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L’édito – Un nouveau Notre Père ?

Dans un raccourci commode, nous entendons parler du nouveau Notre Père, pour évoquer la nouvelle traduction, non du Notre Père, mais de cette petite phrase qui fit couler beaucoup d’encre, « Ne nos inducas in tentationem ». InfoCatho a publié depuis l’annonce de cette « mise à jour », une série d’articles pour expliquer tout autant la polémique, la réforme que le sens profond de cette petite phrase qui suscita dès les premiers temps de l’Eglise diverses explicitations. Au fil du mois de décembre, nous poursuivrons notre excursion, riche d’enseignements et de médiations. La rapide confusion d’un chroniqueur radio pour qui cette nouveauté hurlait aux oreilles, l’anti-islamisme a eu le mérite de pousser les fidèles à se renseigner sur les tenants et aboutissants de ce nouveau changement de traduction. Car le chemin ne va pas de soi du « ne nous laisse pas succomber », à « ne nous laisse pas entrer » en passant par « ne nous soumets pas » à la tentation.

Tout d’abord, tout traducteur, tout linguiste sait que traduire c’est forcément interpréter, c’est-à-dire trouver la formulation la plus proche du sens du mot, sachant que les transferts mots pour mots sont rares, du fait de la polysémie propre à chaque langue. Mais, si traditor traditus, le traducteur est un traitre, interpréter n’est pas forcer le sens. C’est ici que l’idéologie peut subrepticement se glisser. Dans le cas d’une traduction francophone, il convient également de prendre en compte les référents culturels de chaque pays de langue française. Au Canada par exemple, certains mots sacré sont devenus des insultes ou jurons qu’il devient difficile de glisser dans la liturgie, comme calice ou tabernacle.

Chaque mot traduit du latin, du grec ou de l’araméen porte en lui une riche exégèse que les Pères de l’Eglise et les plus grands mystiques n’ont cessé de déployer. Une occasion donc pour nous de ruminer ce notre Père, mot après mot, pour se l’approprier. C’est ce que nous vous proposerons de faire sur InfoCatho, au fil de l’eau. Mais pour qui veut une belle lecture spirituelle pour se préparer à Noël, la médiation du Notre Père par saint Cyprien de Carthage est un bijou que le pape Benoît XVI ne s’est pas privé de présenter au cours de ses catéchèses.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

A la une #Doctrine / Formation #NLH

Notre Père, nouvelle traduction – Des repères pour comprendre

 

La Conférence épiscopale de France a choisi le 1er dimanche de l’Avent pour qu’entre en vigueur la nouvelle traduction de « Ne Nos inducas in entationem ».

Pourquoi avoir  attendu, quels sont les enjeux, le sens des mots ? Petite retrospective pour y voir plus clair.

 

Une nouvelle traduction pour le Notre Père – Pourquoi avoir attendu 2017 ?

Un nouveau Notre Père à la fin de l’année

Suisse – Le nouveau Notre Père catholique ne plait pas aux protestants

A partir de dimanche les Belges prieront Notre Père “de ne pas nous laisser entrer en tentation”

En France, la nouvelle le traduction du Notre Père sera introduite pour l’Avent

Redécouvrir et Prier le Notre-Père avec Hozana.org

Courrier d’un lecteur, non sans humour – Les erreurs les plus fréquentes pendant la messe.

Pater, tentation ou épreuve, un peu de vocabulaire pour y voir clair

Une nouvelle traduction néerlando flamande du Pater contestée

 

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Un nouveau Notre Père à la fin de l’année

La formule « Ne nous laisse pas entrer en tentation » du Notre-Père entrera en vigueur à partir du 3 décembre 2017.

Explications de la Conférence des Evêques de France.

Et une explication sémantique

 

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Une nouvelle traduction néerlando flamande du Pater contestée

Les traductions liturgiques n’en finissent pas de poser problème. Délicate par essence, une traduction est toujours une trahison. Quant il s’agit du contenu de la foi la trahison peut s’avérer dramatique. Aux impératifs linguistiques, s’ajoutent les nécessités pastorales et les ambiguités propres à chaque culture. Ainsi est-il difficile d’avoir une traduction francophone uniforme, tant certains mots au Québec seraient insultants dans le contexte liturgique.

Quand il faut encore prendre l’œcuménisme en considération, s’ajoute une difficulté autrement plus théologique où la trahison peut devenir contre productive. En gommant les différences, on peut en effet en venir à renoncer à la vérité.

Le Credo, comme le Pater, sont donc deux “textes” au contenu hautement sensible et disons-le fortement clivant puisqu’ils sont la quintessence de notre foi.

La traduction du Notre Père pose, depuis le début, en France de graves problèmes que l’habitude a fini par faire oublier. Elle pose pourtant la question de notre relation au Mal, comme au mal et particulièrement celle de la place respective de Dieu et du démon. Épreuve, tentation, libre arbitre c’est bien cela qui se cache derrière Ne nos inducas in tetationem. 

C’est aussi ce que rappelle la commission de laïcs Vox populi au sujet de la nouvelle traduction néerlando-falamande.

Le 27 novembre 2016 une « nouvelle traduction néerlando-flamande commune » du Pater entrera en vigueur. Vox Populi, une commission de laïcs catholiques qui fait partie du Forum Laïc Catholique Romain ASBL, oppose de sérieuses objections à cette nouvelle traduction du Pater. Elle se demande si cela est le « problème » le plus urgent auquel l’Église doit actuellement faire face. Et pourquoi cette « réforme » serait-elle nécessaire ? Il n’y a aucune raison d’ordre pastoral exigeant l’imposition d’une « nouvelle traduction néerlando-flamande » du Pater. Cette initiative des évêques flamands et néerlandais ne fera qu’intensifier la confusion au sein de l’Église et, partant, augmenter la crise religieuse. La plus grande pierre d’achoppement est la nouvelle imploration « et ne nous soumets pas à l’épreuve » qui doit remplacer « et ne nous soumets pas à la tentation ». Le mot grec « peirasmos » se laisse aussi bien traduire par « épreuve » que par « tentation ». Mais dans le contexte du Pater, il est impossible de traduire « peirasmos » par « épreuve ». Dans le contexte du Pater, le Catéchisme de l’Église catholique fait, lui aussi, une distinction explicite entre « tentation » (= tentatio) et « épreuve » (= probatio)« Et ne nous soumets pas à la tentation » est dès lors la seule traduction correcte. On dirait que les évêques néerlandais et flamands ont agi à dessein en altérant la prière que Jésus Lui-même nous a apprise. Cette nouvelle « traduction » néerlando-flamande du Pater cache de sérieux problèmes linguistiques, théologiques, pastoraux et doctrinaires. En réalité, nous ne sommes pas confrontés ici à une « traduction » plus moderne ou meilleure, mais plutôt à une nouvelle interprétation idéologique du texte. Vox Populi appelle donc les Conférences épiscopales de Belgique et des Pays-Bas à renoncer à cette expérience néfaste dont le Pater fait l’objet.