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Philippines – Les mineurs offrent de l’or en action de grâce à la chandeleur

Le seul jour de l’année durant lequel Alberto Odi peut se reposer de la mine est le jour de la Chandeleur, chaque 2 février. Le mineur de 42 ans prépare alors une douzaine d’œufs pour représenter chaque mois de l’année, ainsi qu’une pincée de poudre d’or qu’il apporte à l’église en offrande. L’or, qu’il échange contre de l’argent à un bureau d’échange local avant de se rendre à l’église, vient de sa part de salaire acquise durant le mois précédent.

« L’église n’accepte pas d’or », plaisante Alberto après avoir reçu vingt dollars américains en échange de son or. « Il pourrait tomber dans de mauvaises mains », ajoute-t-il. Alberto travaille comme mineur à Paracale, une ville de la province de Camarines Norte, à environ 334 kilomètres au sud de la capitale, Manille. « J’ai commencé à me rendre à la mine quand j’étais garçon », explique-t-il. « C’est le seul travail que je connaisse. »

Presque toute sa vie, il a passé presque douze heures par jour dans des tunnels sombres avec peu d’air et la menace permanente des effondrements. Parfois, il se joint à des expéditions minières sous-marines, dans les régions marécageuses autour de la ville. S’aidant de bouteilles de plongée, Alberto et ses amis creusent la boue sous l’eau vaseuse. Le mineur confie que c’est un travail difficile et dangereux, mais qu’il prie toujours la Vierge Marie pour sa protection.

« Mon père disait toujours que la Vierge nous protège dans les tunnels », ajoute Alberto. Les locaux nomment la Vierge « Inay Candi » ou « Mère Chandelle », en référence à la statue conservée dans l’église de la ville, qui serait une réplique exacte de l’originale, Notre Dame de la Purification et de la Chandeleur (Nuestra Senora de la Purificacion y Candelaria), située dans un sanctuaire marial à Tenerife, en Espagne. La légende dit que la statue originale de la Vierge, portant l’enfant Jésus dans une main et une bougie dans l’autre, serait apparue sur une plage à Chimisay, en Espagne, en 1392.

La piété unique de Paracale

Contrairement à la statue espagnole, celle de Paracale porte également une épée. Les locaux disent que l’épée a sauvé la ville des pirates en 1809. Selon eux, la Vierge serait descendue de l’autel pour faire fuir les pilleurs. Parce qu’il manque un doigt, les locaux disent que la Vierge l’a perdu en se battant contre les pirates sur la plage de Paracale.

La population croit qu’en plus de les protéger contre les calamités, la Vierge leur porte chance. En 1626, des années après que les moines espagnols sont arrivés par la mer, une importante mine d’or fut découverte à Paracale, dont le nom signifie « creuseur de canal ». Aujourd’hui, la plupart des habitants dépendent de l’extraction de l’or pour vivre. Au fil des années, les gens de Paracale ont montré leur gratitude envers la Vierge en l’ornant d’une robe et d’une couronne faits d’or. Les ornements précieux, offerts par la population, apparaissent une fois par an, durant la fête de la ville. Le jour suivant les célébrations, le prêtre de la paroisse dépose les ornements dans une banque locale pour les garder en sureté, tandis que la statue est exposdans une salle voûtée de l’église paroissiale.
Le père Rodello Rempillo décrit la piété des habitants de Paracale comme « vraiment unique », ajoutant qu’elle n’est pas « avide, ou égoïste, ou avare ». « Ils donnent ce dont l’image a besoin, jusqu’au point d’être extravagants et excessifs. Nous l’avons vu quand les gens ont créé une robe et une couronne en or pur », explique le prêtre. « Ils lui attribuent toutes les prières entendues, la chance, les bonnes récoltes et la protection. » L’église de la ville, par ailleurs, vieille de 407 ans, est en cours de rénovation. Le prêtre confie avoir besoin d’au moins 200 000 dollors américains pour venir à bout de la première phase du projet.

Le père Rempillo est confiant en la capacité des habitants à récolter l’argent nécessaire. En seulement un an, les dons ont déjà atteint la moitié de la somme dont la paroisse avait besoin. « La générosité est profondément enracinée, dans la culture de la ville », se réjouit le prêtre. « Sur les sites miniers, les mineurs offrent aux visiteurs des extraits de minerais d’or. Vous ne repartirez pas chez vous les mains vides. »

Source EDA

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Non le projet de loi sur le consentement des mineurs n’est pas une ouverture à la pédophilie

Mardi 7 novembre un Cap-Verdien a été acquitté par la cour d’Assises de Seine-et-Marne. Celui-ci était suspecté d’avoir violé, en 2009, une jeune fille de 11 ans. Il était lui-même âgé de 22 ans. En septembre, le parquet de Pontoise a décidé de qualifier en agression sexuelle et non en viol une relation sexuelle qu’avait eue un homme de 28 ans avec une fille de 11 ans. 

Suite à ces deux affaires, et à la colère populaire qu’elles ont suscitée, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé un projet de loi visant à ce qu’on ne puisse plus présumer du consentement d’un enfant en dessous de 13 ans.

Des condamnations estimées laxistes qui ont enflammé les réseaux sociaux

Ce projet de loi a été dénoncé par beaucoup d’internautes. Pour bien le comprendre, revenons sur les deux affaires ci-dessus. Tout d’abord pour la cour d’Assisses de Seine-et-Marne si la décision de justice n’est pas imputable à la justice, comme on l’entend, c’est-à-dire aux juges, procureurs, bâtonniers… L’avocat général avait demandé la condamnation, mais les jurés (des représentants de la société civile), tout en constatant l’élément matériel, n’ont pas retenu l’élément moral constitutif du viol (« la menace, la contrainte, la violence ou la surprise »).

Pour le parquet de Pontoise la qualification des faits en agression sexuelle et pas en viol, n’a pas nécessairement pour objectif de minimiser les faits. La requalification permet de ne pas passer par les Assises, donc devant un jury. L’affaire est donc traitée par des juges professionnels. De plus, les affaires déférées devant une cour d’Assises mettent plus de temps à être traitées.

Un projet de loi durcissant la législation pré-existante

Le projet de loi vient renforcer la sévérité de la justice, pas accentuer son laxisme. En dessous de 11, 13 ou 15 ans (c’est en cours de discussion), il y aura, si cette loi est votée, une «  présomption irréfragable de non-consentement ». La partie adverse ne pourra plus apporter de preuves contraires. Il faut ajouter que le projet de loi entend allonger les délais de prescription. On sait aujourd’hui que le choc de l’agression peut entraîner une amnésie. Les futurs délais veulent donner à un adulte agressé dans sa jeunesse la possibilité, si des souvenirs enfouis ressurgissent, de poursuivre son agresseur.

Le consentement : un mauvais angle pour aborder ce débat si important.

 

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Vatican – Un congrès pour prévenir les risques d’Internet sur les mineurs en Ocotobre

Connaitre et prévenir les risques à l’heure d’internet : c’est le défi sur lequel se penchera, du 3 au 6 octobre prochain, un important congrès international. Sur le thème, « la dignité des mineurs dans le monde digital », il se tiendra à l’Université pontificale grégorienne, et réunira plus de 140 experts du monde entier. Pour le père Hans Zollner, il s’agit d’une « extraordinaire opportunité pour l’échange des connaissances et de bonnes pratiques ». Ce jésuite allemand est le président du Centre pour la protection des mineurs de l’Université grégorienne, qui a organisé l’événement en lien avec l’Alliance Globale WePROTECT.

On estime à l’heure actuelle qu’environ 800 millions de jeunes internautes sont exposés à de nouvelles formes d’abus, comme la provocation en ligne (trolling), le harcèlement en réseau (cyberbullying), le chantage sexuel (sextortion) et le racolage (grooming) à des fins d’exploitation sexuelle.

C’est sur ces divers problèmes que les représentants du monde académique, des affaires, de la société civile, mais aussi des leaders politiques et religieux interviendront, lors de sessions plénières ou des groupes de travail. Un forum de discussion sera également ouvert au public.

Le congrès se clôturera avec la « déclaration sur la dignité du mineur dans le monde digital » qui sera présentée lors d’une audience au Pape François. Pour la Baronne Shields, conseillère numérique auprès du Premier ministre britannique, il s’agit de mobiliser « une grande coalition pour un engagement commun ». Le professeur Ernesto Caffo, coordinateur scientifique du congrès a, quant à lui insisté sur la nécessité d’un « vrai dialogue » sur les frontières digitales.

 

Source Radio Vatican

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En Inde, la Caritas lutte contre le travail des mineurs

La Caritas Inde multiplie ses initiatives pour lutter contre la plaie représentée dans le pays par le travail des mineurs. Selon des données tirées du recensement de 2011, le nombre total d’enfants de 5 à 14 ans qui travaillent est de 4,3 millions dans le pays, ce qui correspond cependant à une réduction de leur nombre de plus de 12 millions par rapport au recensement de 2001. Un rapport de l’UNICEF de cette année affirme que, sur l’ensemble des enfants qui travaillent, 15 % appartenaient à la tranche d’âge des 5 à 9 ans en 2001 contre 25 % en 2011. Selon la Caritas Inde, le problème des enfants qui travaillent et ne sont pas scolarisés « constitue encore un problème critique dont un pays tel que l’Inde devrait avoir honte ».
En Inde, le phénomène du travail des mineurs concerne des secteurs non structurés, tant en zone rurale qu’urbaine. Caritas Inde soutient un programme dans le district de Darjeeling, au sein de l’Etat du Bengale occidental, lequel entend parvenir à l’éradication totale du phénomène.
« En cas de succès, pour la première fois en Inde, l’engagement conjoint du gouvernement et de la société civile atteindra cet objectif. Le projet pourrait sauver au moins 45 enfants au travail également grâce à la collaboration des conseils locaux qui gouvernent les villages » explique le responsable du Programme de la Caritas Inde, Anthony Chettri. « Chaque enfant travailleur, s’il est sauvé et soigné, peut exceller dans la vie. La Caritas Inde estime que, en tant que nation, nous devons garantir l’enfance en vue d’un avenir meilleur pour notre pays » ajoute-t-il.
L’Eglise en Inde, dans ses différents articulations telles que les diocèses et les congrégations religieuses, se prodigue grandement afin d’affronter le problème du travail des mineurs, en particulier en termes de sauvetage et de réhabilitation des jeunes travailleurs.
L’Inde compte un nombre de jeunes travailleurs parmi les plus élevés du monde. Dans l’Etat d’Andhra Pradesh, note la Caritas, vivent quelques 400.000 enfants travailleurs, principalement des jeunes de 7 à 14 ans, qui travaillent de 14 à 16 heures par jour dans la production du coton. Au sein du district de Bellary, dans l’Etat du Karnataka, dans les zones urbaines, existe une forte présence des enfants dans le secteur du textile. Un phénomène en hausse consiste dans l’usage des enfants comme domestiques dans les villes. L’entrée de sociétés multinationales dans le secteur industriel a provoqué la diffusion du travail des mineurs et les lois ayant pour but de protéger les enfants sont inefficaces ou non correctement appliquées. Les conditions dans lesquelles travaillent les enfants – souvent sans être nourris et en échange de salaires très bas – se rapprochent de l’esclavage. Il existe par ailleurs des cas d’abus physiques, sexuels et émotifs pour ce qui est des domestiques.
Pauvreté et manque de système de sécurité sociale – observe la Caritas – constituent les principales causes du travail des mineurs. Selon le Centre pour les droits des enfants, la majeure partie des enfants travailleurs appartient aux plus basses castes et à des familles pauvres. Le phénomène est donc étroitement lié aux politiques de développement social et économique du gouvernement indien.

Source : Agence Fides

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Bangladesh – Indignation de l’Eglise après le vote de la loi sur le mariage des enfants

L’Eglise catholique du Bangladesh n’a pas caché son malaise et son indignation face à une loi récemment votée qui autorise les mariages avec des enfants mineurs dans le cadre de « circonstances spéciales ». Impliquant que les mariages précoces peuvent être acceptables sous certaines conditions, cette loi est perçue par de nombreux critiques comme un pas en arrière dans la lutte contre une pratique qui, au Bangladesh, reste un véritable fléau.

La Commission ‘Justice et Paix’ de la Conférence des évêques catholiques du Bangladesh (CBCB) a ainsi estimé que cette loi constituait « une grave erreur ». Cité par le site d’informations catholiques AsiaNews, son président, Mgr Gervas Rozario, évêque de Rajshahi, a exprimé son inquiétude face à la clause spéciale que comporte le texte adopté le 27 février par le Parlement du Bangladesh et ratifiée ce 11 mars par le président Abdul Hamid.

« Sauvegarder l’honneur de la jeune fille »

La loi, intitulée « Child Marriage Restraint 2017 », continue néanmoins à interdire le mariage avant l’âge de 21 ans pour les hommes et de 18 ans pour les femmes, et instaure des peines plus sévères pour les adultes épousant des mineurs. Mais elle ferme les yeux sur des « situations particulières », notamment dans le cas de «  grossesses accidentelles ou illégales ». Le texte estime ainsi que le mariage peut s’avérer être un moyen de « sauvegarder l’honneur de la fille » lorsque cette dernière est tombée enceinte ou a été violée.

«  J’attendais du gouvernement l’abolition du mariage d’enfants au Bangladesh, a dénoncé Mgr Gervas Rozario. A l’inverse, avec la provision des « circonstances spéciales », le nombre de mariages impliquant des enfants va augmenter. » Selon lui, l’Eglise catholique ne peut cautionner cette permissivité : « Nous ne pouvons pas accepter cette loi. Nous continuerons à considérer que 18 ans est l’âge minimum du mariage pour les femmes et 21 ans pour les hommes. »

L’Eglise catholique n’est pas la seule à faire part de son indignation. Les associations de défense des droits de l’homme avancent que cette clause va légaliser le mariage des adolescentes dont les grossesses sont le résultat de violences sexuelles, allant jusqu’à laisser ainsi la jeune fille sous le joug de son agresseur. « Girls not brides Bangladesh » (‘Filles, pas épouses’), une coalition de 650 organisations travaillant dans le domaine des droits des enfants, a alerté sur l’impact potentiel de cette loi qui ouvre la voie à des abus et pose un « risque » pour les enfants.

Un nombre record de mariages de mineurs

Le mariage d’enfants est pourtant illégal au Bangladesh depuis 1929, et l’âge minimum du mariage a été établi dans les années 1980. Mais le pays continue à afficher le nombre record de mariages de mineurs en Asie. Pour des parents pauvres et vulnérables, marier une adolescente peut être perçu comme un moyen d’assurer sa sécurité. Selon l’Unicef, 52 % des épouses ont moins de 18 ans au moment du mariage (contre 68 % il y a quinze ans), et 18 % d’entre elles sont âgées de moins de 15 ans.

Malgré l’ampleur des faits, les différents gouvernements du Bangladesh ont négligé le problème. En 2014, la Première ministre Sheikh Hasina s’était engagée à mettre fin au mariage des enfants d’ici 2041. Mais elle avait alors favorisé une proposition controversée : abaisser l’âge minimum du mariage pour les filles. Si le pas n’a pas été franchi, l’esprit du nouveau texte de loi cherche de la même façon à s’adapter à la réalité du pays. Pour la ministre des Femmes et des Enfants Meher Afroze Chumkstate, il s’inscrit dans « la réalité économique et sociale » des villages, où vivent 70 % de la population du Bangladesh (160 millions d’habitants). Cherchant à calmer les critiques, la ministre a également expliqué que les mariages de mineurs nécessiteraient une permission et une enquête spéciales, afin de s’assurer que l’adolescente concernée n’est pas soumise à des abus. Cette vision entend protéger les filles contre la discrimination et l’exclusion sociale, car une adolescente ayant eu une relation sexuelle hors mariage se retrouve marginalisée par la société et rares sont les hommes qui voudront l’épouser.

« Affaiblir la loi est un retour en arrière pour le combat contre le mariage des enfants, a réfuté Heather Barr, de Human Rights Watch. Cette loi envoie aux parents le message que le gouvernement pense qu’il est acceptable dans certaines conditions. » Pour de nombreux défenseurs des droits de l’homme, la lutte contre le mariage des enfants passe au contraire par un strict respect de l’âge légal au mariage et par un combat contre les racines sociales et culturelles complexes de cette réalité.

Source : Eglises d’Asie

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Philippines – L’Eglise s’oppose à un abaissement de la majorité pénale à 9 ans

« Voulons-nous d’une nation qui confinera nos enfants en besoin d’accompagnement parental avec les criminels les plus endurcis de notre société ? », dénonce le Philippine Misereor Partnership Inc (PMPI) face au projet de loi qui vise à abaisser la majorité pénale de 15 à 9 ans. Dans son communiqué, le PMPI se dit « très consterné » face à la volonté de certains législateurs philippins qui sont « prêts à tuer et sacrifier nos propres enfants » en cherchant à faire voter «  la plus outrageuse loi de l’histoire ». « A défaut d’avoir de meilleures idées pour infléchir les taux de criminalité, nos législateurs veulent à présent qu’un enfant âgé de 9 ans puisse être considéré comme un criminel aux yeux de la loi philippine », s’insurge le PMPI. Pour les auteurs du projet de loi, l’abaissement de la majorité pénale permettra notamment de contrer et d’affaiblir les gangs « qui utilisent des mineurs dans leurs activités criminelles ».

Les responsables catholiques sont également montés au créneau pour exprimer leur opposition à un tel projet de loi. « Au lieu d’abaisser l’âge de la majorité pénale, les législateurs devraient durcir les sanctions à l’encontre des trafiquants qui utilisent et exploitent les enfants dans leur activités criminelles », a estimé Mgr Socrates Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan et président de la Conférence des évêques catholiques des Philippines (CBCP). Souhaitant que la loi actuelle ne soit pas modifiée, Mgr Villegas a invité les législateurs à orienter leurs priorités sur les racines de la criminalité infantile, à savoir « les criminels qui se servent des enfants pour commettre leurs propres crimes ». « Nous pensons également qu’une des pistes de réflexion pourrait être de faire preuve d’une certaine vigilance vis-à-vis des parents des enfants », a-t-il précisé au nom de l’Eglise catholique.

Chercher à ramener au bercail la brebis égarée plutôt qu’à la punir

Le Juvenile Justice and Welfare Act, la loi en vigueur en matière de maturité pénale, stipule que tout enfant âgé de 15 ans ou moins, au moment des crimes commis, ne peut voir sa responsabilité pénale reconnue, compte tenu de son jeune âge, et c’est sur ce point précis que les ONG et l’Eglise catholique se battent afin que la loi soit maintenue en l’état. « J’accueille avec reconnaissance la position de l’Eglise catholique », a déclaré pour sa part, le sénateur Francis Pangilinan, auteur de la loi en vigueur et opposé au nouveau projet de loi présenté par le gouvernement.

Pour le PMPI, cette mesure visant à abaisser l’âge de la majorité pénale des enfants à 9 ans est « en elle-même un crime, car elle viole l’esprit des lois visant à protéger les enfants ». « Ne devrions-nous pas plutôt chercher à ramener la brebis perdue vers le troupeau, même lorsqu’il ne s’agit que d’une seule brebis, comme notre Seigneur Jésus-Christ l’a lui-même fait et nous y invite ? », interroge le réseau d’ONG chrétiennes.

Une étude réalisée en 2002 par le Philippine Action for Youth and Offenders, un réseau de soutien aux droits des enfants en conflit avec la loi, affirmait que l’âge de discernement des enfants philippins non scolarisés se situait à 18 ans. Pour les enfants philippins scolarisés, une étude de l’université Ateneo de Manila a estimé que l’âge moyen de discernement se situait à 15 ans. Selon le Juvenile Justice and Welfare Council, 11.000 enfants philippins sont actuellement en situation de « conflit avec la loi philippine » et sont susceptibles d’être concernés par ce nouveau projet de loi, s’il venait à être voté.

Source : Eglises d’Asie

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Angelus – Journée des migrants – L’accueil n’est pas à sens unique

 

Le journée mondiale du migrant a bénéficié cette année d’une attention particulière du pape François. Par une série de tweets, @Pontifex a souhaité attirer l’attention pendant trois jours sur les migrants mineurs, vulnérables et sans voix, thème de la 103ème journée du migrant.

Lâchant le discours écrit, comme souvent, il a improvisé :

« Combien de fois, dans la Bible, le Seigneur nous a demandé d’accueillir les migrants et les étrangers, en nous rappelant que nous sommes nous-mêmes des étrangers »

Le pape, à la suite de nombreuses interventions du Saint-Siège auprès des instances internationales à voulu mettre en lumière la gravité de la situation des jeunes mineurs lancés sur les routes, exploités et maltraités.

« Nos petits frères, surtout s’ils ne sont pas accompagnés, sont exposés à de nombreux périls. Et je vous dis qu’il y en a beaucoup ! »

Bien entendu l’accueil de l’immigré, thème transversal dans la Bible (voir notre étude) ne va pas de soi dans le quotidien de nos vies. Outre les peurs, liées à la différence de l’autre, mais d’abord liée à la perte de notre propre identité, nous trouvons un principe de réalité confinant, comme le pape nous le rappelait, à la prudence dans l’accueil.

La place des enfants est bien entendue particulière, faibles parmi les faibles. Si les évêques français et allemands souhaitent s’appuyer sur leur réseau d’écoles et les mouvements de jeunesse, la question se pose de l’intégration en même temps que de la protection de jeunes accueillants eux-même fragiles dans leur construction.

Il faut dire que l’accueil de l’immigré n’est pas à sens unique et c’est un point bien souvent oublié dans les discours officiels, y compris ecclésiaux. Si nous sommes tenus d’accueillir l’immigré, selon certaines conditions de prudences, l’immigré, lui, est aussi tenu d’accueillir celui qui le reçoit, c’est à dire son identité, sa culture, comme l’a rappelé le pape lors de l’Angelus. C’est la règle première de l’hospitalité en c’est le principe même de la charité faite de ce double mouvement que nous retrouvons dans le mariage : je me donne et te reçois.

Brèves

Abus sur mineurs, la Turquie recule

Nous faisions état hier de ce mouvement populaire en Turquie contre la dépénalisation des abus sexuels sur mineurs. Le gouvernement vient de faire marche arrière sous la pression de la rue.