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La longue histoire de l’abbaye Notre-Dame de La Trappe de Soligny

Un article proposé par Divine Box.

L’abbaye Notre-Dame de La Trappe de Soligny est une abbaye normande fondée en 1140 dans le village de Soligny-La-Trappe. Au cours de sa longue histoire, l’abbaye a connu des hauts et des bas. Mais elle est avant tout le lieu de naissance de l’ordre cistercien de la stricte observance, aussi appelé trappiste !

Entre les périodes sombres et celles de rayonnement international, il y en a des choses à dire… Allez, Divine Box vous raconte tout ça en détails : en avant !

L’abbaye de La Trappe se situe en Normandie, dans le village de Soligny-La-Trappe. – Abbaye de La Trappe

Fondation : quand le navire chavire 

 

L’histoire de l’abbaye Notre-Dame de La Trappe, située à Soligny-La-Trappe, commence tristement en 1120 par le naufrage d’un vaisseau. Dans cet accident périt Mathilde, fille du roi d’Angleterre et femme du comte Rotrou III du Perche.

Ce dernier, désespéré, érige alors dans la forêt de la Trappe, qui se situe sur ses terres, un oratoire dédié à la Vierge en souvenir de sa bien-aimée.

En 1140, il y fait venir quelques moines du Breuil-Benoît, près de Dreux. La communauté est née (youpi !) et intègre l’ordre cistercien en 1147.

Et au fait, pourquoi « La Trappe » ? Sûrement à cause des pièges que les chasseurs posaient dans cette forêt, tout simplement.

Une période sombre 

Durant la guerre de Cent Ans (XIVe et XVe siècles), le monastère est brûlé et pillé. Les moines s’en vont pour se réfugier au château-fort de Bonsmoulins. De plus, l’abbaye de La Trappe est alors sous le système de la commende : le roi place à la tête de la communauté un clerc extérieur, religieux ou non.

Comme souvent dans ce système, le commendataire s’approprie les bénéfices du travail de la communauté. On est donc loin de l’idéal cistercien de travail et de prière. Quand les moines de la Trappe tentent d’en finir avec ce système en élisant un nouvel abbé, celui-ci est révoqué par le roi dès le lendemain…

C’est l’abbé de Rancé, pourtant abbé commendataire, qui change enfin les choses et sauve La Trappe de Soligny dès 1660.

L’abbé de Rancé, sauveur de l’abbaye de La Trappe. – Hyacinthe Rigaud

Retour à l’essentiel

 

L’abbé de Rancé est le neveu de Richelieu et est abbé commendataire de La Trappe depuis ses 11 ans, même s’il ne vit pas du tout une vie monastique. Lorsqu’il se rend à l’abbaye, il est frappé par le spectacle et décide de s’y installer pour remettre un peu d’ordre : en prenant l’habit cistercien, il se convertit définitivement !

Il chasse les sept moines qui restaient et les remplace par des compagnons plus sérieux. Après avoir fait son noviciat, l’abbé de Rancé devient abbé régulier à La Trappe. Dès son arrivée, il veut donc rétablir un strict respect de la règle de saint Benoît.

Il met ainsi en place une réforme, baptisée plus tard “ordre cistercien de la Stricte Observance”. Son objectif ? Conserver la part importante du travail manuel propre aux cisterciens, mais réinstaurer une vie pauvre, valeur jusqu’alors un peu passée à la trappe…

Si la réforme reste au début cantonnée à l’abbaye de Soligny-La-Trappe, elle finit par séduire certaines abbayes voisines, puis plus lointaines, qui deviennent des « petites trappes ». La famille trappiste grandit ! L’ordre cistercien de la stricte observance sera ainsi reconnu par le pape en 1892 : il doit beaucoup à l’abbé de Rancé, à qui Châteaubriand a même consacré un livre entier !

 

À nouveau dans la tourmente 

 

Grâce à l’abbé de Rancé, l’abbaye de La Trappe devient incroyablement rayonnante et les postulants affluent en nombre (jusqu’à trois par jour à certaines époques !). Pourtant, un siècle plus tard survient la Révolution, seconde épreuve pour l’abbaye de La Trappe… Les ordres religieux sont alors interdits par la loi et les monastères détruits (La Trappe devient une carrière de pierres !).

Un peu plus tard, en 1811, un décret impérial supprime tous les monastères trappistes. Certains frères meurent donc en martyrs, d’autres fuient en Suisse, puis en Russie, pour échapper aux troupes révolutionnaires.

Quand certains reviennent à La Trappe vers 1815, c’est une ruine. Il faut désormais la reconstruire en entier…Au boulot ! La reconstruction commence en 1829 et la consécration de l’église a lieu en 1831.

L’église de l’abbaye de La Trappe de Soligny, de style néogothique, a été inaugurée en 1831. – Divine Box

Une croissance exceptionnelle

 

Tout au long du XIXe siècle, La Trappe devient une exploitation agricole gigantesque qui vend ses produits dans dix magasins parisiens qui lui sont spécialement consacrés. L’abbaye de La Trappe accueille également au fil du temps une chocolaterie, une imprimerie, ou encore une pharmacie.

Ainsi lancés sur le chemin de la modernité, les moines de La Trappe livrent leurs produits à l’extérieur et en font de la publicité avec les publicistes les plus réputés de l’époque.

Les frères de La Trappe construisent même une voie de chemin de fer en 1895 ! 20 000 visiteurs viennent quotidiennement l’admirer lors de son inauguration qui dure neuf jours. Et preuve du rayonnement exceptionnel de La Trappe au XIXe, le roi Louis Philippe en personne y fait une visite en 1847. Quel honneur !

Pendant la Première Guerre mondiale, une partie de l’abbaye sert d’abris pour les blessés. Lors de la Seconde guerre mondiale, les frères jouent également un rôle actif dans la résistance avec les habitants du village de Soligny-La-Trappe.

Le chemin de fer de l’abbaye de La Trappe de Soligny a été inauguré en 1895. – Jean-Claude Bourdais

La situation aujourd’hui

 

Aujourd’hui, à l’abbaye Notre-Dame de La Trappe, les vingt-deux cisterciens de la stricte observance – surnommés trappistes – suivent la règle de saint Benoît, Ora et Labora (“prière et travail”). Ainsi, de 4h15 à 20h15, ils disent sept offices. Le reste du temps, ils se consacrent au travail manuel (magasin, pâtes de fruits, vergers, conditionnement…) et aux visiteurs. Bref, les frères ne chôment pas !

Ils consacrent aussi plusieurs heures par jours à la lecture des textes sacrés, grâce à leur grande bibliothèque. L’activité agricole se réduit peu à peu – elle se résume aujourd’hui à des cultures céréalières – au profit des ateliers de produits monastiques et du magasin, qui se développent. Ce dernier, entièrement rénové en 2003, emploie une dizaine de frères chaque jour !

Une société commerciale gère l’ensemble de l’entretien des bâtiments et quatre salariés s’occupent de l’hôtellerie, des espaces agricoles…L’abbaye a engendré quatre fondations :

  • L’abbaye de Tre Fontane (Italie)
  • L’abbaye Notre-Dame de Bellefontaine (Anjou)
  • L’abbaye Notre-Dame de Timadeuc (Bretagne)
  • L’abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d’Échourgnac (Dordogne)

 

L’abbaye de La Trappe de Soligny garde de forts liens de fraternité avec ses fondations.

Sept fois par jour les frères de l’abbaye de La Trappe se rendent à l’office par ce couloir dans le plus grand silence. – Divine Box

Cliquez ici pour en savoir plus sur l’abbaye Notre-Dame de La Trappe de Soligny : les différents ateliers de production de l’abbaye de La Trappe, l’histoire de la statue Notre-Dame de Confiance etc…

 

Et pour acheter les produits de l’abbaye de La Trappe, vous pouvez bien sûr vous rendre directement au magasin de l’abbaye : Abbaye Notre-Dame de la Trappe, lieu-dit la Trappe, 61380 Soligny-la-Trappe. Sinon, rendez-vous sur la boutique monastique en ligne Divine Box : cliquez ici pour acheter les pâtes de fruits de l’abbaye de Soligny-La-Trappe.

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Tout savoir sur les bières de Saint-Wandrille en 7 anecdotes !

Un article proposé par Divine Box.

Les bières de Saint-Wandrille, vous en avez déjà entendu parler ? Sûrement ! Si vous êtes un p’tit chanceux, vous les avez même sans doute déjà dégustées ! Ce sont en effet à ce jour les premières et uniques vraies bières d’abbaye française, depuis un siècle. C’est-à-dire qu’elles sont brassées par les moines bénédictins de Saint-Wandrille, au sein de leur abbaye, et leurs bénéfices servent à faire vivre la communauté !

 

Mais savez-vous pourquoi les moines de Saint-Wandrille se sont lancés dans le brassage de leur première bière en 2016 ? Connaissez-vous le rapport entre les bières de Saint-Wandrille et « la cruche de la Samaritaine » ? Ou encore, saviez-vous que si les frères ont choisi un format de 50cL pour leurs bières, c’est aussi pour avoir le temps d’aller à la messe ?  Divine Box vous raconte tout ce qu’il faut absolument savoir sur les bières de Saint-Wandrille en 7 infos !

Ci-dessus, les moines de Saint-Wandrille retournent travailler après l’office, selon la règle « ora et labora » de saint Benoît, qui leur demande de partager leurs journées entre « prière et travail » – Crédits Photo : © Abbaye Saint-Wandrille

  1. Quand la Providence apporte aussi sa bière à l’édifice 👍

« La porte du houblon », une invitation des anciens moines de l’abbaye ?

Face au besoin pressant de trouver une nouvelle activité économique, le père abbé de Saint-Wandrille réunit donc toute la communauté au Chapitre en août 2014. Il demande à chaque moine de donner une idée de nouvelle activité. Beaucoup de propositions fusent autour de l’artisanat monastique : fabrication de pain grâce à la boulangerie de l’abbaye, fabrication de cierges, de fromages, de bonbons, de financiers, culture de plantes aromatiques…

 

Parmi toutes les propositions, frère Éric proposa de se lancer dans la bière : « Et pourquoi nous ne ferions pas une brasserie ? Je vous rappelle que nous avons dans le cloître une ‘porte du houblon’ ! De plus, le marché de la bière artisanale est en très grande croissance en ce moment. Et comme il n’y a pas actuellement de monastère brasseur en France, la place de véritable bière d’abbaye française nous tend les bras ! »

 

En plus de ces 3 (excellentes) raisons, il faut préciser que l’abbaye de Saint-Wandrille possède le plus vieux réfectoire d’Occident encore en activité ! Lieu par excellence d’accueil des pèlerins au Moyen-Âge, les moines prenaient l’habitude de les y accueillir avec… de la bière, tiens !

 

Mais malgré toutes ces bonnes raisons, l’intervention de frère Éric ne fut pas particulièrement retenue, car la communauté ne possédait pas le savoir-faire du brassage, ni le matériel. Les frères ne savaient même pas combien cela coûtait et s’ils en avaient les moyens ! Chou blanc ? Pas si sûr…

Ci-dessus, « la frise du houblon », qui représente des feuilles de houblon au-dessus d’une porte du cloître. C’est cette frise qui aurait inspiré frère Éric à proposer l’idée de lancer une bière d’abbaye – Divine Box

Le père abbé et frère Xavier sont sur un bateau… mais le projet ne tombe à l’eau !

Trois jours plus tard, cependant, le père abbé et l’un des moines se trouvent sur un bateau, pour se rendre à l’abbaye de Quarr en Angleterre. Un couple reconnait alors le supérieur de l’abbaye, et tous commencent à papoter.

 

Bien vite, le mari explique qu’il s’est lancé, dans ses temps libres, dans le brassage d’une bière artisanale. Très intéressés, les moines lui demandent plus d’informations sur les coûts, les connaissances et le matériel nécessaires… Il leur explique que c’est très simple, et les encourage à persévérer dans cette réflexion.

 

Lorsqu’ils sont enfin de retour trois jours plus tard à l’abbaye, les moines découvrent alors avec surprise un mystérieux colis à leur porte : des bouteilles, des capsules, du malt, des bidons… c’est le mari qui leur a envoyé un kit de brassage !

 

Une semaine à peine après l’ébauche de réflexion sur la nouvelle orientation économique de l’abbaye, et sans que les frères n’aient rien fait de particulier, ils pouvaient donc lancer leur premier brassin-test directement chez eux ! Confiants en ce signe de la Providence, les moines ont donc mis la main à la pâte…

 

Merci frère Éric !

Souvenez-vous, c’est au tout début sur une suggestion de frère Éric que les bières de Saint-Wandrille ont pu voir le jour. Mais frère Éric semble aussi se cacher derrière chacune des étapes de la création de la brasserie :

  • C’est le jour de la saint Éric, un 18 mai, que les frères ont reçu le kit de brassage à leur porte.
  • C’est frère Éric qui eut l’idée d’utiliser la porte de l’abbaye, avec son blason, pour représenter le monastère sur l’étiquette. Idée adoptée sur le champ, après plusieurs semaines de recherche infructueuses !
  • Frappé peu de temps après par une leucémie foudroyante, frère Éric mourût le jour de la saint Benoît. Le jour où la brasserie venait de sortir de terre. Il disparût au moment où le projet de la communauté prenait vie.
  • Et, coïncidence ( ?), la première mise en bouteille des bières de Saint-Wandrille eut lieu le 14 juillet 2016, soit un an jour pour jour après son enterrement !

Alors face à tous ces signes, les moines de Saint-Wandrille sont très reconnaissants envers frère Éric !

C’est notamment grâce à frère Éric que le projet de brasserie de Saint-Wandrille a pu voir le jour – Crédits Photo : © Abbaye Saint-Wandrille

  1. Des noms de brassins… surprenants 🤓

Chaque semaine, pendant plusieurs mois, les moines ont donc enchaîné les brassins-tests, afin d’affiner leur bière. Et cela fait beaucoup de bière ! Alors, pour les différencier, les moines ont eu une idée. Chaque semaine, le brassin allait recevoir un petit nom en rapport avec la vie de la communauté : un événement, une lecture du réfectoire, l’Évangile du jour, etc…

 

Les frères de Saint-Wandrille ont ainsi pu déguster au réfectoire :

 

  • La hotte du Père Noël
  • La Chute de l’Empire Romain
  • La pipelette du Bordeaux-Paris
  • La cruche de la Samaritaine
  • La zizanie du chapelet secret
  • La sainte Ampoule

 

Et bien d’autres encore ! Ah ces moines, ils ne manquent pas d’humour…

C’est lors de la balade hebdomadaire que les moines de Saint-Wandrille échangent leurs réflexions sur les brassins de leurs bières de Saint-Wandrille – Crédits Photo : © Abbaye Saint-Wandrille

  1. Les bières de Saint-Wandrille, un travail de bénédictin 💪

Les bières de Saint-Wandrille, c’est un produit monastique 100 % made in Saint-Wandrille. Ce sont en effet bien les moines qui sont derrière chacune des étapes de la confection de leurs bières. Ils se partagent les tâches en différentes équipes :

 

  • L’équipe de brassage : elle réalise le brassage et le soutirage.
  • L’équipe de dégustation : elle se charge d’élaborer les recettes, de vérifier la qualité de la production, et de goûter les bières du marché.
  • L’équipe marketing : elle s’occupe des étiquettes et des supports de communication.
  • L’équipe d’expédition : chaque frère passe entre 1h et 2h par mois à la mise en carton des bières de Saint-Wandrille !

 

Les bières de Saint-Wandrille, c’est aussi un travail monastique, c’est-à-dire 100 % respectueux du temps de prière quotidien des frères. Pour vous en donner un aperçu, voici la semaine type des moines brasseurs de Saint-Wandrille :

  • Lundi : ce sont les préparatifs : les frères désinfectent le matériel, concassent le malt, étalonnent leurs instruments…
  • Mardi : C’est le premier brassin. Après l’office de vigile à 5h25, le premier frère brasseur assiste à une messe basse, surnommée « la messe du brasseur ». Il commence ainsi à brasser vers 7h du matin. Pour que ce soit plus simple, les deux frères brasseurs récitent les offices directement dans la brasserie ce jour-là.
  • Mercredi : C’est le second brassin et la mise en carton des brassins précédents. Pour la mise en carton, tous les frères de la communauté se relaient quatre par quatre dans le mois pour prêter main forte.
  • Jeudi : C’est la préparation du soutirage. Les moines rincent et désinfectent le contenant dans lequel la bière va être transférée, afin d’éliminer les particules qui se sont déposées au fond du mélange.
  • Vendredi : C’est la mise en bouteille, juste après la messe. Pas le temps de déjeuner pour les moines brasseurs, alors c’est sandwich dans la brasserie !
  • Samedi : C’est le jour des purges de levure, du nettoyage, des mesures pour contrôler la fermentation principale et la fermentation en bouteille, ainsi que le jour de la mise à jour documentaire et du suivi du courrier !
  • Le dimanche et les jours de fête, les frères ne travaillent pas à la brasserie, repos dominical oblige !

Pour la mise en carton des bières de Saint-Wandrille, toute la communauté met la main à la pâte — Crédits Photo : © Abbaye Saint-Wandrille

 

  1. Travailler plus pour gagner plus en sainteté !

Les moines de Saint-Wandrille ne manquent décidément pas d’humour ! Ils ont affiché dans leur brasserie ce proverbe pour le moins curieux :

 

Qui bibit, dormit ;

qui dormit, non peccat ;

qui non peccat, sanctus est ;

erga : qui bibit, sanctus est.

 

Si vous n’êtes pas bilingues latin/français, voici une traduction « maison » :

 

Qui boit, dort ;

qui dort, ne pèche pas ;

qui ne pèche pas, est saint ;

donc : qui boit, est saint.

 

Et oui, c’est mathématique !

Dans leur brasserie, les moines de Saint-Wandrille ont affiché un proverbe plein d’humour – Divine Box

 

  1. Un format de 50 cL pour partager… et pour aller à la messe !

Les bières de Saint-Wandrille sont au format bien particulier de 50cL. Les moines n’ont en effet pas voulu prendre le format classique de 33cL, et cela pour trois raisons :

 

  • Pour être plus visibles dans un rayon, tout simplement !
  • Pour pouvoir partager la bière avec un ami, parce que c’est plus sympa comme ça !
  • Pour pouvoir aller aux offices : hé oui, mettre de la bière en bouteille, c’est plus rapide dans des bouteilles de 50cL que dans des bouteilles de 33cL, car cela fait moins de bouteilles. De cette façon, le soutirage tient entre la messe (qui finit vers 10h30) et les vêpres (qui sont à 17h30). Les frères brasseurs ne ratent donc pas ces 2 rendez-vous importants de la communauté ! Pratique non ?

Si les bouteilles des bières de Saint-Wandrille font 50cL, c’est aussi pour que l’embouteillage soit plus rapide, pour que les moines aient le temps d’assister à la messe et aux vêpres – Crédits Photo : © Abbaye Saint-Wandrille

  1. Une étiquette 100 % « Saint-Wandrille » 🏷

La bière de Saint-Wandrille, ce n’est pas que dans le goût, c’est aussi du visuel ! Alors les moines ont fait particulièrement attention à détails :

 

  • Pour l’étiquette des bières de Saint-Wandrille, les frères ont fait appel au graphiste qui avait auparavant réalisé l’étiquette de la bière bénédictine de Nursie, en Italie. Selon l’idée originale de frère Éric, celle de Saint-Wandrille représente la célèbre décoration de la porte d’entrée du monastère (appelée porte de Jarente, du nom du père abbé qui l’édifia). Le blason de l’abbaye est ainsi bien visible et en couleur, selon le premier souhait des moines.

 

  • Les moines ont également reproduit sur l’étiquette « la frise du houblon. » Celle-ci se trouve au-dessus de l’une des portes de l’abbaye, dans le cloître, et représente des plants de houblons.

 

  • Pour la capsule, les frères ont placé l’un des motifs des arches dans leur cloître.

 

Comme ça, pas de doute, l’emballage des bières de Saint-Wandrille est bien sur-mesure et 100 % monastique !

 

Et pour la petite histoire, la couleur de l’étiquette fut adoptée un peu par hasard : lors d’un essai d’impression, l’imprimante manqua de couleur. L’étiquette sortit non pas « couleur pierre » mais « couleur bronze » … Elle plut beaucoup et fut adoptée instantanément !

L’étiquette des bières de Saint-Wandrille reprend le blason de l’abbaye, présent sur la porte de Jarente, la « frise du houblon », et l’un des motifs du cloître – Divine Box

 

  1. Une vraie bière d’abbaye, oui mais pourquoi pas trappiste ? 🍺

Les bières de Saint-Wandrille sont depuis un siècle les premières et uniques véritables bières d’abbaye française. C’est une bière trappiste alors ? Et bien non !

 

C’est très simple : pour porter le logo « Authentic Trappist Product » et ainsi être une véritable bière trappiste, il faut respecter trois critères très stricts : la bière doit être brassée par les moines, au sein de leur abbaye, et ses bénéfices doivent servir à faire vivre la communauté. Ces trois critères, les bières de Saint-Wandrille les remplissent. Sauf qu’il faut aussi, détail important… que les moines brasseurs soient de l’ordre trappiste ! Or les moines de Saint-Wandrille sont bénédictins, et non trappistes. Leurs bières ne peuvent donc pas avoir le logo des bières trappistes.

 

Les bières de Saint-Wandrille arborent donc à la place le logo « Monastic », qui garantit qu’il y a bien eu « une maîtrise » de la communauté monastique sur sa bière. Et puisque ce sont bien les frères de Saint-Wandrille qui réalisent la recette de leurs bières, qui les brassent, en font la communication, l’emballage, l’expédition… on peut dire qu’ils la maîtrisent de A à Z, le logo « Monastic » est donc bien mérité !

Les bières de Saint-Wandrille ne sont pas des bières trappistes, car les moines de Saint-Wandrille sont de l’ordre bénédictin et non trappiste : ce qui ne les empêchent pas d’être brassées par les moines eux-mêmes, et au sein de leur abbaye — Crédits Photo : © Abbaye Saint-Wandrille

Les bières de Saint-Wandrille sont les uniques et véritables bières d’abbayes françaises – Crédits Photo : © Abbaye Saint-Wandrille

Où acheter la bière de Saint-Wandrille ?

 

 

Annonces #NLQ #Sorties/Animations

Glorious en concert à Mont-Saint-Aignan (76) le 15 novembre 2018

Deux ans après, le groupe Glorious revient en Normandie le

Jeudi 15 novembre de 20h à 22h en l’église Notre-Dame de la Miséricorde (1 parc de Brotonne à Mont-Saint-Aignan)

Billetterie ouverte ici

Site Glorious

Contact et renseignements : 02.35.70.22.09

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Normandie : le prieuré du Mont-Saint-Michel inauguré

Le 5 octobre, le Prieuré d’Ardevon, aux portes du Mont-Saint-Michel, a été béni et inauguré après 4 années de travail au service de sa restauration et de sa renaissance spirituelle. Cette cérémonie était présidée par Monseigneur Laurent Le Boulc’h, évêque de Coutances et Avranches, président de la Fondation du Mont-Saint-Michel, en présence de Monseigneur Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo et du Père André Antoni, directeur général de Bayard, co-fondateurs. Parmi les officiels on notait aussi la présence de Xavier Darcos, ancien ministre et actuel chancelier de l’Institut de France.

Après les gigantesques travaux visant à restaurer son caractère maritime, le Mont-Saint-Michel est en train de vivre une nouvelle grande aventure : ranimer son rayonnement spirituel. Depuis 2007, l’association Robert de Torigni, soutenue par la Fondation du Mont-Saint-Michel, travaille, en lien avec les Fraternités Monastiques de Jérusalem et avec le Sanctuaire au Mont, à sensibiliser les visiteurs à l’essence chrétienne du Mont. Une des pistes consiste à faire renaître le Prieuré d’Ardevon.

Racheté en 2014, c’est un ensemble bâti datant du XIIIe siècle situé à Ardevon, à 4 km du Mont-Saint-Michel. Son histoire a toujours été étroitement liée à celle de l’Abbaye. La Fondation du Mont-Saint-Michel, son nouveau propriétaire, rassemble le diocèse de Coutances et Avranches, le diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo, le groupe Bayard et des mécènes privés.

Le Prieuré accueille déjà un nombre important de manifestations, conférences ou expositions. Il est ouvert au public lors des Journées européennes du patrimoine et accueille des conférences lors du festival Via Aeterna, il abrite une bibliothèque physique et numérique… Le bâtiment redevient jour après jour un vaste lieu d’accueil et d’animation pour tous les visiteurs en quête de sens. « Il s’agit d’accompagner le renouveau des pèlerinages. Il y a des gens de toutes sortes qui se mettent en chemin et l’Église a ici une mission importante. Il y a beaucoup de jeunes. » a confirmé Mgr Le Boulc’h.

Depuis 2014, plus de 900 000 € ont été investis pour la renaissance du Prieuré : aménagement de dortoirs, d’une grande salle polyvalente, construction d’un abri des pèlerins, création d’une bibliothèque, aménagements extérieurs… Jusqu’en 2022, d’autres tranches de travaux sont déjà envisagés : restauration du reste du bâtiment, aménagement d’autres salles, augmentation de la capacité d’hébergement. Tous ces projets, passés et à venir, sont réalisés grâce à la générosité de 800 mécènes et donateurs privés.

Source : Riposte Catholique

Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

26ème Pèlerinage des pères de famille en Normandie le 29 septembre 2018 à l’abbaye de Saint-Wandrille (76)

Nous marcherons cette année sur le thème : La sainteté au masculin, le 29 septembre 2018 depuis l’abbaye de Saint-Wandrille.

Cette année l’abbé Jimmy FAUCILLERS vous propose de participer avec lui uniquement le samedi 29 septembre.

Thème

Thème inspiré de la lettre pastorale pour les hommes de l’évêque de Phoenix ( USA) “SUR LA BRECHE”, de l’exhortation du pape François GAUDETE et EXSULTATE sur la joie et la sainteté et surtout de l’exemple vivant d’hommes et de femmes autour de nous. Le pèlerinage des pères de famille se déroule habituellement sur deux jours .
Avec le succès du départ vendredi soir lors de l’édition 2017, nous avons souhaité proposer une journée complète supplémentaire le vendredi. INSCRIVEZ VOUS AUSSI POUR LE VENDREDI 28 SEPTEMBRE pour une journée à L’ABBAYE BÉNÉDICTINE de ST WANDRILLE. (Place limitée)

Programme proposé pour le diocèse d’Évreux :

Rendez vous à l’abbaye de Saint Wandrille vers 7h – 7h30.

Marche vers l’abbaye Saint Martin de Boscherville : Chapelet, confession, partage.
12h : Messe, puis pique nique
19h : Arrivée à Boscherville, dîner chaud.
Soirée conférence, adoration, confession
Départ vers 23h pour un retour vers Évreux

L’inscription et le règlement se faisant directement en ligne :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfNb8ex3JTjx6rr0PL88KV_Hbu-29m_Q9d_QhgJLeJR701qpA/viewform

Possibilité pour ceux qui le veulent de participer au pèlerinage en entier : voir le tract d’inscription et de présentation

A la une #NLQ

L’édito – Le curé mitraillette ou le self défense face à la laïcalisation.

 

Ce dimanche, mes pas vagabonds m’ont conduit dans une monumentale et belle église de Normandie, comme il en existe tant dans nos contrées reculées, autrefois richement dotées. C’était la messe de départ de monsieur le curé. J’avoue m’être dit « mince, encore une messe à rallonge ou l’on va noyer le Christ dans mille palabres ennuyeuses ! » Eh bien, j’en ai été pour les frais de ma médisance intérieure. Non seulement le Christ était on ne peut plus central, mais les discours, comme l’homélie ont été des plus « distrayants » et surtout fort instructifs. Pour le horsain de passage, une messe d’installation ou d’adieu est une immersion condensée dans la vie de la paroisse. Ici, les discours de remerciements furent aussi chaleureux que convenus. L’EAP, véritable concile paroissial des temps modernes, monsieur le Maire et quelques fidèles choisis ont ouvert le bal missae des fleurs émues, mais visiblement sincères, ne tarissant pas d’éloge sur l’œuvre accomplie par monsieur le curé, comme sur sa personnalité et … son humour décapant. Tout se passait bien jusqu’au repons bref de l’abbé, armant une mitraillette ciblée et soutenue, à l’égard de ces bons paroissiens qui, charitablement (cela va sans dire) avaient obtenu que cette messe d’envoi ait lieu un peu plus tôt que prévu…

La messe reprend alors son cour priant et sobre jusqu’à l’homélie, superbe de spiritualité, tournée vers « l’Eternel » quand, les mitraillettes, peu à peu armées durant le sermon, firent feu de façon ciblée et corrosive sur ces paroissiens qui entendent faire et défaire les curés, refusant de recevoir de Dieu le pasteur qui ne porterait pas le costume « taillé » sur mesure par leur propre conception et de l’Eglise et de Dieu et de leur place de serviteurs dans la paroisse. Le fidèle girovague que je suis assistait à la fois voyeur et gêné à cette lessive familiale publique qui respecta la trêve eucharistique jusqu’au mot d’aurevoir précédant l’ite missa est tant attendu par le poulet rôti, probablement carbonisé au vitriol d’une célébration fortement allongée pour la circonstance. Dernière salve de feu monsieur le curé qui visiblement fit réagir les corps criblés de balles, invités à se convertir. Profitant de la cohue finale, je gagnais, tout intrus que je fus, la sortie qui arborait un « verre de l’amitié » improvisé. Risquant un « il est en forme votre curé dites ! » je reçu une toute autre salve, non moins fournie, où j’apprenais que les propriétaires de la paroisse n’en étaient pas à leur coup d’essai et collectionnaient les têtes de curés comme autant de trophées dans la salle d’arme de ce qu’au fond nous pouvons appeler le laïcalisme.

En France #NLQ

Les fôrets de Rouen, témoins de l’apogée du monachisme normand

Lieu de détente, de loisirs, de légendes ou de mémoire, la forêt tient une place importante dans le cœur des Français. Alors qu’elle recouvre 31 % du territoire métropolitain, Aleteia en a sélectionné quelques-unes pour vous évader le temps d’un été. Découvrez aujourd’hui le parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande.

 

Véritable poumon vert dans un quart nord-ouest de la France relativement peu boisé, les forêts de Rouen contribuent largement à l’identité de la vallée de la Seine où se mêlent indissolublement nature et patrimoine. Situé entre Rouen et Le Havre, le parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande a été créé en 1974 et s’étend sur 80.000 hectares. C’est au sein de ce dernier que la rédaction d’Aleteia a décidé de faire une halte… culturelle et spirituelle. « L’association entre le fleuve, la ville et la forêt forme des paysages typiques des boucles de la Seine normande, émaillés par un chapelet d’abbayes », détaille ainsi l’ONF.

La Normandie, terre d’abbayes

Les abbayes sont en effet omniprésentes dans le paysage normand. Les ermites et les missionnaires y furent les précurseurs du mouvement monastique. « Les premiers monastères de Normandie eurent souvent pour origine un modeste ermitage », explique le site de l’association Abbayes normandes. « Les récits hagiographiques du VIe siècle évoquent des fondations destinées à l’évangélisation des populations saxonnes de la zone côtière ». Mais c’est un siècle plus tard, au VIIe siècle, que les fondations monastiques fleurissent à foison en Neustrie (le royaume franc correspondant à l’ancien royaume de Syagrius, au nord-ouest de la France actuelle, et qui a initialement pour capitale Soissons, ndlr). Quelques-unes se situent dans la tradition des fondations royales inaugurées au siècle précédent par la dynastie mérovingienne.

Domaine public
L’abbaye de Jumièges.

C’est le cas du grand monastère bénédictin de Jumièges, qui fut construit en 654 par saint Philibert, abbé de Rebais et ami de l’évêque saint Ouen, après une donation de Clovis II et de sa femme sainte Bathilde. Dès sa création, sous saint Philibert, l’école monastique liée à la bibliothèque est, avec celle de l’abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle, l’une des plus réputées de Neustrie. Son influence va jusqu’en Angleterre et dépeuple parfois d’autres monastères ! Vers 700, à l’époque la plus glorieuse et la plus prospère de Jumièges, il y aurait eu 900 moines et 1 500 serviteurs qui « par leur travail défrichent les terres, les transforment en jardins, vergers, culture, prés et vignobles ».

Mais le 24 mai 841, les Vikings incendient le monastère carolingien avant de revenir et de le piller. Devant la menace scandinave, les moines s’exilent, emportant les reliques et les manuscrits les plus précieux. La renaissance viendra quelques siècles plus tard, en 1067, lorsque l’archevêque de Rouen, le bienheureux Maurille, consacre solennellement la grande église abbatiale de Notre-Dame de Jumièges, en présence du duc de Normandie Guillaume le Conquérant qui donne des biens anglais à l’abbaye.

« Plus belle ruine de France »

Petit saut temporel. Durant les guerres de religions, pendant la seconde moitié du XVesiècle, les Huguenots, qui ont ravagé Rouen, Dieppe, Le Havre et Caudebec, arrivent aux portes de Jumièges. À la Révolution, comme bien des bâtiments religieux, l’abbaye est vendue au titre des biens nationaux et devient une carrière de pierres. Au fil des années, l’abbaye de Jumièges est peu à peu laissée à l’abandon. Son salut viendra pour une partie de la période romantique : l’abbaye connaît une renommée importante grâce à Victor Hugo qui la surnomma « la plus belle ruine de France ». En 1947, deuxième temps de son salut, elle redevient propriété de l’État puis propriété du département de Seine-Maritime soixante ans plus tard. De lourds travaux de consolidation sont alors entrepris.

ABBAYE DE JUMIEGES,NOTRE DAME

Laure2906 | CC BY SA 3.0 | Wikipedia
Abbatiale Notre-Dame, chœur gothique.

Que retenir de cette abbaye ? Elle demeure l’un des plus anciens et des plus importants monastères bénédictins de Normandie. S’il ne reste aucun vestige apparent de l’époque de sa fondation au VIIe siècle, du haut de ses tours blanches, qui s’élèvent à presque 50 mètres au fond d’une boucle de la Seine, neuf siècles d’architecture nous contemplent.

ABBAYE DE JUMIEGES,ST PIERRE

© Raimond Spekking & Elke Wetzig | CC BY-SA 4.0 (via Wikimedia Commons)
Vue aérienne de l’abbaye de Jumièges.
Source : Aleteia

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Le Mont-Saint-Michel : pompe à fric ou appel de l’Archange ?

Sans vergogne, un organisme nantais de promotion touristique, le Voyage à Nantes, propose un parcours culturel (sic !) pour développer la fréquentation de cette ville qui, aux dires de son directeur,

« n’existe plus au-delà des pays européens voisins. À l’Ouest, le Mont-Saint-Michel est le seul site mondialement connu. Sur le plan international, la Bretagne est une région identifiée. D’où cette idée de construire un parcours de Nantes au Mont-Saint-Michel, en traversant la Bretagne (…) Traversée moderne d’un vieux pays. Référence évidente à cette Bretagne historique dans laquelle Nantes et le Mont-Saint-Michel voisinaient au XIXe siècle ».

Les Normands reconnaîtront sans peine l’habituel et ridicule impérialisme breton, mais à bien y regarder, l’instrumentalisation sordide de ce haut-lieu considéré comme l’apothéose d’un parcours destiné à « vendre » le pays breton pose de nombreuses questions auxquelles la Région normande et ses habitants devraient répondre…

 

La lecture d’une récente contribution du CESER de Normandie, largement reprise dans un article, très… parisien d’esprit, du Figaro (13 mai 2018), montre à l’évidence que certaines instances normandes s’inscrivent, elles aussi, dans une approche à la fois gestionnaire et financière, bref sordide, de «  l’exploitation de ce site, l’un des plus visités de France  » (2,5 millions de visiteurs par an).

 

Que la Cour des Comptes, dans un récent et retentissant rapport, dénonce la complexité d’une gestion dans laquelle l’État, la Réunion des Musées Nationaux, différentes instances locales se tirent la bourre et ne sachent pas faire une bonne promotion de ce site grandiose est dans la mission de cet organisme, qui propose d’ailleurs la création d’un E.P.I.C. (Établissement Public, Industriel et Commercial). Chacun doit en tenir… compte. Mais que l’Assemblée rassemblant les diverses composantes de la société civile normande ne sache pas s’élever au-dessus des contingences matérielles en dit long sur une certaine médiocrité intellectuelle…

 

On ne peut faire l’impasse sur la dimension spirituelle et culturelle du Mont-Saint-Michel. Pour la Normandie, d’abord, ce doit être une apothéose. L’aboutissement de la Route des Abbayes normandes. L’aboutissement des chemins montois que des associations s’efforcent de revivifier, retrouvant ainsi la grande aventure des pèlerinages médiévaux. Il est significatif que le 13 mai dernier ait eu lieu l’inauguration du « clou » de départ du chemin de Ouistreham, en l’église Saint Samson de ce port par lequel arrivent aujourd’hui des marcheurs britanniques voulant se rendre au Mont-Saint-Michel.

Dimension spirituelle, mais aussi culturelle : le riche patrimoine de la Normandie médiévale s’offre ainsi à un tourisme intelligent. Et plus encore, dimension identitaire pour laquelle tous les Normands doivent se mobiliser : Saint Michel n’est-il pas le patron des Normands et le 29 septembre le jour de la Fête aux Normands ?

Source :RCCNO

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Mgr Boulanger fait le point sur l’état du diocèse de Bayeux-Lisieux

Monseigneur Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux-Lisieux depuis 2010, fait le point sur ses actions :

“J’étais au Sanctuaire d’Ars quand le nonce apostolique m’a appelé pour m’annoncer que le Pape Benoît XVI me nommait évêque de Bayeux-Lisieux. Je n’ai pas hésité un instant même s’il était douloureux de quitter le diocèse de Séez. Pendant les deux premières années, j’ai consacré mes semaines à visiter les 51 paroisses du diocèse en rencontrant les prêtres, les collaborateurs, les mouvements et les communautés religieuses. Aujourd’hui encore, j’essaie de découvrir humblement les réalités du diocèse qui sont très diverses, regroupant aussi bien l’agglomération caennaise que des zones rurales composées du Pays d’Auge, du Bessin ou du Bocage Virois. Le diocèse a aussi la spécificité d’avoir deux cathédrales à Bayeux et à Lisieux ainsi qu’un sanctuaire.

Après deux ans de visite pastorale, vous avez lancé « Cap 2012 », un chantier qui a fixé pour 5 ans les orientations diocésaines jusqu’en 2017. Quels axes de travail avez-vous mis en place ? Quel bilan faites-vous ?

La démarche « Cap 2012 » a fixé les priorités du diocèse des cinq dernières années. Nous avons mis en place les orientations diocésaines pastorales à travers une assemblée synodale d’environ 250 fidèles issus de paroisses ou de services. De cette concertation a découlé une feuille de route basée sur cinq chantiers parmi lesquels la transmission de la foi, la place des plus pauvres ou l’évangélisation des jeunes.

La réorganisation du diocèse a commencé par la création de 10 pôles missionnaires. Des pôles qui regroupent les 51 paroisses du diocèse. Quelles sont leurs fonctions et leurs exigences ?

Le périmètre de la paroisse est aujourd’hui trop limité. En accord avec le conseil épiscopal et les prêtres du diocèse, nous avons regroupé les paroisses en dix pôles missionnaires. Les prêtres, tout en restant curé de leur paroisse, sont à la tête d’un pôle. Par exemple, à Vire, ils se retrouvent une fois par semaine pour prier, déjeuner, et partager sur les problématiques de la vie pastorale. Ils ont mutualisé leurs forces pour la préparation au mariage ou les funérailles.

La question de la vie fraternelle concerne aussi bien les fidèles que les prêtres. Combien de prêtres sont-ils présents dans le diocèse ? Comment vivent-ils cette fraternité ?

On compte 200 prêtres dont 90 en activité. La spécificité du diocèse réside dans sa diversité : 40 % d’entre eux ne sont pas originaires du diocèse. De nombreux prêtres sont issus de congrégations : les Eudistes, les Salésiens ou les Prémontrés. L’abbaye de Juaye Mondaye est d’ailleurs l’une des abbayes qui accueille le plus de jeunes prêtres. L’évêque doit être celui qui cherche la fraternité, il n’est pas le supérieur des religieux. Leur supérieur peut les détacher dans un autre diocèse, ce qui est à la fois une chance mais aussi une fragilité. Le diocèsecompte également 16 prêtres africains qui viennent de Madagascar, du Bénin ou du Rwanda.

Depuis octobre 2017, de nouvelles orientations ont été lancées avec les petites fraternités locales missionnaires où des chrétiens sont appelés à se retrouver régulièrement autour de la Parole de Dieu. Pour quel objectif ?

Les petites fraternités locales missionnaires ou « maisonnées paroissiales » ont pour but de permettre à un petit groupe de 6 à10 personnes de se regrouper autour de la prière et d’un repas. L’objectif est de se réunir régulièrement dans les communes ou les quartiers. Elles doivent s’ouvrir aux autres chrétiens ou d’autres personnes qui veulent découvrir la foi. Bien sûr, chaque fraternité devra trouver sa charte et son propre rythme dans les mois à venir. […]

Les portes du séminaire Saint-Jean Eudes de Caen se sont fermées en 2015. Les futurs prêtres bas-normands se forment désormais à Rennes et le Centre d’études théologiques (CET) à Caen a pris un nouveau tournant. Pourquoi avoir opté vers cette évolution ?

Les futurs prêtres diocésains n’étaient plus qu’une quinzaine tous cycles confondus. La formation des candidats au sacerdoce est importante mais nous n’avions plus les moyens ni suffisamment de formateurs disponibles. Avec Monseigneur Laurent Le Bouc’h, évêque de Coutances-Avranches et Monseigneur Jacques Habert, évêque de Séez, nous avons décidé de transférer le séminaire à Rennes où les futurs prêtres diocésains sont aujourd’hui une quarantaine. Quant au Centre d’études théologiques (CET), il a désormais pris une autre orientation. Situé à Caen, il se décline également dans les diocèses de Séez et de Coutances-Avranches où des formations sont données aux laïcs.”

Source : Riposte-catholique

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Disparition de Soeur Agnès-Marie, figure héroïque du Raid et dieppoise

[Hommage] Disparition de Sœur Agnès-Marie, figure dieppoise et actrice héroïque du Raid

Dieppe vient d’apprendre avec une profonde tristesse la disparition de Sœur Agnès-Marie Valois à l’âge de 103 ans. Jeune religieuse et infirmière, elle avait porté secours aux soldats blessés lors du Raid du 19 août 1942. Mardi 24 avril, « La Ville et le territoire lui rendront un hommage à la hauteur de son courage et de son engagement », annoncent Nicolas Langlois maire de Dieppe et Sebastien Jumel, député.

Une figure, un symbole, une mémoire qui dépasse très largement sa personne modeste et réservée. Les Dieppois pleurent Sœur Agnès-Marie qui vient de s’éteindre à l’âge de 103 ans. Jeune religieuse entrée dans les ordres en 1936, Agnès-Marie Valois s’est singularisée par son courage au cours du Raid anglo- canadien du 19 août 1942 en portant secours aux blessés, défiant si besoin l’autorité de fer des nazis occupant le territoire pour apporter les premiers soins aux blessés. Depuis cet épisode héroïque, la figure de Sœur Agnès-Marie représentait un véritable symbole aux yeux des Dieppois, mais aussi des vétérans du Raid dont certains lui devaient la vie, parmi les 6 000 soldats engagés, dont 5 000 Canadiens.

« Dieppe perd une grande dame de notre histoire, notre émotion est immense et nous préparons pour mardi prochain un hommage à la hauteur de son courage et de son engagement qui lui a valu de nombreuses décorations dont celle de citoyenne d’honneur de notre ville », déclare Nicolas Langlois, maire de la ville qui a fait mettre immédiatement les drapeaux en berne sur les édifices municipaux. Fraîchement élu, il avait rendu visite à Sœur Agnès-Marie le 20 août dernier, au lendemain du 75e anniversaire du Raid, en compagnie de Sébastien Jumel pour lui témoigner de l’affection que lui portent Dieppois et Canadiens, 75 ans après l’Opération Jubilee.

« C’est douloureux pour Dieppe et les Dieppois, souligne, très ému, Sébastien Jumel, député de la Seine- Maritime qui évoque leur dernière rencontre en présence de Jacques Nadeau, vétéran du raid disparu en février 2017. Nous perdons une figure attachante et emblématique de notre territoire, un symbole de courage et d’abnégation. Nous devons lui rendre hommage en associant les plus hautes autorités religieuses et politiques de notre pays, ainsi que notre pays frère, le Canada. »

Sœur Agnès-Marie vivait retirée au monastère de Thibermont, près de Dieppe après avoir poursuivi sa vocation d’infirmière qui l’a conduit à exercer au centre hospitalier de Dieppe. Elle sortait de sa retraite pour assister à chaque commémoration du 19 août jusqu’à ces dernières années afin de passer le témoin du devoir de mémoire aux jeunes générations. Le 30 juin 2014, la Ville de Dieppe avait célébré ses 100 ans, au cours d’une cérémonie marquante.

Source : Ville de Dieppe