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Une nouvelle traduction du Missel romain pour l’Avent 2019

A l’occasion de l’Assemblée plénière d’automne, les évêques réunis à Lourdes ont pu se pencher sur la nouvelle traduction du Missel romain.

Le Missel romain va évoluer, et les évêques de France sont sur le pied de guerre pour aboutir à cette nouvelle version, qui bousculera légèrement les habitudes des fidèles durant l’Eucharistie. A l’occasion de l’Assemblée plénière d’automne, les évêques de France réunis à Lourdes ont pu échanger sur le projet de nouvelle traduction, remanié une ultime fois après la publication du Motu Proprio du pape François sur la liturgie.

C’est un processus assez long. Nous avions fait en mars 2017 le dernier vote après les allers-retours entre les évêques et la commission de traduction, entre les évêques et Rome. Et puis le Motu Proprio du pape sur la liturgie est arrivé. Nous nous sommes dits qu’il fallait faire une relecture à partir des critères que donne le Motu Proprio : fidélité au texte latin, à la langue vernaculaire, à la compréhension des fidèles” explique Mgr Guy de Kerimel, évêque du diocèse de Grenoble et président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle.

Il y a eu quatre sessions de relecture avec une équipe d’évêques francophones puisque cela relève de la commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques. Fin juillet, ils ont travaillé et ils nous ont donné ce texte que j’ai diffusé aux évêques français à la fin du mois de septembre, avant l’Assemblée, pour qu’ils aient le temps de le lire, pour que nous puissions faire un vote supplémentaire sur cet ultime texte. Nous sommes les derniers à voter” ajoute-t-il.

Certains pourraient se poser la question de la pertinence d’une nouvelle traduction. “Il y a eu une nouvelle édition typique en 2002. Nous ne sommes pas en avance. Elle a été revue en 2008. Rome nous demande de réadapter nos missels à cette nouvelle édition typique qui est la norme. Il y a un travail à faire de traduction. Il faut reprendre les choses. Un document du pape Jean-Paul II invitait à une traduction fidèle, quasi-littérale. Et le Motu Proprio du pape François a redonné un peu de souplesse. C’est un texte très riche théologiquement qui doit nous aider à entrer dans le mystère de l’Eucharistie” lance Mgr de Kerimel.

A l’occasion de cette Assemblée plénière, les évêques ont pu avoir la visite d’un théologien, spécialiste des questions de rite, de liturgie. “La liturgie doit être un lieu d’évangélisation. Une liturgie bien vécue, bien préparée, intériorisée, joyeuse mais de manière intérieure doit être une vraie rencontre du Christ dans son Eglise. On le perçoit à certaines messes où nous sentons que nous nous recevons de plus haut que nous, que celui qui nous a convoqué est là. C’est cela la liturgie” explique encore le président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle.

Il n’y a pas de choses d’ampleur. Dans le Credo par exemple, nous ne dirons plus “de même nature que le Père”, mais “consubstantiel au Père”. Une formule plus affinée sur le plan théologique. Il y a une pédagogie à déployer, une introduction à ces mots. Chaque mot est soupesé. Ce qui est nouveau, c’est sans cesse de faire une catéchèse sur la liturgie. Il y a toute une démarche spirituelle” estime-t-il.

Pour le Missel, il y a des petites choses dans les réponses qui vont changer. Cela nous oblige au fond à ne pas célébrer par habitude, cela va nous obliger à revenir au sens profond. Et ça c’est bon. Quand on change de tradition, cela nous bouscule. Il faudra bien une bonne année pour se réhabituer” confie Mgr de Kerimel. Avant de conclure : “Ce texte va partir à Rome. Nous allons demander la confirmation à Rome. Et si Rome répond rapidement, cela pourrait être pour le temps de l’Avent 2019“.
Ecouter l’entretien sur RCF.FR

NLQ

Pourquoi le mois de mai est-il le mois de Marie ?

La dédicace d’un mois à une dévotion particulière est une forme de piété populaire relativement récente dont on ne trouve guère l’usage général avant le XVIII° siècle. [Le mois de saint Joseph, mars, né à Viterbe, fut approuvé par Pie IX (12 juin 1855) ; le mois du Rosaire, octobre, né en Espagne, fut approuvé par Pie IX (28 juillet 1868) et demandé par Léon XIII (1883) ; le mois du Sacré-Cœur, juin, né au couvent des Oiseaux de Paris en 1833 et encouragé par Mgr. de Quelen, fut approuvé par Pie IX (8 mai 1873) ; on connaît encore le mois du saint Nom de Jésus approuvé par Léon XIII en 1902 (janvier), le mois du Précieux Sang approuvé par Pie IX en 1850 (juillet), le mois du Cœur Immaculé de Marie (août), le mois de Notre-Dame des Douleurs approuvé par Pie IX en 1857 (septembre), le mois des âmes du Purgatoire approuvé par Léon XIII en 1888 (novembre), le mois de l’Immaculée Conception (décembre)…]

Le « mois de Marie » qui est le plus ancien de ces mois consacrés, vit le jour à Rome, peut-être autour du collège romain des Jésuites, d’où il se diffusa dans les Etats Pontificaux, puis dans le reste de l’Italie et enfin dans toute la catholicité. La promotion du « mois de Marie » doit beaucoup aux Jésuites, singulièrement au P. Jacolet qui publia le « Mensis Marianus » à Dillingen en 1724, au P. Dionisi qui publia le « mese di Maria », à Rome en 1725, et au P. Lalomia qui publia le « mese di Maria assia il mese di maggio » à Palerme en 1758. Après eux, vint le « mese di Maria » que publia le P. Alphonse Muzzarelli à Ferrare en 1785, qui connut plus de cent cinquante éditions en un siècle, et qui fut traduit en français, en espagnol, en portugais, en anglais et en arabe. Avec le P. Muzzarelli, il ne s’agit plus de méditer seulement la vie, les vertus et les privilèges de la Sainte Vierge, mais, de s’en inspirer pour sanctifier la vie quotidienne en pratiquant chaque jour une vertu. Ainsi, chaque jour du mois du mai, les fidèles méditent une vérité de la vie chrétienne en fonction de laquelle ils s’imposent une pratique particulière, puis font une invocation et chantent un cantique à Marie.

Grâce aux ouvrages des P.P. Lalomia etMuzzarelli, le « Mois de Marie » atteint la France à la veille de la Révolution. La vénérable Louise de France, fille de Louis XV et prieure du carmel de Saint-Denis, fit traduire le livre du P. Lalomia dont elle fut une zélée propagatrice. Cet usage n’eut un caractère général qu’avec les missions populaires de la Restauration, après qu’il fut officiellement approuvé et enrichi d’indulgences par le Saint-Siège (21 novembre 1815). Après les jansénistes, le clergé constitutionnel était farouchement opposé à cette dévotion et l’on sait que Mgr Belmas, évêque concordataire de Cambrai, jadis évêque constitutionnel de l’Aude, en fut un adversaire résolu : après l’approbation de Pie VII, « on tenta de l’introduire au Grand Séminaire, sans son autorisation. Le mois devait s’ouvrir par un salut très solennel. Déjà les cierges étaient allumés à profusion sur l’autel. Prévenu, il les fit éteindre et contremanda la cérémonie. »

Si les Jésuites semblent bien avoir été les initiateurs du « Mois de Marie », les Camilliens revendiquent l’honneur de l’avoir inauguré dans sa forme actuelle, en 1784, dans l’église de la Visitation de Ferrare. Selon beaucoup, les Jésuites n’auraient fait que codifier des pratiques antérieures et, surtout, en souligner l’élaboration familiale. Ils recommandaient que, la veille du premier mai, dans chaque appartement, on dressât un autel à Marie, orné de fleurs et de lumières, devant quoi, chaque jour du mois, la famille se réunirait pour réciter quelques prières en l’honneur de la Sainte-Vierge avant de tirer au sort un billet qui indiquerait la vertu à pratiquer le lendemain.

En effet, on se souvient qu’au XIII° siècle, le roi de Castille, Alphonse X le Sage (1239-1284), avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et le mois de mai ; au siècle suivant, le bienheureux dominicain Henri Suso avait, durant l’époque des fleurs, l’habitude de tresser des couronnes pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge. En 1549, un bénédictin, V. Seidl, avait publié un livre intitulé « Le mois de mai spirituel », alors que saint Philippe Néri exhortait déjà les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le moi de mai où il réunissait les enfants autour de l’autel de la Sainte Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps, les vertus qu’il avait fait éclore dans leurs jeunes âmes. A Cologne, en 1664, les élèves des Jésuites pratiquaient déjà, au mois de mai, des exercices de piété en l’honneur de Marie, tandis qu’en Alsace, des jeunes filles, appelées Trimazettes, quêtaient de porte en porte pour orner de fleurs l’autel de la Sainte Vierge. Le jésuite Nadisi ne rapproche le culte marial du mois de mai qu’en citant épisodiquement Henri Suso dans son « Mensis Marialis » (1654) ; un « Mois de Marie », paru à Molsheim en 1699, probablement sous la plume du jésuite Vincke ne faisait aucune mention de mai. Le capucin Laurent de Schniffis consacrait le mois de mai à Marie dans un recueil de trente poésies, « Moyen-Pjeiff », publié en 1692. Outre qu’au début du XVIII° siècle, l’église franciscaine et royale Sainte-Claire de Naples connaissait au mois de mai un office populaire marial quotidien suivi d’un salut du Saint-Sacrement, les dominicains de Fiesole, en 1701, décidaient d’honorer la Vierge tous les jours du mois de mai, ce qui se faisait aussi, près de Vérone, dans la paroisse de Grezzana (1734), et, un peu plus tard à Gênes (1747) et à Vérone (1774).

Source : missel.free.fr

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Pourquoi le mois de mai est-il le mois de Marie ?

La dédicace d’un mois à une dévotion particulière est une forme de piété populaire relativement récente dont on ne trouve guère l’usage général avant le XVIII° siècle. [Le mois de saint Joseph, mars, né à Viterbe, fut approuvé par Pie IX (12 juin 1855) ; le mois du Rosaire, octobre, né en Espagne, fut approuvé par Pie IX (28 juillet 1868) et demandé par Léon XIII (1883) ; le mois du Sacré-Cœur, juin, né au couvent des Oiseaux de Paris en 1833 et encouragé par Mgr. de Quelen, fut approuvé par Pie IX (8 mai 1873) ; on connaît encore le mois du saint Nom de Jésus approuvé par Léon XIII en 1902 (janvier), le mois du Précieux Sang approuvé par Pie IX en 1850 (juillet), le mois du Cœur Immaculé de Marie (août), le mois de Notre-Dame des Douleurs approuvé par Pie IX en 1857 (septembre), le mois des âmes du Purgatoire approuvé par Léon XIII en 1888 (novembre), le mois de l’Immaculée Conception (décembre)…]

Le « mois de Marie » qui est le plus ancien de ces mois consacrés, vit le jour à Rome, peut-être autour du collège romain des Jésuites, d’où il se diffusa dans les Etats Pontificaux, puis dans le reste de l’Italie et enfin dans toute la catholicité. La promotion du « mois de Marie » doit beaucoup aux Jésuites, singulièrement au P. Jacolet qui publia le « Mensis Marianus » à Dillingen en 1724, au P. Dionisi qui publia le « mese di Maria », à Rome en 1725, et au P. Lalomia qui publia le « mese di Maria assia il mese di maggio » à Palerme en 1758. Après eux, vint le « mese di Maria » que publia le P. Alphonse Muzzarelli à Ferrare en 1785, qui connut plus de cent cinquante éditions en un siècle, et qui fut traduit en français, en espagnol, en portugais, en anglais et en arabe. Avec le P. Muzzarelli, il ne s’agit plus de méditer seulement la vie, les vertus et les privilèges de la Sainte Vierge, mais, de s’en inspirer pour sanctifier la vie quotidienne en pratiquant chaque jour une vertu. Ainsi, chaque jour du mois du mai, les fidèles méditent une vérité de la vie chrétienne en fonction de laquelle ils s’imposent une pratique particulière, puis font une invocation et chantent un cantique à Marie.

Grâce aux ouvrages des P.P. Lalomia etMuzzarelli, le « Mois de Marie » atteint la France à la veille de la Révolution. La vénérable Louise de France, fille de Louis XV et prieure du carmel de Saint-Denis, fit traduire le livre du P. Lalomia dont elle fut une zélée propagatrice. Cet usage n’eut un caractère général qu’avec les missions populaires de la Restauration, après qu’il fut officiellement approuvé et enrichi d’indulgences par le Saint-Siège (21 novembre 1815). Après les jansénistes, le clergé constitutionnel était farouchement opposé à cette dévotion et l’on sait que Mgr Belmas, évêque concordataire de Cambrai, jadis évêque constitutionnel de l’Aude, en fut un adversaire résolu : après l’approbation de Pie VII, « on tenta de l’introduire au Grand Séminaire, sans son autorisation. Le mois devait s’ouvrir par un salut très solennel. Déjà les cierges étaient allumés à profusion sur l’autel. Prévenu, il les fit éteindre et contremanda la cérémonie. »

Si les Jésuites semblent bien avoir été les initiateurs du « Mois de Marie », les Camilliens revendiquent l’honneur de l’avoir inauguré dans sa forme actuelle, en 1784, dans l’église de la Visitation de Ferrare. Selon beaucoup, les Jésuites n’auraient fait que codifier des pratiques antérieures et, surtout, en souligner l’élaboration familiale. Ils recommandaient que, la veille du premier mai, dans chaque appartement, on dressât un autel à Marie, orné de fleurs et de lumières, devant quoi, chaque jour du mois, la famille se réunirait pour réciter quelques prières en l’honneur de la Sainte-Vierge avant de tirer au sort un billet qui indiquerait la vertu à pratiquer le lendemain.

En effet, on se souvient qu’au XIII° siècle, le roi de Castille, Alphonse X le Sage (1239-1284), avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et le mois de mai ; au siècle suivant, le bienheureux dominicain Henri Suso avait, durant l’époque des fleurs, l’habitude de tresser des couronnes pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge. En 1549, un bénédictin, V. Seidl, avait publié un livre intitulé « Le mois de mai spirituel », alors que saint Philippe Néri exhortait déjà les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le moi de mai où il réunissait les enfants autour de l’autel de la Sainte Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps, les vertus qu’il avait fait éclore dans leurs jeunes âmes. A Cologne, en 1664, les élèves des Jésuites pratiquaient déjà, au mois de mai, des exercices de piété en l’honneur de Marie, tandis qu’en Alsace, des jeunes filles, appelées Trimazettes, quêtaient de porte en porte pour orner de fleurs l’autel de la Sainte Vierge. Le jésuite Nadisi ne rapproche le culte marial du mois de mai qu’en citant épisodiquement Henri Suso dans son « Mensis Marialis » (1654) ; un « Mois de Marie », paru à Molsheim en 1699, probablement sous la plume du jésuite Vincke ne faisait aucune mention de mai. Le capucin Laurent de Schniffis consacrait le mois de mai à Marie dans un recueil de trente poésies, « Moyen-Pjeiff », publié en 1692. Outre qu’au début du XVIII° siècle, l’église franciscaine et royale Sainte-Claire de Naples connaissait au mois de mai un office populaire marial quotidien suivi d’un salut du Saint-Sacrement, les dominicains de Fiesole, en 1701, décidaient d’honorer la Vierge tous les jours du mois de mai, ce qui se faisait aussi, près de Vérone, dans la paroisse de Grezzana (1734), et, un peu plus tard à Gênes (1747) et à Vérone (1774).

Source : missel.free.fr