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Sri Lanka : le magazine Social Justice est relancé par des prêtres

Le magazine Social Justice, que relancent deux prêtres sri-lankais des Oblats missionnaires de Marie seize ans après la fermeture du journal, cherche à promouvoir la démocratie et la justice et à soutenir l’harmonie et l’égalité des minorités ethniques dans le pays. Les prêtres souhaitent aussi, par cette initiative, sensibiliser la population sur des problèmes brûlants comme la vague de violences religieuses qui secoue l’île depuis quelques mois.

Des prêtres sri-lankais des Oblats missionnaires de Marie Immaculée (OMI) ont relancé le magazine Social Justice (Justice sociale) seize ans après l’arrêt de la publication. Le journal défend la démocratie et la justice dans le pays, ainsi que l’harmonie et l’égalité pour les minorités ethniques. Le premier numéro, sur les thèmes de l’extrémisme religieux et de la radicalisation, est sorti ce mois-ci. « Social Justice n’a jamais fait partie des berceuses, des platitudes et des stéréotypes qui endorment la population », confie le père Rohan Silva, président du Centre for Society and Religion (CSR) qui publie le magazine. « Au contraire, il a plutôt servi de signal d’alarme à des moments inattendus, afin de déranger la population dans son ‘sommeil’ », a-t-il confié aux militants, aux prêtres et aux religieuses rassemblés le 4 juillet à Colombo pour le lancement du magazine.

Le Dr Harini Amarasooriya, anthropologiste et maître de conférences à l’université ouverte du Sri Lanka (Open University of Sri Lanka), souligne que les problèmes abordés par le magazine sortent exactement au bon moment pour le public. « Dans le contexte des tensions que traverse le pays actuellement, le lancement du magazine est très important », soutient-il. « Le magazine nous rappelle qu’il y a des institutions qui provoquent l’insécurité dans notre société. Il a été une source de grande inspiration à son heure de gloire, et maintenant, nous en avons besoin plus que jamais. Aujourd’hui, la religion se retrouve souvent associée à des évènements vraiment sinistres. Social Justice montre que même la religion peut être exploitée à des fins mauvaises. »

Le père Silva ajoute que le magazine a un rôle crucial à jouer afin de sensibiliser la population sur des problèmes qui continuent de plomber la société sri-lankaise. « Social Justice a eu le courage de parler ouvertement des problèmes liés à la réalité sociale, politique, économique et culturelle du pays », explique le prêtre, qui a été autrefois supérieur de la congrégation des Oblats Missionnaire de Marie Immaculée pour le Sri Lanka, le Bangladesh, le Pakistan et le Japon. « Nous devons faire tout notre possible afin de défendre la démocratie dans le pays. » Le magazine s’est arrêté en 2002, alors que le Sri Lanka était encore au milieu d’une guerre civile meurtrière qui a duré 26 ans, et qui a finalement pris fin en 2009 quand l’armée a anéanti toute résistance de la part des Tigres Tamouls. Toutefois, la majorité bouddhiste de l’île est encore en proie à l’intolérance religieuse. Plusieurs émeutes antimusulmanes ont eu lieu fin février et début mars dans le district de Kandy.

Une mission de sensibilisation

Elles ont provoqué au moins deux victimes, une douzaine de blessés, et l’arrestation de plus de quatre-vingts bouddhistes cingalais, accusés d’avoir attaqué des maisons, des commerces et des lieux de culte musulmans. Les émeutes ont été provoquées par la mort d’un chauffeur bouddhiste cingalais, suite à l’attaque présumée de quatre musulmans en état d’ivresse. « Cette mission de sensibilisation de la population – qui est plutôt satisfaite du statu quo – aux problèmes que nous traversons n’est certainement pas une tâche facile ou agréable », ajoute le père Silva.

Le magazine Social Justice a été lancé en 1937 par le père Peter Pillai (OMI), le fils d’un directeur d’école et le plus jeune des cinq fils d’une famille catholique. Plus tard, il a étudié à Cambridge et à l’université de Londres (University College London). Le père Pillai a été ordonné à Rome à l’âge de trente ans. En 1936, il a fondé une association pour l’enseignement catholique sri-lankais (Catholic School Guild) avant de lancer le magazine peu après, afin de défendre la justice sociale et les droits des travailleurs au Sri Lanka. Le contrôle du magazine a été confié au père Tissa Balasuriya (OMI) en 1987, puis aux pères Oswald B. Firth (OMI) et Richard Dias, qui ont été rédacteurs en chef de 1996 à 2002, avant que des difficultés financières ne provoquent la fermeture du journal. Le père Asphold Stephen, directeur général du Centre CSR, confie que les politiciens instrumentalisent la foi de la population afin de défendre leurs propres intérêts, et qu’ils manipulent la religion à des fins politiques.

« Toutes les religions au Sri Lanka, et même dans le monde entier, commencent à adopter ou à montrer des signes de comportements militants et agressifs », a-t-il déclaré dans un communiqué annonçant la première édition de juin-juillet. Shanthi Kumar Hettiararachchi, le nouveau rédacteur en chef de Social Justice, ajoute que son objectif premier et d’aider le Sri Lanka à devenir une société plus juste et plus démocratique, qui respecte tous ses membres, quel que soit leur rôle. « Au fond, nous faisons la même chose que ce que nous faisions autrefois, nous l’avons simplement adapté au contexte socio-économique actuel. »

Source : Eglises d’Asie

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Bangladesh – Intimidation, menaces, violences : les minorités religieuses subissent la violence extrémiste

Au cours de ces trois dernières années, les minorités religieuses du Bangladesh ont dû faire face à des attaques ciblées. Au cours des élections de 2014 et après leur déroulement, les villages habités par des groupes religieux non musulmans ont fait l’objet d’agressions et des individus et groupes liés à des partis islamiques ont saccagé et incendié des propriétés et des résidences de citoyens hindouistes, chrétiens et bouddhistes dans différentes zones du pays.

C’est ce qui ressort d’un rapport rédigé par la Conférence chrétienne d’Asie (CCA), union de différentes églises presbytériennes présentes sur le continent, qui a envoyé dans les dernières semaines une délégation enquêter sur la situation des minorités religieuses au Bangladesh. La délégation, composée de représentants de différents groupes religieux, observe que certains partis politiques ont manipulé délibérément les sentiments religieux des hommes de la rue pour intensifier la tension et la polarisation intercommunautaire, le tout pour en tirer des avantages politiques. Les activistes des droits fondamentaux n’ont pas été épargnés eux non plus. « Au cours de ces deux dernières années, au moins 10 auteurs de blogs laïcs, journalistes et activistes des droits fondamentaux ont été tués simplement pour s’être faits promoteurs de la liberté de penser, de l’harmonie religieuse, de la tolérance et de la transparence politique » remarque la délégation.
Au cours de cette visite, l’équipe de la CCA a rencontré différentes organisations de la société civile, des représentants de groupes religieux minoritaires, d’églises, d’organisations œcuméniques et d’activistes sociaux. Le sentiment partagé par les minorités religieuses au Bangladesh est la peur, affirme la note de la Commission. La violence extrémiste constitue un problème récurrent dans le pays, où déjà par le passé les minorités religieuses ont subi des intimidations, des menaces et des violences de la part de groupes extrémistes islamiques.
Un phénomène répandu est par ailleurs l’accaparement de terrains avec au moins 431.000 cas, sachant que la majorité des victimes de ces actions appartient à des populations indigènes et à des minorités religieuses et continue à vivre en évacués, victimes de conflit ou chassés de leurs terres.
Sur quelques 170 millions d’habitants, les musulmans sunnites constituent 90 % de la population, les hindouistes 9 % alors que les autres communautés – chrétiens, bouddhistes, musulmans chiites et ahmadis) ne représentent que le 1 % restant.

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Inde – Derrière la défense de la vache, une intolérance religieuse croissante

Depuis que Narendra Modi a pris la tête de l’Inde en 2014, les incidents liés à la protection de la vache, un animal sacré dans la religion hindoue, ne cessent de se multiplier. Hautement politisé, cet enjeu sensible et symbolique constitue un point de fixation pour les extrémistes hindous, qui exerce leur influence au sein du BJP, le Parti du peuple indien du Premier ministre Narendra Modi. Au mois de mars dernier, d’importantes victoires électorales régionales ont installé ce parti aux commandes de plusieurs Etats de l’Union indienne, et cette position de force a redonné de l’assurance aux « défenseurs » de la vache. Les initiatives vont bon train : renforcement de législations à l’avantage de l’animal sacré, durcissement des restrictions sur l’abattage bovin et attaques contre des membres de la minorité musulmane accusés de ne pas respecter l’animal sacré.

Le dernier incident en date s’est soldé, la semaine dernière, au Rajasthan, par la mort de Pehlu Khan, un fermier musulman de 55 ans qui a succombé à ses blessures après avoir été passé à tabac par une milice de radicaux hindous ; sur l’autoroute d’Alwar, près de 200 hindous avaient intercepté des chauffeurs de bétaillères musulmans, qui ont tenté en vain de prouver qu’ils transportaient du bétail en toute légalité. La profanation présumée des symboles, en Inde, est prompte à mettre le feu aux poudres. L’un des ministres du gouvernement BJP du Rajasthan, Gulab Chand Kataria, ministre de l’Intérieur, a commenté l’incident : « Les torts sont partagés. Quand ils (les chauffeurs musulmans) savent que le commerce des vaches est interdit au Rajasthan et qu’il existe une loi contre cela, alors pourquoi le font-ils ? » Un ministre du gouvernement fédéral, Mukhtar Abbas Naqvi, ministre des Affaires parlementaires, a quant à lui nié les faits : «  Un tel incident n’a en réalité jamais eu lieu. »

Défendre la vache, animal sacré dans l’hindouisme, et promouvoir l’hindutva

Ce genre d’agressions et de meurtres n’est pas nouveau. Depuis deux ans, une dizaine de musulmans ont été lynchés par des foules dans des incidents similaires, soupçonnés d’avoir consommé du bœuf ou d’avoir fait commerce des vaches. Les milices musclées de défenseurs de la vache, qui opèrent sous différents noms et se développent, sont souvent proches des organisations radicales du Sangh Parivar, la grande famille du nationalisme hindou dont le BJP représente l’aile politique et le visage modéré. Leur objectif est clair : la défense de l’hindutva, l’idéologie des nationalistes hindous qui prône le rayonnement d’une nation indienne fondée sur la culture hindoue.

Au nom de la religion, cette insistance sur le caractère sacré de la vache détourne pourtant des réalités historiques et économiques. De grands historiens indiens ont brisé le mythe, en démontrant que les hindous consommaient du bœuf dans l’Inde ancienne, alors que les courants de l’hindutva prétendent que la pratique serait arrivée bien plus tard, avec les conquérants musulmans. Enfin, l’abattage bovin est également aujourd’hui une source importante de revenus en Inde, pays exportateur de cette viande.

Les nationalistes hindous tentent néanmoins d’intégrer la protection des vaches au quotidien d’un pays qui abrite différentes minorités religieuses. L’Etat du Rajasthan, dirigé par le BJP, a installé un « ministère de la vache ». Certains leaders ont même demandé que la vache devienne l’animal national. Et les « gaushala », les refuges pour vaches sacrées, prennent désormais l’allure de temples pour les extrémistes hindous.

En outre, quand le nouveau dirigeant de l’Uttar Pradesh, Etat de 200 millions d’habitants où se concentre l’industrie bovine, est un prêtre hindou radical réputé pour ses tirades antimusulmanes, les tensions se crispent immédiatement sur le sujet de la vache. Depuis le mois de mars, le yogi Adityanath tente ainsi de faire fermer les abattoirs qui fonctionnent sans permis. Ses directives ont donné lieu à des attaques de boucheries musulmanes qui ont été incendiées et à un regain de tensions dans ce secteur d’activité.

Regain des tensions communautaires

Ce nouveau dirigeant ne cache pas qu’il aimerait interdire complètement l’abattage bovin, une mesure également prônée par son parti du BJP qui a toujours milité pour une prohibition de l’abattage de vache. Les 21 Etats sur les 29 de l’Union indienne qui interdisent l’abattage des vaches ont donc récemment durci leurs règles et leurs sanctions en la matière. La semaine dernière, c’était au tour du Gujarat, région natale de Narendra Modi, qui en fut aussi le dirigeant avant de prendre la tête du pouvoir central à New Delhi. Désormais, une peine de prison à vie peut sanctionner l’abattage de l’animal sacré (la loi précédente prévoyait une peine de sept ans d’emprisonnement). « La vache n’est pas un animal, a déclaré le ministre de la Justice Pradipsinh Jadeja. C’est le symbole de la vie universelle. »

Derrière cette guerre de la vache, les tensions communautaires guettent. Pour un hindou radical, le sujet est prétexte à s’en prendre à un musulman. Ses brigades sont promptes à s’enflammer et à châtier à la moindre rumeur colportant la mort d’une vache. Alimentée par la complexité des règles en place, la confusion entre buffles, bœufs et vaches nourrit aisément les tensions intercommunautaires. Un Etat comme l’Uttar Pradesh, où la minorité musulmane est importante (20 % de la population), avec par ailleurs les « intouchables » qui consomment eux aussi de la viande de bœuf, est un terrain très sensible. La région de Muzaffarnagar, notamment, avait été le théâtre d’émeutes interreligieuses en 2013. Et le yogi Adityanath a confirmé que son parti tiendrait sa promesse de construire un temple à Ayodhya, un site disputé où la destruction d’une mosquée avait donné lieu, en 1992, à de sanglants affrontements entre hindous et musulmans.

Pour les minorités, l’opposition et les mouvements laïcs, la défense de la vache cache mal une intolérance croissante orchestrée par le fondamentalisme hindou. Ils y voient une hostilité à peine voilée à l’égard des minorités religieuses. Et la marque de l’assurance du BJP qui, porté par ses succès électoraux, ne cesse de se renforcer.

Vendredi dernier, la Cour suprême a réagi, demandant au gouvernement de six Etats de l’Union de répondre d’ici trois semaines aux incidents violents perpétrés par les brigades de défense de la vache.

Source : Eglises d’Asie

Asie

Pakistan – Prises de position du Premier ministre à propos de la loi sur le blasphème

Le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, est intervenu une nouvelle fois sur le thème du blasphème.

A cette occasion, il a ordonné de retirer les contenus blasphématoires des sites Internet et des réseaux sociaux au Pakistan et de punir ceux qui publient ce type de matériel. « Il faut adopter immédiatement des mesures efficaces pour retirer et bloquer de tels contenus » a déclaré le Premier ministre dans un communiqué, chargeant le ministre des Affaires étrangères de contacter les entreprises internationales gérant les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Instagram, très populaires au Pakistan, afin d’exiger le blocage des messages à caractère blasphématoire.

Nawaz Sharif a également invoqué une sanction pour ceux qui font un usage impropre des lois sur le blasphème en vigueur au Pakistan pour résoudre des controverses privées.
Ces jours derniers, au cours d’une cérémonie dans la ville de Karachi visant à commémorer la fête religieuse hindoue de Holi, Nawaz Sharif a assuré vouloir agir en faveur des minorités du Pakistan qui sont « traitées injustement ». « C’est un motif de grande satisfaction pour la nation pakistanaise que de rejeter la politique de la haine » a-t-il déclaré.

Rappelons que le blasphème constitue un délit pénal au Pakistan et à ce titre est passible de la réclusion à perpétuité ou de la peine capitale. Il s’agit d’une question fortement ressentie et de présumés insultes contre l’islam et son prophète peuvent souvent être suivis de violences de masse, en particulier envers les minorités religieuses.

Source : Agence Fides

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Bangladesh – Des manuels scolaires modifiés pour les rendre plus conformes à un contenu « islamiquement correct »

Au mois de janvier dernier, les manuels scolaires fraîchement imprimés par le ministère de l’Education ont été distribués dans les 20.000 écoles et madrasas du Bangladesh. Si les élèves n’ont rien remarqué à première vue, les enseignants ont néanmoins été prompts à découvrir des modifications inattendues. Sans concertation, le ministère de l’Education avait en effet procédé à des innovations arbitraires, notamment dans les manuels de littérature bengalie, en gommant certains aspects profanes au profit d’un référentiel islamique.

Depuis, et face aux protestations soulevées par ce changement mené en catimini, le gouvernement dirigé par le parti de la Ligue Awami a nommé une commission pour enquêter sur l’incident, mais il a refusé de confirmer que les manuels ont été modifiés sous la pression des milieux islamistes. Pourtant, en avril dernier, l’organisation Hefazat-e-Islam (‘Protecteurs de l’islam’) avait explicitement demandé aux autorités que les manuels scolaires présentent davantage l’image d’une identité islamique. Ses représentants ont exigé en particulier le retrait de 17 poèmes et récits écrits par des auteurs non musulmans et jugés « athées ». Le Hefazat-e-Islam a demandé par ailleurs l’application de la loi coranique de la charia et exigé une réforme du système éducatif, autant de demandes portées par d’importantes manifestations de rues à Dacca en 2013.

L’école, terrain d’affrontement entre « laïcs » et « religieux »

Dans le système éducatif du Bangladesh, pays de 163 millions d’habitants en grande majorité de confession musulmane, la religion est cantonnée à une discipline et à ses manuels, selon la confession des élèves ou l’affiliation religieuse des établissements. Bouddhistes, chrétiens et hindous ont donc leurs manuels religieux, tout comme leurs camarades musulmans. Mais dans les autres disciplines, les ouvrages scolaires se doivent d’être laïques. En 2014, pour contrer l’influence grandissante des musulmans radicaux au Bangladesh, le gouvernement avait même imposé ces principes éducatifs aux 10.000 madrasas (ou écoles coraniques) du pays, les obligeant à utiliser les manuels standards jusqu’à l’équivalent de la classe de quatrième, au collège.

Aujourd’hui, cependant, dix-sept textes écrits pas des non-musulmans ont disparu des pages des manuels de littérature destinés aux classes équivalentes à fin du primaire et aux classes du premier cycle du secondaire. « Les prochaines élections auront lieu en 2019, et de nombreux experts pensent que la Ligue Awami tente ainsi d’apaiser les islamistes pour gagner leurs votes », a commenté dans la presse locale Rasheda K. Choudhury, défenseure des droits de l’homme et experte dans le domaine éducatif. « Les activistes estiment qu’il s’agit d’un endoctrinement religieux, a-t-elle poursuivi. Je pense qu’il s’agit d’une forme d’empoisonnement. Je n’utiliserai pas le terme d’« islamisation » mais c’est indéniablement une mesure contre la laïcité. »

Les 17 textes supprimés ne sont pas les seuls changements apportés aux manuels scolaires. De petits détails ont été revus et corrigés. Par exemple, un récit de voyage a remplacé une visite dans le nord de l’Inde, dominé par les hindous, par un voyage sur le Nil, en Egypte. Les vêtements traditionnels d’une fillette ont été redessinés dans une version incarnant le code islamique.

Vive protestation des milieux intellectuels et de l’Eglise catholique

Les intellectuels ont immédiatement réagi et protesté, dans un climat qui reste sensible et meurtri par une vague d’attaques terroristes. En trois ans, une quarantaine de personnalités a été assassinée par des groupes islamistes. Intellectuels, blogueurs et membres de minorités étrangères et religieuses ont été ciblés. Les atrocités ont culminé le 1er juillet 2016, lors de l’attaque d’un café-restaurant de Dacca qui a fait 22 victimes, dont 18 étrangers.

Malgré un islam traditionnellement perçu comme modéré au Bangladesh, des changements radicaux s’opèrent peu à peu dans la société. L’influence des radicaux se propage. Par ailleurs, les minorités restent très vulnérables et le gouvernement de Sheikh Hasina est régulièrement accusé de ne pas les protéger suffisamment. D’après un rapport publié en janvier par le Bangladesh Hindu Buddhist Christian Unity Council, l’année 2016 comptabilise 1.471 incidents violents à l’encontre des minorités, contre 262 répertoriés en 2015.

Les représentants des minorités religieuses et des militants politiques ont exprimé leur désaccord face à la modification des manuels scolaires en organisant deux manifestations à Dacca à la fin du mois de janvier. Dans un pays où les chrétiens ne constituent guère plus de 0,5 % de la population, l’Eglise catholique du Bangladesh se sent particulièrement concernée puisqu’elle occupe une place importante dans le système éducatif. A la tête de plus de 300 établissements, elle prend en charge quelque 100 000 élèves, des non-chrétiens pour la plupart.

Cité par l’agence d’information Ucanews, Mgr Gervas Rozario, évêque de Rajshahi et président de la Commission ‘Justice et Paix’ de la Conférence épiscopale, a déclaré : « Cette façon d’apaiser l’idéologie radicale porte atteinte à l’engagement de la nation envers les valeurs laïques et démocratiques. » Pius Nanuar, un responsable éducatif au sein de la Caritas locale, a lui aussi réagi dans des propos rapporté par Ucanews : « Si le gouvernement soutient les demandes du Hefazat-e-Islam, il pourrait alors introduire dans le futur le port obligatoire du voile pour les filles et cela pourrait avoir des conséquences désastreuses pour notre pays. »

L’organisation Hefazat-e-Islam a déjà exprimé ses prochaines exigences éducatives ; elles visent à limiter la représentation picturale des êtres vivants et les exercices physiques pour les filles et les jeunes filles.

Fondé en 2010 comme un groupe de pression, le Hefazat-e-Islam s’était fait notamment connaître en 2013 par une demande en 13 points formulée au gouvernement ; au nombre des mesures revendiquées figurait la mise en place d’une législation contre le blasphème, semblable à celle en vigueur au Pakistan. Hérité du Code pénal mis en place par le colonisateur britannique en 1860, le droit local ne reconnaît qu’un délit relatif au fait de « blesser les sentiments religieux » ; mais depuis une loi sur les technologies de l’information, votée en 2013, il est interdit de publier sur Internet tout élément qui pourrait « nuire à l’ordre public et à la loi » et la diffamation envers les religions est nommément citée.

Source : Eglises d’Asie

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Pakistan – Rumeurs de révision de la loi sur le blasphème contestées

Les lois sur le blasphème au Pakistan prévoient de lourdes peines pour des crimes tels que la profanation du coran ou toute insulte au prophète Mohamed. Ces lois sont souvent été utilisées comme justification d’une justice populaire. Depuis 1990, plus de 62 personnes ont été tuées par la violence de la foule (selon le centre pour des recherches et des études de sécurité au Pakistan). En 2013, 39 cas de blasphème étaient enregistrés, pour un total de 359 personnes, selon la Commission des droits de l’homme du Pakistan (HRCP). D’après la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), plus de 40 personnes sont actuellement dans le couloir de la mort pour blasphème, la plus emblématique étant Asia Bibi.

Depuis plusieurs jours, l’information concernant l’existence d’un projet de révision des lois sur le blasphème par les leaders pakistanais circule sur internet. La révision de ces lois aboutirait à un durcissement pour qu’elle soit mieux respectée. Le ministre pakistanais des Affaires religieuses Sardar Muhammad Yousuf, a publié un communiqué pour réfuter cette rumeur qui enfle :

“Nous n’avons pas de plan pour diversifier ou modifier la loi sur le blasphème. Le Gouvernement démocratique actuel est déterminé à faire appliquer cette loi, dans l’esprit de la loi. Aucun changement à cette loi n’est prévu.”

 Les lois sur le blasphème ont conduit à l’emprisonnement de nombreuses personnes : des chrétiens pakistanais, ou appartenant à des minorités religieuses. Quiconque accusé d’insulter l’islam fait face à une peine de mort potentielle.

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Vietnam – La persécution religieuse en hausse constante

Si vous êtes fidèles d’une religion non autorisée au Vietnam, vous devez vous attendre à être persécuté par les autorités selon une organisation de surveillance de la liberté religieuse. « Nous avons enregistré 59 violations de la liberté religieuse par le gouvernement en 2016, 9 de plus qu’en 2015 » a déclaré à UCANews le Père Anthony Le Ngoc Thanh, responsable au Vietnam de l’Association pour la protection de la liberté religieuse.

Le Père Thanh a déclaré que les autorités ciblaient les catholiques et les fidèles de groupes religieux non reconnus […] ainsi que de petits groupes chrétiens dans des zones reculées. Son organisation a publié le 11 janvier son dernier rapport trimestriel [pour 2016] qui montre que 22 cas se sont produits au cours des trois derniers mois. « Les cas de persécution religieuse sont de pire en pire », a-t-il déclaré ajoutant que les autorités gouvernementales empiètent sur les droits à se déplacer des dignitaires religieux et contraignent les religions à abandonner leurs proprié­ tés. Il déclare que des petits groupes religieux sont empêchés d’assister à des services même pour Noël, et sont traités inhumainement par les autorités. Plus de 27 violations des droits des catholiques [ont été enregistrées] : attaques brutales contre des prê­ tres et des fidèles dans des zones reculées, et conflits concernant les propriétés ecclésiales. Les autorités ont aussi détruit des croix et des statues catholiques et empêché des prêtres, et même des évêques, de se rendre parmi les catholiques de zones reculées […] Le Vietnam, qui compte 90 millions d’habitants, reconnaît officiellement 39 organisations religieuses appartenant à 13 confessions différentes avec un total de fidèles de 24 millions, dont plus de 6 millions de catholiques.

Source : UCANews, 22 janvier – © Christianophobie Hebdo pour la traduction.

Asie #NLQ

Pakistan – Acquittement des 112 personnes accusées d’avoir brûlé un quartier chrétien

Les faits remontent au mois de mars 2013. Le chrétien Sawan Masih était accusé d’avoir tenu des propos insultants au sujet du prophète Mahomet. En réponse à cette rumeur, plus d’une soixantaine de maisons du quartier chrétien de Lahore avaient été pillées et incendiées par une foule de plusieurs milliers de musulmans, provoquant d’importants dégâts, deux églises avaient notamment été détruites.

Les 112 suspects, déjà libérés sous caution, sont donc désormais acquittés… par manque de preuves.

Le Sénat discute actuellement d’une possibilité de faire évoluer la loi sur le blasphème (voir notre article à ce sujet), mais le chemin est encore long, de nombreux conservateurs s’y opposent catégoriquement.

Rappelons que des centaines de Pakistanais sont aujourd’hui dans le couloir de la mort pour des condamnations pour blasphème.

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Strasbourg – Conférence de Mgr Gollnisch : “Foi en l’espoir au Proche-Orient”

Mgr Pascal Gollnisch, directeur de  l’Oeuvre d’Orient, donnera une conférence sur le thème « Foi en l’espoir dans la poudrière du Proche-Orient », le vendredi 13 janvier 2017 au FEC, salle Saint-Léon XIII (17  place Saint-Etienne à Strasbourg).

Dans un monde en proie à toutes sortes de violences, le Proche-Orient est devenu l’épicentre d’un terrorisme génocidaire qui vise spécifiquement les minorités religieuses. En faisant prendre conscience de l’importance de ces minorités dans les pays musulmans du Proche-Orient, Mgr Gollnisch met en évidence les ressorts spirituels d’une action réaliste dans ces pays cruellement meurtris. « Il faut absolument s’abstenir de juger les problèmes du Moyen-Orient à l’aune de nos problèmes d’immigration et de la présence des musulmans en France », explique Pascal Gollnisch.

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Agenda / Annonce

Strasbourg – “Foi en l’espoir au Proche-Orient”

Mgr Pascal Gollnisch, directeur de  l’Oeuvre d’Orient, donnera une conférence sur le thème « Foi en l’espoir dans la poudrière du Proche-Orient », le vendredi 13 janvier 2017 au FEC, salle Saint-Léon XIII (17  place Saint-Etienne à Strasbourg).

Dans un monde en proie à toutes sortes de violences, le Proche-Orient est devenu l’épicentre d’un terrorisme génocidaire qui vise spécifiquement les minorités religieuses. En faisant prendre conscience de l’importance de ces minorités dans les pays musulmans du Proche-Orient, Mgr Gollnisch met en évidence les ressorts spirituels d’une action réaliste dans ces pays cruellement meurtris. « Il faut absolument s’abstenir de juger les problèmes du Moyen-Orient à l’aune de nos problèmes d’immigration et de la présence des musulmans en France », explique Pascal Gollnisch.

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