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Suède : les évêques rencontrent des délégués européens de la pastorale des migrants

Un mouvement d’humanité : le flux des migrants et des nouvelles. Le dialogue et la communication pour une culture de la rencontre » : tel était le thème de la Rencontre annuelle des Evêques et délégués responsables de la Pastorale des migrants des Conférences épiscopales d’Europe, qui s’est tenue à partir du 13 juillet, à Stockholm.

Les délégués entendent approfondir le rapport entre flux migratoire et perception qu’en a l’opinion publique, éduquée par une communication qui ne promeut pas toujours le dialogue et la culture de la rencontre.

« L’Eglise catholique en Suède est une Eglise de migrants. Nombre d’entre nous proviennent d’autres pays et certains d’entre nous d’autres dénominations. En tant que chrétiens, nous sommes tous pèlerins sur le chemin du Royaume céleste de Dieu » a déclaré S.Em. le Cardinal Anders Arborelius, OCD, responsable de la section migrations de la Commission CCEE de la Pastorale sociale.

« Si nous sommes véritablement conscients de cette grâce, nous serons également en mesure d’être plus ouverts et accueillants envers ces migrants que Dieu nous a envoyés. Nous avons notre véritable patrie dans les cieux. Le Royaume de Dieu est notre véritable patrie. Ici-bas, nous sommes tous des hôtes, des pèlerins, des migrants. Nous ne nous appartenons pas. Nous avons la même vocation : être témoins de Jésus ici et maintenant » poursuit le Cardinal dans la note parvenue à Fides.

Parmi les thèmes à l’ordre du jour se trouvent celui des relations entre « Immigrations et opinion publique : les dynamiques de l’information ». Aura également lieu une confrontation sur le thème « Comment l’Eglise fait-elle usage des moyens de communication pour parler des migrations », avec le témoignage de divers organismes ecclésiaux internationaux qui travaillent dans le domaine de la Pastorale des migrants. Seront ensuite analysés les thèmes « Comment l’Eglise forme-t-elle et informe-t-elle ses fidèles sur le phénomène de la migration » et « Comment l’Eglise fait-elle usage des moyens de communication pour témoigner au monde ce qu’elle fait et pense de la migration ».

Les travaux se sont conclus au matin du dimanche 15 juillet par la célébration de la Messe, en présence des communautés de migrants en l’église Saint Eugénie de Stockholm et par une visite à l’Abbaye Sainte Brigitte de Vadstena.

Source : Agence Fides 13/07/2018 – AP

A la une #NLQ #Rome

Le Saint-Siège émet des réserves sur le pacte de l’ONU pour une migration sûre

Lu sur Zenit.org

La délégation du Saint-Siège se félicite de ce que le projet du Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière reflète « dans son ensemble… les différentes priorités et positions exprimées tout au long du processus et une compréhension commune de la manière dont les États doivent coopérer pour faire face à la migration internationale dans toutes ses dimensions ». Elle se réjouit en particulier de « l’inclusion et de l’accent mis sur le droit à l’unité familiale et à la vie de famille ».

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique, observateur permanent du Saint-Siège, a fait une déclaration générale à la séance d’ouverture du sixième cycle des négociations intergouvernementales sur le Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière, à New York, le 9 juillet 2018.

Mgr Auza émet cependant un bon nombre de réserves. Il rappelle les points « nécessaires pour parvenir à un consensus » et demande la suppression d’un certain nombre de références à des documents « qui ne sont pas négociés au niveau intergouvernemental et contiennent des termes et des questions controversés, qui ne partagent pas le consensus ». Il se dit aussi « préoccupé » par la suppression de services tels que « logement, santé, éducation et justice » qui sont « le minimum que tous les États doivent fournir ».

Voici notre traduction de la déclaration de Mgr Auza.
HG

Déclaration de Mgr Bernardito Auza

Mesdames et Messieurs les co-facilitateurs,

Ma délégation se félicite de la révision la plus récente du Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière. Nous pensons que le projet dans son ensemble reflète les différentes priorités et positions exprimées tout au long du processus et une compréhension commune de la manière dont les États doivent coopérer pour faire face à la migration internationale dans toutes ses dimensions.

Ma délégation voudrait toutefois se concentrer sur un certain nombre de demandes spécifiques qui semblent nécessaires pour parvenir à un consensus et faire en sorte que les États disposent des instruments de politique dont ils ont besoin pour gérer efficacement la migration et fournir aux migrants les protections qu’ils méritent en matière de dignité humaine et d’obligation internationale.

Mesdames et Messieurs les co-facilitateurs,

Ma délégation se félicite des mesures concrètes prises pour faire face aux catastrophes lentes et soudaines, en particulier l’inclusion de mesures de protection et d’adaptation, ainsi que de l’accent mis sur l’analyse conjointe et le partage d’informations. Des stratégies communes et des solutions qui renforcent la résilience et fournissent aux personnes affectées des voies régulières de migration sont cruciales. Ces actions commencent à répondre à l’une des principales lacunes de protection existant à l’échelle internationale.

Nous nous félicitons également de l’inclusion et de l’accent mis sur le droit à l’unité familiale et à la vie de famille, en particulier dans l’Objectif 5. La famille est l’unité fondamentale de la société. Elle est au cœur du développement humain et de la stabilité sociale. Pour cette raison, des mesures doivent être prises pour promouvoir et assurer l’intégrité de la famille. La séparation de la famille n’est jamais dans le meilleur intérêt de l’État ni de l’enfant. Des alternatives existent et de nombreux États ont déjà éliminé cette pratique. La formulation actuelle du projet, bien qu’elle ne soit pas idéale, reflète cette compréhension commune et devrait être préservée.

Mesdames et Messieurs les co-facilitateurs,

Ma délégation souhaite souligner trois questions qui sont nécessaires pour parvenir à un consensus. Premièrement, chaque objectif, engagement et action dans le Pacte doit être soigneusement négocié et inclus uniquement lorsqu’un consensus est possible. Pour cette raison, ma délégation réitère son appel à la suppression des références générales aux principes et directives du Groupe Migration Globale au paragraphe 23 (l), aux principes et directives du HCDH au paragraphe 27 (g) et au Cadre des Priorités et principes guides de l’OMS énoncés au paragraphe 31 e). L’inclusion de ces lignes directrices et de ces principes mine la nature intergouvernementale de ce processus et la transparence nécessaire pour parvenir à un consensus.

Ma délégation voudrait bien insister une fois de plus pour que ces documents, qui ne sont pas négociés au niveau intergouvernemental et contiennent des termes et des questions controversés, qui ne partagent pas le consensus, soient supprimés. Le résultat du Pacte Mondial sur ce point spécifique influencerait de manière significative comment et dans quelle mesure le Saint-Siège et les institutions et organisations catholiques s’occupant des migrants à travers le monde pourraient soutenir le Pacte Mondial.

Deuxièmement, toutes les personnes, quel que soit leur statut migratoire, jouissent des mêmes droits de l’homme et des mêmes libertés fondamentales. Tous les États ont l’obligation de respecter, protéger et réaliser les droits de l’homme pour tous, sans discrimination. Si nous reconnaissons le droit souverain des États de déterminer la politique migratoire nationale et de faire la distinction entre le statut de migrant régulier et irrégulier, ils doivent le faire conformément au droit international. Pour cette raison, ma délégation est profondément préoccupée par la suppression des services relevant de l’objectif 15, en particulier « logement, santé, éducation et justice ».

Ces services représentent le minimum que tous les États doivent fournir, en tant qu’obligation internationale. Alors que les États peuvent déterminer le niveau de service supplémentaire fourni, ils ne peuvent refuser à un individu ces services spécifiques. En supprimant cette liste, nous donnons aux États la possibilité de porter atteinte aux droits de l’homme des migrants, qui sont avant tout des êtres humains.

Enfin, tout au long du projet révisé, l’expression « protection » humanitaire a été supprimée, remplacée ou fortement qualifiée. De même, le terme « non-refoulement » a été supprimé du texte même si une approximation de ce principe subsiste. Nous soutenons fermement que la protection humanitaire et le respect du principe de non-refoulement sont des obligations que tous les États ont en droit international et que, dans des circonstances particulières, ces principes peuvent s’appliquer à tous les migrants, quel que soit leur statut. Pour cette raison, ils doivent être reflétés de manière adéquate dans le projet final.

Mesdames et Messieurs les co-facilitateurs,

Outre ces trois points urgents, ma délégation formulera un certain nombre d’autres suggestions au cours des négociations, que nous savons partagées par d’autres délégations.

Ma délégation voudrait réaffirmer que toutes les personnes ont le droit de rester dans la paix, la prospérité et la sécurité dans leur pays d’origine. C’est un droit antérieur qui précède le droit corollaire de tout individu à émigrer, surtout lorsque le droit de rester n’est pas maintenu ou garanti. Comme l’affirme l’Agenda 2030, la paix, la prospérité et la sécurité ne peuvent être assurées isolément, mais exigent la coopération internationale de tous les États. Nous croyons que les pactes mondiaux s’appuient sur cet engagement international et sur cette responsabilité partagée.

Je vous remercie.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

Conférences/Formations #NLQ

Disputatio – “Peut-on accueillir tout le monde ?” le 25 mai 2018 à Rouen (76) avec Laurent Dandrieu & le père Jean-Marie Carrière

Dans le cadre des Fêtes Jeanne d’Arc (25 et 26 mai 2018) :

14e Disputatio à la cathédrale Notre-Dame de Rouen
Le 25 mai 2018 à 20h

Thème : « PEUT-ON ACCUEILLIR TOUT LE MONDE ? »

Intervenants : Jean-Marie CARRIERE (Jésuite, bibliste, ancien président de Jesuit Refugee Service)
Laurent DANDRIEU (Journaliste, essayiste)

Le message du pape François pour la journée mondiale des migrants et des réfugiés (« Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer » janvier 2018) a suscité de nombreuses réactions dans et en dehors du monde catholique. Ce n’est pas la première intervention du pape sur ce sujet sensible. Sa première visite hors de Rome avait été réservée aux migrants de l’île de Lampedusa. La question ancienne des migrations déchaine les passions et entretient son lot de peurs et de questions. Entre la frilosité, l’attentisme et la générosité, la palette des attitudes possibles est large dans les sociétés européennes. La France qui se présente comme la patrie des droits de l’homme n’échappe pas aux questions que posent ces phénomènes migratoires. Les chrétiens eux-mêmes semblent divisés.

 Résumer le débat en une question : « peut-on accueillir tout le monde ? » est sans doute simpliste.  A travers leurs réponses à cette question, nous attendons de nos deux interlocuteurs qu’ils précisent les termes de la question en disant ce qu’elle engage pour eux de décisif pour l’Eglise et pour la société française inévitablement bousculées dans leur identité.

Laurent Dandrieu est journaliste,
rédacteur en chef des pages cultures de Valeurs actuelles
.
Il y suit aussi l’actualité religieuse. Passionné de cinéma, il a écrit
un Dictionnaire passionné du cinéma (éditions de L’Homme Nouveau, 2013),
Woody Allen étant l’un de ses cinéastes de prédilection (Woody Allen, portrait d’un antimoderne –
CNRS Editions, collection Biblis, 2012
). Passionné d’art, il a aussi publié des ouvrages sur Fra Angelico
(La Compagnie des anges, Editions du Cerf, 2014), Le Bernin (Le roi et l’architecte,
éditions du Cerf, 2015)
ou sur Le Greco, Rembrandt et Vermeer
(Les peintres de l’invisible, éditions du Cerf, 2016)…Son ouvrage Eglise et immigration,
le grand malaise
(Presses de la Renaissance, 2017)est celui d’un catholique convaincu
qui interroge l’Eglise sur la question migratoire, persuadé que celle-ci aurait cédé à l’esprit
du temps, dans un discours global et à sens unique en faveur du migrant
.

Le père Jean-Marie Carrière, jésuite, est bibliste,
professeur d’exégèse au Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris

(spécialiste du Deutéronome), et collabore au CERAS (Centre d’études et de recherches
en action sociale) sur les questions Asile et Migration.
Il a été responsable de JRS France (Jesuit Refugee Service / Service Jésuite des Réfugiés)
puis de JRS Europe
.
Il a dirigé la publication de paroles de réfugiés recueillies au long des routes qu’ils suivaient en Europe
(Routes de l’Espoir, Jesuit Refugee Service Europe, 2016)
Auteur de nombreux ouvrages sur le Livre du Deutéronome, la Lettre aux Hébreux et le symbole de l’eau
(L’eau… et le sang, Editions Desclée de Brouwer, 2009), il publie également de nombreux articles
dans des revues théologiques sur l’Exil, la figure d’Abraham, ou, encore récemment, sur l’expérience du migrant dans la Bible.
A travers ces travaux, le père Jean-Marie Carrière met à jour
les ressources de la foi chrétienne qui obligent, selon lui, à l’accueil
.

Déroulement

La Disputatio commence par le tirage au sort de l’ordre de prise de parole des deux intervenants. Chacun dispose alors de vingt minutes pour répondre à la question posée en apportant ses arguments. S’en suit un débat contradictoire de trente minutes avant que les deux débatteurs ne soient invités à conclure dans l’ordre inverse du tirage initial.

L’origine de la Disputatio

La « disputatio » qui aura lieu le 25 mai prochain entend renouer, à quelques huit siècles de distance, avec la pratique des disputes universitaires et des controverses publiques qui enchantèrent le Moyen Âge. Au Moyen Âge, la Disputatio était la forme propre de l’enseignement et de la recherche universitaires. Elle consistait en un débat dialectique entre plusieurs interlocuteurs, en général devant un auditoire. Le jour où une Disputatio devait se tenir, les cours étaient suspendus. Les bacheliers de la faculté ainsi que les étudiants du maître devaient y assister. Ce débat se déroulait en plusieurs étapes codifiées : le maître formulait la questio, un « opponens » présentait des objections, auquel un « respondens » (en général un bachelier) était chargé d’opposer des contre-arguments. Une fois l’ensemble des arguments épuisés, le maître avançait une solution argumentée appelée la « determinatio ». Celle-ci pouvait être réfutée. Le maître concluait alors plusieurs jours plus tard par un determinatio magistralis qui donnait lieu à un rapport écrit (la questio disputatio). Les Disputatio auxquelles prenaient part tous les maîtres et étudiants d’une faculté s’appelaient Disputatio magistrorum. Il pouvait exister des « Disputatio » plus solennelles, notamment pour sanctionner l’accession d’un étudiant au statut de maître. Néanmoins, c’était la Disputatio de quodlibet qui était la forme la plus solennelle. De telles disputes ne se tenaient qu’exceptionnellement dans l’année, voire tous les deux ou trois ans. Les maîtres d’une université se proposaient de répondre à toute question publique posée par l’assistance (quaestiones quodlibetales) dépassant pour la cause le cadre des seuls étudiants auxquels pouvaient se joindre des clercs de tous ordres ou des maîtres d’autres universités. La Disputatio orale disparaîtra progressivement au profit d’une domination absolue de l’écrit sur l’oral, la place du maître devenant écrasante par rapport à celle des étudiants.

RAPPEL : Samedi 26 mai
9h30 – 
Eglise Sainte-Jeanne-d’Arc : MESSE SOLENNELLE célébrée par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen et Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque émérite de Rouen. Retrouvez le programme de la journée ici

Asie #Dans le Monde #NLQ

Philippines : la migration, un problème social cause de la division de la famille

Le phénomène de l’émigration est devenu, aux Philippines, un problème social qui a des effets négatifs sur la tenue de l’institution familiale, affirme un prêtre qui œuvre parmi les migrants. « L’une des réalités sociales alarmantes que notre pays affronte aujourd’hui est le phénomène des émigrations qui provoque des mutations sociales et de sérieuses conséquences sur l’unité des familles » relève pour l’Agence Fides le Père Leonardo Adaptar, Directeur du Ministère diocésain des Migrants du Diocèse de Cubao.
On estime que quelques 10,3 millions de philippins travaillent à l’étranger et qu’environ 3.000 personnes pleines d’espérance quittent le pays chaque jour pour chercher ailleurs une vie meilleure. Les travailleurs philippins expatriés sont qualifiés de héros de notre temps, dans la mesure où, grâce à leur contribution, sous forme de transferts financiers, ils apportent un puissant soutien à l’économie philippine.
« Cependant, arrivent actuellement toujours davantage de récits négatifs concernant leurs problèmes, les préoccupations des migrants et de leurs familles » indique le Père Adaptar. « il existe aujourd’hui une plus forte nécessité de contrôler et d’accompagner, au plan humain et pastoral, ces personnes, en leur fournissant une aide en particulier en termes de conseil légal, d’orientation et de bien-être des travailleurs émigrés et de leurs familles » explique-t-il.
Chacun des 86 Diocèses du pays a pour mission d’offrir une formation spécifique aux migrants et de suivre leurs familles, en collaboration avec la Commission épiscopale chargée de la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, indique à Fides le Frère Dexter Ignacio, membre du personnel de la Commission chargée des Migrants du Diocèse de Cubao.
Ce qui est gagné en termes économiques au travers de l’émigration – phénomène organisé et bénéficiant de la médiation de l’Etat – se révèle constituer une perte pour les familles des expatriés. Pendant des décennies, la tendance de l’émigration des femmes, qui représentent plus de la moitié des philippins établis à l’étranger, a comporté le fait que les familles perdaient la présence de la mère. Ainsi que l’indiquent les cas suivis par les Commissions diocésaines, les enfants grandissent sans la présence fondamentale de la mère alors que les maris sont tentés d’entreprendre des relations extraconjugales ou pire encore d’abuser sexuellement de leurs enfants.
« La question de la migration n’a pas de solution simple vis-à-vis de tous les problèmes qui en dérivent. L’action doit être multisectorielle et interdisciplinaire. Tous les sujets impliqués doivent comprendre l’ensemble du cycle et les conséquences du phénomène migratoire. Il est urgent que soit mise en place une coopération entre l’Etat, la société civile et l’Eglise afin d’éviter qu’il ne créée des problèmes sociaux plus grands et plus répandus » conclut le Père Adaptar. (SD)

Source : (Agence Fides 20/04/2018)