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Carêméditation #21 : De la nécessité pour les enfants de ressentir la douleur d’autrui

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine. Voici un extrait de L’Amour, une affaire sacrée, une sacrée affaire :

Au-dessus de l’amour reçu en forme d’attention, de tendresse et de bienveillance, avant huit ans, je le crois, l’âme devrait aussi ressentir la douleur d’autrui, visible sur les yeux tristes ou pleurants d’un être humain délabré (le choix ne manque pas au panel de la misère), si possible esseulé, voisin d’à côté, d’en bas ou d’en-haut, laissé sans secours et sans lien. Une sorte de spasme irrépressible fécondé par les accents désolés de ses parents appuyant de leurs mots sur le drame, devrait saisir l’enfant et le pousser à vouloir agir tout de suite et sans retour pour que l’amour se confonde en plein avec le désir de donner, ne serait-ce qu’un baiser. “Maman, accompagne-moi !” Un coup de sonnette à la porte d’en face… et voilà qui est fait et bien fait au visage sillonné par le temps qui n’en revient pas de tant de douceur oubliée. Et en bonus, comme il sera rassurant pour son père de voir revenir son petit bonhomme tout joyeux, sautillant et convaincu désormais de son pouvoir envoûtant ! Cette puissance de résurrection, l’enfant ne l’oubliera plus.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in L’Amour, une affaire sacrée, une sacrée affaire p. 27-28