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Italie : un migrant expulsé pour avoir menacer de tuer des chrétiens

Trois migrants musulmans convaincus de liens avec des groupes musulmans terroristes, ont été expulsés d’Italien, annonce un communiqué du ministère de l’Intérieur du 12 octobre dernier. Les trois expulsés sont un Marocain de 22 ans, un Tunisien de 28 ans et un Gambien de 24 ans. Dans un carnet de notes en sa possession, ce dernier exprimait son fort désir de tuer des chrétiens et de s’en prendre à des églises… Ces trois individus étaient déjà des repris de justice en Italie pour toutes sortes de méfaits : crimes de droit commun, vente de drogue…

Source : ministère italien de l’Intérieur, communiqué du 12 octobre. via Observatoire de la christianophobie

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Italie : un évêque propose de transformer les églises en mosquées pour aider les migrants

C’est une déclaration choc qui provient de Raffaele Nogaro, évêque italien bien connu pour sa défense totale des migrants et son opposition féroce à Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien issu de la Ligue. Selon cet évêque, habitué des déclarations et des actions en faveur des migrants, Matteo Salvini serait en opposition avec le message de Jésus. Des propos diffusés par AGI, l’une des principales agences de presse du pays.

Pour cet évêque italien, l’aide aux migrants devrait être inconditionnelle

Monseigneur Nogaro a une vision très particulière de l’aide aux migrants venus en Europe, très majoritairement pour des raisons économiques : « Moralement et en tant qu’homme de foi, je serais prêt à transformer les églises en mosquées si cela était utile à la cause et si cela permettait de sauver la vie des hommes et des femmes, pauvres et malheureux. Car le Christ ne est pas venu sur la terre pour construire des églises, mais pour aider les gens sans distinction de race, de religion ou de nationalité. »

Une vision radicale de sa religion, symbolique des crispations identitaires qui traversent l’Eglise. Dans le même article de l’AGI, on apprend par ailleurs que l’évêque a rencontré le pape François qui l’a notamment reconnu au milieu d’une foule de prélats en 2014, symbole de cet amour partagé des migrants par les deux hommes.

Un évêque italien prêt à transformer les églises en mosquées si cela permettait d'aider les migrants
Raffaele Nogaro, accompagné de deux migrants lors d’une manifestation en 2014

Entre Salvini et Nogaro, deux catholicismes ?

Il n’y a pas plus féroce opposant à Salvini que l’évêque Nogaro. Dans l’article de l’AGI, il s’attaque à lui de manière évidente : « Il y a des hommes politiques qui, dans leurs discours, continuent à prêcher les expulsions. Et, la pire chose est qu’ils font avec la couronne et le chapelet à la main et nommant le nom de Dieu en vain, un péché très grave. »

C’est une référence claire au ministre de l’Intérieur italien qui, dans son discours annuel aux membres de la Ligue, avait brandi un chapelet face à la foule.

Matteo Salvini avait ainsi déclaré : « Je pense que nous réussirons en combattant ici-bas mais également avec le soutien de ceux qui sont là-haut. Chacun d’entre nous le porte dans son cœur et je le porte encore plus dans le cœur, ce chapelet [il montre un chapelet, ndt] qui m’a été donné par un prêtre de banlieue, un prêtre de rue, un chapelet confectionné par une femme exploitée, par une de ces femmes qui croyait que l’Italie était un pays de cocagne, qu’en Italie il y avait des maisons et du travail pour tous ; et pour cette raison elle s’est déracinée de sa terre, Je ferai tout, pour mériter votre soutien, même le plus petit.  Cette femme, comme d’autre femmes était peut-être une femme nigériane mais elle aurait aussi pu être une femme italienne. Je ferai, nous ferons tout pour que chacun puisse naître, grandir, aller à l’école, se soigner, travailler et voir naître ses enfants dans son propre pays, sans être déraciné et envoyé de l’autre côté du monde. Pour que chacun soit heureux et fier de son pays. »

Des propos qui semblent donner tort à Raffaele Nogaro qui considère Salvini comme un homme politique si mauvais qu’il affirme presque de manière claire que les catholiques soutenant Salvini ne méritent pas la confession ! En effet, interrogé par un prêtre lui demandant si un paroissien soutenant Salvini pouvait se voir accorder l’absolution, l’évêque immigrationniste répondait de manière très dure. « Vous devez seulement lui dire : ‘Jésus-Christ dit certaines choses et Matteo Salvini dit le contraire. Vous décidez si vous pouvez accéder à ce sacrement.’ »

La tolérance sans limite pour les migrants, pas pour les 30 % d’Italiens qui ont une opinion favorable de la Ligue.

Crédit photo : Raffaele Nogaro, accompagné de deux migrants lors d’une manifestation en 2014, Alto Casertano-Matesino [CC BY 2.5], via Wikimedia Commons

Source : Breizh-Info.com

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Messe pour les migrants : le pape prend la défense des pauvres “piétinés”

Rappelons à titre liminaire que le pape avait rappelé que la prudence dans l’accueil des migrants était une vertu de gouvernement.

Texte de l’homélie prononcée par le pape François le 6 juillet 2018 lors de la messe célébrée à l’occasion du 5ème anniversaire de sa visite à Lampedusa :

« Vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays […]. Voici venir des jours où j’enverrai la famine sur la terre ; […] la faim d’entendre les paroles du Seigneur » (Am 8, 4.11). La mise en garde du prophète Amos reste encore aujourd’hui d’une brûlante actualité. Que de pauvres aujourd’hui sont piétinés ! Que de petites gens sont exterminées ! Ils sont tous victimes de la culture de marginalisation qui a été plusieurs fois dénoncée. Et parmi eux je ne peux pas ne pas mentionner les migrants et les réfugiés qui continuent à frapper aux portes des nations jouissant d’un plus grand bien-être.

Il y a cinq ans, pendant ma visite à Lampedusa, rappelant les victimes des naufrages, je me suis fait l’écho de l’appel de toujours à la responsabilité humaine : « “Où est ton frère ?”. La voix de son sang crie vers moi, dit Dieu. Ce n’est pas une question adressée aux autres, c’est une question adressée à moi, à toi, à chacun de nous. » (Insegnamenti1 [2013], vol. 2, 23). Malheureusement, les réponses à cet appel, même si elles sont généreuses, n’ont pas été suffisantes, et nous nous retrouvons à pleurer aujourd’hui des milliers de morts.

L’Evangile de ce jour contient l’invitation de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos ». Le Seigneur promet repos et libération à tous les opprimés du monde, mais il a besoin de nous pour rendre efficace sa promesse. Il a besoin de nos yeux pour voir les besoins nos frères et sœurs. Il a besoin de nos mains pour secourir. Il a besoin de notre voix pour dénoncer les injustices commises dans le silence – parfois complice – de beaucoup.

Je devrais, en effet, parler de beaucoup de silences : le silence du sens commun, le silence du “cela a toujours été comme ça”, le silence du “nous” toujours opposé au “vous”. Le Seigneur a surtout besoin de notre cœur pour manifester l’amour miséricordieux de Dieu envers les derniers, les personnes rejetées, abandonnées, marginalisées.

Dans l’Evangile de ce jour, Matthieu raconte le jour le plus important de sa vie, celui où il a été appelé par le Seigneur. L’Evangile rappelle clairement le reproche de Jésus aux pharisiens, prompts aux murmures sournois : « Allez apprendre ce que signifie : “Je veux la miséricorde, non le sacrifice” » (9, 13). C’est une accusation directe contre l’hypocrisie stérile de celui qui ne veut pas “se salir les mains”, comme le prêtre et le lévite de la parabole du Bon Samaritain. Il s’agit d’une tentation bien présente encore de nos jours qui se traduit par une fermeture vis-à-vis de tous ceux qui ont droit, comme nous, à la sécurité et à une condition de vie digne, et qui construit des murs, réels ou imaginaires, au lieu de ponts.

Face aux défis migratoires d’aujourd’hui, la seule réponse sensée est celle de la solidarité et de la miséricorde ; une réponse qui ne fait pas trop de calculs mais qui exige un partage équitable des responsabilités, une honnête et sincère évaluation des possibilités et une gestion avisée. La politique juste est celle qui se met au service de la personne, de toutes les personnes intéressées ; qui prévoit des solutions adaptées pour garantir la sécurité, le respect des droits et de la dignité de tous ; qui sait voir le bien de son propre pays en prenant en compte celui des autres pays, dans un monde toujours plus interconnecté. C’est ce monde que les jeunes regardent.

Le psalmiste nous a montré l’attitude juste qu’il faut adopter en conscience devant Dieu : « J’ai choisi la voie de la fidélité, je m’ajuste à tes décisions » (Ps 118, 30). Un engagement à la fidélité et à la droiture de jugement que nous souhaitons poursuivre avec les gouvernants du monde et les personnes de bonne volonté. Nous suivons pour cela avec attention le travail de la Communauté internationale pour répondre aux défis posés par les migrations contemporaines, en harmonisant avec sagesse, solidarité et subsidiarité, et en identifiant les ressources ainsi que les responsabilités.

Je souhaite conclure par quelques mots en espagnol à l’adresse des fidèles qui sont venus d’Espagne. J’ai voulu célébrer le cinquième anniversaire de ma visite à Lampedusa avec vous qui représentez les sauveteurs et les rescapés en Mer Méditerranée. Je veux exprimer aux premiers ma reconnaissance parce que vous incarnez aujourd’hui la parabole du Bon Samaritain qui s’est arrêté pour sauver la vie du pauvre homme frappé par les bandits, sans se demander qui il était, sa provenance, les raisons de son voyage ou ses papiers d’identité… : il a simplement décidé de le prendre en charge et de lui sauver la vie. Je veux réitérer aux rescapés ma solidarité et mes encouragements puisque je connais bien les tragédies que vous fuyez. Je vous demande de continuer d’être les témoins de l’espérance dans un monde chaque jour plus préoccupé de son présent, possédant une vision étriquée de l’avenir et réticent à partager, et dans le respect de la culture et des lois du pays qui vous accueille, de vous frayer ensemble le chemin de l’intégration.

Je demande à l’Esprit Saint d’éclairer notre esprit et d’enflammer notre cœur pour dépasser toutes les peurs et les inquiétudes, et pour nous transformer en instruments dociles de l’amour miséricordieux du Père, prêts à donner notre vie pour nos frères et sœurs comme l’a fait le Seigneur Jésus-Christ pour chacun de nous.

Source : Zenit.org

 

 

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Suède : les évêques rencontrent des délégués européens de la pastorale des migrants

Un mouvement d’humanité : le flux des migrants et des nouvelles. Le dialogue et la communication pour une culture de la rencontre » : tel était le thème de la Rencontre annuelle des Evêques et délégués responsables de la Pastorale des migrants des Conférences épiscopales d’Europe, qui s’est tenue à partir du 13 juillet, à Stockholm.

Les délégués entendent approfondir le rapport entre flux migratoire et perception qu’en a l’opinion publique, éduquée par une communication qui ne promeut pas toujours le dialogue et la culture de la rencontre.

« L’Eglise catholique en Suède est une Eglise de migrants. Nombre d’entre nous proviennent d’autres pays et certains d’entre nous d’autres dénominations. En tant que chrétiens, nous sommes tous pèlerins sur le chemin du Royaume céleste de Dieu » a déclaré S.Em. le Cardinal Anders Arborelius, OCD, responsable de la section migrations de la Commission CCEE de la Pastorale sociale.

« Si nous sommes véritablement conscients de cette grâce, nous serons également en mesure d’être plus ouverts et accueillants envers ces migrants que Dieu nous a envoyés. Nous avons notre véritable patrie dans les cieux. Le Royaume de Dieu est notre véritable patrie. Ici-bas, nous sommes tous des hôtes, des pèlerins, des migrants. Nous ne nous appartenons pas. Nous avons la même vocation : être témoins de Jésus ici et maintenant » poursuit le Cardinal dans la note parvenue à Fides.

Parmi les thèmes à l’ordre du jour se trouvent celui des relations entre « Immigrations et opinion publique : les dynamiques de l’information ». Aura également lieu une confrontation sur le thème « Comment l’Eglise fait-elle usage des moyens de communication pour parler des migrations », avec le témoignage de divers organismes ecclésiaux internationaux qui travaillent dans le domaine de la Pastorale des migrants. Seront ensuite analysés les thèmes « Comment l’Eglise forme-t-elle et informe-t-elle ses fidèles sur le phénomène de la migration » et « Comment l’Eglise fait-elle usage des moyens de communication pour témoigner au monde ce qu’elle fait et pense de la migration ».

Les travaux se sont conclus au matin du dimanche 15 juillet par la célébration de la Messe, en présence des communautés de migrants en l’église Saint Eugénie de Stockholm et par une visite à l’Abbaye Sainte Brigitte de Vadstena.

Source : Agence Fides 13/07/2018 – AP

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Migrants : le Saint-Siège réaffirme “le droit de rester dans son pays d’origine”

Le Saint-Siège réaffirme, à l’ONU, le « droit » de chacun « de rester dans son pays d’origine », et en même temps « le devoir de prendre soin de ceux qui migrent par désespoir ».

Mgr Ivan Jurkovic, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève (Suisse), est en effet intervenu lors de la 38ème session du Conseil des droits de l’homme

« La migration a offert historiquement une immense contribution au développement des peuples, a fait notamment observer Mgr Jurkovic. Pourtant, il est important que la décision de partir soit un choix libre et éclairé, et non une nécessité impérieuse. Si d’une part, toute personne a le droit d’émigrer, il existe en même temps un droit de rester dans son pays d’origine. La délégation du Saint-Siège a insisté à mainte reprise sur l’urgence de s’attaquer aux facteurs qui forcent les gens à quitter leur foyer et leurs pays, contribuant à des flux migratoires désordonnés, imprévisibles et dangereux. »

Il a insisté sur la promotion d’une « culture de la solidarité », et sur le rejet de « la logique de l’indifférence et de la négligence ».

Il a invité à « offrir aux demandeurs d’asile, aux réfugiés, aux migrants et aux victimes de la traite des êtres humains l’occasion de trouver la paix nécessite une stratégie combinant quatre actions : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. »

Voici la traduction de Zenit, de l’anglais, de la déclaration du représentant du Saint-Siège

Déclaration de Mgr Ivan Jurkovic

Merci, Monsieur le Président.

Si la migration peut être considérée comme un « signe des temps », la « tragédie de notre temps » est que nous risquons de devenir trop familiers et insensibles aux morts tragiques et aux abus de nos frères et soeurs qui sont contraints de partir pour une foule de raisons mais aussi aux facteurs sous-jacents et aux inégalités croissantes qui provoquent de tels mouvements migratoires.

La voie du dialogue sur laquelle nous nous sommes engagés par la Déclaration de New York et par les négociations et les consultations en cours sur les deux Pactes mondiaux, peut contribuer à promouvoir une culture de la solidarité. À cet égard, il est important de maintenir l’élan et de rejeter la logique de l’indifférence et de la négligence. Alors que la responsabilité première incombe aux États en fonction de leurs capacités, notamment en termes d’intégration, il nous est constamment rappelé que ce qui est en jeu, ce sont des vies humaines.

La semaine dernière, le Pape François a exhorté à « abattre le mur de la « complicité confortable et silencieuse » qui aggrave leur détresse » 1, rappelant que le phénomène migratoire n’est « pas simplement un phénomène de nombre, mais de personnes ayant chacune sa propre histoire », sa culture, ses sentiments et ses aspirations … Ces personnes, nos frères et soeurs, ont besoin d’une « protection continue », quel que soit le statut de migrant qu’ils peuvent avoir »2.

Monsieur le Président,

La délégation du Saint-Siège partage certaines des préoccupations exprimées par le Rapporteur spécial dans son rapport, notamment en ce qui concerne les enfants en déplacement et en détention, ce qui ne peut jamais être dans leur meilleur intérêt. Offrir aux demandeurs d’asile, aux réfugiés, aux migrants et aux victimes de la traite des êtres humains l’occasion de trouver la paix nécessite une stratégie combinant quatre actions : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer 3.

Le retour, la réadmission et la réintégration font partie intégrante d’un système de migration bien ordonné, mais trop souvent la façon dont il est géré est préjudiciable à la fois aux migrants et aux relations entre les États et peut même renforcer les facteurs sous-jacents à la migration irrégulière. En particulier, le fait de subordonner l’aide au développement à la coopération d’un pays au retour des migrants crée un chantage et des affrontements mutuels4, qui entraînent souvent des violations des droits de l’homme. Le fait que les personnes humaines soient de plus en plus utilisées comme monnaie d’échange à la table des négociations est inacceptable.

Monsieur le Président,

La migration a offert historiquement une immense contribution au développement des peuples. Pourtant, il est important que la décision de partir soit un choix libre et éclairé, et non une nécessité impérieuse. Si d’une part, toute personne a le droit d’émigrer, il existe en même temps un droit de rester dans son pays d’origine.5 La délégation du Saint-Siège a insisté à mainte reprise sur l’urgence de s’attaquer aux facteurs qui forcent les gens à quitter leur foyer et leurs pays, contribuant à des flux migratoires désordonnés, imprévisibles et dangereux.

 

Les facteurs d’interaction qui façonnent la migration, dont nous ne pouvons pas encore anticiper la plupart, ne peuvent être pris en charge par un seul État. À cet égard, cette délégation partage les préoccupations du secrétaire général des Nations unies, M. António Guterres, que nous « devrions utiliser tous les outils de développement, de gouvernance et de politique à notre disposition pour prévenir et atténuer les forces humaines et naturelles qui conduisent à de tels larges mouvements de population, mais nous devrions également reconnaître que nous avons le devoir de prendre soin de ceux qui migrent par désespoir. « 6

Merci, Monsieur le Président.

***

NOTES

1 Pape François, Message au « Deuxième Saint-Siège – Conférence de Mexico sur les migrations internationales« , 14 juin 2018.

2 Ibid.

3 Cf. Pape François, Message pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2018.

4 Cf. A / 71/728 Rapport du Représentant spécial du Secrétaire général sur les migrations (le « Rapport Sutherland »).

Source : Zenit.org – Anita Bourdin

Tribunes et entretiens

Sur le bras de fer entre Trump et François sur les migrants

de Gérard Leclerc sur France-catholique :
Faut-il parler d’une sorte de bras de fer entre Donald Trump et le pape François ? Il est incontestable que les positions du président des États-Unis et de l’évêque de Rome sont aux antipodes sur la question des migrants. Depuis que Donald Trump a pris des mesures très dures à l’égard des familles de sans-papiers, enfermant les enfants mineurs dans ce qu’on appelle des cages, l’indignation est à son comble. Le Pape n’accepte pas cette séparation des enfants de leurs parents. Et qui donc pourrait le lui reprocher, en tant que pasteur « présidant à la charité » pour reprendre l’expression de saint Ignace d’Antioche ? Si le Pape ne défendait pas cette exigence minimum de l’intégrité du lien familial, qui pourrait le faire à sa place, avec son degré d’autorité ? Mais en même temps, un autre langage s’exprime, auquel on ne peut dénier sa part de légitimité. Un langage sans doute dénué de la brutalité de Donald Trump, mais qui condamne néanmoins l’irréalisme d’une politique immigrationiste, par ailleurs de plus en plus insupportable aux peuples européens.

« Le populisme et les psychoses ne sont pas, dit François, des réponses aux problèmes mondiaux de l’immigration. La solution c’est le consentement, l’étude, la prudence. » Que faut-il entendre ici par consentement ? Sans doute ce qu’il y a de plus légitime dans la démocratie, c’est-à-dire l’acquiescement, autant que possible, réfléchi des citoyens à une orientation ou à une décision politiques. Mais alors il s’agit pour les citoyens d’intégrer toutes les données rationnelles d’un dossier, aussi complexe que celui des mouvements migratoires. Ce n’est pas du tout évident ! Les chrétiens, en tant que citoyens, doivent participer à cette réflexion, en tenant compte des principes de l’Évangile mais aussi des données concrètes sans lesquelles les principes confinent à un idéalisme dangereux.

Pourquoi ne pas le dire ? Face à un défi aussi redoutable que celui-là, il est plus que légitime d’être soi-même partagé entre des sentiments contraires, inspirés par la difficulté extrême du sujet. Il ne suffit pas de sauvegarder les vies menacées en Méditerranée. Il faut sérieusement réfléchir aux conditions d’intégration d’une population nouvelle, celle qui s’entasse dans les quartiers perdus de la République. Voilà qui relève aussi de l’étude et de la prudence recommandées par le Saint-Père.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 21 juin 2018.

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Secrétaire général de l’ONU : “Il est nécessaire de favoriser le rapatriement des chrétiens ayant fui l’Irak et la Syrie”

Le Christianisme fait « partie intégrante » de la culture du Proche Orient et il est nécessaire « d’assurer le retour des chrétiens et des membres d’autres minorités religieuses », qui se sont éloignés de leurs pays d’origine à cause de situations de violence et de persécution, en garantissant en particulier la stabilisation de la situation politique en Irak et en Syrie. C’est ce qu’a déclaré Antònio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, à l’occasion du colloque qu’il a eu le 20 juin à Moscou avec le Patriarche orthodoxe de toutes les Russies, Cyrille. A. Guterres – indiquent des sources et des agences russes – a exprimé sa satisfaction en ce qui concerne l’engagement du Patriarcat de Moscou dans le dialogue interreligieux et, tout en réaffirmant le jugement généralement partagé sur les régimes du Proche Orient comme le régime syrien, il a admis que ces régimes, à leur façon et sous certains aspects, représentent un facteur de protection pour les minorités religieuses.

Durant sa visite à Moscou, le Secrétaire général de l’ONU a également rencontré le Président russe, Vladimir Poutine, et le Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergei Lavrov.

Source : Agence Fides 21/06/2018 – GV

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Selon le Cardinal Sandri, le vivre-ensemble a échoué au Moyen-Orient

L’émigration massive des chrétiens d’Orient révèle « l’échec d’un idéal de la coexistence pacifique » dans cette région du monde, s′est alarmé le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la congrégation pour les Églises orientales, lors de la 91e assemblée plénière de la Réunion des Œuvres d’Aide aux Églises Orientales (ROACO) à Rome, le 20 juin 2018.

À l’occasion des travaux de réflexion conduit par la ROACO, le cardinal Sandri a livré son analyse de chef de dicastère sur la réalité des flux migratoires qui tourmentent le monde contemporain.

Le Saint-Siège très préoccupé par les migrations
« Nous sommes, ces dernières semaines, littéralement bombardés de nouvelles peu encourageantes sur la réalité du flux migratoire en Europe », a-t-il constaté de prime abord entre les murs de la Curie générale des Jésuites. Selon le préfet du dicastère pour les Églises orientales, ces flux sont la conséquence de « l’échec d′un idéal de coexistence pacifique » au Moyen-Orient, ce qui suscite la préoccupation du Saint-Siège.

« Les débats stériles », qui occupent aujourd’hui l’espace public, doivent impérativement être dépassés, a-t-il soutenu. Prenant l’exemple de l’exode des Chrétiens d’Orient, objet de cette assemblée plénière, le préfet argentin a plaidé pour la bonne articulation entre structures juridiques hors du Moyen-Orient et demandes de terrain, comme celles du vicaire apostolique d’Anatolie s’échinant à fournir des moyens aux prêtres de la région qui aident réfugiés syriens et irakiens de Turquie.

 « Les Chrétiens d’Orient enrichissent le visage de l’Église européenne »
La complexe gestion de ces flux met cependant en lumière de nombreux traits positifs pour l’Église européenne. Ces migrants du berceau du christianisme qui arrivent en Europe, a-t-il relevé, sont porteurs « d’une joie de l’Évangile que les sociétés sécularisées ont perdue », s’est réjoui le cardinal, pour sa part, ancré dans le tissu ecclésial latino-américain.

Cet ancien nonce au Venezuela et au Mexique en témoigne : « L’Église n’est pas seulement latine – au sens européen – , il faut lui reconnaître une plus riche identité ».

Source : Vatican News

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Migrants : le pape rappelle la prudence comme vertu du gouvernement

Certes il faut « accueillir, protéger, promouvoir, intégrer » les réfugiés, mais compte tenu de la « vertu » de l’art de gouverner qui est la « prudence », rappelle le pape François. Il distingue entre la gestion habituelle des migrations et les interventions urgentes. Et il apporte son soutien aux évêques américains.

Le pape François a résumé ainsi ses messages sur la dignité des réfugiés, le 21 juin 2018, en réponse à une question, en italien, de la journaliste espagnole Eva Fernández. Au lendemain de la Journée mondiale des réfugiés.

Dans l’avion, le pape a aussi parlé de ses « rencontres » à Genève, de l’inter-communion en Allemagne, et il a affirmé l’urgence de l’union des chrétiens pour la paix dans le monde et le refus du prosélytisme.

Voici la traduction de Zenit de la réponse faite par le pape François en italien :

« J’ai beaucoup parlé des réfugiés et les critères sont dans ce que j’ai dit : « accueillir, protéger, promouvoir, intégrer ». Ce sont des critères pour tous les réfugiés. Puis j’ai dit que chaque pays doit faire cela avec la vertu du gouvernement qui est la prudence, car un pays doit accueillir autant de réfugiés que possible et autant qu’il peut les intégrer : intégrer, c’est-à-dire éduquer, donner du travail … Voilà, disons, le plan tranquille, serein, des réfugiés.

Ici, nous vivons une vague de réfugiés fuyant les guerres et la faim. Guerre et faim dans de nombreux pays d’Afrique, guerres et persécutions au Moyen-Orient. L’Italie et la Grèce ont été très généreuses dans l’accueil. Pour le Moyen-Orient – en ce qui concerne la Syrie – la Turquie en a reçu tant ; Liban, tant : le Liban a autant de Syriens que de Libanais ; puis la Jordanie et d’autres pays. Même l’Espagne en avait accueillis.

Il y a le problème du trafic des migrants. Et il y a aussi le problème des cas où ils repartent, parce qu’ils doivent repartir : il y a ce cas … Je ne connais pas bien les termes de l’accord, mais si ils sont dans les eaux libyennes, il doivent repartir … Et j’ai vu les photos des prisons de trafiquants. Les trafiquants séparent immédiatement les femmes des hommes : les femmes et les enfants vont Dieu sait où … C’est ce que font les trafiquants. Il y a aussi un cas, je le sais, où les trafiquants se sont approchés d’un navire qui avait recueilli des réfugiés des bateaux et ils ont dit : « Donnez-nous les femmes et les enfants et emmenez les hommes ». Voilà ce que font les trafiquants.

Et les prisons des trafiquants, pour ceux qui sont retournés, sont terribles, elles sont terribles. Dans les camps de la Seconde Guerre mondiale on voyait cela. Même des mutilations, des tortures … Et puis ils les jettent dans les fosses communes, les hommes.

Voilà pourquoi les gouvernements se préoccupent de ne pas les faire repartir, pour qu’ils ne tombent pas entre les mains de ces gens-là. La préoccupation est mondiale. Je sais que les gouvernements en parlent et qu’ils veulent trouver un accord, même pour amender l’Accord de Dublin.

En Espagne, vous avez eu le cas de ce navire qui est arrivé à Valence. Mais tout ce phénomène est un désordre. Le problème des guerres est difficile à résoudre ; le problème de la persécution des chrétiens aussi, au Moyen-Orient et aussi au Nigeria.

Mais le problème de la faim peut être résolu. Et beaucoup de gouvernements européens pensent à un plan d’urgence pour investir dans ces pays, investir intelligemment, donner du travail et une éducation, ces deux choses. Dans les pays d’où viennent ces personnes. Parce que – sans offenser, mais c’est la vérité – dans l’inconscient collectif, il y a une horrible devise : « L’Afrique doit être exploitée » – Africa es para ser explotada. C’est dans l’inconscient : « Eh, ce sont des Africains ! … ». Terre d’esclaves. Et cela doit changer avec ce plan d’investissements, d’éducation, de développement, parce que le peuple africain a tant de richesses culturelles, tant ! Et ils ont une grande intelligence : les enfants sont très intelligents et ils peuvent, avec une bonne éducation, aller plus loin. Ce sera la route à moyen terme.

Mais sur le moment, les gouvernements doivent se mettre d’accord pour avancer avec cette urgence. Ceci, ici, en Europe.

Allons en Amérique. En Amérique, il y a un gros problème migratoire en Amérique latine, et il y a aussi le problème de la migration interne. Dans ma patrie, il y a un problème de migration du nord au sud ; les gens quittent la campagne parce qu’il n’y a pas de travail et ils vont dans les grandes villes, et il y a ces mégapoles, ces bidonvilles, et toutes ces choses … Mais il y a aussi une migration externe vers d’autres pays qui donnent du travail. Pour parler concrètement, vers les États-Unis. Je suis d’accord avec ce que disent les évêques de ce pays. Je les soutiens. Merci. »

Source : Zenit.org – Anita Bourdin

Brèves

Est-ce non-chrétien de refuser les migrants ?

En Anglais mais compréhensible avec quelques notions.