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Le pape François ou l’apologie des migrations

Le pape François s’est rendu au Maroc les 30 et 31 mars derniers à l’invitation du roi Mohammed VI. L’occasion, pour lui, d’aborder une nouvelle fois le thème des migrations, par un discours immigrationniste qui ignore le malaise identitaire qui étreint l’Europe.

 

Est-ce parce qu’il est issu d’une famille de migrants piémontais installés en Argentine que le pape François prend si à cœur la question migratoire ? Il est vrai que la situation s’est dégradée en Méditerranée où l’on dénombre près de 17 000 personnes décédées depuis 2014. Personne ne peut rester insensible à cette tragédie humaine et accepter que la mare nostrumdevienne un cimetière, comme l’avait expliqué le pape devant le Parlement européen en 2014.

 

Mais, au Maroc où il s’est rendu les 30 et 31 mars derniers, c’est un discours bien plus politique qu’il a tenu, notamment lors d’une visite d’un centre de la fondation Caritas qui abrite des migrants africains. Dans le prolongement de ses précédentes prises de position, le pape François se fonde sur le pacte de Marrakech approuvé par les représentants de 160 pays en décembre dernier, pour exiger « une migration sûre, ordonnée et régulière » qui profitera aux sociétés des pays d’accueil. Celles-ci « en seront enrichies si elles savent valoriser au mieux la contribution des migrants, en prévenant tout type de discrimination et tout sentiment xénophobe ». L’idée est de pouvoir construire « une société interculturelle et ouverte », avec « des villes accueillantes, plurielles et attentives aux processus interculturels, capables de valoriser la richesse des différences dans la rencontre de l’autre ».

 

S’il rappelle « le droit d’émigrer » comme « celui de ne pas être contraint à émigrer », le pape voit avant tout dans l’immigration une source d’enrichissement mutuel. Il n’a probablement pas à l’esprit le déracinement des immigrés ni les difficultés d’intégration qu’engendre une immigration de masse, surtout quand l’immigré porte une culture différente de celle du pays d’accueil. Il s’agit, pour lui, d’une obligation morale qui ne souffre aucun doute. D’ailleurs, il culpabilise ceux qui s’opposent à la pression migratoire, en expliquant qu’ils cèdent à « la peur » qui fait le lit « des populismes » qui, par le passé, ont pu conduire Hitler au pouvoir. On croirait entendre un dignitaire du parti socialiste ; mais non, il s’agit du pape.

Le pape n’a probablement pas à l’esprit le déracinement des immigrés ni les difficultés d’intégration qu’engendre une immigration de masse, surtout quand l’immigré porte une culture différente de celle du pays d’accueil.

Une donnée principale doit lui échapper, celle du nombre. Engels disait qu’« à partir d’un certain nombre, la quantité devient une qualité ». De fait, s’il est possible d’assimiler des individus ou des familles, la même entreprise devient beaucoup plus problématique avec des masses. Or, le pape néglige la question des équilibres démographiques. Il voit d’ailleurs comme un signe positif la situation minoritaire des chrétiens au Maroc car « notre mission de baptisés, de prêtres, de consacrés, n’est pas déterminée particulièrement par le nombre ou par l’espace que nous occupons ».

Dans ces conditions, pourrons-nous toujours rester chrétien demain en Europe si l’on accueille autant de migrants musulmans qui gardent leur culture et forment des poches de contre-sociétés au cœur du monde occidental ? Quelle « culture de la rencontre » pour les « petits blancs » obligés de quitter leur quartier pour ne pas subir la pression de l’islam, majoritaire dans certains pans du territoire ?

Pourrons-nous toujours rester chrétien demain en Europe si l’on accueille autant de migrants musulmans qui gardent leur culture et forment des poches de contre-sociétés au cœur du monde occidental ?

Pour celui qui considère l’Europe comme « une grand-mère fatiguée » (discours au Parlement européen, novembre 2014) et se méfie de l’invocation des racines chrétiennes qui peuvent porter en elle des relents de « colonialisme » (La Croix, interview du 19 mai 2016), « l’Europe a été formée par les mouvements migratoires et c’est sa richesse », comme il l’affirme lors de la conférence de presse tenue dans l’avion qui le ramenait du Maroc.

 

Pas étonnant, dès lors, qu’il prône le multiculturalisme puisqu’il ne voit aucun socle culturel commun qui unifie l’Europe. C’est peut-être là l’omission la plus grave. Certes, l’Europe est, à bien des égards, une société post-chrétienne qui a renié son héritage chrétien mais celui-ci reste ancré au cœur de sa culture. Que la culture chrétienne n’intéresse pas le saint Père, voilà qui est particulièrement préoccupant !

Si le christianisme est avant tout une relation personnelle à Dieu, il s’enracine aussi dans une culture qui forme un socle commun permettant à tous de pouvoir échanger et se comprendre quelles que soit sa religion.

Car si le christianisme est avant tout une relation personnelle à Dieu, il s’enracine aussi dans une culture qui forme un socle commun permettant à tous de pouvoir échanger et se comprendre quelles que soit sa religion. Si ce socle commun disparaissait sous la poussée de l’islam, nos sociétés deviendraient éclatées et ce serait probablement la fin de la civilisation européenne qui a porté le christianisme au cours de son histoire pendant plus de deux mille ans. Est-ce cela que souhaite le pape argentin ?

 

Benoit Dumoulin

Source L’incorrect

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Cardinal Sarah – Aujourd’hui une migration parfaitement programmée

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Mgr Cattenoz ne reconnaît plus le CCFD

Dès le début de son pontificat, le pape François s’est fixé comme priorité la lutte contre les pauvretés matérielles et spirituelles. Plusieurs paroisses, ainsi que l’archevêché, ont répondu à ses appels chacun à sa mesure, en offrant hébergement, aide financière et accompagnement. Simultanément, des chrétiens se sont investis sans bruit dans la création des antennes locales du programme JRS Welcome d’aide aux migrants et de l’association Habitat et Humanisme.

Depuis plusieurs années, la paroisse Saint-Symphorien d’Avignon accueille toutes les deux semaines une quarantaine de SDF pour une table ouverte et un temps de partage dans un presbytère en partie vétuste. Le départ de l’UDAF d’un bâtiment de la paroisse a laissé entrevoir à la paroisse la possibilité de faire des travaux grâce à la vente de cet ensemble immobilier désormais libre. Mais récemment, le collectif de citoyens Rosmerta s’est mis en avant, en le réquisitionnant brusquement et au nom d’une « réquisition citoyenne », pour y installer une trentaine de migrants. Suite à une réunion avec le Préfet, son administration, les associations mandatées par l’État, la mairie et le collectif Rosmerta, il a été clairement établi que les services de l’État, les associations mandatées et la mairie qui s’occupent actuellement de plus de 65 000 démunis sont totalement en capacité de prendre en charge la trentaine de personnes actuellement hébergées dans le bâtiment « réquisitionné ».

Le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD-Terre Solidaire) a rejoint le collectif de citoyens Rosmerta sans concertation préalable avec l’Église. Malgré mon courrier à l’antenne locale, cette dernière s’est maintenue solidaire de cette action sans concertation, réalisée dans l’ombre et hors de l’Église locale. Alors que le bureau national est resté sans réponse à mon courrier, l’évêque accompagnateur Mgr Blaquart m’a fait part de son indignation devant ces agissements.

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Italie : un migrant expulsé pour avoir menacer de tuer des chrétiens

Trois migrants musulmans convaincus de liens avec des groupes musulmans terroristes, ont été expulsés d’Italien, annonce un communiqué du ministère de l’Intérieur du 12 octobre dernier. Les trois expulsés sont un Marocain de 22 ans, un Tunisien de 28 ans et un Gambien de 24 ans. Dans un carnet de notes en sa possession, ce dernier exprimait son fort désir de tuer des chrétiens et de s’en prendre à des églises… Ces trois individus étaient déjà des repris de justice en Italie pour toutes sortes de méfaits : crimes de droit commun, vente de drogue…

Source : ministère italien de l’Intérieur, communiqué du 12 octobre. via Observatoire de la christianophobie

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Italie : un évêque propose de transformer les églises en mosquées pour aider les migrants

C’est une déclaration choc qui provient de Raffaele Nogaro, évêque italien bien connu pour sa défense totale des migrants et son opposition féroce à Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien issu de la Ligue. Selon cet évêque, habitué des déclarations et des actions en faveur des migrants, Matteo Salvini serait en opposition avec le message de Jésus. Des propos diffusés par AGI, l’une des principales agences de presse du pays.

Pour cet évêque italien, l’aide aux migrants devrait être inconditionnelle

Monseigneur Nogaro a une vision très particulière de l’aide aux migrants venus en Europe, très majoritairement pour des raisons économiques : « Moralement et en tant qu’homme de foi, je serais prêt à transformer les églises en mosquées si cela était utile à la cause et si cela permettait de sauver la vie des hommes et des femmes, pauvres et malheureux. Car le Christ ne est pas venu sur la terre pour construire des églises, mais pour aider les gens sans distinction de race, de religion ou de nationalité. »

Une vision radicale de sa religion, symbolique des crispations identitaires qui traversent l’Eglise. Dans le même article de l’AGI, on apprend par ailleurs que l’évêque a rencontré le pape François qui l’a notamment reconnu au milieu d’une foule de prélats en 2014, symbole de cet amour partagé des migrants par les deux hommes.

Un évêque italien prêt à transformer les églises en mosquées si cela permettait d'aider les migrants
Raffaele Nogaro, accompagné de deux migrants lors d’une manifestation en 2014

Entre Salvini et Nogaro, deux catholicismes ?

Il n’y a pas plus féroce opposant à Salvini que l’évêque Nogaro. Dans l’article de l’AGI, il s’attaque à lui de manière évidente : « Il y a des hommes politiques qui, dans leurs discours, continuent à prêcher les expulsions. Et, la pire chose est qu’ils font avec la couronne et le chapelet à la main et nommant le nom de Dieu en vain, un péché très grave. »

C’est une référence claire au ministre de l’Intérieur italien qui, dans son discours annuel aux membres de la Ligue, avait brandi un chapelet face à la foule.

Matteo Salvini avait ainsi déclaré : « Je pense que nous réussirons en combattant ici-bas mais également avec le soutien de ceux qui sont là-haut. Chacun d’entre nous le porte dans son cœur et je le porte encore plus dans le cœur, ce chapelet [il montre un chapelet, ndt] qui m’a été donné par un prêtre de banlieue, un prêtre de rue, un chapelet confectionné par une femme exploitée, par une de ces femmes qui croyait que l’Italie était un pays de cocagne, qu’en Italie il y avait des maisons et du travail pour tous ; et pour cette raison elle s’est déracinée de sa terre, Je ferai tout, pour mériter votre soutien, même le plus petit.  Cette femme, comme d’autre femmes était peut-être une femme nigériane mais elle aurait aussi pu être une femme italienne. Je ferai, nous ferons tout pour que chacun puisse naître, grandir, aller à l’école, se soigner, travailler et voir naître ses enfants dans son propre pays, sans être déraciné et envoyé de l’autre côté du monde. Pour que chacun soit heureux et fier de son pays. »

Des propos qui semblent donner tort à Raffaele Nogaro qui considère Salvini comme un homme politique si mauvais qu’il affirme presque de manière claire que les catholiques soutenant Salvini ne méritent pas la confession ! En effet, interrogé par un prêtre lui demandant si un paroissien soutenant Salvini pouvait se voir accorder l’absolution, l’évêque immigrationniste répondait de manière très dure. « Vous devez seulement lui dire : ‘Jésus-Christ dit certaines choses et Matteo Salvini dit le contraire. Vous décidez si vous pouvez accéder à ce sacrement.’ »

La tolérance sans limite pour les migrants, pas pour les 30 % d’Italiens qui ont une opinion favorable de la Ligue.

Crédit photo : Raffaele Nogaro, accompagné de deux migrants lors d’une manifestation en 2014, Alto Casertano-Matesino [CC BY 2.5], via Wikimedia Commons

Source : Breizh-Info.com

NLQ #Rome

Messe pour les migrants : le pape prend la défense des pauvres “piétinés”

Rappelons à titre liminaire que le pape avait rappelé que la prudence dans l’accueil des migrants était une vertu de gouvernement.

Texte de l’homélie prononcée par le pape François le 6 juillet 2018 lors de la messe célébrée à l’occasion du 5ème anniversaire de sa visite à Lampedusa :

« Vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays […]. Voici venir des jours où j’enverrai la famine sur la terre ; […] la faim d’entendre les paroles du Seigneur » (Am 8, 4.11). La mise en garde du prophète Amos reste encore aujourd’hui d’une brûlante actualité. Que de pauvres aujourd’hui sont piétinés ! Que de petites gens sont exterminées ! Ils sont tous victimes de la culture de marginalisation qui a été plusieurs fois dénoncée. Et parmi eux je ne peux pas ne pas mentionner les migrants et les réfugiés qui continuent à frapper aux portes des nations jouissant d’un plus grand bien-être.

Il y a cinq ans, pendant ma visite à Lampedusa, rappelant les victimes des naufrages, je me suis fait l’écho de l’appel de toujours à la responsabilité humaine : « “Où est ton frère ?”. La voix de son sang crie vers moi, dit Dieu. Ce n’est pas une question adressée aux autres, c’est une question adressée à moi, à toi, à chacun de nous. » (Insegnamenti1 [2013], vol. 2, 23). Malheureusement, les réponses à cet appel, même si elles sont généreuses, n’ont pas été suffisantes, et nous nous retrouvons à pleurer aujourd’hui des milliers de morts.

L’Evangile de ce jour contient l’invitation de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos ». Le Seigneur promet repos et libération à tous les opprimés du monde, mais il a besoin de nous pour rendre efficace sa promesse. Il a besoin de nos yeux pour voir les besoins nos frères et sœurs. Il a besoin de nos mains pour secourir. Il a besoin de notre voix pour dénoncer les injustices commises dans le silence – parfois complice – de beaucoup.

Je devrais, en effet, parler de beaucoup de silences : le silence du sens commun, le silence du “cela a toujours été comme ça”, le silence du “nous” toujours opposé au “vous”. Le Seigneur a surtout besoin de notre cœur pour manifester l’amour miséricordieux de Dieu envers les derniers, les personnes rejetées, abandonnées, marginalisées.

Dans l’Evangile de ce jour, Matthieu raconte le jour le plus important de sa vie, celui où il a été appelé par le Seigneur. L’Evangile rappelle clairement le reproche de Jésus aux pharisiens, prompts aux murmures sournois : « Allez apprendre ce que signifie : “Je veux la miséricorde, non le sacrifice” » (9, 13). C’est une accusation directe contre l’hypocrisie stérile de celui qui ne veut pas “se salir les mains”, comme le prêtre et le lévite de la parabole du Bon Samaritain. Il s’agit d’une tentation bien présente encore de nos jours qui se traduit par une fermeture vis-à-vis de tous ceux qui ont droit, comme nous, à la sécurité et à une condition de vie digne, et qui construit des murs, réels ou imaginaires, au lieu de ponts.

Face aux défis migratoires d’aujourd’hui, la seule réponse sensée est celle de la solidarité et de la miséricorde ; une réponse qui ne fait pas trop de calculs mais qui exige un partage équitable des responsabilités, une honnête et sincère évaluation des possibilités et une gestion avisée. La politique juste est celle qui se met au service de la personne, de toutes les personnes intéressées ; qui prévoit des solutions adaptées pour garantir la sécurité, le respect des droits et de la dignité de tous ; qui sait voir le bien de son propre pays en prenant en compte celui des autres pays, dans un monde toujours plus interconnecté. C’est ce monde que les jeunes regardent.

Le psalmiste nous a montré l’attitude juste qu’il faut adopter en conscience devant Dieu : « J’ai choisi la voie de la fidélité, je m’ajuste à tes décisions » (Ps 118, 30). Un engagement à la fidélité et à la droiture de jugement que nous souhaitons poursuivre avec les gouvernants du monde et les personnes de bonne volonté. Nous suivons pour cela avec attention le travail de la Communauté internationale pour répondre aux défis posés par les migrations contemporaines, en harmonisant avec sagesse, solidarité et subsidiarité, et en identifiant les ressources ainsi que les responsabilités.

Je souhaite conclure par quelques mots en espagnol à l’adresse des fidèles qui sont venus d’Espagne. J’ai voulu célébrer le cinquième anniversaire de ma visite à Lampedusa avec vous qui représentez les sauveteurs et les rescapés en Mer Méditerranée. Je veux exprimer aux premiers ma reconnaissance parce que vous incarnez aujourd’hui la parabole du Bon Samaritain qui s’est arrêté pour sauver la vie du pauvre homme frappé par les bandits, sans se demander qui il était, sa provenance, les raisons de son voyage ou ses papiers d’identité… : il a simplement décidé de le prendre en charge et de lui sauver la vie. Je veux réitérer aux rescapés ma solidarité et mes encouragements puisque je connais bien les tragédies que vous fuyez. Je vous demande de continuer d’être les témoins de l’espérance dans un monde chaque jour plus préoccupé de son présent, possédant une vision étriquée de l’avenir et réticent à partager, et dans le respect de la culture et des lois du pays qui vous accueille, de vous frayer ensemble le chemin de l’intégration.

Je demande à l’Esprit Saint d’éclairer notre esprit et d’enflammer notre cœur pour dépasser toutes les peurs et les inquiétudes, et pour nous transformer en instruments dociles de l’amour miséricordieux du Père, prêts à donner notre vie pour nos frères et sœurs comme l’a fait le Seigneur Jésus-Christ pour chacun de nous.

Source : Zenit.org

 

 

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Suède : les évêques rencontrent des délégués européens de la pastorale des migrants

Un mouvement d’humanité : le flux des migrants et des nouvelles. Le dialogue et la communication pour une culture de la rencontre » : tel était le thème de la Rencontre annuelle des Evêques et délégués responsables de la Pastorale des migrants des Conférences épiscopales d’Europe, qui s’est tenue à partir du 13 juillet, à Stockholm.

Les délégués entendent approfondir le rapport entre flux migratoire et perception qu’en a l’opinion publique, éduquée par une communication qui ne promeut pas toujours le dialogue et la culture de la rencontre.

« L’Eglise catholique en Suède est une Eglise de migrants. Nombre d’entre nous proviennent d’autres pays et certains d’entre nous d’autres dénominations. En tant que chrétiens, nous sommes tous pèlerins sur le chemin du Royaume céleste de Dieu » a déclaré S.Em. le Cardinal Anders Arborelius, OCD, responsable de la section migrations de la Commission CCEE de la Pastorale sociale.

« Si nous sommes véritablement conscients de cette grâce, nous serons également en mesure d’être plus ouverts et accueillants envers ces migrants que Dieu nous a envoyés. Nous avons notre véritable patrie dans les cieux. Le Royaume de Dieu est notre véritable patrie. Ici-bas, nous sommes tous des hôtes, des pèlerins, des migrants. Nous ne nous appartenons pas. Nous avons la même vocation : être témoins de Jésus ici et maintenant » poursuit le Cardinal dans la note parvenue à Fides.

Parmi les thèmes à l’ordre du jour se trouvent celui des relations entre « Immigrations et opinion publique : les dynamiques de l’information ». Aura également lieu une confrontation sur le thème « Comment l’Eglise fait-elle usage des moyens de communication pour parler des migrations », avec le témoignage de divers organismes ecclésiaux internationaux qui travaillent dans le domaine de la Pastorale des migrants. Seront ensuite analysés les thèmes « Comment l’Eglise forme-t-elle et informe-t-elle ses fidèles sur le phénomène de la migration » et « Comment l’Eglise fait-elle usage des moyens de communication pour témoigner au monde ce qu’elle fait et pense de la migration ».

Les travaux se sont conclus au matin du dimanche 15 juillet par la célébration de la Messe, en présence des communautés de migrants en l’église Saint Eugénie de Stockholm et par une visite à l’Abbaye Sainte Brigitte de Vadstena.

Source : Agence Fides 13/07/2018 – AP

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Migrants : le Saint-Siège réaffirme “le droit de rester dans son pays d’origine”

Le Saint-Siège réaffirme, à l’ONU, le « droit » de chacun « de rester dans son pays d’origine », et en même temps « le devoir de prendre soin de ceux qui migrent par désespoir ».

Mgr Ivan Jurkovic, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève (Suisse), est en effet intervenu lors de la 38ème session du Conseil des droits de l’homme

« La migration a offert historiquement une immense contribution au développement des peuples, a fait notamment observer Mgr Jurkovic. Pourtant, il est important que la décision de partir soit un choix libre et éclairé, et non une nécessité impérieuse. Si d’une part, toute personne a le droit d’émigrer, il existe en même temps un droit de rester dans son pays d’origine. La délégation du Saint-Siège a insisté à mainte reprise sur l’urgence de s’attaquer aux facteurs qui forcent les gens à quitter leur foyer et leurs pays, contribuant à des flux migratoires désordonnés, imprévisibles et dangereux. »

Il a insisté sur la promotion d’une « culture de la solidarité », et sur le rejet de « la logique de l’indifférence et de la négligence ».

Il a invité à « offrir aux demandeurs d’asile, aux réfugiés, aux migrants et aux victimes de la traite des êtres humains l’occasion de trouver la paix nécessite une stratégie combinant quatre actions : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. »

Voici la traduction de Zenit, de l’anglais, de la déclaration du représentant du Saint-Siège

Déclaration de Mgr Ivan Jurkovic

Merci, Monsieur le Président.

Si la migration peut être considérée comme un « signe des temps », la « tragédie de notre temps » est que nous risquons de devenir trop familiers et insensibles aux morts tragiques et aux abus de nos frères et soeurs qui sont contraints de partir pour une foule de raisons mais aussi aux facteurs sous-jacents et aux inégalités croissantes qui provoquent de tels mouvements migratoires.

La voie du dialogue sur laquelle nous nous sommes engagés par la Déclaration de New York et par les négociations et les consultations en cours sur les deux Pactes mondiaux, peut contribuer à promouvoir une culture de la solidarité. À cet égard, il est important de maintenir l’élan et de rejeter la logique de l’indifférence et de la négligence. Alors que la responsabilité première incombe aux États en fonction de leurs capacités, notamment en termes d’intégration, il nous est constamment rappelé que ce qui est en jeu, ce sont des vies humaines.

La semaine dernière, le Pape François a exhorté à « abattre le mur de la « complicité confortable et silencieuse » qui aggrave leur détresse » 1, rappelant que le phénomène migratoire n’est « pas simplement un phénomène de nombre, mais de personnes ayant chacune sa propre histoire », sa culture, ses sentiments et ses aspirations … Ces personnes, nos frères et soeurs, ont besoin d’une « protection continue », quel que soit le statut de migrant qu’ils peuvent avoir »2.

Monsieur le Président,

La délégation du Saint-Siège partage certaines des préoccupations exprimées par le Rapporteur spécial dans son rapport, notamment en ce qui concerne les enfants en déplacement et en détention, ce qui ne peut jamais être dans leur meilleur intérêt. Offrir aux demandeurs d’asile, aux réfugiés, aux migrants et aux victimes de la traite des êtres humains l’occasion de trouver la paix nécessite une stratégie combinant quatre actions : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer 3.

Le retour, la réadmission et la réintégration font partie intégrante d’un système de migration bien ordonné, mais trop souvent la façon dont il est géré est préjudiciable à la fois aux migrants et aux relations entre les États et peut même renforcer les facteurs sous-jacents à la migration irrégulière. En particulier, le fait de subordonner l’aide au développement à la coopération d’un pays au retour des migrants crée un chantage et des affrontements mutuels4, qui entraînent souvent des violations des droits de l’homme. Le fait que les personnes humaines soient de plus en plus utilisées comme monnaie d’échange à la table des négociations est inacceptable.

Monsieur le Président,

La migration a offert historiquement une immense contribution au développement des peuples. Pourtant, il est important que la décision de partir soit un choix libre et éclairé, et non une nécessité impérieuse. Si d’une part, toute personne a le droit d’émigrer, il existe en même temps un droit de rester dans son pays d’origine.5 La délégation du Saint-Siège a insisté à mainte reprise sur l’urgence de s’attaquer aux facteurs qui forcent les gens à quitter leur foyer et leurs pays, contribuant à des flux migratoires désordonnés, imprévisibles et dangereux.

 

Les facteurs d’interaction qui façonnent la migration, dont nous ne pouvons pas encore anticiper la plupart, ne peuvent être pris en charge par un seul État. À cet égard, cette délégation partage les préoccupations du secrétaire général des Nations unies, M. António Guterres, que nous « devrions utiliser tous les outils de développement, de gouvernance et de politique à notre disposition pour prévenir et atténuer les forces humaines et naturelles qui conduisent à de tels larges mouvements de population, mais nous devrions également reconnaître que nous avons le devoir de prendre soin de ceux qui migrent par désespoir. « 6

Merci, Monsieur le Président.

***

NOTES

1 Pape François, Message au « Deuxième Saint-Siège – Conférence de Mexico sur les migrations internationales« , 14 juin 2018.

2 Ibid.

3 Cf. Pape François, Message pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2018.

4 Cf. A / 71/728 Rapport du Représentant spécial du Secrétaire général sur les migrations (le « Rapport Sutherland »).

Source : Zenit.org – Anita Bourdin

Tribunes et entretiens

Sur le bras de fer entre Trump et François sur les migrants

de Gérard Leclerc sur France-catholique :
Faut-il parler d’une sorte de bras de fer entre Donald Trump et le pape François ? Il est incontestable que les positions du président des États-Unis et de l’évêque de Rome sont aux antipodes sur la question des migrants. Depuis que Donald Trump a pris des mesures très dures à l’égard des familles de sans-papiers, enfermant les enfants mineurs dans ce qu’on appelle des cages, l’indignation est à son comble. Le Pape n’accepte pas cette séparation des enfants de leurs parents. Et qui donc pourrait le lui reprocher, en tant que pasteur « présidant à la charité » pour reprendre l’expression de saint Ignace d’Antioche ? Si le Pape ne défendait pas cette exigence minimum de l’intégrité du lien familial, qui pourrait le faire à sa place, avec son degré d’autorité ? Mais en même temps, un autre langage s’exprime, auquel on ne peut dénier sa part de légitimité. Un langage sans doute dénué de la brutalité de Donald Trump, mais qui condamne néanmoins l’irréalisme d’une politique immigrationiste, par ailleurs de plus en plus insupportable aux peuples européens.

« Le populisme et les psychoses ne sont pas, dit François, des réponses aux problèmes mondiaux de l’immigration. La solution c’est le consentement, l’étude, la prudence. » Que faut-il entendre ici par consentement ? Sans doute ce qu’il y a de plus légitime dans la démocratie, c’est-à-dire l’acquiescement, autant que possible, réfléchi des citoyens à une orientation ou à une décision politiques. Mais alors il s’agit pour les citoyens d’intégrer toutes les données rationnelles d’un dossier, aussi complexe que celui des mouvements migratoires. Ce n’est pas du tout évident ! Les chrétiens, en tant que citoyens, doivent participer à cette réflexion, en tenant compte des principes de l’Évangile mais aussi des données concrètes sans lesquelles les principes confinent à un idéalisme dangereux.

Pourquoi ne pas le dire ? Face à un défi aussi redoutable que celui-là, il est plus que légitime d’être soi-même partagé entre des sentiments contraires, inspirés par la difficulté extrême du sujet. Il ne suffit pas de sauvegarder les vies menacées en Méditerranée. Il faut sérieusement réfléchir aux conditions d’intégration d’une population nouvelle, celle qui s’entasse dans les quartiers perdus de la République. Voilà qui relève aussi de l’étude et de la prudence recommandées par le Saint-Père.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 21 juin 2018.

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Secrétaire général de l’ONU : “Il est nécessaire de favoriser le rapatriement des chrétiens ayant fui l’Irak et la Syrie”

Le Christianisme fait « partie intégrante » de la culture du Proche Orient et il est nécessaire « d’assurer le retour des chrétiens et des membres d’autres minorités religieuses », qui se sont éloignés de leurs pays d’origine à cause de situations de violence et de persécution, en garantissant en particulier la stabilisation de la situation politique en Irak et en Syrie. C’est ce qu’a déclaré Antònio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, à l’occasion du colloque qu’il a eu le 20 juin à Moscou avec le Patriarche orthodoxe de toutes les Russies, Cyrille. A. Guterres – indiquent des sources et des agences russes – a exprimé sa satisfaction en ce qui concerne l’engagement du Patriarcat de Moscou dans le dialogue interreligieux et, tout en réaffirmant le jugement généralement partagé sur les régimes du Proche Orient comme le régime syrien, il a admis que ces régimes, à leur façon et sous certains aspects, représentent un facteur de protection pour les minorités religieuses.

Durant sa visite à Moscou, le Secrétaire général de l’ONU a également rencontré le Président russe, Vladimir Poutine, et le Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergei Lavrov.

Source : Agence Fides 21/06/2018 – GV