  • En décembre 2006 le nouveau nonce aux Etats-Unis, Mgr Pietro Sambi, informait le Saint-Siège du comportement homosexuel du cardinal McCarrick avec encore un autre prêtre.
  • En décembre 2006, j’ai moi-même écrit un mémorandum au secrétaire d’Etat, le cardinal Bertone, et je l’ai personnellement remis au substitut pour les affaires générales, Mgr Leonardo Sandri, appelant le pape à mettre en place des mesures disciplinaires extraordinaires à l’encontre de McCarrick afin d’éviter de futurs crimes et scandales. Ce mémorandum n’a pas reçu de réponse.
  • En avril 2008, une lettre ouverte au pape Benoît XVI signée de Richard Sipe a été  relayée par le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Levada, au secrétaire d’Etat, le cardinal Bertone, faisant état d’accusations supplémentaires affirmant que McCarrick couchait avec des séminaristes et des prêtres. Je la reçus un mois plus tard, et en mai 2008 j’ai moi-même remis un deuxième mémorandum à celui qui était alors substitut pour les affaires générales, Mgr Fernando Filoni,  rendant compte des accusations visant McCarrick et demandant que des sanctions soient prises à son encontre. Ce deuxième mémorandum ne devait pas non plus recevoir de réponse.
  • En 2009 ou 2010, j’ai appris du cardinal Re, préfet de la Congrégation des évêques, que le pape Benoît XVI avait ordonné à McCarrick de cesser tout ministère public et d’entamer une vie de prière et de pénitence. Le nonce Sambi a communiqué les ordres du pape à McCarrick avec une voix d’une force telle qu’on l’entendait dans tout le couloir de la nonciature.
  • En novembre 2011, le cardinal Ouellet, nouveau préfet des évêques, m’a répété, à moi le nouveau nonce aux Etats-Unis, les restrictions imposées par le pape à McCarrick, et je les ai moi-même communiquées à McCarrick, face-à-face.
  • Le 21 juin 2013, vers la fin d’une assemblée officielle de nonces au Vatican, le pape François m’a dit des mots énigmatiques, critiquant l’épiscopat américain.
  • Le 23 juin 2013, j’ai rencontré le pape François face-à-face dans son appartement pour lui demander des explications, et le pape m’a demandé : « Il cardinale McCarrick, com’è ? » (Le cardinal McCarrick, comment est-il ?), chose que je ne peux interpréter que comme une curiosité feinte visant à découvrir si j’étais ou non un allié de McCarrick. Je lui ai dit que McCarrick avait sexuellement corrompu des générations de prêtres et de séminaristes, et qu’il avait reçu ordre de Benoît XVI de se retirer et de mener une vie de prière et de pénitence.
  • Au lieu de cela, McCarrick a continué de jouir  de l’attention particulière du Pape François ; il se vit confier par lui de nouvelles responsabilités et missions.
  • McCarrick faisait partie d’un réseau d’évêques qui fait la promotion de l’homosexualité ; mettant à profit la faveur dont ils jouissaient auprès du pape François, ils manipulaient les nominations épiscopales de manière à se protéger face à la justice et à renforcer le réseau homosexuel dans la hiérarchie de l’Eglise et  dans l’ensemble de celle-ci. Le pape François a soit été complice de cette corruption, ou bien, sachant ce qu’il sait, gravement négligent en omettant de s’y opposer et de l’extirper.
J’ai invoqué Dieu en tant que témoin de la véracité de mes dires, et on n’a pu prouver la fausseté d’aucun d’entre eux. Le cardinal Ouellet m’a écrit pour me réprimander en raison de ma témérité parce que j’ai rompu le silence et lancé des accusations aussi graves à l’encontre de mes frères et de mes supérieurs, mais en vérité, sa remontrance m’affermit dans ma décision et, plus encore, sert à justifier mes accusations, prises séparément comme dans leur ensemble.
  • Le cardinal Ouellet reconnaît qu’il a parlé avec moi de la situation de McCarrick avant mon départ pour Washington où je prenais mon poste de nonce.
  • Le cardinal Ouellet reconnaît qu’il m’a communiqué par écrit les conditions et restrictions imposées à McCarrick par Benoît XVI.
  • Le cardinal Ouellet reconnaît que ces restrictions interdisaient à McCarrick de voyager ou d’apparaître en public.
  • Le cardinal Ouellet reconnaît que la congrégation des évêques a par écrit, d’abord par le truchement du nonce Sambi et une nouvelle fois par le mien, exigé de McCarrick qu’il s’adonne à une vie de prière et de pénitence.
Que conteste le cardinal Ouellet ?
  • Le cardinal Ouellet conteste la possibilité que le pape François ait pu intégrer une information importante concernant McCarrick en un jour où il avait rencontré des dizaines de nonces, n’accordant à chacun que quelques moments de conversation. Mais tel n’était pas mon témoignage. Mon témoignage est que lors d’une deuxième réunion, privée, j’ai informé le pape, répondant à sa propre question sur Théodore McCarrick, alors cardinal-archevêque émérite de Washington, personnalité éminente de l’Eglise aux Etats-Unis, et affirmant au pape que McCarrick avait sexuellement corrompu ses propres séminaristes et prêtres. Aucun pape ne saurait oublier cela.
  • Le cardinal Ouellet conteste l’existence dans ses archives de lettres signées par le pape Benoît XVI ou par le pape François concernant des sanctions imposées à McCarrick. Mais tel n’était pas mon témoignage. Mon témoignage est qu’il possède dans ses archives des documents-clefs – quelle que soit leur provenance – qui incriminent McCarrick et qui apportent une trace écrite des mesures prises à son encontre, et d’autres preuves de l’occultation de sa situation. Et je le reconfirme.
  • Le cardinal Ouellet conteste l’existence parmi les dossiers de son prédécesseur, le cardinal Re, de «  mémos d’audience » imposant à McCarrick les dites restrictions. Mais tel n’était pas mon témoignage. Mon témoignage est qu’il existe d’autres documents : par exemple, une note du cardinal Re, non ex-Audientia SS.mi, signée soit par le secrétaire d’Etat ou par son substitut.
  • Le cardinal Ouellet rétorque qu’il est faux de présenter les mesures prises à l’encontre de McCarrick comme des « sanctions » décrétées par Benoît XVI et annulées par le pape François. C’est vrai. Il ne s’agissait pas techniquement de « sanctions », mais de dispositions, « des conditions et des restrictions ». Ergoter sur le fait de savoir s’il s’agissait de sanctions ou de dispositions ou d’autre chose est du pur légalisme. D’un point de vue pastoral il s’agit exactement de la même chose.
En résumé, le cardinal Ouellet reconnaît les affirmations importantes que j’ai  exprimées que j’exprime encore, et conteste des affirmations que je n’exprime pas et que je n’ai jamais exprimées.

Sur un point, je dois absolument réfuter ce que le cardinal Ouellet a écrit. Le cardinal déclare que le Saint-Siège n’avait connaissance que de « rumeurs », qui était insuffisantes pour justifier des mesures disciplinaires à l’encontre de McCarrick. J’affirme au contraire que le Saint-Siège était conscient d’une série de faits concrets, et qu’il possède des preuves documentaires, et que les personnes responsables ont  néanmoins choisi de ne pas intervenir ou qu’elles ont été empêchées de le faire. La compensation financière accordée par l’archidiocèse de Newark et le diocèse de Metuchen aux victimes des abus sexuels de McCarrick, les lettres du P. Ramsey, des nonces Montalvo en 2000 et Sambi en 2006, du Dr Sipe en 2008, mes deux notes aux supérieurs du secrétariat d’Etat, décrivant en détail des allégations concrètes à l’encontre de McCarrick, ne sont-ce donc que des rumeurs ? Ce sont des correspondances officielles, et non des ragots de sacristie. Les crimes évoqués étaient très graves, y compris celui de tenter de donner l’absolution sacramentelle à ses complices d’actes pervers, avec célébration sacrilège de la messe par la suite. Ces documents précisent l’identité des auteurs et de leur protecteur, et la séquence chronologique des faits. Ils sont conservés dans les archives adéquates ; il n’est nul besoin d’enquête extraordinaire pour les recouvrer.

Parmi les remontrances publiques qui m’ont visé j’ai remarqué deux omissions, deux silences dramatiques. Le premier silence concerne le sort des victimes. Le second est relatif à la raison sous-jacente pour laquelle il y a tant de victimes, à savoir, l’influence corruptrice de l’homosexualité  au sein du sacerdoce et de la hiérarchie. Pour ce qui est du premier, il est consternant que parmi tous les scandales et toute l’indignation, on accorde si peu d’attention à ceux qui ont été abîmés par les prédations sexuelles de personnes ayant reçu la charge d’être ministres de l’Evangile. Il ne s’agit pas ici d’une affaire de règlement de comptes ou de bouderies à propos des vicissitudes des carrières ecclésiastiques. Il ne s’agit pas de politique. Il ne s’agit pas de savoir comment les historiens de l’Eglise pourront évaluer tel pontificat ou tel autre. Il s’agit des âmes. De nombreuses âmes ont été et sont encore aujourd’hui en péril de perdre leur salut éternel.

Pour ce qui est du second silence, cette crise très grave ne peut pas être abordée ni résolue de manière correcte si nous n’appelons pas les choses par leur nom. Il s’agit d’une crise due au fléau de l’homosexualité, en ses agents, en ses motifs, en sa résistance à la réforme. Il n’y a pas d’exagération à dire que l’homosexualité est devenue une plaie au sein du clergé, et il ne sera éradiqué qu’au moyen d’armes spirituelles. C’est une énorme hypocrisie que de condamner les abus, de prétendre verser des larmes sur les victimes, et de refuser cependant de dénoncer la cause qui est à la racine de tant d’abus sexuels : l’homosexualité. C’est une hypocrisie que de refuser de reconnaître que ce fléau est dû à une grave crise dans la vie spirituelle du clergé, et d’ommettre de prendre les mesures nécessaires pour y remédier.

Il existe incontestablement des clercs coureurs de jupons, et incontestablement, ils font du tort eux aussi à leurs propres âmes, aux âmes de celles qu’ils corrompent, et à l’Eglise en général. Mais ces violations du célibat sacerdotal sont en général confinées aux individus directement concernés. Les clercs coureurs de jupons ne recrutent en général pas d’autres coureurs, ils ne travaillent pas à leur promotion, ni n’occultent leurs méfaits – tandis que que les preuves de la collusion homosexuelle, avec ses racines profondes si difficiles à extirper, sont accablantes.

Il est bien établi que les prédateurs homosexuels exploitent le privilège clérical à leur propre avantage. Mais affirmer que la crise elle-même est constituée par le cléricalisme est pur sophisme. Cela revient à prétendre qu’un moyen, un instrument, est en réalité le principal motif.

La dénonciation de la corruption homosexuelle et de la lâcheté morale qui lui permet de prospérer ne recueille pas de nos jours les congratulations, pas même dans les plus hautes sphères de l’Eglise. Je ne suis pas étonné de ce que, ayant attiré l’attention sur ces fléaux, je sois accusé de déloyauté à l’égard du Saint-Père, et de fomenter une rébellion ouverte et scandaleuse. Mais la rébellion supposerait d’exhorter d’autres à renverser la papauté. Je n’exhorte à rien de tel. Je prie chaque jour pour le pape François –  plus que je ne l’ai jamais fait pour les autres papes. Je demande, je supplie même de la manière la plus ardente, le Saint-Père d’être à la hauteur des engagements qu’il a lui-même pris lorsqu’il a assumé son office de successeur de Pierre. Il a pris sur lui la mission de confirmer ses frères et de conduire toutes les âmes à la suite du Christ, dans le combat spirituel, sur le chemin de la Croix. Qu’il reconnaisse ses erreurs, qu’il se repente, qu’il montre sa disposition à remplir le mandat confié à Pierre et que, une fois converti, il affermisse ses frères (Luc 22:32).

En conclusion, je veux répéter mon appel à mes frères évêques et aux prêtres qui savent que mes déclarations sont vraies et qui peuvent en témoigner, ou qui ont accès aux documents qui peuvent lever tout doute sur cette affaire. Vous êtes, vous aussi, face à un choix. Vous pouvez choisir de vous retirer de la bataille, de soutenir la conspiration du silence et de détourner vos yeux devant la corruption qui s’étend. Vous pouvez faire des excuses, des compromissions et des justifications qui retarderont l’heure de vérité. Vous pouvez vous consoler à l’aide du mensonge et de l’illusion selon lesquelles il sera plus facile de dire la vérité demain, puis le lendemain, et ainsi de suite.

A l’inverse, vous pouvez choisir de parler. Vous pouvez faire confiance à Celui qui nous a dit : « La vérité vous rendra libres. » Je ne dis pas qu’il sera facile de choisir entre se taire et parler. Je vous exhorte à considérer quel choix – sur votre lit de mort, puis devant le juste Juge – vous ne regretterez pas d’avoir fait.

Carlo Maria Viganò

Archevêque tit. d’Ulpiana

Nonce apostolique



Le19 octobre 2018
Fête des martyrs nord-américains

Brèves

H. Sire : “Mgr Vigano craint vraiment pour sa vie”

L’abbé John Zuhlsdorf, qui anime le blogue de grand intérêt WDTPS, a reproduit le 18 septembre dernier un tweet inquiétant, du même jour, de Henry Sire, l’auteur du Pape dictateur. En voici la traduction :

1. INFORMATION IMPORTANTE : mes sources me confirment que l’archevêque Viganò craint désormais pour sa vie, littéralement. Comme chacun le sait, l’archevêque Viganò se cache après ses révélations explosives. Mais ce n’est pas seulement pour se soustraire à des représailles canoniques…

2. Il a confié à ses amis qu’il avait de bonnes raisons de craindre pour sa vie. Nous devons réfléchir à ce que cela implique. Si, voici six ans, Dan Brown avait publié un roman racontant la même histoire exactement comme elle est, il se serait ridiculisé en présentant…

3. … une image de l’Église catholique, grotesquement sensationnaliste. Mais c’est le résultat auquel est parvenu le pape François en seulement cinq ans et demi. Il a ramené l’Église à l’époque des Borgias avec [en plus] tous les enlaidissements du XXIe siècle.

4. Et les choses vont aller en empirant.

CLARIFICATION : en ce qui concerne mes tweets précédents, je peux tout à fait confirmer, sur la foi de sources internes irréprochables que non seulement l’archevêque Viganò se cache mais qu’il craint pour sa vie. Toutefois, j’ignore les raisons de son anxiété pour ce qui est de sa sécurité.

Henry Sire.

Source : Riposte-catholique

NLH #Tribunes et entretiens

Mgr Vigano sous le feu des attaques ad hominem

MGR VIGANÒ, VICTIME D’ATTAQUES AD HOMINEM

Suite à son témoignage dénonçant le cover up de certains membres de la Curie et du pape François concernant l’affaire McCarrick, Mgr Carlo Maria Viganò subit de nombreuses attaques ad hominem, qui ne répondent pourtant pas aux questions qu’il a soulevées.

La revue américaine Commonweal du 5 septembre 2018 affirme dans cette perspective :

« La lettre de Viganò est un récit subjectif de l’histoire récente de l’Église, remplie de revendications invérifiables. Son ton[…] autoritaire est celui de quelqu’un qui veut régler des comptes personnels. […] En partageant la lettre avec le donateur de droite Timothy R. Busch de l’Institut Napa avant sa publication et en rompant son silence pour accorder des interviews à des médias catholiques conservateurs, Viganò semble avoir orchestré une campagne vindicative contre François au lieu d’essayer honnêtement d’initier la réforme. »

Le journal La Croix du 2 septembre 2018 décrit Mgr Viganò de belle manière :

« Le nouveau pape [le pape François en 2013, NDLR] s’est aussi peut-être méfié de Mgr Viganò, homme à la réputation sulfureuse […] et [de] certains mensonges dans ses lettres à Benoît XVI. »

Dans un article du 3 septembre 2018, Jean-Marie Guénois du Figaro analyse :

« Les critiques fusent, mais personne n’a encore sérieusement remis en cause la substance de ses propos. […] Même si la prudence est plus que de mise en matière de dénonciation de mœurs, il apparaît, une semaine après, que personne n’a encore radicalement démenti Viganò sur le fond. […] L’affaire est donc plus épineuse qu’une simple cabale conservatrice contre François. »

Une des attaques contre Mgr Viganò porte sur les propos rapportés par Edward Pentin dans le National Catholic Register, le 4 septembre 2018 :

« Pentin a rapporté une source proche de Benoît XVI qui lui a dit, aussi loin que le pape émérite puisse se souvenir, que “les instructions étaient essentiellement que McCarrick devait faire ‘profil bas’. Il n’y avait pas ‘de décret formel, simplement une demande privée.’” […] Pour certains commentateurs, le rapport de Pentin semble discréditer l’intégralité du témoignage de Viganò. Les “demandes privées” ne sont pas des “sanctions canoniques”, soutiennent-ils, et l’archevêque Viganò n’a donc pas été sincère quant à l’argument central de sa note. […] Il est fort possible que l’archevêque Viganò n’ait pas compris certaines des distinctions implicites contenues dans la phrase qu’il a choisie et inclut dans sa définition du terme “sanctions” des instructions verbales moins formelles. […] Mais rien de cela ne change les grandes allégations du mémo de l’archevêque Viganò : après avoir reçu plusieurs rapports, le pape Benoît XVI a pris des mesures contre le cardinal McCarrick. »

Pour résumer, Hubert Champrun dans InfoVaticana affirme :

« Mais transformer le grand scandale dénoncé par Viganò – celui de la corruption (homo)sexuelle au sein de l’Église et de l’impunité dont elle semble jouir – en petit scandale Viganò, c’est filtrer le moucheron et laisser passer le chameau (cf. Mt 23, 13-24). »

En un mot comme en cent : « Viganò a dit la vérité. C’est tout ! » (Mgr Lantheaume, ancien premier conseiller de la nonciature à Washington)…

UN SILENCE DE PLOMB AU SOMMET DU VATICAN

Du côté du Vatican, le pape refuse de commenter les propos de Mgr Viganò, renvoyant les journalistes à leur professionnalisme pour vérifier la véracité des propos de Mgr Viganò et laissant sans réponse les catholiques en quête d’une compréhension de la situation. Dans le New York Times du 4 septembre 2018, nous apprenons que, si le pape ne parle pas lui-même, il a des défenseurs rangés en ordre de bataille qui le font pour lui :

« S’exprimant lundi matin au Vatican, le pape François a déclaré : “Avec des gens qui n’ont pas de bonne volonté, qui ne cherchent que le scandale, qui ne veulent que la division, qui ne cherchent que la destruction – y compris la famille –, deux solutions : le silence et la prière.” Il a ajouté que « la vérité est humble, la vérité est silencieuse » et a conclu avec la prière : « Que le Seigneur nous donne la grâce de discerner quand nous devrions parler et quand nous devons rester silencieux. » […] Le pape François s’est appuyé sur quelques évêques américains et une armée de catholiques progressistes en ligne pour le défendre. »

C’est le cas du cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, comme le rapporte Commonweal le 21 août 2018, qui demeure sur la même ligne de défense que le pape critiquant le « cléricalisme » :

« Le cardinal Cupich a récemment dit que toute l’Église était confrontée à des attitudes de pouvoir, des privilèges et des droits qui caractérisent de nombreux prélats et renforcent une structure qui les protège de toute responsabilité. Cela veut dire que les laïcs devraient être autorisés à participer plus à plusieurs aspects de la vie de l’Église. »

Le journaliste de Crux John Allen, le 31 août 2018, pense que l’absence de réponse du pape vient du fait que l’affaire Viganò est centrée sur les États-Unis et ne s’étendra pas à l’Église universelle :

« En résumé, il est clair que, jusqu’à présent, les commentaires épiscopaux favorables à Viganò, à l’exception de Schneider, proviennent entièrement des États-Unis, tandis que les évêques ou groupes d’évêques relativement peu nombreux qui ont parlé ont tous soutenu le pape. Nous devrons voir si ce schéma est valable […]. Voici comment “Il Sismografo”, un blog catholique largement lu basé en Italie, l’a écrit jeudi : “Au fil des jours, de dimanche matin à aujourd’hui, et après de nombreux examens journalistiques intelligents et honnêtes, il semble à présent établi que la dénonciation de Tossati [faisant référence à un journaliste italien connu qui a contribué à l’élaboration de la lettre] et de Mgr Viganò est en réalité quelque chose à contextualiser entièrement aux États-Unis.” Aussi compréhensible que cela puisse être, et que ce soit tout à fait exact ou non, cela va sans doute compliquer la capacité des évêques en dehors de l’espace américain à prendre au sérieux les affirmations factuelles de Viganò au sujet du pape. »

En ciblant directement le pape et en appelant même à sa démission, Mgr Viganò a déplacé le centre de l’affaire de la nonciature de Washington aux couloirs du Vatican !

Source : SRP

A la une #NLQ #Rome

Devant celui qui cherche le scandale, le silence et la prière – Une réponse du pape

Reprise, ce lundi 3 septembre 2018, des messes matinales du Pape François à Sainte-Marthe. Commentant l’Evangile du jour, le Souverain Pontife fait remarquer que la volonté de “scandale” et de “division” affichée par certains peut être contrée seulement par la prière et le silence.

« La vérité est douce, elle est silencieuse. » Et donc, « avec les personnes qui cherchent  le scandale et la division », l’unique voie à prendre est celle du « silence » et de la « prière ». C’est ce qu’a souligné le Pape François ce lundi matin, en reprenant le rythme des messes quotidiennes dans la chapelle de la Maison Sainte Marthe du Vatican. Le Souverain Pontife est parti de l’Évangile du jour, en St Luc (4, 16-30), dans lequel Jésus, revenu à Nazareth, est accueilli avec suspicion par ses compatriotes. La Parole du Seigneur mise en valeur dans ce texte nous permet de réfléchir sur la « façon d’agir dans notre vie quotidienne face aux malentendus » et de comprendre « comment le père du mensonge, l’accusateur, le diable, agit pour détruire l’unité d’une famille, ou d’un peuple ».

Aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays

Parvenu à la synagogue, Jésus est accueilli avec une grande curiosité : tous veulent voir de leurs propres yeux les prodiges qu’il a accomplis ailleurs. Mais le Fils du Père céleste n’utilise que la « Parole de Dieu », une habitude qu’Il adopte « quand Il veut vaincre le diable ». Et c’est justement cette attitude d’humilité qui donne lieu aux premières interrogations, -« N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »-, qui elles-mêmes sèment le « doute », induisent un changement d’atmosphère, « de la paix à la guerre », « de la stupeur à l’indignation ». Avec son silence, Jésus vainc « les chiens sauvages », vainc « le diable qui avait semé le mensonge dans leurs cœurs » :

« Ce n’était pas des personnes, mais une meute de chiens sauvages qui le chassèrent hors de la ville. Ils ne raisonnaient pas, ils hurlaient. Jésus se taisait. Ils le menèrent au sommet d’un escarpement pour le précipiter en bas. Et ce passage de l’Évangile se termine ainsi :‘mais Lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin’. Voilà la dignité de Jésus : avec son silence, il vainc cette meute sauvage et s’en va. Parce que son heure n’était pas encore venue. La même chose arrivera lors du Vendredi Saint : les personnes qui, le dimanche des Rameaux l’avaient acclamé aux cris de ‘Béni soit le Fils de David’, disaient ‘crucifie-le’ : elles avaient changé. Le diable avait semé le mensonge dans leurs cœurs et Jésus faisait silence ».

La vérité est douce

Pour le Pape, ce passage est riche d’enseignement : face à une situation où il est difficile de percevoir la vérité, reste le silence.

« Le silence vainc, mais à travers la croix. Le silence de Jésus. Mais combien de fois dans les familles, commencent des discussions sur la politique, le sport, l’argent, et une fois ou l’autre, ces familles se détruisent. On voit dans ces discussions que le diable est là qui veut détruire…. Silence.  (…) Parce que la vérité est douce, elle est silencieuse, elle n’est pas bruyante. Ce qu’a fait Jésus n’est pas facile : mais la dignité du chrétien est ancrée dans la force de Dieu. Avec les personnes qui ne font pas montre de bonne volonté, avec les personnes qui recherchent uniquement le scandale, la division, la destruction, aussi dans les familles : le silence. Et la prière. »

Un temps pour parler… et un temps pour se taire

Et le Pape de conclure avec cette prière : « que le Seigneur nous donne la grâce de discerner quand nous devons parler et quand nous devons nous taire. Et cela, dans toute notre vie : au travail, à la maison, dans la société… Ainsi, nous deviendrons plus imitateurs de Jésus ».

 

Source Vaticannews

A la une #NLH #NLQ #Rome

Pédophilie – L’affaire McCarrick va-t-elle éclabousser dangereusement le pape ?

Le site américain LifeSiteNews vient de mettre en ligne un témoignage d’une importance capitale sur la sordide affaire McCarrick (ancien archevêque de Washington et prédateur sexuel), ainsi que sur le lobby gay dans l’Église : celui de Mgr Vigano, ancien nonce apostolique

Un témoignage qui veut pointer la responsabilité personnelle du Saint-Père.

Il a été traduit en Français

Vous pouvez le télécharger ci-dessous

Tribunes et entretiens

Courrier d’un lecteur – Les différences intellectuelles entre Benoît XVI et François étant connues, pourquoi le “Lettergate” ?

Les différences entre la formation reçue par le futur Benoît XVI et la formation reçue par le futur pape François sont connues ou, en tout cas, connaissables, et les différences entre ce qu’il y a de spécifique aux principales sources d’inspiration de Benoît XVI et ce qu’il y a de spécifique aux principales sources d’inspiration du pape François sont identifiables ou reconnaissables, alors pourquoi le “Lettergate”, et pourquoi certains tentent-ils d’imposer une interprétation d’après laquelle il y aurait avant tout, voire seulement, de la continuité intellectuelle, entre ces deux futurs papes ?

 

En ce qui concerne les années de formation en philosophie puis en théologie, qui relèvent de l’enseignement supérieur, le futur Benoît XVI a été formé en Allemagne sous Pie XII, donc avant l’élection de Jean XXIII puis l’annonce du Concile, et le futur pape François a été formé en Argentine sous Paul VI, donc après l’ouverture de Vatican II, puis le décès de Jean XXIII : à qui donc fera-t-on croire que l’un et l’autre ont reçu la même formation, avec les mêmes fondements et le même contenu, notamment en philosophie transcendantale et en théologie fondamentale, alors que, au sein de l’Eglise catholique, la conception de la philosophie moderne et de la théologie catholique, ainsi que la relation à la philosophie moderne et à la théologie catholique, ont complètement changé, entre la mort de Pie XII et l’élection de Paul VI, même si, bien sûr, ce changement a pris quelques années ?

 

Pour le dire rapidement, Pie XII a essayé de résister, jusqu’à la fin de son pontificat, d’une part aux conséquences de la rupture épistémologique qui est apparue, en théologie catholique, dès les années 1930 (Congar, Rahner, Balthasar, de Lubac), d’autre part à toute perspective ou tentative de conciliation entre la théologie catholique et la philosophie moderne, alors que, à compter du début du pontificat de Jean XXIII, et plus encore à partir du début de celui de Paul VI, il est de moins en moins question, dans l’ensemble de l’Eglise, de résister aux conséquences de cette rupture épistémologique, et de résister aux tendances ou aux tentations propices à une conciliation entre la théologie catholique et la philosophie moderne.

 

Le futur Benoît XVI a été formé en amont, et le futur pape François a été formé en aval d’une mutation (notamment anti-thomiste ou post-thomiste) qui est peut-être sans précédent, dans toute l’histoire de l’Eglise, et certains voudraient nous faire croire qu’il y a davantage de continuité que de discontinuité, d’une part entre la formation reçue par l’un et celle reçue par l’autre, d’autre part entre les principales sources d’inspiration spécifiques à la pensée de Joseph Ratzinger / Benoît XVI, et les principales sources d’inspiration spécifiques à la vision de Jorge Bergoglio / pape François ?

 

Le futur Benoît XVI n’a jamais caché que sa sensibilité intellectuelle était plus augustinienne que thomiste, n’a jamais caché tout ce qu’il doit, notamment, à Newman et à Guardini, n’a jamais dit non à ce qu’il y a de meilleur dans les conséquences de la rupture épistémologique des années 1930, et n’a jamais dit oui à ce qu’il y a de pire dans les conséquences de la rupture épistémologique des années 1970 (chez Hans Kung et consorts).

 

Le futur pape François n’a jamais caché que sa sensibilité intellectuelle était plus philo-postmoderne qu’anti-postmoderne, n’a jamais caché qu’il n’était pas contre la philosophie de la libération ni contre la théologie du peuple, et a déjà cité plusieur fois, d’une manière positive, Michel de Certeau ; cela ne fait certainement pas de lui une personnalité assimilable à un continuateur, “en plénitude”, de Joseph Ratzinger / Benoît XVI.

 

Ce qui figure ci-dessus est connu, peut et doit donner lieu à une analyse informative, dans l’objectivité la plus grande possible, d’autant plus que ce n’est pas avant tout ni seulement parce qu’il n’y a pas une “continuité organique” entre la formation, l’inspiration, la pensée de Benoît XVI, et la formation, l’inspiration, la vision du pape François, que le “concept stratégique” et le déroulement réel du pontificat actuel constituent une source d’interrogations, ou contribuent à des interrogations, y compris de la part de catholiques qui ont approuvé “ce que veut François” jusqu’à fin 2016.

 

Le pape François veut-il exactement ou, en tout cas, globalement, la même chose, que Benoît XVI ? Les différences entre eux deux sont-elles seulement seulement “stylistiques” et “thématiques”, ou ces différences ne sont-elles pas avant tout fondamentales, sinon théologales ?

 

Le futur pape Benoît XVI aurait pu contribuer à l’accompagnement de l’élaboration de Veritatis splendor, d’Evangelium vitae, de Fides et ratio, d’Ecclesia de Eucharistia, de Dominus Iesus, du Compendium du Catéchisme, et cela tombe bien puisqu’il l’a fait, mais ceux qui se disent et se veulent “les amis de François” ne cachent pas leur refus de ces textes, et sont bien plus rarement que fréquemment recadrés par le pape François.

 

Benoît XVI aurait pu écrire Lumen Fidei, et cela tombe bien, puisque c’est lui qu’il l’a écrite, mais aurait-il pu écrire le chapitre IV d’Evangelii gaudium et le chapitre VIII d’Amoris laetitia tels qu’ils ont été écrits par son successeur, le pape François ? La réponse ne saute-t-elle pas aux yeux ?

 

Ne sommes-nous pas témoins, une fois de plus, du fait qu’il y a deux lignes de pensée qui ont hérité du Concile : la ligne de pensée continuiste ou réformatrice, partisane du renouveau dans la continuité, et la ligne de pensée rupturiste ou transformatrice, partisane du renouveau dans la transformation ? En quoi le fait de poser cette question constitue-t-il un crime de lèse-majesté pontificale opposé au véritable esprit de l’Evangile ?

 

Alors pourquoi le “Lettergate”, et pourquoi donc certains tentent-ils d’imposer une interprétation d’après laquelle il y aurait avant tout, voire seulement, de la continuité intellectuelle, entre Joseph Ratzinger / Benoît XVI et Jorge Bergoglio / pape François ?

 

Bonne journée.

 

Un lecteur.

NLH #NLQ #Rome

Manipulation – Benoit XVI demande qu’on publie l’intégralité de sa lettre… la morale de tout ça est bien triste

La lettre de Benoît XVI à Mgr Viganò (photo) a défrayé la chronique et pas seulement dans la presse catholique. C’est un scandale qui tâche le pontificat du pape François, parce qu’il montre que ces collaborateurs ne reculent devant rien. Rappel des faits.

Le 12 janvier, Mgr Viganò, préfet du secrétariat pour la communication du pape, écrit à Benoît XVI pour lui demander « une page théologique courte et dense » sur 11 petits volumes qui encensent la théologie pratique du pape François.

Le 7 février, Benoît XVI répond par une lettre dont l’enveloppe porte l’indication : « Personnelle – Réservée ».

Le 12 mars, soit plus d’un mois après, mais veille du 5e anniversaire du pontificat du pape François, Mgr Viganò fait une présentation à la presse des fameux 11 volumes, et lit tranquillement la lettre de Benoît XVI par laquelle le pape émérite, souligne le Vatican, fait l’éloge de son successeur et souligne la continuité entre les deux pontificats. Tout le monde comprend que Benoît XVI a écrit cette lettre à l’occasion du 5e anniversaire de l’élévation au souverain pontificat de son successeur. Toute la presse tombe dans le panneau et souligne la bénédiction apportée par Benoît à François. Il en est fini de la discontinuité apparente entre les deux papes…

Mgr Viganò communique aussi une photo de la lettre, où étrangement les deux dernières lignes de la première page sont floutées, et où tout le texte de la deuxième page, hormis la signature, est caché par… la pile des 11 volumes. L’Associated press s’étonne du procédé, indiquant que cela ne se fait jamais de flouter ainsi une photo. Face aux protestations, le Vatican publie le 13 mars le texte « intégral » de la lettre, dans lequel Benoît XVI dit qu’il n’écrit que sur les livres qu’il a lus et qu’il a autre chose à faire que de lire ceux-là. Et le texte se termine ainsi :

« Je suis sûr que vous comprendrez et je vous salue cordialement. »

C’est une nouvelle dissimulation de la communication du Vatican, qui s’enfonce dans son mensonge. Le 17 mars Sandro Magister fait remarquer que la position de la signature sur la seconde page laisse entendre que le texte au-dessus est bien plus long que ce qui a été communiqué, et que selon ses sources ce paragraphe serait une vive critique de certains auteurs des 11 volumes. Six heures plus tard le Vatican, sur demande de Benoît XVI selon Jean-Marie Guénois, publie enfin la vraie lettre intégrale… Et là c’est la stupeur générale. On s’aperçoit alors que le sens général de la lettre est exactement l’inverse de ce que Mgr Viganò a fait croire, que Benoît XVI s’indigne qu’on lui demande de faire l’éloge d’un texte écrit par un théologien qui a violemment attaqué le magistère, et l’on s’aperçoit aussi que dans la dernière phrase on avait enlevé le mot « refus » :

« Je suis sûr que vous comprendrez mon refus. »

Voici donc l’intégralité de cette lettre :

Benedictus XVI
Papa Emeritus

Rev.mo Signore
Mons. Dario Edoardo Viganò
Préfet du Secrétariat pour la communication

Cité du Vatican
Le 7 février 2018

Monseigneur,

Je vous remercie pour votre aimable lettre du 12 janvier et pour le cadeau qui y était joint contenant les onze petits volumes sous la direction de Roberto Repole.

J’applaudis à cette initiative visant à s’opposer et réagir contre le préjugé stupide en vertu duquel le pape François ne serait qu’un homme pratique dénué de toute formation théologique ou philosophique tandis que je ne serais moi-même qu’un théoricien de la théologie qui n’aurait pas compris grand-chose de la vie concrète d’un chrétien d’aujourd’hui.

Ces petits volumes montrent, à juste titre, que le Pape François est un homme doté d’une profonde formation philosophique et théologique et ils aident en cela à voir la continuité intérieure entre les deux pontificats, nonobstant toutes les différences de style et de tempérament.

Toutefois, je ne peux pas rédiger une brève et dense page théologique à leur sujet parce que toute ma vie, il a toujours été clair que je n’écrirais et que je ne m’exprimerais jamais que sur les livres que j’aurais vraiment lus. Malheureusement, notamment pour des raisons physiques, je ne suis pas en mesure de lire les onze petits volumes dans un avenir proche, d’autant plus que d’autres engagements que j’ai déjà accepté m’attendent.

Ce n’est qu’à la marge que je veux faire mention de ma surprise devant le fait que parmi les auteurs figure aussi le Pr Hünermann, qui au cours de mon pontificat s’est illustré en prenant la tête d’initiatives anti-papales. Il participa de manière significative à la publication de la Kölner Erklärung [déclaration de Cologne] qui, relativement à l’encyclique Veritatis splendor, attaqua de manière virulente l’autorité magistérielle du pape, spécialement à propos des questions de théologie morale. En outre l’Europäischen Theologengesellschaft [l’association des théologiens européens] qu’il a fondée fut initialement conçue par lui comme une organisation en opposition au magistère papal. Par la suite, le sens ecclésial de nombreux théologiens a empêché cette orientation, faisant de cette organisation un instrument normal de rencontres entre théologiens.

Je suis sûr que vous comprendrez mon refus et je vous salue cordialement.

Bien à vous,

Benoît XVI

La lettre ne laisse donc pas entendre que François est un remarquable théologien, elle dit seulement qu’il a reçu « une profonde formation philosophique et théologique », ce qui n’est pas du tout la même chose. D’autre part, l’expression « continuité intérieure entre les deux pontificats » ne veut rien dire : un pontificat s’exprime par le magistère, et le magistère est forcément « extérieur », public. Il n’existe pas de « pontificat intérieur ». Cette ironie de Benoît XVI s’explique par le dernier paragraphe de son courrier. Ce paragraphe dont on comprend maintenant pourquoi Mgr Viganò a voulu le censurer.

Source

Que cela se passe au Vatican nous laisse sans voix…

Tribunes et entretiens

Rome – Les fake news, quel antidote ? Mgr Viganò

Comme tous les ans, le message du Pape François pour la Journée mondiale des communications sociales a été publié ce mardi 23 janvier. Il a pour titre « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Fausses nouvelles et journalisme de paix ». Mgr Dario Edoardo Viganò, préfet du Secrétariat pour la Communication, nous livre une première réflexion sur le texte.

Monseigneur Viganò, depuis que le « Secrétariat de la communication » est opérationnel, c’est le deuxième message du Saint-Père. Ce que les deux textes ont en commun, c’est l’horizon biblique, déjà rappelé par le titre de l’an passé. « N’ayez pas peur, car je suis avec vous » (Is 43, 5), et « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32), en 2018.

Ce n’est pas un choix aléatoire. En fait, tout le message, même dans ses notes d’actualité, est basé sur une forte racine biblique, tout comme l’an passé. Le Saint-Père, depuis le début du texte, rappelle les épisodes de Caïn et Abel et de la Tour de Babel (Genèse 4 : 1-16, 11 : 1-9), précisément pour expliquer que lorsque « l’homme suit son égoïsme et son orgueil, il peut également faire un usage déformé de la faculté de communiquer ».

Comment pouvons-nous oublier la Lettre aux Hébreux ? « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. » (Heb, 1 : 1-2). Toute l’histoire du salut, c’est-à-dire l’alliance continuellement renouvelée par Dieu fidèle aux personnes souvent infidèles, est un dialogue entremêlé d’appels, d’appels et de bénédictions. Jusqu’à la manifestation de Jésus qui, comme le dit le texte, est la Vérité.

C’est la pierre angulaire du message, sur lequel reposent les réflexions et l’ultime invitation du Pape à « promouvoir un journalisme de paix ». « Je suis la vérité » (Jn 14, 6) n’est pas une affirmation conceptuelle ou une connaissance abstraite. En Christ, les deux natures, l’humaine et la divine, ne sont pas confuses mais co-appartiennent dans une unité personnelle. La révélation de Dieu en Christ renferme l’altérité rendant ainsi la vérité marquée par la relation. C’est seulement cela qui libère l’homme : « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32).

Par conséquent, une forte référence à la qualité des relations qui vient de la trame biblique.

Dans la perspective relationnelle, il est clair combien la communication peut construire et combien elle peut tuer. Caïn et Abel, ainsi que la Tour de Babel en sont la preuve évidente. Pas seulement… Il y a un beau texte de Dostoïevski, que le Saint-Père cite dans le message : « Celui qui se ment à lui-même et écoute ses propres mensonges atteint le point où il ne peut plus distinguer la vérité, soit en lui-même ou autour de soi-même, et commence ainsi à ne plus estimer ni lui-même ni les autres. Puisqu’il n’estime plus personne, il cesse d’aimer, et alors, en l’absence d’amour, de se sentir occupé et de se distraire, il s’abandonne aux passions vulgaires et aux plaisirs, et à cause de ses vices il devient comme une bête ; et tout cela vient du mensonge continu, des autres et de soi-même »(Les frères Karamazov, II, 2).

Laissons-nous donc nous interroger sur la qualité de notre relation avec les autres et avec nous-mêmes. « La communication humaine – rappelle le Pape – est un moyen essentiel de vivre la communion ». Mais si nos relations sont empoisonnées, quelle communion pourrions-nous jamais vivre ?

Pour compliquer les choses, il y a aussi les fausses nouvelles, les soi-disant fake news. Ne sont-elles pas aussi la cause de cet empoisonnement ?

Les fake news sont l’un des éléments qui empoisonnent les relations. Ce sont des nouvelles qui apparaissent comme vraies, mais infondées, partielles, voire fausses. Dans les fake news, le problème n’est pas la non-véracité, qui est très évidente, mais la vraisemblance. Dans le message, le Saint-Père en parle abondamment, rappelant la stratégie utilisée par le « serpent astucieux » dont parle le livre de la Genèse, « qui, à l’aube de l’humanité, devint l’auteur des “premières fausses nouvelles”(cf. 3,1-15), qui a conduit aux conséquences tragiques du péché, qui a ensuite pris forme dans le premier fratricide (voir Gen 4) et dans d’autres formes innombrables de mal contre Dieu, le prochain, la société et la création ».

Il est difficile de reconnaître des fake news parce qu’elles ont une physionomie mimétique : c’est la dynamique du mal qui se présente toujours comme un bien facilement accessible. L’efficacité dramatique de ce type de contenu consiste précisément à déguiser son propre mensonge, en semblant plausible pour certains, en agissant sur des compétences, des attentes, des préjugés enracinés dans des groupes sociaux plus ou moins importants. Pour cette raison, les fake news sont particulièrement insidieuses, avec une capacité d’adhérence et de retenue remarquable. Aspects aiguisés par le rôle des réseaux sociaux dans l’amorçage et la propagation, qui, combinés avec l’utilisation manipulatrice, finissent par mener à des formes d’intolérance et de haine.

Quel antidote au poison des fake news ?

Les fake news, en fait, proviennent des préjugés et de l’incapacité d’écouter. « L’antidote le plus radical au virus du mensonge – écrit le Saint-Père dans le message – est d’être purifié par la vérité ». Ce n’est que de cette manière que nous pourrons nous battre, depuis leur ascension, leurs préjugés et leur surdité, qui ne font qu’arrêter toutes les formes de communication, en les enfermant tous dans un cercle vicieux. La capacité d’écoute et donc de dialogue exige une maturité humaine qui favorise l’adaptation à des circonstances différentes et inattendues. La communication n’est pas seulement une transmission de nouvelles : c’est la disponibilité, l’enrichissement mutuel, la relation.

C’est seulement avec un cœur libre et capable d’une écoute attentive et respectueuse que la communication peut construire des ponts, des occasions de paix sans prétention. Tout cela nous exhorte à ne pas abandonner la recherche et la propagation de la vérité, en particulier dans l’éducation des jeunes. Comme le rappelait Paul VI (voir Message 1972 : « Les communications sociales au service de la vérité ») : « L’homme, et d’autant plus le chrétien, n’abdiquera jamais sa capacité à contribuer à la conquête de la vérité : non seulement celle abstraite ou philosophique, mais aussi celle concrète et quotidienne des événements individuels : si c’était le cas, cela porterait atteinte à sa dignité personnelle ».

De quelle manière les journalistes et les institutions peuvent-ils mettre ce message en pratique ?

Tout d’abord, je pense qu’il est utile de signaler la responsabilité de la communication au centre du débat. Cette valeur, associée à la liberté d’expression, est capable de faire de la communication elle-même un lieu d’écoute, de dialogue et même de dissension, bien que dans les formes de la dialectique normale de l’interaction. Par conséquent, à partir des exigences de base requises par la déontologie professionnelle, il est nécessaire de reconstruire le contexte afin que les faits rapportés possèdent une lumière authentique sans ombres de demi-vérités ou de similitude.

Dans ce processus, je pense que les citoyens et les institutions doivent trouver de nouvelles formes d’alliances allant de l’école à la politique en passant par les fédérations professionnelles. Sinon, la profession journalistique perdra son identité ainsi que sa crédibilité.

Source Vatican News

 

Conférences/Formations #NLQ

4° Festival sacré de la Beauté à Cannes

Le Festival sacré de la Beauté connaître sa 4° édition du 18 au 27 mai prochain, pendant le festival de Cannes. Il est placé sous la présidence de Mgr Gilbert Louis (évêque émérite de Châlons-en-Champagne) et accueillera de nombreux invités d’honneur et artistes.

Les éditions passées étaient placées sous les présidences de Mgr Le Gall (2014), Mgr Rey (2015), Mgr Giraud (2016) et du père Abbe de l’abbaye Dom Vladimir, avec de nombreux “parrains” “marraines” tels que Michael Lonsdale, Brigitte Fossey, Marie-Christine Barrault, Catherine Salviat, Muriel Belmondo, Mireille Nègre, Daniel Facérias …

Programme :

À l’abbaye de Lérins,

les artistes se retrouvent autour du thème “L’artiste et le parfum”. 

Temps de prières, de partage et d’écoute de la Parole de Dieu. Enseignements, rencontres avec des prédicateurs et les moines de l’abbaye pour tisser un lien autour du Sens, de la Foi et de la Beauté.

Le 23 mai de 10h à 17h : le Festival Sacré accueille des professionnels du cinéma et festivaliers sur l’île dans un cadre exceptionnel pour un moment privilégié avec les moines (Eucharistie, déjeuner au restaurant de l’Abbaye, tables-rondes).
Exposition “L’Artiste et le Parfum” du 16 au 26 mai 2017 dans la chapelle Saint Pierre

 

A l’église Notre-Dame de Bon Voyage

Soirées spirituelles et artistiques ouvertes à tous.
Vêpres et Messe célébrées chaque jour.

18 mai : Soirée d’ouverture avec Michael Lonsdale pour la remise du prix Cannes Ecran Seniors
19 mai : Conférence publique : “L’artiste et le parfum” au Musée international du Parfum à Grasse, sous le parrainage de M. Leleux, sénateur des Alpes Maritimes et M. Viaux, maire de Grasse
20 mai : Soirée spectacle autour des personnes en précarité, sous le parrainage de François Soulage, ancien président national du Secours Catholique
23 mai : Chants Gospel suivis de la projection du film “Timbuktu”, primé par le Jury Œcuménique en 2014
24 mai : Soirée inter-religieuse, “Le parfum de la paix” en partenariat avec l’association “Vivre Ensemble à Cannes”
25 mai : Journée rencontre autour de Mgr Vigano et de Wim Wenders : Messe de l’Ascension à Notre Dame de Bon Voyage à 10h, table-ronde avec Mgr Vigano, Wim Wenders et des profesionnels du cinéma, point presse
27 mai : Concert de clôture avec l’Orchestre Philharmonique de Cannes à l’église Notre-Dame de Bon Voyage, sous le parrainage d’Anny Courtade, présidente de l’Orchestre Régional de Cannes-Provence-Alpes-Côte d’Azur

Exposition “L’Artiste et le Parfum” du 16 au 26 mai 2017 dans la crypte.

Et un évènement exceptionnel !

Venue de Monseigneur Vigano, Préfet en charge de la communication du Vatican et de Wim Wenders (Les ailes du désir , Président de la Europan Film Academy) pour un échange sur le cinéma et la spiritualité. Cette année nous avons en effet choisi de renforcer notre communication en organisant à Cannes, au sein du festival, une série de tables rondes et rencontres avec la presse et nos invités d’honneur, Wim Wenders et Dario Vigano. Cet homme clé du Saint-Siège et spécialiste du cinéma débattra avec Wim Wenders et Michael Lonsdale de la place des religions dans le cinéma et du rôle moral des professionnels du cinéma.

Surnommé le “Off de l’Âme” le Festival sacré de la Beauté fait cette année appel à votre générosité pour soutenir un projet beaucoup plus ambitieux que les années précédentes avec la venue confirmée de personnalités extraordinaires.

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