NLQ #Tribunes et entretiens

Extrait de la retraite Marie mon secret & prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine du 15 octobre 2018 – “Marchons en grande confiance !”

Suite à l’interview du père Michel-Marie sur la chaîne québécoise TVA dans l’émission La Victoire de l’Amour, le célèbre prédicateur, écrivain, auteur-compositeur et chanteur revient régulièrement pour commenter l’évangile du jour.

Voici un extrait de la retraite sur la Sainte Vierge, Marie mon secret, prêchée par le père Michel-Marie, ainsi qu’une prédication sur Lc XI, 29-32

Version audio seule.

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #37 : Qui veut imiter le Christ doit commencer par être délicat

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Pour vous, ô Marie, l’évidence est criante : Jésus, sorti de votre corps, sort du Père. Et à le regarder vivre, ce dont vous ne vous lassez jamais, par là vous entrez dans la connaissance absolue de l’Incréé. Au jour le jour, la perfection de Dieu prendra pour vous le visage d’une simple vertu que vous repérez en tous les actes du Christ, si fine par nature qu’elle pourrait être jugée secondaire. Vous l’avez deviné, aux mots fléchés du Ciel : c’est la délicatesse. En effet, qu’il mange, qu’il serve, qu’il prie, qu’il dorme ou travaille, cette humble vertu sévit en continu par-dessous, éclusant des flots de pur amour sous les gestes anodins, rendant de sa subtilité unie à la justesse d’esprit, Dieu présent sous les espèces du quotidien. Qui veut donc imiter le Christ doit commencer par là, par cette volonté farouche d’être délicat.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in Marie, mon secret, p.122

Illustration : L’enfant Jésus bénissant saint Jean – François Boucher, 1758, 90 x 44 cm

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #27 : Homme et femme, chacun sa grâce

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

En tout couple, du moins je le préconise, et votre vie, ô Vierge, ne le dément pas, il est des affaires qui ne se règlent que par l’un ou l’autre conjoint selon sa grâce. Et ce n’est pas là une question de culture ou d’usages, mais bien plutôt de déterminations supérieures, n’en déplaise à quelques constructeurs d’utopie. Tout le monde ne fait pas tout ; chacun doit faire sa part. A leurs larges épaules, à leurs os vigoureux, à leurs voix tonnantes, à leur impulsive nature – aux hommes, l’idéal de protection leur va comme un gant, et il serait certes bon qu’ils l’exerçassent en flux de douceur continu. Ce n’est pas toujours réussi, mais c’est leur voie. Ordonnés à l’action de tout leur être, difficilement maintenus sur les canapés où les femmes les veulent pour de longues conversations qu’ils rêvent d’écourter, il convient donc de leur laisser initiatives et décisions dans l’ordre du faire et du devenir, car maris châtrés ne valent plus rien. Bien sûr, qu’ils consultent le Ciel et leur femme, cela va de soi, mais qu’en fin, ils indiquent la route. Joseph étant un homme, un point c’est tout, c’est lui qui, pour le bien commun, décidait de toutes choses. Surtout ne lui en veuillez pas, d’autant plus que Dieu montrera par la suite qu’il marche tout à fait dans cette lumière. Quant à la femme, selon Rilke ” plus spontanée, plus féconde, plus confiante, plus mûre, plus près de l’humain que l’homme”, il lui revient – en vous voyant Marie, je le comprends – de déposer son éclat au centre de l’amour, pour ne point se trahir elle-même qui, comme chacun le sait, se nourrit de docilité pour croître.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in Marie, mon secret, p. 103-104

Illustration : Sainte Famille avec sainte Elisabeth et saint Jean-Baptiste, par Rubens

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #11 : Attendre pour sauver l’amour

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine. Aujourd’hui, un extrait du très bel ouvrage Marie, mon secret – Conversation avec la Vierge, ici sur l’attente en amour.

 

En vérité, en vérité, je vous le dis, il faut être fou pour ne pas aimer les prémices, ou peut-être malheureux, privé depuis trop longtemps d’amour, pour se jeter sur lui au risque de l’éteindre. Ce temps des fiançailles dont notre époque se moque éperdument, sans doute par dépit, ce qui est fort pardonnable, retrouvera bientôt, je pourrais le jurer, sa place de témoin face à l’amour demain jugé coupable d’homicide volontaire sur-lui-même.

[…]

Il serait si simple et bienheureux d’attendre… non pour honorer une quelconque morale dont les volutes passées, ô combien précises et socialement reçues cachaient mille faiblesses, pour ne pas dire mensonges à l’état pur – mais pour sauver l’amour, tout simplement. Attendre, et voir de tous ses yeux, ce n’est pas interdit, chaque aspect de l’être aimé, de son allure à son esprit, de sa voix, j’y reviens, car elle résonnera jusqu’au bout de la vie, à sa bonté personnelle, qui doit être, je vous en conjure, de même nature que celle de Joseph et de Marie, ce qui revient à dire, démesurée.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in Marie, mon secret, p.58-59

 

 

 

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #3 : Sur la fécondité de la vieillesse

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine. L’extrait suivant est tiré du magnifique Marie, mon secret – conversation avec la Vierge, p. 18, et nous parle de la fécondité réelle de la vieillesse.

Ce ne fut pas le cas de la vôtre, ô Vierge de tous les temps, mais, sur notre génération, les vieux manquent atrocement. Entre ceux qui ne se sentent plus le courage de vieillir, poussés par un siècle idiot qui ne croit qu’en la peau tendue, et ceux qui n’ont plus le droit de parler, d’enseigner, d’être obéis, de vivre, parce que génération oblige, parce que la lenteur n’est plus de mise, parce que la mémoire est obligatoire même si l’on ne reçoit plus rien de celle qui est collective, parce que la mort se dessine au visage, parce que le corps péniblement se braque aux gestes les plus primitifs, parce que la vie est belle ou doit mourir, le compte est bon, les vieux dorment, et la sagesse en meurt ! Et pourtant, la vieillesse est féconde, Dieu l’a montré, vos parents nous le crient. Quand reviendrons-nous à cette évidence et viderons-nous les mouroirs de France et de Navarre pour coller un lit dans notre propre chambre, y faisant vivre et mourir les passeurs de notre propre vie ? Il manque aux enfants gâtés, bellâtres de la société, le sourire édenté de leurs lutteurs d’ancêtres ; il manque aux actifs, aux calculateurs, aux adorateurs d’argent, de se voir en miroir sur la chaise roulante, et de sentir les bras décharnés de leurs vieux parents se pendre encore à leur cou pour embrasser. Faut-il le redire, tant que l’âme respire, la vieillesse est féconde ; pourquoi donc s’en priver ? Marie, je vous en prie, priez, priez pour nous, pauvres pécheurs – et permettez-moi d’insister pour le bien de tous, j’y reviens de grand coeur, la preuve entre les mains : que pouvait-on espérer de vos parents dont l’arbre de vie semblait asséché pour jamais ? Tout ! jusqu’à la déchéance et la mort, sauf… la beauté essentielle, et c’est pourtant ce fruit qu’ils ont formé.